Obligation pour l’Etat de se financer par les banques commerciales

Depuis les années 1970, un nouvelle doctrine monétaire est arrivée à maturité pour être déployée un peu partout.

Il s’agit de l’interdiction pour les banques centrales de financer l’Etat.

Ce qui a pour conséquence d’obliger l’Etat à se financer via le crédit des banques commerciales. Crédit qui se pratique avec des intérêts (ce qui n’était pas le cas avant). On voit ici qu’il y a un intérêt (!) certain à la mise en place d’un tel système pour les banques commerciales.

La création monétaire est le droit du souverain

Historiquement, la création monétaire est un droit régalien, un droit du souverain, du roi, du seigneur.

Le droit de frapper la monnaie donne un pouvoir énorme. Dès que l’on a besoin de financer quelque chose, il suffit de créer la monnaie dont on a besoin. On appelle ce droit de créer la monnaie, le droit de seigneuriage.

Pendant très longtemps, la monnaie reposait sur des métaux précieux, sur l’or par exemple. Cette contrainte empêchait les seigneurs féodaux de créer trop de monnaie. (mais encourageait les conquêtes des voisins pour leur piquer leur or et les mettre en esclavage dans les mines)

Depuis les années 1970, la monnaie a été découplée de sa couverture or. (Surtout suite à la fin de la convertibilité en or du Dollar US annoncée par Nixon le 15 août 1971)

frapper la monnaie celtes

La fin de la couverture or et la peur de l’inflation

Une conséquence de ce découplage a ouvert un nouveau risque, celui que le souverain puisse créer de la monnaie sans limite, et donc créer une inflation gigantesque.

Dans les années 1970, le souverain, dans la plupart des cas, n’est plus un seigneur féodal, mais une collectivité publique qui émet de la monnaie par l’intermédiaire d’une banque centrale.

Cette peur que les politiques abusent de la création monétaire et créent de l’inflation a justifié la mise en place de l’interdiction à l’Etat de se financer par sa banque centrale. Les banques centrales sont devenues totalement indépendantes du pouvoir politique. Un ilot hors démocratie.

Interdiction à l’Etat d’exercer son droit de souverain

Dans le monde francophone, on entend régulièrement l’histoire de la mise en place de ce principe d‘interdiction de financer l’Etat par la banque centrale, sous le nom de « loi Pompidou – Giscard – Rothschild de 1973« .

En effet, c’est le ministre de l’économie, Valéry Giscard d’Estaing qui a mis en place cette loi en 1973 sous la présidence de Georges Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild. Quels sont les intérêts là derrière ? Empêcher l’inflation ou donner un avantage aux banques commerciales ? Ou donner plus d’autonomie à la banque centrale ? Ou une conjonction de tout ça ?

Des études récentes montrent que la fameuse loi de 1973 n’est que la formalisation d’une évolution commencée sous Michel Debré, 7 ou 8 ans plus tôt. C’est-à-dire la volonté d’un jeune inspecteur des finances, Jean-Yves Heberer, de « démanteler le circuit du trésor« , comme il l’explique dans un entretien fait en 1995:

« C’est-à-dire tous ces mécanismes automatiques, qui faisaient que le Trésor, sans bouger le petit doigt, était irrigué de liquidités qui lui arrivaient de tous les circuits financiers français. (On) va peu à peu l’obliger à vivre comme un emprunteur, c’est-à-dire à se poser les questions de l’emprunteur sur le coût de l’emprunt et le service de la dette. »

Pour en savoir plus, c’est à la p99, de la Thèse de Benjamin Lemoine : « Les valeurs de la dette. L’Etat à l’épreuve de la dette publique »

Ce principe inscrit ans la loi de 1973 a été repris dans le traité de Maastricht à l’art 104. Puis encore repris dans le traité de Lisbonne à l’art 123.

Donc toute l’union européenne est soumise à ce principe. Mais en Suisse, qu’en est-il ?

Suite à quelques recherches d’un petit groupe, la BNS nous a renseigné sur le sujet.

En suisse, c’est l’article 11, alinéa 2 de la loi fédérale sur la banque nationale suisse qui nous dit:

« La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. »

La raison de ce texte obscure est indiquée de manière plus claire au chapitre 8, (p 23) de la brochure, « La Banque nationale suisse en bref ».

On nous dit:

L’indépendance financière englobe l’autonomie budgétaire, qui découle de la forme juridique sous laquelle la BNS a été constituée, et l’interdiction d’accorder des crédits à la Confédération (art. 11 LBN), ce qui empêche l’Etat de «faire tourner la planche à billets».

L’effet pervers du système

Voilà, nous sommes sauvés, la création monétaire n’est plus en mains du peuple, donc plus soumise au risque du populisme. Seule une élite triée sur le volet aura le droit de créer de la monnaie.

A priori, tout va bien. Mais que se passe-t-il quand l’Etat veut investir massivement dans un grand projet ? Il va devoir trouver de la monnaie. Il va demander un crédit. Quand l’Etat était le souverain, il pouvait soit créer la monnaie nécessaire (avec un risque d’inflation), soit emprunter à sa banque centrale sans intérêt.

Mais avec l’interdiction de la créer, l’Etat est obligé de se financer via les banques commerciales et ceci avec des intérêts. Ce qui change toute la donne.

Voici un petit extrait d’une conférence de Patrick Viveret, ancien membre de la cour des comptes française, qui explique ce système pernicieux :

La véritable origine de la dette publique, c’est le fait de créer de la monnaie avec des intérêts auprès de banques commerciales, ce qui oblige les Etats à s’endetter auprès de ces banques commerciales et à payer des intérêts à ces banques en plus du capital à rembourser.

Ce fait a mis la part des intérêts composés comme étant la part majeure de la dette publique. Si je prends l’exemple français que je connais le mieux, sur les 1500 Milliards de dette publique de la France, il y en a 1350 Milliards qui sont des a des intérêts composés.

Si par hypothèse on n’avait pas changé de mode de création monétaire, s’il continuait à y avoir de la création monétaire publique sans intérêts, la dette française serait aujourd’hui de 150 Milliards et non pas de 1500 Milliards d’euros, ce qui change tout !

Contrairement à une croyance bien ancrée, l’explosion de la dette publique n’est pas due à une mauvaise gestion du budget de l’Etat, mais plutôt aux intérêts composés versés aux banques.

Il n’est pas rare de voir des collectivités publiques demander de nouveaux crédits pour financer le remboursement d’anciens crédits !

Ainsi vos impôts servent essentiellement à financer les banques avant de financer les collectivités publiques.

Un sytème comme celui-ci n’est pas dangereux pour l’Etat tant qu’il a un budget équilibré et qu’il ne se finance pas à crédit. Mais voilà une coïncidence intéressante qu’on observe en France, c’est qu’en 1973 l’interdiction de financer l’Etat par la banque centrale est mise en place, puis Giscard demande un gros crédit, et en 1974 c’est le premier d’une longue série de budgets déficitaires qui commence…  Etait-ce voulu ?

Historique de la mise en place de l’interdiction du financement de l’Etat par la BNS en Suisse.

Bien que la doctrine fût dans l’ère du temps, qui, personnellement, a mis en place en Suisse cette interdiction à l’Etat de se financer avec sa propre monnaie  (art 11. al. 2 LBN) ?

La question a été posée à la BNS et voici la réponse:

Cher Monsieur

Nous vous remercions de votre intérêt pour la Banque nationale suisse.

Vous m’avez posé ce matin une question pour savoir qui est l’auteur (personnellement) de l’alinéa 2 de l’article 11 de la loi actuelle sur la Banque nationale suisse. Cette question n’est pas facile à répondre parce que la loi sur la BNS était élaborée dans l’Administration Fédérale sous les auspices un groupe d’Expert. C’est donc l’œuvre d’un collectif.

Avant d’entrer en matière il est important de rappeler l’histoire :

L’article mentionné fait partie de la loi Fédérale sur la Banque nationale suisse du 3 octobre 2003 (entrée en vigueur le 1er mai 2004, version actuelle du 1er mars 2012).

Dans les années 1995 à 2004 la Suisse a complètement renouvelé son droit monétaire. Sur la base de la Constitution Fédérale (totalement revisée) de 1999 (article 99 ),  la loi sur la Banque nationale fut totalement ré-écrite. L’alinéa mentionné n’apparaissait pas encore dans les versions prédécesseurs de cette loi (voir la loi du 23 décembre 1953 )

Art.11, al. 2 est donc une innovation de 2004 et n’a rien à faire avec les idées pour une banque centrale à l’époque de la fondation de la Banque nationale suisse en 1905/1907.

Un exposé de l’histoire de la loi actuelle se trouve dans le chapitre 9 de l’ouvrage commémoratif écrit à l’occasion du centenaire de la BNS en 2007 (voir plus bas).

Quel est le sens de l’article 11, al. 2 : « La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. » ?

Cette alinéa veut assurer l’indépendance financière de la BNS envers l’état : c’est l’interdiction explicite de financer l’état.

Les explications à cet alinéa se trouvent dans le message du Conseil Fédéral concernant la révision de la loi sur la BNS de 2002 et, un aperçu, dans l’ouvrage commémoratif de 2007 déjà mentionné.

« Le groupe d’experts** mit en évidence – conformément à la doctrine* – quatre aspects de l’indépendance d’une banque centrale : son indépendance fonctionnelle, son indépendance institutionnelle, son indépendance financière et l’indépendance des membres de son organe de direction. » (BNS 1907-2007, p.546)

* Quant à la « doctrine », on cite l’essai de A. Alesina et L. Summers dans le « Journal for Money, Credit and Banking » vol. 25(2) 2003, p.151-162 : « Central Bank Independence and Macroeconomic Performance: Some Comparative Evidence ». La constitution de la Banque Centrale Européenne a aussi joué un certain rôle.

** Avec le « Groupe d’experts », la citation désigne le Groupe d’Experts « Réforme du Régime Monétaire » (Suisse) qui a été installé par le chef du Département Fédéral des Finances (Suisse) Kaspar Villiger avec la tâche de préparer les messages au Parlement pour une révision des articles concernant le régime monétaire dans la Constitution et les révisions des lois sur la monnaie et le moyens de paiement et sur la Banque nationale suisse. La loi sur la BNS a été formulé par l’Administration Fédérale.

Les membres de ce groupe étaient :

  • Ulrich Gygi (président, directeur de l’Administration des Finances),
  • Peter Klauser (co-président, directeur à la Banque nationale suisse),
  • professeur Ernst Baltensperger (université de Berne),
  • G.A. Colombo (délégué de l’Administration des Finances),
  • professeur M. Giovanoli (conseiller juridique de la BRI et professeur extraordinaire à l’Université de Lausanne),
  • prof. Ulrich Kohli (Université de Genève),
  • P. Merz (directeur à la BNS),
  • U. Plavec (chef de section à l’Administration Fédérale des Finances),
  • Georg Rich (directeur à la BNS).

L’article 11, al. 2 restait incontesté lors de la vote au Parlement en 2003.

Pour en savoir plus, voir mes sources :
Message concernant la révision de la loi sur la Banque nationale

Ouvrage commémoratif : « Banque nationale suisse 1907 – 2007 »  ou bien les anciens ouvrages…

– « La Vie économique » 03/2003 « La révision de la loi sur la Banque nationale :
http://www.seco.admin.ch./dokumentation/publikation/00007/00021/01583/index.html?lang=fr

J’espère que votre question soit répondu avec mes explications.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.
____

Christian Inäbnit
Coordination de la recherche et éducation économique
Bibliothèque

Conclusions

Cet article 11 al2 LBN  a été rédigé par un groupe d’experts nommé par le chef du département des finances de l’époque Kaspar Villiger.

Celui-ci, après sa carrière au Conseil fédéral, est devenu, en 2009, le président du Conseil d’administration de la plus grande banque du pays.. l’UBS.

Coïncidence ou récompense ?

On observe que dans le cas de la France ou de la Suisse, il y a toujours un lien entre la personne qui met cette loi en place et le monde bancaire qui est le bénéficiaire principal !

Notes résumé du livre de David Graeber Dette 5000 ans d’histoire

Dette 5000 ans d’histoire

David Graeber

Livre fini le 16.06.16

Voici mes notes. Comme toujours elles, sont avant tout destinées me servir d’aide mémoire. Donc je ne note que ce qui me sert de bouton pour activer ma mémoire de ce livre qui va avec. Donc désolé si c’est confu pour vous… il vous faudra lire le livre pour vraiment comprendre le détail….. C’est par ici pour acheter le livre Dette 5000 ans d’histoire…. si ça vous dit…

dette 5000 ans d'histoire graeber

Contexte global: monnaie, dette, religion, Etat, marché…

  • Une pièce de monnaie a 2 faces:
  • => face: l’Etat, la confiance, fides, fiduciaire. Cela indique qui paie la dette en dernier recours. => c’est en général un roi qui est l’intermédiaire avec (les) dieux. La monnaie est donc une dette envers le divin qui nous a créé. OU… face indique l’Etat qui et le représentant d’un peuple. La monnaie est une dette envers la société qui nous permet de vivre.
  • => pile: une unité de compte. C’est le côté outil de quantification d’une dette.
  • Les 2 faces de la pièce représente très bien ce qui est nécessaire à l’émergence de pièce de monnaie:
  • => l’Etat
  • => le marché
  • L’un et l’autre, même s’il sont souvent vu comme opposés, sont indissociables. Ils sont nécessaire à l’émergence de pièces de monnaie.
  • La religion est aussi très liée à la dette.
  • => les paroles du « notre père » utilisent un vocabulaire lié à la dette pour exprimer le pardon comme une remise de dette.

Démontage du troc…..  et des autres idées reçues d’Adams Smith….

  • Morale des échanges
  • Lévi Strauss dit qu’il y a un principe de réciprocité, que tout est échange entre humain => faux
  • => On observe que le « communisme fondamental » est le socle à tout.
  • => par exemple quand on prêt à donner une cigarette ou du feu. => On appartient à la communauté des fumeurs.
  • Le communisme fondamental => « chacun ses besoins, chacun ses capacités »
  • On trouve beaucoup de communautés « villageoises » qui fonctionnent sur le principe de relation croisées pour maintenir la communauté. => 2 moitié de village.
  • => les mariages se font uniquement avec l’autre moitié.
  • => les morts sont enterrés par l’autre moitié.
  • Chez les Iroquois, il y a un système de répartition de la production. C’est une hutte longue, qui est une sorte d’entrepôt. Tout ce qui est produit en surplus est déposé là. => les femmes se chargent de répartir les biens.
  • Il n’y a pas de principe de réciprocité des échanges dans une communauté de base. (famille, amis) => les gens que l’on est prêt à aider pour déménager.
  • L’homo économicus n’existe pas. La preuve => Il y a même un certaine influence de la morale « communiste » sur les marchés.
  • => les commerçants ont tendance à faire payer plus cher les riches et moins cher les pauvres. Ou plus cher les étrangers et moins cher les amis et la famille.
  • => C’est pour cette raison qu’on observe que souvent les petits commerçants de quartier ne sont pas de la même ethnie que la majorité des habitants du quartier ! => sinon ils ne pourraient pas gagner d’argent.
  • L’étymologie du mot hôte, hospitalité est la même que hostile, otage.
  • => l’ennemi, l’étranger est souvent accueilli en hôte, on lui donne tout pour en faire un ami.
  • Le don est un outil pour créer et valoriser des relations sociales.
  • L’homo économicus est toujours dans la logique d’arnaquer tout le monde. Les siens ou l’étranger
  • Chez les Tiv du Nigeria => la société est faite de dons entre tous. (les étrangers se voient effectivement offrir plein de chose dès leur arrivée)
  • => chaque don, doit être compensé par un autre, mais jamais exactement. Sinon ça tue le lien.
  • => c’est comme des amis qui se payent des bières. => la dette d’un envers l’autre va les forcer à se revoir. Si les amis sont quitte….. et bien ils se quittent !  le lien se brise.

Pourquoi est-ce qu’il parait moral de devoir rembourser une dette ?

Quelles sont les conditions nécessaires à l’établissement d’un crédit et d’une dette ?

=> Voilà les questions qui ont motivées ce livre.

=> Ce livre lié à la dette est surtout une histoire de la monnaie.

  • La dette (et le crédit) ne sont à la base accepté que si le contrat parait juste.
  • => ne se pratique qu’entre 2 parties qui sont jugée égale. (même classe sociale, même caste, ou liberté globale, égaux devant la loi, etc.)
  • => ainsi dans un contrat juste. Contracté entre 2 parties égales. Celui qui rompt le contrat failli !
  • => donc le débiteur qui ne rembourse pas est condamné ! => il est en tort
  • Il existe de nombreux cas d’échanges, de contrat entre des parties qui ne sont pas égales (entre un citoyen et un roi)
  • => c’est un don.
  • Une dette qui est impossible à rembourser est soit un don, soit un contrat nul. Il doit exister un moyen ou un autre de rembourser la dette, de retrouver l’équilibre entre les parties.
  • Une dette est finalement un contrat entre 2 parties égales (devant la loi) dont l’un renonce à son égalité pour un temps.
  • => si une dette n’est pas possible à rembourser, c’est que les personnes ne sont pas égales. Il y a donc des risques que les relations soient une sorte d’esclavage.
  • Un contrat de travail est-il une dette ? => d’un certaine manière oui.
  • => l’esclavage c’est de la vente
  • => le salariat c’est de la location. C’est un rapport de classe seulement pour un temps donné.
  • Les formes de politesse sont également très liées au vocabulaire de la dette.
  • => Merci = être à la merci de l’autre
  • => Thank you = vient de Think => je penserais à ce que vous avez fait pour moi.
  • => obrigado => Je suis votre obligé
  • => de rien, de nada => c’est gratuit, je n’inscrirais rien à comptabilité.
  • Ces formes de politesse sont apparues au XVI et XVII ème siècle => en même temps que la révolution marchande.
  • Ces formes de politesses sont des formes de reconnaissance de dette morale.
  • Dans les sociétés primitives, les dettes impossibles à payer (comme les disparitions ou échange d’humain: mariage, mort) sont reconnues à l’aide, de pièce métalliques, de tissus, de coquillages, de boucles, de bracelets, etc…. => bref, quelque chose qui ressemble beaucoup à de la monnaie. Mais ce n’est pas du tout des monnaie qui ont la fonction de ce que l’on attribue à une monnaie.
  • => ces « monnaies » sont juste des reconnaissance de l’impossibilité de remplacer un être humain et son histoire, inscrit dans un réseau social. Chacun humain est unique.
  • => lors des mariages, l’homme donne à sa belle famille ce genre de reconnaissance en pièce. => beaucoup d’étrangers y ont vu une manière d’acheter des femmes. Mais c’est faux. (la société des nations à même lancé un processus pour interdire ces pratiques avant que des anthropologues expliques qu’il n’y avait en aucun cas achat de la mariée. )
  • => la preuve c’est qu’une fois marié. L’homme ne peut pas « vendre » sa femme.
  • Nous avons là un exemple typique « d’économie humaine ». D’échanges pour créer du lien communautaire.
  • Mais, le principe d’économie humaine peut dérrapper….

La violence peut créer les conditions de l’esclavage (p 221.)

  • Un mari ne peut vendre sa femme. Mais il peut la mettre en gage (ainsi que ses enfants) si il s’endette.
  • Puis dans un second temps, des reconnaissances de dettes peuvent s’échanger.
  • => ainsi, il y a possibilité détournée d’échanger des personnes en gage en échangeant des reconnaissances de dette !
  • En cas de guerre entre village, chez les Lele, la seule chose qui reste contre paiement, c’est la monnaie. Il devient possible d’échanger des humains dans des cas où la violence règne et que les personnes sont sortie de leur contexte.
  • Quand la violence arrive et sort les humains de leur réseau social. Une personne peut devenir l’équivalente d’une autre personne.
  • C’est là que l’esclavage peut prendre forme.
  • Il faut différentier l’esclavage en pleine propriété du péonage, qui est un esclave pour dette.
  • Quand le commerce d’esclave est arrivé sur les côte africaines, c’est un peu comme si de nos jours une bande d’extra-terrestres sur-armés et avec une morale incompréhensible donnaient une prime de 1 million à chaque personne qui lui livre un esclave. => Même si la majorité de la population résiste à cette pratique immorale. Il y a une poignée de gens peu scrupuleux qui vont vendre leur péon, et lancer des razzias dans les villages reculés pour aller enlever des gens.
  • Les ravisseurs sont souvent eux mêmes endettés envers les marchands d’esclaves, avec en gage leur propre famille. => ainsi ils n’hésitent pas à enlever des gens pour sauver leur propre famille !
  • => il est même arrivé parfois que les navires marchant partent avec les personnes en gage vu que les ravisseurs ne livraient pas dans les délais !
  • A Bali, le roi a encouragé les combats de coqs, pour favoriser la fièvre du jeu et des paris. => ainsi il favorise que des personnes s’endettent (et leur famille avec en gage)
  • => le commerce d’esclave (péon) est devenu florissant.
  • ce style d’esclavage est souvent lié aux services sexuels.
  • En – 1300 av. J.C, en Asyrie avec l’augmentation de l’esclavage des pauvres, il est donc devenu important de distinguer les femmes libres des prostituées. Pour des raisons d’honneur. (qui est un système de comptabilité)
  • => c’est à cette occasion que le port du voile a été utilisé.
  • => le port du voile a été interdit pour les prostituées. => ce qui a eu pour conséquence que toutes les autres femmes se sont voilées.
  • En grèce on observe les mêmes genres de pratiques. (=> quoi ? .. les femmes étaient voilées dans le berceau de l’Europe occidentale !! 😛 )
  • En – 600 av. J.C, en Grèce, apparaissent les marchés. (le communisme dans les foyers, le marché à l’extérieur)
  • Quand surviennent des crises de la dette. => il y a des mouvements populaires qui mettent en place des tyrans qui annulent toutes les dettes. (et donc libères les esclaves pour dette)
  • Une autre solution qui existe s’est l’envoi des pauvres en conquête militaire de la méditerranée.
  • p236. Le mot « intérêt » en grec signifie « progéniture, enfants »

Rome antique

  • Rome a conquis 3 fois le monde, et chaque fois plus profondément.
  • => avec ses armées
  • => avec sa religion (via le catholicisme romain)
  • => avec ses lois => le droit romain est la base du droit actuel
  • Il y a de nombreuses notions actuelles du droit et du système politique qui sont issues du droit romain, notamment la notion de « propriété ».
  • Propriété = « relation avec une chose » => beaucoup de juristes se sont demandés comment on peut entretenir une relation avec une chose ?
  • => tout s’explique quand on sait que la chose en question était un esclave !
  • La notion de propriété a été définie pour régler des problèmes liés aux esclaves (1/3 de la population romaine !) Puis cette notion de propriété a été étendue aux autres choses. (« res »)
  • le mot « libre » => « libertas » signifiait à la base, non pas un détachement de tout, mais le contraire de l’esclavage. Soit « être intégré dans un réseau social ». => En fait, c’est l’esclave qui est libre de tous liens, sauf de celui de « propriété » qui le lie à son maitre.
  • un esclave affranchi devenait automatiquement citoyen romain. (ce qui a du être cadré quand des petits malins ont trouvé une manière rapide de devenir citoyen romain, se faire esclave… puis acheter son affranchissement)
  • Le mot libre en anglais: « free » vient d’un mot germain qui veut dire « ami ». => On retrouve le lien social.
  • Le sens a gentiment évolué: la liberté est en fait un pouvoir. Voici pourquoi:
  • propriété = « dominum » => 2 sens:
  • => une propriété, un domaine. (on voit ici l’origine du mot)
  • => dominimum vient de dominus = le maitre de maison (il domine) (maison = domus)
  • C’est donc le pater familia qui domine la maisonnée, qui est propriétaire des murs et des habitants !
  • => en effet, à l’époque le pater familia a tout pouvoir sur toute la famille, sa femme (en co-propriété avec les parents de sa femme), ses enfants, ses esclaves qui font aussi partie de la « famille ».
  • Donc rendre sa liberté à un esclave, c’est lui donner le pouvoir. (d’être propriétaire, des autres et de lui même)
  • Le droit n’existe pas. => C’est du pouvoir aussi.
  • Le pouvoir c’est des obligations des autres.
  • On voit ici que l’on prépare le terrain aux contractualistes qui ont défini quels droits l’Etat doit garantir. (la propriété, la sécurité ( sa liberté) ou l’égalité (face à la loi) ?)
  • On peut donc refaire un lien entre esclavage et salariat.
  • => Tout comme une propriété (domaine), une propriété (pouvoir, liberté) peut se vendre, s’acheter et se louer.
  • => en abolissant l’esclavage on a aboli l’achat et vente d’humains. Mais pas la location => le salariat.
  • p.255 Conclusions
  • Economie humaine = réseau social. => une monnaie de reconnaissance d’une relation impossible à remplacer et quantifier.
  • La violence peut casser les liens et créer des personnes interchangeables.
  • L’honneur va avec la violence.
  • L’honneur se comptabilise.
  • => réduire l’autre en esclavage est un moyen de s’approprier son honneur.
  • => un roi qui a plein d’esclaves est plein d’honneur.
  • => un pauvre qui est endetté a perdu son honneur.
  • => une femme qui se prostitue pour payer ses dettes a perdu son honneur.
  • En Irlande, il existait toute une comptabilité des dettes d’honneur.
  • => un roi vaut 7 vaches ! (il faut dire qu’il y avait 150 rois..)
  • (je me demande bien ce que signifie l’expression « Mettre un point d’honneur à.. » ?)
  • Un roi est maitre, mais est aussi tout seul => il n’a que des relations de pouvoir sur d’autres.
  • En terme individuel, si l’on est isolé comme le roi, le droit romain nous permet de se voir maitre de soi-même. => d’avoir le pouvoir sur soi-même. (user, et abuser)
  • Dans l’économie comptable (d’honneur): La liberté => liée avec le pouvoir
  • Dans l’économie humaine: la liberté => liée à sa place dans un réseau social.
  • Avec le temps, on a supprimé la violence physique et l’esclavage de pleine propriété qui va avec.
  • => mais on a conservé le pouvoir personnel d’aliéner sa liberté dans le salariat ou la dette.

p.259

Chapitre 8: Crédits contre lingots. Les cycles de l’histoire

  • Dans l’histoire de la monnaie, il y a des cycles.
  • => Alternance entre les monnaies métalliques (en général en temps de guerre) et les monnaies crédit (en temps de paix suffisante pour créer la confiance)
  • -3500 à -800 av.J.-C. => les grands Etats agraires => monnaie de crédit
  • -800 av.J.-C à 600 ap.J.-C. => l’âge axial. => monnaie métallique
  • => apparition simultanée de monnaie métallique en Grèce (frappée), en Inde (poinçonnée), en Chine (coulée)
  • => les différentes techniques de création de monnaie montrent bien que le concept est apparu séparément.
  • 600 à 1450 => Moyen âge => crédit
  • 1450 à 1971 => Empire capitaliste => monnaie métallique, Etalon or.
  • 1971 à maintenant => période indéterminée => impérialisme de la dette.
  • Le soldat aime bien la monnaie métallique anonyme, on peut la voler. Il n’y a pas besoin d’avoir un lien avec la communauté. => un peu comme les dealers actuels de l’économie souterraine.

Mesopotamie

  • Sorte de communisme fondamental entre famille et voisins.
  • Crédit mutuel sur tablette d’argile dès que la confiance est moindre.
  • Invention de l’intérêt:
  • => quand les gens se connaissent bien, entre marchands connus => on se prêt sans intérêt. => On se partage juste les bénéfices.
  • => quand il faut prêter à un aventurier en qui on a pas confiance, qui part loin et qui peut raconter n’importe quelle aventure invérifiable pour diminuer son bénéfice à partager à son retour. => là on fixe le rendement à l’avance.
  • La dette et les péon existent. Les personnes en gage aussi.
  • Il y a régulièrement des mouvements d’endetté et leur famille en gage qui juste avant de se retrouver en péonnage s’échappent pour aller vivre hors des villes avec les nomades. (souvent plutôt de tendance très patriarcale)
  • en ~ -2450 le Roi summérien de lagash, En-metena crée la première libération de dette connue de l’histoire. [amargi] = libération.
  • => c’est une grande remise à zéro. La dette est effacée, et les gages rentrent dans leur famille.
  • Ce type de libération a été faite régulièrement pour éviter que les nomades soient trop nombreux et finissent donc par envahir et détruire la ville.
  • au fil du temps, ce genre de libération a été institutionnalisée sous la forme du jubilé.

p272.

L’âge axial

  • C’est la période charnière très féconde pendant laquelle toutes les grandes religions et philosophies ont été créées.
  • La période est un peu floue. Dans le cadre de ce livre, on utilise: -800 av. J.-C. à 600. Soit de Zarathoustra à Maomet.
  • C’est un âge caractérisé non pas seulement par les religions, mais aussi par de nombreuses guerres.
  • les 1ères pièces de monnaies sont apparues en Lydie (Grèce) elle sont frappées par le célèbre roi Crésus à partir d’alliage d’électrum (or, argent, cuivre) que l’on trouve naturellement dans le fleuve Pactole.
  • Parallèlement, en Inde et en Chine, à des époques similaire des pièces de monnaies sont également fabriquées.
  • En -480, il y avait 100 états qui frappaient de la monnaie.
  • Pourquoi ce changement de la monnaie crédit à la monnaie métallique ?
  • Le principe est le suivant:
  • Un Etat à besoin de renforcer son armée.
  • L’artistocratie militaire est trop peu nombreuse, les soldats paysans pas assez bons soldats.
  • => l’astuce est donc de créer une armée professionnelle. (des mercenaires)
  • Le hic, s’est comment les payer ?
  • => le crédit n’est pas pratique vu qu’ils seront hors réseau social, en guerre loin de chez eux, (les mercenaires sont mêmes souvent étrangers).
  • => Les soldats doivent pouvoir acheter tout de suite des vivres à des paysans et se déplacer plus loin sans peut être jamais revoir ces paysans.
  • L’idée à donc été de se déplacer avec des richesses à donner en échange de nourriture. => pour transporter le moins de chose possibles, ce sont les richesses les plus denses qui ont été utilisée. => les métaux.
  • (en chine, on trouve aussi les perles de jade, les bêches et les couteaux)
  • Second hic, c’est que le paysan n’est peut être pas du tout intéressé par un morceau de métal. ça ne se mange pas.
  • => L’Etat doit donc trouver un moyen pour imposer sa monnaie. => il invente l’impôt. (le mot est parlant)
  • Le principe de l’impôt est donc le même que celui d’une mafia qui racket les commerçants => tu me donne une part de ton bénéfice sinon je te casse la gueule. => ainsi les paysans ont intérêt à accepter des pièces de monnaies des soldats.
  • Le système fonctionne si bien, qu’il devient viral:
  • => l’armée professionnelle est beaucoup plus forte que tous les autres. La tentation est grande de conquérir le monde.
  • => lors d’une conquête, il n’est plus nécessaire de massacrer les paysans conquis pour avoir à manger. Il suffit de leur payer la nourriture et leur nouveau souverain les soumettra à son impôt.
  • Le soucis de la conquête, c’est qu’il faut toujours plus de monnaie.
  • Cette monnaie provient initialement de la refonte du butin. Donc souvent des objets pris chez les riches et dans les temples.
  • Au bout d’un moment ça ne suffit plus. => Il faut aller extraire des métaux dans les mines.
  • => On emploie des esclaves pour travailler dans les mines.  (on sait que 10 000 esclaves sont sont échappé des mines d’argent du Laurion grec. On estime qu’il y en avait 20 000)
  • => Les esclaves sont capturés dans les conquêtes
  • => Pour conquérir des esclaves il faut payer des soldats…
  • Le système s’auto-entretient et il favorise la croissance.
  • C’est ainsi que les Etats qui ont créé des monnaies sont rapidement devenus des empires.
  • => C’est le cas, en Grèce, en Inde (Ashoka), en Chine
  • Les Phéniciens qui dominaient commercialement la méditerranée se sont fait détruire par les empires. (Perse, Alexandre le grand et Rome)
  • Les phéniciens connaissent très bien les pièces de monnaie, mais n’en avaient pas besoin pour leur commerce. Il préféraient les reconnaissances de dette.
  • Les phéniciens n’ont adopté les pièces de monnaie métallique que en – 365 (alors qu’en Grèce c’était connu depuis -480), car ils ont du payer des mercenaires siciliens pour défendre la ville de Cartage.
  • => conclusion: le commerce n’a pas besoin de pièce métallique. C’est la guerre qui en a besoin.

Les religions. p.290

  • Les grands changements des conquêtes de l’âge axial changent également la vision du monde et la philosophie des gens.
  • Après avoir conquis l’Inde, l’empereur Ashoka ne voulait plus de violence. Il a donc commencé à financer la religion bouddhiste naissante.
  • En chine, c’est le confucianisme qui s’est développé et qui a été soutenu par l’empire.
  • La philosophie des monnaies métalliques induit que l’on ne s’intéresse plus trop au décors de l’échange comme du temps des dettes mutuelles. => il ne sert plus à rien d’entretenir le réseau social (même en mentant)
  • => sur un marché qui vend du butin de guerre, il vaut mieux parfois ne pas poser trop de question !
  • Ainsi le coeur de l’échange devient le « ratio » de marchandise que l’on peut obtenir pour une certaine quantité de donnée. => le « rationalisme » est né.
  • => ce qui compte, c’est le profit dans la transaction. Pas d’entretenir le réseau social.
  • Le confucianisme décrit le monde en terme d’avantage personnel et de profit comme motivation de chaque action.
  • p298
  • En Grèce, Milet est une des première ville a adopter les monnaies métallique, c’est aussi une des première ville a fournir des mercenaires.
  • Thalès de Milet, est un mathématicien, philosophe connu. Il fait partie de ces philosophes qui ont lancé un nouveau concept. => une substance polymorphe sous-tend toute chose en ce monde.
  • => le concept d’atome, apparu à cette époque est issu de ce genre de philosophie.
  • On peut faire un parallèle entre l’idée d’une substance polyforme qui sous tend tout…   et la monnaie métallique qui s’échange et prend toute les formes.
  • Auparavant, c’était le modèle de 4 ou 5 éléments, eau, air, terre, feu (métal) qui expliquait le monde
  • p.303. Résumé de l’âge axial.
  • => le marché est issu de l’Etat et les deux sont indisociable.
  • => le système fonctionne grâce au complexe: armée-pièce-esclave
  • => philosophie rationnelle => matérialiste => les forces matérielles au lieu de divines
  • => le sens est donc l’accumulation matérielle au lieu du lien social
  • En réaction à ce matérialisme, une morale éthique se développe
  • => un terreau se fait pour le développement de religions qui rassemblent ceux qui ne veulent pas évacuer le divin et qui ne sont pas adepte du matérialisme.

Les limites de la croissance

  • A un moment donné tous les empires ont fini par s’effondrer (ce serait intéressant de clarifier pourquoi ? manque de ressource dans les mines ? complexité mal gérée ? morcellement des terres, rivalité de succession ?)
  • Au moment de l’effondrement des empires. Les empereurs ont tenté de faire tenir leur empire sur une nouvelle base => les religions qu’ils avaient laisser vivre pour lesquelles ils n’avaient pas trop d’intérêt.
  • Ils ont tenté de transformer ces religions en religion d’Etat.
  • => Inde => Bouddhisme  (Ashoka)
  • => Rome => Christianisme (Constantin)
  • => Chine => Confucianisme (Han Wu Li)
  • Le résultat a été très variable:
  • => Inde: l’empire à disparu. => en 500 ans le bouddhisme a été évacué d’Inde !
  • => Rome: l’empire d’occident s’est effondré. L’empire d’orient a tenu encore mille an.
  • => Chine: l’empire s’est effondré… mais s’est reformé quasi immédiatement grâce à la morale confucianiste qui était une administration d’empire bien tenace.
  • Résultat, même si le but était une fusion, dans la pratique on observe une dualité. Une division des sphères
  • => la sphère morale dominée par la religion
  • => la vie publique et économique dominée par l’Etat
  • => la chine a quand même réussi plutôt bien sa fusion, même si la monnaie métallique s’est effondrée.
  • On entre dans le moyen âge.

Moyen âge

Chapitre 10. p.307

  • C’est la période du retour des monnaies de crédit. (même si les unités de mesures sont toujours les monnaies métallique romaine.) Dinar vient de Denarius
  • ~ 400 => Effondrement des empires (effondrement de l’empire romain occident 476)
  • Effondrement de la population.
  • Effondrement des villes.
  • => les campagnes vivent nettement mieux => Elles ne doivent plus nourrir les villes !
  • Des périodes de types « moyen âge » sont arrivées dans les 3 grandes parties du monde: Europe, Inde, Chine, Mais pour l’Europe cette période a été très tardive.
  • Le premier Moyen âge a eu lieu en Inde.

Moyen âge indien

  • L’empire et son complexe « armée-pièce-esclave » a commencer à manquer de pièces pour payer ses mercenaires.
  • => les mercenaires ont commencé à être payé en terre.
  • => l’empire s’est morcelé.
  • L’hindouisme a repris le dessus
  • La caste des Brahmanes à pris le dessus
  • Les Brahmanes ont renforcés le système de castes pour réorganiser la société. => « loi de Manou »
  • Chaque caste a des devoir (dette) envers les autres castes pour faire fonctionner la société
  • Les Brahmanes ont des dettes envers les dieux
  • Avec la fin de la monnaie métallique, c’est le retour des crédits.
  • => les taux d’intérêt sont très différents suivent les castes. => de 2% à 60%.
  • => tout est conçu pour que les personnes ne puissent pas changer de castes. => les taux d’intérêt ne sont que le reflet de cette volonté.
  • => les dettes s’héritent de génération en génération… mais sont effacées au bout de 3 générations.
  • le système des castes est tellement bien implanté qu’il devient naturel. => l’économie fonctionne grâce à ce système. Chacun a sa place. (ainsi, on ne se demande pas… « qui va faire les sales boulots »)
  • Globalement, il semble que, les gens, même de basse caste vivent pas trop mal. => ils n’ont plus à nourrir les villes. (comme les serf européens => Serf en latin = coloni)
  • => l’Inde est passée d’un pays qui abritait les plus grande villes du monde à un pays au centaine de milliers de villages.

Moyen âge chinois. P. 315-16

  • La bureaucratie du confucianisme tient la Chine, même si c’est une suite de révoltes partout.
  • => entre 613-615, on comptait 1.8 révolte par heure dans l’empire chinois !
  • Gouverner l’entier de la chine de manière centralisée est donc illusoire. => c’est de la gestion des révoltes qui se pratique. Des régulations pour tendre vers un objectif.
  • L’idéologie confucianiste est la base de la stabilité:
  • => patriarcat
  • => égalité des chances
  • => la promotion de l’agriculture
  • => impôts légers
  • => le contrôle des marchands par l’Etat
  • => la lutte contre les envahisseurs nomades
  • La recette gagnante de la stabilité est: un Etat pour les marchés, mais contre le capitalisme. (Pour l’échange juste, contre le profit)
  • L’omniprésence du Confucianisme en Chine est concurrencé par l’arrivée du Bouddhisme via les caravanes de marchands.
  • Les temple bouddhiste invente un nouveau type d’offrande divine. => La donation perpétuelle
  • => une personne fait don d’une richesse et le temple vit des intérêts de ce don (~15%). Sans jamais toucher au principal.
  • => c’est une invention capitaliste.
  • Ainsi les richesses se concentrent à nouveau dans les temples.
  • => ça dérange l’empire, qui lui utilise toujours des pièces de monnaies en bronze. => le pièces ont tendance à disparaitre dans les temples et se retrouvent souvent fondues et coulées en statues du Bouddha.
  • => l’empire chinois fait donc régulièrement des attaques et rase des temples bouddhistes pour réguler son marché.
  • En 806, le papier monnaie est inventé par les temples bouddhistes.
  • => C’est la fortune des temples qui est utilisée pour garantir ces « billets de banques ».
  • => On retrouve ainsi une monnaie non plus métallique, mais des types « reconnaissance de dette ».
  • => Ces papiers monnaie sont utiles pour les marchands (vu que les bouddhistes sont souvent des marchands)
  • => L’idée du papier monnaie sera reprise par l’Etat chinois.

Moyen âge occidental p.332

  • ici par « occidental » on parle plutôt de ce que l’on appelle plus couramment « le moyen orient ». => tout est relatif
  • L’Europe de ce début de moyen âge n’est pas très intéressante. => La partie innovante, c’est le monde musulman. => Islam.
  • Le monde musulman est l’aile marchande du monde occidental.
  • Le monde musulman fonctionne de façon quasi opposée au monde chinois:
  • => Les musulmans aiment le droit, les lois écrites. Ils ont des juristes (ouléma) => En Chine ce sont les lettrés cultivés (fonctionnaires confucianiste) qui font la justice. (elle n’est pas écrite, on fait appel à ces personnes pour juger en cas de besoin)
  • => L’Etat et la religion sont des autorités séparées (voir parfois opposées) dans l’Islam => en Chine c’est fusionné
  • Le morale musulmane interdit l’esclavage d’autres musulmans (et gens du livre… donc juifs et chrétiens)
  • => les soldats sont tous des esclaves (souvent turcs) (Mamelouk) => ceci pour éviter de tuer d’autres croyants !
  • Le commerce est bien vu dans l’Islam (contrairement à la situation dans l’Europe chrétienne)
  • => Le prophète Maomet était commerçant !
  • Le commerce est positif, mais l’intérêt est interdit.
  • => On utilise un système de commissions pour rémunérer les commerçants.
  • Les riches marchands mettent en banque leur fortune et achète tout à crédit à l’aide de reconnaissances de dettes tirables à la banque indiquée. => Sakk => d’où vient le mot « chèque ».
  • Le chèque (comme tous les contrats) est garanti par la réputation du marchand (honneur). (vu que l’Etat ne veut surtout pas intervenir dans le marché)
  • => L’Etat n’accepte pas les chèques pour payer les impôts.
  • p.342
  • Beaucoup de théories d’Adam Smith sont en fait des idées que des auteurs musulmans comme Tusi et Ghazali (1058-1111) avaient déjà publiées des siècles plus tôt !
  • La différence c’est que Smith voit le marché comme une extension de la concurrence entre les humains, alors que les musulmans voient le marché comme l’extension de la coopération entre humain.
  • => Les musulmans ne voient la monnaie que comme intermédiaire et outil de mesure. Mais jamais comme une fin en soi.
  • Au final, malgré des systèmes opposés, les musulmans et les chinois arrivent à la même solution de stabilité:
  • => pour l’encouragement du commerce, mais contre le profit. (Pour l’échange juste, contre le profit)
  • Dans le système chinois, c’est l’Etat qui garanti le marché. Dans le système musulman, c’est l’honneur du marchand qui garanti le marché.

Moyen âge dans la Chrétienté p.345

  • Le moyen âge en Europe, utilise comme monnaie les « monnaies imaginaires » carolingienne, le ecu, escudos…
  • Les rois réévaluent sans cesse leur monnaie
  • => les échanges principaux se font en crédit.
  • Le Deutéronome 23.20-21 interdit l’intérêt dans le commerce avec ses compatriotes (nokri) => l’intérêt ne peut se pratiquer qu’avec les étrangers. => par extension seulement les ennemis.
  • => Pour les chrétiens le commerçant est mal vu (au contraire du commerçant aventurier musulman comme sinbad qui est un héro)
  • La question de la définition de l’usure est sans fin. => L’usure = ce qui dépasse le montant prêté, ou alors toute forme de profit ?
  • Les écrits d’Aristote (politique 1258b) sont aussi très suivi:
  • => l’économie de marché => ok
  • => la finance => interdit !
  • => la monnaie doit servir de moyen d’échange. Elle ne doit pas se multiplier d’elle même. (l’intérêt)
  • En grec « intérêt » se dit « tokos » => multriplicateur
  • L’astuce qui a été trouvée pour rémunérer les commerçants, sans être usurier, c’est la pénalité pour manque à gagner.
  • => « lucrum cessans » => manque à gagner
  • => C’est la notion d’ « interesse » qui a donné le mot « intérêt »
  • => si une somme d’argent a été prêtée, elle ne peut plus être utilisée par son propriétaire. Donc il a un « manque à gagner ». Ainsi l’emprunteur paie des pénalités pour le manque à gagner. => n’est pas considérée comme de l’usure.
  • conclusion, on voit bien une grande différence de vision du monde entre musulman et chrétien à propos du marché:
  • => musulman => commerce = ok. => prolongement de l’entraide
  • => chrétien => commerce = usure, mauvais. => c’est le prolongement de la guerre, de l’arnaque, de la violence.
  • Conséquence le commerce a mis très longtemps à émerger en Europe.

XIème siècle en Europe, émergence du commerce

  • Pour développer le commerce, les marchands chrétiens ont utilisé cette « technique »:
  • => pour éviter les persécutions, pour s’affranchir, le commerce ne s’est développé que dans des villes/Etats dirigées par des commerçants.
  • => l’Etat + la justice => outil pour faire respecter les contrats
  • => l’armée + police => outil pour faire respecter les contrats par la force
  • On voit ainsi de nombreuses cité Etats se développer:
  • => Italie du nord => Venise, Gène, Milan
  • => Suisse => Zürich, Bern
  • => Allemagne
  • Avec ce système, les marchés sont souvent ouverts par la force.
  • Si l’on a besoin d’un nouveau marché, il faut conquérir un nouveau territoire.
  • => la piraterie, le commerce ou la croisade sont finalement très très proche.
  • => la méditerranée est devenue un terrain de guerre commerciale. => guerre au sens littéral
  • => Alors que l’océan indien dominé par les musulmans est un lieu pacifique, avec des commerçants qui s’entraident. (ceci jusqu’à l’arrivée de navires marchands européen qui ont pillés les ports)
  • L’ordre religieux des Templier était aussi un formidable réseau commercial et bancaire.
  • => ils ont importé en Europe le concept de lettre de change pour transporte de l’argent de manière souple et sûre d’un bout à l’autre de l’occident.
  • p371
  • Si l’économie de marché et les commerçants sont bien vu dans l’Islam, mais pas dans la chrétienté, comment se fait il que le capitalisme est né chez les chrétiens ?
  • => 2 facteurs fondamentaux:
  • => la notion de risque
  • => la notion de personne morale
  • Le risque:
  • => Dans le monde musulman, le profit est une récompense pour le risque pris. Les commerçants sont littéralement des aventuriers.
  • => le risque c’est de la divine providence.
  • => Vouloir s’assurer contre un risque. C’est impie !
  • => un profit garanti, ce n’est plus du commerce, c’est de l’usure ! (à l’opposé de l’idée de donation perpétuelle bouddhiste, qui cherche justement à garantir un profit !)
  • => le monde chrétien, lui a voulu s’assurer contre le risque. Il a créé la notion d’assurance. Une des base du capitalisme.
  • La personne morale:
  • Ce concept de « personne morale » a été créée dans le droit canon par le pape Innocent IV en 1250 => « persona ficta »
  • => la personne morale est immortelle. Elle n’a pas a supporter les vicissitudes de la vie des mortels.
  • => les monastères (surtout cisterciens), les universités, les églises, les municipalités et les corporations et compagnies sont devenus des personnes morales.
  • => corporation et compagnies étaient des « groupes » d’entraide. Elles vont maintenant avoir une personnalité juridique et pouvoir acquérir des biens et terrains pour elle même.
  • C’est ainsi que s’est développé ce que certains appellent « le capitalisme monastique » => des monastères (surtout cisterciens) qui s’entourent d’industrie. Des moulins, des forges, etc… (dans le même style que le temples bouddhistes)

Les empires capitalistes 1450 – 1971

Chapitre II

p. 374

  • retour aux monnaies métalliques
  • Vers 1450 est probablement la période de l’histoire où l’Europe était au top du bien être.
  • => le tiers à la moitié des jours de l’année étaient fériés. Il y avait de fêtes toute le temps.
  • => ça a dérangé les puritains et justifié une partie de la réforme.
  • la période de 1500 à 1650 a vu une inflation massive de 500% (chiffre anglais) qui a profondément modifié l’économie européenne. (les salaires ont baissés de 60%)
  • Une des premières hypothèses à cette inflation => à cause de la masse d’or et d’argent rapporté depuis les amériques => FAUX.
  • => cette hypothèse ne tient pas, car durant cette période, il y a eu une pénurie générale de pièce de monnaie métalliques. Il y a avait même des gens qui fondaient leur argenterie pour payer leur impôts !
  • La véritable raison est l’invention des bons d’Etats et l’abus de leur utilisation par les Etats. Nous verrons ceci plus loin en détail. Revenons à l’or…
  • => l’or n’est jamais resté en Europe => Il est parti dans les temples indiens.
  • => l’argent n’est jamais resté en Europe => Il est parti en Chine pour servir de monnaie.

Chine

  • En 1271, la Chine a été conquise par les Mongols. Ces derniers ont adoptés/conservé l’utilisation des papiers monnaies. (inventé en 806 dans les temples bouddhistes)
  • En 1368, la Chine vit la révolte qui crée la dynastie Ming.
  • Cette révolte était due à une incapacité de la dynastie précédente de gérer l’économie, ce qui a entrainé de l’inflation et des inondations suite à un manque d’entretient de digue.
  • => la nouvelle dynastie veut prône une communauté agraire autonome
  • => la nouvelle dynastie s’oppose au commerce (surtout extérieur)
  • => la nouvelle dynastie instaure l’impôt en nature
  • => la nouvelle dynastie met en place un système de quasi caste comme en Inde en ne reconnaissant que peu de métiers.
  • => le papier monnaie n’est plus reconnu pour payer les impôts.
  • => les gens développent une économie souterraine à base de pièce de monnaie métallique.
  • => c’est la ruée vers l’argent qui se crée. => des mines illégales se multiplient.
  • Devant l’ampleur du phénomène => le gouvernement Ming décide d’officialiser les mines.
  • => dès 1450 les impôts doivent obligatoirement se payer en pièce d’argent.
  • => le système économique chinois devient florissant. L’économie Ming de cette époque est reconnue comme une des plus prospère de l’histoire.
  • La forte croissance de l’économie pose un soucis => il n’y a plus assez d’argent pour fabriquer des pièces de monnaie. Il faut importer de l’argent.
  • => la Chine importe de l’or et surtout de l’argent depuis l’Europe, en échange de soie et d’épices.
  • => en 1530 les mines d’argent de Chine sont totalement épuisées.
  • => la Chine devient le moteur de la demande minière en Amérique.
  • Alors même qu’il y a une pénurie de monnaie métallique en Europe.
  • => les impôts en Europe se paient en pièce d’argent
  • => dans la vie courante les gens utilisent le crédit et les objets de taille.
  • Définition:
  • p 365
  • Symbole:
  • => sumbolon en grec
  • => fu hao en chinois
  • => les deux signifient « objet brisé en 2 pour créer un contrat »
  • => Les objet de taille sont des bois coupé en deux sur lesquels on a inscrit les terme d’un contrat (une dette)

Empires commerciaux européen versus vie locale.

  • Vers 1500 à 1511 les navires européens contournent l’afrique et s’en vont commercer (pirater) sur l’océan indien.
  • en 1571 la ville espagnole de Manille aux Philippines est créée comme comptoir pour commercer avec la chine. Ce qui permet à l’espagne de coloniser l’océan Pacifique.
  • => échange de Soie et de porcelaine contre de l’or et argent des amériques.
  • => les marchands espagnols deviennent très riches, mais ça ne profite surtout qu’à eux et peu à la population européenne.
  • En Europe:
  • => les Etats trafiquent la monnaie en inventant des outils de crédits qui créent des bulles spéculatives.
  • => la pratique des « enclosures » (tragédies des communs) se généralise. => la privatisation de pâturages communaux
  • => de plus en plus de paysan sont ruinés. (et le vagabondage est sévèrement interdit)
  • => ils sont alors engagés comme ouvrier dans l’industrie naissante
  • => ils sont alors envoyés dans les colonies.

Colonisation des Amériques

  • Le chef militaire Cortes était endetté. => pour se refaire, il lance une expédition (illégale) à la conquête du continent américain (depuis l’ile d’hispañola où il était)
  • => il utilise le principe de la dette pour motiver ses troupes. (600 soldats)
  • => il leur promet un partage des richesses de la conquête, mais leur facture (à crédit) les armures et arbalètes => nombreux sont donc les soldats qui se sont retrouvés endettés après l’opération. (le partage du butin n’ayant pas donné grand chose aux soldats.)
  • Les soldats endettés se sont empressés après la conquête des aztèques de gérer les régions indigènes avec des techniques de dettes et d’impôts, pour eux mêmes tenter de se désendetter.
  • Une des premières chose qui est faite après la conquête, c’est de mettre les indigènes dans les mines.
  • p. 387
  • Au finale Cortès rentre en Europe ruiné ! => Il va même voir le roi pour tenter d’effacer ses dettes.
  • => ça vaut la peine de massacrer 90% des habitants d’un continent et de les mettre en esclavage dans des mines tout en étant toujours endetté !
  • On retrouve la même logique dans les croisades. => lors de la 4ème croisades les chevaliers rentrer ruinés, même après avoir piller des villes sur leur chemin.

Réforme

  • p. 391
  • En 1520, Luther dit que les vrais chrétiens qui partagent tout sont rares:
  • => nous sommes sur terre et pas dans un monde idéal, donc il est possible de faire des entorses à l’idéal
  • => L’usure est interdite. Mais 4% à 5% d’intérêt, n’est pas considéré comme de l’usure vu que le monde n’est pas parfait.
  • => la preuve que le monde n’est pas parfait, c’est que dans les écritures, il y a des exceptions quand on parle d’usure. => On a pas le droit de faire de l’usure avec ses compatriotes, mais on a le droit avec les étrangers.
  • => sur la base de la notion d’ « interesse », les pénalités pour manque à gagner, le monde protestant relance le commerce en Europe.
  • => en 1650 tous les protestants ont intégrés ses valeurs marchandes.

Deuxième partie. P.396

Monde des crédits et de l’intérêt

  • L’Europe est divisée en 2.
  • Il y a 2 types de monnaie qui sont utilisées, mais pour des contextes différents:
  • => monnaie métallique pour l’état et les marchands
  • => monnaie dette/crédit pour tout les échanges quotidiens entre tous.
  • On a aussi 2 types de philosophies qui sous-tendent ces monnaies:
  • => la notion d’intérêt personnel quand on fait des transactions en monnaie métallique
  • => la notion d’entraide quand on se fait crédit entre personne d’une communauté
  • La notion d’intérêt personnel émerge gentiment dans une vision du monde ou l’entraide n’existe pas. => elle est théorisée par Guichardin (un ami de Machiavel) qui compare le monde où l’amour règne et en opposition c’est le monde de l’intérêt personnel.
  • => il était très étrange à l’époque de baser une théorie philosophique de la vie sur la notion de « pénalité pour retard de paiement dans un emprunt » !!
  • => les écrits de l’époque (celle de Hobbes et de son léviathan) commencent à mettre en avant le fait que le monde est mécanique et rationnel. Que la motivation n’est finalement que le profit, et donc la notion d’intérêt qui permet le profit. C’est là le glissement qui est fait.
  • => on retrouve les notions déjà présentes des siècles plus tôt en Chine. (prince Shang)
  • => Il y a un parallèle entre la physique et sa mécanique céleste implacable et des gens qui cherchent la mécanique dans la morale humaine. => L’intérêt personnel est une des théories.
  • Mais ce n’est pas la seule explication du glissement de la société d’entraide qui utilise le crédit vers une société de concurrence qui utilise la monnaie métallique.
  • p. 404
  • C’est surtout, (principalement en Angleterre), l’ingérence du pouvoir judiciaire très dur contre les endettés qui a transformé une société de solidarité par crédit mutuel en société morale métallique.
  • => Sous la reine Elisabeth, le châtiment pour vagabondage (chômage) en cas de 1er délit: être cloué par les oreilles au pilori. Pour les récidivistes: la mort !
  • Voici l’histoire de Margaret Sharples vers 1660 à Chelsea. => N’ayant pas assez de monnaie pour payer un tissu, elle a emporté ce tissu à crédit en mettant en gage un panier de provision. => Une pratique courante en terme de crédit mutuel. Entre temps, le propriétaire de la boutique a changé d’avis. Il a rendu le panier en gage et a décidé de poursuivre Margaret pour vol. => bilan, Margaret a été pendue !!!
  • Cette histoire semble quand même un peu exagérée. Il est fort probable qu’en fait, le vol n’était qu’un prétexte que le boutiquier a trouvé pour se débarrasser de cette personne pour d’autres raisons. (pourquoi éliminer une cliente ?)
  • => On imagine bien qu’ayant entendu cette histoire, plus d’un se retient de faire du crédit mutuel et préfère payer comptant en monnaie sonnante et trébuchante. (le trébuchet est une balance utiliser pour vérifier le poids de la pièce de monnaie)
  • Historiquement, à cette époque le recours à la justice de l’Etat était très très rare. Puis, même moins de 1% des affaires portées en justice allaient jusqu’au jugement. => C’était souvent juste un moyen de consigner par écrit un fait. (la population étant largement illettrée)
  • La morale voulait aussi que l’on règle ses affaires entre voisins.
  • (Je pense que les gens avaient aussi peur que le système judiciaire se retourne contre eux si il lançaient un procès, et au vue des peines et de l’état des prisons de l’époque c’était un sérieux risque)
  • On voit que la crainte du système judiciaire dur peut suffire à inciter à ne plus utiliser le crédit et casser la communauté.
  • p. 408
  • Adam Smith a continué de créer une nouvelle réalité en décrivant des fables. Notamment celle que les commerçants n’agissent que par « intérêt personnel » => c’est actuellement une idée couramment acceptée. Mais à l’époque le crédit mutuel était majoritaire et l’on voyait plutôt le commerçant comme un maillon de l’entraide communautaire.
  • Pour rappel, Adam Smith tentait de justifier l’économie comme une discipline à part séparée des autres discipline. Ce qui évidemment ne va pas en faveur d’une vision de l’économie qui est intégrée dans l’entraide d’une communauté.

Troisième partie

Monnaie de crédit impersonnelle

  • Nous allons voir comment le crédit s’installe même sans avoir besoin d’un système d’entraide communautaire.
  • => du crédit mutuel au crédit impersonnel en passant par la monnaie métallique.
  • Le contexte européen est très défavorable aux prêteurs. L’usure est interdite.
  • => un prêteur ne doit pas prêter plus qu’il n’a.
  • => En 1360, le banquier Francesch Castello a été décapité devant se banque pour avoir prêté plus qu’il n’a.
  • Ce n’est que dans les cités Etats commerciales que la morale est plus tolérante et que des nouveaux outils financier apparaissent:
  • A Venise au XIIème siècle: invention des bons municipaux pour financer la guerre:
  • => C’est un emprunt obligatoire en avance de l’Etat sur ses citoyens (comme un impôt en avance) qui est rémunéré à 5%.
  • => le citoyens ont donc des titres qui valent 5% de plus que ce qu’on leur emprunté.
  • => Mais ces bons municipaux n’ont aucune échéance. => ainsi personne ne sait si ils seront vraiment remboursés
  • => Tout un marché des bons municipaux se met en place. Les spéculateurs les achètes ou les vendes au grés des victoires et revers militaires de l’Etat vénitiens.
  • En 1570, les bons d’Etat se sont disséminés un peu partout.
  • => On retrouve à Medina del Campo en Espagne une bourse aux bons d’Etat. => Nous avons là une monnaie.
  • p. 413
  • => C’est là, la véritable raison de l’inflation massive en Europe entre 1500 et 1650. => Les Etats ont abusé des bons d’Etats.
  • 1694: Création de la banque d’Angleterre => la 1ère banque centrale.
  • => un groupe de 40 marchands prête 1.2 millions de livres au Roi (pour financer la guerre contre la France)
  • => ils titrisent cette dette en petite coupure => des billets de banque (au début nominatif puis au porteur)
  • => c’est la dette du roi, et donc à lui de payer en dernier recours (ce qui garanti le « crédit », la « croyance » dans le fait que cette dette sera remboursée, vu qu’un roi est riche et/ou peut lever des impôts)
  • => c’est au roi de rembourser cette dette, mais les banquiers se sont engagés à donner la compensation en pièce d’or que le papier monnaie représente. (Ceci en échange du monopole d’émission de billet de banque)
  • => la banque d’Angleterre est devenue une chambre de compensation utile entre petite banque. (on préfigure déjà la notion de banque centrale)
  • p. 414.
  • Le discours de l’époque sur les monnaies était divers. Les années 1960 en Angleterre ont été des années peu stable en terme monétaire.
  • John Locke (le contractualiste libéral) était un des conseillers de Isaac Newton (connu pour sa découverte de la gravitation), mais qui était aussi à cette époque le directeur de la monnaie.
  • Locke ne croyait pas à la « Foi » en l’Etat. => il pensait que c’est l’or (ou d’autre métaux) qui par nature contient la valeur. => la monnaie ne doit pas être altérée.
  • => Locke était un scientifique rationaliste, matérialiste => Il ne voulait pas introduire la notion de foi ou croyance dans la monnaie.
  • => le sceau du roi sur la face des pièces doit garanti le fait que les pièces sont purs et d’un poids juste. (et pas montrer qui paye la dette en dernier recours)
  • => c’est à l’opposé de nombreuses monnaies métalliques de l’antiquité qui avaient plus de valeur que la valeur du métal dont elle étaient conçue. C’était uniquement à l’étranger, où l’autorité sur la face n’était pas reconnue qu’on échangeait les pièces à leur valeur métallique.
  • => c’est surtout l’opposé de la vision du papier monnaie (reconnaissance de dette, donc foi en l’Etat qui paie)
  • => le crénelage que l’on voit sur la tranche des pièces de monnaie est une invention faite dans le but d’empêcher le rognage des pièces.
  • => en effet, le rognage des pièces était courant avec une théorie qui voulait que la pièce ait la valeur du métal. => personne n’aurait l’idée de détruire une pièce qui vaut plus si elle est entière que si elle est fractionnée.
  • En 1717, la grande Bretagne et l’Empire Britannique ont adopté l’Etalon or. => L’or est la monnaie. => Cette vision du monde persiste encore de nos jours, même si depuis la fin des accords de Bretton Woods ce n’est plus la réalité du système monétaire.
  • En 1720, l’éclatement de la bulle spéculative de la compagnie des mers du sud. => C’est une époque de grande spéculation sur les richesses que cette compagnie allait pouvoir faire. Les dirigeants de cette compagnie pour faire grimper leur financement ont grossi les gains possibles. Il se sont fait prendre pour manipulation et l’action s’est effondrée.
  • En 1721, la banque centrale française créée par John Law fait faillite. => Le principe est le même que la banque d’Angleterre, juste un circulation de monnaie papier convertible en or. La création monétaire était basée sur les richesses rapportée des colonies, surtout de la Louisianne. Law a ensuite agit comme en angleterre en faisant miroiter des richesse beaucoup plus grandes en provenance des colonies. => Les ennemi de Law (le prince Conti et le duc de Bourbon) ont soutenu la spéculation dans le but de créer une bulle. Ce qui n’a pas manqué. Les investisseurs ayant vu le cours de l’action atteindre des sommets ont voulu réaliser leur gain (40 fois) ils viennent chercher leur or. Ce qui provoque la fin de la banque, car les gains des colonies ne sont pas encore fait. (et peut être sur évalué)
  • Le papier monnaie n’a donc plus la confiance à cette époque.
  • Il est intéressant de noter que les souverains européens ont engagés des alchimistes pour tenter de créer de l’or. (Isaac Newton était un alchimiste), mais ne voyant que peu de résultat ils ont réalisé la multiplication de l’or grâce au papier monnaie !

Quatrième partie

Qu’est-ce que le capitalisme ?

  • p. 420
  • « capitalisme » mot apparu dans le vocabulaire des socialistes pour définir => un système où celui qui a le capital dirige.
  • Les outils financiers du capitalisme sont apparu bien avant la science économique et les ateliers et usine. (~1700)
  • le commerce guerrier et une particularité européenne.
  • Le financement par action
  • => apparu pour financer des sociétés coloniales => la compagnie des Indes orientales et occidentales.
  • => la dette = financement de guerre
  • Les 3 types de commerces les plus courants de ces compagnies sont:
  • => les armes
  • => les esclaves
  • => les drogues (café, thé, sucre, tabac, opium….)
  • Il y a toujours un lien entre le capitalisme et l’esclavage. => le travailleur libre est une fable, ça n’a jamais fait tourner un système capitaliste.
  • En Europe, le salariat puise ses racines dans le système médiéval d’Europe du nord qui voulait que toute personne a un rôle, d’apprenti, page, servante dans la période de sa vie allant de ~12-14 ans jusqu’à 28-30 ans.
  • Une fois les ressources accumulées il est possible de créer son propre foyer.
  • => le mot « prolétariat » vient d’un mot qui signifie « ceux qui ont des enfants » => montre bien que c’est après ce cycle d’apprenti salarié
  • Le salariat c’est ne jamais sortir de cette période de page-apprenti-servante => prolongation de l’adolescence
  • Le salariat est accepté par les masse car il crée une illusion de liberté convaincante => le salariat permet l’illusion de sortit des griffes de la dette
  • => la fable s’approche de la réalité.

Cinquième partie

Apocalypse

  • p. 436
  • Le progrès = ? amélioration progressive de la civilisation.
  • => on suppose que le futur sera toujours meilleur.
  • Quand on contracte une dette => on suppose que le futur sera meilleur et permettra de rembourser
  • => quand c’est une dette nationale => le futur doit vraiment reposer sur un futur incroyablement mieux.
  • Le paradoxe, c’est que l’histoire montre que dès que le capitalisme semble être LE système, qu’il aura un développement immortel….. => paf… une crise arrive.
  • => le capitalisme a besoin de se convaincre qu’il n’est pas durable pour durer….
  • Ainsi les risques sociaux, le communisme rival, la guerre, les limites écologique sont toujours des bons stimulateur du capitalisme.
  • => une explication est que le capitalisme fonctionne sur le profit à court terme. Si une vision long terme est possible, la machine s’emballe…

Chapitre 12: Début d’une ère encore indéterminée

  • p.440
  • 15 août 1971: Nixon annonce la fin de la convertibilité du dollar en or.
  • => c’est la fin de l’Etalon or.
  • => le but était certainement de payer la guerre du vietnam.
  • Toujours le même principe
  • => la dette d’Etat sert à financer la guerre

Fonctionnement du système monétaire US

  • p. 445
  • + note 9 p. 619
  • Explication du fonctionnement de la création monétaire par la FED
  • => une banque privée qui a le monopole de la titritisation de la dette US en billet de banque.
  • => le président de la FED est nommé par le président US et avalisé par le congrès. C’est le seul lien du contrôle public sur la monnaie => ce qui est contraire à la constitution US 1,8,5 qui dit que battre monnaie est une compétence du congrès. (et définir sa valeur)
  • Le principe:
  • Le trésor US émet des bons (une promesse de remboursement)
  • Les bons du trésor sont mis sur le marché
  • La FED achètes des bons et les monétises en billet de banque
  • La FED fourni de la monnaie centrale qui sert de base aux crédits des autres banques. (réserves fractionnaires)
  • Le découplage de l’or est un avantage pour les USA
  • => le $ devient la réserve ultime de valeur
  • Au moment du changement, de nombreuses banque centrale se sont retrouvée avec des $ non convertible en or => que faire avec ?
  • => acheter des bons du trésor US
  • => acheter des actions dans les sociétés US côtées en bourse.
  • La vraie cohésion du système monétaire actuel => c’est la force militaire US qui est capable d’agir partout. (800 bases militaires dans le monde)
  • => il semble ces dernières années que le sud de la chine (région de hong-kong) est probablement la première depuis longtemps que l’armée US n’est pas certaine de pouvoir pénétrer. (La force de frappe US, c’est surtout son aviation. Le système de défense anti-aérien de la région est au top)
  • « Etrangement » les 5 pays qui détiennent le plus de bons du trésor US sont en général les pays « occupé » militairement. (ceux qui ont des bases militaires de longues date… ou sont des protectorats comme la Corée)
  • => note 12. p.619 => pression diplomatique
  • l’OPEP négocie son pétrole en dollars $ => la monnaie de base du monde est donc plutôt le pétrodollar
  • « Etrangement » tous les pays qui ont voulu négocier leur pétrole dans d’autres monnaie ont eu des soucis militaires avec les USA…
  • => en 2001 Saddam Hussein a tenté de négocier en € (tout comme l’Iran)
  • capitalisme = alliance de la guerre et de la finance.
  • Etrangement, le cycle « monnaie dette » – « monnaie métallique » qui fait osciller entre paix et guerre ne fonctionne plus.
  • => le retour à la dette ne libère pas de l’impérialisme. => On a un impérialisme de la dette.
  • L’impérialisme de la dette s’effrite. => le FMI qui a agit comme outil de promotion de la dette est balloté. L’argentine s’en est défait.
  • En 2008 crise financière
  • => achat massif de bons du trésor US pour sauver les meubles (~1300 milliards)
  • => La Chine, principal créancier US … dit publiquement qu’elle n’aime pas. Qu’il faut que les USA arrête de créer de la monnaie à partir de rien !
  • p. 453
  • Pourquoi la Chine qui est le principal rival des USA achète de la dette US ?
  • => Elle poursuit une vieille politique de toujours….
  • => …. pour être reconnu empereur de tous , il faut donner des cadeau aux Etats voisins
  • => Est-ce que la Chine fait ainsi un cadeau aux USA ?
  • Luther King dans son célèbre discours: j’ai fait un rêve => Il di que l’Etat est le garant de la liberté
  • Ere Keynesianiste:
  • => contrat social entre le travailleur à qui on augmente le salaire en échange de l’augmentation de productivité
  • => Cette logique a fonctionné jusqu’en 1980…. après plus.
  • Keynes voulait supprimer les rentiers. => voulais supprimer les dettes (comme Ricardo et Adam Smith)
  • Depuis 1980 changement de politique. => Reagan et Thatcher => la dérégulation.
  • => fin du rêve
  • Au lieu de travailler => devient aussi rentier (donc l’opposé des visions anti-dettes)
  • => les revendications sont: accès à tous à la rente, à la bourse, au crédit, aux cartes de crédits.. à l’hypothèque… => donc l’Etat fait la promotion de la propriété de maisons.
  • Dans notre civilisation, l’honneur a passablement disparu
  • => il ne reste que la religion comme cadre moral.
  • Chez les évangélique on trouve une justification théologique de la création monétaire infinie (qu’on ne pourra jamais rembourser)
  • => Dieu a créé à partir de rien. C’est la grâce qui nous permet de faire pareil. (George Gilder )
  • => C’est opposé à la vision issue des grecs antique, de l’Ubris, la démesure qui est le pire des « pêché » => personne n’a le droit de se prendre pour Dieu.
  • p.468
  • Le système actuel est paradoxal.
  • => la pensée TINA domine le monde politique. On l’impression que le capitalisme est un mal obligatoire.
  • => Alors que le capitalisme a besoin de voir sa fin proche pour prospérer…
  • Quand une crise arrive… alors que ce serait le moment de changer de système => on ne change pas grand chose..
  • On ne sait pas trop ce que nous réserve l’avenir.
  • => selon les cycles on retombe actuellement dans une phase comme à la fin de l’âge axial et au début du moyen âge !

Mes observations

  • Depuis l’écriture de ce livre, il y a encore le phénomène bitcoin qui s’est développé.
  • => C’est une monnaie du genre métallique, même si elle est sur un support électronique.
  • => On fait même du « mining » pour la création monétaire. Donc une référence directe à la mine.
  • On voit également beaucoup l’émergence de nombreuses monnaie complémentaires citoyennes.
  • => très souvent c’est sur la base du papier qui représente un avoir en monnaie ayant cours légal
  • Personnellement, je suis pour le crédit mutuel amélioré avec un zoom arrière régulier. => donc un crédit,mais sans la dette prédatrice.

Voici une vidéo de Kalee vision qui décrit la première partie de ce livre:

Relations entre la confédération suisse et la banque nationale suisse

Avec la crise de la dette, le débat sur l’interdiction faite à un Etat d’emprunter à sa banque nationale est à nouveau d’actualité.

En France, c’est la loi du 3 janvier 1973 qui a introduit cette interdiction. Cette loi a été abrogée en 1993 suite à l’introduction du traité de Maastricht.

Le principe de l’article 25 de cette loi a été repris dans l’article 104 du traité de Maastricht ainsi que dans l’article 123 du traité de Lisbonne.

Cette interdiction d’emprunter s’est donc étendue à l’union européenne entière.

Qu’en est-il en suisse ?

BNS Banque Nationale Suisse- Schweizerische Nationalbank.JPG

En suisse, nous avons l’article 11, alinéa 2 de la loi fédérale sur la banque nationale suisse qui nous dit:

La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée.

La raison de ce texte obscure est indiquée de manière plus claire au chapitre 8, (p 23) de la brochure, « La Banque nationale suisse en bref ».

On nous dit:

L’indépendance financière englobe l’autonomie budgétaire, qui découle de la forme juridique sous laquelle la BNS a été constituée, et l’interdiction d’accorder des crédits à la Confédération (art. 11 LBN), ce qui empêche l’Etat de «faire tourner la planche à billets».

Voici ce que la BNS a le droit de faire comme services bancaires.

Voilà donc l’idée de base, c’est d’éviter que des politiciens jouent avec le monnaie d’un pays. En empêchant d’obtenir des prêts sans intérêts. Le risque étant de créer trop de monnaie et de voir le spectre de l’inflation arriver !!

Cependant, cette idée louable entraine un autre problème.

En interdisant un état de pouvoir créer sa propre monnaie (oui, le prêt est une création de monnaie dans le système à argent dette qui est le notre), on est obligé de passer par des banques commerciales.

Donc finalement, ce sont les banques commerciales qui vont créer la plupart de l’argent. Mais pas sans contre partie…. avec des intérêts !

Ainsi, il faudra rembourser la sommes empruntée, mais également les intérêts (ce qui peut représenter plusieurs fois la somme de base sur le long terme).

Comme la sommes des intérêts n’a jamais été créée. La dette va s’accumuler, et il ne sera pas possible de la rembourser !

Voici un petit extrait d’une conférence de Patrick Vivert, ancien membre de la cour des comptes française qui explique ce système pernicieux:

La véritable origine de la dette publique, c’est le fait de créer de la monnaie avec des intérêts auprès de banques commerciales et que les états doivent s’endetter auprès de ces banques commerciales. Ce fait a mis la part des intérêts composés comme étant la part majeure de la dette publique. Si je prends l’exemple français que je connais le mieux. Sur les 1500 Milliards de dette publique de la France, il y en a 1350 Milliards qui sont du a des intérêts composés.

Si par hypothèse on avait pas changé de mode de création monétaire, si on continuait a y avoir de la création monétaire publique sans intérêts, la dette française serait aujourd’hui de 150 Milliards et non pas de 1500 Milliards d’euro, ce qui change tout !

On avance dans les recherches..

Grâce à quelques contributeurs dans les commentaires de cet article, on avance dans les recherches du pourquoi de ce sytème monétaire si bizarre…

Déjà on en sait plus sur le contexte:

Le dictionnaire historique de la suisse est une bonne source.. on y apprend déjà le contexte.. au point 3 il est dit:
« Jusqu’à l’effondrement du système de Bretton Woods au début des années 1970, la BNS n’était guère en mesure d’exercer une influence sur le marché de l’or et sur le marché des changes. L’arrivée de capitaux étrangers en Suisse alimentait une forte croissance, à caractère inflationniste, de la Masse monétaire. Après le passage des taux de change fixes aux taux de change flottants en 1973, la BNS retrouva momentanément une influence dans le secteur de la politique monétaire. »

Donc comme partout.. c’est face à la peur de l’inflation que l’on a interdit aux politiciens de faire tourner la planche à billets…
Mais actuellement le remède est plus dévastateur que le mal…

Mais qui a écrit les articles de loi sur la BNS ?

Mehdinefrance a posé la quetion à la BNS directement.. voici la réponse:

Cher Monsieur

Nous vous remercions de votre intérêt pour la Banque nationale suisse.

Vous m’avez posé ce matin une question pour savoir qui est l’auteur (personnellement) de l’alinéa 2 de l’article 11 de la loi actuelle sur la Banque nationale suisse. Cette question n’est pas facile à répondre parce que la loi sur la BNS était élaboré dans l’Administration Fédérale sous les auspices un groupe d’Expert. C’est donc un œuvre d’un collectif :

Avant d’entrer en matière il est important de rappeler l’histoire :

L’article mentionné fait partie de la loi Fédérale sur la Banque nationale suisse du 3 octobre 2003 (entrée en vigueur le 1er mai 2004, version actuelle du 1er mars 2012).

Dans les années 1995 à 2004 la Suisse a complètement renouvelé son droit monétaire. Sur la base de la
Constitution Fédérale (totalement revisée) de 1999 (article 99 : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer… la loi sur la Banque nationale fut totalement récrite. L’alinéa mentionnée n’apparaissait pas encore dans les versions prédécesseurs de cette loi (voir la loi du 23 décembre 1953 :
http://www.admin.ch/opc/fr/cla….

Art.11, al. 2 est donc une innovation de 2004 et n’a rien à faire avec les idées pour une banque centrale à l’époque de la fondation de la Banque nationale suisse en 1905/1907.

Un exposé de l’histoire de la loi actuelle se trouve dans le chapitre 9 de l’ouvrage commémoratif écrit à l’occasion du centenaire de la BNS en 2007 (voir plus bas).

Quel est le sens de l’article 11, al. 2 : « La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. » ?

Cette alinéa veut assurer l’indépendance financière de la BNS envers l’état : c’est l’interdiction explicite de financer l’état.

Les explications à cette alinéa se trouvent dans le message du Conseil Fédéral concernant la révision de la loi sur la BNS de 2002 et, un aperçu, dans l’ouvrage commémoratif de 2007 déjà mentionné :

« Le groupe d’experts** mit en évidence – conformément à la doctrine* – quatre aspects de l’indépendance d’une banque centrale: son indépendance fonctionnelle, son indépendance institutionnelle, son indépendance
financière et l’indépendance des membres de son organe de direction. » (BNS 1907-2007, p.546)

* Quant à la « doctrine » on cite l’essaye de A. Alesina et L. Summers dans le « Journal for Money, Credit and Banking » vol. 25(2) 2003, p.151-162 : « Central Bank Independence and Macroeconomic Performance: Some Comparative Evidence ». La constitution de la Banque Centrale Européenne a aussi joué un certain rôle.

** Avec le « Groupe d’experts » la citation désigne le Groupe d’Experts « Réforme du Régime Monétaire » (Suisse) qui a été installé par le chef du Département Fédéral des Finances (Suisse) Kaspar Villiger avec la tâche de préparer les messages au parlement pour une révision des articles concernant le régime monétaire dans la constitution et les révisions des lois sur la monnaie et le moyens de paiement et sur la Banque nationale suisse. Le loi sur la BNS a été formulé par l’Administration Fédérale.

Les membres de cet groupe étaient :

  • Ulrich Gygi (président, directeur de l’Administration des Finances),
  • Peter Klauser (co-président, directeur à la Banque nationale suisse),
  • professeur Ernst Baltensperger (université de Berne),
  • G.A. Colombo (délégué de l’Administration des Finances),
  • professeur M. Giovanoli (conseiller juridique de la BRI et professeur extraordinaire à l’Université de Lausanne),
  • prof. Ulrich Kohli (Université de Genève),
  • P. Merz (directeur à la BNS),
  • – U. Plavec (chef de section à l’Administration Fédérale des Finances)
  • – et Georg Rich (directeur à la BNS).

L’article 11, al. 2 restait incontesté lors de la vote au parlement en 2003.

Pour en savoir plus voir mes sources :
– Message concernant la révision de la loi sur la Banque nationale : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer…

– Ouvrage commémoratif : « Banque nationale suisse 1907 – 2007 » : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer… ou bien : http://www.snb.ch/fr/iabout/sn…

– « La Vie économique » 03/2003 « La révision de la loi sur la Banque nationale :
http://www.seco.admin.ch./dokumentation/publikation/00007/00021/01583/index.html?lang=fr

J’espère que votre question soit répondu avec mes explications.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.
____

Christian Inäbnit
Coordination de la recherche et éducation économique
Bibliothèque

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kaspar villiger ubs.jpgConclusions

Cet article a été rédigé par un groupe d’expert nommé par le chef du département des finances de l’époque Kaspar Villiger..

Celui-ci, après sa carrière au conseil fédéral est devenu en 2009, le président du conseil d’administration de la plus grande banque du pays.. l’UBS.

Même en étant pas conspirationiste, il est difficile de nier les liens de collusion entre les gens à la tête des gouvernements et des grandes banques…

Les experts ont introduit la doctrine de l’époque dans le droit suisse. (avec pas mal d’années de retard sur nos voisins comme souvent !)

Ce que l’on peut retenir de la doctrine, c’est une peur viscérale de l’inflation !

… une réflexion personnelle, qui a le plus peur de l’inflation ? …. les riches forcément… si ma fortune fond je ne suis forcément pas content.. mais l’échelle n’est pas la même si j’ai juste de quoi vivre et que je dépense tout mon argent… ou si je capitalise des millions… (voir milliards)

En terme de dette publique, l’inflation serait profitable… la dette aussi fond ! 🙂

La suisse est-elle en train d’adopter discrètement l’euro comme monnaie ?

C’est la question que l’on peut se poser. Sachant que depuis 2008 le CHF est arrimé artificiellement à l’euro.

Quand on observe les étapes du processus de mise en place de l’euro qui a été présenté par Jacques Delors en 1989, on peut effecitvement voir que la BNS suit exactement les mêmes étapes…

Pour en savoir plus sur le sujet, voir un article écrit par Liliane Held-Khawam…

Que peut faire l’état pour empêcher l’emprise des banques sur la monnaie ?

En 2012, un groupe de parlementaires à demandé au conseil fédéral à en savoir un peu plus la création monétaire en suisse. La réponse est très claire.

Elle reprend la LUMMP Loi helvétique sur l’unité monétaire et les moyens de paiement

cf. http://www.admin.ch/ch/f/as/2000/1144.pdf

Cette loi défini les moyens de payement légaux reconnue par la confédération suisse:

Art. 2 Moyens de paiement ayant cours légal

Les moyens de paiement légaux sont:

  • a. les espèces métalliques émises par la Confédération;
  • b. les billets de banque émis par la Banque nationale suisse;
  • c. les avoirs à vue en francs auprès de la Banque nationale suisse.

On remarque que dans cette liste n’apparait pas la majorité de la masse monétaire utilisée en suisse !!!

En effet, la majorité de cette masse monétaire est de l’argent dette issu de monnaie scripturale créer de toute pièce par les banques commerciales. Voici l’explication de la bouche même du conseil fédéral, extrait choisi:

Contrairement aux moyens de paiement légaux, nul n’est tenu d’accepter la monnaie scripturale des banques, … »

« L’argent au sens du droit constitutionnel ne comprend pas la monnaie scripturale des banques qui, contrairement aux avoirs à vue auprès de la BNS, connaît un risque d’insolvabilité. »

Mais que fait l’état contre cette prolifération de fausse monnaie !!!!
=> rien, ce n’est pas anticonstitutionnel !

« La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution. « 

Il y a juste des gardes fous qui sont mis en place, mais toute personne qui le désire peut inventer son propre argent et inciter les autres à l’utiliser. Tant qu’il joue les règles du jeu en vigueur dans le droit suisse. A savoir:

« La Confédération a toutefois la possibilité, dans le cadre de sa compétence législative, d’intervenir contre les développements qui échappent au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS, ou qui sont susceptibles de miner d’une autre manière la confiance placée dans le numéraire émis par l’Etat. Le législateur a limité les possibilités des banques de créer de la monnaie scripturale, par le biais de dispositions légales régissant les réserves minimales, ainsi que par les prescriptions relatives aux fonds propres et aux liquidités inscrites dans la loi sur les banques. »

De ceci, je déduis, que j’ai le droit de créer une monnaie citoyenne qui ne passe pas par une création qui utilise l’argent dette.

Mais il semble que si je ne veux pas avoir de soucis avec le bras armé legislatif de la confédération, il faut que je n’échappe pas au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS ? .. à creuser.. Il me semble que la création d’argent dette est hors de contrôle de la BNS ! Donc ça doit pas être bien grâve !

Mais si je garanti ma monnaie sur le franc suisse en billet ou en monnaie métalique.. La BNS a un contrôle sur ma création monétaire => donc c’est autorisé !

Est-ce que ma monnaie va risquer la confiance dans le franc suisse ? => si je fais comme toute les banques et que je joue le mimétisme.. non.. j’appelle ma monnaie le franc suisse… Il est très difficile de faire la différence entre le franc suisse en billet et le franc suisse sur un compte en banque… mais une est une monnaie publique et l’autre une monnaie privée !

Si je respecte les prescriptions de la loi sur les banques, que j’ai les fonds propres suffisants.. les liquidités suffisantes et les réserves suffisantes… je peux ouvrir ma banque !

C’est la liberté d’entreprise qui est garantie en suisse !

Mais quand l’état accepte la fausse monnaie…. ça pose des soucis… tout doit majoritairement passer par les banques privées et avec intérêt… vu que les particuliers n’ont pas le droit d’avoir de compte à vue à la BNS.. et que l’Etat n’a pas le droit d’emprunter de l’argent à la BNS… On retombe sur notre problème décrit ci-dessus.

Seule les banques commerciales ont le droit d’avoir une compte à la BNS…  On pourrait aussi agir là dessus.

Il y a une association « Modernisation monétaire » qui oeuvre dans ce sens en voulant créer un pouvoir monétatif, tout comme l’Etat a un pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.

Voici le détail de cette interpellation de parlementaire à propos du système monétaire suisse.

12.3305 – Interpellation

Création de monnaie en Suisse (1)

Déposé par
Date de dépôt
16.03.2012
Déposé au
Conseil national
Etat des délibérations
Non encore traité au conseil

Texte déposé

Face à la crise de l’euro et de la dette, je prie le Conseil fédéral de prendre position sur la question de la création de monnaie en Suisse. Selon la théorie économique qui prévaut, la plus grande part de la masse monétaire M1 est créée par l’accroissement de la somme des bilans des banques commerciales et non par la Banque nationale suisse (BNS), ce que confirme d’ailleurs le lexique de cette dernière: « Les banques créent de la monnaie en accordant des crédits; cf. lexique de la BNS ».
Partant de ce constat, je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes:
1. Aux termes de l’article 2 de la loi fédérale sur l’unité monétaire et les moyens de paiement (LUMMP), seuls sont considérés comme moyens de paiement, les espèces métalliques, les billets de banque et les avoirs à vue auprès de la BNS. Sur quelle base légale se fonde la pratique générale (suivie également par les autorités) de considérer les avoirs à vue auprès des banques comme des moyens de paiement légaux, alors qu’ils ne constituent qu’une créance sur ceux-ci, qui sera honorée ou non par les banques selon leur solvabilité?
2. La création de monnaie scripturale des banques commerciales est-elle conforme au droit régalien de la Confédération, selon l’article 99 de la Constitution, qui dispose que « la monnaie relève de la compétence de la Confédération »?
3. Comme le Conseil fédéral l’a relevé dans son message du 26 mai 1999 concernant la LUMMP, « Les avoirs à vue auprès d’une grande banque, d’une banque cantonale ou régionale, ou encore d’une organisation de cartes de crédit, ne sont effectivement pas la même chose que ceux déposés à la BNS, qui est le seul établissement du pays … à pouvoir créer de l’argent à son gré ». L’Etat ne peut donc déclarer la monnaie scripturale des banques comme moyen de paiement légal (99.051). Or vu qu’elle est considérée dans les faits comme telle, le Conseil fédéral ne pense-t-il pas qu’il serait nécessaire de préciser cette distinction dans la loi parce que la majorité de la population continue de penser que la mise en circulation de moyens de paiement libellés en francs est exclusivement du ressort de la BNS et par conséquent garantie?
4. Comment le Conseil fédéral légitime-t-il ce droit des banques commerciales de créer de la monnaie, sans qu’elle soit entièrement garantie par un capital, en accordant des crédits, qui augmentent la somme de leur bilan, alors que les particuliers ne peuvent consentir des prêts que s’ils disposent de l’argent?

Réponse du Conseil fédéral du 25.04.2012

1. Les moyens de paiement légaux et ceux considérés dans les faits comme tels sont loin d’être sur pied d’égalité. Les moyens de paiement ayant cours légal font l’objet d’une énumération exhaustive à l’article 2 de la loi fédérale sur l’unité monétaire et les moyens de paiement (LUMMP). Etant donné les différences de solvabilité des établissements gérant des comptes, les avoirs à vue auprès des banques ne jouissent pas des caractéristiques des dépôts auprès de la banque centrale: la standardisation et la fongibilité.
Contrairement aux moyens de paiement légaux, nul n’est tenu d’accepter la monnaie scripturale des banques, à moins qu’un tel moyen de paiement ait été convenu par contrat, ou que les circonstances (l’usage) ou une disposition légale particulière l’exigent.
2. La fixation de l’unité monétaire et la désignation des moyens de paiement ayant cours légal font partie des compétences conférées par le monopole de la Confédération en matière d’émission du numéraire (art. 99 al. 1 de la Constitution). L’article 2 LUMMP précise que les moyens de paiement légaux sont les espèces métalliques, les billets de banque et les avoirs à vue auprès de la Banque nationale suisse (BNS). L’argent au sens du droit constitutionnel ne comprend pas la monnaie scripturale des banques qui, contrairement aux avoirs à vue auprès de la BNS, connaît un risque d’insolvabilité. La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution. La Confédération a toutefois la possibilité, dans le cadre de sa compétence législative, d’intervenir contre les développements qui échappent au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS, ou qui sont susceptibles de miner d’une autre manière la confiance placée dans le numéraire émis par l’Etat. Le législateur a limité les possibilités des banques de créer de la monnaie scripturale, par le biais de dispositions légales régissant les réserves minimales, ainsi que par les prescriptions relatives aux fonds propres et aux liquidités inscrites dans la loi sur les banques.
3. Voir les chiffres 1 et 2. L’article 2 LUMMP indique clairement quels sont les moyens de paiement légaux. Comme l’ont montré les débats sur la garantie des dépôts menés dans le sillage de la crise financière, la population est consciente que les avoirs à vue en francs déposés auprès de banques ne sont pas garantis par la BNS.
4. Conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution, la croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés. En acceptant les dépôts du public et en octroyant des crédits, les banques remplissent leur fonction principale et essentielle pour l’économie d’intermédiaires entre épargnants et emprunteurs. En vertu de sa compétence législative, la Confédération peut toutefois limiter et réglementer la création de monnaie par les banques (voir ch. 2). Le législateur a ainsi édicté diverses prescriptions détaillées (par ex. sur les fonds propres, les liquidités ainsi que les réserves minimales).

Chronologie / procès-verbaux

Date Conseil
15.06.2012 CN La discussion est reportée.

Merci à François de Siebenthal de sauvegarder les textes que je n’arrivais plus à retrouver sur le site du parlement.. mais c’est revenu dans l’ordre.

est-ce que ce lien refonctionne ? .. en nov 2013.. impossible de retrouver le texte: http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305

Voir aussi genève en transition…. http://transitiongeneveregion.net/monnaies/node/1003

Bon.. et bien il est temps de continuer ces recherches…. de lancer le chantier de la création monétaire en Suisse….

Il y a actuellement une initiative populaire fédérale en attente de votaion pour réformer le système monétaire Suisse. Pour en savoir plus je vous recommande le site web http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/

BNS Banque Nationale Suisse en chantier.JPG

Collectif AAA+

Pour tenter de mettre un peu de lumière dans le système monétaire Suisse, fin 2015 un collectif d’actionnaire de la BNS se forme pour poser des questions sur le fonctionnement de la BNS et pour ens avoir plus sur sa stratégie monétaire qui est de plus en plus incompréhensible. (création de 100 milliards de CHF par année utilisé pour couler le franc suisse en investissants dans des sociétés actives dans le gaz de schiste aux USA ou dans les armes nucléaires américaines… alors que la BNS s’applique a avoir une charte éthique et environnementale !)

La collectif AAA+ joue au démineur en posant posant des questions et en utilisant le droit qu’ont 20 actionnaires ou plus de pouvoir déposer des « propositions / décisions » à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la BNS.

C’est ainsi que 10 propositions ont été envoyée au conseil de banque début 2016. Cependant le conseil de banque a jugé que la plupart des propositions ne sont pas de la compétence de l’assemblée générale…

C’est ainsi que dans l’ordre du jour, il ne reste qu’une seule proposition qui a été modifiée en demande au parlement de modifier la loi sur la BNS ceci pour y inclure le droit des actionnaires à avoir accès au PV de l’assemblée générale, et le droit d’avoir accès à une liste des autres actionnaires. Ce qui est parfois utile, comme pour pouvoir proposer des « propositions décision » qui doivent être signées par 20 actionnaires.

Petite précision, la BNS est une SA, soumise à une loi spéciale, la Loi sur la Banque Nationale Suisse. C’est donc une société privée, dont les status sont écrits par le parlement.

Les actionnaires sont en majorité les cantons et les banques cantonales. Il est existe des actionnaires privés, mais dont le droit de vote est limité à 100 actions. (mais pas le nombre d’action) C’est ainsi que le plus gros actionnaire privé se trouve être l’allemand Théo Sigert, qui détient 6.6% de la BNS, pour info, le canton de Berne, un gros actionnaire, détient 6.63%.

Voici un article paru le 15 avril 2016 dans le magazine Bilan qui explique la démarche du collectif AAA+.

Et voici le site web.. (en construction) du collectif AAA+

Investissements douteux de la BNS

« De même, elle renonce à investir dans des entreprises qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale, qui violent massivement des droits humains fondamentaux ou qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement. »
« armes prohibées » ça ne rentre pas dans ce cadre ??

Moi quand je lis dans ce traité la phrase:
« Déclarant leur intention de parvenir au plus tôt à la cessation de la course aux armements nucléaires et de prendre des mesures efficaces dans la voie du désarmement nucléaire, »

C’est pas en investissant dans les armes nucléaires que j’ai l’impression de prendre des mesures efficace dans la voie du désarmement nucléaire ?

Les recherches sur les investissements dans les sociétés aux USA peuvent être faite via le site web de la SEC…. avec le mot clé « Swiss National Bank »

Notes à propos du film Money pourquoi la dette

Pour sortir de la crise, il faut changer le système monétaire

Voilà donc, dans le titre de cette page le résumé du film, Money, créé par l’association Réséda. Ce film a pour but d’expliquer la crise monétaire, financière qui nous touche et pourquoi nous sommes si endettés.

C’est le meilleur film que j’ai vu à propos de cet étrange système de création monétaire par argent dette que nous subissons.

Donc j’encourage tout le monde à voir ce film. Ce n’est qu’une heure à prendre et ça permet de comprendre beaucoup de choses.

Mes notes à propos de ce film

Pour ceux qui n’auraient pas une heure à consacrer à ce film, mes notes se lisent beaucoup plus rapidement 😀

Il y a 2 types de monnaies. La monnaie banque centrale et la monnaie argent-dette créée par le système de crédit des banques commerciale.

On compte qu’il y a ~7% de monnaie centrale (billet et pièce) et 93% d’argent issu du crédit.

Pour avoir le droit de créer de la monnaie une banque commerciale doit respecter certains critères:

Une banque commerciale doit avoir au moins 2% de la sommes des dépôts sur son compte à la banque centrale. (Réserve obligatoire)

Il y a des fuites..  c’est l’argent « banque centrale » qu’une banque commerciale est obligée de distribuer (les pièces et billets) => ~13% des dépôts !

Ce montant devra donc aussi être présent sur le compte de la banque à la banque centrale.

Théoriquement une banque peut créer 50x plus d’argent que ses dépôts.. mais en fait non à cause des fuites !

Il ne reste donc qu’une proportion de 7x plus ! (ce qui est déjà pas mal !)

Puis, on tient compte des fonds propres de la banque.

=> Les accords de Bâle prévoient que la banque doit avoir en fond propre, au moins 8% de ses engagements. (réserve prudencielle)

Ainsi, on limite à la création monétaire (investissement) à 12X le montant des fonds propres.

Avec l’ancien système (1945-1971 (2-3))

Les banques centrales prêtaient de l’argent directement au gouvernement sans intérêt ! (Ceci est interdit par le traité de Maastricht art 104 et maintenant le traité de Lisbonne, art 123)

Ceci était pratique, mais la création d’une trop grande quantité de monnaie sur simple décision politique avait un risque sérieux de créer de l’inflation.

C’est pour cette raison que l’on a interdit ce lien direct entre la banque centrale et l’Etat.

Cependant, on observe maintenant, que le risque de créer beaucoup trop de monnaie n’est pas résolu avec ce système.

On observe une augmentation de la masse monétaire de 10% par an dans la zone euro depuis ses débuts. (1999, et 2002 pour la monnaie fiduciaire)

Ce qui est énorme. Le PIB n’est que de 2% en moyenne. Et l’on a pas vu d’inflation ??

Pourquoi ?

Il y a eu aussi une explosion du prix des matières première, mais ça n’explique pas tout.

Toute la monnaie excédentaire est immobilisée dans des titres. C’est la bourse qui immobilise cet argent. Donc pas d’inflation.

La banque centrale à pour mission de juguler l’inflation. Mais en fait, elle ne contrôle pas grand chose. Elle ne contrôle que l’inflation due à la monnaie (et encore). Elle ne contrôle pas les prix, et surtout les prix des titres boursier qui eux augmentent tout le temps. Ce que l’on considère comme une bonne chose. Alors que si les prix des objets ou des salaires augmentent ce n’est pas une bonne chose !!  Paradoxal !

La quantité de monnaie à créer est la somme de la croissance du PIB et de l’inflation.

On a 2% de croissance du PIB, et 2% d’inflation = 4% !! Pourquoi on a 10% d’augmentation de la masse monétaire dans la zone euro ?

Il y a 6% de créaton monétaire qui ne sont là que pour enrichir ceux qui profitent du système en faisant tourner la planche à billet !

Ce qui était décrié quand il était fait par l’Etat, est fait maintenant en toute impunité par les banques privées !!

Ce sont des revenu non gagné. (au sens de Allais.. et d’autres)

Cet argent part dans des bulles ! (immobilères.. financière..)

Double libéralisation de la sphère financière.

Les taux de changes et les taux d’intérêts.

Comme tout devient variable, on est lié à une insécurité. Le secteur financier se développe en permettant d’atténuer ces risques. On invente des sortes d’assurance.

On crée des contrats à terme. Ainsi les entreprises (genre airbus qui investit en euro et vend en dollars) sont à nouveau au courant avec quelques années d’avance des taux de change, et peuvent planifier sur le long terme leur investissement.

Les banques, de leur côté, font de la titrisation et échangent des titres plus ou moins risqués.

On fait des couvertures de couvertures… des produits dérivés.

Et finalement, on vent des titres (peut être toxiques) pour obtenir du cash et ainsi avoir le droit de créer plus de monnaie par le crédit.

En bref, les banques vendent leurs risques sur les marchés financiers.

Ainsi, on dilue le risque, mais il ne disparait pas !

Rien d’illégal. Toutes les instances de contrôles acceptent ce système. Même si avec du recule, les agences de notation ont parfois attribué des notes AAA à des titres qui ne le valaient pas.

Jusqu’ici tout va bien… les montages se complexifies. Tant qu’un incident n’arrive pas, tout va bien, il n’y a qu’un risque d’incident.

Mais la crise des subprimes arrive.

Des ménages Etats-uniens ont pu obtenir des crédits pour avoir des biens immobiliers sans avoir d’autres garantie que ces mêmes bien.

On parla aussi de prêts Ninja… No Job, No Income, No Asset   http://en.wikipedia.org/wiki/No_Income_No_Asset

Pas d’emploi, pas de revenu, pas d’actifs.

Une immense industrie spéculative se met en place.

On investi beaucoup dans le risque sans s’en rendre compte.

On valorise des « Hedge funds » = « Fonds spéculatifs ».

On arrive dans une démesure de revenu. Il est possible de faire du 100 à 300% de profit annuel !

Ainsi, on est tenté de s’endetter pour acheter ces titres !

Les hedges funds ont besoin des bulles pour se financer, pour augmenter leur valeurs. Ainsi on crée délibérément des bulles.

Ainsi l’économie financière augmente beaucoup de volume. Elle est proportionnellement beaucoup plus grande que l’économie réelle.

(Bernard Lietaer parle de 97% des transactions monétaires qui font partie de l’économie financière.)

On se retrouve donc avec un immense furoncle de la finance qui grandit.

La sphère financière pèse 12x plus que le PIB mondial !

Nous avons deux mondes, et l’un vit au dépend de l’autre.

L’endettement généralisé.

Le crédit est le moteur de la croissance économique.

On augmente pas les salaires pour garder des entreprises compétitives, mais il faut consommer toujours plus. Donc les ménages utilisent le crédit à la consommation pour financer les dépenses courantes.  (incroyable de voir que dans tous les catalogues de magasins hi-fi, tv, ordinateur, on met en avant les prix des payements au mois avec intérêts de 11% (le taux en petit caractères…)  Ex: un ordinateur pour 15.- par mois !)

Tout le monde est content.

Même l’Etat agit de cette manière. Comme il est impopulaire d’augmenter les impôts, on ne les augmente pas et on finance les investissements par des crédits.

Puis on emprunte pour rembourser ses crédits…..

Il faudrait augmenter de ~ 12% les impôts pour ne pas utiliser le crédit.

Fin 2006, les taux d’intérêts variables aux USA ont augmentés…. Beaucoup de gens n’ont pas pu payer…. C’est la crise des subprimes….

La titrisation qui liait le crédit pourri à un titre, contamine la sphère financière… c’est la crise….

La bulle qui fait vivre les hedges funds éclate…

Les banques font faillite… ou leur fonds propres diminuent fortement, ce qui diminue également leur capacité à octroyer des crédits, et donc à créer de la monnaie !!!

Sans crédit, la crise financière contamine l’économie réelle ! (août 2007)

Dès le moment où des banques font faillites, les autres n’osent plus se faire confiance entre-elles. Ainsi on gèle les échanges inter-bancaire.

Le prêteur en dernier recours qu’est la banque centrale doit alors financer beaucoup de banques.

Les banques commerciales deviennent frileuses, les crédits se font plus rare, la masse monétaire n’augmente plus si vite.

L’Etat doit sauver le système. (too big to fail)

C’est donc l’Etat qui donne, sans contrepartie, des sommes colossales aux banques pour assurer la survie du système bancaire.

Cet argent provient naturellement de crédits fait auprès des mêmes banques !!

Pendant des années, il semblait que les caisses étaient vide pour assurer le train de vie de l’Etat. Tout d’un coup, il y a des sommes colossales pour sauver les banques.

Le signal donné aux marchés financiers est: « Prenez des risques, l’Etat sera là pour vous sauver !« 

Au passage, la dette offre de juteux intérêts aux banques qui prêtent à l’Etat.

Ce qui n’aurait jamais été possible avec l’ancien système qui proposait des prêts sans intérêts à l’Etat.

Si l’on calcule ce qu’aurait été la dette publique sans avoir changé le système. On remarque que cette dette aurait été quasi nulle !!!

Collectivisation des pertes, et privatisation des profits !!

En France, la dette publique est de 1600 Milliards. Le remboursement de cette dette représente 50 milliards par an. Ce qui est le second budget de l’Etat.

On ne résout jamais le problème, vu que l’on ne paye que les intérêts, mais pas la dette elle même.

Pire, on emprunte pour rembourser la dette !!

Donc on crée une bulle. Cette dette est très lucrative pour ceux qui la détiennent. Ce n’est pas la crise pour tout le monde.

Comme toute les bulles, elle peut exploser… quand ?

La question à se poser est « Pourquoi l’Etat à besoin de se financer auprès de banques privées pour financer des infrastructures ??? »

  • La monnaie n’est pas un bien rare.
  • C’est ce qu’elle permet de faire qui est rare.
  • Ce sont les biens naturels qui sont rares.
  • C’est l’écologie dans laquelle on vit qui est rare.
  • C’est le vivant qui est rare.

Perspectives d’avenir

Selon Christian Gomez

  • Il faut dissocier la monnaie et le crédit.
  • Il faut avoir des banques de dépôt séparée des banques de crédit.
  • Il faut cesser la confusion entre crédit et épargne.

Selon Philippe Derudder:

Interdire aux banques commerciales de créer de l’argent, en les obligeant à avoir la monnaie prêtée sur leur compte en monnaie centrale. Ainsi les intérêts reviennent à la collectivité publique.

Selon François Morin

  • On peut changer les règles du jeu.
  • On revient en arrière sur les libéralisations de taux de change et d’intérêt.
  • On revient en arrière sur l’art 104 du traité de maastricht (et 123 lisbonne)

Selon Jacques Nikonoff

  • On peut désobéir à certains traité internationnaux.. (lisbonne)

Selon Jacques-André Holbecq

  • La monnaie doit être nationalisé. (pas les banques, la monnaie !)

Il faut en terminer avec cette croyance que la monnaie est publique et sous contrôle politique !!!

A cause de ça, le débat se fait au mauvais endroit.

Pourquoi voudrait-on quelque chose que l’on pense qu’il est déjà là ?

Pour sortir de la crise, il suffit de changer le système.

Qui crée l’argent ?

Voici un petit film très bien fait qui nous explique qui crée vraiment l’argent…



L’Argent Dette de Paul Grignon (Money as Debt FR) from Bankster on Vimeo.

Il ne s’agit pas juste d’imprimer des billets…. non, avec ce film on comprend bien que ce sont les banques qui créent l’argent en effectuant des prêts !

Ce sont les banques qui crée l’argent à partir de rien pour vous le prêter !! Aussi bizarre que ça puisse paraître c’est vraiment le cas. L’argent se crée à partir de dettes !

C’est pour cette raison que tout le monde est endetté…. (hypothèque, leasing, carte de crédits…) que l’Etat est le champion de la dette….. que la plupart des pays de l’hémisphère sud on des dettes envers les banques des Etats de l’hémisphère nord….

Le système financier à besoin des dettes pour créer de l’argent.. La conséquence c’est l’inflation, et le maintient d’une croissance qui devient exponentielle…. l’exploitation des ressources naturelles et humaines s’accélère….. et après ? ça s’emballe ça fait boum ??

Il existe d’autres modèles économique et ça vaut la peine de les étudier comme dans ce film. Une des pistes: la création de l’argent par l’Etat et non par des crédits privé !