vignette solaire pour 2010

Voilà on est en 2010, c’est une nouvelle année qui commence, il est temps de passer à la caisse pour renouveler sa vignette pour aller sur les autoroutes de l’information !

Les automobilistes suisses sont habitués à payer chaque année une vignette pour avoir le droit d’utiliser le réseau autoroutier.

Les utilisateurs des autoroutes de l’information, devraient prendre, eux aussi, l’habitude d’acheter, chaque année, leur vignette solaire.

Qu’est ce donc ?

La vignette solaire, est une idée qui a été trouvée pour sponsoriser la production d’énergie solaire.

Il est proposé à tout possesseur d’un ordinateur portable (les autres aussi ont le droit) d’acheter une vignette à CHF 50.- qui correspond au cout, en énergie solaire, d’une année d’utilisation d’un ordinateur portable. (50kwh)

Ces vignettes peuvent être commandées sur le site web: http://www.vignettesolaire.ch

Ainsi, en achetant une vignette solaire, je sais que l’énergie que consomme mon ordinateur est au moins produite quelques part en énergie solaire. En utilisant mon ordinateur portable, je ne vais donc pas faire augmenter la demande en énergie et favoriser ainsi la construction de nouvelles centrales nucléaires ou favoriser la prolongation de leur durée de vie.

En achetant une vignette solaire je sponsorise un projet de création d’énergie propre et d’énergie produite par des panneaux solaire installés par des jeunes.

Production d’énergie en suisse

En suisse, nous avons la chance d’avoir une majorité de notre électricité qui est produite de manière renouvelable. Ceci par ce que nous avons beaucoup d’usines hydroélectriques. La production hydroélectrique représente 58,4 % de la production d’électricité en suisse contre  40,7 % pour le nucléaire, et seulement 0,9 % pour les autres sources de production d’électricité. La production d’énergie solaire est donc ridiculement petite. Il faut que ça change !

Libéralisation de la production d’électricité

les rapaces du marché de l électricité.jpgEn suisse le contexte du marché de l’électricité a beaucoup changé ces derniers temps et il va encore beaucoup changer.

Le 22 septembre 2002, la loi sur le marché de l’électricité (LME) était rejetée par 52,5% du peuple suisse. Cette loi proposait une libéralisation du marché de l’électricité. Le peuple n’en a pas voulu. Cependant, quelques gros consommateurs d’électricité voulant faire quelques économies (d’argent pas d’énergie !) ont invoqué la loi contre les cartels devant le tribunal fédéral pour libéralisé le marché. Ils ont gagné !

Cette victoire au tribunal fédéral a de facto libéralisé le marché de l’électricité, obligeant le parlement à faire une loi. Cette fois-ci. En tenant compte du débat de 2002. La loi a été conçue pour ne libéraliser que la production d’énergie et non son transport. Ainsi il est possible de garantir que les réseaux seront bien entretenus. Ce qui était une des plus grande crainte lors de la votation de 2002.

De plus un petit su-sucre a été offert pour faire passer la nouvelle loi: un fond pour sponsoriser les énergies renouvelables.

C’est ainsi que cette nouvelle loi sur l’approvisionnement en électricité (LApEI) a été accepté sans référendum.

Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2009. Libéralisant le marché de la production d’électricité pour les consommateur de plus de 100’000kWh.

Cinq ans plus tard, donc le 1er janvier 2014 le marché sera aussi libéralisé pour tout le monde.

Conséquences de la libéralisation

Beaucoup de gens ont vu dans cette libéralisation un moyen d’augmenter la concurrence et donc un moyen de faire baisser les prix. Mais c’est totalement faux !

Ce qui c’est passé, c’est une augmentation de 25% des prix ! (très variable suivant les régions..)

La concurrence sur la production de l’électricité ne peut pas fonctionner.

En effet, l’électricité, avant de suivre les lois de l’Etat, suit les lois de la physique! L’électricité est un flux d’électron qui emprunte toujours le chemin le plus court !  Ceci signifie que l’on consomme toujours l’électricité qui a été produite le plus près de chez soi.

Ainsi, avec cette nouvelle loi (LApEI), on est libre d’acheter à n’importe quel producteur de l’énergie. Mais on consomme toujours l’énergie produite localement ! Beaucoup de gens ne comprennent pas ce paradoxe, et ça ce comprend !

Sur ma facture il est écrit que mon électricité provient d’énergie hydroélectrique produite dans les pays nordiques   Mais en réalité je consomme de l’électricité provenant d’usines hydroélectriques des gorges de l’Areuse à quelques kilomètres de chez moi ou de l’électricité de la centrale nucléaire de Mühleberg.

Ainsi, ce que l’on a mis en place lors de la libéralisation de la production d’électricité en suisse, ce n’est pas une modification de notre réseau électrique. C’est une modification au niveau de la facturation de la production électrique.

Il y a donc un producteur chez qui on va acheter une certaine quantité d’énergie et il y le producteur local qui va nous la fournir. Entre temps il y tout un réseau de transport de cette énergie dont le financement est assuré par le droit de timbre. une taxe qui permet de financer l’entretient du réseau électrique (certaines communes taxent encore, en plus, un droit de passage). Pour calculer tous ces flux d’énergie qui passent, mais pas forcément par où il sont payés, il y a une nouvelle société, swissgrid qui a été crée pour s’occuper de gérer le transport d’électricité en suisse.

L’augmentation des prix de l’électricité avec la libéralisation s’explique probablement par le financement de cette nouvelle société swissgrid et par le calcul à la hausse du droit de timbre par les transporteurs d’énergie.

Financement des énergies renouvelables

éolienne en bout de champ.jpgQu’est devenu le su-sucre ? Que devient le financement de la production d’énergies renouvelables à prix coutant ? Les gens intéressés à recevoir une partie de 320 millions attribués pour que l’on reprenne à prix coutant l’énergie renouvelable qu’ils produisent était tenus de s’annoncer dès le 1er mai 2008 à swissgrid. Le 2 mai à 14h on comptait déjà 3750 demandes chez swissgrid alors que le 1er mai était un jour férié vu que c’était le jeudi de l’ascension!

Swissgrid a très vite été débordé par les demandes. Le tri a été fait, les petites installations ont été très vite rejetées. Puis les fonds d’encouragement pour le courant vert sont arrivés au bout. Ceux qui ont fait leur demande trop tard sont sur liste d’attente !

Pour tenter de débloquer la situation, en août 2009, le parlement a décidé de maintenir pour 2010 une taxe de 0.45ct par kWh pour reconstituer un fond pour financer les gens sur la liste d’attente des rétributions à prix coutant.

C’est une bonne nouvelle pour les grosses installations, surtout dans la géothermie et dans l’hydroélectrique. Mais ça ne résout pas le problème des petites installations. De tous les particuliers qui ont investi pour installer des panneaux solaires sur leur toit.

L’énergie solaire a été passablement délaissée par cette loterie au subventionnement.

La situation est encore pire qu’avant la libéralisation. Il y a un certain flou juridique autour du statut des gens qui ont été rejetés du subventionnement. Les distributeurs d’électricité sont quand même tenus de reprendre l’électricité qu’ils produisent mais à quel prix?

Jusqu’à présent il y avait pas mal de systèmes qui faisaient juste tourner le compteur électrique dans l’autre sens. Ainsi c’était un moyen simple de décompter l’électricité produite au même prix que celle qui est consommée. Avec la libéralisation quel est le prix? Souvent on applique le même principe vu que la libéralisation n’est pas encore effective pour les petits consommateurs d’énergie. Mais que ce passera-t-il en 2014? Est ce que l’on pourra se faire payer au prix du producteur d’énergie que l’on aura choisi ?

Etrange tout ça !

D’autres pistes de financement de l’énergie solaire

Toujours est il que les gens qui ont installé des panneaux photovoltaïques sur leur toits par ce qu’on leur promettait de les payer au prix coutant ont l’impression de s’être fait arnaquer !

Certains cherchent d’autre sources de financement. La vignette solaire en est une.

L’hébergement de site web sur un serveur web alimenté en énergie par des panneaux photovoltaïque en est une autre. C’est ce que fait la société Horus.

Perspectives d’avenir

panneau solaire à la cabane rambert.jpgL’avenir est à la production d’énergie locale. Il faut toujours  avoir en tête que l’électricité emprunte toujours le chemin le plus court! Donc l’installation de production qui aura le moins de perte de transport sera toujours la plus proche.

Une production locale permet également de maintenir des compétences locales et des emplois locaux.

L’énergie va devenir un secteur de plus en plus stratégique. Produire sa propre énergie, c’est garantir la sécurité de son avenir.

L’énergie solaire est inépuisable, elle est présente partout. Les panneaux solaire sont fait en silicium, c’est l’élément le plus courant sur la croute terrestre après l’oxygène. (le sable est principalement composé de silicium)

L’énergie solaire est donc la source d’énergie la plus durable et la plus propre que l’on puisse utiliser.

7 thoughts on “vignette solaire pour 2010

  1. Répondre
    Kiki - 22 mars 2010

    Pas mal ce blog… C’est le moment que je le découvre!! ;o)

    Pour ce qui est des panneaux solaires, quelques points restent à soulever:

    1. Obtenir du silicium à partir du sable demande pas mal d’énergie… Ce d’autant qu’il doit être en configuration particulière (amorphe il me semble… On parle évidemment de cellules photovoltaïques)

    2. Si un panneau solaire a été fabriqué en Chine sans aucune loi protégeant la nature, et qu’il a fallu le transporter jusqu’à nous, le bilan n’est de loin pas équilibré. Et je ne parle ici que d’écologie, parce que socialement parlant, je ne suis pas sûr qu’on puisse être fier d’acheter un panneau solaire qui a coûté la santé d’un pauvre gamin qui ne gagne même pas de quoi manger en travaillant à l’usine…

    3. Dans l’énergie solaire, on peut compter le vent (hé oui…) donc les éoliennes… Cherchez l’erreur quand des associations écologistes empêchent leur construction pour des raisons de beauté du paysage ou de migrations d’oiseaux (c’est vrai que du coup, on continue avec les centrales nucléaires ou à charbon, et on enterre les déchets loin de la vue de tous, déchets actifs encore pour quelques millions d’années)

    4. Avant de vouloir créer de plus en plus d’énergie, il serait bon de d’en ECONOMISER. En isolant les bâtiments, en légiférant et rendant obligatoire le préchauffage solaire de l’eau dans les bâtiments à construire, en chauffant sa maison à 19° ou 20 ° en hiver (ben oui, en hiver on s’habille, comme à l’époque… les shorts et T-shirts, c’est pour l’été!) Et pourquoi prendre l’avion pour aller à Paris? Le train c’est bien aussi et ça consomme moins… On peut aussi trier ses déchets, ce qui rend le coût énergétique moins lourd, ne plus utiliser les sacs en plastiques gratuits pour transporter ses achats mais prendre des sacs solides avec soi et les réutiliser, consommer des produits locaux et non pas ceux qui viennent du bout du monde (des asperges du Pérou au milieu de l’hiver… A quoi ça rime?!?)

    A mon avis le problème, c’est tout simplement que la majorité de la population s’est habituée à un confort bien trop élevé, du fait que notre société s’est développée rapidement grâce au pétrole et qu’elle le place au centre de ses intérêts, enrichissant au passage des dirigeants peu scrupuleux des droits humains et de l’écologie…

  2. Répondre
    Martouf - 26 mars 2010

    Merci de ton commentaire. Comme ma réponse prend beaucoup de place, j’en ai carrément fait un document complet et avec la réponse à ton autres commentaire. Pour lire tout ça, c’est par ici:
    https://martouf.ch/document/179-reponse-commentaires-de-kiki.html

  3. Répondre
    Simon P. - 10 mars 2017

    Juste la phrase « En suisse, nous avons la chance d’avoir une majorité de notre électricité qui est produite de manière renouvelable. » demande une précision. Oui c’est juste au niveau de la production, mais c’est faux au niveau de la consommation. En effet, la suisse produit beaucoup d’hydro durant l’été (qu’elle export en Italie, car il y a alors surproduction) et importe du nucléaire français et nucléaire/thermique allemand en hiver, car il manque alors d’électricité…

    Il n’y a pas de chiffre précis, car on ne sait pas vraiment ce que l’on importe (c’est un pot commun). Mais on peut tout de même faire une bonne estimation en prenant le type de production des pays exportateurs.

    Au final, le rapport s’inverse: en suisse on consomme majoritairement du nucléaire et du thermique. Vous pouvez voir la différence entre production et consommation sur le schéma:

    https://uploads.disquscdn.c

  4. Répondre
    Simon P. - 10 mars 2017

    J’ai remarqué que mes échelles n’étaient pas alignées. C’est mieux sur ce graphique:

    https://uploads.disquscdn.c

  5. Répondre
    Martouf - 10 mars 2017

    Remarque tout a fait pertinente.
    C’est vrai que j’ai jamais regardé le détail de ce qui est effectivement consommé.
    En écrivant cet article, j’ai juste regardé que le mixe de production suisse a une bonne dose d’hydroélectrique. Puis hop.. j’applique bêtement le fait que ce qui est produit en suisse est consommé en suisse….

    Pendant longtemps ça a été vraiment le cas. Mais c’est révolu depuis longtemps. Depuis que les interconnexion internationales sont là. Puis il y a le bilan global d’importation exportation. Je me souviens d’une période (je dirais il y a une dizaine d’année à la louche) où les médias titraient… « la suisse n’est plus autonome en électricité ».. c’était le moment où l’on a plus exporté plus que notre consommation….
    C’est un bilan total… mais le bilan intermédiaire qu’en est il ??
    Bonne question.
    C’est en fait exactement ce que l’on demande avec les AAA+ à la BNS en terme de création monétaire, mais dont la BNS ne peut pas répondre.
    On a une baignoire qui se remplit avec de l’eau… mais le trou de la baignoire n’est pas bouché… il y a un flux continu d’entrée et de sortie, et l’on ne publie que le niveau de la baignoire.. mais on ne sait rien du flux !

    Je comprend, le biais, mais j’en encore un peu de peine à l’intégrer concrètement.

    Sur ton graphe, si je fais le total de la consommation j’arrive à ~ 60 000 Gwh et pour la production j’arrive à ~65 000 Gwh..
    Donc la suisse exporte plus qu’elle ne consomme. Quelles sont la source de tes données ? pour quelle année ?
    (on discute quand même au dessous d’un article écrit en 2010 !)

    Selon la stat de l’OFS pour 2015, je vois dans le tableau 25 à la page 38 du document: http://www.bfe.admin.ch/the

    Qu’on est à 63 661 Gwh de production et 62 626 Gwh de consommation.
    Donc les ordre de grandeur sont pareil. Et la suisse toujours exportatrice au total…. mais sans rien préciser du flux d’importation !!! aaarg…. manipulation statistique !!!
    Encore une fois les statistiques c’est comme les bikinis, ça montre beaucoup de chose….. mais ça cache l’essentiel !!
    (mais ça a le mérite de donner des idées… 😛 )

    Merci pour cet éclaircissement pertinent !
    (D’autant plus qu’avec le pompage turbinage on fait du blanchiment d’énergie… on transforme du nucléaire en hydroélectrique !)

  6. Répondre
    Simon P. - 12 mars 2017

    Mes sources sont celle des statistiques de l’administration fédéral. Je me suis basé sur ce tableau principalement:

    https://uploads.disquscdn.c

    Tu peux voir le détail de mes petit calcules: https://drive.google.com/fi

    J’avais surtout besoin d’ordre de grandeur pour me faire une idée sur la faisabilité de se passer du nucléaire (sans dépendre d’autre pays). Je ne pense pas que ce soit faisable pour ces 100 prochaines années sans utiliser encore plus d’énergie fossile (ce qui n’est pas non plus une possibilité) ou de passé à une société qui se détourne de la consommation (je ne suis quand même pas si optimiste).

    Il y a effectivement une différence entre import et export:

    « Avec des importations de 42,3 milliards de kWh et des exportations de 43,3 milliards de kWh, l’excédent des exportations s’est élevé à 1,0 milliard de kWh en 2015 (5,5 milliards de kWh en 2014). Aux 1er et 4e trimestres, les importations affichaient un solde de 3,3 milliards de kWh (0,7 milliard de kWh en 2014). Aux 2e et 3e
    trimestres, le solde des exportations s’élevait à 4,3 milliards de kWh (6,2 milliards de kWh en 2014).
    En 2015, les recettes des exportations d’électricité ont atteint 2033 millions de francs (4,72 ct./kWh) pour des dépenses d’importation de 1799 millions de francs (4,26 ct./kWh). Le solde positif du commerce extérieur de la Suisse a baissé de 47,1% pour s’établir à 234 millions de francs (442 millions de francs en 2014). »
    Ce qu’il faut ce sont des flows charts du type: https://flowcharts.llnl.gov/ . La confédération en produit pour les rapports sur l’énergie, mais ne montre pas les imports/export ni les transfère. Très clairement les statistiques en suisse pourraient être de meilleure qualité sur ces sujets. Je trouve surtout leur lecture est particulièrement dirigée dans les rapports (il faut savoir lire entre les lignes).

    Sources:
    “Statistique Globale Suisse de L’énergie 2015” (Office Fédéral de L’énergie OFEN, 2015).
    “Statistique Suisse de L’électricité 2015” (Office Fédéral de L’énergie OFEN, 2015).

  7. Répondre
    Fanie - 8 août 2018

    Les utilisateurs des autoroutes de l’information, devraient prendre, eux aussi, l’habitude d’acheter, chaque année, leur vignette solaire.

    https://freshcalendars.com/

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