Artisanat industriel

Sans que l’on s’en rende encore vraiment compte, le monde de la fabrication d’objets change. Les pièces du puzzle d’un artisanat industriel se mettent en place.

Mais déjà, avant d’aller dans le futur, comment est-ce que l’on fabrique des objets maintenant ?

Pour bien comprendre, faisons un petit retour historique.

Nous voici dans un passé lointain, ou les humains grâce à leurs mains munies d’un pouce opposable se mettent à utiliser des objets. Tout d’abord il s’agit d’objets ramassés. Trouvés en l’état. Puis ils commencent à être façonnés. C’estle début de l’artisanat.

Un artisan réalise un objet du début à la fin, et il réalise ce travail chez lui.

Puis arrive la révolution industrielle. Pour des raisons d’efficacité, on invente la division du travail, la spécialisation et ceci débarque sur le travail à la chaine. Comme on ne peut pas faire une chaine qui traverse toute une ville. On invente l’usine !
(quoique, comme l’a relevé Marx, La Chaux-de-Fonds montre le contraire. La ville entière est une usine d’horlogerie!)

usine val de travers.jpg

Ce modèle industriel est tellement efficace que petit à petit, il remplace quasi complètement l’artisanat.

Au passage, ce modèle industriel induit de profonds changement sociaux. Il crée des classes. Des ouvriers, des cadres et des patrons.

C’est la glorieuse époque de la lutte des classes.

Karl_Marx.jpgEt l’on arrive à Karl Marx que tout le monde connait et associe au communisme. Mais qu’a vraiment dit Marx ?

En très bref, il a écrit (mais ne l’a pas terminé) un bouquin qui s’appel le Capital. Dans lequel il explique le fonctionnement de l’économie capitaliste issue de la révolution industrielle:

  • pour produire, il faut des moyens de production
  • des moyens des productions (une usine) c’est très cher. Il faut donc du capital
  • => seuls les riches peuvent être propriétaires des moyens de production
  • les autres, les prolétaires sont condamnés à travailler dans les usines pour produire en échange d’un salaire
  • quand l’usine a été rentabilisée. Le bénéfice de la production va uniquement dans les poches du patron. Il devient donc un esclavagiste !
  • => c’est ce dernier point qui va lancer l’idée du communisme: la propriété des moyens de production aux ouvriers !

Et voilà que de simples divergences d’opinions sur la manière d’organiser une production industrielle d’objets va modeler toute la politique du 20ème siècle !

La querelle ne remet même pas en cause le mode de production, juste son organisation.

Ceci montre bien à quel point la production d’objets est capable de changer le monde !

Quelle influence aura sur le monde le changement que je vais te décrire dans quelques instants ? Ce n’est pas un simple changement d’organisation de la production. C’est un véritable changement du mode de production. Comme l’a été le passage de l’artisanat à l’industrie.

J’ai dit ci-dessus que les techniques de production d’objets influencent terriblement le monde. Mais il y a des techniques qui influencent encore plus le monde. Il s’agit des techniques de l’information:

  • l’invention de l’écriture à engendré le droit, l’Etat.
  • l’invention de l’imprimerie a engendré la réforme. La démocratisation des Bibles a libéré la société de l’emprise de l’église
  • l’invention du web est toujours en train de transformer notre monde pour engendrer quoi ? … c’est encore flou. Mais il est indéniable que l’accès a l’information est totalement différent de ce qu’il était avant.

la bible.jpg

Tous les domaines d’activités lié à l’information ont complètement été chamboulé. La presse, les télécom, la diffusion de musique, de film, de livre, etc…

Convergence entre le monde de l’information et le monde de la production d’objets

Cette vague de chamboulement que le monde de l’information a vécu ces 20 dernières années arrive dans le monde physique, dans le monde des objets.

Voilà la grande révolution que j’appelle l’artisanat industriel.

Pour découvrir ce qui nous attend dans le monde de la production d’objets, il suffit d’y appliquer les recettes qui sont utilisées dans le monde de la production d’objets dématérialisés, d’objets du monde de l’information.

On bref, nous allons vers..

  • la personnalisation des objets
  • le financement par les foules
  • les communautés de co-créateurs à la place des entreprises.

Les 3 goulets d’étrangelement des biens physiques

Observons les conditions que doit remplir un objet pour exister dans une société industrielle.

vitrine boutique habit mode fashion.jpg

Pour exister, un objet doit être….

  • assez demandé pour être fabriqué
  • assez demandé pour être en magasin
  • assez demandé pour que sa promotion soit assurée. (savoir où le trouver et qu’il existe.. pub, vitrine…)

Le web a déjà permi de faire sauter 2 de ces goulets avec des sites comme Groupon, qui permettent de se mettre ensemble pour acheter un produit avec un fort rabbais. Donc la promotion est assurée et la demande en magasin est assurée.

=> Il ne reste que le goulet de fabrication à faire sauter. C’est ce qui est en train d’arriver.

Ceci grâce à de nouveaux outils de productions.

Imprimante 3D et découpeuse laser

Ce qui révolutionne le monde des objets est le fait que pour une somme accessible aux particuliers, il est possible d’acheter une usine à tout faire !

C’est ici que l’on parle de l’imprimante 3D. A notre époque, quasi tout le monde a chez soi une imprimante qui permet de déposer sur papier du texte et des images. L’imprimante 3D, comme son nom l’indique, ajoute une troisième dimmension. Elle est capable d’imprimer des objets à partir d’un modèle 3D.imprimante 3d fablab neuchâtel.jpg

Il existe de nombreuses variantes d’imprimantes 3D capables d’imprimer des objets de toutes tailles, de quelques micron à la taille du fuselage d’un avion. Si la plupart des imprimantes 3D fabriquent des objets en plastique, certaines impriment des matières aussi diverses et variées que le chocolat ou des cellules souches !

Voici de quoi imaginer ce à quoi ressemblera notre futur. Nous mangerons des steaks imprimés chez nous avec des protéines d’insecte élevé à la maison. Les plus grands « food designer » concevrons les plats les plus rafinés que vous pourrez télécharger.

Un problème de rein… allons en imprimer un nouveau et changeons-le. C’est n’est pas tellement de la science fiction, il existe déjà une homme qui vit avec une vessie imprimée !

La technique de l’impression 3D est dans ce domaine un concurrent direct de la biologie de synthèse dont j’ai déjà parlé il y a un peu plus d’une année dans un article. On est dans la même logique: créer un objet physique à l’aide d’une description numérique.

Hormis l’imprimante 3D, il y a un autre outil qui a beaucoup de succès. On en parle moins car c’est moins impressionnant. Mais c’est très utile. Il s’agit de la découpeuse laser. Là on reste dans la 2d. Mais On trouve des découpeuse laser qui coupent tout, du papier au métal.

Bon, les matériaux les plus populaires sont plutôt le bois et le plexiglas.

découpeuse laser fablab neuchâtel.jpg

Les Fab-labs

Bien que le coût de ces usines à domicile soit abordable, c’est encore cher. Heureusement, il exise le principe des Fab-lab. Ce sont des laboratoires de fabrication qui sont ouverts au public. N’importe qui peut y venir utiliser les machines !

Bien que le concept se répend un peu partout. Il n’y a pas de fab-lab à chaque coin de rue. Cependant, j’ai eu la chance de découvrir qu’il y en a un à 5 minutes à pied de mon bureau !

fab-lab neuchâtel.jpg

Le Fab-lab de Neuchâtel: fablab-neuch.ch est situé en face de la gare. De manière générale, le mecredi matin les machines sont en accès libre. Le mercredi après-midi. Pour une modique sommes CHF 70.- il est possible de réserver les machines.

Je sens que mon imagination bouillonnante va pouvoir bientôt matérialiser des objets !

L’usine au bout du clic

Si l’on est un « nerd » enfermé chez soi et que l’on a pas envie de participer à l’ambiance collaborative d’un Fab-lab, il est toujours possible de ne pas mettre les mains dans la camboui (bien que le camboui est rare) et de rester uniquement dans la conception numérique et de confier la réalisation physique à des usines en ligne.

En effet, il y a des entreprises qui se sont montées autour du principe de la réalisation d’objet à la demande avec des imprimantes 3D.

  • ponoko.com est une usine au bout du clic. A l’image des photos que l’on fait imprimer dans un labo. Ponoko imprime en 3D (ou découpe) et vous envoie les objets que vous avez conçus et dont vous avez envoyé les fichiers.
  • shapeways.com est un concurrent de ponoko. On peut aussi se créer sa boutique avec les objets que l’on crée et met en vente à la demande. (Tout comme je le fais avec ma boutique de t-shirts: http://girafe.spreadshirt.net )

Pour les gens qui n’y connaissent rien à la conception d’objets il existe même un service pour les gens qui n’ont que des idées !

  • quirky.com est une manière pour les inventeurs de voir leur invention réalisées sans avoir à ne rien faire d’autre que d’avoir une idée.

girafe-t-shirt-fille.pngQuirky fonctionne ainsi:

  • un inventeur a une idée…
  • il la soumet à la communauté
  • si l’idée est populaire
  • elle est conçue dans les détails par l’équipe de quirky
  • elle est commandée à la fabrication à une usine
  • l’inventeur reçoit une part des bénéfices de son idée

La personnalisation

La grande nouveauté de cet artisanat industriel et ce pourquoi je l’appelle ainsi, c’est la personnalisation.

  • dans l’artisanat, chaque objet est unique. C’est le produit du savoir faire d’un artisan.
  • dans le monde industriel, les objets sont fabriqués en grand nombre.

coque iPhone imprimante 3d fablab neuchâtel.jpgL’artisanat industriel mélange ces deux mondes. Il possible de faire chez soi, des objets personnalisés, comme du temps de l’artisanat. Mais c’est une réalisation faite par une machine, donc plutôt industrielle.

Si, comme dit plus haut on transpose ce qui est arrivé au monde de l’information dans le monde physique. La personnalisation va de soi.

Petit exemple, sur facebook, chacun a un flux d’information personnalisé !

Cette réflexion sur l’avenir de la fabrication d’objets est inspirée par la lecture du livre Makers, la nouvelle révolution industrielle écrit par Chris Andersen.

livre makers chris andersen.jpgPour en savoir plus, voici le site web du livre: http://www.makers-revolution.com ainsi que mes notes à propos de ce livre.

Chris Andersen est déjà l’auteur du livre: La longue traine. Dans lequel il explique que grace aux boutique web, il est possible de faire tourner une boutique sans vendre des produits de masse. Mais en vendant des produits de niche.

Le principe de la longue traine s’explique bien avec une librairie. Une petite librairie dispose d’une place de vente et de stockage limitée.

Donc elle ne va vendre que des « best-seller » des livres qui se vendent bien. Elle ne va pas s’encombrer de livres dont on ne vend qu’un seul exemplaire par année.

Une librairie comme Amazon a une place de stockage qui ne coûte pas cher et un magasin virtuel infini. Donc elle se permet de vendre des livres qui ne sont vendus qu’une fois par an. Et finalement le potentiel de vente de livres différents mais rarement vendu est autant voir plus grand que de vendre beaucoup d’exemplaires d’un nombre restreint de livre.

amazon.jpg

  • Ancien modèle: beaucoup d’exemplaires de peu de livres.
  • modèle longue traine: peu d’exemplaires de beaucoup de livres différents.

Chris Andersen nous annonce que ce principe arrive dans le monde industriel grâce aux imprimante 3D et découpeuses laser qui permettent de fabriquer des petites séries d’objets pour pas cher.

C’est ainsi que fonctionne les usines au bout du clic ponoko.com et shapeways.com.

Le financement par les foules

On a vu que l’ère industrielle a favorisé les riches. Des gens capables d’acheter des moyens de production.

Si l’on a pas la chance d’être riche mais que l’on veut quand même se lancer dans l’industrie, le système capitaliste à développé plusieurs mécanismes:

  • le crédit
  • le capital risque du type start-up
  • la bourse

Ces systèmes sont effectivement utilisables, mais il ne sont pas accessible à tous et ont certains désavantages.

Le crédit est un moyen de concentrer à un moment donné un capital et d’étaler le payement sur du long terme. Mais il est lié à des intérêts. Du coup, sur le long terme on va dépenser 3 fois plus d’argent, et il y a un sérieux risque de ne pas pouvoir rembourser si l’on se plante.

crédit bancaire.jpg

Si l’on est une start-up qui a l’air intéressante, il y a peut être un gentil investisseur qui va vous donner de l’argent pour démarrer en espérant un jour en gagner avec ce que vous aller réaliser. Mais en échange, il va demander une partie de votre entreprise et surtout des revenus de celle-ci !

La bourse utilise le même principe, mais au lieu d’avoir un seul investisseur, on découpe le capital de l’entreprise en de nombreuses parts que l’on vend à de nombreux investisseurs !

(Avec en plus la possibilité de spéculer sur la valeur des parts d’entreprise! … donc faire de l’argent en étant totalement déconnecté du monde industriel.)

2010_05_28_22_50_cotation_bourse_aapl_2004-2010.png

On voit que le nombre de riche étant limité, ces outils se sont répandus très vite et finalement de nos jours 97% des flux monétaires sont financiers et plus industriels !

La révolution industrielle a conduit à l‘invention du monde banquaire et financier. La prochaine révolution industrielle va probablement chambouler ce monde de la finance.

Bref, avec ces mécanismes on perd toujours quelque chose et on est pas certain que l’idée marche vraiment.

Comment faire pour éviter ces mécanismes ?

Pour trouver la solution, observons la solution qu’ont trouvé des agriculteurs pour vendre leur production. L’agriculture contractuelle.

La production de nourriture est achetée à l’avance par les consommateurs. Ils achètent un panier. L’agriculteur ne produit pas s’il n’est pas certain d’avoir sa production écoulée.

Dans le domaine des biens d’information (toujours notre modèle à transposer sur le monde physique), on trouve des sites web qui permettent de réaliser une opération similaire à l’agriculture contractuelle. On a appelle ceci le financement communautaire (crowdfunding)

Si je veux réaliser un film. Je présente mon projet sur le site http://www.kickstarter.com . J’indique le montant qu’il me faut pour réaliser le film. Le site m’impose un délai durant lequel trouver des gens qui font des promesses de dons pour financer mon film. Si j’arrive à la somme voulue dans les délais. Les gens doivent payer et le projet démarre. En revanche, si la somme n’est pas atteinte, c’est probablement que le projet n’est pas bon et qu’il faut le revoir.

monnaie.jpg

On observe de plus en plus que cet outil est détourné pour financer non pas des biens d’information avec des dons. Mais des objets physiques.

pocket-spacekraft.jpgUn exemple étonnant. Tu veux acheter une sonde spatiale pour aller explorer la lune ? … C’est par ici….

Le site de financement communautaire permet de faire une étude de marché pour voir si le produit aura du succès, ainsi que de prendre des pré-commande.

Ainsi, on limite les risques de se planter, on a déjà des clients et on ne doit pas partager son entreprise. Dans le monde de demain, on a tout avantage à faire du financement par les foules.

Ça implique que les banquiers perdent de leur pouvoir de décision sur ce qu’ils veulent financer ou non en accordant des crédits.

Les communautés de co-créateurs

Un artisan travaillait généralement seul. Avec la révolution industrielle et la création d’usine, la notion d’entreprise est devenue importante.

Avec l’artisanat industriel, est ce que l’entreprise est toujours utile ?

D’un point de vue financier, on vient de voir que non. Il n’est plus nécessaire d’avoir une entité juridique à vendre pour se financer.

D’un point de vue de la production d’objets, vu que l’automatisation y est pour beaucoup. Pas besoin d’être beaucoup de monde et donc pas besoin de créer un groupe de gens appelé entreprise.

2011_03_25_20_36_idee.pngC’est du point de vue de la conception qu’il est intéressant de regrouper ses forces, d’avoir un brassage d’idée avec beaucoup de monde. Mais est-ce que le cadre d’une entreprise est nécessaire ? Je ne le pense pas.

Pour s’en convaincre, on va encore une fois transposer dans le monde physique les pratiques du monde de l’information numérique.

Il faut surtout observer le monde du développement de logiciel. Il existe de nombreux logiciels qui sont « open source ». Donc les sources sont ouvertes et le développement du logiciel est fait par une communauté, pas par une entreprise. Les exemples les plus connus sont linux, firefox, libre-office, etc... et bien souvent tous les logiciels cachés au grand public mais qui sont la base de l’internet, du web, du e-mail….

Les communautés de concepteurs sont l’avenir de la création d’objets.

La communauté fédère les forces mieux que l’entreprise

Il y a beaucoup d’entreprises leader dans leur domaine se vantent d’avoir recruté les meilleurs chercheurs du domaine. Souvent elles oublient de préciser… les meilleurs qui ont bien voulu venir….

Le cadre proposé par une entreprise est souvent très exclusif. On ne doit travailler que pour une seule entreprise. Il est aussi très contraignant. On doit travailler dans un lieu précis, avec des conditions précises… beaucoup de gens refusent de changer de vie pour aller se mettre au service d’une entreprise.

communauté collaboration ExtendedCommunityCircle.png

Ce n’est pas le cas dans une communauté de co-créateurs. Si l’on observe les commautés de logiciel libre, les développeurs viennent de partout. Certains sont salariés, d’autres non. L’attache n’est pas exclusive.

Si l’on observe le monde des moteurs de rendu pour navigateur web. Il y a deux grands projet open source, il s’agit de Gecko qui propulse Firfox et Webkit qui propulse Safari, Chrome et depuis peu Opéra.
Opéra développait son propre moteur de rendu pour son navigateur web. Mais probablement que cette entreprise n’a pas pu régatter face à la force des deux grands géants open source.

Il reste encore microsoft qui est dans la course avec son moteur Trident. Mais avec beaucoup de retard par rapport aux géants open source. Comme quoi, même un géant de l’informatique ne peut pas régatter contre des communautés de créateurs.

En ce qui concerne l’exclusivité, on observe parfois que des gens contribuent aux deux projets concurrents. Parfois pour tester deux manières différentes de faire. Ce qui permet plus tard de savoir quelle est la meilleure.

chômage.jpgUn autre facteur en faveur des communautés réside dans le fait que les entreprises, pour des raisons de budget ne peuvent pas forcément engager un grand nombre de chercheurs.

Peut être qu’elle ont LE meilleur chercheur tout seul. Mais la communauté accepte tout le monde, elle a peut être pas LE meilleur, mais les 9 meilleurs suivants !

Il y a des domaines dans lesquels on forme beaucoup de gens, mais on engage peu. Ainsi, la communauté offre un lieu où ces gens peuvent s’exprimer.

C’est ce que l’on peut voir avec l’exemple du métier de designer en automobile. Beaucoup de designer aimeraient travailler dans se domaine, mais peu sont engagés par l’industrie automobile. Les designers non sélectionnés finissent donc par concevoir d’autres choses comme des brosses à dent et des stylos et ceci pour avoir un travail pour vivre.

Mais si on leur propose un projet de conception de voiture open source tel que wikispeed, il est fort probable que ça les intéresses de participer à cette communauté de co-créateurs.

wikispeed.jpg

Construis tes rêves… ou bien quelqu’un d’autre va t’embaucher pour construire les siens !

Tout comme la révolution industrielle a modelé notre société actuelle, son économie, ses institutions politiques, son réseau de transport et de communication, cette nouvelle révolution industrielle risque de chambouler pas mal de chose.

Comme tout est lié, il est difficile de dire quel est l’avenir que l’on aura. Chaque modification fait bouger tout l’édifice comme dans une partie de mikao.

Cependant, il ne faut pas oublier que notre société n’est que le reflet de ce que l’on veut. De tout temps les sociétés humaines ont été guidées par des prophètes et des visionnaires…

Il est possible de constuire un projet de société autour de ces nouvelles possibilités.

Nous entrons dans l’ère de la créativité, de la collaboration et du partage.

Voici quelques réflexions qui vont dans ce sens et que j’ai déjà abordé sur ce site:

créativité.jpg

Pour une culture du partage

Bonjour ! Je suis un rhinocéros laineux !

Wooly_rhinoceros.jpegEn effet, en terme de classement des vieux crabes sur wikipedia, je fais partie de la catégorie des rhinocéros laineux, des gens qui se sont inscrits et ont commencé à contribuer avant fin 2005.

Donc ça fait un moment que je tente d’apporter ma pierre à cet édifice majeur de la culture du partage.

Wikipedia, n’est pas le seul projet collaboratif de partage d’information au quel je participe.

Je suis aussi un contributeur sur :

Pourquoi cet engagement ?

Nous sommes à l’ère de l’information et je suis tout a fait convaincu que l’on doit encourager les valeurs de partage et de collaboration.

Nous sommes en train de vivre une révolution de l’ampleur de celle de l’invention de l’écriture et de l’invention de l’imprimerie.

Ceci implique passablement de chamboulements, et il faut tout faire pour garantir que la culture de l’ère de l’information parte dans la bonne direction. (sinon on va en avoir pour des millénaires d’obscurantisme !)

L’invention de l’écriture a entrainé l’invention du droit, des lois et donc de l’organisation des cités et des Etats. L’invention de l’imprimerie a mis fin à la domination de l’église catholique sur le monde. La réforme à changé le monde.

Que nous réserve, l’invention du web ?

no_swiss_dmca_recto.pngIl y a 20 ans, cet outil inventé, à Genève, au CERN, était destiné à échanger des articles de physique entre physiciens….. Quand on voit ce que l’on fait aujourd’hui sur le web… c’est énorme !
Et rien de tout ça n’était prévu !

C’est la culture d’ouverture, de partage et de don des scientifiques qui ont conçu le web et l’Internet qui permet ces possibilités incroyables.

C’est cette culture qui a permi cette explosion de l’utilisation des réseaux de télécommunication dans notre vie de tous les jours.

Sans cette culture des hackers, (dans le sens du bidouilleur) on aurait rien de tout cela. Il est important de garantir que cette culture perdure.

Attention de ne pas tomber dans le piège du totalitarisme de l’information et de ses usages

Quand je vois ce que fait Apple en empechant de bidouiller ses appareils et en centralisant et censurant l’installation des applications sur les iPhones ça me fait peur !

Il faut favoriser la culture de l’ouverture, du partage, de la bidouille. Favoriser la diversité, afin de permettre l’existence de comportement, d’utilisation et de contenu que l’on aurait même pas imaginés à la base.

Exemples d’utilisations non prévues à la base

Pour illustrer mes propos, je vais vous montrer qu’une culture du partage d’information a une influence directe sur nos propre vie.

Règulièrement je publie des photos sur wikipedia. Je publie délibérément mes photos dans le domaine public, afin qu’elles n’aient aucune contrainte (légale) pour se balader sur le web.

Je n’ai absolument aucune idée de ce à quoi mes photos pourraient bien pouvoir servir. Mais parfois, j’ai un retour et c’est très drôle.

Voici deux exemples de ce que sont devenues mes photos publiée sur wikipedia.

Premier exemple d’utilisation non prévue

Un jour, je vais à la poste de Boudry, ville où j’habite, et je tombe sur un panneau d’information qui décrit la commune. Sur ce panneau, il y a une illustration du château de Boudry, dans un style d’aquarelle.

Cette illustration me travaille.. elle me dit quelque chose….. puis tout s’éclaircit dans mon esprit !

… C’est la copie conforme d’une de mes photos du château de Boudry que j’ai publiée sur wikipedia !!

panneau information poste de Boudry.jpgdetail photo du château de Boudry faites par Martouf et transformée en peinture.jpgChâteau de Boudry et vignes.JPG

Je crois qu’il y a suffisamment d’indices qui prouvent que ma photo est la source de la peinture.

On peut citer:

  • La position du drapeau
  • l’ombre des arbres (invisible) sur le muret devant
  • la position des stores à droite
  • la position des volets (celui que l’on voit à travers la porte est fermé)
  • la couleur de la vigne (ce n’est pas à n’importe quelle saison)
  • le choix de l’angle de vue qui influence l’alignement de tous les détails

Voici un autre exemple d’utilisation non prévue

Une autre de mes photos postée sur wikipedia est devenue célèbre. C’est une photo du lac de Neuchâtel que j’ai prise en avril 2006 et qui est devenue la couverture de la plaquette qui a été distribuée à tous les habitants de la ville de Neuchâtel fin 2009. (20’000 exemplaires !)

800px-Lac_de_neuchâtel_et_montagne_de_boudry.jpg

En plus, cette plaquette officielle ayant été concurrencée juste avant par une plaquette commerciale, cette plaquette à fait parler d’elle et s’est même retrouvée photographiée dans la presse.

Je crois que c’est la première fois qu’une de mes photos est photographiée par un photographe de presse !!

Express photo de ma photo plaquette neuchâtel.jpg

Petit rappel à propos des animaux…

En plus de faire des photos, il m’arrive aussi de dessiner.

Pour ceux qui suivent attentivement le contenu de mon blog, J‘ai déjà écris un article il y a quelque temps à propos de mon dessin de girafe et de mon remix du dessin de singe. Voici quelques nouvelles à leurs propos.

Ces deux illustrations n’arrêtent pas de se diffuser dans des utilisations toutes plus imprévues les unes que les autres !

La girafe se diffuse… elle devient l’emblème de la fête de gym du val de ruz… Il y a des dizaines de gosses qui ont des t-shirts avec la girafe dans le dos !!

Dans un autre remix, la girafe a également été reprise comme modèle pour faire des doudous girafes !

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. N’oubliez pas d’aider à propager la girafe en la faisant voyager…. à voir sur http://ou-est-la-girafe.ch

logo-girafe-autocollant.png

Le remix du singe continue lui aussi… il est terriblement populaire… il a déjà été téléchargé ~14700 fois !!!

Il est 2 ème dans le classement de popularité de openclipart.org.. !!

Il a même été repris sur de nombreux autres sites, dont certains où il a également été remixé !! …. nous avons le singe dubitatif, le singe triste, le signe qui pleure !

Même les yeux ont été extraits pour repartir vers une nouvelle vie…

Il est utilisé comme illustration pour la promotion d’un soft vidéo sur mac.. .. même cité à plusieurs endroits.

Le singe est utilisé pour vendre des t-shirts !!! Est ce que vous en avez déjà croisé ??

Et voici encore… un blog…

monkey-face-cartoon.png

Il devient donc évident que si j’avais gardé toutes ces photos et tous ces dessins sur mon propre ordinateur sans jamais les montrer, il y aurait nettement moins de variantes intéressantes en circulation !
Vive la culture du partage, de la collaboration et du remix….

Collaborer au lieu de concurrencer

 

Les biologistes disent que l’humain est un animal social. Pourquoi dit-on social ? Simplement par ce que les humains vivent en groupe. Les humains aiment se rassembler, ils vivent en famille, ils aiment voir leur amis.

Depuis les âges les plus reculés, les humains vivent en groupe. C’est simplement une manière de survivre dans un milieu hostile. Les humains sont plus forts en groupe.

Au fil du temps, les humains ont créé des structures pour vivre ensemble et des systèmes pour échanger des biens et des services. L’économie est née.

Puis l’économie a pris de l’ampleur puis son indépendance, au lieu d’être au services des humains elle fonctionne pour elle même en consommant des humains comme elle consomme toutes les autres ressources.

Cooperation_by_Merlin2525.pngD’un système collaboratif au service des humains, l’économie est devenue une machine à transformer des ressources en déchêt.

La collaboration n’est plus la règle. Si l’on veut faire tourner l’économie plus vite et en plus grande quantité, il faut favoriser l’individu. Il faut que chacun achète et consomme dans son coin. Partager c’est contre productif.

Ainsi on en arrive à un système capitaliste qui devient une philosophie de l’individualisme. Une philosophie qui prône le profit personnel, les compétences personnelles, la responsabilité personnelle, le volonté personnelle.

Pour le bien du système, on impose le dogme de la concurrence. Chaque personne est en concurrence avec ses semblables, il faut être plus beau, plus fort, plus rapide, plus performant que les autres.

L’individualisme se renforce. La « chosification » de gens se renforce.

Où est passée la collaboration originale ?

collaboration.jpgIl est grand temps de renouer avec les liens sociaux. De penser à la collaboration plutôt qu’à la concurrence, au partage plutôt qu’au profit personnel.

L’économie doit redevenir un moyen et non une fin. L’économie doit redevenir un système collaboratif qui permet de gérer des ressources communes, des biens communs.

Moins de bien, plus de liens.

Ensemble nous sommes plus fort !

pastille-vert

L’accueil au lieu de la prédation

L’homme est un loup pour l’homme. En effet, l’humain est un prédateur. Et non seulement pour lui même, mais pour la terre entière. De l’exploitation des champs pétroliers, à l’exploitation des champs de céréales.

L’humain est un pillard dans l’âme. En effet, c’est l’origine même du terme de prédateur.

L’humain assouvit ses besoins et ses désires en pillant la planète. L’humain pille même ce qui lui est offert. Pire, il ne se rend pas compte de ce qui lui est offert.

La nature est dans l’économie du don.

La vie nous est donnée, l’intelligence nous est donnée. Pour combler nos besoins il est inutile d’être dans la prédation. Il suffit de savoir reconnaitre ce qui nous est offert. Il nous suffit de savoir s’émerveiller devant la chance que nous avons d’exister.

L’humain prédateur s’échine à aller chercher du pétrole à grande profondeur alors que l’humain dans l’accueil sait profiter du rayonnement solaire qui lui est offert, il sait profiter du vent qui lui est offert.

La philosophie de l’accueil va même plus loin. Le souffle est également le moteur de notre corps humain. Nous respirons sans cesse. Notre corps est dans l’accueil.

La plupart des grandes religions enseignent comment gérer son souffle. Preuve que c’est important.

Je vous invite donc à passer de l’ère de la prédation à l’ère de l’accueil.

Sachez accepter cette invitation !

pastille-jaune

Pour une science holistique

Il est un fait que nous ne prenons pas assez en compte: tout est lié !

Tout est est lié dans un équilibre instable où chaque action modifie cet équilibre. Chaque action a une conséquence.

organize.pngNotre science est essentiellement une science analytique, une science qui étudie en isolant, en séparant, en décomposant. Mais alors comment observer les effets d’émergence, les effets issus de liens, de relations entre les éléments ?

Il n’est pas possible d’observer un effet d’émergence en décomposant les parties qui le compose, car l’effet a une somme supérieure à la somme des parties qui le compose.

Ce concept est souvent illustré par la phrase:

Ensemble nous sommes plus fort.

Ainsi, même si la science analytique nous permet de comprendre beaucoup de chose et nous aidera encore beaucoup. Elle ne permet pas de tout comprendre.

Pour étudier un univers où tout est intimement lié, il est temps d’utiliser un peu plus souvent une science holistique, une science dans laquelle on se préoccupe des liens entre les éléments.

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Anarchisme

Qu’est ce que l’anarchisme ?

J’ai découvert sur immédiat.tv une conférence qui parle de l’anarchisme et du socialisme. C’est l’occasion de savoir un peu se qui se passe dans les milieux anarchistes.

Quelques définitions:

Pour les gens qui ne se sentent pas anarchistes, l’anarchie c’est le bordel !

Pour le conférencier, l’anarchie, c’est l’ordre moins le pouvoir.

Il cite également Noam Chomsky, qui est probablment l’anarchiste le plus connu de nos jours.

un anarchiste est quelqu’un qui se bats contre des structure de pouvoir qui ne sont plus capables de se justifier.
Définition de Noam Chomsky

La notion d’Etat est combattue par les anarchistes. C’est ce que montre la définition de mon dictionnaire:

Doctrine politique qui préconise l’abolition de l’État, de toute législation qui brime l’individu, de toute contrainte sociale.

Pour les anarchistes, l’Etat ne sert à rien. L’idée de l’anarchisme, c’est que tout le monde se préoccupe du bien commun, donc l’Etat est inutile. L’Etat est une notion récente de l’histoire, c’est un organisme qui se bat contre la société. Qui cherche à dominer la société. Les anarchistes sont contre toute forme de domination. Donc contre l’Etat.

Les anarchistes aiment la liberté. Ils sont libertaires.

Leur définition de la liberté n’est pas la plus connue. Souvent on nous donne comme définition de la liberté, que c’est faire ce que l’on veut mais qu’elle s’arrête où commence celle des autres.

Les anarchistes, pour autant que l’on puisse parler au nom d’un anarchiste, disent que cette forme de liberté n’est pas juste. Que finalement si la liberté dépend de son territoire, les différentes libertés ne sont pas équivalente.

Une autre définition nous dit que la liberté, c’est ce qui rend libre les autres. Plus l’autre est libre, plus nous sommes libres.

Ceci s’explique par l’exemple de l’esclavagiste qui est libre d’exploiter des esclaves vu que c’est son territoire !! .. mais sa liberté est très fragile. C’est une sorte d’épée de Damoclès. Il n’est jamais à l’abri d’une révolte de la part des esclaves qui veulent leur liberté.

Ainsi, si un homme rend libre les autres, il se libère lui-même !

J’écoutais cette conférence en me déplaçant à vélo. Voilà que j’arrive dans un carrefour avec un giratoire, et tout s’éclaircit dans mon esprit.

L’anarchisme, c’est un carrefour géré par un giratoire, contrairement à une Etat qui est un carrefour géré avec des feux de signalisation.

Le giratoire est capable d’auto-réguler le traffic. C’est l’anarchie, car il n’y a pas d’autorité centrale qui dirige. Mais il y a de l’ordre. J’en déduit que l’anarchie, c’est de l’auto-organisation.

Sans être anarchiste, il y a un homme qui a beaucoup inspiré les anarchistes, c’est Cornelius Castoriadis. Son dernier livre: La montée de l’insignifiance

L’idée la dernière, c’est que la politique est de plus en plus faites par des gens déconnecté, dans des hautes sphères, que finalement on  crée une distance, et qu’il est normal que les gens se désintéressent de la politique. Ce n’est pas compliqué de devenir dictateur de nos jours, la propagande en place fait tout pour un désintéret de la politique. Personne ne s’opposera à la venue d’un dictateur.

L’anarchisme aimerait que la tâche première de la vie soit le bien être de la communauté toute entière.

Actuellement on s’indigne de voir de moins en moins de monde voter et s’investir en politique. Comme panacée pour que les gens votent, on invente le vote par correspondance, le vote par internet.

C’est peut être pratique, mais ça rend l’acte de voter encore plus insignifiant.

Personnellement, je me dis de plus en plus que l’on devrait réinstaurer la landsgemeinde. On réuni tout le monde sur la place du village, on vote tous ensemble à main levée, et on fait la fête toute la journée. Là je suis certain que l’on peut retrouver un enthousiasme pour la politique. La politique c’est la fête, c’est pas une paperasse de plus que l’on reçoit à la maison. On crée du lien social. On connait les autres citoyens.

Article dans le monde diplomatique à ce propos

L’Interview par Mermet de Castoriadis, cité dans la conférence.

Pas trop loin de chez nous, un espace libertaire. Je croise également régulièrement les affiches de la Fédération libertaire des montagnes, avec leur chat déchainé.

chat-dechaine-9

Télécharger Le Chat Déchaîné numéro 9 au format PDF

Il semble qu‘en août 2012, il y a un grand rassemblement d’anarchistes à St-Imier.

Inventions publiques

Inventions publiques

Dans les inventions majeures du domaine de la communication quelles sont les apports des sociétés privées commerciales et quels sont les apports issus de financement publics.

Dans le domaine des systèmes d’exploitation Unix est incontournable. Unix est issu en marge des laboratoires Bell AT&T, mais pour cause de loi anti-trust, ces laboratoires n’avaient pas le droit de commercialiser un produit hors du domaine de la téléphonie !!! Donc unix est offert à l’université de Berkeley. Grâce à ce geste, des centaines d’étudiants ont pu bénéficier du travail d’une entreprise privée et surtout l’ont énormément amélioré et diffusé grâce à des fonds publics !

C’est ainsi que TCP-IP, le protocole à la base d’internet à été conçu en premier pour un unix BSD, donc un unix de Berkeley ! TCP-IP est d’ailleurs un protocole issu des recherches faites par le département de la défense état-unien.

Donc le développement d’internet a été financé par le contribuable état-uniens. En suisse également, la base de l’internet suisse (le réseau de switch) à été conçu pour relier entre-elles les universités.

En ajoutant une couche de services au dessus d’internet, on trouve le fameux web, qui a lui tout seul éclipse tout les autres services internet.

Le web est un projet issu du CERN, donc un projet financé par un centre de recherche qui obtient ses fonds des contribuables européens.

Le fameux moteur de recherche google tout comme son cousin yahoo est aussi un projet qui a sa base dans une université.

Tout ceci pour rappeler que les principales infrastructures du monde de l’internet et de ce que l’on qualifie de nouvelles technologies sont pour la plupart issues de recherche financées par des états et non par des sociétés commerciales.

Toutes les principales architectures de type réseau ont toujours été financées par l’état.

  • Le réseau d’eau
  • Le réseau électrique
  • Le réseau téléphonique
  • Le télé-réseau
  • La base de réseau de téléphonie mobile
  • Le réseau ferroviaire
  • Le réseau routier

Ceci tente à prouver que pour concevoir un réseau il faut qu’il soit ouvert. Et les formats et réseaux ouverts ne peuvent être réalisés que si tout le monde contribue.

Une société commerciale à toujours un réflexe protectioniste. Un réflexe de tentative de vérouillage pour assurer des gains financier. Ce réflexe tend à ne pas concevoir de formats ouverts et donc seul l’état peut le faire.

4 May 2006 : 14:21

Stigmergie et auto-organisation

Stigmergie

ce terme de stigmergie je l’ai découvert sur article sur wiki crao.

Ce terme fait référence à l’énergie qui permet de construire des structures complexes à partir de règles simples décentralisées.

C’est exactement de cette manière que font les fourimis pour construire une fourmilière. Lorsque une fourmi commence à entasser des brindilles les autres font pareil. Et vu que les fourmis se basent sur les phéromone qu’elle laissent comme trace pour communiquer et bien les petits tas de brindilles se font au même endroit.

J’ai également observé ce fonctionnement en camp, lors de la construction de châteaux de sable.

Initialement une bande informe de gens ne font rien de particulier au bord de la plage. Puis il a suffit que je commence à creuser une peu pour commencer la construction d’un château que nous étions déjà deux… puis tout de suite.. effet boule de neige, tout le monde veux venir aussi entasser du sable sur le même tas !

Comme si la plage n’était pas assez grande pour que chacun fasse son propre château… non, chacun est attiré… et commence à bricoler sa petite partie de château sur le tas déjà existant !

C’est encore et toujours le même principe lorsque l’on voit des caïrns. Dès qu’il y en a un, tout le monde se sent obligé de mettre sa pierre à l’édifice… où alors de construire un second empilement juste à côté !

La stigmergie est donc une forme de communication. Dans ce genre de construction, l’ouvrirer construit en fonction des informations de la construction elle même et non d’un plan prédéfini. Comme tout le monde fait pareil, la communication entre les ouvriers se fait par l’intermédiare de la construction !

Quelques liens sur des textes parlant d’intelligence collective

17 Aug 2006 : 08:22

大字报

大字报

大字报 (dàzìbào) est un nom chinois qui signifie en gros journal à grand mot … ce sont des journaux muraux. Il ont été utilisés principalement en chine durant le règne de mao pour annoncer tout ce qui ne se dit pas ailleurs. Principalement des informations cachées par le gouvernement.

2008_01_13_11_38_XIII_dazibao1.jpg2008_01_13_11_39_dazibao.jpg2008_01_13_11_39_resized_dazibao_jpeg.jpg2008_01_13_11_40_41663974_dazibao203.jpgVoici quelques images historiques de dàzìbào ainsi que l’équivalent moderne du XIIIème arrondissement parisiens.

De nos jours, ce sont principalement les blogs qui remplacent les 大字报 dans leur rôle d’annonce au public d’information non autorisée.

Voir la page wikipedia à propos des 大字报.

13 Jan 2008 : 11:47


Penser global agir local, la consommation collaborative comme système économique

vieille-tv.pngDepuis que j’ai fait une petite visite à la déchetterie, (que l’on peut voir dans l’émission passerelles sur canal alpha…) j’ai vu la réalité de l’ampleur des dégâts de notre société de consommation.

Ce que j’ai appris dans cette déchetterie m’a beaucoup marqué. Par exemple, le fait que le nombre de télévisions amenées à la déchetterie en 2010 a triplé juste par ce que la publicité nous disait que la coupe du monde de foot était l’occasion rêvée pour change son téléviseur cathodique en téléviseur à écran plat !

On jette ainsi de nombreux appareils qui fonctionnent encore.

S’adapter à la société ou adapter la société à soi-même ?

J’ai beaucoup de peine à me convaincre que le but de mon existence doit être de consommer pour être heureux !

.. de transformer le plus vite possible des ressources naturelles utilisables en déchets inutilisables.

Etant conscient de cette réalité, j’ai plusieurs options:

  • Je peux me morfondre dans mon coin en me disant que je ne suis qu’un marginal inadapté à la société dans laquelle je vis.
  • Je peux me dire que c’est moche, mais que c’est le système qui veut ça. Que finalement je n’en suis pas totalement responsable. Je ferme les yeux et tout continue.
  • Je peux agir pour changer cette situation.

yves_guillou_brain.pngComme je tente parfois de me culturer un peu le cerveau. J’ai eu l’occasion d’entendre et de retenir quelque jolies phrases de grands penseurs.

Jiddu Krishnamurti disait: Ce n’est pas un gage de bonne santé que d’être bien intégré dans une société profondément malade.

J’en conclu, que même si je suis un marginal dans cette société. Ce n’est pas une mauvaise chose !

Un compatriote de Krishnamurti, un certain Gandhi disait:
Sois le changement que tu veux voir dans le monde.

Ainsi, j’ai décidé que le fonctionnement de notre société de consommation ne me convient pas, et qu’il faut que ça change !

recyclage.png

Donc que faire ?

Augmenter la durée de vie des objets est une solution qui me parait intéressante.

Le plus simple pour commencer, c’est de se dire qu’il ne faut pas que tout ces téléviseurs en bon état et autres objets ne finissent bêtement à la déchetterie par ce que l’on ne sais pas où les mettre ailleurs.

On doit bien trouver un moyen simple pour mettre en relation des gens qui veulent se séparer d’objets, avec des gens qui veulent en acquérir pour pas cher ?

idee.pngC’est là que tout s’éclaircit dans mon esprit !

(réplique  du film Oscar avec Louis de Funès)

Il existe déjà un moyen populaire d’augmenter la durée de vie des objets en leur offrant une nouvelle vie ailleurs. C’est ce que proposent les sites de vente aux enchères comme ricardo.ch !

Ricardo, tout comme e-bay sont de véritables cavernes d’Ali-baba où l’on trouve tout ce qui n’est plus dans le commerce. La distribution est totalement repensée par rapport à un circuit économique classique. On utilise une économie entre particuliers.

En creusant un peu plus, je découvre, ou redécouvre que cette idée d’un système économique direct entre particuliers est en fait une tendance déjà bien présente, et grandissante.

Pour continuer dans mon jeu de citation, je dirai que l’on entend bien le fracas de l’arbre qui tombe, mais pas le murmure de la forêt qui pousse !

On parle souvent de notre société de consommation et de tous les problèmes climatiques qu’elle provoque, mais rarement du système qui émergera sur les cendres de cette société.

Cooperation_by_Merlin2525.pngEn fouillant l’idée,  j’ai découvert toute une nouvelle forme de système économique qui émerge. Ce système économique change de valeurs fondamentales.

Il n’est plus strictement un système capitaliste basé sur les valeurs d’individualisme et de concurrence. Le système responsable de la société de consommation qui nous fait consommer, individuellement, plus et plus souvent que son voisin, juste pour le rendre jaloux !

Ce nouveau système économique remet au goût du jour des valeurs de partage, de collaboration et de coopération.

Pour bien montrer que c’est une phase de transition entre deux systèmes, pour prendre un peu des valeurs de l’ancien monde et un peu des valeurs du nouveau, c’est sous le terme de consommation collaborative que l’on découvre ce nouveau système économique.

La consommation collaborative est déjà partout

Rfc1394_Blue_Sofa.pngEntrons dans le vif du sujet par des exemples. Si j’ai prévu un petit voyage à l’autre bout du monde, il est toujours plus sympa de loger chez l’habitant que dans une chambre d’hôtel froide et impersonnelle.

Il est possible depuis longtemps de s’inviter pour une nuit sur le canapé de quelqu’un… C’est ce que l’on appelle le couchsurfing. De nombreuses personnes s’organisent ainsi grâce au site web couchsurfing.org pour trouver ou offrir un hébergement.

Pour les gens qui n’ont pas trop envie de dormir sur un lit de fortune, mais qui veulent un meilleur confort.. (et donc aussi risquer de payer), il y a le site airbnb.com qui permet de trouver des locations pas chères, à la nuit, aux 4 coins du monde.

Voilà, on a de quoi se loger. Maintenant, il faut trouver de quoi se nourrir.

casserole.pngVoici donc le concept du site super-marmite.com qui propose de partager des repas. Il y a des gens qui proposent un repas chez eux et d’autres qui viennent manger. Puis, on partage les frais et tout le monde est gagnant et content.

Pour préparer à manger, il est utile d’avoir à disposition des ingrédients! La distribution de nourriture s’organise aussi de manière collaborative.

aubergine.pnglaruchequiditoui.fr est un concept qui propose de grouper des consommateurs et des producteurs de nourriture (bref des agriculteurs), d’une même région pour organiser une nouvelle forme, plus directe de distribution alimentaire. On est dans ce que l’on appelle, l’agriculture contractuelle de proximité.

Toujours dans la nourriture, on a le site lepotiron.fr (malheureusement disponible uniquement en France), qui propose aux particuliers de redistribuer les surplus de leur propre jardin.

En Suisse, il y a jarditroc.ch, une association genevoise qui a pour but de faire un troc de plantes de son jardin. Le troc aura lieu cette année le 16 avril 2011.

wedding-shoes.pngPour en revenir à la manière de donner une seconde vie à nos objets, j’observe, de plus en plus souvent, sur Facebook des amies qui revendent leur habits à leur amies. Une simple photo du vêtement concerné est envoyée, puis c’est tout un marchandage digne des souks de Fès, qui s’établit dans les commentaires en dessous.

wedding-suit.pngParfois l’idée prend de l’ampleur et il y a carrément des comptes Facebook qui sont dédiés au vide dressing.
(Neuchâtel, Yverdon, Lausanne)

La force de cette idée réside dans le fait que c’est dans son réseau d’ami que l’on revend ses objets. Ainsi la confiance est maximale et comme les amis sont des gens que l’on voit régulièrement en chair et en os, il est facile de faire l’échange. Pas besoin de local de stockage.

En dehors des habits, pour les objets en général, le site goodscommons.org permet de donner une seconde vie à ses objets. A mon avis, il y a encore trop peu de solutions pour les objets. J’ai quelques idées à ce propos que j’aimerai bien creuser.

voiture_verte.pngPour se déplacer, il existe aussi de nombreux systèmes basés sur la consommation collaborative. Il y a le système bien connu en suisse qu’est mobility.ch

Mobility est une coopérative possédant tous ses véhicules, ses coopérateurs et usagers empruntent le véhicule qu’ils ont besoin au moment où il en ont besoin.

Rfc1394_Vehicles_-_Silhouette.pngIl existe d’autres manières de partager des véhicules, par exemple, le site français livop.fr permet de partager des véhicules entre particuliers déjà propriétaires de voiture. Ainsi il peuvent partager leur véhicule pendant qu’il ne l’utilise pas. (en moyenne 90% du temps ! … il y a du potentiel !)

Si l’on ne veut pas partager toute sa voiture, il y a moyen de juste partager une place dans voiture, pour un trajet, c’est ce que l’on fait avec le covoiturage qui s’organise autour du site: e-covoiturage.ch

Comme je l’ai déjà exprimé dernièrement sur ce blog, à mon avis, l’avenir de la mobilité va passer par des abonnements à des pack mobilité dans lesquels chaque abonné peut utiliser le moyen de transport le plus adapté du moment:

De la possibilité d’utiliser les transports publics, et/ou différentes sortes de véhicules, du vélo au véhicule utilitaire en passant par la petite voiture électrique et la grosse voiture familiale.

Ensuite, si l’on a envie de partager, mais que l’on ne sait pas trop quoi partager, sur le site easyswap.org il y a possibilité d’échanger des services ou des objets entre personnes de suisse romande et France voisine.

Le petit dernier arrivé dans le domaine des locations entre praticulier est tryngo.com/fr

Penser global, agir local

penser global agir local.jpgLe point commun de tous ces services est de concrétiser le slogan: penser global, agir local. On conçoit un site web qui est globalement accessible et qui permet de s’organiser de manière locale. Plusieurs communauté peuvent utiliser le même outils en parallèle.

C’est souvent une manière d’optimiser et de partager des ressources que tout le monde a, mais qu’il est difficile de partager sans infrastructure complexe pour le faire. Le web apporte cette infrastructure. Mais, c’est souvent le local qui a de la peine à se mettre en place.

Les clubs de partage d’objets ( par exemple, le club ichtus qui partage du matériel nautique)  et les bibliothèques ne sont pas nouveaux. Ce qui est nouveau, c’est vraiment ces outils web globaux qui permettent de mettre en lien des gens et de gérer son organisation locale.

La consommation collaborative, c’est le retour du concept de bien commun. Anne-Catherine Menétrey dans un article paru dernièrement dans Le Temps, disait que l’on va vers une économie de fonctionnalité ou de contribution.

Vers une économie où l’on échange non plus des objets, mais des droits d’usage de ces objets.

Est-ce que ça va vraiment marcher ?

Est-ce que cette tendance n’est qu’une affabulation de ma part vu que de toute façon les événements majeurs de l’avenir ne sont pas prédictibles ?

iphone.pngÀ mon avis la tendance au partage et à la collaboration n’est pas qu’une simple mode passagère. La consommation collaborative est la convergence d’habitudes déjà existantes et d’une technologie qui devient mure pour gérer une nouvelle manière de s’organiser. C’est ce mariage qui est nouveau, pas les deux parties.

Je pense que ça va marcher, car le concept est basé sur des valeurs humaines et pas seulement sur la technologie.

La technologie est un amplificateur d’habitudes latentes. La technologie n’invente jamais directement de nouveaux comportements, elle amplifie ce qui existe déjà.

Depuis la nuit des temps, les ados, dans les salles de classe bavardent pendant les cours. Mais tout au plus, avant l’ère du téléphone mobile, c’était des messages sur des bouts de papier qui faisaient le tour de la classe. Maintenant les messages sur Facebook font le tour du monde !

Un système économique est un système collaboratif

organize.pngCroyant encore que l’humain est un animal social qui aime collaborer et partager avec ses semblables. Je pense que la consommation collaborative a de l’avenir.

Cet idéal de partage et de collaboration n’est pas qu’un idéal, mais également la stratégie la plus efficace pour survivre dans un système économique.

Il ne faut pas oublier qu’un système économique est un système collaboratif. C’est un système qui est sensé combler les besoins de chacun. (ce que l’on oublie parfois et qui a pour conséquence que l’économie tourne en circuit fermé en détruisant des humains!)

Dans un système capitaliste, les règles de bases sont la concurrence et le profit individuel. Ce sont des règles égoistes. Adam Smith a expliqué que c’est grâce à cet égoïsme que le système capitaliste fonctionne. C’est ce qui permet d’obliger les gens à se spécialiser dans ce qu’ils savent le mieux faire et à collaborer.

Depuis le 18ème siècle de nombreuses études ont été faites dans le domaine de la théorie des jeux et des systèmes collaboratifs.

En 2003, Robert Axelrod et Ross A. Hammond ont montré que dans un système collaboratif la meilleure stratégie est l’ethnocentrisme.

Pour le prouver, ils ont conçu une simulation comportant des individus de plusieurs couleurs qui ont des caractères choisis aléatoirement:netlogo-ethnocentrisme.png

  • altruiste, qui coopère avec tout le monde
  • égoïste, qui ne coopère avec personne
  • ethnocentriste, qui ne coopère qu’avec ceux de la même couleur
  • extraverti, qui ne coopère qu’avec ceux de couleurs différentes

Les simulations montrent qu’à tous les coups, ce sont les ethnocentristes qui gagnent.

La conclusion que j’en tire, c’est que pour gagner dans un système collaboratif, et donc aussi dans un système économique, il ne faut ni être totalement altruiste (les idéalistes), ni totalement égoïste (les valeurs capitalistes pures).

La meilleures stratégie est de partager avec ses semblables, avec ceux qui partagent aussi avec nous. Il faut créer un bien commun qui n’est accessible qu’en y contribuant.

ivak_Bear_Trap.pngDans un domaine un peu différent, c’est cette stratégie virale qui est appliqué par la licence GPL très utilisée dans les logiciels libres. Tu as accès à tout le code qui est déjà écrit pour autant que tu donne aussi le tiens !

Le piège de tout système collaboratif est de trouver le juste équilibre qui fait que personne ne soit perçu comme un profiteur du système.

Les systèmes de consommation collaborative qui vont être mis en place doivent faire attention à ce piège, mais sinon, je suis confiant, la tendance va se renforcer.

collaboration.pngOn va de plus en plus vers des systèmes de gestion et de distribution entre pairs, (p2p) entre particuliers sans plus passer par des intermédiaires. Ceci souvent à l’intérieur de communautés de confiance.

Les commerçants et distributeurs traditionnels devront certainement se remettre en question si tout un commerce entre particuliers se développe.

Pour conclure, je dirais que la consommation collaborative me plait, car j’ai l’impression qu’elle s’inscrit bien dans une économie décroissante: une économie qui ne repose pas sur le dogme de la croissance économique.

La consommation collaborative permet de concrétiser le slogan: Moins de bien, plus de liens…

grey_orange_men_cloud.png

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