L’ère de l’électronique est finie

L’ère de l’électronique touche à sa fin !

Voilà.. c’est lâché, et c’est un électronicien qui vous le dit !

Difficile à croire ?

électronique poussiéreuse.jpgDans un monde où l’électronique prend une telle place, il est difficile de croire que l’on va voir disparaitre d’ici peu tous nos gadgets électroniques, tous nos processeurs au silicium que nous emportons partout avec nous dans nos baladeurs mp3, téléphones, et autres iGadgets….

Les gourous des techniques du futur sont plutôt en train de dire que l’électronique s’insinue de plus en plus partout.

Après avoir colonisé le monde des télécommunications, l’électronique s’insinue dans nos maisons avec la domotique, dans nos moyens de transports, de l’avion au vélo en passant par la voiture qui pilote toute seule. Une partie grandissante de ce que nous achetons est muni d’une puce RFID

La médecine a tendance à transformer le corps humain en machine. Il n’est pas rare de rencontrer des gens qui ont un peacemaker, et/ou un appareil auditif…

Les cyborgs sont partout !

Le rêve du mouvement transhumaniste est en train de se réaliser.

Cependant, je persiste à dire que nous sommes au début de la fin de l’ère de l’électronique !

Je vois deux facteurs principaux qui me conforte dans cette idée:

  • les ressources planétaires nécessaires à construire des gadgets électroniques sont bientôt épuisées
  • il existe un nouveau domaine technologique bien plus prometteur que l’électronique

déchets électroniques.jpgEn effet, l’explosion de l’électronique bouffe des ressources naturelles. Nous consommons de plus en plus de métaux et terres rares. Ce réservoir de ressources n’est pas infini.

Dans un monde où il y a quasi autant d’habitants que de téléphone mobile, le problème des ressources est limitant.

On ne va pas pouvoir continuer indéfiniment à exploiter des gens et des mines au Kivu pour obtenir le coltan nécessaire à la fabrication des condensateurs au tantale !

Ce facteur des ressources naturelles limitées est important, mais je ne crois pas que c’est celui qui va tout faire basculer.

Comme souvent, c’est plutôt la découverte d’une autre manière de faire qui va changer les habitudes et nous faire changer d’ère.

Les ruptures technologiques sont capables de faire crever les plus grands empires. Un des meilleurs exemples est celui de Kodak.

Après avoir dominé le monde de la photo pendant un siècle, Kodak s’est retrouvé en faillite pour ne pas avoir su gérer un saut technologique, pour ne pas avoir su gérer l’arrivée de l’appareil photo numérique.

Une entreprise spécialisée dans la chimie n’est pas facilement reconvertible en une entreprise d’électronique !

Le phénomène est facile à comprendre, mais alors quelles sont ces techniques qui vont balayer l’électronique, quelles sont ces techniques qui vont provoquer la faillite des Intel et Apple ?

…. C’est la biologie. Plus précisément la biologie de synthèse.

Qu’est ce que la biologique de synthèse ?

Le mythe de la biologie de synthèse se construit comme celui de la micro-informatique durant les années 1970.

 

Un biofilm bactérien programmable par la lumière construit par les équipes iGEM de l’UT Austin / UCSF durant la compétition de biologie synthétique Igem 2004 [2]

Dans le scénario, on remplace les deux fondateurs d’Apple Steve Jobs et Steve Wozniak qui bidouillent des ordinateurs dans leur garage, par Meredith Patterson, 24 ans, qui bidouille des bactéries et de l’ADN dans sa cuisine.

On peut dire que Meredith joue aux Légos. Elle assemble des « biobricks », sorte de fonctions standard biologiques, ceci afin de construire l’organisme de son choix.

Elle va chercher des séquences ADN sur le net, elle les assemble dans un programme informatique, puis elle synthétise l’ADN comme elle imprimerait une feuille de papier.

Ce genre de synthétiseur d’ADN s’achète sur eBay pour un prix abordable par un particulier.

Une fois l’ADN produite, on va l’introduire dans le noyau d’une bactérie que l’on a sous la main. La bactérie se reproduit, et voilà, un nouvel organisme est né de la base du programme composé sur l’ordinateur.

En quelque sorte, c’est de l’informatique biologique:
le logiciel de la cellule a été changé !

Cette technique est très récente. Le premier organisme vivant entièrement créé par l’humain a été synthétisé il y a moins de deux ans !

C’est en mai 2010, que l’équipe de Craig Venter à créer la bactérie Mycoplasma laboratorium.

Ainsi, depuis quelques années, il existe des jeunes biohackers qui s’échangent sur le net des séquences d’ADN, et qui réalisent dans leur cuisine ce que des batteries de chercheurs tentent de réaliser depuis des années avec des OGM.

Les appplications de la biologie de synthèse

Modélisation de la protéine de Miraculine

Meredith Patterson a à son actif la création d’un détecteur de mélamine. Une bactérie devient fluorescente au contact de ce poison qui à rendu malade des dizaines de milliers de personnes et tué des bébés en chine.

Elle a également réussi à construire une « usine bactérienne » pour produire de la miraculine, un édulcorant très puissant qui a un pouvoir sucrant bien supérieur à ce que l’industrie alimentaire utilise.

Chaque été le concours IGEM est organisé pour les jeunes afin de trouver des applications innovantes.

Dans les applications, on trouve toute une catégorie de détecteurs à l’instar du détecteur de mélamine. Des étudiants de l’université d’Edimbourg on fait un détecteur d’arsenic dans l’eau.

Une autre grande catégorie d’applications est la création d’usines bactériennes. Ces usines sont souvent capables de créer ce que des processus industriels n’arrivent pas à faire, comme avec l’exemple de la miraculine.

Ainsi, on tente de fabriquer des hydrocarbures pour en faire des biocraburants ou remplacer le pétrole dans les nombreux matériaux qui en sont composés.

A l’aide d’usines bactériennes il est aussi possible de fabriquer des médicaments. On peut imaginer ne plus avaler de médicaments, mais l’usine qui va générer, à interval régulier, le médicament.

Des projets de biofilm existent aussi. Il est ainsi possible de faire des écrans biologiques ou des panneaux solaires !

Ici on voit clairement que l’ère de l’électronique touche à sa fin. Pourquoi construire un écran avec du silicium, s’il suffit de programmer une bactérie et de la laisser se reproduire dans un milieu favorable !

Calculateur biologique

Quelques étapes d’évolution du jeu de la vie

Remplacer les écrans c’est bien, mais le coeur de l’informatique repose sur des processeurs. Est-il possible de faire des calculateurs biologiques ?

C’est ici que la science des automates cellulaires entre en matière. Il a déjà été prouvé que des jeux basés sur des règles très simples comme le jeu de la vie sont en fait capables d’être des calculateurs programmables.

Le fait de savoir qu’un automate cellulaire correspond aux critères d’une machine de Turing, prouve qu’il est possible de faire des ordinateurs biologiques basé sur ce principe.

La voie à l’informatique biologique est ouverte !

Quelques questions d’éthique

La biologie de synthèse offre des perspectives infinies, mais elle met directement en danger notre propre existence et celle du monde dans lequel on vit !

Est-ce que l’on doit vraiment poursuivre dans cette voie ?

adn_in_a_bottle_ocal.pngC’est une grande question à débattre. C’est ce débat que lance biologiste français, Joël de Rosnay, dans sont livre « Et l’homme créa la vie » (disponible en pdf pour le lire sur bouquin électronique comme je l’ai fait.)

Afin de limiter les risques, il existe plusieurs techniques de confinement utilisables. Une des plus originale est de ne pas utiliser les mêmes base d’ADN que celles dont on est composé. Il est possible actuellement de créer une chaine d’ADN composé d’autres acides aminés que les bases A, C, T, G.

J’ai lu ce scénario dans un recueil de science fiction écrit il y a une quinzaine d’années, et voilà que la réalité dépasse la fiction.

Une autre question d’éthique se pose. Jusqu’à la création de la bactérie Mycoplasma laboratorium, tout être vivant était naturel. Il existe maintenant de la vie « artificielle ». Quelle est son statut ?

Est-ce que ces nouvelles formes de vie sont également protégées par l’article 120 de la constitution suisse qui demande de respecter l’intégrité des organismes vivants ?

L’avenir n’a pas fini de nous étonner !

Gardons l’esprit ouvert à tout pour pouvoir préparer cet avenir !

Les civilisations du nord sont prédatrices

globe terrestre.pngIl y a une réflexion que je me fais depuis quelques temps…

C’est finalement les civilisations qui se sont développées dans le nord de la planète qui dominent les autres… qui les écrasent…. qui les pillent….. Juste par ce que habitant au nord, les contrées sont beaucoup plus hostile à la vie humaine…. Sous l’équateur, il n’y a pas d’hiver…. Dans le nord, il faut se protéger de la rudesse de l’hiver.

Donc on développe un comportement de survie qui inclus la prédation. Il faut se chauffer… on brûle du combustible… Comme rien ne pousse chez nous en hiver… On invente des techniques de conservation…. et maintenant on importe la nourriture d’ailleurs…

Les civilisations du nord ont du s’organiser avec des structures complexes et des outils pour résister au conditions climatiques.

C’est la raison de l’évolution technique.

Alors que les peuples habitants dans les forêts équatoriennes vivent dans le jardin d’Eden…. Tout est offert ! …. ils sont beaucoup plus dans un esprit d’accueil des bienfaits de la nature que dans l’optique prédatrice des civilisations du nord !

Comment aurait évolué les civilisations si la planète avait eu des continents placés en majorité sous l’équateur et des immenses océans au nord et au sud ?

Est-ce que l’on aurait des civilisations beaucoup plus proche de la nature. Avec des valeurs de coopération et d’accueil ?

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le saint graal de l’énergie

Le Saint Graal de l’énergie……. l’eau !

Ces temps, le sujet à la mode c’est l’énergie. Partout on fait débat sur les sources d’énergie, du nucléaire au solaire en passant par l’éolien.

appareils à oxydoréduction.jpgTout le monde est à la recherche du saint graal de la source d’énergie. Tout le monde est à la recherche d’une énergie, abondante, propre et bon marché.

Dernièrement, je suis tombé sur un magasin vantant les mérites d’appareils alimentés à l’eau !

Le voilà, le saint-Graal !

Comme il est dit dans les arguments de vente:

Oui, oui, vous avez bien lu, ils sont alimentés par de l’eau. Pas besoin de piles, ni de soleil, ni de barres d’uranium ou encore de vent. Juste de l’eau !

C’est révolutionnaire !

Au premier abord, oui. Puis j’ai trouvé ça totalement stupide !

Pas si révolutionnaire

Le marketing de cette annonce va même jusqu’à dire « …faites un geste pour la planète… » or, c’est droit l’effet inverse qui va arriver si vous acheter ce pack contenant:

  • un réveil
  • une calculatrice
  • un thermomètre

En effet, cette source d’énergie n’est pas révolutionnaire du tout. C’est une simple application d’une réaction d’oxydo-réduction.

Ouais, c’est la nouvelle version de la pile faite avec des patates ou des citrons que certains ont déjà fait dans leur jeunesse.

Cette technique permet de produire une toute petite quantité d’électricité, juste suffisante pour alimenter des appareils qui consomment peu, comme des afficheurs LCD, de réveil, de calculatrice, de thermomètre…..

Comme par hasard, les mêmes appareils que dans cette offre aléchante !

Le drame

AJ_Recycling_Bin.pngDans cette histoire, le drame, c’est qu’à défaut de devoir changer la pile de l’appareil, on ne peut plus rien changer. Cependant, dans une réaction d’oxydo-réduction, il y a bien le mot réduction. Il y a bien un morceau de matière qui se réduit à peau de chagrin. Un morceau d’électrode qu’il faut changer quand il est consommé.

Or, ces appareils sont conçus dans l’esprit de l’obsolescence programmée. On ne change pas la pile… on change l’appareil !

Donc finalement, sous couvert de faire un geste pour l’environnement, on fini par produire encore plus de déchets et pour faire quoi ?

…. alimenter un thermomètre ?

Le drame bis…

En plus d’avoir un appareil alimenté par une source d’énergie qui n’est pas si fantastique, il y a un autre drame.

Pour le trouver, il faut se mettre à réfléchir, à sortir du cadre de réflection imposé. Ce cadre qui nous pousse à chercher la source d’énergie parfaite.

Finalement, pourquoi est ce que l’on a besoin d’une source d’énergie ?

Quand on me parle de mettre une pile dans un thermomètre, je rigole !! A quoi ça sert ?

Tout les jours quand je vais me baigner dans le lac, je mesure la température avec un thermomètre qui n’a pas de source d’énergie !

Ou plutôt, qui a pour source d’énergie, le milieu ambiant.

montre.jpgEt oui, un thermomètre, ce n’est finalement qu’une barre d’un liquide qui se dilate avec la chaleur! (du mercure ou de l’alcool)

En ce qui concerne le réveil, moi je rigole, je n’en ai pas besoin, ça fait 3 ans que je n’ai plus de réveil, que je me programme moi même à l’heure à laquelle je veux me réveiller. Et ça marche !

Et sinon, pour avoir, l’heure, j’ai ma montre gousset dont la source d’énergie est un ressort. Un ressort que je remonte tous les jours. ça doit me prendre au moins 10 secondes par jour.

Quand à la calculatrice, allez, je vais être gentil. Je vais dire qu’effectivement avec un cerveau attrophié qui ne sait plus calculer, il vaut mieux avoir une aide d’un cerveau électronique.

Mais dans ce cas, le mini panneau solaire me semble être une technique éprouvée qui fonctionne depuis longtemps pour alimenter les mini-calculatrices.

L’ère du gaspillage d’énergie

Picswiss_FR-13-64.jpegCet exemple du pack faussement écologique n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Alors que l’on est dans une période où l’on a jamais autant parlé d’économie d’énergie, il me semble que nous sommes dans une période où nous agissons de plus en plus paradoxalement à propos de notre rapport à l’énergie.

Un des exemples, les plus frappant que je trouve, est cette tendance qu’il y a, à remplacer des funiculaires par de vulgaires ascenseurs.

En effet, le principe du funiculaire, c’est simple, c’est une cabine qui fait contre-poids avec l’autre. Ce qui permet de les actionner avec un minimum d’énergie. Même parfois cette différence est apportée en remplissant un réservoir avec de l’eau (usée parfois). (comme celui de Fribourg en photo ci-contre)

Ainsi, il y a un siècle on savait construire un véhicule capable de gravir rapidement de haute montagne sans avoir besoin de source d’énergie externe !

Actuellement on remplace ces systèmes astucieux par des systèmes avec une seule cabine treuillée, donc un ascenceur. Ceci souvent pour des raisons d’économie d’argent sur les cabines !!!

Un autre exemple, concerne l’éclairage. Pourquoi est-ce qu’il y a autant de magasins qui n’ont pas de fenêtre ? On éclaire jour et nuit des batiments tout simplement car on a pas fait de fenêtres !

Même dans les pièces borgnes il est possible de faire parvenir de la lumières solaire. Il existe des systèmes pour ça, et ça ne consomme pas d’énergie.

Playdoyer pour les astuces énergétiques

Pourquoi est ce que l’on arrive à être autant stupide ? Je suis pour que l’on favorise les astuces énergétiques, et que l’on réfléchisse à ce que l’on fait quand on invente des gadgets inutiles !

Les inventions du néolithique sont les meilleures.

Vive la roue !

… et tous les dérivés de la roue. Par exemple les roulements à bille. C’est un truc simple, qui fonctionne terriblement bien… et qui diminue considérablement l’énergie dont on a besoin pour une tâche donnée.

Le vélo utilise abondamment le principe du roulement à bille !

Vive les techniques du néolithique !