Les étapes de création d’un groupe selon Bruce Wayne Tuckman

Selon Tuckman, la constitution d’un groupe se fait en 5 étapes:

  1. Formation, constitution du groupe
  2. Tension, confrontation
  3. Normalisation, développement de la confiance
  4. Production, différentiation, exécution
  5. Dissolution, transformation. (un fork, un nouveau groupe extrait la connaissance acquise et va plus loin…)

La terminologie originale en anglais était:
Forming – storming – norming – performing – Adjourning 

C’est donc un processus dans lequel on se rencontre, on se jauge pour découvrir les gens, ceux qu’on aime ou pas…. puis c’est les premiers clash, divergences. On a besoin de décider mais on est pas tous d’accord.

Donc il y a toute une foule de règles qui se mettent en place. Ainsi les membres du groupe savent comment fonctionnent le groupe et la confiance se construit. On a plus l’angoisse de ne pas savoir comment ça marche. Qu’est-ce qui différentie notre groupe d’un autre ?

Quand le groupe est ainsi stable. Il est possible de produire, de créer, d’agir.
Bruce Tuckman avait cessé là sa théorie.

Quelques années plus tard Bruce Tuckman a ajouté une autre étape, celle de la dissolution et/ou de la transformation.

Car oui, les groupes se créent mais aussi se dissolvent. Mais ils ne disparaissent pas totalement, en général il y a quelques chose qui reste. On fait le bilan, on crée une autre forme avec l’information et les connaissances acquises jusque là.

On profite également de remercier et valoriser les gens qui ont participés. Là l’individu est à nouveau au centre, moins le groupe. Remercier les gens lors de la fin d’un projet, c’est aussi s’assurer de les avoir pour le projet suivant.
Les nouveaux groupes naissent souvent d’anciens groupes.

Lien avec la spirale dynamique

J’ai eu une révélation en prenant connaissance de ce modèle. J’ai fait un parallèle très intéressant avec le modèle évolutif de la spirale dynamique.

Voyons la corrélation entre les étapes de la création d’un groupe selon Tuckman et la spirale dynamique.

1ère étape: on constitue le groupe → étape violette… les anciens dirigent. On agit par tradition d’autre groupe ? On agit en tribu.

2ème étape: on jauge les autres. Il y a des clans, des affinités ou pas… → étape rouge. Affirmation de soi et notion de chef de gang.

3ème étape: on normalise pour créer la confiance → étape bleue. L’étape normative. Le livre dit la règle. On sacrifie l’individu pour le groupe.

4ème étape: on produit. → étape orange. Peu importe le moyen, l’important est l’objectif et d’y arriver de manière rationnelle avec les plus compétents.

5ème étape: bilan, remerciement, dissolution transformation. → étape verte. L’humain, l’individu compte plus que la production. On prend l’avis de tous.

spirale_dynamique

Bruce Wayne Tuckman s’arrête ici. Mais avec l’analogie de la spirale dynamique, on voit qu’il y a d’autres étapes !!!

D’autres étapes que Tuckman n’a pas vues ?

Si il y a vraiment une analogie entre les étapes de création d’un groupe selon Tuckman et la spirale dynamique, on devrait pouvoir trouver de nouvelles étapes au modèle de Tuckman !

Que peut on imaginer ? Dans les spirales dynamique, après l’étape verte, il y a l’étape jaune. L’étape systémique. On est à nouveau dans l’individu, la survie… tenter d’avoir une vision globale, de créer des réseaux.

Là en terme de groupe, je me dis que le groupe n’est peut être pas très fort. Mais c’est un réseaux de groupes qui vont tenter de se créer, on va faire un gros projet tout en étant pas totalement dans le groupe…

Puis l’étape d’après, c’est l’étape turquoise. Là, le ou les groupes se fédèrent autour d’une raison d’être commune.

Donc dans cette étapes de création de groupe que j’imagine, en fait on crée une fédération de pleine de mini groupes qui vont se créer et mourrir, des groupes de styles très variés, certains juste pour être, réseauter, discuter, et d’autres pour agir, produire. Mais tous sont alignée sur une raison d’être globale.

Voilà donc un peu de prospective !

Lien avec la méthode du rêve du dragon

Mais c’est pas fini !

J’ai aussi fait un lien avec la méthode du rêve du dragon !!
Il y a 4 étapes:

  • rêver
  • planifier
  • agir
  • célébrer

On retrouve le fait de créer un groupe autour d’une intention, d’une vague idée. On rêve à tout ce qui pourra être fait.

Puis on commence à s’organiser, à planifier ce qui peut être fait et comment. Le monde des ressources.

Ensuite, on agit. On met en place ce qui était planifié.

Puis une fois que c’est fait. On va célébrer, remercier, faire le bilan.

Et enfin on recommence.

C’est le cycle prévu avec la méthode du rêve du dragon. Ceci en mode fractal. On trouve chaque étape dans chaque étape !

Bref, il y a certainement une vérité là derrière. On retrouve le même genre de schéma fractal dans 3 méthodes !

Evolution de la place du leader d’une organisation

Pour terminer, j’aimerai encore aborder la place du leader dans la création d’un nouveau groupe.

Pour aider on peut faire une petite représentation graphique d’une organisation sous la forme d’une étoiles à 5 branches. Chaque sommet représente un individu et les liens entre eux l’étoile.

Au début le leader est central. C’est lui qui a proposé de se rassembler, de créer un groupe. C’est lui qui a l’autorité, le pouvoir. C’est l’expert et le prof tout en un. Tout passe par lui.

Puis le leader s’éloigne du centre. Des tâches sont déléguées. Tout ne passe plus par lui. Il est un individu du réseau. Il fait toujours le prof, mais est aussi parfois observateur.

Puis le leader sort du réseau, de l’étoile. Il est en orbite autour. Le groupe fonctionne par lui même, mais le leader est encore présent comme expert, comme modérateur, comme personne qui détient des infos. Il est le décideur quand il y a besoin de trancher.

Enfin le leader est hors du groupe. Il n’a plus de lien direct. Il reste une personne ressources en cas de besoin. Il observe de l’extérieur.

On retrouve là le fonctionnement tout à fait étrange pour beaucoup qu’on a dans les organisations Opales. (Selon Frédéric Laloux)

C’est à dire le fondateur qui ne sert à rien à l’opérationnel, mais qui n’est là que pour garantir que l’organisation fonctionne d’une certaine manière.

Le fondateur est en quelque sorte le garant de la raison d’être originelle de l’organisation. Mais il a donné tout le reste de son pouvoir aux processus de l’organisation.

L’anarchie est un giratoire !

Définitions de l’anarchie ?

J’ai entendu de nombreuses définitions de l’anarchie:

La simpliste habituelle:
– l’anarchie c’est le bordel !

Celle du dictionnaire:
– Doctrine politique qui préconise l’abolition de l’État, de toute législation qui brime l’individu, de toute contrainte sociale.

Celle de wikipedia:
– L’anarchie (du grec ἀναρχία / anarkhia, composé de an, préfixe privatif : absence de, et arkhêpouvoirhiérarchie, commandement) désigne l’état d’un milieu social sans gouvernement, la situation d’une société où il n’existe pas de chef, pas d’autorité unique, autrement dit où chaque sujet ne peut prétendre à un pouvoir sur l’autre.

Celle d’un podcast sur l’histoire de l’anarchie:
– L’anarchie, c’est l’ordre moins le pouvoir.

Celle de Noam Chomsky:
– Un anarchiste est quelqu’un qui se bats contre des structures de pouvoir qui ne sont plus capables de se justifier.

La meilleure que j’ai.. c’est la mienne (évidemment ! :p )
L’anarchie c’est un giratoire !

giratoire boudry cortaillod Bevaix

J’ai eu cette illumination en écoutant un podcast sur l’histoire de l’anarchisme en étant à vélo… et en arrivant dans un giratoire.

Métaphore du carrefour

L’anarchie se focalise sur l’organisation d’un Etat, d’une société. On peut imaginer pour faire plus simple, une métaphore avec la gestion d’un carrefour de routes.

En fait, gérer un carrefour c’est complexe. On peut le faire avec des feux, ou avec un giratoire.

Gérer un carrefour avec des feux

Des feux de signalisation, c’est le pouvoir de l’autorité extérieure rigide, pas adaptable, qui consomme des ressources en installation et en maintenance. (électricité par exemple)

feu_rouge_pour_velo

Que se passe-t-il en pleine nuit quand il y a peu de circulation ?

Il faut attendre même s’il n’y a personne dans le carrefour! C’est parfois frustrant. Donc souvent les feux sont coupés la nuit.. ou des cellules sous la route détectent les voitures pour savoir ce qu’il faut faire. Mais souvent les vélos ne sont pas détectés…   C’est un système compliqué mais pas parfait.

La complexité est mal gérée…feu_rouge_geu_vert

Que se passe-t-il quand tu ajoutes une route ? Quand il y a une route barrée à cause de travaux ou d’un accident ?

Le carrefour plante! « C’est l’anarchie ! » :p  Les feux sont en panne et on place un policier pour faire la circulation.

ampelman_qui_dort

Gérer un carrefour avec un giratoire

Le giratoire c’est compter sur la responsabilité individuelle d’avoir intégré très peu de règles très simples. Soit:

  • le sens de rotation
  • celui qui est dedans à la priorité.

Le giratoire s’adapte au flux du trafic. Autant dans les bouchons des heures de pointes que dans le vide de la nuit. Et ça fonctionne que l’on soit en voiture ou à vélo !

Si on ajoute une route, ou si une route est barrée, le giratoire fonctionne toujours.

Le giratoire ne consommes pas d’énergie. On peut même en installer loin de toute source d’électricité.

Peu de règles, mais des règles bien intériorisées et respectées

Le giratoire repose sur le principe que les règles de la circulation sont connues de tous et respectée de tous. Ce fonctionnement demande d’avoir confiance que ses congénères respectent les règles simples.

Donc autant avoir peu de règles. Mais des règles qui sont bien connues et respectées.

Un pavé de 3000 pages de lois comme le code du travail français ne sera jamais intégré par le commun des mortels !

L’anarchie n’est pas l’anomie !

anomie anarchie confusion

Souvent « anarchie » est vu comme « sans organisation« . Mais en fait les cas concret parlent toujours de quelques règles très simples. Comme celles du giratoire.  

Comme on le devine en lisant les définitions en début de cet article, l’anarchie est surtout un absence de hiérarchie inutile et contraignant qui a pour seul but de garder sa position. Mais ça ne signifie pas qu’il n’y a aucune règles en anarchie. Ça c’est l’anomie !

Une société auto-organisée

Les anarchistes prônent une société auto-organisée. Sans chef, mais avec des règles.

La base d’une société auto-organisée est donc d’avoir confiance dans ses semblables, dans l’individu. Ceci, car on compte sur les individus pour respecter un cadre de base.

Comment font les oiseaux pour voler en essaims ? Non il n’y a pas de chef qui dirige.. c’est de l’auto-organisation…  Mais quelles sont les règles de base que chaque oiseau suit ?

… je te laisse les lire dans le livre:  Le peuple de connecteur de Thierry Crouzet.

C’est un magnifique livre qui décrit bien les phénomènes d’auto-organisation et comment ils changent le monde.

Là tout de suite maintenant tu es anarchiste !

Bon, peut être que t’es pas vraiment anarchiste, mais en tout cas tu utilises une structure anarchiste !

L’organisation anarchiste la plus utilisée de nos jours, c’est l’Internet…. puis le web et le e-mail qui sont des services qui utilisent l’internet et sont aussi anarchistes.

Si je veux étendre le réseau Internet, je n’ai besoin de demander le droit à personne, je le fais. Mais j’ai intérêt à utiliser le même protocole de communication si je veux que ça fonctionne bien.

Si je veux ajouter un site web, je n’ai besoin de demander le droit à personne, je le fais, mais j’ai intérêt à le faire au format HTML et le rendre accessible via le protocole HTTP.

Les règles de base de l’Internet et du web sont les protocoles qui sont utilisés. Soit le protocole TCP-IP… et par dessus les protocoles SMTP et HTTP….

L’anarchie ne convient pas à tous

Moi, ça me plait bien l’anarchie. (une fois qu’on a défini de quoi on parle vraiment… Non je ne suis pas un gars habillé en noir, cagoulé, qui va jeter des pavés dans les vitrines…)

Je trouve que l’anarchie c’est reprendre sa part de pouvoir personnel, mais aussi de responsabilité. C’est sortir d’une forme de paternalisme qui est très fortement ancrée dans les croyances de notre civilisation.

C’est peut être une déformation professionnelle (Je suis développeur web), mais j’ai l’impression que les gens dans l’informatique sont plus à même de comprendre ce qu’est vraiment l’anarchie ?

Alors que lorsqu’on propose en votation le remplacement de feux par un grand giratoire.…  les discussions sont très vives. Et très vite, pour certains, c’est le chaos !!

affiche non au chaos place numa droz neuchatel

feux place numa droz carrefour neuchatel

C’est la liberté ou la responsabilité qui fait peur ?

Qu’est-ce qui pousse à vouloir une autorité extérieure rigide qui décide de ce qu’il faut faire à quel moment ?

C’est peut être une question de vision du monde.

Les règles strictes, les règlements et le conformisme c’est quelque chose qui est très ancré dans une vision de l’étape bleue de la spirale dynamique. Alors qu’avoir conscience de soi et des autres pour s’insérer dans le flux du trafic du giratoire, c’est un mode de pensée qui est ancré à d’autre étapes plus récentes de la spirale dynamique.

Et forcer le passage à coup de Klaxon…  je dirais que c’est proche de l’étape rouge-impulsif de la spirale dynamique….

Intéressant, mais dur à trancher… la discussion reste ouverte.

Conclusions

Ce qu’il faut retenir c’est que l’anarchie n’est pas l’anomie…. ainsi quand tu trouves qu’il manque des règles. Ce n’est pas l’anarchie! Utilise le bon mot !

Qui décide des transactions a intégrer dans la blockchain du bitcoin ?

… et pas seulement dans le bitcoin, mais dans toutes les blockchains.
J’ai fais mon enquête… et je vois que finalement la blockchain ne résout de loin pas tout et repose de manière forte la question éternelle… Qui décide ?

Contexte: le bitcoin et la blockchain en bref, c’est quoi ?

Je vois que le bitcoin et ses envolées spéculatives fait beaucoup parler de lui.

Puis de nombreuses autre Blockchain sont apparues. Et certains auteurs parlent déjà de la future révolution des blockchain qui vont coloniser le monde et remplacer tout type de base de données que l’on utilise partout. Voir même de remplacer le web et l’internet.

Pour rappel, une blockchain, c’est pas très compliqué. Ce n’est finalement qu’un tableau d’affichage public géant sur lequel ont peut y déposer des post-it. Mais plus jamais les supprimer.

dazibao

Quand on crée une monnaie comme le bitcoin, ce tableau d’affichage sert à y mettre toutes les transactions qui sont faites. Ainsi il est possible de vérifier que personne ne triche et ne dépense plusieurs fois ces bitcoins.

Mais un tableau d’affichage, ça sert à plein de choses. C’est là que certains imaginent appliquer le principe partout. Comme par exemple pour les actes notariés, les testaments, etc.… Tout ce qui a besoin d’une base de donnée qu’il est impossible de falsifier.

Finalement on retombe très vite dans le problème éternel: qui décide !

Qui décide de quoi afficher sur le panneau ? qui vérifie que personne ne triche ?

C’est toute la question de l’autorité qui remise en question ici.

Dans le bitcoin, c’est la loi du plus fort qui décide

Pour bien comprendre ceci, j’ai eu envie de me plonger à fond dans les détails pour vraiment comprendre comment fonctionnent les blockchains.

Je cherchais à comprendre des aspects très technique sur le fonctionnement de la preuve par le travail des blockchain…. et j’ai trouvé.

J’avais déjà joué avec le bitcoin en 2011… quand la blockchain faisait 20Mo… (elle fait maintenant 120Go) c’était facile… mais j’ai pas laisser tourner mon soft assez longtemps…. avec ce que l’on me promettait à l’époque en bitcoin je serai millionnaire si j’avais continué !!! 

Au delà de bitcoin j’observe aussi le développement de Ethereum qui me semble avoir là le potentiel de la fameuse révolution blockchain dont on nous parle tant…

Ethereum est vraiment une plateforme de developpement. D’ailleurs la version électronique de la monnaie locale le Léman est basée sur ethereum.

Et surtout ethereum a annoncé que la blockchain allait passer de la preuve par le travail à la preuve par l’enjeu.. mais ils cherchent encore l’enjeu !!

Donc, question ressources, c’est plutôt bon signe. Car la révolution blockchain, à mon avis, ne peut pas se faire avec un tel gaspillage de ressources comme on le voit avec le principe de la preuve par le travail qui demande le gaspillage d’une énergie colossale !

Voici à quoi ressemble une ferme de bitcoin en Islande… pays intéressant car il y fait froid (donc moins besoin de refroidir les ordinateurs) et l’électricité n’est pas chère à cause de sa production en géothermie…

Comment fonctionne la Preuve par le travail (proof of work) ?

Le principe de base, c’est que la chaine de block est unique. (donc centralisée contrairement à beaucoup de gens qui disent qu’une blockchain est décentralisée. Voir à ce propos mon article sur la centralisation du bitcoin)

La blockchain est centralisée, mais répartie. Chaque noeud a une copie. (il y a actuellement ~ 8000 noeuds https://bitnodes.21.co/  ça grimpe un peu.. ça avait chuté drastiquement jusqu’à ~5000)

Comment faire pour décider de qui a le droit d’ajouter des blocs à la blockchain ? En cas de conflit de version de branche qui décide quelle est la vraie chaine, la juste ?

On suppose que les gentils vont mettre plus de ressources à disposition pour protéger la blockchain. C’est le principe de la preuve par le travail.

Ainsi on fait travailler les gens qui utilisent le système. Et ceux qui travaillent plus que les autres ont le droit de choisir les blocs qu’ils ajoutent à la blockchain.

Concrètement, le travail qui est fait c’est de résoudre des hash sha-256

Le hash est une fonction à sens unique qui est très utilisée en informatique. On utilise, md5, sha1 ou sha256…  mais pour comprendre un simple sinus suffit.

Le sinus de 30° = 1/2 …  mais 1/2 .. c’est le sinus de quel angle ? ….. ça peut être 30°.. mais ça peut aussi être 150° !! et on peut envisager avoir un angle qui fait plusieurs tours du cercle…  donc impossible de savoir quel était la valeur entrée dans la fonction quand on connait seulement le résultat.

C’est ce principe qui est utilisé pour les systèmes de mot de passe. Le système qui vérifie le mot de passe ne connait pas le mot de passe. Il ne connait que le résultat du mot de passe passé à travers une telle fonction.

Ainsi, si la base de données d’un serveur qui vérifie des mots de passe est piratée, ça ne donne toujours pas accès au mot de passe.

Cependant, il y a des gens qui ont fait des dictionnaires de tous les mots et leur correspondance avec le résultat de fonction comme md5…  histoire de faire des attaques dictionnaire !

C’est pour ça que de nos jours, il faut faire des phrases de passe très longues et plus des mots de passe.

Donc pour revenir aux blockchains. Plus particulièrement au bitcoin qui utilise la fonction de hash sha 256. Le but c’est de trouver un hash qui a un résultat qui commence par un certain nombre de 0

Ex: 0000423efa46afc7…

Comme on ne connait pas comment arriver à un résultat voulu. Il faut faire des essais. Il faut arriver à un hash qui correspond à la condition donnée en utilisant les données du bloc et en faisant varier quelques caractères aléatoirement jusqu’à y arriver.

La difficulté s’adapte à la puissance de calcul… (le nombre de 0 qui débutent le hash)

Donc quand il y a une course à la puissance des gens qui gèrent le réseau et reçoivent des bitcoins en échange, et bien on arrive vite aux limites physiques de ce qu’il est possible de faire. Ainsi ce ne sont plus des ordinateurs standards qui sont utilisés pour gérer le bitcoin, comme je le faisait en 2011… mais ce sont des circuits intégrés (ASIC) spécialisés dans le hashage !

Il faut de nos jours en moyenne 200 milliards d’essais pour tomber sur un hash qui correspond au critère qui lui permet d’être accepté.

Ça prend du temps ! et ça consomme beaucoup d’électricité... pour …. rien faire d’utilesauf montrer que l’on est prêt à gaspiller plus d’énergie que les autres pour assurer que le bitcoin fonctionne correctement.

Voici à quoi ressemble une ferme de minage de bitcoin en chine…  moi ça me fait peur !

Si un méchant forge un bloc qui lui permet de dépenser plusieurs fois le même bitcoin, il doit être très très rapide. Comme les blocs sont chainés, il doit recalculer tous les blocs depuis sa transaction et les imposer tous de manière plus rapide que le reste du réseau de noeuds. Ainsi il doit mettre exponentiellement plus de ressource que les autres qui suivent l’algorithme gentil.

Comme on est aux limites de ce qu’il est possible de faire en calcul. Avoir exponentiellement plus de ressource est impossible. Tout la fiabilité de la preuve du travail repose là dessus.

Mais si il est impossible par ce moyen de tricher…. ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres moyens…

Que se passe-t-il si un méchant contrôle la majorité de la puissance de calcul des noeuds ?

C’est ce que l’on appelle  l’attaque des 51%.

Si la majorité des gens qui ont la puissance de calcul sont gentils ça marche. Mais si un jour un méchant détient au moins 51% des ressources en calcul des noeuds. Alors là… il peut potentiellement faire ce qu’il veut.

C’est pour cette raison que la mutualisation des ressources de différents noeuds dans des fermes de serveur est souvent observée de près. Il y a la crainte que si beaucoup de gens s’associent, ils risquent d’avoir 51% de la puissance de calcul !

C’est ce que l’on observe avec le cas Ghash.io qui a eu tellement de succès en 2014 que cette ferme de noeuds concentrait 42% de la puissance de calcul du réseau bitcoin. Ils ont donc du faire profile bas et on promis de ne jamais dépasser 40%.

Comment se passer de la preuve par le travail ?

Donc quand je vois le gaspillage de ressources qui est fait. Je me dis que le système de preuve par le travail n’est pas viable à long terme. (proof of work) Ethereum va passer à la preuve par l’enjeu. (proof of stake) Mais quel enjeu choisir ? qui a le droit de décider de valider les blocs ?

Il y a des idées de devoir investir un peu de monnaie. D’avoir une certaine ancienneté, de détenir un certain montant dans le monnaie de la blockchain ce qui prouve que l’on veut que le système fonctionne.

Bref, on retombe dans le classique problème de savoir qui dirige. La preuve par le travail, c’est la loi du plus fort. Et celui qui a le plus de monnaie, c’est le vote censitaire de l’époque.

On peut la remplacer par la noblesse. Donc par des autorités désignées par ce qu’elle est sont désignés autorité avant les autres. C’est le cas avec les certificats SSL, avec les Etats... et c’est justement ce que veulent éviter les blockchains.

Dans le cas du FairCoin, qui veut faire la promotion de la coopération, en juillet 2017 le système vient de passer à la ProofOfCooperation…  les noeuds qui décident sont ceux qui coopèrent le plus ! … mais ça ressemble beaucoup à une aristocratie entre pairs qui se certifient entre eux selon des règles consensuelles…  donc pas simple. Mais ça existe.

Comme il existe le tirage au sort en politique, il y a aussi l’idée de tirer au sort les acteurs qui ont le droit d’ajouter des blocs dans la blockchain, comme dans le système de CICADA.

Il y a plein de pistes. Donc comment faire ?

Ce n’est pas si simple.

La solution est probablement un mélange de tout ça et à adapter à la blockchain en particulier à son utilisation comme monnaie uniquement ou comme plateforme de développement d’application.

Personnellement c’est surtout ce frein qui me fait douter de l’avenir de la révolution Blockchain.

Après, il y a des aberrations comme Macron qui dit qu’il est pour les blockchains, qu’il légifère pour…. et qui veut favoriser la création de blockchain privées.

je ne comprends pas très bien à quoi ça sert ?

Heu... par définition une blockchain est et doit être publique ! …. sinon ça ne marche pas.

On retombe toujours dans qui décide ! … donc Macron aimerait une blockchain où il peut décider qui y met quoi !?

Petite explication en vidéo si tu n’as pas compris cette importante subtilité….

Pourquoi tout centraliser dans une blockchain ?

La centralisation des transactions dans une seule blockchain me pose aussi des questions. Je ne suis pas trop pour tout centraliser. Est-ce que c’est vraiment utile ?

La base du web est décentralisée, l’idée c’est que chaque personne qui veut publier quelque chose le peut. Sans demander l’avis à personne. Avec une blockchain. Il y a une autorité qui décide de qui va pouvoir publier quoi.

On voit que le qui décide n’est pas clair. Il y a la preuve par le travail et la preuve d’enjeu.

Avec les blockchain privées. C’est juste une base de données privées. Tout à fait classique. Ou alors j’ai mal compris ce que c’est !? le mot désignait autre chose ?
Il me semble que justement ce qui a fait le succès du bitcoin et par là de la blockchain, c’est qu’il n’y a pas d’autorité centrale. Le bitcoin est une monnaie sans banque centrale.

A quoi ça sert d’avoir une base de données dont le contrôle peut se répartir si on veut centraliser le pouvoir ?

Je vois bien arriver les puissants de ce monde qui décident de remplacer le web où toute personnes peut publier quelques chose par une blockchain qui demande une validation. Il seront certainement là pour y mettre un mécanisme qui détermine qu’ils ont leur mot à dire sur le contenu.

On retombe dans les travers, d’avoir un système du même genre qu’un facebook qui sert de principale interface de publication à beaucoup de gens.

Le web, le email, et l’Internet de base sont conçus pour être décentralisés. (et qui se centralisent un peu trop à mon goûts)

Donc on verra de quoi l’avenir sera fait. Si la révolution blockchain aura vraiment lieu ou pas…

Personnellement, je trouve très intéressant les blockchains, mais pas encore franchement abouti, et absolument pas nécessaire dans tous les domaines.

Je pense qu’il y a beaucoup d’autres solutions pour gérer des bases de données. Et aussi beaucoup de solutions tout à fait novatrices pour savoir qui décide dans une organisation….

Comment fonctionne l’auto-organisation

Pour bien comprendre, je reprends toujours l’image du carrefour. Il y a deux manières s’organiser. Il y a la manière planifiée et contrôlée et il y a la manière auto-organisée.

La manière planifiée, c’est les feux de signalisation. C’est créer un algorithme qui prévoit toutes les situations possible et qui gère le trafic.

La manière auto-organisée, c’est le giratoire. On définit un nombre de règles simples que tout le monde comprend et respecte. (celui qui est dans le giratoire à la priorité. On tourne dans le sens anti-horaire)

Que se passe-t-il quand tu ajoutes une route ? Quand il y a une route barrée à cause de travaux ou d’un accident ?

  • avec des feux => le carrefour plante ! Les feux sont en panne et on place un policier pour faire la circulation
  • avec un giratoire => les usagers s’adapte à la nouvelles situation. Avec une route de plus ou de moins, les règles ne changent pas.

Que se passe-t-il en pleine nuit quand il y a peu de circulation ?

  • avec des feux => il faut attendre même s’il n’y a qu’une seule voiture dans le carrefour… C’est parfois frustrant. Donc souvent les feux sont coupés la nuit.. ou des cellules sous la route détectent les voitures pour savoir ce qu’il faut faire. Mais souvent les vélos ne sont pas détectés…   => Système compliqué mais pas parfait.
  • avec un giratoire => les règles sont toujours les mêmes, elles ne dépendent pas du nombre d’usagers. Le système s’adapte sans ajouter de complexité.

Alors quelle est la version la plus efficace ?

Est-ce que l’on est obligé d’avoir un chef qui contrôle tout pour gérer une tâche complexe ?

L’auto-organisation repose souvent sur la responsabilité des individus. Ainsi il ne faut pas multiplier les règles. Ceci pour être certains qu’elles soient vraiment respectées.

 

La base d’une société auto-organisée est donc d’avoir confiance dans ses semblables, dans l’individu.

Comment font les oiseaux pour voler en essaims ? Non il n’y a pas de chef qui dirige.. c’est de l’auto-organisation…  quelles sont les règles de base ?

 

… je te laisse les lire dans le livre:  Le peuple de connecteur de Thierry Crouzet.

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Stigmergie et auto-organisation

Stigmergie

ce terme de stigmergie je l’ai découvert sur article sur wiki crao.

Ce terme fait référence à l’énergie qui permet de construire des structures complexes à partir de règles simples décentralisées.

C’est exactement de cette manière que font les fourimis pour construire une fourmilière. Lorsque une fourmi commence à entasser des brindilles les autres font pareil. Et vu que les fourmis se basent sur les phéromone qu’elle laissent comme trace pour communiquer et bien les petits tas de brindilles se font au même endroit.

J’ai également observé ce fonctionnement en camp, lors de la construction de châteaux de sable.

Initialement une bande informe de gens ne font rien de particulier au bord de la plage. Puis il a suffit que je commence à creuser une peu pour commencer la construction d’un château que nous étions déjà deux… puis tout de suite.. effet boule de neige, tout le monde veux venir aussi entasser du sable sur le même tas !

Comme si la plage n’était pas assez grande pour que chacun fasse son propre château… non, chacun est attiré… et commence à bricoler sa petite partie de château sur le tas déjà existant !

C’est encore et toujours le même principe lorsque l’on voit des caïrns. Dès qu’il y en a un, tout le monde se sent obligé de mettre sa pierre à l’édifice… où alors de construire un second empilement juste à côté !

La stigmergie est donc une forme de communication. Dans ce genre de construction, l’ouvrirer construit en fonction des informations de la construction elle même et non d’un plan prédéfini. Comme tout le monde fait pareil, la communication entre les ouvriers se fait par l’intermédiare de la construction !

Quelques liens sur des textes parlant d’intelligence collective

17 Aug 2006 : 08:22
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