Les 14 besoins fondamentaux selon Virginia Henderson

Régulièrement quand je parle de systèmes économiques ou de Revenu de Base Inconditionnel, je suis amené à comparer ce qui est de l'ordre des besoins d'une personne et ce qui fait partie de ses désirs.

Qu'est-ce qui est nécessaire pour vivre ?
Quel doit être le montant d'un revenu d'existence, soit un Revenu de Base Inconditionnel suffisant pour vivre ?

On retombe régulièrement sur la notion de besoins fondamentaux. Nous allons voir ici comment ils se définissent.

Lors d'une discussion j'ai une personne qui m'a dit: "Alors dans mes besoins de base, j'ai besoins d'une grosse bagnole, donc il faut ajuster le niveau du Revenu de Base Inconditionnel sur ce niveau".

Il est donc temps de définir correctement ce qu'est un besoin fondamental. La bagnole n'est fait à priori pas forcément partie. (Il y a des centaines de génération d'humain qui ont vécu sans jamais avoir vu une bagnole, donc logiquement ce n'est pas un besoin fondamental humain pour vivre !)

La pyramide de Maslow

Il existe un modèle très connu pour définir des besoins. C'est la pyramide des besoin de Maslow.

pyramide-de-maslow-inconditionnel-Malizia

Les besoins ne sont pas tous au même niveau. Il est nécessaire de combler en premier les besoins les plus fondamentaux, pour ensuite combler les suivants. C'est ainsi qu'on la forme pyramidale qui est utilisée comme métaphore.

En premier on comble les besoins pysiologiques, puis de sécurité, d'appartenance et d'amour, ensuite d'estime et enfin pour les chanceux, le besoin d'accomplissement de soi.

Ce modèle est connu, mais quand on veut entrer dans le détail, c'est beaucoup plus flou. Qu'est-ce qu'un besoin d'estime de soi `?

Jusqu'à quelle niveau un revenu d'existence devrait assurer les besoins ? Est-ce tout simplement possible de façon monétaire de combler des besoins de l'ordre de l'appartenance ?

Donc personnellement je préfère un autre modèle de définition des besoins fondamentaux que je trouve plus clair et précis.

Le 14 besoins selon Virginia Henderson

Virginia Henderson était infirmière. Elle a vécu jusqu'au grand âge de 98 ans. Elle a donc certainement pu très bien gérer ses besoins et surtout ceux de ses patients.

Elle a eu l'occasion de s'occuper de nombreuses personnes qui justement ne peuvent plus assurer seuls leurs besoins et nécessitent donc une aide. Elle a ainsi pu catégoriser les 14 besoins fondamentaux des humains.

Voici donc ces besoins dans l'ordre du plus fondamental au moins fondamental:

  1. Respirer
  2. Boire et manger
  3. Éliminer (pipi, caca !)
  4. Se mouvoir et maintenir une bonne posture
  5. Dormir, se reposer
  6. Se vêtir et se dévêtir. (l'habit étant aussi une forme d'identité)
  7. Maintenir sa température corporelle (les habits + le chauffage)
  8. Être propre et protéger ses téguments (cheveux, poil, peau, ongles, etc..)
  9. Éviter les dangers
  10. Communiquer avec ses semblables
  11. Agir selon ses croyances et ses valeurs
  12. S'occuper en vue de se réaliser
  13. Se récréer
  14. Apprendre

On voit donc clairement ici les besoins fondamentaux de façon plus explicite qu'avec la pyramide de Maslow.

Il est évident que toute personne qui ne respire pas, ne vas pas vivre bien longtemps.

Nécessite une aide (médicale) permanente

Puis les autres besoins mis en rouge, sont fondamentaux. Si un de ces besoins ne fonctionne pas bien il faudra demander de l'aide ou parfois même recourir à des moyens médicaux.

On retrouve les personnes âgées et le petits enfants dans la catégories personnes qui ont besoin de l'aide de la communauté pour combler les besoins en rouge. C'est probablement ce qui organise fondamentalement notre société humaine.

Dans mon expérience des camps scouts, j'observe que la réussite du camp tient à peu de chose, et quasiment pas aux activités !

Si la nourriture est bonne (besoin 2), que les toilettes sont bien conçues (besoin 3), que le sommeil n'est pas mauvais, donc dans une tente au sec et sans grosse bosse juste sous le dos (besoin 5), alors le camp est à 80% réussi.

Pour le reste, la météo influe beaucoup. Si l'on peut vivre sous tente sans avoir trop froid et qu'il est possible de se nettoyer sans se geler dans la rivière, c'est nettement mieux. Mais là on parle déjà de la catégorie suivantes des besoins.

Autonome, mais dans un bon habitats

Pour les besoins entre 6 et 9, (en orange) on est plus dans le physiologique, mais on peut y porter atteinte. Notamment s'il fait trop froid ou trop chaud. Il y a à chaque canicule des personnes âgées qui décèdent de déshydratation.

Il y a une notion d'hygiène et de prévention dans ces besoins. C'est par la propreté et vivre dans un habitats sain que l'on va combler ses besoins.

Seuil du Revenu de Base Inconditionnel

Je pense ici à un SDF qui ne peut assurer d'avoir tous les jours un habitat et une hygiène lui garantissant de rester en bonne santé. Sans santé risque de facilement se dégrader. Un revenu de base inconditionnel me semble ici intéressant pour totalement couvrir ce genre de besoin.

Si l'on a pas de domicile, une hygiène et des habits repoussant ça va être une entrave pour communiquer avec ses semblables (besoin 10) et faire société.

C'est ici que je place une limite entre des besoins très fondamentaux et des besoins humains que l'argent ne peut pas forcément combler. Donc c'est ici que je place le seuil pour calculer le montant d'un Revenu d'Existence.

La métaphore du vélo permet de bien comprendre. Je place les 9 premiers besoins pour composer ma roue avant de vélo et mes 5 derniers besoins pour composer ma roue arrière de vélo. Puis je m'élance dans une pente. Si la roue avant ne tourne par rond.. je vais pas faire long.

Mais si ma roue arrière ne tourne pas rond. Mon parcours sera chaotique, mais je pourrait quand même avancer dans la vie.

A méditer.

Bientôt la fin des (hyper)-supermarchés ?

Le monde de la grande distribution est en pleine mutation. Après 60 ans de domination du modèle des supermarchés, il est fort probable que ceux-ci disparaissent tout bientôt. Nous allons voir pourquoi.

Émergence de l'économie de marché

Comme je l'explique dans mon histoire de la monnaie et des systèmes économiques, l'économie de marché découle directement de l'impôt.

C'est lorsqu'un seigneur impose sa monnaie via l'impôt, que ses sujets doivent s'organiser pour gagner de la monnaie. Auparavant la monnaie n'est pas nécessaire pour vivre. Le don dans une communauté de confiance suffit à assurer l'abondance.

Quand la monnaie devient nécessaire pour vivre, chaque personne va chercher à vendre des biens et des services. Elle doit donc signifier à la communauté ce qui est disponible. Ce qui est sur le marché.

marche-aux-epices

La place de marché est donc ainsi créée.

Tous les producteurs se réunissent au même endroit, en même temps pour présenter leur offre.

Le marché répond à un besoin d'efficacité. De plus les producteurs se spécialisent. Ils augmentent ainsi leur efficacité. Tout est fait pour ramener le plus de monnaie possible. La technique se développe et se met au service des moyens de production pour augmenter les rendements.

Puis, la caste des commerçants émerge. Le commerçant n'est pas le producteur, il est un intermédiaire entre le producteur et l'acheteur final, le consommateur. C'est encore une fois une manière d'augmenter l'efficacité à capter de la monnaie sur le marché pour la rendre au seigneur.

Naissance du marketing

L'énorme avantage de l'économie de marché, c'est de fournir tout ce qui imaginable, de combler tous les besoins.

Quand un besoin semble comblé, il suffit de susciter un nouveau désir, et hop.... un nouveau besoin apparait.

Créer le marché, c'est ce que fait le marketing.

La bande dessinée Obélix et compagnie résume très bien la fonction du marketing, j'en avais déjà parlé il y a très longtemps.

Tout le monde a besoin d'un menhir dans son salon !
Surtout par ce que les voisins en ont déjà un !

marketing menhir

Afin de vendre toujours plus. Le marketing crée l'hyper-segmentation du marché. Il existe une sorte de shampoing pour chaque type de personne, les hommes, les femmes, les enfants, les cheveux longs, les cheveux courts, les cheveux lisses ou bouclés, les cheveux bruns, blond ou bleus....

Le marché de la place du village se transforme en marché couvert, en épicerie, en supérette, puis en super-marché et en hyper-marché. C'est la naissance des grandes surfaces. Car il en faut de la surface pour présenter toute les variations d'un même produit.

Naissance du supermarché

Après des tâtonnement, c'est surtout dans les années 1960 que les supermarchés poussent comme des champignons.

Le principe est simple. Il y a tout au même endroit, en libre service.

Le public est habitué à se fournir dans plusieurs établissements. Pour le formage, c'est chez le fromager, pour le pain, c'est à la boulangerie, pour le poisson chez le poissonnier, les légumes sur la place du marché, et plein d'autres denrées, parfois dites: coloniales, s'achètent à l'épicerie.

Pour faire ses courses, il est nécessaire de faire le tour du quartier dans des commerces de proximités.

Le supermarché chamboule tout. Comme les surfaces dans les villes sont déjà occupées. Le super, puis l'hypermarché se construit à l'extérieur des villes. (dans une grosse boite de conserve sans fenêtre qui jouxte un énorme parking) Il est nécessaire de s'y rendre non plus à pied, mais en voiture. (si possible avec un grand coffre).

Le supermarché se caractérise par des produits en libre service. Fini le comptoir du boucher ou de l'épicerie. Fini les files d'attentes pour dicter sa liste de course.

Au supermarché, on rempli soit même son caddie dans des allées de produits en libre service. Puis on passe à la caisse.

Tout est donc présenté sous forme de produits standardisé. Le formage est déjà emballé sous forme de morceaux de différentes tailles: l'emballage familial, l'emballage individuel, l'emballage de dégustation, etc.

En France, c'est Leclerc qui est le fer de lance du modèle du supermarché. En Suisse, c'est Migros qui révolutionne le commerce de détail.

Mi-Gros signifie que l'on est à cheval entre le commerce de détail et le commerce en gros, ce qui offre le promesse de prix plus bas.

Durant les 30 glorieuses, le modèle du supermarché fait des émules, il attire les foules dans le rituel familiale de la visite au centre commercial, avec un pic le samedi.

Pendant ce temps les épiceries de quartier disparaissent, comme de nombreux commerces de proximité. Surtout en raison des prix cassés qu'offre les supermarchés, ainsi que le côté pratique de tout avoir au même endroit, sous le même toit. On peu acheter toute sa nourriture de la semaine, ses vêtements, du vin, des livres et des appareils électroménager dans le même magasin. Un gain de temps certain !

Le déclin des mammouths et autres mastodontes

C'est connu, les dinosaures ont disparus, trop grands, trop patauds, ils n'ont pas su s'adapter au changement.

Mammouth écrase les prix !

C'était le slogan de la défunte chaine de supermarché Mammouth, rachetée par Auchan.

Une des constantes du capitalisme, c'est de grandir le plus possible. L'économie de marché permet d'acheter de tout, et donc aussi d'autres commerces.

Les petits deviennent donc toujours plus gros et toujours moins nombreux. Le capitalisme de connivence favorise les monopoles.

Et c'est en général quand il ne reste plus qu'un seul joueur que la partie de Monopoly s'arrête.

C'est là que la biodiversité pousse à l'émergence d'autres modèles qui rendent obsolète les mastodontes du passé.

On entend le fracas de l'arbre qui tombe, mais pas le bruit de la forêt qui pousse.

Le modèle de l'hypermarché est en train d'imploser sous son propre poids, mais personne ne le voit.

Quelle est donc cette forêt qui pousse ?

Hypermarchés, la chute de l'empire

C'est le titre d'un documentaire Arte. Ce documentaire nous montre les coulisses de la négociation entre les mastodontes de la grande distribution comme Carrefour, et des producteurs.

Le but étant de briser les jambes des producteurs. Une fois au sol, on commence à négocier. Sympa !

Ce chantage n'a qu'un seul but, baisser les prix au maximum, afin d'attirer les clients.

Mais là on touche une limite. Ce documentaire nous montre que malgré les offres spéciales pour attirer le chaland. Le public boude de plus en plus les hypermarchés hors des villes, au profit du commerce de proximité – sous la même enseigne – à taille plus humaine et au centre ville.

societe-de-consommation

Les hypermarchés sont devenu des charges pour les grands groupes comme Carrefour. Trop gros, trop de surface, donc trop cher. Trop loin, trop de temps perdu à déambuler dans la grande surface pour juste acheter un produit.

La cause du déclin: le commerce en ligne qui a pris le dessus pour le non-alimentaire. Les vêtements, l'électroménager, les chaussures, voilà sur quoi un hypermarché fait sa marge. Alors que l'alimentaire pas cher, c'est juste pour attirer le consommateur en quête du prix le plus bas.

Mais quand le commerce en ligne vol le marché, et les marges de l'hypermarché. Le mastodonte implose. Il attire des clients, mais ne tourne pas. Il baisse encore ses prix, détruit ses fournisseurs, mais ne change toujours pas la situation.

C'est alors que Carrefour a imaginé un circuit diabolique pour subventionner ses hypermarché: la vache à lait des franchisés.

85% des enseignes Carrefour sont en fait des franchisés. Des commerçants autonomes qui veulent profiter de la marque et des procédures de fonctionnement éprouvées pour bien faire tourner leur commerce.

Le soucis, c'est que la franchise impose également une centrale d'achat. Les prix pratiqués par cette centrale sont prohibitifs. C'est ainsi que Carrefour taxe les magasins qui vont bien – plutôt à taille humaine et au centre ville – pour renflouer les hypermarchés virtuellement morts.

Ce cannibalisme n'est pas durable. Il suffit d'un coup dur, d'un grain de sable qui grippe la machine et tout risque de s'effondrer.

Covid, confinement, télétravail, inflation, augmentation du prix de l'énergie, du carburant, pénuries...

Le grain de sable est là.....
Non ?

Marges pratiquées dans le commerce de détail

La source de revenu d'un commerce provient de ses marges.

C'est essentiellement la différence entre le prix d'achat au fournisseur et le prix de vente au client.

Le revenu d'un commerçant, c'est ça.

Avec ce revenu il paie ses charges, essentiellement les salaires, les loyers, le coûts de l'énergie, les frais divers.

Techniquement il y a tout un jargon, on parle de marge brute, de marge commerciale, de marge nette, de marge bénéficiaire brute....

Mais malgré le jargon, le principe reste toujours le même, ce que je gagne - ce que je dois... après on peut le voir en % en absolu, avec le prix en TVA ou non. On peut calculer la marge pour un seul produit ou pour l'ensemble à partir du chiffre d'affaire....

Si j'ai bien compris dans la grande distribution la marge brute et la marge commerciale c'est la même chose !

Marge = prix de vente HT - coût d'achat HT.

En France, il y a chaque année un rapport parlementaire qui décrit les marges des commerces de détail.

C'est l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, qui produit ce rapport.

En Suisse, nous n'avons pas ce genre d'information. C'est tenu secret !
.... mais parfois il y a des fuites !... quand des données sont piratées, on y reviendra plus tard....

Marges nécessaires pour tourner

Quelles marges faut-il pour qu'un commerce puisse raisonnablement vendre ses produits et faire un peu de bénéfices ?

Dans le documentaire Arte: Hypermarchés, la chute de l’empire, on apprend qu'en 1963, lors de l'ouverture du premier hypermarché de Carrefour, le chiffre d’affaires attendu par la direction pour 1970 était de 1 milliard de francs pour une marge brute de 15 % et des frais généraux de 10%.

Dans une étude publiée par le Fédération Romande des Consommateurs en juin 2022, il est cité un avis d'expert:

Selon des chiffres avancés par la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), une chaîne de magasins bien gérée devrait se satisfaire d'une marge brute globale de 25% de son chiffre d'affaires pour couvrir ses frais (personnel, loyers, administration, publicité, amortissement des machines et autres).

Marges constatées par des études sur les grands distributeurs

Selon une étude relayée en 2017 par la Schweiz am Sonntag, Coop et Migros sont les commerçants de détail qui dégagent les plus grandes marges brutes d'Europe.

D'après cette étude menée par la société allemande de conseil Deekeling Arndt Advisors pour l'association des fabricants de marques suisses Promarca, Migros aurait dégagé en 2015 une marge brute de 40,2%, la plus haute d'Europe. Et Coop arrive en seconde position avec 29,8%.

Suivent le groupe allemand Rewe (25,5%) et les chaînes de magasins françaises Auchan (23,5%) et Carrefour (20,9%). Les marges les plus basses sont britanniques, avec Tesco (5,2%) et Morrisons (3,8%).

Dans le dossier de la FRC, il est cité une mention dans la NZZ d'une mise à jour pour 2021 des chiffres concernant Migros et Coop:

Les marges au niveau du groupe Migros s’élevaient à 39% l’an dernier (2021) et celles de Coop à 32%. Une différence entre ces deux acteurs qui peut s’expliquer par la part importante de produits distributeur qui lui sont propres et fabriqués par des sociétés que Migros détient.

Sondages de marges dans une supermarché Carrefour

Dans le documentaire Arte: Hypermarchés, la chute de l’empire, il y a un sondage qui est effectuée sur quelques produits afin de connaitre la marge:

  • 4,85% sur les Frosties
  • 2,88% sur le coca-cola
  • 16% sur le café noir pack de 500g
  • 10,8% sur le Nutella
  • 40% sur le pack de 6 tomates en barquette
  • 30% sur un concombre
  • 25% sur un fromage

Le documentaire nous mentionne que pour ne pas perdre d'argent, ce magasin doit avoir une marge globale de 20%.
(ce qui correspond avec les chiffres vu plus haut pour Carrefour)

Lien direct vers le sondage....

On constate que la majorité des produits ont une marge qui est inférieure à 20%. On peut donc dire qu'ils sont vendus à perte. L'idée c'est d'être un prix d'appel pour faire venir les clients. Ce derniers sont ensuite inciter à acheter des produits avec une plus grande marge. Ici, les tomates, le concombre et le fromages.

Mais la principale source de revenu du supermarché, ce n'est pas la nourriture. C'est plutôt les vêtements. Un secteur avec des fortes marges.

.... mais la concurrence du commerce en ligne est rude... et l'alimentaire ne permet pas de compenser.

Un piratage révèle les marges sur les produits laitiers

En avril 2022, les Laiteries Réunies de Genève se font pirater. Un grand nombre de données sont publiées sur le dark web.

C'est le point de départ d'une publication des prix et des marges qui sont faites par les grands distributeurs de suisse romande.

Plusieurs articles de journaux révèlent les marges énormes que Coop et Migros se font sur les produits laitiers. Un questionnement se fait sur la politique des distributeurs de mettre la pression sur les producteurs alors qu'ils ont de grosses marges. Car finalement le prix du lait ne permet pas de vivre.

Donc le lait est subventionné par la confédération. Donc finalement c'est le contribuable qui finance les marges énormes de Coop et Migros sur les produits laitiers ! A méditer !

Les marges brutes de Coop atteignent les 57% et celles de Migros 46%

A partir des données des LRG, nous avons analysé 77 produits vendus sur les étals des grandes enseignes. Résultat: les marges brutes atteignent en moyenne 57% chez Coop, 46% chez Migros, 35% chez Aligro et 34% chez Manor.

Pour parvenir à ces pourcentages, nous avons comparé le prix auquel les distributeurs achètent les produits aux LRG aux prix de vente dans leurs magasins. Cette démarche a été possible parce que les données concernent les prix actuels, tels que négociés entre mars et avril notamment. Les détaillants commercialisant moins de dix produits, comme Denner ou Volg, ont été exclus de l'échantillon.

La comparaison des marges est limitée par le fait que le panier de produits n'est pas identique entre les détaillants. Il s'agit de marges brutes, qui mesurent la différence entre le prix d'achat et le prix de vente sans tenir compte des coûts. Selon les experts consultés, ce critère reste le plus pertinent pour comparer les distributeurs.

De l'autre côté de la frontière, le rayon produits laitiers présente une marge brute de 24,3%, relève le rapport officiel. Mais ce qui reste en « net » n'a rien à voir: à peine 0,8%. En boulangerie, les marges sont même négatives !

Quelques exemples de calculs

Le même produit n'est pas obtenu au même prix par différents distributeurs, puis la marge n'est pas forcément la même et donc le prix de vente est souvent différents. Voici quelques exemples de produits fabriqués ou revendus par les laiteries réunies.

Les flans TamTam au chocolat sont achetés moins cher par Migros que par Coop, mais le prix est presque similaire, mais ainsi la marge est respectivement de 58% et 39%.

Pour la tome vaudoise nature. La même marge de 66% est appliquée. Il y a une différence de 25 centimes du prix. Apparemment Migros a des arguments supplémentaires dans la négociation du prix !

Le pouvoir est chez le distributeur

Comme je le disais dans une vieil article de 2011 à propos de la TV connectée, le pouvoir est chez le distributeur.

Ci-dessus on évoque le fait que le producteur est écrasé. Surtout avec le cas du lait qui ne permet pas de vivre en le vendant.

Mais c'est pareil pour le maraichage. Il y a de nombreuses exploitations (le mot est juste parfait) qui est emploient des saisonniers étrangers pour diminuer les coûts de la main d'oeuvre.

Quand au consommateur, il a un pouvoir énorme. C'est lui qui "vote" à chaque achat sur ce qu'il veut voir exister ou non comme système économique.

Coluche résumait ceci avec cette phrase:

Quand on pense… Qu'il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça se vende pas !

Mais en fait, les désirs des consommateurs sont tellement éclatés, le consommateur est tellement individualisé, qu'en fait il ne représente pas un réel pouvoir de décision.

Plus haut nous avons parlé de marketing. La segmentation du marché fait que toutes sortes de catégories de consommateurs vont venir dans le même supermarché, mais consommer un segment marketing différent.

Les gammes, classic, MBudget et fine food reflètent bien ce phénomène. Donc il y a des gens qui seront préoccupé par leur budget et d'autres par la qualité des produits. Puis encore certains par des labels fairtrade et/ou des produits bio.

Donc le consommateur n'est jamais fédéré sous une même bannière. Il a des intérêts parfois opposés. Le distributeur sait s'adapter pour répondre aux besoins de chacun.

Finalement le consommateur ne fait qu'acheter ce qu'on lui propose. Il n'a pas trop le choix. Il a un choix factice entre les différentes gammes de produits. Mais ne décide pas réellement.

Ceci est un peu paradoxal dans le cas de Migros et Coop, qui sont des coopératives appartenant aux clients !!

Donc qui détient le pouvoir ?

Le pouvoir est chez le distributeur.

Le distributeur est l'acteur qui a accès à tout le monde. Il peut faire pression sur le producteur pour référencer son produit et lui garantir un volume de vente.

Le client ne voit que le distributeur pour se fournir. Ce serait trop long et fastidieux de se fournir chez chacun des producteurs.

Migros et Coop représentent à eux deux 70% du marché de la distribution en Suisse. Voir même 80% si l'on tient compte du fait que Migros est actionnaire majoritaire (70%) de Denner.

Migros et Coop étant des coopératives, les bénéfices ne peuvent aller dans la poche d'actionnaires. Ainsi les deux géants oranges sont obligés de réinvestir les bénéfices en interne, souvent pour bouffer les concurrents et agrandir encore le duopole.

Migros et Coop sont en concurrence entre eux et se copient largement l'un l'autre.

Le pouvoir est chez le distributeur. On a le même schéma qu'avec Google qui est l'intermédiaire entre les créateurs de contenus et les internautes à la recherches d'un contenu.

Google à su se placer en intermédiaire, autant pour la recherche générale. Son moteur de recherche est au top depuis deux décennies. C'est long dans l'histoire du web. De plus Google a su consolider sa place en investissant le terrain de la vidéo, avec Youtube.

On retrouve également le même schéma, avec Apple qui se place comme intermédiaire distributeur d'applications pour iPhone. Apple est l'intermédiaire entre le producteur qui cherche à se faire connaitre le consommateur qui cherche une solution. Et au passage Apple prélève sa marge.... 30% !

Encore une fois Google s'est inspiré du principe en fournissant un système d'exploitation pour smartphone: Android. Puis en devant le fournisseur officiel d'applications.

Donc si tu veux le pouvoir, devient distributeur.

Reprendre du pouvoir dans la distribution alimentaire

On l'a évoqué ci-dessus, le monde de la grande distribution ne respecte pas les producteurs. Le consommateur a un pouvoir limité.

Donc que faire pour agir selon ses valeurs ? Si l'on veut respecter les producteurs ?

Et bien il faut devenir distributeur !

C'est là que je viens te proposer le modèle de l'épicerie participative. J'ai déjà écrit tout un guide pour expliquer ce que c'est et comment en créer une.

Le pacte du 1er août 1291 est un faux !

Aujourd'hui on est le 1er août ! C'est la fête nationale Suisse !
Alors Joyeux anniversaire la Suisse.

Alice tient un drapeau suisse Chrisitan bouteill et Mathieu
Les 3 Suisses ? ......Oui.. je ressorts une vieille photo d'archive du temps d'extremefondue.ch...

Mais pourquoi est-ce que l'on fête le 1er août ? et pas une autre date ?
.... et bien c'est en référence à la "date" indiquée sur le pacte de début août 1291.

Aaaah voilà.

L'histoire du pacte de 1291 ça fait partie du mythe fondateur de la suisse. C'est raconté partout. C'est expliqué sur wikipedia et sur le site de l'administration fédérale, c'est connu de tous les Suisses...

Et pourtant, c'est en allant voir ce pacte, le vrai, que j'ai découvert une toute autre histoire dont on ne parle jamais !
Le pacte de 1291 est un faux ! .... alors on va voir ça en détail.

Mythe fondateur Suisse

Il était une fois un peuple vivant qui refusaient l'ingérence des Habsbourg (la famille impériale) et de leur fonctionnaires arrogants (les baillis) dans leur vie quotidienne.
Ce peuple voulait juste vivre chez lui tranquille et ne pas se faire racketter par des puissants qui voulaient leur piquer les recettes du péage du col du Gothard.

gothard panneau

C'est ainsi que les gens de ces vallées se sont rebellés contre bons nombres de représentants de l'empereur du Saint-empire-romain-Germanique. L'empire qui dominait sur l'Europe à cette période. (le 13ème siècle)

La fable de Guillaume Tell raconte très bien cette histoire de rebelle qui veut se libérer de l'oppression.

Les gens de ces vallées ayant défié leur suzerain, ils devaient s'attendre à des représailles militaires. La confédération a donc été crée lors du serment du Grütli. (Les fameux 3 Suisses qui représentent les 3 vallées)

Le principe était de se porter assistance mutuelle afin de toujours rester libre. Cette rencontre mythique est une tradition orale et généralement on la situait en 1307.

Et voilà qu'un jour de 1724 un archiviste découvre à Schwytz un pacte de 1291 qui prévoit assistance entre 3 vallées en cas d'agression. Génial cette légende était donc vraie. On a un papier historique qui le prouve....

Alors oui, mais non.......

La fameuse prairie du Grütli
La fameuse prairie du Grütli

Donc en effet, nos amis les premiers Confédérés ont eu droit à quelques représailles pour avoir voulu se rebeller contre les représentants de l'empereur.

Le Duc Léopold 1er d'Autriche a envoyé des milliers de soldats. Mais ceux-ci ont été défait à la bataille de Morgarten par des paysans/soldats 2 fois inférieurs en nombre!

Après cet évènement, la confédération a grandi, ce qui n'était pas bien vu du Saint-Empire romain germanique. C'est ainsi donc que 73 ans après Morgarten, c'est à Sempach que les hostilités ont reprises. Et suivant le même modèle, les confédérés ont remporté la victoire. Leopold III perdant la bataille et la vie! (comme 15% de la noblesse alsacienne)

Depuis, la confédération Suisse vit tranquillement. La confédération est devenue une fédération de cantons. (tout en gardant le nom: confédération !)

Voilà pour la légende.

Remise en cause du mythe fondateur Suisse

Comme tous les mythes, celui de la Suisse est inspiré de faits réels, mais romancé.

Il semble bien qu'il y a eu des baillis pas très sympa. Il y a notamment eu comme dans la fable de Guillaume Tell un baillis nommé Gessler. Mais pas au même endroit !

Comme ce Gessler n'était pas aimé, son nom est devenu une sorte de nom commun pour désigner une bailli méchant. Lors de l'écriture de la fable de Guillaume Tell, c'est finalement le nom commun qui a été utilisé.

Il semble bien que les vallées ont conclus un voir plusieurs pactes d'alliance. Les batailles de Morgarten et de Sempach on bien eu lieu !

Mais il semble bien que le fameux pacte de 1291 est un faux !
(j'ai découvert ceci en allant le voir au musée des chartes à Schwytz.)

Pourquoi est-ce que le pacte de 1291 est un faux ?

En très bref, ce pacte présente plein de signes qui montrent qu'il n'est pas fait de manière conforme à l'époque:

  • le rédacteur est inconnu ! (peu de gens écrivaient les actes officiels ils étaient tous connus)
  • la date est floue.... (au début août.....  C'est pourquoi on fête le 1er août la fête nationale)
  • le pacte ne cite pas de document précédent précis (juste un vague.... "comme les anciens documents le montrent")
  • le sceau de Unterwald est utilisé, alors qu'il n'existait pas en 1291... il n'y avait que des sceaux séparés pour les entités de Obwald et Nidwald.
  • Ce pacte n'existe qu'en un seul exemplaire. (Peut être que les autres ont été perdus... mais c'est louche)
  • Ce pacte n'est cité par aucun autre document plus récent jusqu'en 1891 où il est utilisé pour construire le mythe suisse (et ainsi fêter les 600 ans à cette date !) !  Avant 1891 on considérait que le pacte de Brunnen de 1315 était le véritable acte fondateur de la suisse.. (Suite à la bataille de Morgarten)
    (Le pacte de 1291 a été découvert par hasard dans les archives de Schwytz en 1724...)

pacte 1291 confederation suisse grutli

Etonnamment, seul le musée des chartes à Schwyz, sorte de coffre fort géant construit dans les années 1930 à la gloire de ce pacte de 1291, indique et explique pourquoi ce pacte est probablement un faux !

Le site web officiel de la confédération, ainsi que la page wikipedia du pacte n'indiquent en rien que ce pacte est un faux ! C'est certainement encore un tabou...
(Tout comme le fait que Guillaume Tell n'est pas un personnage historique.... et pire.... L'histoire est identique à celle plus vieille qu'on trouve dans une fable danoise.... Toko l'archer obligé de tirer une flèche dans une pomme sur la tête de son fils.... )
Pourtant... Guillaume Tell existe, je l'ai rencontré ! 😉

Mathieu et Adrien avec Guillaume Tell

Mais alors d'où vient ce pacte de 1291 ?

Le musée des chartes nous indique que le pacte de 1291 daterai de 1307, et serait une sorte de pièce jointe au CV d'un bailli qui voulait justifier d'une certaine indépendance historique de la région aux yeux du nouvel empereur du Saint-Empire Romain-Germanique.

Il aurait donc créé un faux pacte et l'a anti-daté histoire de justifier une continuité historique d'indépendance du lieu de tout intermédiaire entre le bailli et l'empereur. (alors qu'en général, il y avait toujours une famille noble en intermédiaire !)

Ça semble avoir fonctionné. En 1309, l'immédiateté impériale a été accordée par l'empereur Henri VII de Luxembourg. Donc une certaine autonomie, bien plus qu'ailleurs.

Je trouve cette histoire très intéressante, je ne vois pas pourquoi elle devrait être tabou ?

Les batailles de Morgarten et Sempach on réellement existées.

Il y a réellement eux plein d'autres pactes similaires à celui de 1291 qui ont véritablement créés la confédération helvétique.

En fait, c'est les idées nationalistes de la fin du 19ème siècle, puis les périls fascistes et communistes des années 1930 qui ont impulsé la création d'un mythe suisse. (et la construction du musée des chartes à Schwyz)

Qu'est-ce qui fait que la suisse est ce qu'elle est ?

C'est un pays qui n'est pas vraiment une nation homogène. Car il y a plusieurs langues, plusieurs religions et une grande diversité culturelle.

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=> La réponses saute aux yeux. La particularité de la Suisse c'est de mettre ensemble ce qui a priori ne va pas ensemble.

Le pacte de 1291 est l'emblème de cette idée. Il raconte l'histoire de 3 vallées qui se mettent ensemble.

"Unus pro omnibus, omnes pro uno", un pour tous, tous pour un, est la devise de la Suisse.

Donc le mythe crée un égrégore qui devient une prophétie auto-réalisatrice. La suisse est bien un lieu où l'on arrive à mettre ensemble ce qui ne va pas ensemble à priori.

L'épisode politique de la république helvétique le montre bien.

Donc peu importe si le pacte de 1291 est vrai ou faux, les idées qu'il véhicule sont bien vivantes en Suisse !

vache-a-cornes identite suisse 1er aout

La république Helvétique

Après les batailles de Morgarten et Sempach qui garantissent une certaine autonomie à la confédération des cantons suisses. La confédération s'étend et colonise des territoires. Les cantons administrent des baillages communs. Il y a des cantons qui sont plus fort que d'autres. On peut notamment dire que le pays de vaud est une colonie du canton de Berne.
(C'est pour ça qu'il y a encore des traces d'un grand drapeau Bernois sur le mur extérieur du Château de Chillon)

Puis Napoléon est arrivé. Il a conquis la Suisse en 1798 pour créer la république Helvétique sur le modèle de la république Française.

  • Un législatif à deux chambres
  • Un  exécutif, le directoire
  • Une cours de justice supérieure

drapeau republique helevetique
Le drapeau tricolore de la république helvétique vert rouge jaune

L'innovation a également été de rendre tous les cantons égaux. Fini les baillages et les colonies.

Mais voilà... on ne gouverne pas la Suisse multiculturelle ainsi ! Comme dit plus haut le propre de la Suisse c'est de mettre ensemble ce qui ne va pas ensemble. Napoléon a bien du s'y résoudre.

En 1803 la république Helvétique c'est fini, place à l'acte de médiation.

Napoléon dira:

« La Suisse ne ressemble à aucun autre État, soit par les événements qui s'y sont succédé depuis plusieurs siècles, soit par la situation géographique, soit par les différentes langues, les différentes religions, et cette extrême différence de mœurs qui existe entre ses différentes parties. La nature a fait votre État fédératif, vouloir la vaincre n'est pas d'un homme sage. »

« Ce qui est en même temps le désir, l'intérêt de votre nation et des vastes États qui vous entourent est donc :

  • 1° l'égalité des droits entre vos dix-huit cantons
  • 2° une renonciation sincère et volontaire aux privilèges de la part des classes patriciennes
  • 3° une organisation fédérative, où chaque canton se trouve organisé suivant sa langue, sa religion, ses mœurs, son intérêt, son opinion. »

Donc voici une transition d'un Etat centralisé à un état fédéral qui est plus proche de l'habitude confédéral des Suisse. Ce qui permet de faire vivre ensemble ce qui à priori ne va pas ensemble.

Napoléon reste quand même à la tête de la politique Suisse. Surtout de la politique étrangère. Histoire de mener à bien ses idées sur le monde. (Ses conquêtes militaires !)

A la chute de napoléon et son empire. La Suisse s'émancipe vraiment et lors du congrès de Vienne, (Cette réunion d'une bande de potes qui refont le monde !) la Suisse devient officiellement Neutre.

C'est le système de la confédération des 22 cantons.

Certains livres d'histoire semblent dire que voilà les cantons sont tous devenus égaux lors de la république helvétique et que comme ça allait de soi après l'acte de médiation on a fait pareil... mais non..

C'est pas tout à fait ça. Si le canton de Vaud n'est plus une colonie bernoise ont le doit beaucoup à Frédéric-César de La Harpe. Il a eu la chance d'être le précepteur du jeune Alexsandre Romanov, qui deviendra le Tsar Alexandre 1er de Russie.

Quand on a été l'enseignant d'un enfant, on garde une certaine autorité dessus. C'est ainsi que pendant le congrès de Vienne Frédéric César de la Harpe a demandé à son pote de Tsar de Russie de s'arranger pour que les canton de Vaud, Argovie et Tessin gardent leur indépendance fraichement acquise et ne redeviennent plus des colonies.

Ça aide parfois d'avoir fait l'éducation des puissants de ce monde...

De la réforme de Napoléon à l'Etat fédéral Suisse moderne

Le parti radical démocratique prend de l'ampleur dans des cantons surtout urbains et protestants. Ils font passer des mesures anti-catholiques. Les cantons catholiques prennent peur et font une alliance secrète: le sonderbund. Ils cherchent à se faire protéger par l'Autriche, ce qui est contraire à la constitution.

C'est la guerre du Sonderbund qui éclate. Elle est très courte, trois semaines, et voit la défaite des catholiques.

A cette occasion une nouvelle constitution est adoptée, qui voit la création d'un véritable état fédéral. C'est la fin de la confédération, même si le nom est resté !

Les cantons sont souverains, mais délègues des compétences à la (con-)fédération. C'est ce que l'on appelle la suisse moderne de 1848 dont le système est toujours en vigueur.

suisse moderne de 1848

Conclusions

Alors en effet, il semble bien que le pacte de 1291 soit un faux. C'est un tabou !
Mais je trouve la véritable histoire encore plus passionnante.

Il y avait un bailli qui a créé ce pacte de toute pièce en 1307 et l'a anti-daté en 1291 afin d'avoir un document qui légitime la place privilégiée de la Confédération Suisse au sein du Saint-Empire romain germanique.

Ça semble avoir marché vu que cette confédération ne dépendait que de l'empereur et non d'une noblesse locale.

Les valeurs qui sont véhiculées par ce pacte sont toujours d'actualités. Même si ce pacte est un faux ça ne change rien. Il ne faisait qu'exprimer des valeurs bien vivantes et qui sont toujours vivantes des siècles plus tard.

Alors Joyeux anniversaire la Suisse !

croix suisse 1er août

Hop... une petite recette pour le 1er août...

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