Peinture rupestre dans les gorges de l’Areuse

Profitant d’un doux soleil printanier, je suis allé dernièrement me balader dans les gorges de l’Areuse.

Depuis l’entrée des gorges à Boudry, je suis remonté le cours de l’Areuse. Au lieu dit de la Baume Du four, je me suis arrêté pour admirer cet abri-sous roche d’une ouverture de 60m de long, sur une profoneur maximale de 20m et atteignant jusqu’à 12m de hauteur.

Ce lieu est impressionnant et intriguant. Il a d’ailleurs intrigué des générations d’humains.

En effet, la présence humaine est attestée depuis des millénaires dans cette Baume.

Des traces datant de la période de la civilisation de Cortaillod classique (3900-3750 av. J.-C.) ont été retrouvées dans la baume.

On n’est toujours pas certain de l’usage qui était fait de cette baume.

A cause du nombre d’ossement que l’on y trouve, certains, comme Edouard Desor ont supposé qu’il s’agissait d’un lieu de culte hélvète où l’on y pratiquait des sacrifices humains !

Dans la grotte de Cotencher proche de là, la présence humaine est même attestée il y a plus de 40’000 ans !

Comme quoi, je ne suis pas le premier à fouler ce sol… il y a 16’000 générations d’humains qui l’on fait avant moi !

Sachant que le site est visité depuis si longtemps, est ce qu’il y a des peintures rupestres ?

J’observe les rochers… et que vois-je ?

…. un chat ! … un beau chat jaune, avec un sourire digne du Cheshire cat de Lewis Caroll….

Le chat est accompagné, sur la dale de rocher voisine, par toute une tribu de petits bonhommes tout ronds.

m.chat sur une dalle dans la beaume du four.jpgbonhomme dans la baume du four.jpg


 

m.chat à Boudry.jpgJe ne suis pas un grand spécialiste de l’art rupestre, mais il me semble bien que ce chat n’a pas été peint par mes lointains ancêtres, il y a plusieurs millénaires….

Je ne suis pas un grand spécialiste de l’art ruperstre, par contre, je suis un grand observateur de l’art urbain… (pour ceux que ça intéresse, voici ma galerie de photo d’art urbain…) et j’ai déjà eu l’occasion d’admirer, à de nombreuses reprises le sourire de ce chat…

En effet, même si elles ne le remarque pas toujours, de nombreuses personnes croisent ce chat tous les jours…

Faisons une petite visite guidée.

Si l’on sort sort de notre grotte préhistorique pour retourner vers la civilisation en suivant le cours de l’Areuse. Nous passons vers les ruines de l’ancienne usine électrique. L’oeil observateur y verra, en haut des escaliers en ruine, le sourire ravageur du chat ! …. Chat qui cette fois-ci s’est doté d’ailes ?

Quelques centaines de mètres plus loin, à l’entrée du tunnel, un autre chat ailé souhaite la bienvenue aux touristes.

Bien que les gorges de l’Areuse soient visitées par des dizaines de milliers de toursites chaque année. Je ne crois pas que ces chats soient les plus visibles….

Le chat le plus connu doit être celui qui salue de son sourire les voyageurs qui prennent le tram depuis Boudry…

Pour les autobilistes qui ne prennent jamais le tram… aucune excuse. Le chat est partout… il trône aussi au bord de l’autoroute juste derrière le CPMB.

m.chat dans les gorges de l areuse.jpgm.chat ruine pré de clé.jpgm.chat arrêt du tram de boudry.jpgm.chat autoroute à colombier.jpg


Quand aux petits bonhommes tout rond, on peut également en observer à Neuchâtel, sur les blocs devant la frite vagabonde, ainsi qu’à l’arrêt du tram dans leur version angélique. En effet, comme le chat, parfois les bonhommes se font pousser des ailes!

bonhomme ange m.chat arrêt du tram de neuchâtel.jpgbonhomme m.chat à la frite vagabonde.jpg


 

Si tu n’habites pas dans la région neuchâteloise, aucune excuse…. le chat a littéralement colonisés le monde ! Tu peux le voir partout !

De Paris à Sarajevo (même sur les trams…) en passant par Lisbonne, Dakar, et Beijing… Il y a des chats partout…..

Des passionnés traquent ce chat mystère… et créent des galeries de photos communes sur le web pour exposer les apparitions de celui qui est maintenant nommé: Mister CHAT.

Un autre passionné a créé un site où les internautes géolocalisent les apparitions du chat…

Le M.CHAT le plus grand du monde a été vu à Macao (50m x 35m)… il a détroné le M.CHAT géant de la place beaubourg à Paris… Mais est ce qu’il rivalise avec le M.CHAT crop-circle….? (agrogylphe en bon français)

Mais d’où vient ce chat mystère ? Mister Chat, qui es-tu ?

Le réalisateur Chris Marker a fait un film nommé Chats perchés où il part à la traque du chat et tente de trouver son origine !

Mr. CHAT - View this group's most interesting photos on Flickriver

D’où vient ce M.CHAT ?

Pour le savoir, il faut remontrer au début de notre histoire…. A la sortie des gorges de l’Areuse…. A Boudry... c’est là qu’est né, non pas il y a 40’000 ans, mais le 16 juillet 1977, un certain Thoma Vuille qui allait devenir le créateur de M. CHAT.

Thoma Vuille a surtout vécu à Orléans, c’est là bas, qu’en 1997 il se lance dans le dessin du célèbre M.CHAT. Pendant plusieurs années, il écume les villes, de manière anonyme, pour dessiner son chat dans le seul but de mettre de l’humain et de l’amour dans la ville. Il apporte une touche d’optimisme avec le sourire du chat.

Le 18 mars 2007, il est pris en flagrant délis par la police alors qu’il dessinait un M.CHAT sur un mur d’Orléans.

Il est ainsi contraint de réveler l’identité du père de M.CHAT. Il décide donc d’abandonner son statut d’artiste graffeur de l’ombre et de continuer à coloniser le monde avec M.CHAT pour apporter de la joie et de l’optimisme !

N’est-ce pas un bon projet que d’utiliser l’art-urbain pour apporter la joie et l’optimisme ?

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je recommande le livre à propos de M.CHAT qui est sorti l’année dernière.

la saison des truites volantes

Comme leur nom l’indique, les truites de lac vivent dans le lac. Ici, en l’occurence, il s’agit du lac de Neuchâtel.

Vers l’âge de 4 ans ces truites atteingent l’âge adulte et s’en vont retrouver leur eaux ancestrales en amont des rivières pour aller se reproduire. Ainsi, chaque année, entre novembre et janvier, il est possible d’observer les truites remonter l’Areuse.

C’est ce que j’ai fait cet après-midi. Je suis allé prendre des photos des truites de lac qui remonte l’Areuse.

Remonter une rivière n’est pas chose facile. Il y a de nombreux obstacles. C’est ainsi qu’à peine après avoir remonté 700m de l’Areuse depuis son embouchure dans le lac, les truites se retrouvent face à une chute !

Pour franchir cet obstacle, les truites n’hésitent pas à sauter par dessus la chute. Il est donc possible d’observer tout un balais de truites volantes qui sautent dans tous les sens.

truite de lac saute dans une chute.jpg
double saut de truite dans la chute.jpgtruite de lac en plein saut.jpg

truite de lac en plein vol.jpgtruite saute sur le dos.jpg


Ces truites sont bien valeureuses de vouloir franchir tous les obstacles que les hommes lui ont mis sur son chemin. Mais parfois ce courage n’est pas suffisant. Il y a trop d’obstacles pour que les truites arrivent à remonter bien loin.

intérieur de la pêcherie de Cortaillod.jpgDe plus, à force d’avoir fait des cours d’eau qui sont toujours plus rectilignes, les crues sont plus soudaines et violentes que dans une cours d’eau totalement naturel. Ainsi les oeufs déposés au fond du lit de la rivière ont peut de chance de rester assez longtemps pour assurer la reproduction des truites de lac. Cette espèce de truite est donc fortement menacée.

C’est pour cette raison que vers 1900 l’homme s’est chargé d’organiser la reproduction des truites de lac.

C’est à cette période que la pêcherie de Cortaillod a été construite juste à côté de la chute en photo ci-dessus. Quand une truite est fatiguée d’avoir loupé de nombreux sauts par dessus la chute, elle va se reposer un peu plus bas.

C’est là que souvent elle découvre le petit canal sur la rive droite qui mène directement à la pêcherie.

C’est dans cette pêcherie que les gardes faunes vont endormir les truites (en les électrocutants mais pas en les tuants !), puis presser doucement les truites pour extraire les ovules. Les truites sont ensuite relâchées dans l’Areuse.

Ensuite, la fécondation des ovules se fait dans des bacs à l’aide d’un outil de haute technologie… la plume de cygne ! Et oui, c’est ce que l’on a trouvé de mieux pour être doux.

 

reproduction artificielle des truite de lac.jpg

Ensuite, le petits alvins vont grandir à l’abri de la pissiculture de Colombier et être relâchés dans quelques rivières du canton une fois devenus assez grands pour survivre.

C’est ainsi que l’on retrouve toute une population de truites dans l’Areuse, même au Val-de-Travers.

Ces truites vont gentiment redescendre toute l’Areuse pour retourner dans le lac où elle trouverons une nourriture plus abondante et ainsi grandir beaucoup. Une truite de lac atteint facilement les 80-90cm.

Puis le cycle recommence, pour se reproduire, elle retournerons chaque année retrouver les eaux de leurs ancêtres en sautant d’une vague à l’autre par dessus les chutes….