Une majorité de gens sont prêts à tuer pour gagner un jeu TV

Un constat: le contenu des émissions de TV devient toujours plus trash… pour faire de l’audience les TV privées redoublent d’imagination pour trouver des contenus toujours plus immoraux: humiliation, torture, blessure, tentation des jeunes couples...

.. à quand les mises à mort en direct dans les jeux TV ?

Pour répondre à cette question, une équipe de psychologues ont remis au goût du jour une expérience pour tester la soumission à une autorité d’individus tout ce qu’il y a de plus normaux: l’expérience de Milgram.

Historique de l’expérience de Milgram

expérience de milgram 1960.jpgC’est le psychologue Stanley Milgram qui a mis au point cette expérience en 1960 à l’université de Yale au USA.

Lors de cette expérience, un sujet doit poser des questions pour une prétendue étude scientifique à propos de la mémoire. Si la personne à qui on pose les questions se trompe. Le sujet doit lui infliger une punition: une décharge électrique. Plus on avance dans l’expérience, plus la tension des chocs augmente jusqu’à arriver à des chocs très dangereux.

Milgram a démontré que 62% des gens sont prêts à infliger des chocs mortels si l’autorité leur demande.

La version 2010 de l’expérience de Milgram

expérience de milgram 2010 jeu TV.jpg50 ans plus tard, qu’en est il de la soumission des gens à l’autorité ? Est ce que la situation à changée ? Quel est le pouvoir de l’autorité: télévision ?

Pour le savoir, Christophe Nick a remis au goût du jour l’expérience de Milgram. En 2010, l’expérience est quasi la même. La petite différence est le décors. Cette fois, nous sommes sur le plateau d’un jeu télévisé.

Les sujets de l’expériences sont dans les mêmes conditions que 50 ans plus tôt, hormis le public et les caméras qui les regardent.

Les sujets ont été choisi, ils n’ont pas voulu participer à un jeu. Ils savent qu’il ne vont rien gagner. On leur dit que le but est de tester un nouveau jeu télévisé. Ils doivent poser des questions et infliger la punition par choc électrique comme dans la version de 1960.

Documentaire TV de l’expérience

Pour décortiquer tous les comportements durant l’expérience, il y a des scientifiques. Amadine Antonelli et Jean Léon Bauveois sont parmi ces scientifiques. Vous pouvez lire ce que pense Jean Léon Beauvois de cette nouvelle expérience de Milgram.

Voici l’avis d’Amandine Antonelli dans le journal Le Temps.

Le plus simple pour bien comprendre est de regarder le documentaire qui a été fait de l’expérience de Milgram en 2010.

Ce documentaire a été diffusé sur la télévision suisse romande le 12 mars 2010, il est donc encore visible quelques jours sur le site web de la TSR.

Sinon, ce documentaire: Le jeu de la mort est programmée le mercredi 17 mars 2010 à 20h35 sur France 2.

Pour ceux qui auraient malgré tout loupé ce documentaire, voici un compte rendu de celui-ci.

Une majorité de bourreaux

comparaison expérience de milgram 1960 2010.jpgPour aller à l’essentiel, cette version 2010 de l’expérience de Milgram montre que 82% des gens sont prêts à tuer si l’autorité télévision leur demande !

En effet, 82% des gens sont allé jusqu’à infliger des chocs électriques violents rien que pour se soumettre aux ordres de la présentatrice du jeu qui représentait l’autorité de la télévision.

Ce résultat prouve que tout le monde peut être un bourreau.

Mais attention à bien comprendre de quoi on parle. Il ne faut pas croire que les gens tuent de gaité de coeur. Non, ces bourreaux sont très souvent mécontent de ce qu’ils font.. mais ils le font quand même, car ils sont totalement soumis à l’autorité. Il sont pris dans l’engrenage du système.

Le système d’autorité

Dans cette expérience, on remarque que des gens tout ce qu’il y a de plus normaux deviennent des bourreaux. Ils n’aiment pas être bourreaux mais ils sont conditionnés tout au long de l’expérience pour être seul face à l’autorité. Ainsi il est très difficile de contrer l’autorité. C’est le système mis en place qui force les gens à devenir des bourreaux.

A chaque étape du jeu, le questionneur est toujours plus en contradiction avec ses valeurs. Il cherche à manifester son mécontentement à l’autorité. Mais à chaque fois l’autorité le remet en place et l’engrenage continue.

Les manifestations de rébellion sont toujours les mêmes. Tout d’abord la personne a un rire nerveux, c’est le corps qui inconsciemment relâche la pression. Puis, la personne se met à tricher, elle tente d’aider la victime pour la faire gagner et ne pas devoir lui infliger de choc électrique. Ensuite, c’est le détachement, le déni de la victime. Je dois agir comme une machine. Puis, enfin, le bourreau tente de se trouver des excuses pour continuer: C’est un jeu, on ne tue personne à la TV, donc je peux continuer….

De son côté, la présentatrice qui représente l’autorité dans ce jeu utilise toujours les mêmes injonctions pour forcer le bourreau à continuer toujours plus loin:

  • Ne vous laissez pas impressionnez. Continuez !
  • C’est la règle. Vous devez continuer.
  • Nous assumons toutes les conséquences.
  • Maintenant c’est pas agréable. Mais plus tard il vous remerciera.
  • Vous ne pouvez pas empêcher le candidats de gagner, qu’en pense le public?

expérience de milgram injonction continuez.jpgCes injonctions sont là pour déresponsabiliser la personne, pour l’isoler et la marginaliser encore plus face à l’autorité.

La personne n’est plus libre de ses choix. Elle doit continuer. C’est le système qui le veut.

En fait, elle a tout loisir de s’arrêter quand elle veut, il suffit de contrer les cinq injonctions de la présentatrice et tout est fini.

Mais comme l’expérience l’a montrée, seuls 18% des gens en on été capables.

L’autorité dans la vie courante

Comment expliquer que ce système d’autorité fonctionne si bien ?

C’est probablement par ce que l’humain est conditionné depuis sa prime enfance à être soumis à une autorité. Les parents, et les enseignants, puis les patrons sont les exemples les plus courants d’autorités personnifiée. Mais souvent l’autorité n’est même pas incarnée. La plupart du temps, l’autorité c’est un système. Un système qui a de multiples représentants.

L’Etat est une autorité représenté par les politiciens, le code de la route est une autorité représentée par des panneaux, le système économique est une autorité, la tradition est une autorité. L’humain passe son temps à suivre des règles.

L’humain passe son temps à chercher quelle est, dans la situation présente, l’autorité qu’il faut suivre. L‘humain passe son temps à se trouver un chef !

Il n’est donc pas étonnant de voir que les résultats de l’expérience de Milgram. Les gens libres sont une minorité. La majorité des gens sont des moutons qui se cherchent un berger.

colonne de moutons.jpg

Cette constatation rejoint mon billet à propos de la sagesse de foule. Elle n’existe pas. Elle est noyauté par la minorité de gens qui s’investissent dans la vie de leur communauté et qui sont suivi par la majorité de moutons.

Lorsqu’on remarque, comme à la fin de ce documentaire, que la seconde activité dans la vie d’un français, après le sommeil, mais avant le travail, c’est de regarder la télévision (3h30 par jour en moyenne), il est ainsi de s’imaginer que la télévision est une autorité du premier ordre comme peut l’être une religion.

Dans notre monde actuel, c’est la télévision qui transmet notre culture commune, c’est la télévision qui nous transmet ses valeurs.

Personnellement, je trouve ça inquiétant quand on voit le contenu de ses valeurs !

L’autorité du système économique

En prenant conscience de ces mécanismes d’autorité, il devient plus facile de comprendre comment fonctionne notre système économique capitaliste.

Pourquoi des millions (voir plus) de gens effectuent un travail qui va à l’encontre de leurs valeurs mais qu’ils exécutent quand même sous la pression de l’autorité du système et de ses nombreux représentants.

Comme dans l’expérience de Milgram, il y a toujours un représentant de l’autorité pas loin qui nous lancent des injonctions à chaque fois que l’on s’arrête pour réfléchir au sens de ce que l’on fait: C’est la règle. Vous devez continuer…. Nous assumons toutes les conséquences…

C’est ainsi, que notre système économique capitaliste se maintient en place. C’est ainsi que toute la journée des millions de travailleurs se crèvent à transformer les ressources naturelles de notre planète en déchets.

Alors, comme l’a fait Obélix avec ses menhirs inutiles dans la BD Obélix et compagnie, serons nous capables de nous arrêter, de réfléchir calmement à ce que l’on fait, et éventuellement de faire le choix de défier l’autorité pour retrouver sa liberté ?

Expérience de Milgram en 2010

Expérience de Milgram en 2010

L’expérience de Milgram est une expérience qui vise à démontrer le mécanisme de l’obéissance à une autorité et jusqu’où peut aller cette obéissance.

L’expérience de Milgram explique comment des gens normaux, des gens qui ne ferait pas de mal à une mouche, sont capables de se transformer en tortionnaires.

Historique

C’est le psychologue Stanley Milgram qui a mis au point cette expérience en 1960 à l’université de Yale au USA.

Lors de cette expérience, un sujet doit poser des questions pour une prétendue étude scientifique à propos de la mémoire. Si la personne à qui on pose les questions se trompe. Le sujet doit lui infliger une punition: une décharge électrique. Plus on avance dans l’expérience, plus la tension des chocs augmentes jusqu’à arriver à des chocs très dangereux.

Milgram a démontré que 62% des gens sont prêts à infliger des choc mortels si l’autorité leur demande.

La version 2010 de l’expérience de Milgram

50 ans plus tard, qu’en est il de la soumission des gens à l’autorité ? Est ce que la situation à changée ? Quel est le pouvoir de l’autorité: télévision ?

Pour le savoir, Christophe Nick a remis au goût du jour l’expérience de Milgram. En 2010, l’expérience est quasi la même. La petite différence est le décors. Cette fois, nous sommes sur le plateau d’un jeu télévisé.

Les sujets de l’expériences sont dans les mêmes conditions que 50 ans plus tôt, hormis le public et les caméras qui les regardent.

Les sujets ont été choisi, il n’ont pas voulu participer à un jeu. Ils savent qu’il ne vont rien gagner. On leur dit que le but est de tester un nouveau jeu télévisé. Ils doivent poser des questions et infliger la punition par choc électrique comme dans la version de 1960.

Pour décortiquer tous les comportements, il y a des scientifiques. Amadine Antonelli et Jean Léon Bauveois sont parmi ces scientifiques. Vous pouvez lire ce que pense Jean Léon Beauvois de cette nouvelle expérience de Milgram.

Voici l’avis d’Amandine Antonelli dans le journal Le Temps.

Tout un documentaire télévisé à été réalisé sur cette expérience. Voici le compte rendu de ce compte rendu.

Compte rendu du documentaire de l’expérience de Milgram 2010: Zone Xtreme, le jeu de la mort

Concrètement, on a une institution face à un individu.

Il y a un individu avec des valeurs et une insitiutions avec d’autres valeurs.

Certaines de ces valeurs sont communes, et d’autres se confrontent.

Vu qu’il y a, à la base, un monde inconnu et que l’individu est seul. Il est en position de faiblesse. Il est en mode automatique. Face à la nouveauté, à la vedette TV qu’il croise, il se soumet. Il y a déjà une pression de base.

Tout au long du jeu, il y a un processus d’engagement.

Il faut que la personne se mette dans l’état Agentique. C’est un état dans lequel une personne autonome devient un agent d’éxécution de l’autorité.

Dans cet état. La personne se comporte pour être en accord avec l’autorité.

Une fois que le jeu commence, tout se passe bien, la règele est suivie.

Puis les valeurs de la personne entrent en conflict avec les valeurs de l’autorité. Il y a des contradictions.

70% des gens rigolent vers le palier de 80v. C’est le premier choc ou le candidat/victime émet un son.  Il manifeste que ce n’est pas très agréable de prendre un choc électrique. Les gens qui inflignent le choc rient, car le rire est un rire nerveux il sert à baisser la tension, se détendre de cette situation étrange.

Puis, plus le jeu avance, plus les rires diminuent.

à 180v.. La victime crie j’arrête.

Le questionneur doit choisir entre soi et l’autorité.17% des candidats évitent de confronter l’autorité en trichant ! .. il tentent de désobéir. Ils soufflent les réponses au candidat/victime. Cette technique permet de déculpabiliser.  Mais elle renforce encore la soumission à l’autorité.

Le fait de voir des gens tricher prouvent qu’ils croient vraiment à la situation. Si ils trichent, ils ne peuvent pas dire en fait j’y croyais pas !

Au pallier des 320v le candidat crie qu’il refuse de continuer.  Pour le questionneur, Ii faut  toujours choisir. entra sa conscience et l’autorité. C’est là que les gens nient la victime. Le pilotage automatique fonctionne de mieux en mieux. Il se détachent de la situation. Il minimisent en se détachant, en ignorant la situation.

A 380v, c’est le silence de la victime.

Après l’expérience, 15% des gens diront qu’ils savaient que c’était faux. Qu’il n’infligeait pas vraiment de choc électrique !.. mais leur tricherie prouve le contraire. Chez milgram il étaient 6%.

Ils se disent que la télé ne peut pas tuer des gens pour un jeux TV. Donc ils se sont plié à la règle du jeu.

Les gens se trouvent des excuses pour supporter ce qu’ils font contre leurs propres valeurs.

A l’étape suivante, le conflict de conscience devient trop fort. Le questionneur déclare clairement qu’il veut arrêter.

C’est là que l’autorité fait une injonction pour contrer la personne: Ne vous laissez pas impressionnez. C’est la règle. Nous assumons les conséquences. Maintenant c’est pas agréable. Mais plus tard il vous remerciera. Vous ne pouvez pas empêcher le candidats de gagner, qu’en pense le public.

A chaque réclamation de la personne une de ces injonctions est sortie en réplique. Il peut y avoir jusqu’à 5 injonctiontions. Au dela on arrête le jeu. On décide que la personne s’est assez rebellé contre l’autorité. Elle a gagné.

Assez au début du jeu. 9 personnes sur 80 ont décidé je ne veux pas continuer. Et ils ont arrêté le jeu. Tous se sont rappelé leur valeurs profondes. Ils se sont dis que cette autorité n’était pas compatible avec leur valeurs.

Vers 320v, un autre groupe de 7 individus à commencé à trouver la tension trop élevée pour continuer. Ils se sont arrêtés.

Donc seules 16 personnes sur 80 ont accepté de ne pas se soumettre à l’autorité.

Les autres étaient également mal, mais étaient en position de soumission. Ils attendaient les ordres de l’animatrice, de l’autorité.

La plupart des gens ne voulaient faire de mal à personne. Ne voulaient pas torturer quelqu’un. Il sont prêts à partir si ils ne sont pas obligé. C’est par ce que l’autorité est là qu’ils se soumettent.

Une variante du jeu a été testée: si l’animatrice n’est pas là, c’est 75% des gens qui s’arrêtent d’eux même. Donc l’autorité joue un rôle important.

C’est la solitude face à l’autorité qui crée cette soumission.

Actuellement, dans notre monde hyper médiatisé, la télévision est tellement implantée qu’elle a une autorité égale à celle que la religion peut avoir.

Un francais regarde en moyenne la télévision pendant 3h30 par jour depuis l’âge de 5ans. Sur 80 ans d’espérance de vie on arrive à 123187 heures, soit 14ans en continu. En comparaison on arrive à 9 ans de travail dans une vie !

Donc regarder la TV est le seconde activité des français, après le sommeil !

Donc il est normal que la télévision soit une telle autorité. La télévision transmet ses valeurs qui deviennent ensuite les valeurs de la société !

Les gens font tout pour bien paraître à la TV ! Rien que par ce qu’ils sont à la TV, il font tout pour être en accord avec celle-ci et ne pas remettre son autorité en cause !