société de l’interdiction

Au gré de mon parcours à vélo, je rencontre parfois d’étranges panneaux…..

interdiction de faire du surf.jpg

Je doute que ce panneau soit d’origine…. il semble avoir été quelque peu customizé…

Je comprends tout a fait cette modification du panneau… C’est une réaction à ce monde d’interdiction. C’est l’idée de vouloir apporter un peu de poésie dans ce monde de règlementation...

Je ne sais pas si c’est une impression, mais il me semble que le nombre de panneaux d’interdictions, de barrières, de caméras de surveillances a beaucoup augmenté ces dernières années….

Ce genre d’équipement n’est pas ce qui caractérise les prisons ?

Même si le futur est totalement imprévisible, notre société est dans une phase où elle veut tout contrôler, tout planifier, tout gérer…

Vouloir gérer….. c’est exagérer…

règles à observer dans la gare.jpgEst ce que vous avez déjà lu les Règles à observer dans la gare ?

Voici un petit extrait:

… pour garantir un maximum de sécurité et de propreté… les activités suivantes ne sont pas autorisées…

  • s’asseoir et se coucher sur le sol ou sur les escaliers
  • circuler en deux-roues, skate-board, patins à roulettes et autres sur les quais, les rampes, les escaliers, dans les halls et les passages souterains…

Il est dit qu’il est interdit de circuler avec toute une liste de véhicules et autres…  Est ce que ce autres signifie qu’il est interdit de circuler tout court dans la gare ? … donc de marcher ?

La gestion.. jusqu’à l’indigestion…

Cette fuite en avant de cette société de gestion est très bien critiquée dans le livre d’Alain Damasio, la Zone du dehors… dont voici un extrait, il s’agit du contenu d’un panneau de signalisation….

Sentier pédestre de l’antirade. Déconseillé aux vélos dépourvus de système électronique de freinage et de recycleur de boue. Un déclassement forfaitaire pourra être appliqué…

Le dénivelé jusqu’au sommet de la butte est de 92 mètres. Les personnes souffrant de difficultés pulmonaires ou cardiaques, insuffisamment ou peu entraînées, doivent entreprendre l’ascension avec la plus grande prudence et ne pas hésiter à faire de fréquentes haltes afin de ménager leur organisme.

Des sanitaires sont disposés à intervalles régulières dans la pente pour assurer une hygiène optimale des promeneurs.

Est ce que ce paternalisme des panneaux est vraiment nécessaire ?

On encourage les gens à ne plus penser par eux même, à ne plus juger de ce qu’ils font. On met un cadre stricte et il faut obéir.

Il y a des règles pour tout… il y a des lois pour tout.

Une des choses qui démoralise les gens à pratiquer la politique au niveau communal, c’est justement qu’il y a trop de lois. C’est l’échellon le plus bas des communautés de notre démocratie suisse et il y a déjà tellement de lois cantonales et fédérales, que faire de la politique communale est très difficile.

Le cadre de base est restreint de partout. La marge de manoeuvre quasi nulle et l’on se demande pourquoi il faut s’investir pour ne rien avoir le droit de faire ?

Dans tout cette société, ne serait-il pas plus simple de revenir à une seule règle de base bien comprise, plutôt que des milliers de règlements incohérents…

Personnellement, je trouve que la règle suivante suffit dans biens des cas comme unique règle à suivre…

Use de tout, n’abuse de rien…

Tout est question de quantité. Il vaut mieux choisir la voix du milieu, la modération plutôt que les excès.

2 thoughts on “société de l’interdiction

  1. Répondre
    Remora - 10 avril 2011

    Moi ce qui me fait peur, à la lecture de la Zone du dehors, c’est que, pour l’ancien militant PS que je suis, ce désir de réglementation prend aujourd’hui les habits de la social-démocratie ; cette idéologie que j’avais rejointe parce qu’elle me semblait la plus juste et la plus pacifique, elle est aujourd’hui celle qui réglemente, qui interdit, qui cadre, qui prône la « liberté d’être comme tout le monde », qui veut uniformiser et rendre les gens heureux à la condition qu’ils soient conformes… Notre société de l’interdiction, c’est le retour en force, au début du XXIè siècle, des sociétés de l’exclusion et de la liberté « pour ceux qui font exactement comme on doit faire », autrement dit, plus de liberté du tout… Ouais, franchement, ça me fait peur.

  2. Répondre
    Martouf - 14 avril 2011

    En effet, la gauche a souvent pour réponse à tout problème qu’il faut réglementer…
    Donc on ajouter des règles, des lois, des normes, un cadre…. et l’on se retrouve de plus en plus avec un imbroglio de règles incohérentes qui ne me semblent plus du tout servir le but originel, qui reste encore et toujours d’organiser notre société pour pouvoir vivre ensemble !

    Je suis quelqu’un qui est politiquement bien marqué à gauche, cependant j’ai de plus en plus de peine à me retrouver dans les propositions provenant d’une gauche qui veulent toujours plus réglementer.

    Mais à droite aussi on veut réglementer toujours plus.
    Après la catastrophe de la crise financière, de gauche à droite j’entends des gens qui veulent « redonner un visage humain au capitalisme » et ceci en ajoutant encore un paquet de règles…

    Souvent cette règlementation part d’un bon sentiment. Mais pourquoi ne pas ce dire tout simplement qu’un système ne fonctionne plus et qu’il faut le remplacer par un autre ? … sortons du capitalisme plutôt que de tenter de l’amadouer avec des règles !

    je vois très bien ce syndrome avec la fiscalité…. il n’y a que les experts comptables des fiduciaires qui comprennent le système fiscal (et en général pour le contourner). Il y a tellement de règles que le citoyen lambda, qui n’est pas un professionnel, ne peut plus tout comprendre.

    On parle de problèmes fiscaux partout…. A toutes les échelles, la mobilité des gens joue en défaveur de notre système fiscal basé sur un lieu de domicile.

    Pourquoi ajouter des règles pour compenser des effets non désirables (et ajouter des effets de seuil) alors que l’on pourrait changer de système. Une taxe sur la consommation couplée à un revenu de base ? Pourquoi pas ?

    Nous vivons dans un système collaboratif. Comme dans tout système collaboratif il y a des règles pour équilibrer les échanges. Un système collaboratif fonctionne mieux avec juste quelques règles de bases simples et connues de tous. Il faut permettre l’auto-organisation.

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