Emission Passerelles du 3 mars 2011 à propos de la décroissance

Le 3 mars 2011, je suis passé dans l’émission Passerelles sur la télévision régionale canal alpha.

Cette émission d’une vingtaine de minutes avait pour sujet du jour la décroissance.

 

Les déchets, c’est bon pour la croissance

trions les déchêts pour éviter les vecteurs de maladies ile de Gorée.jpgDans cette émission, j’apparais à la déchetterie de Neuchâtel. C’est l’endroit privilégié pour voir le fonctionnement de notre société de consommation.

Le dogme de notre société de consommation, c’est la croissance économique. Il faut toujours vendre plus. Pour vendre plus, il faut renouveller le plus souvent possible les objets vendus.

On limite donc la durée de vie des objets. Que ce soit intentionnel par programmation d’appareils ou juste en choisissant les composants les moins chers et les plus fragiles. C’est de l’obsolescence programmée.

Par l’évolution technologique et les modes publicitaires, on force les gens à se séparer d’appareils qui fonctionnent pour en acheter des nouveaux jugés meilleurs !

C’est clairement ce que l’on voit dans ce reportage. Monsieur Verguet, le chef de la voirie, nous dit que 2010 a été l’année où l’on a vu une explosion du nombre de télévisions arriver à la déchetterie. On a multiplié par 3 le nombre !

Ceci en grande partie à cause de la publicité qui a été faite autour du mondial de foot 2010, où l’on nous incitait, pour l’occasion, à changer notre téléviseur cathodique, par un téléviseur à écran plat !

On observe ici que la publicité a une influence réelle !

Pour en savoir plus sur la publicité, le moteur du consumérisme, voir le document que j’ai écrit à ce propos.

Le but de notre société est de transformer le plus vite possible des ressources naturelles utilisables en déchets inutilisables !

La décroissance: sortir d’un système économique basé sur la croissance

Le but de la décroissance, et du Réseau d’Objecteur de Croissance dont je fais partie, est de sortir de ce système économique basé sur la croissance, et donc sur la consommation effrénée. Le monde a des limites. Une croissance infinie dans un monde fini est absurde !

Une des idées pour sortir de ce principe est d’augmenter la durée de vie des objets, de partager des objets que l’on utilise que rarement. De donner une seconde vie aux objets que l’on ne veux plus.

Un des slogans de la décroissance, est: Moins de biens, plus de liens !

Le matérialisme à outrance de notre société ne nous apporte pas plus de bonheur. Certes, le confort matériel rend plus heureux, au début.. mais tout à une limite. Les liens humains rendent plus heureux sur le long terme.

Quand on demande à quelqu’un ce qui est le plus important dans sa vie, les réponses les plus fréquentes sont la famille et les amis ! …. des liens humains !

Ce n’est pas le nouveau téléviseur à écran plat…

La déchetterie, c’est pour les déchets, pas pour les objets qui fonctionnent encore !

télévision cartoon.pngQuand on reste un moment à observer le balais des voitures qui  entrent à la déchetterie et se vident de tonnes de matériel encore utilisable, ça fait mal au coeur !

On a envie de récupérer plein de chose.

Mais la consigne de la déchetterie est stricte:

Tout ce qui entre à la déchetterie est un déchet et doit y rester !

Cette consigne a été décrétée suite à des phénomènes de mafia qui ont commencés à s’organiser pour récupérer ce qui vient à la déchetterie.

Certaines personnes devenaient agressives si d’autres personnes n’appartenant pas à la mafia locale se mettaient à récupérer, elles aussi, des objets.

C’est pour éviter la mise en place de ces mafias que l’on a interdit de récupérer quoi que ce soit.

De plus, c’est aussi pour des questions de responsabilité. Si un appareil arrive à la déchetterie, c’est peut être aussi par ce qu’il est défectueux !

Si une personne le récupère un appareil défectueux et que la semaine suivante, cet appareil déclenche un incendie… ce n’est pas top !

Donc le mot d’ordre: A la déchetterie on n’amène que les déchets !

Pour tous les objets qui fonctionnent encore, il y a des magasins de seconde main, il y a des organismes comme le CSP, il y a la vente aux enchères sur e-bay ou ricardo.ch, il y a les vides dressing sur facebook, les ressourceries se développent…

Et il y a encore beaucoup à faire pour mettre en place des lieux d’échange locaux d’objets dont on a plus envie mais qui peuvent encore servir.

La consommation collaborative

gens.pngLes chosent commencent à changer, c’est bien. Mais il faut encore pousser un peu.

Il faut changer les règles de notre économie individualiste pour retrouver des valeurs de collaboration, de coopération, de partage, de gratuité, de biens communs, de vie en communauté, de limitation de la démesure: use de tout, n’abuse de rien !

C’est sous le vocable de consommation collaborative que cette nouvelle forme d’économie est en train d’émerger.

On commence à comprendre que l’avenir est à l’échange de droits d’usage et non pas d’objets matériels !

Avenir de la mobilité

bagnole et boulot, le paradoxe.jpgEn cette période de salon de l’auto à Genève, le sujet de l’automobile, de la voiture, de la bagnole est sur toutes les lèvres.

Comme j’entends tout et n’importe quoi. Je me suis décidé à aussi donner mon avis sur la mobilité.

Je me suis déjà exprimé longuement sur la trottinette, ou sur le vélo comme moyen de transport idéal.

Ainsi que sur la place de la voiture dans notre société, dont notamment son énorme influence sur l’urbanisme.

Parlons aujourd’hui de mon impression sur les tendances qui se profilent dans le domaine de la mobilité.

L’abonnement mobilité

Plus j’y réfléchi, plus je pense que l’avenir de la mobilité passe certainement par des « abonnements mobilité ».

Un pack qui comprend la possibilité d’utiliser les transports publics, et/ou différentes sortes de véhicules, du vélo au véhicule utilitaire en passant par la petite voiture électrique et la grosse voiture familiale.

Ainsi, en tout temps il est possible d’utiliser le véhicule qui correspond à ses besoins.

C’est déjà ce que propose la coopérative d’autopartage Mobility.

Pourquoi avoir toute l’année un véhicule qui n’est adapté que 2 semaines par année ?

Dans le modèle actuel, les gens achètent une grosse voiture familiale qui a une autonomie de 1000km juste pour être certain d’avoir le véhicule qu’il faut pour les 2 semaines annuelles de vacances à l’étranger en famille.

Alors que finalement la petite voiture électrique 2 places avec une autonomie de 200 km correspond aux besoins quotidiens des 5km à faire pour aller au travail ou au centre commercial du coin !

Selon les statistiques de l’OFS, 12 % des automobilistes circulent moins d’1 km, 34 % ne dépassent pas les 3 km et 50 % pas les 5 km !

Le pack de mobilité, une chance pour les véhicules électriques

voiture électrique.jpg

C’est certainement par des packs mobilité que l’on va voir les voitures électriques arriver dans le parc automobile courant.

Ainsi, on minimise les 2 principaux inconvénients qui relèguent, depuis 20 ans, la voiture électrique au rang de modèle d’essai pour passionnés:

– c’est à dire, le prix et l’autonomie en km.

C’est bien ces faiblesses que montrait l’émission A bon entendeur sur la TSR le 1 mars dernier.

Des initiatives allant dans le sens d’un pack de mobilité commence à voir le jour.

C’est exactement dans cette idée de pack de mobilité que Migros c’est lancé fin 2010 avec son offre M-Way.

Ne plus échanger des biens matériels, mais des droits d’usage

L’idée d’avenir n’est plus d’échanger des biens matériels, mais des droits d’usage. C’est ce que disait Anne-Catherine Menétray-Savary dans un article à propos de la décroissance, dans le journal Le Temps, le 22 février 2011.

Cette idée n’est pas réservée au seul domaine des transports. C’est une tendance de fond qui commence à émerger dans tous les domaines de l’économie.

Ceci s’explique par un retour (via l’habitude des nouveaux outils de collaboration sur internet) des valeurs de partage, de collaboration de coopération, de biens communs. Ces valeurs se présentent comme des alternatives à l‘individualisme prôné par le capitalisme.

Cela correspond tout à fait au slogan des objecteurs de croissance: Moins de biens plus de liens.

Actuellement, on voit dans tous les domaines de l’économie se créer des nouveaux services favorisant la  consommation collaborative. Grâce à internet, les gens partagent des canapés pour une nuit, des repas, des objets, des véhicules, des places dans des véhicules, etc…

Pour ne pas trop dévier du domaine des transports je vais revenir pus tard sur le concept de consommation collaborative, mais pour ceux qui veulent déjà approfondir le sujet, je propos de suivre le site web consocollaborative.com qui tente de référencer toutes les actions qui existent déjà dans ce sens.

L’avenir est à la collaboration et au partage !

Et si le travail devenait optionnel pour avoir un revenu ?

Martouf a plein d argent.jpgDans notre société, pour vivre, nous sommes obligé d’avoir un revenu. De recevoir de l’argent.
La plupart du temps, nous pensons qu’il faut travailler pour recevoir un revenu.

Que penseriez-vous de recevoir un revenu suffisant pour vivre, juste par ce que vous vivez ?

Chacun reçoit un revenu, homme, femme, enfants. Ceci, sans aucune condition à remplir.

Plus besoin de travailler pour avoir un revenu. Seuls les gens qui en ont envie travaillent.

C’est le concept du revenu de base inconditionnel. (aussi appelé allocation universelle)

Est-ce une utopie ?

Il y a de plus en plus d’études, par des approches différentes, qui montrent que le revenu de base inconditionnel est une bonne solution pour répondre aux problèmes de notre système économique actuel.

C’est pour cette raison qu’un nombre grandissant de personnes défendent le principe du revenu de base inconditionnel.

Le conseiller national Josef Zisyadis a déposé l’année dernière une initative parlementaire pour demander l’instauration d’un revenu de base inconditionnel.

Le Réseau d’Objecteur de Croissance Neuchâtelois organise le 10 mars 2011, un café décroissance sur le sujet du revenu de base inconditionnel. Réservez déjà la date !

Pour tenter de diffuser l’idée d’un tel revenu de base, le cinéaste allemand Enno Schmidt et le balois Daniel Häni ont réalisé un film qui montre le fonctionnement et le financement d’un revenu de base inconditionnel.

Voici un extrait de ce film que j’ai monté:

L’extrait officiel de ce film est par ici, mais je le trouve moins bien que celui que j’ai fait.

Il est possible de voir l’intégral de ce film à propos du revenu de base inconditionnel ou de le télécharger gratuitement sur le site de kultkino.ch.

Vous pouvez aussi voir mes notes à propos de ce film. ça permet de survoler par écrit tout ce qui est dit.

De l’emploi pour tous !?

Un des slogans favoris des partis de gauche est « Des places de travail pour tout le monde !« 

Or, cela fait plus de 100 ans que l’on tente de remplacer les humains par des machines dans les usines. Alors, est ce que l’on veut des emplois pour les machines ou pour les humains ?

Avec la mécanisation, puis l’informatisation nous sommes devenu toujours plus productif avec toujours moins de monde.

Aux USA, en 1982, on produisait 75 millons de tonnes d’acier avec 300 000 travailleurs, en 2002, on a produit 100 millions de tonnes d’acier avec seulement 74 000 travailleurs. Soit 4 fois moins !

De les banques, c’est pareil. Avec l’utilisation généralisée des services bancaires online, on a divisé par 10 le nombre d’employés!

Donc il devient de plus en plus dur de trouver un emploi pour tout le monde. On est obligé de produire toujours plus si l’on veut encore engager des gens. On est obligé de miser sur une croissance de la production. Et sur une croissance de la manipulation mentale par la publicité pour obliger les gens à consommer encore plus ce qui est produit !

Beau projet d’avenir !

D’un point de vue écologique, je ne suis pas certain que notre planète supporte longtemps notre habitude de transformer toujours plus vite des ressources naturelles en déchets !
(la planète survivra… la vie.. un peu moins..)

Au vu de ces constatations, on peut faire une croix sur le mythe du plein emploi ! D’ailleurs c’est déjà le cas depuis longtemps. La plupart des systèmes économiques tournent avec un taux de chômage structurel entre 5% et 10%.

Il devient assez évident de voir que vouloir le plein emploi en misant sur le dogme de la croissance économique est illusoir ! Une autre approche doit être trouvée. Le revenu de base inconditionnel est une piste intéressante.

Motivation au travail

Un système économique est un gros système collaboratif. Pour que tout fonctionne, il faut que tout le monde y mette du sien. C’est d’autant plus vrai dans une société hyper-spécialisée comme la notre. La plupart des gens ne travaillent pas directement pour créer leur nourriture, mais échangent des services qui vont leur faire gagner de l’argent pour s’acheter de la nourriture.

La motivation à contribuer à ce système collaboratif est donc capitale. Comment motiver les gens ?

Un des moyens de motivation le plus utilisé dans le monde du travail, est le fait de gagner de l’argent.
Si tu travailles plus, tu gagnes plus d’argent !

Cette question a été discutée le 9 novembre 2010, lors d’une conférence à propos du revenu de base inconditionnel organisée à Genève.

Voici ci-dessous la vidéo de cette partie de la conférence. Le reste de la conférence est également disponible en vidéos.

Samuel Bendahan – EPFL / IMD : Revenu Universel, avenir ou utopie ? from Rezonance on Vimeo.

Des économistes comportementalistes ont étudié dans quelles limites cette motivation par l’argent fonctionne. Ils en arrivent à dire que finalement, ce système fonctionne jusqu’à un certain plafond. Au delà, la motivation financière ne fonctionne plus.

Pire ! Il existe des cas, où l’instauration d’un système de motivation lié à l’argent donne des résultats plus mauvais !

C’est l’expérience qui a été faite dans une crêche où certains parents arrivent systématiquement en retard. L’idée a été d’instaurer un système d’amendes pour taxer financièrement les parents en retard. L’effet a été droit l’inverse ! Le nombre de retard a augmenté.

Le fait d’avoir remplacé une obligation morale par de l’argent à donné l’impression aux gens qu’il pouvaient acheter leur retard.

Ainsi, on observe qu’une motivation morale est souvent plus efficace qu’une motivation financière.

Ainsi, une personne qui fait un travail qu’elle aime et qui correspond à ses valeurs le fera plus efficacement qu’un travail qui n’est fait que pour gagner de l’argent !

Un travail optionnel est souvent mieux fait qu’un travail obligatoire !

Quand on voit la quantité de travail qui est effectué chaque année de manière bénévole, on voit que le travail bénévole n’est pas négligeable. L’année 2011 est d’ailleurs l’année europénne du bénévolat.

Avec des outils de collaboration qui s’étendent toujours à plus grande échelle sur internet, le nombre de services créés et gérés par des bénévoles et des amateurs est en pleine explosion.

Wikipedia est une encyclopédie faite par des bénévoles, openstreetmap est une carte faites par des bénévoles, youtube est rempli de mini chaines de télévision bénévoles.

Tous ces sites web fonctionnent sur une infrastructure logicielle qui a bien souvent été conçue par des bénévoles (linux, et plein d’autres logiciels libres…). Enormément de blogs sont le fait de bénévoles (celui-ci par exemple :P), ils traitent de tellement de sujets que finalement, les blogs bénévoles ont quasiment tué la presse magasine professionnelle.

Dans le domaine de l’information, les bénévoles sont en train de tuer tout le marché professionnel, car il font de l’information de qualité souvent professionnelle mais qui est livrée gratuitement !

Le revenu de base permet de financer des activités actuellement difficilement financables

Les biens communs

Comme on l’a vu ci-dessus. Il y a déjà un travail énorme qui est effectué par des bénévoles. Le revenu de base permet d’amplifier cet élan de création et de travail bénévole. Avec un revenu, assuré par le revenu de base incoditionnel, ce qui est une activité bénévoles annexe pratiquée dans des temps libres peut devenir une activité principale.

C’est un gain pour tout le monde. Ce travail devient bien souvent un travail de création de biens commun.

La culture

La culture est probablement la grande gagnante de l’instauration d’un revenu de base inconditionnel. Les artistes ont toujours eu du mal a être financés. Contrairement à ce que certaines maisons de disque tentent de nous faire croire, le principal problème des artistes ce n’est pas de se faire pirater, c’est de se faire connaitre.

Ainsi, avec un revenu déjà assuré, les artistes vont pouvoir utiliser tous les systèmes de distribution possibles, comme les peer-to-peer, qui sont techniquement des systèmes excellents, mais qui sont la bête noir des Majors, car il n’y a pas moyen de controller la distribution. (et donc de faire payer)

L’éducation

Pour en revenir à une réalité bien plus terre à terre. Le revenu de base inconditionnel permet également de financer l’éducation des enfants. Un enfant étant un être humain vivant, lui aussi a droit à un revenu de base inconditionnel.

La charge financière est donc allégée pour les familles.

Les combats féministes ont libéré la femme de sa condition de maitresse de maison pendant que son mari travaille à l’extérieur.
Très bien ! Maintenant les femmes peuvent aussi travailler à l’extérieur. Malheureusement, le système a récupéré cette évolution pour faire travailler 2 fois plus de monde! Le mari et la femme travaillent à l’extérieur.

Et finalement en rentrant à la maison il y a toujours le travail ménager qui attend….. et les gosses en train de se faire laver le cerveau par la pub à la TV…

Oui, c’est la réalité actuelle, quand on travaille à deux à l’extérieur de la maison, il devient de plus en plus dur de s’occuper des enfants.
Il faut donc des structures d’accueil.. des crèches.. et finalement c’est l’école qui s’occupe d’éduquer les gosses (après la TV)
Les maths, la lecture, l’écriture, tout le programme scolaire fini par être une tâche secondaire pour l’école, tellement la place de l’éducation grandit.

Beau projet d’avenir…

L’idéal d’une égalité homme-femme devrait permettre, dans tous les cas d’avoir au moins un des deux parents (voilà l’égalité)  qui peut rester à la maison s’occuper de l’éducation des enfants. (et d’avoir le plaisir de voir ses enfants grandir) Pour ça il faut quand même un revenu.

Ce que les gens veulent, ce n’est pas un emploi qui les éloignent de chez eux et de leur famille. Ce que les gens veulent c’est un revenu !

Le revenu de base inconditionnel est ce revenu qui permet aux familles de voir leurs enfants grandir et de les éduquer. Bien éduquer des enfants, c’est profitable pour toute la société !

Comment financer un revenu de base inconditionnel ?

En Alaska, un revenu citoyen existe depuis 1976, il est financé par l’exploitation des ressources naturelles.

Mais tous les pays ne sont pas assez riches en ressources pour financer un tel revenu.

Daniel Häni et Enno Schmidt recommandent d’utiliser un système où l’on remplace l’impôt sur le revenu par un impôt sur la consommation. Une sorte de TVA qui vaut la moitié du prix.

Couplée à un revenu de base une tva n’est pas un impôt anti-social. On arrive même à faire un impôt progressif !

Un autre avantage de ce système est d’empêcher l’évasion fiscale. A une époque où la concurrence fiscale est plus tendue que jamais entre les cantons suisses et entre l’union européenne et la suisse. La réforme de ce système calmerait les tensions.

Le BIEN – CH, (Basic Income Earth Network) vient de publier un livre à propos des différentes manières de financer un revenu de base inconditionnel.

Une autre approche pour financer un revenu de base inconditionnel est de réformer le système monétaire. La création monétaire par le crédit bancaire profite principalement aux banquiers. En réformant la manière de créer l’argent, les bénéfices de cette création monétaire peuvent être utilisé pour financer un revenu de base inconditionnel.

C’est ce que présente Stéphane Laborde dans son livre, La Théorie Relative de la Monnaie.

Il existe donc de nombreuses pistes à étudier pour rendre possible ce véritable projet politique qui s’inscrit dans la suite logique de ce que nos ancêtres ont mis en place avec un système de retraite comme l’AVS.

Les transports

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Les transports

Résumé

  • Un besoin, c’est se déplacer. Nous sommes dans la société de la mobilité..
  • Nous vivons dans la société de la voitures.
  • Pourtant la voiture n’as pas toute les qualité. Elle prendre beaucoup de place.
  • A l’avenir on verra de plus en plus des abonnement mobilité combinant plusieurs moyen de transports.
  • La voiture a modelé l’urbanisme et l’organisation de la société. (proximité des magasins et hopitaux)
  • La voiture isole. C’est un espace de liberté individuelle qui rend les gens agressif dès qu’on y touche.
  • La sédentarité, la nouvelle maladie de notre société.
  • La voiture est plus lente que la marche à pied.
  • Le vélo, véhicule de l’avenir.

La société de la voiture

Nous sommes dans la civilisation de la voiture. La voiture, l’auto, la bagnole prend beaucoup de place dans notre société.

La voiture prend de la place lorsqu’on l’utilise sur la route, et elle prend de la place sur les parkings lorsqu’on ne l’utilise pas (92% du temps!).

Ces dernières années, le problème empire, car le nombre de voiture augmente. Dans un ménage, il faut une voiture pour chacun! Et par dessus le marché, la taille et surtout le poids des voitures a aussi augmenté entre 10% et 38% selon les modèles depuis une vingtaine d’années. Ce qui bien évidemment augmente aussi la consommation et l’émission de gaz a effet de serre.

De plus, pour gérer la circulation de toutes ces voitures, c’est littéralement une forêt de panneaux de signalisation qui sont venus envahir les rues. C’est là aussi que l’on voit une grande différence par rapport aux photos d’il y a 100 ans.

Cars, Bus, Bikes: The Space Taken by 60 People by azaraskin.

Place occupée par 60 personnes suivant le moyen de transport.
Selon le concours de Aza Raskin

Quelle est le meilleur moyen de transport urbain ?

Beaucoup de gens se plaignent des embouteillages et aimeraient que l’on multiplie le nombre de voies de circulation pour mettre plus de voitures.

C’est un point de vue. Mais il existe une autre manière de faire: augmenter la densité.

Une voiture c’est énorme et c’est bien trop souvent utilisé que par une seule personne à la fois.

Le poster ci-à-côté montre la même rue occupée par le même nombre de personne (60) mais avec des moyens de transports différents. La voiture, le bus et le vélo.

Il me semble que l’image parle d’elle même. Comment faire pour limiter les embouteillages ?

Tous à vélo ! … ou tous en trottinette !

Et oui, la trottinette c’est le meilleur moyen de transport urbain comme je l’ai déjà expliqué sur ce site.

Pour les plus grandes distances, en cas de mauvais temps (de la neige), ou si le vélo ou la trottinette n’est pas possible. Il faut utiliser les transports publics.

Les transports publics

D’ailleurs, en matière de transports publics, je pense qu’il y a de quoi faire pour les améliorer. Notamment rendre les transports publics gratuits.

En effet, je pense que c’est tout à fait possible et même que pour les transports publics neuchâtelois nous sommes à la limite que ça coûte plus cher de faire des transports publics payants que de les faire gratuits !

J’avais déjà exliqué sur ce site comment rendre les transports publics neuchâtelois gratuits.

Le car sharing

Enfin, parfois, en effet, la voiture est un moyen de transport qui peut se justifier. (pour aller dans un endroits perdu loins des transports publics, pour transporter de lourdes ou volumineuses charges, pour voyager à des heures indues…)

Si le besoin d’une voiture se fait sentir, le mieux est de recourir au car sharing. En suisse, nous avons la chance d’avoir la société mobility. Qui permet de faire du car sharing très facilement et efficacement avec 2250 voitures réparties sur 1150 emplacements.

Mobility calcule que pour une personne faisant moins de 10’000 km par année, le car sharing est plus avantageux financièrement que d’avoir une voiture privée. Beaucoup de monde gagnerait à faire du car sharing !

L’avenir est certainement aux abonnements de mobilité. L’ère de la voiture individuelle touche à sa fin. On achètera un abonnement mobilité qui inclu plusieurs moyens de transports selon les besoins du moment.

La voiture a modelé l’urbanisme

Lorsque l’on veut se passer de l’utilisation d’une voiture, bien souvent ce n’est pas facile. Une grande part de l’urbanisme de ces dernières décennies a été modelées sur le fait que les gens se déplacent en voiture. Les petits commerces de villages ont été remplacés par des grands centres commerciaux dans les zones industrielles en périphérie des villes, souvent loins des transports publics.

Los Angeles vue des hauteurs.
On peut remarquer plusieurs quartiers d’affaires symbolisés par la présence d’immeubles et de gratte-ciel, en plus du véritable centre historique, ce qui caractérise bien l’absence de véritable centre-ville à Los Angeles.

En europe, où les villes et villages sont très anciens, bien avant l’ère de la voiture, les localités ont un centre. Le développement des localités s’est fait en plusieurs siècles depuis un centre historique jusque vers l’extérieur.

Dans un pays comme les USA, où les localités sont plus récentes qu’en europe et où la culture de la voiture est plus présente, on remarque une autre forme d’urbanisme. Bien souvent les villes n’ont pas de centre.

C’est le cas typique de Los Angeles, qui est considéré par les urbanistes comme le modèle du développement des métropoles américaines.

Los Angeles est actuellement une ville-aglomération qui s’étend en tache d’huile sur 100km !

Ce développement étalé pose de multiples problèmes d’efficacité des transports, d’accès à des zones de verdure et de centre affaire efficace. La municipalité tente donc gentiment depuis les années 1970 de créer quelques centres et avenues pour recentrer quelques fonctions de la ville.

Pour aller plus loin dans la compréhension de ce que change la voiture dans l’urbanisme, je ne peux que conseiller de lire cette petite brochure très intéressante:

L’idéologie sociale de la bagnole.pdf

Les travaux de Ivan Illitch montre également que la voiture la construction de route dans des endroits reculé les a rendu accessible, mais surtout les a vidé. Dans les vallées montagneuses, il n’y a plus rien, plus un magasin, plus un médecin, plus une école. L’argument est toujours, avec la route, plus besoin de tout avoir sur place !

La voiture isole

La voiture est toujours une extension du domicile de son ou sa propriétaire. Le propriétaire d’une voiture a toujours l’impression qu’on va entrer dans son intimité dès qu’on s’approche trop  de son véhicule!

La voiture est le seul endroit où l’on peut écouter la musique que l’on veut à fond sans déranger les voisins. La voiture est bientôt le dernier refuge de liberté pour les fumeurs invétérés !

Tous ces facteurs ont pour conséquence que la route devient une longue chaine de gens enfermés dans leur bulle-domicile-dernier-refuge-de-liberté-où-faut-pas-me-faire-chier. Au moindre petit incident, à la moindre petit contrariété il n’est pas rare de voir les conducteurs de voiture s’énerver.

– tut-tut.. vas-y avance… conducteur du dimanche…
– rraaaaaaa… encore une femme au volant…
– chi** l’autre abrutis qui n’avance pas avec son tracteur…
– bam… la vieille qui traverse… plus vite mémé… Pourquoi ces retraités qui ont toute la journée de libre se baladent toujours aux heures de pointes !!!

Bref… voilà quelques exemples qui montrent que l’usage de la voiture peut vite rendre agressif !

La sédentarité

Dans notre belle société automatisée où tous nos esclaves machines font tout à notre place, notre corps ne sert bientôt plus à rien. Notre corps est un vestige du temps où il fallait courir quelques heures derrière son steak avant de pouvoir le manger.

macbook de martouf au soleil.jpgDe nos jours, l’effort physique est de plus en plus rare. Surtout pour les gens qui ont un métier autant difficile que le mien, où l’effort physique du métier consiste à déplacer les doigts de quelques centimètres pour pianoter sur un clavier d’ordinateur.

Ceci, c’est quand après un quart d’heure de cogitation, les méandres de mon cerveau ont trouvé un superbe algorithme de 2 ligne à écrire !

On appelle cette nouvelle maladie des temps modernes, la sédentarité.

Oui, en effet, c’est de plus en plus considéré comme une maladie. Il semble que notre corps interprète ce refus de bouger comme une envie de se laisser mourir !

La sédentarité, c’est donc mourir à petit feu !

Pour remédier à cette maladie. Il suffit de faire fonctionner son corps. D’après les savants calculs de certains grands penseurs, il suffit de faire 30 minutes par jour de léger effort (juste de quoi transpirer légèrement) pour se prémunir contre cette terrifiante maladie qui va décimer les humains du 21ème siècle.

Ce remède miracle parait facile. Mais statistiquement, il semble que peu de gens mettent en pratique ce principe.

  • un tiers de la population ne fait jamais d’effort physique
  • un tiers de la population fait un peu d’effort physique, mais moins que 30 minutes.
  • un tiers de la population bouge suffisamment pour ne pas être frappé de sédentarité

Pour ceux qui veulent plus de détails je recommande d’écouter l’avis du médecin Pietro Majno dans une conférence dans le cadre de l’Autre Salon.

La voiture est plus lente que la marche à pied

Cette affirmation peut surprendre. Elle est difficilement quantifiable, mais elle doit s’approcher de la vérité !

En effet, dans son livre Energie et Equité, Ivan Illitch nous fait remarquer qu’une voiture ça coûte cher, que d’entretenir une voiture ça coûte cher aussi.

Comment gagner tout cet argent pour payer sa voiture ? Il faut travailler. Travailler ça prend du temps.

Si l’on compare le temps de faire un trajet à pied avec le temps qu’il faut pour faire le même trajet en voiture plus le temps qu’il faut travailler pour payer la voiture, dans bien des cas, se déplacer à pied est plus rapide !

Dans ces calculs Ivan Illitch arrive à une vitesse en voiture qui est de l’ordre de 6km/h !

esclave de la voiture.png

« L’Américain type consacre plus de mille cinq cents heures par an (soit trente heures par semaine, ou encore quatre heures par jour, dimanche compris) à sa voiture : cela comprend les heures qu’il passe derrière le volant, en marche ou à l’arrêt ; les heures de travail nécessaires pour la payer et pour payer l’essence, les pneus, les péages, l’assurance, les contraventions et impôts… A cet Américain, il faut donc mille cinq cents heures pour faire (dans l’année) 10 000 km. Six km lui prennent une heure. Dans les pays privés d’industrie des transports, les gens se déplacent à exactement cette même vitesse en allant à pied, avec l’avantage supplémentaire qu’ils peuvent aller n’importe où et pas seulement le long des routes asphaltées.”

Selon les calculs de mobility, rouler 10’000km / année coûte CHF 9’820.- (y compris les assurances, frais de place de parc etc..) Ceci sans compter le prix de l’acquisition de la voiture et le coût des infrastructures routières qui sont financées par l’impôt.

Le problème de la voiture, est celui déjà évoqué ci-dessus:

En ayant remodelé complètement l’urbanisme et la société, il n’est que difficilement possible de se passer d’un moyen de transport qui est instantanément très rapide, même si il faut pour cela travailler quelques mois dans l’année pour se le payer.

On en arrive au paradoxe qu’il faut travailler pour avoir une voiture, il faut avoir une voiture pour aller travailler !

Le système s’auto-entretient ! Notre société est esclave de la voiture !

Pour faire marche arrière, il faut tenter de garder des structures qui sont accessibles tout de même dans un temps raisonnable pour s’adapter aux exigences actuelle, tout en n’utilisant que la force musculaire humaine.

Le vélo est le moyen de transport tout désigné !

Le vélo, le moyen de transport de l’avenir

Le vélo est une invention très efficace. Avec une technologie simple, on arrive multiplier par 3 la vitesse de déplacement d’un humain tout en utilisant uniquement sa force musculaire.

Le vélo est la machine qui a le meilleur rendement dans les « machine » qui transforment l’énergie issue de la nourriture en énergie mécanique. Ceci juste devant le martinet et le saumon !

Avec un vélo couché, il est encore possible d’améliorer le rendement du véhicule.

Depuis juin 2010, je me suis mis à utiliser le vélo comme moyen de transport princial. Je m’en sort très bien. C’est très agréable. Pour plus de détails, voici le récit de mes aventures à vélo que je publie sur mon blog.

Ces dernières années, il y a de plus en plus de types de vélos qui sont apparus. Il y a des vélos adaptés à toute les situations. Du vélo droit normal, au vélo couché en passant par le vélo poussette, le vélo pliable et le vélo électrique.

Il commence à apparaitre également quelques véhicules carrosé qui sont conçu sur une base de vélo et destiné à être une nouveau genre de véhicule.

Il y a notamment la Magic Turtle, sorte de triporteur propulsé par la force musculaire assistée d’un moteur électrique  dont les accus sont rechargé au solaire.

Le même principe est appliqué à la Twike, qui est un véhicule hybride force musculaire, moteur électrique.

Le principe du vélo assisté électriquement est un excellent moyen de faire venir les gens au vélo. C’est une sorte de cheval de Troie. Cependant, les accus sont fait principalement de lithium et le lithium, bien qu’était un composant qui n’est pas trop rare sur cette planète, il est tout de même difficile à extraire de manière industrielle.

Avec la tendance au tout électrique, ces prochaines années, c’est le salar de uyuni en Bolivie qui va être totalement saccagé pour extraire le lithium nécessaire à la fabrication des accus de nos, ordinateurs, de nos vélos électrique et de nos voitures électriques!

Depuis juin 2010, la nouvelle a été rendue publique, l’Afghanistan possède d’énormes réserves de lithium, de l’ordre de grandeur de celle de la Bolivie. Est ce que cette information était connue par le gouvernement des USA au moment d’envahir l’Afghanistan ? On peut le supposer, vu que les Russes avaient déjà évaluer les ressources dans les années 1980.

La guerre des ressources continue !

Ceci sans compter, que qu’il faudra bien charger les accus. Très bien si on arrive à le faire via des panneaux solaires. Mais vraissemblablement les sources d’énergies les plus courante ces prochaines années seront le nucléaire et si l’on interdit le nucléaire, le charbon!

Bienvenue aux voitures électrique à charbon !

Le débat sur les voitures électriques est encore très partagé. C’est en tout cas ce que nous montre le journal de la coopérative de carsharing mobility dans le dernier numéro de son journal. Deux spécialistes n’ont pas du tout le même avis.

Pour moi le véhicule d’avenir reste le vélo propulsé uniquement à la force musculaire humaine !

Quelques référencs de plus pour approfondir la question:

 

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Les besoins en énergie

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Les besoins en énergie

  • un autre besoin de base, c’est se loger se chauffer => énergie
  • économiser de l’énergie

L’activité humaine consomme de l’énergie. Le but est donc ici de gérer une production énergétique, mais aussi de diminuer sa consommation.

En effet, l’énergie la mieux utilisée, c’est celle que l’on ne consomme pas !

La société à 2000W

La société à 2000w est un concept qui part du principe que les ressources énergétiques de la planète sont limitées. Que si l’on veut pouvoir tenir avec ces ressources tout en partageant équitablement l’énergie produite, chaque personne peut consommer une puissance instantanée de 2000W.

Ce concept a été pensé par des physiciens. Pour qui la notion de puissance est claire. Mais pour le commun des mortels, la notion de puissance n’est pas claire du tout.

Chaque fois que je parle de la société à 2000W, mon interlocuteur me demande: mais 2000W sur combien de temps….

Le temps est déjà inclu dans la notion de puissance. Une puissance, c’est une quantité d’énergie divisée par un temps:

P = E/t

Une puissance c’est l’équivalent d’un débit dans un circuit hydraulique. C’est la taille du tuyau qui laisse passer l’eau.

Il faut savoir qu’actuellement, un suisse consomme en moyenne 6000W. L’objectif de la société à 2000W en suisse est donc de diviser par 3 la consommation d’énergie. Ainsi c’est beaucoup plus clair.

Quelle est la consommation énergétique d’une personne en suisse ?

Voici quelques chiffres fournis par le programme novatlantis:

Pour une personne vivant en famille dans une maison de classe moyenne dans une aglomération on peut dire que:

Besoin en énergie: en  KWh par an et par personne en Watt par an et par personne
habitat 13 542 1545
mobilité 12 847 1466
alimentation 6 944 793
besoins publics* 18 056 2061
loisir et divers 4 167 476
Total 55 556 6342 W

* consommation d’énergie à but publics, par exemple l’éclairage routiers et les bâtiments publics.

Cette consommation d’énergie de 2000W correspond à l’énergie qui était consommée en 1960.

Ce concept prend également en compte tout ce qui est de l’énergie grise. C’est à dire de l’énergie qui n’est pas directement consommée par nous même, (en s’éclairant avec une ampoule par exemple), mais l’énergie qui est consommée par la fabrication et le transports des objets que nous utilisons.

Le problème, c’est que ce concept ne tient compte que de la suisse. Ainsi, l’énergie grise des objets fabriqués pour nous, mais en chine n’est pas prise en compte !….. heureusement, il n’y a pas beaucoup d’objets fabriqués en chine de nos jours…… 😉   (ainsi, si l’on voulait tenir compte de l’énergie grise de nos objets chinois, le suisse moyen consomme plutôt 9000W en permanence plutôt que 6000W…)

Cette part est non négligeable. Dans la ville où j’habite. (Boudry, 5000 habitants) L’électricité consommée par la commune est répartie pour moitié par les ménages et pour l’autre moitié par seulement 17 entreprises !

Un excellent moyen de réduire sa consommation d’énergie est donc de limiter sa consommation d’objets !

Offir une seconde vie (ou plus) à des objets est un excellent moyen de limiter notre consommation énergétique.

Ainsi, mon discours va principalement sur la modification du système économique pour faire des économies d’énergie. Il faut sortir de ce système économique qui a pour dogme la croissance du PIB.

Ce n’est pas juste de culpabiliser les gens qui utilisent des ampoules à incandescence au lieu d’ampoule économique, quand de l’autre côté on encourage les gens à renouveler de plus en plus vite tous leurs objets !

C’est ce dogme de la croissance économique qui nous pousse à « bouffer » autant d’énergie. Qui nous pousse à penser que l’on est obligé de construire de nouvelles centrales de production d’énergie.

Etre dans l’accueil plutôt que dans la prédation

En ce qui concerne les sources d’énergie. Je suis d’avis qu’il y a deux approches:

  • la prédation
  • l’accueil

Le monde actuel est dominé par la prédation. On va chercher de l’énergie dans les sous-sol. Principalement du pétrole, du gaz, du charbon, de l’uranium…

C’est la prédation, car on détruit ces ressources, on les exploites, et au passage, on crée des dommages collatéraux (sociaux).

De nombreux pays qui ont des sols riches en sources d’énergie, sont des pays pauvres et politiquement instables. C’est le meilleur moyen pour les prédateurs d’énergie de venir se servir !

La prédation c’est tout une philosophie !

Tout comme l’accueil.

Nous avons déjà à disposition toute l’énergie dont nous avons besoin. Mais il faut savoir être dans l’accueil et non dans la prédation. Le soleil, l’eau, l’air, la chaleur du sol… ce sont des sources d’énergie qui sont bien mieux réparties sur la planète. Il suffit de savoir les accueilir.

Le meilleur exemple, c’est d’observer la nature qui nous entoure. Le soleil fait pousser les plantes. Il y a beaucoup d’énergie à disposition. Les arbres ne sont pas petits !

Mais la principale différence entre un arbre et un humain, c’est le rythme de vie. Un arbre pousse lentement, mais peut vivre des siècles. La race humaine veut aller toujours plus vite, toujours plus loin. C’est notre rythme effréné qui nous transforme en grand consommateur d’énergie.

En ralentissant notre rythme, et relocalisant nos activités. Nous sommes en mesure d’accueilir l’énergie suffisante à nos besoins.

Le nucléaire

On peut résumer le problème du nucléaire à la phrase:

Jusqu’ici tout va bien….

Le nucléaire est une merveilleuses technologie, mais qui produit des déchets dangereux tellement longtemps qu’aucune civilisation humaine n’est capable de durer aussi longtemps. De même, il existe toujours un risque d’accident nucléaire. L’exemple de Tchernobyl nous a montré qu’un petit aperçu de ce qu’un catastrophe nucléaire peut être.

(Puis l’accident de Fukushima à rafraichit les mémoires à l’occasion du 25ème anniversaire de Tchernobyl…  Je n’en avais pas parlé, vu que ce texte a été écrit en automne 2010)

Le nucléaire est une technologie qui jusqu’à présent à été relativement bien gérée. Mais dans la durée c’est une catastrophe. On ne peut rien assurer de la sécurité d’installation nucléaire pour les prochaines centaines de millénaires !

Contrairement à ce que le lobby du nucléaire veut nous faire croire. Faire de l’électricité nucléaire émet aussi du CO2.

Il y a plusieurs facteurs à prendre en considération:

  • La construction de la centrale. (Principalement le béton et l’acier émettent pas mal de CO2)
  • Le cycle du combustilbe Uranium. (~60g de CO2/kWh, selon le chercheur Storm van Leeuwen )
  • Le conditionnement et le stockage des déchêts pour quelques centaines de millénaires va forcément émettre du CO2.

Pour avoir une bonne explication de la méthode de calcul voici un excellent rapport:

Voir aussi cette explication vulgarisée à propos des émissions de CO2 du nucléaire.

Pour faire quelques comparaisons d’émission de CO2, voici le tableau suivant (extrait du rapport de Storm van leeuwen):

comparaison co2 source energie.pngD’après ce même rapport, il semble qu’il faut entre 6 ans et 12 ans (suivant les technologies) pour qu’une centrale nucléaire produise l’énergie qu’elle a utilisé à sa construction. (Energy payback).

Pour du solaire photovoltaique on arrive à 2.7 ans pour la suisse.

Le pétrole

Courbes cumulées de production de pétrole (schéma datant de 2005)

Tout le monde sait que les réserves de pétroles arrivent au bout. Il reste encore de nombreux conflits de spécialistes sur la date de ce qu’on appelle le pic du pétrole. Le  Pic de Hubbert. Le moment où la quantité de pétrole disponible cesse de croitre et commence à diminuer.

On trouve des estimations de cette date du pic entre 2005 et 2030. Pour les détail, voici la synthèse des estimations de nombreuses personnes et organisations.

En bref, le pic du pétrole, c’est maintenant !

Le pétrole est à la base d’environ 100’000 dérivés. (plastiques, amoniaques, médicaments, engrais, colles, etc…) La fin du pétrole va donc remettre en cause sérieusement l’organisation de toute notre société.

Il est donc temps d’économiser. De ne plus utiliser de pétrole quand il existe des alternatives. L’exemple le plus démonstratif reste le chauffage. Pourquoi bruler du pétrole, alors que l’on peut se chauffer par de nombreux autres moyen, même au solaire?

L’énergie solaire

Les automobilistes suisses sont habitués à payer chaque année une vignette pour avoir le droit d’utiliser le réseau autoroutier.

Les utilisateurs des autoroutes de l’information, devraient prendre, eux aussi, l’habitude d’acheter, chaque année, leur vignette solaire.

La vignette solaire, est une idée qui a été trouvée pour sponsoriser la production d’énergie solaire.

Il est proposé à tout possesseur d’un ordinateur portable (les autres aussi ont le droit) d’acheter une vignette à CHF 50.- qui correspond au cout, en énergie solaire, d’une année d’utilisation d’un ordinateur portable. (50kwh)

Ces vignettes peuvent être commandées sur le site web: http://www.vignettesolaire.ch

Ainsi, en achetant une vignette solaire, je sais que l’énergie que consomme mon ordinateur est au moins produite quelques part en énergie solaire. En utilisant mon ordinateur portable, je ne vais donc pas faire augmenter la demande en énergie et favoriser ainsi la construction de nouvelles centrales nucléaires ou favoriser la prolongation de leur durée de vie.

En achetant une vignette solaire je sponsorise un projet de création d’énergie propre et d’énergie produite par des panneaux solaire installés par des jeunes.

Production d’énergie en suisse

En suisse, nous avons la chance d’avoir une majorité de notre électricité qui est produite de manière renouvelable. Ceci par ce que nous avons beaucoup d’usines hydroélectriques. La production hydroélectrique représente 58,4 % de la production d’électricité en suisse contre  40,7 % pour le nucléaire, et seulement 0,9 % pour les autres sources de production d’électricité. La production d’énergie solaire est donc ridiculement petite. Il faut que ça change !

Libéralisation de la production d’électricité

les rapaces du marché de l électricité.jpgEn suisse le contexte du marché de l’électricité a beaucoup changé ces derniers temps et il va encore beaucoup changer.

Le 22 septembre 2002, la loi sur le marché de l’électricité (LME) était rejetée par 52,5% du peuple suisse. Cette loi proposait une libéralisation du marché de l’électricité. Le peuple n’en a pas voulu. Cependant, quelques gros consommateurs d’électricité voulant faire quelques économies (d’argent pas d’énergie !) ont invoqué la loi contre les cartels devant le tribunal fédéral pour libéralisé le marché. Ils ont gagné !

Cette victoire au tribunal fédéral a de facto libéralisé le marché de l’électricité, obligeant le parlement à faire une loi. Cette fois-ci. En tenant compte du débat de 2002. La loi a été conçue pour ne libéraliser que la production d’énergie et non son transport. Ainsi il est possible de garantir que les réseaux seront bien entretenus. Ce qui était une des plus grande crainte lors de la votation de 2002.

De plus un petit su-sucre a été offert pour faire passer la nouvelle loi: un fond pour sponsoriser les énergies renouvelables.

C’est ainsi que cette nouvelle loi sur l’approvisionnement en électricité (LApEI) a été accepté sans référendum.

Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2009. Libéralisant le marché de la production d’électricité pour les consommateur de plus de 100’000kWh.

Cinq ans plus tard, donc le 1er janvier 2014 le marché sera aussi libéralisé pour tout le monde.

Conséquences de la libéralisation

Beaucoup de gens ont vu dans cette libéralisation un moyen d’augmenter la concurrence et donc un moyen de faire baisser les prix. Mais c’est totalement faux !

Ce qui c’est passé, c’est une augmentation de 25% des prix ! (très variable suivant les régions..)

La concurrence sur la production de l’électricité ne peut pas fonctionner.

En effet, l’électricité, avant de suivre les lois de l’Etat, suit les lois de la physique! L’électricité est un flux d’électron qui emprunte toujours le chemin le plus court !  Ceci signifie que l’on consomme toujours l’électricité qui a été produite le plus près de chez soi.

Ainsi, avec cette nouvelle loi (LApEI), on est libre d’acheter à n’importe quel producteur de l’énergie. Mais on consomme toujours l’énergie produite localement ! Beaucoup de gens ne comprennent pas ce paradoxe, et ça ce comprend !

Sur ma facture il est écrit que mon électricité provient d’énergie hydroélectrique produite dans les pays nordiques   Mais en réalité je consomme de l’électricité provenant d’usines hydroélectriques des gorges de l’Areuse à quelques kilomètres de chez moi ou de l’électricité de la centrale nucléaire de Mühleberg.

Ainsi, ce que l’on a mis en place lors de la libéralisation de la production d’électricité en suisse, ce n’est pas une modification de notre réseau électrique. C’est une modification au niveau de la facturation de la production électrique.

Il y a donc un producteur chez qui on va acheter une certaine quantité d’énergie et il y le producteur local qui va nous la fournir. Entre temps il y tout un réseau de transport de cette énergie dont le financement est assuré par le droit de timbre. une taxe qui permet de financer l’entretient du réseau électrique (certaines communes taxent encore, en plus, un droit de passage). Pour calculer tous ces flux d’énergie qui passent, mais pas forcément par où il sont payés, il y a une nouvelle société, swissgrid qui a été crée pour s’occuper de gérer le transport d’électricité en suisse.

L’augmentation des prix de l’électricité avec la libéralisation s’explique probablement par le financement de cette nouvelle société swissgrid et par le calcul à la hausse du droit de timbre par les transporteurs d’énergie.

Financement des énergies renouvelables

éolienne en bout de champ.jpgQu’est devenu le su-sucre ? Que devient le financement de la production d’énergies renouvelables à prix coutant ? Les gens intéressés à recevoir une partie de 320 millions attribués pour que l’on reprenne à prix coutant l’énergie renouvelable qu’ils produisent était tenus de s’annoncer dès le 1er mai 2008 à swissgrid. Le 2 mai à 14h on comptait déjà 3750 demandes chez swissgrid alors que le 1er mai était un jour férié vu que c’était le jeudi de l’ascension!

Swissgrid a très vite été débordé par les demandes. Le tri a été fait, les petites installations ont été très vite rejetées. Puis les fonds d’encouragement pour le courant vert sont arrivés au bout. Ceux qui ont fait leur demande trop tard sont sur liste d’attente !

Pour tenter de débloquer la situation, en août 2009, le parlement a décidé de maintenir pour 2010 une taxe de 0.45ct par kWh pour reconstituer un fond pour financer les gens sur la liste d’attente des rétributions à prix coutant.

C’est une bonne nouvelle pour les grosses installations, surtout dans la géothermie et dans l’hydroélectrique. Mais ça ne résout pas le problème des petites installations. De tous les particuliers qui ont investi pour installer des panneaux solaires sur leur toit.

L’énergie solaire a été passablement délaissée par cette loterie au subventionnement.

La situation est encore pire qu’avant la libéralisation. Il y a un certain flou juridique autour du statut des gens qui ont été rejetés du subventionnement. Les distributeurs d’électricité sont quand même tenus de reprendre l’électricité qu’ils produisent mais à quel prix?

Jusqu’à présent il y avait pas mal de systèmes qui faisaient juste tourner le compteur électrique dans l’autre sens. Ainsi c’était un moyen simple de décompter l’électricité produite au même prix que celle qui est consommée. Avec la libéralisation quel est le prix? Souvent on applique le même principe vu que la libéralisation n’est pas encore effective pour les petits consommateurs d’énergie. Mais que ce passera-t-il en 2014? Est ce que l’on pourra se faire payer au prix du producteur d’énergie que l’on aura choisi ?

Etrange tout ça !

D’autres pistes de financement de l’énergie solaire

Toujours est il que les gens qui ont installé des panneaux photovoltaïques sur leurs toits par ce qu’on leur promettait de les payer au prix coutant ont l’impression de s’être fait arnaquer !

Certains cherchent d’autre sources de financement. La vignette solaire en est une.

L’hébergement de site web sur un serveur web alimenté en énergie par des panneaux photovoltaïque en est une autre. C’est ce que fait la société Horus.

Perspectives d’avenir

panneau solaire à la cabane rambert.jpgL’avenir est à la production d’énergie locale. Il faut toujours  avoir en tête que l’électricité emprunte toujours le chemin le plus court! Donc l’installation de production qui aura le moins de perte de transport sera toujours la plus proche.

Une production locale permet également de maintenir des compétences locales et des emplois locaux.

L’énergie va devenir un secteur de plus en plus stratégique. Produire sa propre énergie, c’est garantir la sécurité de son avenir.

L’énergie solaire est inépuisable, elle est présente partout. Les panneaux solaire sont fait en silicium, c’est l’élément le plus courant sur la croute terrestre après l’oxygène. (le sable est principalement composé de silicium)

L’énergie solaire est donc la source d’énergie la plus durable et la plus propre que l’on puisse utiliser.

Une mine d’or à propos des énergies. Le solar club du cern.

Isolation des bâtiments

Le potentiel d’économie d’énergie le plus grand est certainement dans le domaine des batiments.

En général, quand on assainit un batiment existant on arrive à diminuer de 60% sa consommation énergétique.

Il est possible actuellement de construire des batiments qui n’ont pas de chauffage. On utilise le chauffage au solaire passif. Combiné avec l’inertie thermique d’une énorme cuve d’eau que l’on chauffe l’été grâce à des panneau solaire thermique. L’hiver le batiment est chauffé par la simple utilisation de cette réserve thermique.

Eclairage

La meilleures lumière que l’on puisse avoir est la lumière solaire. Ainsi, il est abérrant de construire des maisons avec des pièces qui n’ont pas de fenêtre où qui ont des fenêtres qui ne laisse passer que peu de lumière.

Parfois, ce n’est pas facile d’obtenir de la lumière via une fenêtre suivant la configuration des pièces. Cependant, il existe des solutions quand même. La lumière n’est pas obligée de passer au travers de fenêtres, il est possible de la faire passer au travers de puits de lumière.

Voici, un lien vers les quelques notes que j’ai prises à propos des différentes techniques qu’il existe pour pour de l’éclairage solaire indirect.

Voilà une solution simple, pour éclairer des pièces sombre qui vaut bien mieux que de tenter de diminuer la consommation d’un système d’éclairage !

C’est à mon avis un système que l’on devrait appliquer dans de nombreux supermarchés qui sont trop souvent borgnes !

Réduire la consommation d’énergie en éteingant la lumière

Tout le monde sait que l’on eut écomiser de l’énergie en éteignant la lumière. Beaucoup de gens pratiquent ce principes chez eux. Mais qu’en est il des innombrables enseignes lumineuses qui restent allumée tout le temps. Est-ce vraiment nécessaire de laisser allumé une enseigne lumineuse, un panneau publicitaire (encore les méfaits de la pub), une vitrine de magasin entre minuit et 6h le matin ?

Les pêcheurs d’énergie ont trouvé un moyen efficace de diminuer la consommation énergétique. Il suffit d’éteindre les enseignes lumineuses… à voir en vidéo.



Pêcheurs d’énergie
envoyé par pecheursdenergie. – L’info internationale vidéo.

 

Voir les arguments sur les sites:

Relocaliser la production d’énergie

La vision politique privilégie bien trop souvent la version centralisée pour résoudre les problèmes. En effet, pour un politicien (ou une politicienne), il est bin plus simple de dire qu’il faut construire une ou deux centrales nucléaire, que de gérer la construction de 20 000 installations photovoltaiques !

Donc c’est trop souvent le choix de la production centralisée qui est favorisé. C’est une erreur.

Il est bien plus profitable à tout le monde, de manière économique, comme de manière écologique de répartir la production d’énergie.

L’idée force là derrière c’est de mener une politique qui vise à créer des régions à autonomie énergétique. Ainsi l’on se rend mieux compte de ce que représente l’énergie que l’on consomme.

L’idée n’est plus de trouver la source d’énergie miracle qui va remplacer toute les autres. Mais d’exploiter toute les sources d’énergies possibles dans un bon mixe. (donc un mixe où l’énergie fossile prend le moins de place possible…)

Si l’on prend l’exemple du canton de Neuchâtel, actuellement, en 2011, c’est près de 20% de la consommation d’énergie électrique qui est produite sur place. (les usines hydroélectriques des gorges de l’areuse produisent 10% … le barrage du chatelot et centrale à gaz doit faire le reste… à vérifier.)

La Société Suisse pour l’Energie Solaire, pense que le canton peut se donner les moyens d’être autonome en énergie électrique en exploitant tous les potentiels:

  • solaire: 35%
  • éolien: 25%
  • hydraulique: 25%
  • biomasse: 15%

Pour se faire une idée, pour faire ces 35% d’électricité cantonale au solaire, il faut une surface de 3km2, ce qui correspond au potentiel de toutes les surfaces de toiture.

Par comparaison, La surface occupées par des routes est d’environ 20km2 !!

suite => Les transports

l’alimentation et l’agriculture

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L’alimentation et l’agriculture

Résumé

  • un besoin de base, c’est manger
  • l’agriculture est issue d’un problème de complexité d’échelle de la cueillette
  • l’agriculture contractuelle de proximité tout le monde s’y retrouver et on ne gaspille plus
  • la viande consomme beaucoup trop de ressource et d’énergie et est responsable de 18% des émissions de CO2
  • un jour par semaine sans viande est uen bonne solution
  • utilisons du bois sous forme de BRF pour refaire de l’humus et fertiliser les champs
  • plus besoin de labourrer
  • les ogms sont une arnaque. ça ne fonctionne pas et ça rend dépendant économiquement.

Se nourrir est probablement un des besoins les plus important. Les premiers hommes vivaient de chasse (aux rennes) et de cueillette. Puis trouvant un climat favorable aux légumineuses (vers -12000), les humains se sont sédentarisés.

Comme manger du blé dur cru n’est pas très facile, on l’a écrasé et mélangé avec de l’eau. Puis cuit dans des feux en forme de trous. Le pain était né. (vers -9000)

En observant la terre cuite au bord des feux, la poterie est née. Puis d’autres outils.

L’amélioration de la nourriture dans ces villages a permis une explosion démographique. Revers de la médaille, il est devenu plus difficile de trouver de la nourriture dans les environs des villages. Il faut aller exponentiellement plus loin pour trouver à manger. Ce n’est plus rentable.

On se retrouve devant un problème de complexité due à l’échelle. Pour résoudre ce problème, les gens ont commencé à créer des jardins proche des villages.

L’agriculture est née. Le temps du jardin d’Eden est révolu. Il faut cultiver est s’occuper de son champ. Il ne suffit plus seulement de récolter.

Il est écrit dans le livre de la genèse: Le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie […]. C’est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain.

Actuellement, on se retrouve à une échelle encore plus grande, où l’on use et abuse du transport de marchandise pour cultiver de la nourriture à des milliers de kilomètre de là où elle sera consommée.

Notre agriculture est doublement basée sur le pétrole. On mange le pétrole qui compose les engrais grâce aux plantes qui nous les transformes en produit comestibles pour nous. Et on utilise le pétrole pour transporter notre nourriture sur des distances énormes.

Les locavores

Il faut relocaliser notre consommation pour réduire la complexité du système.

Le système marchand qui est utilisé actuellement est un système qui est basé sur des producteurs qui vendent leur production à des distributeurs qui eux se chargent de distribuer la nourriture à tout le monde, en général dans des supermarché. (le modèle dominant actuel)

Ce système donne trop de poids aux distributeurs qui cassent les prix chez les producteurs tout en exigeant une qualité énorme.

Ainsi, le filtre de la qualité a pour résultat de jeter de grande quantité de nourriture qui est tout à fait consommable.

De plus en plus, les producteurs remarquent qu’ils ont tout à gagner à distribuer eux même. Un exemple, les oeufs en magasins sont placés dans des cartons d’oeufs. La taille d’un oeuf dans un emballage est standardisée. Il faut donc que les poules produisent des oeufs de taille identique. Mais ce n’est pas le cas naturellement. Il y a donc un tri qui est effectué.

Il est donc possible de trouver dans une vente directe à la ferme, des oeufs qui sont plus gros, moins cher pour le client et qui rapportent plus au producteur !

La marge est plus petite et le producteur vend les oeufs que le distributeur ne veut pas prendre car ils sont trop gros !

Sur ce constat que tout le monde est gagnant (sauf le distributeur) L’agriculture contractuelle, de proximité se développe ces dernières années. Le principe est simple.

Un producteur dit qu’il lui faut une somme fixe par année pour être rentable. Il trouve des gens qui par contrat lui achète sa production à l’avance. Il faut trouver le bon nombre de personne pour arriver au montant global qui permet la rentabilité.

Puis les consommateurs viennent régulièrement pour venir chercher leur produit. Même si la qualité est variable tout est pris et consommé. Le producteur ne passe pas encore des heures à nettoyer des légumes pour les rendre les plus beaux possibles et espérer les vendre à un distributeur ou au marché.

Tout le monde semble y trouver son compte. En France on entend souvent le terme d’AMAP, qui signifie Association pour le Maintient d’une Agriculture de Proximité.

Certaines AMAP ont beaucoup de succès et finissent par refuser de prendre plus de monde. Certain ne comprennent pas pourquoi les agriculteurs ne veulent pas s’agrandir. La raison est pourtant logique. Nous ne sommes plus du tout dans une logique de croissance. Il faut trouver la taille optimale. En agrandissant au mauvais moment on change d’échelle, on augmente la complexité et on diminue l’efficacité.

L’idée est plutôt de créer d’autre association ailleurs. De les multiplier à la bonne taille plutôt que de les agrandir.

Végétarisme et rendement de la nourriture

Se nourrir, c’est alimenter notre corps en énergie.

Il y a des aliments qui sont plus où moins bon au niveau gustatif. ça tout le monde en en conscient. Il y a des aliments qui ont des rendements plus où moins bon au niveau rendement énergétique et là. C’est plus diffus.

La viande est un aliment qui est très gourmand en énergie à produire par rapport à ce qu’il peut apporter en qualité nutritionnelles.

D’après la FAO, 78% des terres agricoles mondiales sont utilisées pour faire pousser de la nourriture pour des animaux !

(Source: rapport CRIOC: viande un lourd tribut environnemental. D’après la FAO: http://faostat.fao.org)

Une fois nourris et surtout engraissé, ces animaux sont abattus pour en faire des steaks.

Suivant les animaux et leur ossatures, le rendement n’est pas autant bon. La viande de boeuf est celle qui a le plus mauvais rendement. Après avoir dépensé une énergie colossale et beaucoup d’eau pour nourrir des vaches. Finalement, il n’y a que 10% de l’animal que l’on mange. Le rendement de la viande de porc ou la volaille est nettement meilleur. Mais la palme revient à la viande d’insecte. En effet, 90% de l’insecte est comestible. Problème, ce n’est pas dans la culture occidentale de manger des insectes !

Cependant, c’est probablement une solution d’avenir. Pour la faire accepter, il suffirait de reconstituer des steak à l’allure normal mais fait avec de la viande d’insecte. La NASA étudie de près la nourriture à base d’insecte car c’est un des seul moyen d’avoir de la viande dans le cas d’un voyage vers mars.

Actuellement, la viande de est devenue une habitude de consommation, on ne réfléchit même plus à ce qu’a été la viande avant d’être un steak.

La consommation de viande est passé de 10kg en moyenne par personne par année en Europe dans les années 1960, pour être décuplée en moins de 50 ans. En effet, en 2002 Eurostat comptait une moyenne de 97kg de viande par personnes par années pour les habitants des 15 pays que comptait l’UE à cette époque.

La notion d’élevage pour la viande est une notion récente au cours de l’histoire. Ce n’est que depuis 1880 qu’il existe des animaux d’élevages uniquement pour la viande.

En 2010, on compte environ 1 milliard de porcs d’élevages dans le monde. Ainsi, il y a 2,7 millions de porc qui sont abattu chaque jour !

L’élevage de porc pose énormément d’autres problèmes. En France, la Bretagne est envahie de porc. Le lisier de porc pollue l’eau au point que ça se ressent dans l’eau du robinet.

Pour se dégouter des élevages industriel, il faut regarder le film food inc.

Les élevages consomment également beaucoup d’énergie. En Belgique, le rapport CRIOC estime que pour les poules pondeuses uniquement, on compte une consommation électrique de 3,5 kWh par poule et par an ce qui représente 15 millions de kWh par an.

Du point de vu des ressources, la viande est terriblement gourmande.  On estime que pour produire un petit steak de boeuf de 100g, il faut 2500l d’eau répartie entre ce que la vache a bue et surtout l’eau qui a arrosé les cultures qui ont servie de nourriture à la vache. Du point de vue de l’énergie utilisée, ce même steak de 100g représente 2,3 kg eq CO2.

Dans l’agriculture, les émissions de gaz à effet de serre sont surtout du métane. Le métane est un gaz qui a une effet de serre 20 fois plus grand que le CO2. Ainsi l’agriculture et l’élevage représente dans le monde 18% des émissions de gaz à effet de serre, soit plus que les transports !

On parle souvent de prendre des mesures pour réduire les gaz à effet de serre dans les transports. Mais on parle peu de manger moins de viande.

Toutefois, ces dernières années un mouvement de végétarien pour raison écologique commence à émerger. On les appelle des flexi-vegi. Sans aller à l’extrême et devenir totalement végétariens, les flexi-vegi diminuent leur consommation de viande.

Ce n’est pas qu’il n’aiment pas la viande. Mais il préfère manger  moins de viande mais de la viande locale et de qualité que de manger de la viande tous les jours juste pour manger de la viande. Manger de la chasse locale quand c’est la saison c’est bien meilleure que du boeuf industriel ! De plus, les protéines végétales sont tout autant capable de nourrir correctement une personne.

Une nouvelle idées est apparue il y a quelques temps, c’est de faire une journée par semaine sans viande dans les cantines. Certains crient au scandale à la restriction de liberté. Mais il est indéniable que l’idée a un effet sur l’environnement.

Elle peut même avoir un effet sur le prote-monnaie. En effet, toujours selon le rapport CRIOC, il semble que la viande compte pour 30% du budget nourriture des foyers belges !

Donc pour mangeons moins de viande pour économiser de l’argent, améliorer sa santé et réduire son empreinte environnementale.

Remettre la forêt au centre de l’agriculture

Dans la période de crise dans laquelle nous vivons. Il suffit de prêter attention aux médias pour avoir l’impression que la fin du monde est proche ! Plus que jamais on nous bassine avec un catastrophisme ambiant et des problèmes partout…

Mais où sont les solutions ?

Beaucoup aiment critiquer, dénoncer, lancer le débat (ce qui est déjà mieux), mais peu de gens apportent des solutions.

Dernièrement, j’ai enfin trouvé quelqu’un qui apportait des solutions.

Je suis allé au cinéma voir le dernier film de Coline Serreau: Solutions globales pour un désordre global.

Le titre annonce déjà que l’on va nous donner des solutions. Et c’est vrai !

L’agriculture est la base des civilisations humaines

Et oui, le sujet du film, c’est l’agriculture. L’agriculture est la base de toutes nos civilisations humaines. L’agriculture est ce qui permet à tout à chacun de se nourrir, l’agriculture est fondamentale pour l’humanité…. mais pour jouer le jeu des catastrophistes… l’agriculture va mal, l’agriculture doit être réformée. Et ce film donne des solutions simples.

champ de blé.jpg

Histoire de l’agriculture

trouée dans la forêtPour commencer, petit rappel historique. L’agriculture ce n’est pas nouveau. Les humains ont commencé à cultiver des plantes il y a 10 000 ans, pendant ce que l’on a appelé la Révolution néolithique.

J’ai retrouvé des épisodes de l’émission de la RSR Histoire vivante à propos de l’histoire de l’agriculture. Pour ceux qui voudraient avoir un bon aperçu voici le résumé que j’ai fait des 3h qu’ont duré cette conférence.

Voici les enregistrements audio:

Pour résumer très brièvement la longue et complexe histoire de l’agriculture retrouvons nous au néolithique.

Au tout début, on cultivait les plantes dans la forêt. Puis on a commencé à bruler les arbres pour faire un peu de place et surtout pour récupérer les cendres et les utiliser comme engrais.

Quand ça ne marchait plus on partait ailleurs. Puis après quelques dizaines d’années le premier sol était à nouveau utilisable quelques années.

Une fois que toutes les forêts utilisables ont été brûlées, il a commencé à manquer de place. On s’est donc mis à rester sur les mêmes terrains et l’on a inventé la jachère.

J’ai relu mon livre d’histoire d’école secondaire et ce qu’on y dit à propos de la jachère. Comme dans la plupart des livres d’histoire, ce n’est pas exact !

La jachère n’est pas le repos de la terre ! … c’est au contraire le moment où l’on travaille le plus la terre ! C’est vrai on y cultive plus, mais on tente par tous les moyens de lui redonner de la biomasse ! C’est pourquoi on va y faire paître les animaux pour récupérer leur déjections. On va labourer le champ pour mélanger ces déjections avec la terre.

Tout le moyen âge va être chamboulé par cette technique. La faux, la charrue et la charette sont le premier pas vers une agriculture technologique. Une technologie qui va mobiliser tellement de ressources que l’impôt sera inventé !

L’agriculture du néolithique à l’aide de la forêt était beaucoup plus rentable, les technologies du moyen-âge ne sont là que pour compenser la perte de la forêt.

Cette situation va durer jusqu’au début du 20ème siècle.

Agriculture de destruction massive

masque obligatoire_plus_clair.pngLe début du 20ème siècle est marqué par deux guerres mondiales. Lors de la première, c’est là que l’on a envoyé au front tous les paysans d’europe se faire massacrer et qu’on a envoyé leur femmes dans les usines.

La première guerre mondiale à vu la création du gaz moutarde pour tuer les ennemi. c’est aussi à cette époque que l’industrie a réussi à synthétiser l’amoniac.

A la fin de la guerre, il y avait des millions de paysans en moins et une industrie chimique qui tournait pour rien !

On a changé d’ennemi. Au lieu de se battre entre humains. On se bat contre le sol. On lui déverse dessus tous les pesticides créé pendant la guerre sous prétexte de tuer les insectes nuisibles ! Le reste de l’industrie chimique fabrique des engrais. Et l’industrie des chars fabrique des tracteurs.

Une nouvelle révolution agricole est en route. On commence la guerre chimique contre les sols.

Agriculture à base de pétrole

nain de jardin arrosoirIl ne faut pas oublier que toute notre agriculture actuelle est une grosse industrie à transformer du pétrole en plante comestible. (on l’espère que c’est commestible !)

En effet, dans ce type d’agriculture, on balance des pesticides pour tuer le sol (surtout les micro-organismes qui le compose), et comme le sol n’est plus capable de nourrir les plantes, on leur donne directement des engrais.

Engrais, qui sont à base de pétrole. Pourquoi est ce que les fruits et légumes sont beaux et gros ? Par ce qu’on les gaves de pétrole ! Tout le monde sait que les réserves de pétrole vont en diminuant, mais tout le monde trouve normal de baser notre alimentation sur le pétrole ! Ce n’est pas très durable tout ça !

.. et ce n’est pas très bon non plus. On fait tout pour avoir des plantes énormes. Mais elles sont malades. Ce n’est pas en faisant des cultures hors sol, où l’on nourrit les plantes avec uniquement 3 des 28 composants dont les plantes ont besoin pour se développer, que l’on va faire une alimentation saine !

L’agriculture actuelle vit sur les mêmes règles que la mode: Seule l’apparence compte !

La solution: remettre la forêt au coeur de l’agriculture

Forêt verte.jpgIl est temps de s’arrêter et de réfléchir à ce que l’on fait. Il est temps que tout le monde se renseigne sur ce qui est dans son assiette. L’agriculture actuelle court à sa perte !

Oui, c’est du catastrophisme. Mais la solution est là et facile à mettre en oeuvre.

La source de la fertilité c’est la forêt !

La forêt fait pousser des arbres de plusieurs dizaines de mètres de haut. Personne n’y met de l’engrais !

La forêt pousse toute seul, personne n’y met de pesticides pour lutter contre son sol !

La forêt est toujours fraiche et humide et personne ne l’arrose !

Le secret de la forêt, c’est son sol. C’est son humus toujours en formation à l’aide de nombreux champignons, bactéries, et insectes qui décomposent le bois qui tombe des arbres. La biomasse est toujours entièrement recyclée.

Il est donc temps pour l’agriculture de renouer avec la forêt, de réutiliser le bois comme fertilisant !

Le BRF: Bois Raméal Fragmenté

Il faut donc que les agriculteurs abandonnent tous les mythes de ces derniers millénaires:

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  • Cultiver c’est facile. Nous ne sommes pas en guerre contre le sol. C’est notre principal allié !
  • Il faut arrêter de labourer. Retourner le sol détruit sa composition, tue les animaux qui l’aérent naturellement sans rien demander. Pourquoi se crever à labourer c’est si dure et si inutile !
  • Il faut arrêter de balancer des pesticides. ça tue les animaux qui rendent le sol vivant et font tout pour aider les plantes à pousser.
  • Les insectes ne s’attaquent qu’à des plantes malades comme tous les charognards. Il faut donc produire des plantes saines et non des plantes malades !
  • ça fait 6000 ans que l’homme se bat contre les mauvaises herbes par ce qu’il veut un sol à nu. ça fait 6000 ans que la nature tente d’expliquer qu’il ne faut jamais avoir un sol nu. Sinon il s’érode ! Il faut donc faire des cultures intercalaires, des cultures de plantes que l’on ne va pas forcément récolter, mais qui vont créer de la biomasse et qui seront des « mauvaises herbes » que l’on aura choisie ! Ainsi le sol ne sera jamais nu. Et tondre, c’est plus facile que labourer !
  • Pour remettre la forêt au milieu de l’agriculture on utilise le BRF, le Bois Raméal Fragmenté. Ce sont des copeaux de jeune bois dont on va recouvrir les champs pour permettre au sol de se reconstituer. Il faut que des champignons se forment sur ce bois pour le décomposer.
  • Les champignons sont les seuls être vivants à pouvoir faire de la rétention d’eau dans toutes leurs cellules. Ce sont donc les champions de la régulation d’eau. Avec une culture qui utilise du BRF et ses champignons, l’arrosage est grandement diminué !
  • Il faut replanter des haies, ça permet de cultiver directement sur place tout le bois dont on a besoin pour faire du BRF.

La solution est simple, économique, elle demande moins de travail, elle permet de diminuer sa dépendance à l’extérieur et elle fonctionne !

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Pour aller plus loin

Dans le film on voit Lydia et Claude Bourguignon qui se battent pour expliquer aux agriculteurs qu’ils ont tout intérêt à réformer leur techniques d’agriculture. Ils ont créé le LAMS, un laboratoire d’analyse des sols.

Solutions locales pour un désordre global n’est pas le premier film dans lequels ils apparaissent.

Voici un extrait du film Alerte à Babylone dans lequel on y voit Claude Bourguigon:

Voici deux vidéos d’une conférence très intéressantes de Claude Bourguignon:

Pour aller plus loin encore sur le sujet, des profs de l’université de Neuchâtel vienent de rééditer un livre à propos de la microbiologie des sols: Le sol vivant.

Couverture

Les OGM.

Aux Etats-Unis, 58% du coton, 66% du maïs et 93% du soja sont Roundup Ready. La majorité des OGM cultivés dans le monde également, et le glyphosate, contenu dans le Roundup, est la molécule herbicide la plus utilisée sur terre.

Cependant depuis 2010, l’Amarante de palmer résiste au gylphosate, et donc au round up de Monsanto !

Voilà il a suffit de 15 ans d’utilisation d’OGM en Arkansas pour que l’amarante de palmer résiste au glyphosate et ruine le modèle économique de Monsanto !

Bravo à cette plante ! Elle est plus efficace que toutes les manifestations anti-ogm qui ont eu lieu jusqu’à présent.
Pourquoi acheter des semences 3 fois plus chères pour mettre autant de pesticide et quand même devoir arracher les mauvaises herbes à la main !
Désherber 66 millions d’hectares de champs à la main c’est long !!!

Voir article dans le Temps.

Voir le film, le monde selon Monsanto.

Pas d’OGM

A ce propos, j’invite tout le monde à se mobiliser contre les industries spécialisées dans les manipulations génétiques qui ont la fâcheuse tendance à rendre stérile leurs plantes afin de s’assurer que les agriculteurs (et autres amateurs comme moi) ne puisse pas éviter de passer à la caisse chaque année pour avoir des semences.

Le bienfait des OGM est un leurre. L’industrie fait de la promotion des OGM car elle aime le modèle économique qui va avec.  Le leader de l’industrie des OGM: Monsanto, est à la base une entreprise qui fabrique des produits chimiques et non une entreprise qui se soucie de l’agriculture et de la santé des gens.

Je crois qu’il est bien de rappeler que Monsanto est à la base d’à peu près tous les produits chimiques qui ont provoqué de graves problèmes et crises sanitaires: l’agent orange de la guerre du Viêt-nam, les PCB utilisés comme retardateur de flamme dont Monsanto niait les effets cancerigènes, les veaux dopés à l’hormone de croissance bovine, les publicités mensongères sur la biodégradabilité de l’herbicide Roundup

Ce que Monsanto aime avec les OGM, c’est qu’on peut modifier des céréales pour les rendre plus résistantes à son désherbant, le Round Up. Puis en rendant stérile ces plantes, on s’assure que les agriculteurs passent chaque années acheter un nouveau stock de semences chez Monsanto.

Mais qui s’inquiète de savoir qu’avec cette technique ont peut balancer encore plus de pesticides dans les champs… et par la même occasion dans nos assiettes ??

Pourquoi est ce que l’on s’étonne en argentine de voir un plus grand nombre de cancers et de leucémies en bordure des champs d’OGM ?

Voilà, donc je suis pour la souveraineté alimentaire, nous n’avons pas besoin d’OGM si c’est juste pour favoriser un monopole commercial.

D’autant plus, qu’actuellement l’agriculture n’a aucun problème de productivité. On a pas besoin de produire plus de céréales, la famine dans certains endroits c’est juste une mauvaise répartition des ressources:

Pourquoi réserver 78% de la surface agricole mondiale pour nourrir des animaux destiné à la boucherie. C’est un très mauvais rendement. Environ 10% pour la viande de boeuf! En mangeant moins de viande, on nourrit plus de monde, on économise de l’eau et on réduit le cheptel de vaches qui pète du méthane, un gaz a effet de serre 20 fois plus efficace que le CO2 ! Qui me trouve mieux comme solution aux problèmes environnementaux du moment ?

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La simplicité volontaire

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La simplicité volontaire

  • STOP— Briser tout ça… => simplicité, small is beautiful
  • la complexité est un fossoyeur de civilisation
  • la pub ne concerne que l’inutile
  • quel est l’utile ?
  • L’utile c’est la redéfinition de nos besoins => virginia hendersen => se connaitre soi même => spirituel

Décroissance un mot obus

Le terme de décroissance est un terme qui est dur, qui a une connotation négative.

Certains trouve que c’est bien. Que le mot décroissance est un mot obus, ou un mot bélier. Qu’ainsi le capitalisme qui ne montre que les choses belles ne pourra pas le reprendre comme il a repris le terme du développment durable.

D’autres personnes préfère utiliser un autre vocable. On entend fréquemment parler de simplicité volontaire.

C’est le courant des gens qui préfère parler de positif que de négatif. Il est souvent reproché aux écologistes par leurs détracteurs qu’il ne sont pas des gens joyeux du tout qu’il ne sont là que pour interdire, limiter, et donner mauvaise conscience.

Le courant de simplicité volontaire est justement là pour amener positivement vers un changement.

La complexité fossoyeur de civilisation

L’envie de simplicité est également une réponse à notre monde qui est toujours plus complexe. Une envie de retrouver un monde simple et compréhensible. Mais pas seulement. C’est aussi une question de survie !

Le professeur Joseph Tainter, a étudié l’effondrement de certaines civilisations. Il a développé toute une théorie qui montre que l’effondrement l’empire romain, des civilisations Maya et Chacoan a pour source une complexité trop grande.

Quand une civilisation devient trop complexe, elle bouffe plus d’énergie à maintenir ses structures qu’à utiliser ses ressources de manière rationnelle.

Les aberrations écologiques que l’on peut observer dans notre société, telle que l’histoire des pommes de terres allemandes qui vont se faire laver en Espagne avant de revenir se faire transformer en chips, montre que notre civilisation est en plein dans un gaspillage d’énergie uniquement pour garder en place un système économique complexe basé sur le libéralisme.

Notre civilisation est basée sur la mobilité à moindre coût. C’est ce qui assure sa cohésion.

C’était déjà le cas pour l’empire romain et il s’est effondré.

Si l’on remonte au temps de la république romaine. On observe que la population romaine a augmenté en même temps que les rendements de l’agriculture a diminuée. Les romains ont donc résolu ce problème en colonisant les environs. Mais pour assurer cette colonisation de ressources naturelles, il a fallu augmenter la complexité en organisant une armée, des routes et des villes fortifiées. Cette complexité a également demandé de nombreuses ressources. C’est en assurant la croissance exponentielle de l’empire romain que sa structure a pu être gardée. Mais à une certaine échelle, la complexité est devenu plus dur à assurer, les moyens de communication ont absorbé trop de ressources par rapport à leur gain et l’empire c’est effondré.

Joseph Tainter explique que l’effondrement de l’empire romain a est souvent perçu comme une catastrophe. Mais qu’en y regardant de plus près, pour la majorité de la population c’était certainement une bonne chose. Dans les ossements de l’époque, on observe que les gens étaient mieux nourri après l’effondrement qu’avant ! Ils n’avaient plus besoin d’assumer la complexité de l’empire.

Le but dans notre civilisation est donc d’éviter d’arriver à l’effondrement, pour ce faire, il faut supprimer toutes les actions qui sont uniquement là pour maintenir le système en place.

Les meilleures solutions sont de promouvoir l’auto-organisation et la décentralisation. Un système trop compliqué s’effondre. Il est cependant de faire un système complexe basé sur de nombreuses cellules autonome, décentralisée et d’un fonctionnement très simple.

Pour mieux ocomprendre ces propos qui permettent l’émergence d’une intelligence collective à une échelle supérieur, je recommande de regarde ce reportage sur arte à proos de l’intelligence collective. (aux dernières nouvelles, le 22 novembre 2010, cette vidéo n’était plus disponible pour moi ?)

Le livre de Thierry Crouzet, Le peuple des connecteurs, parle abondamment des structures décentralisées et de l’émergence d’une auto-organisation basée sur un grand nombre d’individus liés, dont les liens suivent un très petit nombre de règles. C’est ce qui permet aux étourneaux de voler en groupe dans le ciel, aux fourmilières de se nourrir, aux termites de construire leur termitères, etc.

Science sans conscience

Quand on parle de problèmes écologiques, toute un partie de la population est persuadée que la science va permettre de résoudre tous les problèmes. Oui, la science est capable de beaucoup de chose. Mais souvent la science n’est qu’un moyen de déplacer le problème sur un autre. D’augmenter la complexité du système, et selon la théorie de Joseph Tainter de pousser le système à sa perte.

La science sans conscience est dangereuse. Ce concept est déjà très bien expliqué dans le mythe de Dédale il y a des millénaires !

À chaque problème de ses maîtres, Dédale est un auxiliaire qui trouve une solution à leurs problème,s ce qui provoque un nouveau problème que Dédale résout aussi avec une nouvelle solution au nouveau problème: la cire des ailes, solution pour s’échapper du labyrinthe, lui-même solution pour enfermer le Minotaure, lui-même fruit conséquent de sa vache en bois faite pour Pasiphaé.

La science est capable de tout. Mais est ce que tout mérite d’être fait ?

Pourquoi inventer le rasoir qui rase plus vite si ce n’est pour aller plus vite au travail créer des rasoirs qui rasent plus vite ?
Pourquoi développer des trésors d’ingéniosité pour construire des voitures électriques pour remplacer des voitures à essence. C n’est que déplacer le problème, au lieu d’être dépendant du pétrole, on sera dépendant de l’uranium et du charbon pour faire l’électricité et du lithium pour faire les accus. La complexité augmente. Ces ressources sont tout autant limitées que le pétrole, voir plus. La solutions ne sera que temporaire.

Alors que le vélo existe depuis longtemps, il est technologiquement beaucoup plus simple et coûte beaucoup moins. Le vélo est une solution ultime qu’on ignore !
Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Se concentrer sur l’essentiel

La publicité est là pour nous vendre l’inutile. Mois comment savoir ce qui est utile ? Comment savoir quels sont ses besoins ?

L’infrimière Virginia Henderson, a tenté de faire une liste des 14 besoins fondamentaux. On trouve:

  1. Respirer.
    Capacité d’une personne à maintenir un niveau d’échanges gazeux suffisant et une bonne oxygénation.
  2. Boire et manger.
    Capacité d’une personne à pouvoir boire ou manger, à mâcher et à déglutir. Également à avoir faim et absorber suffisamment de nutriments pour capitaliser l’énergie nécessaire à son activité.
  3. Éliminer.
    Capacité d’une personne à être autonome pour éliminer selles et urine et d’assurer son hygiène intime. Également d’éliminer les déchets du fonctionnement de l’organisme.
  4. Se mouvoir, et maintenir une bonne posture et maintenir une circulation sanguine adéquate.
    Capacité d’une personne de se déplacer seule ou avec des moyens mécaniques, d’aménager son domicile de façon adéquate et de ressentir un confort. Également de connaître les limites de son corps.
  5. Dormir, se reposer.
    Capacité d’une personne à dormir et à se sentir reposée. Également de gérer sa fatigue et son potentiel d’énergie.
  6. Se vêtir et se dévêtir.
    Capacité d’une personne de pouvoir s’habiller et se déshabiller, à acheter des vêtements. Également de construire son identité physique et mentale.
  7. Maintenir sa température corporelle dans la limite de la normale.
    Capacité d’une personne à s’équiper en fonction de son environnement et d’en apprécier les limites.
  8. Être propre, soigné et protéger ses téguments.
    Capacité d’une personne à se laver, à maintenir son niveau d’hygiène, à prendre soin d’elle et à se servir de produits pour entretenir sa peau, à ressentir un bien-être et de se sentir belle. Également à se percevoir au travers du regard d’autrui.
  9. Éviter les dangers.
    Capacité d’une personne à maintenir et promouvoir son intégrité physique et mentale, en connaissance des dangers potentiels de son environnement.
  10. Communiquer avec ses semblables.
    Capacité d’une personne à être comprise et comprendre grâce à l’attitude, la parole, ou un code. Également à s’insérer dans un groupe social, à vivre pleinement ses relations affectives et sa sexualité.
  11. Agir selon ses croyances et ses valeurs.
    Capacité d’une personne à connaître et promouvoir ses propres principes, croyances et valeurs. Également à les impliquer dans le sens qu’elle souhaite donner à sa vie.
  12. S’occuper en vue de se réaliser.
    Capacité d’une personne à avoir des activités ludiques ou créatrices, des loisirs, à les impliquer dans son auto-réalisation et conserver son estime de soi. Également de tenir un rôle dans une organisation sociale.
  13. Se divertir, se récréer.
    Capacité d’une personne à se détendre et à se cultiver. Également à s’investir dans une activité qui ne se centre pas sur une problématique personnelle et d’en éprouver une satisfaction personnelle.
  14. Apprendre.
    Capacité d’une personne à apprendre d’autrui ou d’un événement et d’être en mesure d’évoluer. Également à s’adapter à un changement, à entrer en résilience et à pouvoir transmettre un savoir.

Selon cette liste de besoin, on reconnait assez rapidement que les besoins de bases sont liés à se nourrir et avoir un chez soi.

Les besoins de bases d’un société sont donc d’assurer un apport de nourriture à ses membres ainsi qu’un logement qui soi à température adéquate. Ce qui demdande parfois beaucoup d’énergie.

suite => L’alimentation et l’agriculture

Epuisement des ressources naturelles

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Epuisement des ressources naturelles

  • la publicité augmente l’épuisement des ressources => colonialisme => guerre

Le néo-colonialisme et la guerre des ressources

Le constat à faire c’est que depuis la nuit des temps, les gens se battent pour avoir le contrôle des ressources.

Le productivisme aidé par la publicité augmente considérablement la consommation de ressources naturelles.

Notre économie fonctionne sur un principe de transformation la plus rapide possible de ressources naturelles en déchets. Le PIB est la mesure de la vitesse à laquelle se passe cette transformation.

Les pays qui ont (souvent dans leur sous-sol) les plus grandes quantités de ressources naturelles sont souvent les pays qui sont les plus instables économiquement et politiquement.

Ces pays sont constamment pillés. Au fil du temps ce pillage change de méthode, et de nom. Mais c’est toujours du pillage.

La période coloniale de l’afrique est terminée. Mais en fait elle continue via le colonialisme économique.

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Des gouvernements sont renversés pour que les multinationales en place continuent leur exploitation sans être inquiétées. Les guerrillas sont financées pour faire durer les guerres le plus longtemps possible, car finalement la situation actuelle permet d’exploiter les ressources naturelles à bon prix.

C’est exactement ce qu’il se passe en république démocratique du congo, dans laquelle, la région du kivu est le lieu où l’on trouve entre 60% et 80% des ressources mondiale en coltan, un minerai dont on extrait le tantale. Le tantale est un métal très utilisé pour la fabrication de condensateurs. Tous les appareils électroniques contiennent des condensateurs au tantale.

La région est en guerre depuis des décennies pendant que le monde entier finance cette guerre grâce aux appareils que l’on achète. C’est nous qui sommes responsable de cette guerre.

Je cois qu’il est plus simple de résumé tout ceci en regardant cette petite animation issue du film The age of stupid.

film ^

Souvent le colonialisme se cache sous le nom de développement. Que signifie développement ? La définition est très floue et différente pour tout le monde. Mais faire des affaires dans des pays dit sous-développés, ou en voie de développement. C’est faire du développement.

Bref, participer au développement d’un pays c’est faire exactement la même chose que ce qui se fait partout ailleurs !

Si l’on veut vraiment aider les populations de ces pays qui sont pillés pour leur ressources, il ne faut pas lancer un quelconque projet de développement. Il suffit tout simplement d’arrêter de consommer les ressources provenant de leur pays. Le colonialisme n’aura plus raison d’être et ils seront tranquille.

Ce qui caractérise un mot plastique, c’est d’avoir appartenu d’abord à la langue courante, où il possède un sens clair et précis (le développement d’une équation), d’avoir ensuite été utilisé par la langue savante (le développement des espèces selon Darwin), et d’être aujourd’hui repris par la langue des technocrates dans un sens si extensif qu’il ne signifie plus rien, sinon ce que veut lui faire dire le locuteur individuel qui l’emploie.
Uwe Pörsken, Plastikwörker, éd Klett-Cotta,1989

Si tout ceci ne s’arrête pas par la réduction de notre consommation, ceci s’arrêtera quand il n’y aura plus de ressources. Et c’est pas pour dans très longtemps.

Voici un échéancier de la fin des stocks accessibles de différents métaux.

Le worldresourcesforum.org aura lieu en septembre 2011 à Davos pour parler de l’avenir de la gestion des ressources naturelles de cette planète.

suite => La simplicité volontaire

la publicité, le moteur du consumérisme

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La publicité

Pourquoi est ce que les médias nous parlent souvent de la croissance du PIB ?
Car c’est le moteur de l’économie. Car pour faire fonctionner le système, il faut que nous y croyons. Il faut que chacun soit porteur du système.

Ainsi le système s’auto-entretient, il assure sa propre survie avec la soutiens de tous.

Les médias véhiculent l’idée de croissance car ils véhiculent l’idée dominante du moment. Les médias véhiculent l’idée de croissance, car pour une bonne partie, ils sont financés par ce système de croissance économique.

Une énorme partie des médias est financée par la publicité. Certains médias, en plus d’être financé par la publicité sont également en mains de groupe industriels. L’exemple le plus parlant est probablement celui de la chaine de télévision française TF1 qui appartient au groupe industriel Bouygues.

En observant ces liens de filiation, il devient facile de comprendre pourquoi, le journal de TF1 a fait une émission spéciale  du journal sur la construction de la mosquée Hassan II à Casablanca. Ce reportage « culturel » n’est en fait qu’une publicité déguisée pour montrer les grandes réalisations du groupe de construction Bouygues.

Ce qu’il y a de bien chez TF1, c’est que cette réalité de la domination de la publicité sur le contenu est clairement assumée. Cette réalité est en tout cas assumé par l’ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay lorsqu’il affirmait:

Soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. (…) Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.

La plupart des patrons de médias ne sont pas aussi directs que ça. Consciemment ou inconsciemment d’ailleurs. D’une manière générale, les journalistes de la presse écrites sont des gens intègres qui n’aiment pas trop la publicité et qui ont toujours tenté de séparer le contenu informationnel de leur journal avec le contenu publicitaire qui n’est qu’un apport financier pour faire vivre leur journal.

Cette pratique de séparation est d’ailleurs contraire à ce que l’on voit sur le web où google, la principale régie publicitaire sur le web, tente de contextualiser le contenu de la publicité avec le contenu de la page web sur laquelle elle se trouve !

Lors de chaque récession, on remarque que le premier budget qui passe à la trappe est celui de la publicité. Ainsi les journaux se vident drastiquement des publicités et en même temps des revenus qui les font vivre.

C’est là que l’on voit que la frontière entre information et publicité est très fine. L’une ne vit pas sans l’autre. Cependant, il y a quand même une bonne différence de marge de manoeuvre entre un quotidien comme le courrier qui tente de garder son indépendance pour apporter une véritable information et un quotidien gratuit comme 20 minutes, qui n’est qu’un support publicitaire supplémentaire, qui vise à utiliser le temps de cerveau disponible des gens, pendant qu’ils voyagent dans les transports publics.

Mais pourquoi est ce que le système économique a besoin de la publicité ?

Pour répondre à cette question, je vais laisser la parole à caius saugrenus, illustre personnage de l’album des aventures d’Astérix le gaulois intitulé: Obélix et compagnie. (J’ai déjà réalisé une analyse complète de cette bande dessinée qui est un démonstration parfaite du fonctionnement du capitalisme.)

campagne de marketing pour les menhir.jpg

Dans cette bande dessinée, Caius Saugrenus a trouvé un moyen de vaincre les irréductibles gaulois. Il les fait travailler à la fabrication de menhirs et les achètes à prix d’or.

Le plan fonctionne tellement bien, que Jules César est envahi de menhirs totalement inutiles dont il ne sait que faire. Caius saugrenus a donc un nouveau plan. Il faut vendre les menhirs.

Comment faire pour vendre de l’inutile ?

– Il faut faire une campagne de marketing !

Comme le dit Caius Saugrenus: Il faut provoquer le besoin chez le consommateur.

Ainsi le système capitaliste doit pousser le plus loin possible son absurdité productiviste. Comme il faut pouvoir vendre à tout prix. Il faut que les gens achètent à tout prix, que l’objet qu’on leur vend soit utile ou non.

Le but de la publicité est donc de faire vendre ce qui a été produit.

De plus, comme on veut de la croissance, on produit toujours plus. Il faut donc des publicités toujours plus efficaces pour augmenter la consommation.

Si vous voulez vendre un produit qui est absolument indispensable, c’est très facile, pas besoin de publicité. Les gens qui ont besoin de ce produit viennent d’eux mêmes. Donc on peut même pousser le raisonnement et dire que la publicité est là uniquement pour faire vendre ce qui est inutile.

Quels sont les mécanismes de la publicité

Le collectif des renseignements généreux a fait une brochure intitulée: Pub: la conquète de notre imaginaire. Comme la brochure est très bien faite, je ne vais pas répéter tout ce qu’elle dit ici. Je me contenterai de résumer les points principaux et vous incite à télécharger cette brochure au format pdf et de lire les 28 pages qu’elle contient. (ce n’est pas long)

La publicité s’appuie sur la psychologie humaine. La publicité utilise la jalousie, l’envie et le besoin de reconnaissance des autres.

mécanisme de la pub.png

Dans l’album Obélix et compagnie, Saugrenus explique que les gens achètent:

  • Ce qui est utile
  • Ce qui est confortable
  • Ce qui est amusant
  • Ce qui rend jaloux les voisins

Ce sont quelques moyens de susciter l’envie d’achat.

D’une manière générale le mécanismes est toujours le même.

La publicité est là pour susciter une frustration chez l’individu, pour créer un manque.

La publicité va réveiller le plus grand désir qui sommeil en chaque humain: le désir de pouvoir.

Ce désir se réveille avec tout ces désirs associés; la supériorité, la jouissance, la beauté, la santé, l’intelligence, la capacité amoureuse, etc…

L’étape suivante va consister à associer ce désir de pouvoir avec le produit que l’on veut vendre.

Avoir rime avec pouvoir !

Une fois que le désir d’achat devient irrésistible, c’est là que l’on se fait avoir et que l’on achète le produit. Cette action de consommation calme, apaise. Mais pas pour longtemps…

En effet, le but de la publicité est également de vous montrer que le produit que vous avez acheté ne rempli pas totalement vos besoins. Il faut provoquer une certain désillusion pour mener à une nouvelle frustration et recommencer le cycle de consommation.

Avec les produits technologiques c’est de plus en plus facile de provoquer la frustration, de vous montrer que votre téléphone portable n’est pas de toute dernière génération. Qu’il est devenu trop lent, qu’il ne possède pas d’appareil photo, de lecteur de musique ou autre gadget embarqué.

Le progrès technologique et le cycle de consommation-frustration de la publicité est un couple qui s’entend bien !

Quelques exemples de manipulation utilisée dans les publicités

Oui, il s’agit bien de manipulation. De lavage de cerveau.

  • Comme les avocats et le banquiers, la pub utilise la cravate et le ton grave pour énoncer des vérités inébranlables.
  • la pub fait sont show à l’aide de son et de lumière vive pour vous mettre en trance hypnotique
  • la pub utilise les connotations des mots pour vous guider sur des rails. Les mots liberté, bonheur, démocratie vous attire, les mots, guerre, racisme, mort vous repoussent.
  • le message publicitaire est enfantin, et ne va jamais à l’encontre de la morale majoritaire.
  • la pub utilise le principe d’identification: je suis comme vous, faites comme moi
  • la récupère des symboles. Che Guevara vends des voitures. Gandhi fait de la pub pour une agence de placement ou des stylos !
  • la pub utilise l’humour. Tout le monde aime rire. Celui qui n’aime pas la pub s’exclu !
  • la pub donne l’illusion du choix et de la liberté pour mieux formetter ! Les slogans: Sois toi même! Deviens qui tu es! libère toi ! sont courrant. Sur des pages web, il a été remarqué qu’une majorité de gens préfère cliquer sur un lien qui vous dit: Soyez libre de cliquer ici, que sur un lien ou il est simplement écrit cliquez ici.
  • la répétition, le martellage, il n’y a que ça de vrai pour faire rentrer un slogan. Le soleil vient de se lever…..

Allez faisons encore un test de l’état de votre lavage de cerveau avec quelques slogans à compléter:

  • avec ovomaltine ça va pas mieux….
  • Quand y’en a marre….
  • Have a break, have a …
  • Il faut secouer sinon la pulpe….
  • always..

Et si vous ne trouvez pas, c’est que vous êtes moins atteint par la pub que moi. Il ne vous reste plus qu’à vous rattraper en allant apprendre les slogans sur slogandepub.fr 😛

Des chercheurs ont montré que dès l’âge de 18 mois, les enfants sont capables de reconnaître le logo d’une entreprise et d’y associer un produit.

La télévision principal outil de formattage culturel

Ce résultat de lavage de cerveau est surtout rendu possible par l’influence de la télévision. C’est LE média de masse. C’est un média accessible à tous et facile d’utilisation. N’importe qui sait utiliser une télévision.

Tout le monde regarde le même programme en même temps. La télévision crée une culture commune et donc des liens entre les gens. Ce qui peut paraitre comme une bonne chose est également détourné par la publicité.

Durant ces 50 dernières années, la télévision a pris une telle importance qu’elle s’impose comme une autorité qui est capable de faire faire tout et n’importe quoi à tout le monde.

C’est ce qui à montré la nouvelle version de l’expérience de milgram. Plus de 80% des gens sont prêts à tuer pour gagner un jeu TV ! Pour plus d’info à ce sujet, j’ai déjà décrit et analysé toute cette expérience de Milgram sur mon blog.

Un français regarde regarde en moyenne la télévision 3h45 par jour ! Si il dort 8h par jour. Un rapide calcul nous montre que la télévision représente 20% de son activité diurne.

Heureusement, depuis l’avènement des connexions internet haut-débit et permanentes, la télévision est en large recul chez les jeunes. L’interactivité du web est un atout majeur face à la passivité qu’oblige la télévision.

La TSR estimait la moyenne d’âge des gens qui regardent le téléjournal est d’environ 56 ans ! La télévision reste tout de même utilisée par les jeunes, mais surtout comme radio avec des images (de rappeurs avec des filles dénudées) pour passer de la musique comme ambiance de fond.

Pour ne pas perdre de part de marché, la télévision riposte de manière encore plus dure en flattant tous les bas instincs humains. La télévision propose des émissions de voyeurisme avec la généralisation de la télé-réalité.

Bref, pour lutter contre la publicité, le mieux à faire n’est de plus regarder la télé.

Catégorisation, stigmatisation, sexe et cliché

publicité la femme objet.jpgA la télévision, on retrouve tous les sujets et techniques de manipulation utilisés par la publicité. Les mondes de la publicité et de la télévision sont effectivement fait pour bien s’entendre ! Dans ces deux mondes on tente d’épargner aux gens une réflexion trop ardue. On emploie des codes déjà connus, on catégorise les gens, chacun a sa place. Dans une émission de télé-réalité on ne sélectionne que des caraicatures de personnage. Et surtout on use et abuse du sexe pour faire vendre !

Combien de publicité présentent des jolies filles pour vendre des produits qui n’ont absolument rien à voir ?

La publicité est sexiste. Elle renforce l’image de la femme objet.

La publicité cible les jeunes

La publicité est principalement conçue pour appâter les jeunes, pour leur donner une vision de la réalité voulue par les publicitaires.

Dans le film 99 francs, qui critique le monde de la publicité. On nous dit que depuis la naissance jusqu’à l’âge de 18 ans. Un individu a déjà regardé 350 000 spots publicitaires !

Un enfant qui regarde tous les jours une publicité dans laquelle on lui dit que boire une boisson sucrée pétillante est sympa, bon, agréable, aura acquis cette vérité !

En 2003, une étude sur le comportement des consommateurs avait déjà montré que le shopping représente la plus importante activité de loisir pour 85% des adolescents.

(Etude de Petra Oggenfuss et Thomas Bamert)

La pub est une victoire culturelle complète. Une majorité de jeunes aiment vivre dans le monde et dans l’imaginaire de la publicité.

Impact de la publicité sur la politique

En imposant une culture, la publicité impose également une vision politique.

Tout d’abord la publicité fait l’apologie de la philosophie capitaliste. La philosophie de l’individualisme. La technique est simple. Il faut créer des classes et une lutte des classes.

La publicité montre l’objectif à atteindre: le beau gosse bien bronzé et musclé qui séduit la jolie jeune fille grâce à sa grosse voiture et son parfum de luxe.

Cette image du bonheur parfait raisonne en chacun de nous comme un bonheur inaccessible. Je ne suis pas autant bien que le gars de cette pub, il y a un fossé entre lui et moi.

Les riches peuvent s’offrir cette vie, et moi pas !

Ce genre de réflexion crée et renforce une hiérarchie de classe qui n’existait pas forcément. Les gens déjà défavorisés sont en général les plus sensible à ce genre de publicité.

L’habitude d’un système de classes véhiculé par la publicité détruit la démocratie. Dans une démocratie chacun est sur un pied d’égalité avec les autres. Cependant cette habitude de classe va créer le sentiment d’avoir une élite de politicen et une basse caste du peuple.

L’autre impact de la publicité sur la vie politique est la passivité. La publicité nous habitue à la passivité, aux messages pré-mâchés. Au slogan tout fait qui disent ce que l’on doit faire.

Dans la vie politique, il faut faire des choix soi-même. Ne pas se faire dicter ses choix par une affiche. Pourtant c’est ce qui arrive bien trop souvent par habitude !

Les politiciens ont bien compris qu’une bonne campagne de publicité c’est le succès de faire passer ces idées. En politique, on ne parle pas de publicité. On parle de communication.

Voici une citation de Nicolas Sarkozy qui résume tout:

La communication est à l’action ce que l’aviation est à l’infanterie ; l’aviation doit passer pour que l’infanterie puisse sortir ; c’est lorsqu’on a gagné la bataille de la communication qu’on peut commencer à agir.
Nicolas Sarkozy, interviewé dans L’Express, 17 novembre 2005

La décroissance une culture alternative

La publicité est donc autant un moteur pour entretenir le consumérisme, qu’un moteur culturel pour nous associer à la philosophie capitaliste, la philosophie du profit individuel. Une philosophie qui isole, qui prône, la concurrence, la performance, la croissance.

Le mot décroissance, à l’image du mot débourser qui signifie sortir de sa bourse, signifie sortir de la croissance. Sortir de ce système économique basé sur une machine thermique qui transforme de manière irréversible des ressources naturelles en déchets.

La décroissance, est une philosophie opposée ce système basé sur la croissance. La décroissance c’est une nouvelle culture, avec d’autres valeurs. Des valeurs plus humaines.

Le combat frontal contre la publicité est une possibilité, mais le plus efficace est de prôner une alternative. La décroissance, c’est la joie de vivre. Comme est intitulé le journal édité par Vincent Cheynet.

Il est temps pour la décroissance de remettre au goût du jour des valeurs humaines telle que:

  • le partage
  • la gratuité
  • la diversité
  • la coopération
  • la collaboration
  • la vie en communauté
  • la création de biens communs
  • use de tout, n’abuse de rien !

La philosophie grecque avait pour pire ennemi la démesure. Il y a certainement de quoi s’inspirer la dedans !

La publicité accélère l’épuisement des ressources naturelles

En tant que moteur de la consommation effrénée, la publicité peut être tenue pour responsable de l’épuisement accéléré des ressources naturelles de notre planète.

Pour découvrir le monde de la publicité sentez vous libre de regarder le film 99F:

 


Téléchargez la présentation faite à propos de la publicité pour le cours à l’université populaire. (pdf 12.3Mo)

suite => Epuisement des ressources naturelles

comprenons la croissance avant la décroissance

<- retour au sommaire: La décroissance, un nouveau projet de société

L’origine du concept de décroissance

Nicholas Georgescu-Roegen était un économiste mathématicien. Il a remarqué que les économistes se basent sur un modèle économique fondé sur le paradigme de la mécanique newtonienne et ne prennent pas en compte le principe de la dégradation de l’énergie et de la matière. Il a créé un modèle économique qui tient compte de la thermodynamique en introduisant le second principe de la thermodynamique: l’entropie.

L’entropie est ce qui fait qu’un glaçon qui fond dans un verre ne pourra jamais redevenir un glaçon. L’entropie dégrade l’énergie et la matière.

Nicholas Georgescu-Roegen a montré que le moteur de l’économie est en fait très concrètement un moteur thermique.  (si l’on prend en considération que l’industrie fonctionne grâce à la combustion du charbon, puis du gaz, du pétrole, de la fission nucléaire, etc..)

Donc l’économie est une énorme machine thermique qui évidemment dépend des lois de la  physique thermique. Il dresse un constat alarmant: il faut intégrer l’environnement dans le calcul du fonctionnement de l’économie. Sinon on court à la catastrophe ! Il ne faut pas gaspiller nos ressources, l’entropie va s’en charger assez rapidement.

Le concept de décroissance est donc, à la base, un concept économique.

C’est un concept qui veut éviter le gaspillage des ressources naturelles. Un concept qui critique l’idée d’une croissance économique infinie.

Un slogan que l’on retrouve souvent du côté des partisans de la décroissance:

La croissance n’est pas la solution, c’est le problème !

Une explication du mot décroissance nous dit que dans le mot débourser le préfixe signifie « sortir de » sa bourse. Ainsi, selon cette approche, le mot décroissance, signifie: sortir de la croissance.

D’accord, la décroissance veut en finir dur système économique qui érige la croissance en dogme. Mais pour bien comprendre ce que l’on entend par décroissance, il faut déjà comprendre ce que l’on entend par croissance.

Qu’est ce que la croissance ?

La croissance en biologie

La croissance, c’est tout d’abord un terme issue du la croissance en taille des être vivant. Si l’on fouille un peu l’étymologie du mot croissance, on trouve que ce mot vient du latin crescere (« naître, venir à la vie ») qui lui-même est dérivé de Ceres (Cérès, déesse de l’agriculture). (Le nom de Cérès est aussi à l’origine du mot céréales)

Tous les êtres vivants croissent, grandissent en taille, augmentent leur consommation de ressource. Cette croissance peut avoir de nombreuses phases.

Pour un humain, on dit communément que nous grandissons les 20 premières années, puis nous vieillissons pour les pessimistes ou nous murissons pour les optimistes.

Ln(n) en fonction du temps

La croissance d’une colonie de bactérie est souvent caractérisée par une phase de latence, une phase d’accélération, une phase exponentielle, une phase de décélération, une phase stationnaire, une phase de déclin. Tout ce cycle est fortement corrélé avec les ressources à disposition et à la vitesse à laquelle les ressources sont transformées en déchets.

Avec ces exemples, on observe que le terme de croissance peut représenter plusieurs phases, plusieurs sorte de croissance.

Observons du coté mathématique quelles sont ces différentes sortes de croissance.

La croissance en mathématiques

En mathématiques, et surtout en analyse, on étudie des fonctions. On entre une valeur x dans une fonction et on en ressort une valeur y. Une fonction peut être représentée de manière graphique. Ce qui est en général plus parlant.

Nous allons nous intéresser ici aux fonctions avec une croissance positive. C’est à dire des fonctions dont la pente (que l’on peut observer sur un graphe) a une évolution toujours positive.

Il existe plusieurs sortes de fonctions croissantes dont la pente varie plus ou moins vite, qui croissent plus ou moins vite. Si l’on fait un tour des principaux types de fonctions croissantes. On trouve:

Comme une image est beaucoup plus parlante, voici la représentation des ces types de fonctions en images.

croissance.pngcroissance-exponentielle.pngSur la première image on va se placer proche de l’origine, et observer ses fonctions.

La fonction en vert est une fonction linéaire. y=x. C’est la base de la fonction proportionnelle.

C’est la fonction à laquelle notre cerveau humain est le plus habitué.

De cette fonction on peut faire de nombreuse variantes proportionnelle.s Ici nous avons tout ce qui sort est égale à ce qui entre. On peut créer tout ce qui sort vaut 2 fois ce qui entre. Ou même tout ce qui sort vaut 1000 fois ce qui entre. C’est toujours le même type de fonction. Seule la pente va varier.

En bleu, nous avons la fonction y=x2, une fonction polynomiale. Une fonction qui est composée de puissance. Ici nous avons la puissance 2, la fonction « au carré ». Tout ce qui sort est ce qui entre multiplié par lui même.

Ce type de fonction est déjà moins intuitif pour notre cerveau humain. C’est ce genre de fonction qui régit les mouvements accéléré et les énergies potentielles mécanique. En d’autre termes quand une voiture a un accident, quand elle frappe un mur ça fait mal. Contrairement à une intuition courante de notre cerveau, ça ne fait pas mal proportionnellement à la vitesse, mais proportionnellement à la vitesse multipliée par elle même !!

Donc ça fait encore plus mal !

En rouge nous avons la fonction exponentielle. En mathématique on dit qu’une fonction exponentielle est une fonction qui est capable de transformer une somme en un produit. Pas très intuitif! C’est une fonction qui est difficile à comprendre pour le cerveau humain.  C’est une fonction qu’il est plus facile de comprendre par des exemples de phénomènes à croissance exponentielle.

Quand on parle de croissance exponentielle, on prend souvent l’exemple de la croissance d’une population.

De plus, exprime souvent la croissance exponentielle sous forme d’un pourcentage : une croissance de 10 % par an signifie que la population est multipliée par 1,1 chaque année. (1/100 = 0.1) Cette valeur en pourcent est un taux de croissance.

De manière générale, on occulte souvent la fonction exponentielle en ne parlant que de taux de croissance. C’est beaucoup plus facile. Car, en ne parlant que du taux de croissance on retombe sur une fonction linéaire. Ce que notre cerveau aime bien !

Mais attention, une fonction exponentielle qui a un taux de croissance constant est toujours en pleine croissance !

En observant les deux graphes ci-dessus, on remarque, que proche de l’origine, les trois types de fonctions n’ont pas beaucoup de différences. Puis sur le second graphe, on voit mieux que la croissance d’une fonction exponentielle est très différente de celle d’une fonction linéaire.

L’exponentielle a une pente tellement raide qu’il est difficile de la représenter sur un graphe. Mais on peut tenter de concrétiser un peu plus la taille qu’aurait le graphe pour représenter une exponentielle.

On va se dire que l’unité utilisée sur ces graphes est le centimètre. Ainsi, pour un déplacement de 10cm sur l’axe des x, avec ma fonction linéaire y=x j’obtiens un déplacement vertical de 10cm.

Avec la fonction exponentielle, un déplacement de 10cm sur l’axe des x correspond à un déplacement de 22026 cm, soit 220m !!

Si je pousse ne serait ce que de 1cm sur l’axe des x pour arriver à 11cm, j’arriverai à une hauteur de 598,74 m ! et si je vais à 12cm, j’arriverai à 1,627 km

Vu que j’ai encore de la place sur mon axe des x, je pousse un plus loin pour aller me poser précisément à 24,36cm. Quelle est la distance que j’obtiens sur mon axe des y ? …. et bien j’ai choisi cet endroit précis, car on arrive sur la distance qu’il y a entre la terre et la lune ! Soit environ 380 000 km !

Donc il faut se méfier des phénomènes à croissance exponentielle, ils sortent souvent du cadre de l’entendement de notre cerveau humain. Surtout si en plus on masque la croissance exponentielle en parlant de taux de croissance en pour-cent.

Si l’on reprend l’exemple cité ci-dessus, de la population qui augmente de 10% par an. Pour une population de 1000 personnes:

  • au bout d’un an, la population vaut 1100 personnes. (1.1 x 1000)
  • au bout de 2 ans, la population vaut 1210 personnes. (1.1 x 1100 ou 1000 x 1.1 x 1.1 ou 1000 x 1.12)
  • au bout de 7 ans, la population vaut 1948,717 personnes, soit presque le double. (1000 x 1.17 )
  • au bout de 20 ans, la population vaut 6727 soit (1000 x 1.120 )
  • au bout d’un siècle, la population de ce petit village de 1000 habitants verra sa population arriver à 13,78 millions d’habitants !

Un des exemples courant de fonction exponentielle que l’on utilise, ce sont les crédits bancaires. Il faut se rendre compte qu’une somme investie peut doubler rapidement !

Avec un intérêt à 3%, il faut 24 ans à une somme pour se dédoubler ! Ce sont des valeurs courante pour des hypothèques !

Donc il faut se rendre compte que la plupart des gens payent plusieurs fois leur maison !

Pour bien comprendre, voici un Jeu de la poste suisse pour apprendre à gérer son budget.

Il y a un calculateur de crédit (feuille xls) pour bien comprendre le fonctionnement des  intérêts.

La croissance en économie

Pour le commun des mortels la croissance économique c’est surtout la petit infos du jour dans les médias.

Voici un exemple de ce que l’on a pu entendre sur la rsr le 2 septembre 2010.

La croissance de l’économie suisse se poursuit, au deuxième trimestre, le produit intérieur brut a progressé de 0.9% par rapport aux trois premiers mois de l’année… (…) …et puis les services financiers ont le sourire avec une hausse de 1,6%… voilà pour les gagnants, mais tous les secteurs ne connaissent pas une croissance, les services publics n’ont pratiquement pas créés de valeurs….

Voici cet extrait du journal de la rsr au format mp3

On nous dit dans ce journal radio que la croissance du PIB, le Produit Intérieur Brut a augmenté de 0.9% en suisse pendant la durée du dernier trimestre.

Le produit intérieur brut est un indicateur qui renseigne sur la valeur de l’accroissement des richesses. Quand on nous parle de la croissance du PIB, on nous parle de la croissance d’une croissance.

Il faut se souvenir de la fonction mathématique exponentielle que nous avons vue. Il est possible d’exprimer la pente de la fonction, sa croissance, par une taux en pour-cent. Même si le taux est constant d’une mesure à l’autre, la fonction est toujours une fonction croissante !

Ici on nous indique que le taux de croissance lui même a augmenté de manière croissante. Ainsi on a encore accentué la pente de notre fonction exponentielle. Nous avons un gain qui est énorme, inimaginable pour un cerveau humain.

Cependant la manière dont la croissance du PIB est présentée fausse tout. Si on reproche à une entreprise que sa progression de croissance s’est ralentie, on à l’impression de comprendre que son chiffre d’affaire a baissé. Mais ce n’est pas vrai, il a grandit. Il a même grandit de plus en plus vite. Mais pas aussi vite que ce que certains analystes avaient prévus !

Une valeur en pour-cent n’est qu’une proportion. Le 3% d’une année est forcément plus grand que le 3% de l’année d’avant si l’on refait le calcul en ayant ajouté à la valeur totale la valeur absolue de ce petit bout de 3%.

Ainsi si l’on reprend l’exemple de la population de notre petit village de 1000 habitants.

Si l’on se dit qu’il y a une croissance de 10% de la population les 20 premières années, puis le taux de croissance diminue, on a plus que 8% de croissance les 20 années suivantes, on arrive à une population de:

  • au bout de 20 ans, à 10% la population vaut 6727 soit (1000 x 1.120 )
  • au bout de 20 ans de plus, à 8% la population vaut 31354 soit (6727 x 1.0820 )

Malgré la diminution de 2% de taux de croissance, la population à plus que quadruplé les 20 années suivantes !

Une diminution de taux peut donc quand même être de la croissance !

Mais effectivement dans l’absolu la croissance a été un peu moindre que si le taux était resté à 10%

  • au bout de 40 ans de plus, à 10% la population vaut 45259 soit (1000 x 1.140 )

C’est ainsi que l’on peut voir que même avec une croissance négative du PIB, il est possible de voir une valeur absolue plus grande !

Quelques exemples de PIB selon la page de wikipedia.. mais la fiabilité n’est pas à toute épreuve !

PIB suisse en millions de $:

2006: 377 240
2007: 415 516
2008: 492 595
2009: 494 622 => -1,45%

On nous dit que la croissance du PIB es négative entre 2008 et 2009 alors qu’en absolu le PIB a augmenté !

USA:

2008: 14 264 600
2009: 14 256 275  => -2,44%

Mauritanie:

2007: 2 644
2009: 3 029 => -1,07%

Monde:

2008: 60 689 812
2009: 57 937 460 => -0,60%

Brésil:

2008: 1 572 839
2009: 1 574 039 => -0,19%

Voici un outil pour comparer l’évolution du PIB en suisse et le comparer à l’évolution du taux de croissance annuel de ce PIB


Source: tradingeconomics.com

Evolution du taux de croissance annuel du PIB


Source: tradingeconomics.com

On peut observer d’une manière globale que le PIB en absolu augmente toujours.

Souvent dans les médias on nous parle uniquement du taux de croissance. Le taux de croissance peut augmenter ou diminuer et ainsi on explique que l’économie va bien ou mal. Que l’on est en boom économique ou en récession.

Mais en fait, globalement, la valeur absolue du PIB est toujours en augmentation, en pleine croissance, et même en croissance de type exponentielle.

Voici un graphe qui illustre la valeur absolue du PIB suisse en milliard de $ entre 1960 et 2010:

évolution de la valeur absolue du PIB en suisse depuis 1960.png

On observe que la valeur absolue de ce PIB a déjà doublée dans les 10 dernières années. En 2001, le PIB suisse était de 250 Milliards de $ et en 2010 le PIB suisse est de 500 Milliards de $.

Il subsiste tout de même un biais dans cette présentation, c’est le fait que l’économie suisse utilise beaucoup sa propre monnaie qu’est le franc suisse, alors que ce graphe est présenté en $ dollars US. Le taux de change entre ces monnaies à pas mal changé en 50 ans. Actuellement, en 2011, 1$ = 0.83 CHF alors qu’en 2001, 1$ = 1.7$.

projection de croissance du PIB suisse à 2 pour cent.pngPar rapport à l’inflation, il semble que le dollars de 2011 vaut 7.5 fois moins qu’en 1960.

Comparé à l’or, le dollar perd 98 % de sa valeur entre 1971 et 2010. L’once d’or est passé en 40 ans de 35 à 1 250 dollars. Ainsi, c’est peut être une partie de cette dévaluation du dollars par rapport au franc et permet de soutenir la croissance !

Mais le problème ne change pas. Le PIB ne fait que d’augmenter, même si le taux de croissance est variable.

Ainsi, à l’avenir, il nous faudra échanger encore plus d’objet et de services pour faire croitre le PIB, donc il faudra encore plus transformer des ressources naturelles en déchêts !

De combien va encore augmenter le PIB ?

Il est impossible de prévoir le futur, mais on peut faire comme les économistes qui aime prévoir le futur par des projections du présent.

Si l’on table sur une croissance du PIB de 2% par an on peut utiliser la formule suivante:

y = 500 (1.02)^x

500, c’est les 500 milliards du PIB suisse en 2010, 1.02, c’est pour dire que l’année suivant, on veut le même résultat augmenté de 0,02 fois, c’est à dire 2% et l’année est la variable x en exposant.

C’est donc bien une équation d’une fonction exponentielle.

On peut voir sur le graphe ci-contre de cette fonction que le PIB continue d’augmenter très vite. Tellement vite que mon échelle ne me permet d’afficher que les 2 prochaines années où l’ on arrive déjà à 520 milliards. Donc, d’ici 2 ans, en plus de ce que l’on consomme maintenant, on consommera aussi l’équivalent de ce qui permettait à l’économie du début des années 1970 de tourner !

Mais ceci n’est qu’une projection du passé sur le futur. Seuls les économistes sont assez fous pour penser que l’on peut ainsi prédire l’avenir. Comme je l’ai déjà expliqué dans un article, l’avenir est imprévisible. Les grands événements qui ont marqué l’histoire étaient totalement imprévus.

Avec une telle croissance de 2%, en 2050, (date pour laquelle on fait beaucoup de projections), on devrait, en suisse consommer 2 fois plus de ressources que maintenant.

Une image vaut mille mots dit-on. Alors, j’ai tenté de montrer graphiquement ma projection de la croissance du PIB suisse pour 2050.

 projection de la croissance du PIB suisse à 2 pour cent en 2050.png
J’ai repris le graphe déjà montré ci-dessus, qui montre la valeur absolue du PIB suisse en milliards de $ depuis 1960 jusqu’en 2010.

La surface sous cette courbe représente tous les services et biens qui ont été consommés pour atteindre cette évolution du PIB. En vert, nous avons tout ce qui a déjà été consommé ces 50 dernières années.

Puis j’ai projeté la courbe jusqu’en 2050. Là, si l’on suppose un PIB de 500 milliards de $ en 2010, avec un croissance annuelle de 2%, en 2050, nous arrivons à un PIB de 1100 milliards.

Pour tenter de me représenter le volume de services et biens qu’il faudra consommer pour atteindre ce PIB de 1100 milliards en 2050, j’ai cloné la surface verte en surface jaune. J’ai rempli tout l’espace à disposition avec des surfaces jaune. (En terme mathématique, calculer la surface sous une courbe revient à calculer l’intégrale de cette fonction.)

J’arrive presque à placer 3 fois cette surface dans l’espace à disposition.

Cela signifie que pour atteindre le PIB qui correspond à une croissance annuelle de 2% jusqu’en 2050, nous aurons besoin de consommer 3 fois plus de services et de biens que ce qui a été produit entre 1960 et 2010.

Avec tous les problèmes de ressources et de dérèglement climatique que l’on observe à l’heure actuelle, ça me semble juste totalement impossible !!!

Il sembée que c’est  Kenneth E. Boulding qui disait:

Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.

Réfléchissez à ce qu’il faut pour mettre en place une telle économie. Comment va ont pouvoir consommer encore plus ?

Une solution est de rendre tout jettable. Diminuer la durée de vie des appareils et augmenter leur nombre. Vous devrez changer votre téléphone tous les 3 mois, votre ordinateur chaque année, vos habits chaque semaine. Vous mangerez uniquement de la nourriture qui vient de l’autre côté de la planète pour qu’un maximum d’intermédiaires aient pu la toucher, vous n’aurez plus de vaisselle autre que de la vaisselle jettable.

Il faudra privatiser totalement l’espace public. Chaque rue sera payante, le GPS que vous avez toujours sur vous enregistrera votre parcours et permettra à la fin du mois de vous facturer uniquement les trajets que vous avez effectué.

– Restez chez vous et vous ne payerez rien dira la pub des livreurs à domicile.

L’école publique est une charge, on va la privatiser, ainsi elle peut rentrer dans le calcul du PIB, passer de charge à profit !

Dans la même logique, les crèches seront obligatoires. Un parent qui reste à la maison s’occuper de son enfant est un parent qui ne crée pas de valeur ! Un parent qui reste à la maison s’occuper de son enfant est une place de travail de moins dans une crèche !

En bref, on doit étendre la sphère marchande et faire tourner plus vite le circuit économique.

Comment est calculé le PIB ?

Le PIB est un indice qui est construit avec de nombreuses règles. Il y a des choses que l’on comptabilise dans les richesses et d’autres que l’on ne comptabilise pas.

Quand on entend dans le journal de la RSR que les services financiers sourient mais que les services publics n’ont pratiquement pas créés de valeurs, il faut réfléchir un peu.

Le PIB tient compte des gains en bourse, mais il ne tiens pas compte de ce que l’Etat dépense pour financer les écoles.

Autrement dit, pour augmenter le PIB, on devrait ne plus fiancer les écoles et immobiliser tout l’argent ainsi économisé en le plaçant en bourse ! Logique !

De même, les catastrophes sont toujours bonne pour augmenter le PIB. Un accident de voiture fera travailler de nombreuses personnes, des ambulanciers aux vendeurs de ferraille pour l’épave et de voiture pour le remplacement.

La pollution d’une rivière par une usine sera bénéfique pour le PIB, l’entreprise produira à moindre coût si elle n’as pas besoin de filtre anti-pollution pou rejeter son poison. Il faudra de nombreux spécialiste pour étudier la catastrophe et finalement d’énormes travaux pour assainir la pollution !

Si le moteur d’une voiture à l’arrêt dans un embouteillage tourne, ça fait augmenter le PIB. Il faudra m’expliquer où se trouve la création de richesse dans tout ces exemples !

Donc souvent une perte de patrimoine, de vie humaine, de ressources naturelles est comptabilisé comme une richesse !

Par contre l’école, à moins qu’elle soit privée et donc non financée par l’Etat, ne crée jamais aucune richesse. Pire, elle dilapide de l’argent !

Finalement, je me demande vraiment pourquoi les médias nous bassinent autant avec la croissance du PIB ?

D’autres indicateurs économiques

Parfois, il faut savoir changer de lunettes. Garder l’esprit ouvert. Voir qu’il existe de nombreux autres indicateurs économiques que le PIB.

Parmi cette foultitude d’indicateurs économique. On peut s’arrêter sur l’indice de santé sociale, qui comme son nom l’indique prend en compte des questions de sociales et de santé.

Cette indice, contrairement au PIB, comptabilise les accidents de la route comme un drame et nom comme un bienfait. Ce qui semble assez logique.

Voici une comparaison entre l’indice de santé sociale et le PIB américain entre 1959 et 1996:

6 indice de santé sociale américain à neuf variables, de 1959 à 1996.jpegOn remarque un découplage de ces indices aux environs de 1975.

Depuis le milieu des années 1970, la croissance du PIB n’est pas un signe de croissance du bien être comme c’était le cas auparavant.

Voici encore un autre indicateur économique, l’indicateur de progrès véritable.

Cet indicateur est semblable au PIB, mais il prend en compte également la création de richesse qui ne passe pas par une monétisation comme le bénévolat ou le travail domestique.

De plus, il a une composante écologique qui déduit de la création de richesse, les pertes écologiques et les dégâts sociaux.

Voici une comparaison entre le PIB et de l’indicateur de progrès véritable des années 1950 à la fin des années 1990:7 indice de progrès véritable GPI (Genuine Progress Indicator).jpgOn observe que les courbes se découplent vers le début des années 1970. Le progrès véritables stagne, voir diminue quand le PIB croit.

Ainsi on observe que les outils mis en place à la fin de la deuxième guerre mondiale pour évaluer notre économie ne sont pas forcément tout à fait adaptés.

Cela fait 50 ans que nous avons des outils alternatifs pour voir une réalité tout autre que la croissance du PIB comme source de bien être. Pourquoi est ce que l’on garde le PIB comme référence majeure ?

Pourquoi est-ce que les médias nous parlent toujours du PIB dans le flash info et très rarement de la cinquantaines d’autres indicateurs économiques ?

Les choses bougent quand même. Il existe des initiatives du genre de la commission Stiglitz, qui ont pour but de définir de nouveaux indicateurs de richesse plus juste.

Mais finalement, on les a pas déjà ces indicateurs ?

Il suffit juste de décider de ce qui a le plus d’importance dans nos valeurs…. pour le moment, d’après les médias et politiques du moment, on dirait que seul le PIB compte…..

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