Les géopolymères une nouvelle technologie déjà présente dans l’antiquité

Je me plonge dans l’étude des géopolymères. C’est passionnant…

Un plastique minéral

Quand on parle de polymères, en général, c’est pour fabriquer du plastique… et bien dans le domaine des géopolymères, on fabrique des pierres !

En effet, au lieu de d’utiliser du pétrole pour construire des grosses molécules (le polymère), on va utiliser des matrières minérales comme la silice (du sable) ou l’alumine (oxyde d’aluminium).

Ainsi, on obtient des matériaux très très solides et résistant.

Cette science des géopolymères est très récente elle a à peine plus de 30 ans et s’applique plutôt depuis une vingtaine d’année. C’est le professeurs Joseph Davidovits qui a inventé ce terme et développé cette science.

Un « béton » écologique

BneWstTerminalExt.jpgLes géopolymères commencent à sortir des applications très spécialisées pour devenir des matériaux plus standards, notamment dans la construction. En effet, il est possible de remplacer le béton par des géopolymères, une opération qui économise beaucoup d’énergie grise.

En septembre 2014, le nouvel aéroport « Brisbane West Wellcamp » a été inauguré en Australie. Pour la construction de cet aéroport, ce n’est pas moins de 70 000 tonnes de « béton » géopolymère qui ont été utilisés. Si du béton traditionnel avait été utilisé à la place, ce serait 6600 tonnes de CO2 de plus qui auraient dégagées.

Une science redécouverte

Oichoneo in bucchero etruria meridionale, fine VII, inizio VI secolo ac.

La science des géopolymères est très récente, mais voilà qu’elle permet de résoudre de vieilles énigmes. Comme celle de la fabrication des Buccheros étrusques. Des vase noirs fabriqués 500 à 600 ans avant J.-C.

La fabrication de ces vases est restée un mystère pendant longtemps. Les archéologues ont expliqués la couleurs noires par une cuisson de ces poteries dans un four avec une atmosphère particulièrement chargée en carbone.

Mais cette théorie ne tient pas, car les fours devrait être très performants pour monter à haute température tout en maintenant cette atmosphère particulière. Ça semble très peu probable. Les essais qui ont été fait pour prouver que cette technique marche n’a été pratiquée que jusqu’à des température inférieur à 500°C… et du coup on obtient en effet, une belle poterie noire, mais elle ne tient pas l’eau !

Alors comment expliquer qu’un grand nombre de ces poteries ont pu résister 2500 ans enfouies dans le sol ?

Ce n’est qu’avec la théorie des géopolymères que Joseph Davidovits a pu expliquer la fabrication des Buccheros avec des cuissons à moins de 500°C. Il s’agit simplement d’un mélange d’argile et d’une solution basique composée de chaux et de certains sels que l’on trouve naturellement dans tous le pourtour de la méditerranée.

Ces vases noirs très solides me font beaucoup penser aux 40 000 vases égyptiens qui ont été trouvés sous la pyramide de Saqqarah et qui sont très très durs.

Tellement durs, plus dur que du métal, que la technique de fabrication par forage ne fonctionne pas pour les vases de ce type. D’autant plus que ces vases sont lisses, et ont des formes qui interdisent de les forer. (comment faire passe l’outil par l’étroit goulot ?)

Avec la connaissance des géopolymères, je me dis que l’on tient une piste intéressante: tous les objets en pierre ne sont pas taillés, il est possible de les mouler !

Et voilà qu’une stèle retrouvée à Abydos semble aller dans ce sens. Le chef des artisans, scribe et sculpteur Irtysen y décrit ses connaissances:

« Je sais faire des pigments, des produits qui fondent sans que le feu les brûle, et en outre insolubles à l’eau. Personne n’en aura connaissance, excepté moi seul et mon fils aîné, le dieu ayant ordonné qu’il pratique en initié, car j’ai remarqué sa compétence en tant que chef des travaux dans toutes les matières précieuses, depuis l’argent et l’or jusqu’à l’ivoire et l’ébène. »

Ainsi on peut imaginer que la fonte et le moulage de pierre puissent être connu à cette époque.

Les pyramides d’égypte ont été moulées

Si l’on devait de nos jours construire une grande pyramide dans le genre de celle de Chéops, comment est-ce que l’on s’y prendrait ?

Il est fort probable qu’on la construise avec des blocs de béton.

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Pour un architecte au fait de l’existence des géopolymères, il est fort probable, qu’il décide de remplacer le béton par un géopolymère.

Vue que la technique des géopolymères semble connue dans l’égypte antique au vu de ce qui est écrit sur la stèle d’Irysen, est-il possible que les pyramides d’Egypte soient faites de géopolymères ?

Le professeurs Davidovits travaille sur cette hypothèse depuis longtemps. Il s’est même amusé à piéger des archéologues avec des géopolymères en leur demandant de donner l’âge de pierre qu’il venait de mouler.
On imagine bien le dialogue: « Cette pierre a été taillée il y a 4000 ans …. et bien non… je l’ai moulée il y a une semaine dans mon labo ! »

Il semble bien en effet, qu‘il n’est pas possible de dater une pierre. Il est possible de dater son errosion, ce qui se trouve autour (les coraux pour les pierres sous marines), les matières organiques avec du carbon 14, les pierres en fonction de la couche sédimentaire dans laquelle on les trouve. Mais la pierre toute seule elle même…. pas possible !

Une étude du paléomagnétisme des pierres de la pyramide de Chéops publiée en 2012, montre qu’effectivement il y a de nombreuses pierres qui ont été moulées !

KhufuPyramidCasingStone-BritishMuseum-August19-08.jpgL’idée utilisée dans cette étude consiste à se dire que si la pierre a été moulée sur place directement, les moments magnétiques sont identiques dans toute la pierre et orienté nord sud. Si la pierre a été taillée et donc déplacée et tournée, les moments magnétiques des composants de la pierre sont aléatoires.

L’étude arrive à la conclusion qu’il y a des blocs qui ont été taillés (à la base de la pyramide de Kephren en tout cas) et des blocs qui ont été moulés.

Effectivement on imagine qu’il est beaucoup plus simple de transporter des gravats, des petits matériaux et de mouler les blocs sur place que de manipuler des blocs énormes !

Le film « La révélation de Pyramides » (dont voici mes notes) qui pose beaucoup de questions pertinentes sur la construction des pyramides mentionne aussi la création des « fondations » des pyramides. Du socle sur lequel elles sont posées. Une constructions très complexe à elle toute seule vu que le socle doit être hyperplat !

Si on imagine que le socle a été moulé, c’est tout de suite plus facile pour faire un sol plat !

Ce film évoque qu’aux 4 coins du monde, il y a des artefacts qui ont été construit avec des pierres énormes et très bien ajustées. L’hypothèse du moulage des pierres expliques pas mal de choses.

Il y a de nombreuses pierres qui semble être taillées avec une logique qui compliquerait le travail (des bosses!). Mais en prenant l’hypothèse du moulage tout devient évident !

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Chose que je ne comprends pas, c’est que les auteurs du film « La révélation des pyramides » ne parlent pas de géopolymères, bien que sur une radio ils ont évoqué le fait d’avoir rencontré Joseph Davidovits et connaissent ces théories. Alors pourquoi ne pas avoir intégré ceci dans le film ? Ce n’est pas assez sensationnel ? L’hypothèse est trop réaliste ?

(Edit… octobre 2015.. Dans le film Gizeh 2005 les Jacques Grimault explique qu’il n’affirme que ce qu’il a pu vérifier lui même. Comme il lui manque toujours une autorisation pour tester une pierre de la grande pyramide, il n’a pas pu tester lui même et donc ne montre rien dans le film. Mais cette hypothèse est plus qu’une hypothèse, c’est une des 8 techniques de constructions qu’il a repéré pour la grande pyramide.)

Voilà c’était donc un petit aperçu de nouvelles techniques (ou anciennes) dont on ne parle pas assez à mon avis !

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mur pierre moulée 10374515_1020518.jpgmur pierre moulée 103563.jpg


Un petit film qui expose la même hypothèse de bloc moulés

Juste après avoir écrit ce texte, je découvre sur youtube ce petit film, qui présente cette théorie de construction des pyramides à l’aide de géopolymères moulés. On y parle aussi de la stèle de Irtysen alors que j’avais trouvé l’info tout ailleurs et que j’avais recoupé les idées. Donc c’est parfait je ne suis pas le seul à avoir fait le rapprochement. Ce qui conforte la théorie.

Dans le film il est aussi mentionné une autre stèle qui indique la recette de pour la création de géopolymère.

Pour terminer, je me dis qu’il est normal que l’idée de mouler des pierres émerge dans un pays où l’on construit depuis toujours des maisons avec des briques moulées avec de la boue séchée !

Collégiale de Neuchâtel

collégiale depuis prison.JPGLes visiteurs assidus de ce blog auront certainement remarqué la photo en haut de cette page.

Il s’agit d’un lever de soleil sur la ville de Neuchâtel. Ce que l’on voit surtout, c’est l’imposante masse blanche du château de Neuchâtel, surmontée par les flèches de la Collégiale.

Les visiteurs assidus de ce blog qui fréquentent ces temps la ville de Neuchâtel, auront remarqué que la vue n’est plus tout à fait d’actualité.

Services des 150 ans

collégiale de Neuchâtel sous les échaffaudages.jpgEn effet, la collégiale de Neuchâtel est en restauration. Elle est donc emballées dans des échaffaudages.

L’édifice vieux d’environ 800 ans a bien besoin d’un petit rafraichissement de temps en temps. C’est donc le « service des 150 ans » qui est actuellement en cours.

En effet, ce sont de gros traveaux qui durent déjà depuis quelques années et qui dureront encore de nombreuses autres années. La dernière restauration de ce type a été réalisée en 1870 par Léo Châtelain. C’était une grosse restauration, car en plus d’avoir restauré le bâtiment, il a aussi été modifié.

C’est suite à la restauration de Châtelain, qu’une seconde tour a été construite. Puis que ces tours ont ont été coiffées de flèches. C’était l’époque de l’architecture néo-gothique dont l’architecte le plus connu était Eugène Viollet-le-Duc. La collégiale est donc passé d’un style roman plus sobre à une construction plus exubérante !

Visites de la collégiales par les échaffaudages

A l’occasion du millénaire de la ville de Neuchâtel, des visites de la Collégiale de Neuchâtel par les échaffaudages sont organisées. C’est une manière de découvrir sous un autre angle ce vénérable bâtiment.

C’est l’occasion d’observer de nombreux détails qui sont impossibles à voir quand ils nous surplombent à 30m du sol.

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Les signes lapidaires

La visite commence par l’observaton de nombreuses marques de tâcherons (aussi appelés signes lapidaires) qui sont taillée dans les pierres de l’édifice. Il y a des triangles, des étoiles, des entrelas, etc. Toute une série de signe qui sont la signature d’un ou plusieurs tailleurs de pierre. On suppose que ces marques servaient à la comptabilisation du travail effectué afin d’être payé.

Le bestiaire

La suite de la visite permet d’observer de nombreuses têtes en tous genres taillées dans la pierre. Il y a des têtes humaines, mais également des têtes de monstres terrifiants !

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gargouille de la collégiale de Neuchâtel.jpgA propos de monstres, au sommet de la base carrées des tours, il y a des gargouilles !

En fait, c’est triché, ce sont de « fausses » gargouilles, elles ne sont même pas percées, ainsi elle ne crache même pas d’eau quand il pleut !

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Ces bouts de Collégiale que l’on retrouve ailleurs…

quadrilobes de la collégiale de neuchâtel.jpgLes gargouilles d’origines sont au musée ! Elles ont été remplacées par d’autres lors de la dernière restauration de 1870 !

 

C’est également le cas pour les « quadrilobes » du parapet de la tour carrée.

Lors de la restauration par Léo Châtelain, ces décorations ont été démontées et récupérées, pour construire le parapet d’un petit château à Boudry: la tour de Pierre.

Cette tour abrite actuelllement le caveau de dégustations des vins de Boudry.

 

tour de pierre Boudry.jpg

Des caniches comme chiens de garde ?

caniche sur le château de neuchâtel.jpgEn se baladant sur les hauteurs, il est également possible d’observer les environs, particulièrement le château de Neuchâtel. J’y ai observé de bien étranges statues au dessus de la porte du château….

…. des caniches !

En effet, je crois bien que le château de Neuchâtel est gardé par des gentils toutous qui n’ont pas vraiment le profile du cerbère mais plutôt celui de Petit caniche, peluche pour vieux…. comme le chante Didier super…

 

Galeries de photos

Pour compléter encore cette visite de la collégiale, voici:


Qu’est ce qui pousse les humains à empiler des pierres ?

Inukshuk

inukshuk des JO 2010 de vancouver.png

En cette période Olympique, on aperçoit souvent le logo des jeux de Vancouver. Si l’on creuse un peu pour savoir ce qu’il représente, on découvre qu’en fait c’est un symbole des amérindiens du Canada. Il sagit d’un Inukshuk, un empilement de pierres qui représente un humain.

Selon wikipedia, Inukshuk est un terme inuktitut composé des morphèmes inuk (être humain) et -suk (substitut, agissant à la place de), signifiant « ce qui a la capacité d’agir comme un être humain »

L’Inukshuk, logo des jeux de 2010, est un symbole des premières nations.

A la base, un tel empilement de pierre était utilisé pour la chasse au caribou. Le but était de faire croire au caribou qu’il était encerclé par une foule d’humaine !

Ainsi on comprend aisément l’origine du nom inukshuk: agit comme un humain.

Actuellement ce genre d’empliement n’est plus très utilisé pour la chasse au caribou. Cependant, il est devenu le symbole des inuits du Canada.

Hormis son rôle d’oeuvre d’art. L’inukshuk est aussi utilisé  comme point de repère dans les régions arctiques de l’amérique du nord. Les inukshuk sont donc l’équivalent inuit du cairn.

Il semble qu’il existe des innukshuks qui ont plus de mille ans ! (le gèle ça conserve)

Les cairns dans le monde

Il n’y a pas qu’au Canada que l’on trouve des empilements de pierres. On en trouve un peu partout dans le vaste monde.

Etrangement, souvent leur nom signifie humain. Ainsi, en allemand et en néerlandais, les cairns sont appelés respectivement Steinmann et Steenman, qui signifient littéralement « homme de pierre ».

Dans l’antiquité, en grèce, on trouvait déjà des empilements de pierres pour marquer les routes. En grec, on appelle ces empilements de pierre des Hermios. Ce nom n’est pas sans rappeller le nom du dieu Hermès, le dieu des routes et des voyages!

Ce n’est certainement pas un hasard si il y a un lien entre ce dieu des routes et les empilements de pierre.

Dans nos régions on trouve également beaucoup d’empilements de pierre au sommet des montagnes ou pour marquer des itinéraires dans les pierriers.

cairn au sommet de la bella tola.jpg cairn au dessus d'ovronnaz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans nos contrées, ces empilements de pierres sont le plus souvent appelé des cairns.

Le mot vient de l’écossais càrn. Il désigne plusieurs types de collines ou des tas de pierres naturels. En Ecosse, l’empilement de pierre sur des collines semble être une vieille coutume. En effet, il y a beaucoup d’écossais qui déposent une pierre au sommet des colline qu’ils visitent. Il y a même un vieux dicton qui dit: Cuiridh mi clach air do chàrn. Ce qui signifie: J’irai déposer une pierre sur ton cairn.

Tombeau

Parfois, les empilements de pierre sont destinés à être des tombeaux. Au Néolithique cette pratique était très courrante, en Inde ou au Tibet, les stûpas ont probablement été érigés pour les mêmes raisons. En Bretagne, le grand cairn de Barnenez est un bon exemple d’un ensemble de tombeau recouvert de pierre.

la-girafe_et_les_pyramides_de_gizeh_en_egypte.jpgEn latin, on parle de tumulus pour désigner une bosse qui recouvre une tombe. Le tumulus peut être très simplement fait de terre, ou plus élaboré avec un empilement de pierre, ou encore construit avec une chambre funéraire mégalithique. Ce dernier type de tumulus est plus connu sous le nom de Dolmen.

On a l’habitude de se représenter les dolmens comme des grandes tables de pierres empilées. Mais on oublie parfois qu’à l’origine la structure de pierre était totalement recouverte de terre. C’est l’errosion qui a enlevé la terre au fil des siècles et qui nous permet de voir les empilements de pierre à nu.

Les tombeaux de pierres empilées les plus connus sont certainement les pyramides égyptiennes. Là il s’agit de démesure totale.

Dans la tradition juive, c’est tout l’opposé de la démesure, on ne fait pas des montagnes de cailloux. Mais la tradition est tout autant présente: on dépose des cailloux sur la tombe des morts !

Menhir

Dans le même esprit que les empilements de pierre, on peut également parler des menhir. Ce n’est à proprement parlé pas un empilement de pierres. Mais l’idée est proche. Ce sont de pierres qui ne sont pas disposées naturellement. En effet, le propre d’un menhir c’est d’être une pierre dressée pour être la plus haute possible. On retrouve cette idée dans l’étymologie du mot menhir. Ce terme a été construit à partir du breton maen, « pierre », et hir, « longue ».

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Le soleil se pose sur un des menhirs de l’alignement d’Yverdon

Une mode qui dure

Lorsque l’on dit que les modes sont éphémères, je crois que l’on ne parle pas de la mode des empilements de pierres. Avec tout ce que l’on a vu ci-dessus, empiler des pierres facinent toujours autant les humains !

En 2002, un des plus grand succès de l’exposition nationale suisse, Expo02, était les empilements de galets patiemment réalisés par un facteur neuchâtelois.

De nombreux visiteurs ont observé durant des heures la création de ces savants équilibres. Actuellement, sur le site neuchâtelois d’expo02, il ne reste plus rien, hormis un empilement de galet gardé en souvenir sur un pillier trop profondément ancré dans le lac !

empilements devant les galets expo02.jpgempileur de galets expo 02.jpg

Petite annecdote, durant expo02, c’est un facteur de métier qui s’est lancé dans l’empilement de galets. Une centaine d’années plus tôt, c’est un autre facteur qui est connu pour avoir construit son palais idéal avec des cailloux ramassés pendant 33 ans lors de ses tournées !

Mais qu’est ce qu’ils ont ces facteurs à ramasser des cailloux ?

Qu’est ce que les humains trouvent de si facinant dans l’empilement de cailloux ?

Je n’ai pas de réponse précise à donner. Mais on ne peut que constater que l‘engouement pour les empilements de pierre est universel chez les humains.

L’empilement de pierre est universellement connu dans la culture humaine probablement car il y a des pierres partout où il y a des humains. De plus, la pierre est la matière première la plus facile à trouver. (à quand les empilements sur la lune ou mars ? Il y a bien l’histoire du monolithe dans 2001 odyssée de l’espace!)

De part sa nature, l’être humain est un être néguentropique, un être qui se bat contre l’entropie, contre le nivellement et l’usure qui règne dans tous les systèmes physiques. L’être humain est un batisseur. Il se bat contre le temps. La pierre est un des matériaux qui résiste le plus à l’usure du temps. C’est probablement pour ça que l’on ne retrouve que des empilements de pierres des civilisations disparues qui ont précédé la notre.

D’ailleurs la pyramide de Khéops est la seule des 7 merveilles du monde antique à être toujours debout ! (c’est probablement du à sa forme pyramidale. Elle ne peut pas s’effondrer !)

En construisant des empilements de pierres, l’humain se révolte contre les lois de la physique. Il défie l’univers!

Ce n’est peut être pas un hasard que les empilements de pierres sont souvent assimilés a une représentation d’humain. Le mot inuksuk signifie même qui a la capacité d’agir comme un humain. Si c’est vrai dans la chasse au caribou. C’est également vrai face aux lois de la physique: l’inukshuk défie l’univers en se tenant debout, tout comme l’humain défie l’univers en se tenant debout; en vivant.

Si l’empilement de pierre est souvent utilisé comme tombeau, c’est peut être également pour manifester cette volonté de l’humain de défier l’univers: Je suis mort, mais mon tombeau est là encore longtemps pour que l’on se rappelle de moi !

L’empilement de pierre est donc le symbole de la volonté humaine de résister aux dures lois de l’univers !

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