Artisanat industriel

Sans que l’on s’en rende encore vraiment compte, le monde de la fabrication d’objets change. Les pièces du puzzle d’un artisanat industriel se mettent en place.

Mais déjà, avant d’aller dans le futur, comment est-ce que l’on fabrique des objets maintenant ?

Pour bien comprendre, faisons un petit retour historique.

Nous voici dans un passé lointain, ou les humains grâce à leurs mains munies d’un pouce opposable se mettent à utiliser des objets. Tout d’abord il s’agit d’objets ramassés. Trouvés en l’état. Puis ils commencent à être façonnés. C’estle début de l’artisanat.

Un artisan réalise un objet du début à la fin, et il réalise ce travail chez lui.

Puis arrive la révolution industrielle. Pour des raisons d’efficacité, on invente la division du travail, la spécialisation et ceci débarque sur le travail à la chaine. Comme on ne peut pas faire une chaine qui traverse toute une ville. On invente l’usine !
(quoique, comme l’a relevé Marx, La Chaux-de-Fonds montre le contraire. La ville entière est une usine d’horlogerie!)

usine val de travers.jpg

Ce modèle industriel est tellement efficace que petit à petit, il remplace quasi complètement l’artisanat.

Au passage, ce modèle industriel induit de profonds changement sociaux. Il crée des classes. Des ouvriers, des cadres et des patrons.

C’est la glorieuse époque de la lutte des classes.

Karl_Marx.jpgEt l’on arrive à Karl Marx que tout le monde connait et associe au communisme. Mais qu’a vraiment dit Marx ?

En très bref, il a écrit (mais ne l’a pas terminé) un bouquin qui s’appel le Capital. Dans lequel il explique le fonctionnement de l’économie capitaliste issue de la révolution industrielle:

  • pour produire, il faut des moyens de production
  • des moyens des productions (une usine) c’est très cher. Il faut donc du capital
  • => seuls les riches peuvent être propriétaires des moyens de production
  • les autres, les prolétaires sont condamnés à travailler dans les usines pour produire en échange d’un salaire
  • quand l’usine a été rentabilisée. Le bénéfice de la production va uniquement dans les poches du patron. Il devient donc un esclavagiste !
  • => c’est ce dernier point qui va lancer l’idée du communisme: la propriété des moyens de production aux ouvriers !

Et voilà que de simples divergences d’opinions sur la manière d’organiser une production industrielle d’objets va modeler toute la politique du 20ème siècle !

La querelle ne remet même pas en cause le mode de production, juste son organisation.

Ceci montre bien à quel point la production d’objets est capable de changer le monde !

Quelle influence aura sur le monde le changement que je vais te décrire dans quelques instants ? Ce n’est pas un simple changement d’organisation de la production. C’est un véritable changement du mode de production. Comme l’a été le passage de l’artisanat à l’industrie.

J’ai dit ci-dessus que les techniques de production d’objets influencent terriblement le monde. Mais il y a des techniques qui influencent encore plus le monde. Il s’agit des techniques de l’information:

  • l’invention de l’écriture à engendré le droit, l’Etat.
  • l’invention de l’imprimerie a engendré la réforme. La démocratisation des Bibles a libéré la société de l’emprise de l’église
  • l’invention du web est toujours en train de transformer notre monde pour engendrer quoi ? … c’est encore flou. Mais il est indéniable que l’accès a l’information est totalement différent de ce qu’il était avant.

la bible.jpg

Tous les domaines d’activités lié à l’information ont complètement été chamboulé. La presse, les télécom, la diffusion de musique, de film, de livre, etc…

Convergence entre le monde de l’information et le monde de la production d’objets

Cette vague de chamboulement que le monde de l’information a vécu ces 20 dernières années arrive dans le monde physique, dans le monde des objets.

Voilà la grande révolution que j’appelle l’artisanat industriel.

Pour découvrir ce qui nous attend dans le monde de la production d’objets, il suffit d’y appliquer les recettes qui sont utilisées dans le monde de la production d’objets dématérialisés, d’objets du monde de l’information.

On bref, nous allons vers..

  • la personnalisation des objets
  • le financement par les foules
  • les communautés de co-créateurs à la place des entreprises.

Les 3 goulets d’étrangelement des biens physiques

Observons les conditions que doit remplir un objet pour exister dans une société industrielle.

vitrine boutique habit mode fashion.jpg

Pour exister, un objet doit être….

  • assez demandé pour être fabriqué
  • assez demandé pour être en magasin
  • assez demandé pour que sa promotion soit assurée. (savoir où le trouver et qu’il existe.. pub, vitrine…)

Le web a déjà permi de faire sauter 2 de ces goulets avec des sites comme Groupon, qui permettent de se mettre ensemble pour acheter un produit avec un fort rabbais. Donc la promotion est assurée et la demande en magasin est assurée.

=> Il ne reste que le goulet de fabrication à faire sauter. C’est ce qui est en train d’arriver.

Ceci grâce à de nouveaux outils de productions.

Imprimante 3D et découpeuse laser

Ce qui révolutionne le monde des objets est le fait que pour une somme accessible aux particuliers, il est possible d’acheter une usine à tout faire !

C’est ici que l’on parle de l’imprimante 3D. A notre époque, quasi tout le monde a chez soi une imprimante qui permet de déposer sur papier du texte et des images. L’imprimante 3D, comme son nom l’indique, ajoute une troisième dimmension. Elle est capable d’imprimer des objets à partir d’un modèle 3D.imprimante 3d fablab neuchâtel.jpg

Il existe de nombreuses variantes d’imprimantes 3D capables d’imprimer des objets de toutes tailles, de quelques micron à la taille du fuselage d’un avion. Si la plupart des imprimantes 3D fabriquent des objets en plastique, certaines impriment des matières aussi diverses et variées que le chocolat ou des cellules souches !

Voici de quoi imaginer ce à quoi ressemblera notre futur. Nous mangerons des steaks imprimés chez nous avec des protéines d’insecte élevé à la maison. Les plus grands « food designer » concevrons les plats les plus rafinés que vous pourrez télécharger.

Un problème de rein… allons en imprimer un nouveau et changeons-le. C’est n’est pas tellement de la science fiction, il existe déjà une homme qui vit avec une vessie imprimée !

La technique de l’impression 3D est dans ce domaine un concurrent direct de la biologie de synthèse dont j’ai déjà parlé il y a un peu plus d’une année dans un article. On est dans la même logique: créer un objet physique à l’aide d’une description numérique.

Hormis l’imprimante 3D, il y a un autre outil qui a beaucoup de succès. On en parle moins car c’est moins impressionnant. Mais c’est très utile. Il s’agit de la découpeuse laser. Là on reste dans la 2d. Mais On trouve des découpeuse laser qui coupent tout, du papier au métal.

Bon, les matériaux les plus populaires sont plutôt le bois et le plexiglas.

découpeuse laser fablab neuchâtel.jpg

Les Fab-labs

Bien que le coût de ces usines à domicile soit abordable, c’est encore cher. Heureusement, il exise le principe des Fab-lab. Ce sont des laboratoires de fabrication qui sont ouverts au public. N’importe qui peut y venir utiliser les machines !

Bien que le concept se répend un peu partout. Il n’y a pas de fab-lab à chaque coin de rue. Cependant, j’ai eu la chance de découvrir qu’il y en a un à 5 minutes à pied de mon bureau !

fab-lab neuchâtel.jpg

Le Fab-lab de Neuchâtel: fablab-neuch.ch est situé en face de la gare. De manière générale, le mecredi matin les machines sont en accès libre. Le mercredi après-midi. Pour une modique sommes CHF 70.- il est possible de réserver les machines.

Je sens que mon imagination bouillonnante va pouvoir bientôt matérialiser des objets !

L’usine au bout du clic

Si l’on est un « nerd » enfermé chez soi et que l’on a pas envie de participer à l’ambiance collaborative d’un Fab-lab, il est toujours possible de ne pas mettre les mains dans la camboui (bien que le camboui est rare) et de rester uniquement dans la conception numérique et de confier la réalisation physique à des usines en ligne.

En effet, il y a des entreprises qui se sont montées autour du principe de la réalisation d’objet à la demande avec des imprimantes 3D.

  • ponoko.com est une usine au bout du clic. A l’image des photos que l’on fait imprimer dans un labo. Ponoko imprime en 3D (ou découpe) et vous envoie les objets que vous avez conçus et dont vous avez envoyé les fichiers.
  • shapeways.com est un concurrent de ponoko. On peut aussi se créer sa boutique avec les objets que l’on crée et met en vente à la demande. (Tout comme je le fais avec ma boutique de t-shirts: http://girafe.spreadshirt.net )

Pour les gens qui n’y connaissent rien à la conception d’objets il existe même un service pour les gens qui n’ont que des idées !

  • quirky.com est une manière pour les inventeurs de voir leur invention réalisées sans avoir à ne rien faire d’autre que d’avoir une idée.

girafe-t-shirt-fille.pngQuirky fonctionne ainsi:

  • un inventeur a une idée…
  • il la soumet à la communauté
  • si l’idée est populaire
  • elle est conçue dans les détails par l’équipe de quirky
  • elle est commandée à la fabrication à une usine
  • l’inventeur reçoit une part des bénéfices de son idée

La personnalisation

La grande nouveauté de cet artisanat industriel et ce pourquoi je l’appelle ainsi, c’est la personnalisation.

  • dans l’artisanat, chaque objet est unique. C’est le produit du savoir faire d’un artisan.
  • dans le monde industriel, les objets sont fabriqués en grand nombre.

coque iPhone imprimante 3d fablab neuchâtel.jpgL’artisanat industriel mélange ces deux mondes. Il possible de faire chez soi, des objets personnalisés, comme du temps de l’artisanat. Mais c’est une réalisation faite par une machine, donc plutôt industrielle.

Si, comme dit plus haut on transpose ce qui est arrivé au monde de l’information dans le monde physique. La personnalisation va de soi.

Petit exemple, sur facebook, chacun a un flux d’information personnalisé !

Cette réflexion sur l’avenir de la fabrication d’objets est inspirée par la lecture du livre Makers, la nouvelle révolution industrielle écrit par Chris Andersen.

livre makers chris andersen.jpgPour en savoir plus, voici le site web du livre: http://www.makers-revolution.com ainsi que mes notes à propos de ce livre.

Chris Andersen est déjà l’auteur du livre: La longue traine. Dans lequel il explique que grace aux boutique web, il est possible de faire tourner une boutique sans vendre des produits de masse. Mais en vendant des produits de niche.

Le principe de la longue traine s’explique bien avec une librairie. Une petite librairie dispose d’une place de vente et de stockage limitée.

Donc elle ne va vendre que des « best-seller » des livres qui se vendent bien. Elle ne va pas s’encombrer de livres dont on ne vend qu’un seul exemplaire par année.

Une librairie comme Amazon a une place de stockage qui ne coûte pas cher et un magasin virtuel infini. Donc elle se permet de vendre des livres qui ne sont vendus qu’une fois par an. Et finalement le potentiel de vente de livres différents mais rarement vendu est autant voir plus grand que de vendre beaucoup d’exemplaires d’un nombre restreint de livre.

amazon.jpg

  • Ancien modèle: beaucoup d’exemplaires de peu de livres.
  • modèle longue traine: peu d’exemplaires de beaucoup de livres différents.

Chris Andersen nous annonce que ce principe arrive dans le monde industriel grâce aux imprimante 3D et découpeuses laser qui permettent de fabriquer des petites séries d’objets pour pas cher.

C’est ainsi que fonctionne les usines au bout du clic ponoko.com et shapeways.com.

Le financement par les foules

On a vu que l’ère industrielle a favorisé les riches. Des gens capables d’acheter des moyens de production.

Si l’on a pas la chance d’être riche mais que l’on veut quand même se lancer dans l’industrie, le système capitaliste à développé plusieurs mécanismes:

  • le crédit
  • le capital risque du type start-up
  • la bourse

Ces systèmes sont effectivement utilisables, mais il ne sont pas accessible à tous et ont certains désavantages.

Le crédit est un moyen de concentrer à un moment donné un capital et d’étaler le payement sur du long terme. Mais il est lié à des intérêts. Du coup, sur le long terme on va dépenser 3 fois plus d’argent, et il y a un sérieux risque de ne pas pouvoir rembourser si l’on se plante.

crédit bancaire.jpg

Si l’on est une start-up qui a l’air intéressante, il y a peut être un gentil investisseur qui va vous donner de l’argent pour démarrer en espérant un jour en gagner avec ce que vous aller réaliser. Mais en échange, il va demander une partie de votre entreprise et surtout des revenus de celle-ci !

La bourse utilise le même principe, mais au lieu d’avoir un seul investisseur, on découpe le capital de l’entreprise en de nombreuses parts que l’on vend à de nombreux investisseurs !

(Avec en plus la possibilité de spéculer sur la valeur des parts d’entreprise! … donc faire de l’argent en étant totalement déconnecté du monde industriel.)

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On voit que le nombre de riche étant limité, ces outils se sont répandus très vite et finalement de nos jours 97% des flux monétaires sont financiers et plus industriels !

La révolution industrielle a conduit à l‘invention du monde banquaire et financier. La prochaine révolution industrielle va probablement chambouler ce monde de la finance.

Bref, avec ces mécanismes on perd toujours quelque chose et on est pas certain que l’idée marche vraiment.

Comment faire pour éviter ces mécanismes ?

Pour trouver la solution, observons la solution qu’ont trouvé des agriculteurs pour vendre leur production. L’agriculture contractuelle.

La production de nourriture est achetée à l’avance par les consommateurs. Ils achètent un panier. L’agriculteur ne produit pas s’il n’est pas certain d’avoir sa production écoulée.

Dans le domaine des biens d’information (toujours notre modèle à transposer sur le monde physique), on trouve des sites web qui permettent de réaliser une opération similaire à l’agriculture contractuelle. On a appelle ceci le financement communautaire (crowdfunding)

Si je veux réaliser un film. Je présente mon projet sur le site http://www.kickstarter.com . J’indique le montant qu’il me faut pour réaliser le film. Le site m’impose un délai durant lequel trouver des gens qui font des promesses de dons pour financer mon film. Si j’arrive à la somme voulue dans les délais. Les gens doivent payer et le projet démarre. En revanche, si la somme n’est pas atteinte, c’est probablement que le projet n’est pas bon et qu’il faut le revoir.

monnaie.jpg

On observe de plus en plus que cet outil est détourné pour financer non pas des biens d’information avec des dons. Mais des objets physiques.

pocket-spacekraft.jpgUn exemple étonnant. Tu veux acheter une sonde spatiale pour aller explorer la lune ? … C’est par ici….

Le site de financement communautaire permet de faire une étude de marché pour voir si le produit aura du succès, ainsi que de prendre des pré-commande.

Ainsi, on limite les risques de se planter, on a déjà des clients et on ne doit pas partager son entreprise. Dans le monde de demain, on a tout avantage à faire du financement par les foules.

Ça implique que les banquiers perdent de leur pouvoir de décision sur ce qu’ils veulent financer ou non en accordant des crédits.

Les communautés de co-créateurs

Un artisan travaillait généralement seul. Avec la révolution industrielle et la création d’usine, la notion d’entreprise est devenue importante.

Avec l’artisanat industriel, est ce que l’entreprise est toujours utile ?

D’un point de vue financier, on vient de voir que non. Il n’est plus nécessaire d’avoir une entité juridique à vendre pour se financer.

D’un point de vue de la production d’objets, vu que l’automatisation y est pour beaucoup. Pas besoin d’être beaucoup de monde et donc pas besoin de créer un groupe de gens appelé entreprise.

2011_03_25_20_36_idee.pngC’est du point de vue de la conception qu’il est intéressant de regrouper ses forces, d’avoir un brassage d’idée avec beaucoup de monde. Mais est-ce que le cadre d’une entreprise est nécessaire ? Je ne le pense pas.

Pour s’en convaincre, on va encore une fois transposer dans le monde physique les pratiques du monde de l’information numérique.

Il faut surtout observer le monde du développement de logiciel. Il existe de nombreux logiciels qui sont « open source ». Donc les sources sont ouvertes et le développement du logiciel est fait par une communauté, pas par une entreprise. Les exemples les plus connus sont linux, firefox, libre-office, etc... et bien souvent tous les logiciels cachés au grand public mais qui sont la base de l’internet, du web, du e-mail….

Les communautés de concepteurs sont l’avenir de la création d’objets.

La communauté fédère les forces mieux que l’entreprise

Il y a beaucoup d’entreprises leader dans leur domaine se vantent d’avoir recruté les meilleurs chercheurs du domaine. Souvent elles oublient de préciser… les meilleurs qui ont bien voulu venir….

Le cadre proposé par une entreprise est souvent très exclusif. On ne doit travailler que pour une seule entreprise. Il est aussi très contraignant. On doit travailler dans un lieu précis, avec des conditions précises… beaucoup de gens refusent de changer de vie pour aller se mettre au service d’une entreprise.

communauté collaboration ExtendedCommunityCircle.png

Ce n’est pas le cas dans une communauté de co-créateurs. Si l’on observe les commautés de logiciel libre, les développeurs viennent de partout. Certains sont salariés, d’autres non. L’attache n’est pas exclusive.

Si l’on observe le monde des moteurs de rendu pour navigateur web. Il y a deux grands projet open source, il s’agit de Gecko qui propulse Firfox et Webkit qui propulse Safari, Chrome et depuis peu Opéra.
Opéra développait son propre moteur de rendu pour son navigateur web. Mais probablement que cette entreprise n’a pas pu régatter face à la force des deux grands géants open source.

Il reste encore microsoft qui est dans la course avec son moteur Trident. Mais avec beaucoup de retard par rapport aux géants open source. Comme quoi, même un géant de l’informatique ne peut pas régatter contre des communautés de créateurs.

En ce qui concerne l’exclusivité, on observe parfois que des gens contribuent aux deux projets concurrents. Parfois pour tester deux manières différentes de faire. Ce qui permet plus tard de savoir quelle est la meilleure.

chômage.jpgUn autre facteur en faveur des communautés réside dans le fait que les entreprises, pour des raisons de budget ne peuvent pas forcément engager un grand nombre de chercheurs.

Peut être qu’elle ont LE meilleur chercheur tout seul. Mais la communauté accepte tout le monde, elle a peut être pas LE meilleur, mais les 9 meilleurs suivants !

Il y a des domaines dans lesquels on forme beaucoup de gens, mais on engage peu. Ainsi, la communauté offre un lieu où ces gens peuvent s’exprimer.

C’est ce que l’on peut voir avec l’exemple du métier de designer en automobile. Beaucoup de designer aimeraient travailler dans se domaine, mais peu sont engagés par l’industrie automobile. Les designers non sélectionnés finissent donc par concevoir d’autres choses comme des brosses à dent et des stylos et ceci pour avoir un travail pour vivre.

Mais si on leur propose un projet de conception de voiture open source tel que wikispeed, il est fort probable que ça les intéresses de participer à cette communauté de co-créateurs.

wikispeed.jpg

Construis tes rêves… ou bien quelqu’un d’autre va t’embaucher pour construire les siens !

Tout comme la révolution industrielle a modelé notre société actuelle, son économie, ses institutions politiques, son réseau de transport et de communication, cette nouvelle révolution industrielle risque de chambouler pas mal de chose.

Comme tout est lié, il est difficile de dire quel est l’avenir que l’on aura. Chaque modification fait bouger tout l’édifice comme dans une partie de mikao.

Cependant, il ne faut pas oublier que notre société n’est que le reflet de ce que l’on veut. De tout temps les sociétés humaines ont été guidées par des prophètes et des visionnaires…

Il est possible de constuire un projet de société autour de ces nouvelles possibilités.

Nous entrons dans l’ère de la créativité, de la collaboration et du partage.

Voici quelques réflexions qui vont dans ce sens et que j’ai déjà abordé sur ce site:

créativité.jpg

Notes à propos du livre Makers de Chris Andersen

Mes notes à propos du livre Makers de Chris Andersen

Makers, la nouvelle révolution industrielle

http://www.makers-revolution.com

Ce livre nous parle du monde qui se mets gentiment en place. Un monde qui fusionne le monde matériel, le monde industriel avec l’organisation du monde virtuel, le monde de l’information, le monde du web.

Cette fusion remet en cause nombres de fonctionnement et d’idées reçues.

On bref, nous allons vers..

  • l’artisanant industriel
  • le financement par les foules
  • les communautés de co-créateurs à la place des entreprises.

Au coeur de ce mouvement on trouve ces nouveau outils facinants… les imprimantes 3D, les découpeuses laser, les fab lab…  Mais il n’y a pas que ça….

Historique de l’industrie du 20ème siècle au travers d’un exemple personnel

  • M. Hauser était le grand père de Chris Andersen. C’était un bernois (note perso: un suisse, comme moi ! :P). Il a émigré à Los Angeles dans les années 1920.
  • Il travaillait dans la mécanique. Il a été engagé dans les studios Hollywoodiens.
  • A ses heures perdues il a inventé un système d’arrosage automatique.
  • Pour réaliser son système d’arrosage. Il l’a fait breveter. Ce qui lui permet de diffuser l’info sans se la faire piquer. Le but originel du brevet est de favoriser le partage d’information.
  • Il a du batailler pour trouver une entreprise qui a bien voulu reprendre son système d’arrosage, le fabriquer et le vendre, chose que M. Hauser n’était pas capable de faire tout seul, étant trop petit et ne disposant pas des fonds nécessaires.
  • M. Hauser a eu de la chance. Il a trouvé une entreprise qui a accepté de reprendre son système, de le fabriquer, le commercialiser et de lui verser des royaltises.
  • C’est une histoire à succès d’un petit inventeur du 20ème siècle. L’immense majorité des inventeurs n’a jamais pu produire son invention et encore moins gagner de l’argent avec.
  • au 21ème siècle tout ce processus n’est plus utile (invention, brevet, négociation avec un entrepreneur industriel). Il y a d’autres manières de faire nettement plus efficaces qui permettent à tout inventeur de voir son invention réalisée, et à une plus grande part de gagner de l’argent avec une invention.
  • Ce livre va nous montrer les techniques d’aujourd’hui et ce qui se profile pour demain.

p21.

Nous au sommes au milieu de 20 ans d’histoire

  • il a fallu 10 ans pour apprendre à créer, innover et travailler ensemble sur le web, grâce à des nouvelles techniques de collaboration.
  • il faudra 10 ans pour appliquer ces leçons au monde réel !

L’ère de la personnalisation

  • l’ère des mass média est terminée. On est à l’ère de la vidéo à la demande.
  • sur facebook chacun à son propre flux de news personnalisé
  • par analogie, l’industrie des produits de masse est terminée.
  • => on va vers une personnalisation des objets

P79

Les 3 goulets d’étrangelement des biens physiques

Pour exister, un objet doit être….

  • assez demandé pour être fabriqué
  • assez demandé pour être en magasin
  • assez demandé pour que sa promotion soit assurée. (savoir où le trouver et qu’il existe.. pub, vitrine…)

Le web a déjà permi de faire sauter 2 de ces goulets avec des sites comme Groupon, qui permettent de se mettre ensemble pour acheter un produit avec un fort rabbais. Donc la promotion est assurée, la demande en magasin est assurée.

=> Il ne reste que le goulet de fabrication à faire sauter. C’est ce qui est en train d’arriver.

Chris Andersen est déjà l’auteur du livre: La longue traine. Un principe proche de celui expliqué ci-dessus. Il est donc logique que ce soit le même auteur qui annonce cette révolution industrielle.

Le principe de la longue traine s’explique bien avec une librairie. Une petite librairie dispose d’une place de vente et de stockage limitée. Donc elle va vendre que des « best-seller » des livres qui se vendent bien. Elle ne va pas s’encombrer de livre dont on ne vend qu’un seul exemplaire par année.

Une librairie comme Amazon a une place de stockage qui ne coûte pas cher et un magasin virtuel infini. Donc elle se permet de vendre des livres qui ne sont vendus qu’une fois par an. Et finalement le potentiel de vente de livres différents mais rarement vendu est autant voir plus grand que de vendre beaucoup d’exemplaires d’un nombre restreint de livre.

  • Ancien modèle: beaucoup d’exemplaires de peu de livres.
  • modèle longue traine: peu d’exemplaires de beaucoup de livres différents.

Chris Andersen nous annonce que ce principe arrive dans le monde industriel grâce aux imprimante 3D et découpeuses laser qui permettent de fabriquer des petites séries d’objets pour pas cher.

L’usine au bout du clic

  • De plus en plus, la chaine logisitique est a échelle libre.
  • => Cela signifie que les usines, l’industrie toute entière est pilotable d’un seul clic. Que l’on soit samsung ou M. Toutlemonde. Pour des petites ou grandes séries. (reste quand même un seuil de coût, mais qui diminue)
  • Les fichiers de description de produits sont les mêmes à toute échelle.
  • Marx s’est trompé !!
  • => Ce qui est important, ce n’est pas la propriété des moyens de production, c’est l’accès à ses moyens ! (sa location)
  • (explication perso: la théorie de Marx explique que les propriétaires des moyens de production sont des esclavagistes, car une fois qu’ils ont fait travailler leur employés suffisamment pour rembourser l’achat des moyens de production, toute la production suivante est exclusivement destinée à enrichir personnellement le patron. Le propriétaire des moyens de production. Or, on remarque maintenant que les usines tournent pour qui veut bien les utiliser. Il n’y a plus de vide pendant lequel un patron s’enrichit personnellement)

Participer à la création d’un objet augmente sa valeur

p88

  • On remarque que les gens sont prête à payer 67% plus cher pour un produit pour lequel ils ont participé à la « création ».
  • Le simple fait de monter soi-même son meuble comme le propose Ikea, suffit à mettre un peu de soi-même dans le meuble.
  • La personnalisation est recherchée car elle nous rend différent.
  • La campagne de pub « Think different » de Apple a bien compris que les gens aiment se dire différent et pas des moutons. => mais on voit qu’Apple à réussi à vendre des produits de masse en faisant croire qu’ainsi on devient différent !
  • On peut faire graver chaque iPod avec sont nom pour en faire un objet unique !

Culture du remix

  • « Rip-mix-burn » a été le slogan de iTunes => encore une fois Apple a bien compris que les gens aiment faire leur propre mix.
  • le désavantage du produit de masse, c’est qu’il n’est qu’une moyenne globale des besoins. Il n’est pas adapté aux besoins de chacun.
  • le remix permet de créer un objet personnalisé sans avoir à tout ré-inventé. Juste modifier la partie qui ne nous est pas adaptée.
  • la culture du remix est basée sur des plans de conception libres. C’est ce que l’on appelle l’Opens Source dans le domaine de l’informatique.
  • les logiciels open-source sont souvent développés par des communautés de contributeurs.
  • Ce modèle commence d’arriver pour des objets matériels.
  • https://www.sparkfun.com est un magasin de kit électronique qui fournit de nombreux tutoriels pour construire soi-même.
  • http://geekdad.com est une communauté de parents geek qui partagent les projets qu’ils font avec leur enfants. Ce site a été créé par Chris Andersen.
  • http://diydrones.com est une communauté de fans de drones à monter soi-même. (Crée par Chris Andersen)
  • http://3drobotics.com est une entreprise de drone open-source crée par Chris Andersen.
  • Par ces différents sites, on comprends la logique de fonctionnement que présente Chris Andersen et qu’il a lui-même expérimentée.
  • => Un passe temps avec les gosses en vient à créer une communauté de passionnés qui conçoivent des drones. 3D robotics est une entreprise qui utilise la communauté des concepteurs pour réaliser à moindre coût des drones physiques d’excellente qualité. Les passionnés achètent les kits de 3dRobotics pour lesquels ils ont contribués (et donc qui ont plus de valeur à leur yeux). 3DRobitics rétribue un peu les gros contributeurs dans la conception des drônes. Ainsi tout le monde est content.
  • Le modèle de ce type d’industrie est de la conception ouverte et de la vente physique des objets conçus par une communauté.
  • la plateforme http://www.ning.com vous permet de facillement créer une communauté et de se lancer vous même dans ce type d’industrie.
  • Attention au piège des prix. Pour fixer un prix de vente et il faut l’estimer à 2 à 3 fois les coûts réels ! => ça parait énorme quand on débute tout seul dans son garage. Mais si l’entreprise a du succès, on doit vite faire face à une augmentation des coûts d’échelle. Il faut de la place de stockage, puis des employés, des outils. Puis, il faut diviser ses prix pour faire des remises de grosse quantité et des prix grossistes. Donc finalement 2-3 fois les coûts de base n’étaient rien de trop ! Beaucoup d’entreprises font faillite à cause de ça. Ne tombez pas dans le piège.
  • Les coûts d’échelle peuvent augmenter rapidement avec le succès, surtout pour une entreprise du web qui est dès le premier jour une entreprise internationale qui peut potentiellement vendre dans le monde entier. (note perso: c’est là que je vois la barrière des langues ! Un état-uniens est favorisé en créant un site dans sa langue natale: l’anglais. Cette langue étant internationale. En français je limite un peu ma portée. Mais le contenu (texte) que je peux produire est de meilleure qualité !)

Le financement des Makers

  • le crowdfunding permet de financer des projets sans avoir recours aux financements traditionnels ( capitale risque, bourse, crédit bancaire)
  • le site de financement communautaire (crowdfunding) http://www.kickstarter.com a été conçu à la base pour réaliser le financement de projets culturels, comme les films, livres, etc….
  • actuellement http://www.kickstarter.com est de plus en plus utilisé pour financer des projets industriels. C’est une sorte de pré-commande d’un objet. Si l’objets intéresse suffisament de monde. On peut le construire.
  • avantage financier: pas de capital avec intérêt ou de participation financière extérieure, ou de vendre une partie de sa société
  • avantage marketing: une étude de marché est faite directement sur le site de financement, on sait tout de suite si le produit a de l’intérêt
  • avantage marketing: on est certain d’avoir des clients. Les fans se transforment en client
  • avantage pub: les gens qui ont aidé un projet à démarrer, sont toujours plus enclin à faire de la pub. Le bouche à oreille est parti…
  • être engagé dans le processus de création de l’objet, fait qu’on va l’aimer plus

Réaliser et vendre son invention d’un seul clic

  • quirky.com est un manière pour les inventeurs de voir leur invention réalisée sans avoir à ne rien faire d’autre que d’avoir une idée.
  • le processus: un inventeur a une idée => il le soumet à la communauté => si l’idée est populaire => elle est conçue dans les détails par l’équipe de quirky => elle est commandée à la fabrication à une usine. => l’inventeur reçoit une part des bénéfices de son iddée
  • etsy.com est une place de marché de l’artisanat fait main. Il semble que le site s’étende au makers de l’artisanat industriel. (fabriquer des objets à la maison, mais pas à la main, avec des imprimantes 3D)
  • ponoko.com => une usine au bout du clic. A l’image des photos que l’on fait imprimer dans un labo. Ponoko imprime en 3D (ou découpe) et vous envoie les objets que vous avez conçus et dont vous avez envoyé les fichiers.
  • shapeways.com => un concurrent de ponoko. On peut aussi se créer sa boutique avec les objets que l’on crée et met en vente à la demande. (Tout comme je le fais avec ma boutique de t-shirts: http://girafe.spreadshirt.net )

Mondialisation et re-localisation

  • dans cette dernière décennie on a vu les entreprises occidentales délocaliser leur production en chine. Avec la nouvelle révolution industrielle, on va vers une relocalisation
  • avec une augmentation de l’automatisation, la chine n’est pas moins chère !
  • la logisitique pour vendre des produits fabriqué à l’autre bout du monde est plus complexe surtout au niveau des délais de livraison. Il est plus simple de fabriquer localement. Là où sont les clients.
  • Pour l’électronique de pointe (ex: iPhone) on est obligé de fabriquer en chine, car c’est là que se sont déplacées les chaines logistiques et les fournisseurs.
  • Pour l’électronique d’une vanne de chauffage, c’est de l’électronique simple. On peut facilement automatiser la fabrication locale.
  • la complexité de la vanne de chauffage d’une installation de domotique se trouve dans le logiciel. C’est là qu’il faut agir. (créer une communauté pour développer le soft)

Politique

  • Pour favoriser la création d’entreprise créatrice d’emploi, il faut favoriser les ecosystèmes
  • => 1 facebook = 3000 emploi => peu pour l’empleur de la chose
  • => 1 facebook génère un écosystème qui crée plus de 30 000 emplois (dans l’it à travers le monde entier, et les créateurs de jeu zinga)
  • Créer des communautés et des ecosystèmes est bon. (note perso: c’est ce que je vois avec l’écosystème wordpress)
  • (je fais un parallèle avec l’horlogerie neuchâteloise qui est un réseau d’entreprises… mais on peut faire mieux)
  • (il faudra faire un truc dans le domaine du solaire.. un kit de production énergétique renouvelable avec des briques open-source. L’électronique de régulation d’un panneau solaire ou mille… ou une éolienne de poche… quasi pareil)

Pour aller plus loin…

J’ai découvert que juste à côté de mon bureau se trouve un des deux fab-lab de suisse !!

http://fablab-neuch.ch

Il faut que j’aille visiter et expérimenter.