Dossier: histoire de la monnaie et des systèmes économiques

Intention

Ce dossier va nous faire voyager au travers d'au moins 5000 ans d'histoire de l'humanité.

Nous allons survoler ici les différents systèmes économiques que les humains ont utilisés pour "faire société". (La "monnaie" n'étant qu'un "système économique" parmi d'autres. On y reviendra.)

Le but de ce document n'est pas d'être exhaustif sur les systèmes utilisés à une époque ou une autre. Mais plutôt de faire émerger les points saillants, les grandes tendances, les paramètres récurrents et leurs conséquences.

Ce document a pour but de monter la dynamique des systèmes économiques au travers de l'Histoire et de pouvoir en tirer des leçons.

Ces enseignements pourront servir à créer un système économique adapté à notre époque au service des humains et du vivant.

economie-du-don-finance-carotte-panneau-alternatiba

Résumé

Après le « don dans une communauté de confiance » les humains s’organisent en états agraires sous forme de "maisonnée" (oikos en grec) (Notamment à Sumer et en Égypte). L’écriture y est inventée comme moyen de comptabilité pour le contrôle et la distribution de la production. Cette écriture permet de créer de la «monnaie scripturale » soit des reconnaissances de dettes entre individus.  On y retrouve déjà le prêt à intérêt, parfois l’esclavage pour dette et la notion de «jubilé», l’annulation de toutes les dettes.
Ces états agraires utilisent des unités de comptes sous forme de métaux, étoffes, céréales (aussi bière, et pains) et des huiles, reliées par un barème. Les moyens de paiement sont divers et variés.

Le grand chamboulement est l’arrivée des pièces de monnaie qui permet à une élite de vivre sur le dos des autres en imposant son jeton par l’impôt. Ce système a plusieurs effets secondaires : la création de l’économie de marché, l’amélioration perpétuelle de la technique au service de la guerre, la course à la croissance et l’expansionnisme jusqu’à créer des grands empires.

Après l’effondrement de ces derniers, comme l’empire romain, on retrouve un système économique basé sur des unités des comptes (anciennes monnaies romaines) et des moyens de paiement variés. Le bâton de comptage est également un système très utilisé pour enregistrer des dettes. Il est très méconnu de nos jours et pourtant officiel jusqu’en 2016 en France !

Au Moyen Âge se développe la finance. Venise invente les bons du trésor pour financer à l’avance des conquêtes et des colonisations. Les exemples des croisades et de la conquête des Amériques nous montrent que la dette à plusieurs niveaux est un puissant moteur de mise en esclavage de peuples entiers.

L’arrivée du protestantisme va permettre d’autoriser le développement du système bancaire. C’est la naissance des banques centrales. Des banques généralement créées par un accord issu d’une relation de dette entre des monarques et des marchands. Au fil du temps ces organismes obtiennent le monopole d’émission de billet de banque.

Puis c’est la révolution industrielle qui voit se développer une nouvelle forme de banque, la banque commerciale qui fait des crédits. Ce genre de banque est nécessaire pour développer l’industrie lourde comme le chemin de fer par exemple.

De nos jours, à l’ère de l’information, ce sont les cryptomonnaies qui commencent à émerger. Ça paraît neuf, car le média est récent, mais le code monétaire est très semblable à ce qui se faisait déjà 2700 ans plus tôt mais dans un contexte différent.

Au passage nous observerons différentes expériences de code monétaires différents, le crédit mutuel, la monnaie fondante, le chartalisme, les Monnaies Locales Complémentaires, les monnaies de guerre utiles pour gagner une révolution mais catastrophiques sur le long terme.

Glossaire autour de la "monnaie"

Les mots sont des boutons pour accéder à des idées. Mais parfois le câblage entre le bouton et l’idée change d’une personne à une autre !

Pour être au clair sur le vocabulaire utilisé ici, un glossaire sur les termes liés à la monnaie a été dressé. Ainsi le jargon autour de la monnaie n'aura plus de secrets pour toi.... peut être que tu peux aller y jeter un oeil pour connaitre la différence entre ce que j'appelle "la monnaie" et c'est qu'est un "système économiques".

Chronologie des systèmes économiques

Afin d'avoir une vision globale des systèmes économiques utilisés dans le temps, voici une chronologie de l'invention des principaux systèmes connus et de faits marquants l'histoire de ceux-ci.

Cette vision globale de la chronologie sera ensuite complétée dans ce document par une description plus détaillée des systèmes économiques. Nous détaillerons aussi les facteurs dynamiques qui ont fait émerger ou disparaitre l'un ou l'autre des systèmes à un moment donné.

Cette chronologie marque surtout les inventions de systèmes et apparitions de comportements. Mais rarement leur fin. Car contrairement à une idée répandue, quand on parle de faire une "transition" d'un système à un autre, l'ancien système disparait rarement, il devient juste moins (ou plus du tout) dominant. Ainsi on ne fait qu'empiler des systèmes les uns sur les autres, on les utilise en parallèle.

Donc nous voilà dans des temps reculés immémoriaux. Les humains apparaissent. Ils ont des besoins et des envies. Ils sont entourés de ressources. Comment est-ce que les humains s'organisent pour gérer leurs ressources dans leur communauté ?

C'est là que commence la chronologie des "systèmes économiques" (= règles de la maison)

  • Le "don dans une communauté de confiance" semble le système qui émerge naturellement chez les humains pour organiser leur économie. On donne aux autres, à la communauté quand on a, et on reçoit des autres de la communauté. (quand on est dans le besoin ou pas !)
    Ce système est toujours très largement utilisé avec sa famille et ses amis.
    Ce qui se cache derrière le mot "don" peut être très différent. Ça peut être du don gratuit, inconditionnel, pour se faire plaisir à soi, tout comme un don calculé pour entretenir un lien de communauté, pour s'assurer de recevoir en cas de besoin.
    Chaque personne est différente, chaque situation est différente. Un don peut être fait sur un plan matériel et être équilibré sur un plan immatériel. Il est donc très difficile de généraliser un principe.
    Il y a également un taux d'oubli qui est généralement associé au système économique du don. Chaque individu garde en mémoire un certain nombre de transferts. Il peut ainsi identifier les abuseurs de la communauté. Ceux qui reçoivent de la communauté mais ne contribuent jamais. Le taux d'oubli est différent d'un individu à l'autre. Il y a des gens "qui s'en fiche" et vivent dans le moment présent et d'autres qui sont rancunier et gardent longtemps en mémoire les mauvaises expériences vécues.
    Ainsi on observe que l'individu, ses croyances, ses valeurs, sa vision du monde vont avoir une grande influence sur ce système économique. Dans la même situation, avec des individus différents, on aura une expérience différente.
    Pour représenter l'étendue des possibles on va dessiner un axe de gradation partant de la peur (de manquer) et allant jusqu'à la confiance totale (en la Vie). On va placer la réciprocité du "don" sur cet axe avec des délais de retour. Le délai de retour est nul, il est immédiat quand la confiance est nulle et que la peur est à son maximum. Là on est dans le troc, dans l'échange simultané immédiat. Je te donne tu me donnes.
    A l'opposé on a un délai de retour infini quand la personne est dans une confiance totale dans la Vie. Elle pratique le don inconditionnel et n'attend rien en retour.
    Entre les deux, il y a un énorme champ des possibles. Il y a par exemple le cadeau. Je donne, mais en ayant en tête que l'autre va aussi me donner. C'est le cas des cadeaux d'anniversaire et de Noël. On fait un cadeau par ce que l'on sait qu'on en aura aussi.
    Un autre exemple, c'est de donner quand on a à ceux qui sont dans le besoin, pour se créer une sorte d'assurance de recevoir de ces gens là quand on sera soi-même dans le besoin. Cette vision peut être très matérialiste ou se compenser sur un plan spirituel. De nombreuses religions ont instauré l'aumône aux pauvres avec une récompense dans l'au delà en compensation.
    Celui qui est dans la peur du manque aura tendance à faire de la comptabilité, à comptabiliser ce qu'il donne et à le faire enregistrer publiquement pour éviter le risque de se faire passer pour un abuseur et donc de se faire exclure de la communauté. (la sanction la plus courante)
système économique, graphe peur à confiance, troc à don.
Délai de retour immédiat à délai de retour infini
  • Quand la communauté grandit et que la confiance diminue, on mémorise les transferts, notamment par l'écriture ou d'autres moyens comme les encoches sur bâton de comptage ou jeton d'argile, ainsi que des nœuds sur des cordes (quipu).
Jetons de comptabilité en terre cuite, Suse, période d'Uruk.
tablette argile sumérienne allocation de bière uruk
Tablette enregistrant l'allocation de bière vers -3100 à Uruk.
enveloppe d'argile
Enveloppe d'argile
  • Il est souvent évoqué dans les médias que les sumériens avaient un "salaire en bière". Mais il n'est pas certain que le paiement d'un salaire se fasse toujours en nature. Un "employé" peut très bien recevoir un contrat enveloppe d'argile qui lui permet d'obtenir plus tard d'autres biens équivalents au même montant. Ainsi le grain de céréale devient une unité de compte.
  • ~ -2500 en Égypte. Contrat d'achat d'une maison à Giza pour un prix de 10 shât. (stèle borne JE 42787) On sait ainsi qu'il existe une unité de mesure de moyen de paiement. Ces moyens de paiements sont très divers, la maison est payée avec 2 tissus valant chacun 3 shât et un lit valant 4 shât. C'est une monnaie scripturale qui peut être payée en nature ou non. [A. Testart aux origines de la monnaie, 2001] Plus tard le deben supplante le shât comme unité de poids.
  • ~ -2500 chez les Sumériens, il était courant de voir des administrateurs et riches consentir aux paysans en difficultés financières des prêts garantis par un nantissement. (grain, moutons, chèvres, meubles, champs maison, membres de la famille... et emprunteur lui-même) Ainsi il n'est pas rare de voir de nombreux paysans se retrouver en esclavage pour dette (Péonage) chez leur créancier suite à une mauvaise récolte. (contrairement à l'Égypte où l'esclavage privé n'existait pas ! Probablement de par le fait que l'État était propriétaire des moyens de production et employeur principal dans une société très hiérarchisée. On utilise le terme d'"économie palatiale" depuis l'étude du palais de Knossos et du système économique minoen.)
  • -2450 le Roi sumérien de Lagash, En-metena crée la première libération de dette connue de l’histoire. [ama-ar-gi] = "retour à la mère", "retour à l'origine" souvent traduit par "liberté". C'est l’équivalent du jubilé dont on parle dans la Bible (Lévitique 25.8-22) Les esclaves pour dette (les péons) peuvent retourner dans leur famille. (dans la Bible il est dit "clan")
  • - 2300 Plus ancienne trace de contrat sumérien mentionnant une unité de compte en sicle (shekel) d'argent. Il y a 2 unités de compte de base en Mésopotamie: l'argent et le grain d'orge.
    L'argent se compte en unité de poids: le grain ŠE, le sicle GÍN (qui signifie "peser") ou la mine MA.NA. (qui signifie "compter")
    L'orge se compte en unité de volume: le SILÀ ou le GUR
  • ~ -2000 en Egypte. Pendant le moyen empire (-2033 à -1786) Le Deben est une unité de mesure de poids. Il existe des pierres polies servant d'étalon de poids, garantie avec le cartouche de Pharaon gravé dessus.
    1 deben ≈ 91g (1 deben d'or = 12 shât → 1 shât = 7.6g)
    Cette unité de poids est utilisée pour mesurer la quantité de 4 types de marchandises faisant aussi office d'unité de mesure de moyen de paiement:
    - des métaux (or, argent, cuivre)
    - des étoffe (lin)
    - des céréales (orge, blé amidonnier, pains, bière)
    - de l'huile
    Chaque type a ses propres subdivisions. Il y a un barème d'équivalence de valeur entre les différents produits. On a ainsi un système global et souple d'évaluation de valeur d'un objet ou d'un contrat.
    Les rémunérations sont faites en nature ou par virement de monnaie scripturale. Ceci est prouvé par des papyrus (Reisner 1 et Berlin 10005) qui dans les extrêmes nous montrent des salaires de 21kg de pain par jour par personne ou 1/18 de pain par personne par jour. Ce qui n'a aucun sens en nature. Mais oui en monnaie scripturale !
  • - 1750 le code d'Hammurabi règlemente la vie à Babylone. On y apprend notamment les salaires minimaux de quelques professions (noté en unité de compte de poids d'argent et/ou de volume de grain), les limites de l'application d'intérêt, et aussi que le péonage, l'esclavage pour dette est limité à 3 ans.
  • - 1600 sous la dynastie Shang en Chine (-1600 à -1046) et la dynastie Zhou (-800 à -300), en plus des céréales et des tissus, les cauris sont utilisés comme monnaie, ou du moins comme unité de compte. Les cauris sont de petits coquillages qu'on trouve dans l'océan indien, particulièrement aux Maldives. Les marchands arabes les ont répandus en Afrique depuis le Xème siècle. (et il parait que c'est toujours occasionnellement utilisé ?)
Coquillages cauris utilisés en Chine comme monnaie
  • ~ -1500 pendant le nouvel empire en Égypte. (-1500 à -1000), le deben est réévalué en référence aux unités utilisées à Babylone.
    1 deben d'argent = 1/2 deben d'or.
    (Deben signifie "anneau" ce qui fait penser à certains auteurs que ce sont des monnaies "jeton de valeur" anneau. Mais on n'a jamais trouvé de tels anneaux. Il est nettement plus probable que le deben n'est qu'une unité de compte. )
  • ~ Basse époque égyptienne (-750 à -332) bien que les échanges courants se fassent en monnaie céréales (grain), des lingots de métaux commencent à circuler pour le commerce international. Les temples se chargent de garantir la pureté des lingots. (Temples: Harsaphès à Thèbes et de Ptah à Memphis.)
  • La version de "l'histoire de la monnaie" qu'on trouve dans les manuels d'économie commence souvent ici sans parler des systèmes économiques précédents. En substance le discours est "Tout commence avec le Troc, mais comme ça ne marche pas bien, on s'est mis à utiliser de la monnaie". La Banque Nationale Suisse a fait tout une communication illustrée sur ce thème. Cette version de l'histoire est controversée par les anthropologues qui cherchent encore la civilisation dans laquelle le troc a pu faire système. Le don dans une communauté est plus efficace et simple et existe encore. Le troc n'existe marginalement que lors d'échanges entre des gens qui ne se font pas confiance. (des étrangers, des ennemis, etc..) Le troc vu par les économistes est surtout un mythe fondateur pour émanciper "l'économie marchande" comme discipline à part entière. [Servet 2001]
banque nationale suisse tout commence avec le troc
La brochure de la BNS nous dit que "Tous commence avec le troc" => faux!
  • Vers -700 à -600 apparition simultanée de monnaie métallique en Grèce (frappée), en Inde (poinçonnée), en Chine (coulée).
  • Vers – 700 en Chine, les premières pièces de monnaie métallique apparaissent. (錢 en chinois) (mais en forme de bèche 布幣 et médaille... Ce n'est qu'en -350 que les pièces rondes apparaissent.)
    (Avant il existe aussi de nombreuses formes de monnaie similaires, mais sous forme de couteaux, de haches, de coquillages cauris, de carapaces de tortues, etc…)
  • Vers -600 en Lydie (Turquie actuelle, mais civilisation grecque à l’époque) la monnaie métallique apparait. L’exemple le plus connu, c’est le roi Crésus qui frappait des pièces de monnaie avec de l’alliage électrum trouvé dans la rivière Pactole.
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Stater du roi Crésus
  • Vers – 600 av. J.-C, en Grèce, apparaissent les marchés. (et donc l'économie de marché) → Ce qui s’explique par la création de la monnaie et de l’impôt qui impose l’utilisation de la monnaie. Le gens ont besoin de vendre pour gagner de la monnaie afin de payer les impôts.
  • Vers - 600 av J.C Les Étrusques utilisent des blocs de bronze brut comme unité de compte. C'est l'æs rude (bronze brut coulé). Ces blocs sont utilisés comme réserve de valeur et produits par qui veut.
  • -525 l'Empire Perse achéménides prend le contrôle de l'Égypte. Il utilise le principe des pièces de monnaie que l'Égypte n'a pas.
  • - 480 Au moins Cent cités grecques qui frappent de la monnaie, alors que les grandes nations commerçantes de la méditerranées (les Phéniciens) n'utilisent pas les pièces. (p.493 Dette 5000 ans d'Histoire)
  • - 450 Les temples bouddhistes inventent un nouveau type d’offrande divine.
    → La donation perpétuelle
    → Une personne fait don d’une richesse et le temple vit des intérêts de ce don (~15%). Sans jamais toucher au principal.
  • - 413: 10 000 esclaves s'échappent des mines d’argent du Laurion en Grèce. On estime qu’il y en avait 20 000 selon Thucydide, dans Histoire de la guerre du Péloponnèse, VII, 27. Ça montre l'ampleur du système: frappe de monnaie + impôt + esclave.
  • Vers - 400 Les Romains s'inspirent des æs rude étrusques pour normaliser ces lingots de bronze et les créer de façon centralisée. C'est l'æs signatum. Le moule représente souvent un bœuf. Marque qui montre que l'unité de compte traditionnel était la tête de bétail. Ici elle se transpose dans un bloc de bronze. Cette nouvelle unité de compte, l'As, était utilisée par les censeurs pour recenser la population romaine, mais aussi pour les condamnations à des "peines pécuniaires". Ce mot vient de "pecus", le bétail. Tandis que le mot "capital" vient de la tête (de bétail). (et le "cheptel" est un contrat de garde de bêtes qui donne droit à une production sans toucher au "capital" donc aux têtes de bétail.) Au Vème siècle un bœuf représentait 1000 AS et un mouton 10 AS.
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As signatus
  • -362 L'auteur grec Xénophon publie son livre L’Économique « L'art et la manière de bien gérer un grand domaine agricole ». Un Oikos étant une "maisonnée", un ensemble de biens et d'humains (esclaves compris) rattaché à un lieu d'habitation et de production.
    → le mot "éco-nomie" a pour origine  οἶκος, oîkos → maison(née) et νόμος, nómos → "loi", "règles".
    le mot "éco-nomie" signifie donc "les règles de la maison".
    (on retrouve le concept de maisonnée avec le "É" sumérien et la Domus romaine)
  • - 331 Alexandre le Grand conquiert l'Égypte. Après les Perses, c'est le 2ème empire qui impose ses pièces de monnaie en Égypte. Ceci achève l'ancien système de monnaie scripturale.
  • -331 Alexandre le Grand conquiert Babylone et amène les pièces de monnaie en Mésopotamie, ce qui fait également disparaitre l'ancien système.
  • vers - 300 en Inde, dans le traité de politique, d'économie et de stratégie militaire Arthashâstra l'outil de paiement Ādesha , une lettre de change est mentionné. Littéralement Ādeśa signifie "ordre". C'est donc un ordre de paiement qui permet d'envoyer une paiement d'une personne à une autre via une banque. Dans ce traité Arthashâstra (disponible ici en anglais) on découvre également ce que pensent les dirigeants des débuts de l'empire Maurya des orfèvres "banquiers". Il est dit qu'en cas de besoin de renflouer le trésor, le souverain peut lever un impôt. Il y a les tarifs indiqués pour chaque catégorie de métiers. "On mettra la main sur tout ce que possèdent les orfèvres; et aucune de leurs offenses ne sera pardonnée; car ils exercent leur commerce frauduleux tout en prétendant être en même temps honnêtes et innocents. » (Livre V, chap. 2) traduction automatique."
  • - 289 L'Æs grave remplace l'æs signatum. On normalise encore plus les lingots de bronze. Les têtes de bétails disparaissent au profit de la double tête de Janus. On coule des pièces rondes avec un poids précis d'une livre romaine (324g)
  • -269 av. J.-C un atelier monétaire est créé à Rome sur la colline du Capitole à côté du temple de la déesse Junon Moneta. → C’est là l’origine du mot « Monnaie » . On y frappait des "Deniers" (denarius), une pièce en argent.
colline du capitole rome temple junon moneta
Vue du Forum Romain et de la colline du Capitole. Le temple de Junon Moneta se trouvait là où il y a la basilique Santa-Maria (batiment ocre) que l'on voit haut dessus des pins au dessus de l'arc de triomphe de Scipion, et au dessous du monument blanc dédié à Victor Emmanuel II.
  • avant -242, le chapitre "jin bu lu" traduit par "Règlement concernant [les monnaies] métalliques et en tissu" du livre chinois des "18 règlements de Qin" donne des renseignements sur les pratiques monétaires du royaume. Notamment: la valeur de la pièce de monnaie ne dépend pas de sa qualité, bonne ou mauvaise, et que le tri est un délit. On a donc là une monnaie fiduciaire.
  • - 118 L'empereur chinois Han Wudi crée le Wu Zhu 五銖 (litt: "cinq Zhu") une pièce de monnaie en bronze de 3.25g. Ce type de pièce sera produit pendant 7 siècles. Cette création met fin à une période instable d'alternance d'interdiction et de concurrence entre les ateliers de fabrication de monnaie privés ou publiques.
  • - 81 Dispute sur le sel et le fer (鹽鐵論 Yán Tiě Lùn): un grand débat d'érudit à la cour impériale de Chine sur le rôle et la politique de l'Etat. Notamment sur l'impôt et la monnaie. La monnaie est un monopole d'Etat. (En -25 beaucoup de règles se sont assouplies mais pas le monopole d'Etat sur la monnaie.)
Shang Lin San Guan Wu Zhu (chinois : 上林三官五銖
Shang Lin San Guan Wu Zhu - 上林三官五銖
  • ~30 "Rendez à César ce qui lui appartient" réponse de Jésus aux Pharisiens qui lui demandent si il est conforme à la loi de payer l'impôt romain.
  • 220 La dynastie chinoise Han prend fin. Depuis la création de la pièce de monnaie Wu Zhu en bronze, le cuivre est de plus en plus utilisé dans l'artisanat et immobilisé dans les tombes. Il devient rare et ainsi la valeur intrinsèque de la pièce Wu Zhu augmente beaucoup et devient un objet de thésaurisation au lieu de circuler. La fin de la dynastie Han est l'occasion pour rééquilibrer la valeur. Les pièces de monnaie sont coupées en deux, mais chacune des deux parties garde la même valeur. On double ainsi la masse monétaire. (Ça ressemble pas mal à la monnaie locale "le demi" qu'on trouve de nos jours en Gaspésie)
  • 294 Réforme du système monétaire par l'empereur Romain Dioclétien. Création d'un système tri-métallique. Or, argent, bronze. Mais l'inflation continue.
  • 310 L'empereur Romain Constantin Ier crée le solidus. Une pièce de 4,5g d'or fin. Cette quantité va changer au cours du temps. Mais le solidus est solide ! Il sera utilisé jusqu'au XIème siècle à Byzance et sera l'ancêtre du "sou". (solidus.. sol... sou...) Le solidus est surtout la nouvelle unité de compte de l'Empire romain et perdurera bien au-delà comme unité de compte.
    → Les "soldats" sont "ceux qui reçoivent une solde", le mot "solde" venant du solidus. La "solde" est le "salaire" des soldats. Le mot "salaire", vient de "salarium" la partie de la solde des légionnaires romains payée en sel (sal en latin)
solidus constantin monnaie romaine
Solidus en or de Constantin
Kai_Yuan_Tong_Bao,_early_type,_plain
Kai Yuan Tong Bao 開元通寶
  • 781 Réforme monétaire de Charlemagne. La frappe de monnaie devient un monopole royal. La livre d'argent (409 g) devient l'unité de compte de l'empire carolingien. 1 livre = 20 sol (sou) et 1 sou = 12 deniers. (donc on peut faire 240 deniers avec une livre d'argent... et c'est ce qui était fait !) Seul le denier existait vraiment sous forme de pièces.
    la plupart des paiements ne se font pas en monnaie, mais en nature. Des fouilles archéologiques à Rome ont prouvées qu'entre le VIIIème et le XIème siècles les pièces étaient quasi absentes malgré des échanges abondants.
    (En Galice, au XIe siècle, les hautes valeurs sont exprimées en sous, les valeurs médianes en muids de grain, les petites valeurs en bétail.)
baton de comptage tallystick noisettier
gros tournoi de st-louis pièce de monnaie
Gros tournois d'argent de St-Louis
  • 1271 La dynastie Mongol Yuan est officiellement créée en Chine (après une occupation depuis 1234). Les anciens papiers monnaie de la dynastie Jin sont abandonnés car il ne valent plus rien après deux hyperinflations (1214 et ~1230) dues au financement de la guerre contre les Mongols (guerre perdue !). Dans un premier temps les Mongols utilisent les pièces de bronze en circulation, puis c'est le papier monnaie Jiaochao 交钞 qui est privilégié, les pièces de monnaie tombent en désuétude.
  • 1282 Venise créé le ducat d'or.
  • 1322 La "nation" Vénitienne est crée à Bruges. Une "nation" est une association de marchands étrangers établie dans des maisons de la place "Ter Buerse" qui doit son nom à l'auberge tenue pendant 5 générations par la famille Van der Buerse.
    C'est l'origine du nom de la "bourse".
    Sur cette place (et au début dans l'auberge) les marchands de toute l'Europe se réunissaient pour négocier leurs marchandises et de fait établir la cotations des prix des marchandises et les taux de changes entre les différentes monnaies.
    Ce sont les italiens, (vénitiens, génois, lombards) qui ont créé ces pratiques et se sont rassemblés à Bruges sur le déclins de foires de Champagnes, afin d'être plus proche des marchés du nord de l'Europe. La bourse de Bruges s'est véritablement institutionnalisée vers 1400.
  • 1360 Le banquier Francesch Castello a été décapité devant sa banque pour avoir prêté plus qu’il n’a. La religion catholique est intransigeante quant à l'interdiction de l'usure mais ce principe est appliqué de manière plus où moins stricte selon les endroits. Les cités-États (comme Venise) sont les endroits aux mœurs plus libérales.
  • 1368 La Chine vit la révolte des Turbans Rouges qui crée la dynastie Ming. L'élément déclencheur est une inondation du fleuve jaune dû au manque d'entretien des digues et dans un contexte de manipulation monétaire de papier monnaie. Ainsi la nouvelle dynastie met en place un système basé sur l'autonomie agraire et des "impôts en nature" donc des corvées. Le papier monnaie n’est plus reconnu pour payer les impôts. Les pièces de monnaie reviennent, mais les Ming n'arriverons jamais à contrôler la masse monétaire. Il y a toute une économie souterraine en pièce d'argent qui se crée. Il y a des mines d'argent illégales qui s'ouvrent.
  • 1430-1440 Le gouvernement de la dynastie Ming tente de réguler les mines d'argent. Ça déclenche des révoltes. Le gouvernement inverse sa position et décide de ne plus contrer les pièces d'argent, mais de les utiliser officiellement.
  • 1450 - 1580 En Chine, La dynastie Ming abandonne progressivement les impôts en nature (corvée) et met en place un impôt monétaire qui doit obligatoirement se payer en argent. Cette action va avoir un effet sur la demande en argent. Comme on le verra plus tard. Cette réforme est appelée "le coup de fouet unique" 条鞭法 (Yi Tiao Bian Fa). Cette transition vers l'impôt en argent est terminée et ratifiée par le grand secrétaire impérial Zhang Juzheng en 1580.
  • 1521 Hernán Cortés conquiert et rase la ville de Tenochtitlan, capitale de l'empire Aztèque. C'est le début de la colonisation espagnole des Amériques. Un des moteurs des conquistadors est de ramener de l'or et de l'argent. Par le livre des mémoires du conquistador Bernal Díaz del Castillo écrit par lui-même, on apprend (via David Graeber: Dette 500 ans d'Histoire) que Cortés était un joueur-flambeur souvent endetté et dont la motivation était l'or et l'argent (probablement pour payer ses créanciers). L'expédition pour le Yucatan depuis Cuba n'était pas autorisée, une fois sur place, Cortés a fait saboter les bateaux pour forcer les soldats à continuer. Ces derniers ont été endettés pour payer leurs armes et matériel de rechange. Après le partage de l'or du trésor impérial l'essentiel des soldats étaient toujours endettés. Un impôt a été imposé aux Aztèques survivants (de la variole et du massacre de la ville), un prêt proposé à ceux qui ne pouvaient pas payer en échange du travail dans les mines d'or et d'argent.
    → C'est ainsi que Graeber émet la thèse que c'est la dette à plusieurs niveaux qui a été le moteur de la mise en esclavage d'un continent entier. (et le génocide de sa population.) Par comparaison, lors de sa période des grandes découvertes au début 15ème siècle (La flotte des Trésors), la Chine a beaucoup voyagé et découvert des terres inconnues, mais n'a pas mis en esclavage sa population.
  • 1524 Après avoir commencé en 1520 sa "carrière" de réformateur par des campagne contre l'usure et le commerce, Martin Luther est dépassé par l'effet révolutionnaire de ses propos qui menacent l'ordre établi par plusieurs soulèvements populaires. Il calme la situation et préserve l'ordre établi en déclarant l'usure modérée acceptable. Il justifie ceci car "Nous sommes sur terre et pas dans un monde idéal, donc il est possible de faire des entorses à l’idéal". Il propose de contourner l’interdiction de l’usure faite dans le Deutéronome 23.20-21 et de considérer que 4% à 5% d’intérêt n’est pas de l’usure. (p391 Dette 5000 ans d’histoire) → un siècle plus tard les protestants dominent le commerce en ayant intégré cette règle !
  • 1530 Les mines d’argent de Chine sont totalement épuisées. → La Chine devient le moteur de la demande minière en Amérique. Alors qu'il y a pénurie de monnaie métallique en Europe. Après avoir épuisé les mines du Japon, l'argent vient en Chine d'abord par l'Espagne, puis dès 1565 directement via les Philippines sans passer par l'Europe, c'est le "Galion de Manille". Cet argent est essentiellement acheté en vendant de la porcelaine. (Les fameux vase Ming !) (Mais aussi de la soie et du thé.)
  • 1543 Great Debasement, une grande dévaluation de la monnaie en circulation sous Henri VIII. La proportion d'argent que les pièces contenaient ayant été progressivement divisée par quatre en huit ans, pour tomber à seulement un quart en 1551, ce qui provoqua ensuite une vague d'inflation, la sortie d'Angleterre des pièces d'or, et la Crise monétaire anglaise des années 1550.
  • 1545 Le juriste et réformateur Jean Calvin justifie pour la première fois le prêt à intérêt dans une lettre à Claude de Sachins, seigneur d’Asnières (Concilium de Usuris). Il justifie le prêt à intérêt pour investir, mais pas pour en faire métier.
  • 1547 Jean Calvin publie à Genève les ordonnances ecclésiastiques dans lesquelles le taux d'intérêt est fixé à 5%. C'est souvent considéré par les historiens comme le point de basculement de l'évolution économique européenne. C'est le début de la place financière genevoise.
  • ~1550 la pratique des « enclosures » (tragédies des communs) se généralise. → la privatisation de pâturages communaux.
  • 1570 Le moine dominicain et économiste Tomás de Mercado a écrit que l'on trouve une bourse aux bons d'État à Medina del Campo en Espagne. Ces bons représentent l'or et l'argent venus des Amériques prêté à l'empereur. Le métal ne restait pas en Espagne mais partait en Chine pour l'argent et en Inde pour l'or. Cependant le papier représentant ces métaux continuait d'être utilisé comme moyen de paiement en Europe. Les banquiers et États qui les émettent peuvent ainsi multiplier la quantité réelle de métal importée sans même y toucher.
    Selon David Graeber, c'est l'abus par les États des bons d'États qui a créé l’inflation massive en Europe entre 1500 et 1650, connue sous le nom de "Révolution des prix" (et pas l'arrivée massive d'or et d'argent en provenance des Amériques Vu qu'il y a découplage entre la quantité réelle de métal et les bons en circulation.)
  • 1598 Frappe de "La pièce de 8" pesos ou real ou piastre d'argent. Une pièce frappée par l'Empire espagnol, afin de s'aligner sur le thaler, la monnaie continentale du Saint-Empire. La pièce de 8 a été utilisée très largement dans de nombreux pays comme unité de compte. Notamment aux Amériques. La pièce de huit a servie de base pour établir le dollar américain, et son cours légal resta en vigueur aux États-Unis jusqu'au « Coinage Act of 1857. Le symbole du dollar $ vient de cette pièce sur laquelle il y a les armoiries de l'Espagne avec 2 piliers entourés de banderoles. (certains disent que ce sont les symboles des colonnes d’Hercule) Le nom du "Dollar" a pour origine le nom de la monnaie "Thaler". Monnaie créée grâce au filon d'argent trouvé à Joachimsthaler, un village de Bohème. (république Tchèque actuelle)
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Colonial scrips de Pennsylvanie imprimé par Benjamin Franklin en 1764
  • 1694 Création de la banque d’Angleterre. Une société privée appartenant à 40 marchands qui prêtent au gouvernement £ 1,25 million. Une partie de cette somme est prêté en or et une autre partie est enregistrée sur des bâtons de comptage. (A013/1)
  • 1695 En Angleterre John Locke (le contractualiste libéral) est un des conseillers de Isaac Newton (connu pour sa découverte de la gravitation, mais qui est aussi à cette époque le directeur de la monnaie Anglaise). Locke était un scientifique rationaliste, matérialiste → Il ne voulait pas introduire la notion de foi ou croyance dans la monnaie. Il ne croyait pas à la « Foi » en l’État.
    → il pensait que c’est l’or (ou d’autres métaux) qui par nature contient la valeur.
    → Invention de crénelure sur la tranche des pièces pour éviter le rognage et donc perte de valeur. Dans l'antiquité on n'avait pas ce problème. Car les pièces valaient plus que le métal en étant garanties par celui qui a sa marque sur la face de la pièce. (monnaie fiduciaire).
    → La mise en place des théories de Locke n'a pas été concluante. (Selon Graeber)
  • 1717 La Grande Bretagne et l’Empire Britannique adoptent l'étalon or.
  • 1720 Eclatement de la bulle spéculative de la compagnie des mers du sud.
    → C’est une époque de grande spéculation sur les richesses que cette compagnie allait pouvoir faire. Les dirigeants de cette compagnie, pour faire grimper leur financement, ont grossi les gains possibles. Il se sont fait prendre pour manipulation et l’action s’est effondrée.
  • 1721 La banque centrale française créée par John Law fait faillite.
    → Le principe est le même que la banque d’Angleterre, juste une circulation de monnaie papier convertible en or. La création monétaire était basée sur les richesses rapportées des colonies, surtout de la Louisiane. Law a ensuite agi comme en Angleterre en faisant miroiter des richesses beaucoup plus grandes en provenance des colonies.
    → Les ennemis de Law (le prince Conti et le duc de Bourbon) ont soutenu la spéculation dans le but de créer une bulle. Ce qui n’a pas manqué. Les investisseurs ayant vu le cours de l’action atteindre des sommets ont voulu réaliser leur gain (40 fois), ils viennent chercher leur or. Ce qui provoque la fin de la banque, car les gains des colonies ne sont pas encore faits.
    → De par ces faillites, le papier monnaie ne donne pas du tout confiance à cette époque à beaucoup de gens. (un peu comme le bitcoin de nos jours !)

  • 1775 - 1781 Le continental currency dollar est imprimé par le congrès des colonies confédérées pour financer la guerre d'indépendance des USA. C'est une monnaie papier gagée sur les terres. Elle a bien financé la guerre, mais s'est effondrée à cause d'une trop grande quantité de monnaie imprimée. (par le génial Benjamin Franklin.). Cette monnaie faisait suite aux monnaies fiduciaires des états, les "colonial scrips".
  • 1789 La dette publique de l'Etat français est sacralisée par l'Assemblée Nationale Constituante. En cette période révolutionnaire, Peu importe le système politique, la dette publique ne doit jamais être annulée, car c'est le moyen d'épargne le plus courant des français.
  • 1790-1796 Création des assignats. L'Etat français a besoin de liquidité. Il confisque les biens de l'église par assignation et veut les vendre. Mais le processus prend du temps. Pour avoir des liquidités, l'idée est de vendre des titres qui représentent cette vente future.
    Mais les comités révolutionnaires impriment plus d'assignats que prévu. Sans compter qu'il y a beaucoup de faussaires. (aussi à l'étranger, les ennemis de la France tentent d'amplifier la crise)
    Finalement les planches à billet seront brûlées sur la place Vendôme pour mettre fin à ce système monétaire catastrophique, mais qui aura eu pour mérite de créer les liquidités nécessaires et convertir bon nombre de nouveaux propriétaires à la cause de la révolution.
  • 1800 Création de la banque de France. C’est le banquier Suisse Jean-Frédéric Perregaux qui propose la création de cette banque privée à Napoléon. Ce dernier accepte et en devient aussi actionnaire. Cette nouvelle banque sera utilisée pour les services bancaires de l’Etat, notamment pour les « receveurs généraux » qui collectent les impôts.
  • 1803 Napoléon donne le monopole de la création du papier monnaie à la banque de France. (Uniquement pour Paris, le monopole total ne viendra qu'en 1848) Le chef de l’État en bénéficie personnellement en tant qu’actionnaire ! Voir à ce propos l’explication d’Henri Guillemin.
  • 1803 Le Franc Germinal est créé. Il s'inscrit dans le cadre d'un système monétaire bimétallique. or-argent. Un franc = 5g d'argent à 9001000 = 0,322 5 g d'or à 9001000. L'État de reprendre au poids les monnaies rognées ou altérées, ainsi que les monnaies des autres pays. On est dans un système à étalon métallique.
  • 1826 La banque d'Angleterre reçoit le monopole de titrisation de la dette d'état en billet de banque. (Bank Charter Act) Au début la titrisation se faisait au de manière nominative, puis au porteur. Donc c'est une dette que le roi doit rembourser, mais en attendant, pour temporiser les marchands s'engagent à payer la compensation en or qui serait demandée. (d'où le deal d'avoir en échange le monopole de titrisation)
  • En 1834 Au royaume d'Angleterre, le poste de "Caissier de l’échiquier" (Teller of the Receipt of the Exchequer) est supprimé. Marquant ainsi la fin du système de bâton de comptage en Angleterre. Les bâtons ont été brûlés. Le fourneau du palais de Westminster débordant de bâtons de comptage a mis le feu au palais entier. Provoquant un des plus grands incendies de Londres. Le peintre Turner en a fait un célèbre tableau.
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Dynamique de l'histoire des systèmes économiques

On va voir ici la chronologie résumée par une suite logique de dynamiques qui vont engendrer un système, puis un autre, etc...

L'Humain est une "animal social". Il vit en groupe. Du coup, dès que des humains apparaissent avec des besoins et des envies au milieu d'un environnement composé de ressources. Il est normal qu'un système de décision et d'organisation émerge. J'appelle ceci un "système économique".

Don dans une communauté de confiance

Dans les premiers temps, on peut supposer que le système est familial et devient clanique. Les ancêtres dirigent, tout le monde est soumis à la tradition, car c'est ce qui marche pour survivre.

Les gens qui produisent et/ou récoltent donnent ce qu'ils ont à toute leur communauté. Et ainsi chacun reçoit de la communauté.

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Partout dans le monde on retrouve le concept de "maison longue". C'est un habitat communautaire. Chaque famille y a un petit espace, mais on partage tout.

Economie domaniale, palatiale en "Maisonnée"

Chez les Sumériens on observe un système "clanique" qui grandit et se transforme en "empire agraire". C'est une économie domaniale. L'organisation sociale se fait en "maisonnée" (qui se dit "É" en sumérien) gérée autour des palais ou des temples. On parle aussi d'économie palatiale en référence au palais de Cnossos qui est le cœur de l'économie redistributive de la civilisation minoenne. Les humains sont rattachés à un lieu de production et reçoivent en échange des rations de nourriture. Ça ressemble d'une certaine manière à une entreprise actuelle.

A d'autres époque on retrouve le concept de maisonnée avec l'oikos grec et la Domus romaine.

A Sumer, il y a toute une administration qui contrôle ce qui est produit et ce qui est redistribué et à qui. On a retrouvé des centaines de milliers de tablettes d'argiles de comptabilité et de reçus. L'invention de l'écriture est probablement une conséquence de ce besoin d'administration. Ce besoin de contrôle est là pour limiter les abuseurs.

tablette argile recu sumerien shubati
"Reçu" sur tablette d'argile sumérienne ("Shubati" en sumérien) Tablette 19.

Le reçu ci-dessus illustre bien que l'administration comptabilise qui a reçu quoi de où et quand, avec une signature.

Ce reçu dit:

Ursagubki, fils de Ili, le chef des prieurs pénitents a reçu par Bazi du dépôt de Ashaggidakhkha, derrière le temple de la déesse Ninharsag, 30 gur de chanvre pour les graines. Le 7ème mois de la 56ème année Dungi.

Le seau est celui de Ursagubki fils de Ili.

Invention de l'unité de compte

Au fil du temps, la comptabilité devient toujours plus abstraite. Les unités de poids et de volume qui servent à mesurer la quantité de grains de céréales distribuée se transforment gentiment en unités de compte.

Poids d'une demi-mine (poids réel : 248 gr.) consacré par le roi Shulgi et portant l'emblème du croissant de lune ; utilisé dans le temple du dieu-lune à Ur. Période d'Ur III. 
vers 2094-2047 av. J.-C.
Poids d'une demi-mine (poids réel : 248 gr.) consacré par le roi Shulgi et portant l'emblème du croissant de lune ; utilisé dans le temple du dieu-lune à Ur. Période d'Ur III. vers 2094-2047 av. J.-C.

Au lieu de recevoir directement une ration en nature, on peut différer dans le temps la réception et comptabiliser un droit à la ration dans le futur. Le "salaire" en monnaie scripturale est inventée.

Finalement on a un système très proche de la notion actuelle de grande entreprise dirigée par une élite sociale qui emploie des employés et leur verse un salaire.

En Égypte on observe également, globalement à la même période, un système économique de type "empire agraire". La monnaie scripturale émerge aussi. Il y a différents types d'objets qui servent d'unité de compte (et de moyens de paiement): les métaux, les étoffes, les céréales (et leur dérivés, pains et bière), et les huiles. (à Sumer on a que l'argent et les grains)
Les moyens de paiement sont très divers une fois que le prix a été défini dans une unité de compte courante. (On a retrouvé un contrat de vente d'une maison payée en tissus et en lit. [stèle borne JE 42787])

Dans un tel système on observe déjà des virements "bancaire" d'un compte à un autre.

Les moyens de paiement sont créés par tout le monde, vu que n'importe qui peut "faire du blé" et ainsi augmenter la "masse monétaire".
(Il est quand même à noter que "n'importe qui" est un peu abusif. En Égypte antique les moyens de production, les outils, sont la propriété de l'Etat.)

Donc les empires agraires fonctionnent pendant des millénaires avec des "monnaies" variées. Un système à plusieurs unités de comptes reliées par un barème officiel, et de nombreux moyens de paiement de nature différente.

Les métaux sont rares, ne circulent que très peu. Ils sont plutôt réservés aux échanges internationaux. (En -1500 l'Égypte a même modifié son unité de mesure pour s'aligner sur le système babylonien. Les égyptiens avaient des bateaux de haute mer et voyageaient loin pour aller chercher des ressources rares en Égypte.)

Les céréales sont des "monnaies locales fondantes" qui correspondent très bien à l'usage d'une monnaie pour combler ses besoins quotidiens.

La quantité de monnaie est donc régulée naturellement. La monnaie n'est pas rare, car les grains de blé poussent facilement, mais il n'est pas possible d'en créer en quantité infinie. On a toujours un lien avec la nature. La monnaie peut se manger !

blé de la plaine d'areuse

Prêt à intérêt et esclavage

En Mésopotamie, le prêt avec intérêt existait. Une personne qui ne remboursait pas risquait le "péonage" l'esclavage pour dette d'une personne de sa famille ou d'elle-même. Les problèmes générés par ce système ont été résolu en créant le "jubilé" : l'annulation de toute dettes à périodes régulières. On en trouve la trace dans la bible avec la notion de Jubilé tout les 7x7 ans.

A Babylone, le code d'Hammurabi a limité l'esclavage pour dette à 3 ans maximum.

En Égypte, contrairement à une idée répandue, l'esclavage n'existait pas.

Monnaie métallique + impôt

Le système économique des empires agraires est resté stable sur des millénaires. Pourquoi a-t-il changé ?
C'est l'arrivée des pièces de monnaie métallique imposées par les grands empires conquérants qui change la donne.

La conquête se fait par l'impôt. Une armée de mercenaires envahit le pays et soumet ses habitants à l'impôt en pièces de monnaie métalliques créées par le seigneur dirigeant l'empire.

En Égypte c'est l'empire Perse qui amène les pièces de monnaie. A Babylone c'est Alexandre le grand. Mais ce dernier a également envahi l'Égypte après les Perses.

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Quart de stater d'or d'Alexandre le Grand.

Le principe de la monnaie métallique est simple et redoutable. Et malheureusement son mécanisme est trop peu connu des gens qui le subissent encore de nos jours.

L'idée est celui d'un "chef de gang" qui veut vivre sur le dos des autres. Faire des razzias sur les paysans fonctionne à priori assez bien, mais sur le long terme ce n'est pas viable de tuer ceux qui nous nourrissent !

Ainsi l'innovation a été d'acheter la récolte aux paysans. Mais ça ne marche pas bien. Le premier paysan à qui on veut donner une rondelle en échange de son blé refuse. Car le blé se mange et est donc plus utile que du métal.

Le premier soldat chargé d'acheter la récolte pour son seigneur conseille au paysan d'accepter la pièce de monnaie, car il en aura besoin à la fin de l'année. En effet, le seigneur a décidé d'imposer l'utilisation de sa monnaie en créant un impôt. Chaque personne doit rendre un certain nombre de pièce au seigneur. Si elle ne le fait pas, elle risque la prison, l'esclavage ou la mort.

Ainsi la monnaie métallique de type "jeton de valeur" avec la marque du seigneur sur la face devient nécessaire pour vivre.

Ceci a deux conséquences:

  • créer l'économie de marché et le besoin de croissance économique
  • créer des grands empires conquérants
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Biblots sur une place de marché à Dakar. Chacun vend ce qu'il peut pour "gagner sa vie" !

L'empire conquérant

Avec ce système le seigneur peut vivre de son pouvoir de seigneuriage. Soit le pouvoir d'achat gagné gratuitement par le monopole de la création monétaire. C'est la différence entre le coût de fabrication de la monnaie et ce qu'elle permet d'acheter.

Un exemple parlant est celui du roi Crésus qui allait chercher des pépites d'alliage electrum (or et argent) dans le fleuve Pactole pour les frapper en pièces de monnaie.

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Stater du roi Crésus

La première nécessité pour un seigneur est de renforcer son système économique. Ainsi pour imposer son impôt qui impose la monnaie, il a besoin d'une force de coercition physique: une armée.

Le forgeron qui forge de temps en temps des faux pour faucher les blés sera engagé pour forger des armes et équiper une armée professionnelle de "soldats".

De nos jours on parlerait d'une armée de "salariés", en effet, le "soldat" est "celui qui reçoit une solde". La "solde" c'est le "salaire" du soldat. Le mot "solde" vient de la pièce de monnaie romaine le "solidus". Tandis que le mot "salaire" vient de "salarium", la partie de la solde que les légionnaires romains recevaient en sel. (sal en latin)

Ainsi le seigneur se retrouve gratuitement ou presque à la tête d'une armée de nombreux professionnels bien entrainés. L'alternative est une armée de paysans nombreux, mais mal équipés et pas entrainés, ou une armée de noblesse bien entrainée et équipée mais en très faible nombre.

vote bataille sans violence

Ainsi indirectement le système de pièce de monnaie + impôts crée une armée plus efficace que les autres qui peut conquérir aisément les pays voisins.

Un autre avantage militaire de la pièce de monnaie jeton de valeur, c'est que la valeur est uniquement dans la pièce. Ce n'est pas une monnaie sociale. Ce système ne demande pas d'être inséré dans un tissu social avec de multiples reconnaissances de dette entre les gens. Avec un tel système on ne va pas massacrer la personne qui a une reconnaissance de dette envers soi. En agissant ainsi on détruit de la valeur.

Tandis que dans un système à pièce de monnaie, le vol paie !
Et en terrain ennemi, sans aucune relation sociale, il est encore possible d'être payé par son seigneur.

De plus en terme de logistique de guerre, il est plus simple de transporter de la monnaie et d'acheter aux paysans en marge de son empire la subsistance nécessaire que de la transporter avec soi.

On comprend ainsi comment Alexandre le grand a conquis en à peine 10 ans un empire de la Macédoine à l'Inde en englobant tous les grands empires agraires de l'époque.

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Empire d'Alexandre le Grand à son apogée

L'économie de marché

Revenons à notre forgeron qui devient marchand d'armes. Le seigneur va l'embaucher à plein temps. Il n'aura plus le temps de s'occuper de cultiver pour ses propres besoins. Il pourra acheter du blé chez ses voisins avec les pièces reçues directement du seigneur. On franchit un pas de plus dans la spécialisation.

glaive romain

Les paysans étant soumis à l'impôt se voient obligés de vendre leur production. Ainsi des places des marché se créent. Auparavant elles n'étaient pas nécessaires. Dans l'économie du don on produit de quoi assurer sa subsistance et on donne les surplus. Dans une économie domaniale (ou palatiale), la production est suivie par l'administration et directement stockées dans les entrepôts et greniers, prête à être redistribuée.

Le marché met en concurrence les personnes pour obtenir les rares pièces de monnaie en circulation. Ainsi les gens sont obligés d'augmenter leur efficacité à la production. Il vont se spécialiser là où ils sont les meilleurs. De plus ils vont inventer des techniques pour augmenter leur rendement. C'est un moteur de l'innovation et de la science.

Bien qu'étant plus efficace, ce n'est pas gagné pour autant. Le seigneur peut à tout moment augmenter le montant de l'impôt pour s'assurer de bénéficier en permanence des gains de productivité à son profit. La course à la croissance économique est en marche.

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L'expression "payer en espèce" vient de "payer en épice". Un moyen de paiement courant.

Il est également intéressant d'avoir une quantité de personnes qui n'arrivent pas à payer l'impôt ça permet de les mettre en esclavage et de les envoyer dans les mines.

En effet, l'électrum du fleuve Pactole ne suffit plus à alimenter les besoins pour la création des pièces de monnaie. Il faut aller chercher les métaux au plus profond des mines. On sait qu'en -400 il y avait environ 20 000 esclaves dans les mines d'argent grecques du Laurion.

Ce système est d'une apparente efficacité redoutable, mais par rapport à une monnaie grain de blé qui se mange, les dizaines de millier d'esclaves mineurs ne sont-ils pas une grosse perte de rendement juste pour créer de la monnaie ?

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Mineurs de l'antiquité grecque

Il existe plusieurs traités antiques qui étudient les relations entre monnaie, esclaves et impôts, notamment en Inde l’Arthashâstra, le «cercle de souveraineté» sassanide et le Dispute sur le sel et le fer (鹽鐵論 Yán Tiě Lùn) en Chine.

Aristote a décrit la monnaie par trois fonctions : unité de compte, réserve de valeur et intermédiaire des échanges. Cette définition est toujours enseignée. Mais il oublie de dire que la fonction principale est de créer un outil pour qu'une élite vive sur le dos des autres !

Et pourtant Aristote était le précepteur d'Alexandre le grand…. il devait connaitre cette "fonction cachée". Car déjà du temps de Philippe II de Macédoine, le père d'Alexandre, ce principe fonctionnait très bien !

Actuellement la majorité des gens pense que la monnaie est concept qui a émergé pour favoriser le commerce et que sans monnaie pas de commerce. Mais c'est totalement faux.

Les Phéniciens étaient les champions du commerce sur la Méditerranée. A l'origine, ils n'avaient pas de pièces de monnaie. Ils pratiquaient l'enregistrement de reconnaissance de dettes dans chaque port. Ce n'est pas pour rien que l'alphabet phénicien est un des plus anciens. Le commerce a surtout besoin d'écriture comptable, pas de monnaie.

Les Phéniciens se sont fait conquérir comme les autres par les empires conquérants et leur pièces de monnaies.

Routes_commerciales_des_Phénicien

Limite et effondrement des empires conquérants

Quels est le revers de la médaille de la monnaie métallique de type jeton de valeur ?

Et bien justement il est intéressant d'étudier la face des pièces de monnaie. C'est la marque du souverain ou même son profil depuis Jules César.

L'inscription sur la face d'une pièce de monnaie indique qui paie en dernier recours. Ainsi on remarque que la valeur d'une telle pièce vaut plus que la valeur intrinsèque du métal. Les pièces de monnaie de l'antiquité sont de la monnaie fiduciaire. (de la déesse fides, la confiance)

De nos jours on retrouve de nombreuses allégories de pays (Marianne, Dame Helvetia, Germania...) . Donc la valeur de la pièce est garantie par un état qui peut lever un impôt.

Dans le thème de la monnaie et des systèmes économiques le maitre mot c'est la confiance.

Le souci qui arrive vite avec un empire qui grandit très vite, c'est qu'il manque de pièces de monnaie pour payer les soldats et les fournitures pour les soldats. Comme vu ci-dessus le fleuve Pactole ne suffit plus il faut trouver d'autres sources de métaux.

Déjà ce sont les trésors des pays conquis qui sont réquisitionnés et convertis en pièces. Les métaux se trouvaient très souvent dans les temples. Si l'on se souvient bien dans les empires agraires, les métaux ne circulent que très peu. Ce sont essentiellement des unités de compte.

Le trésor des Perses a bien servi à Alexandre le grand pour continuer son expansion.

Une fois les métaux précieux existant déjà convertis en pièces de monnaie, il est nécessaire de retourner à la mine. Ce qui est de plus en plus difficile.

Mais la chute des empire conquérants est surtout un problème de succession.

Alexandre est mort très jeune (32 ans) probablement de maladie. Ses enfants trop jeunes pour régner ont été victime de la crise de confiance dans un souverain expansionniste. L'empire n'a pas survécu tel quel.

L'empire Maurya du roi Ashoka en Inde s'étend à tous ce sous-continent, puis Ashoka après de nombreuses luttes de conquête devient pacifiste, il se converti au bouddhisme et devient végétarien. Mais son empire ne lui survit pas tel-quel.

piece monnaie empire mauria ashoka inde MauryanCoin
Pièce de monnaie de l'empire Maurya en Inde sous le règne d'Ashoka

Dans l'empire romain, il y a une multitude d'empereurs qui se succèdent. Mais régulièrement il y a des problèmes de confiance et des soucis monétaires. Il y a plusieurs réformes monétaires qui sont faites et une inflation régulière qui nécessite toujours plus de métal pour le même pouvoir d'achat.

Les pièces sont fabriquées de plus en plus dans des métaux de moins en moins rares. (laiton, cuivre), la teneur en argent des pièces de monnaie romaines ne fait que diminuer.

Contre toute attente, c'est le Solidus, une pièce de monnaie en or qui va perdurer pendant plusieurs siècles comme unité de compte à la chute de l'empire romain d'occident. De nos jours, le "sou" est ce qui reste du "sol" de "solidus".

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Solidus en or de Constantin

Unité de compte du haut Moyen Âge

Une fois l'empire romain d'occident effondré en 476. La monnaie métallique ne circule plus en Europe. Le Solidus reste uniquement une unité de compte. Pour effectuer des paiements on utilise toutes sortes de moyens de paiement comme lors de la période des empires agraires sumériens et égyptiens.

On suppose que l'on pratiquait des reconnaissances de dette entre les personnes. Mais on ne sait pas sur quel support. Le bâton de comptage est supposé, mais pour le haut Moyen Âge on ne sait pas.

Les fouilles archéologiques sur la ville de Rome ont montré qu'entre le VIIIe et le XIe siècles les pièces de monnaie métalliques avaient quasi totalement disparues. Cependant on pratiquait encore beaucoup de commerce.

Après des siècles de flou. Charlemagne s'est attribué le monopole de la création monétaire et a instauré un nouveau système. La livre d'argent devient la nouvelle unité de compte. (qui ne circule pas). Elle se divise en 240 deniers d'argent. (qui eux circulent sous forme de pièce)

Les bâtons de comptage

Le bâton de comptage est un moyen simple d'enregistrer une reconnaissance de dette. Il y a une "souche" et un "échantillon" qui sont créés à partir de la même branche d'arbre.
Les deux parties d'un contrat enregistrent ensemble des valeurs sous forme d'encoches. Puis chacun garde sa partie.

Petit exemple d'utilisation. Une personne va acheter du pain dans une boulangerie. Elle s'y rend avec son "échantillon". Pour payer, elle va retrouver la souche qui correspond à son compte. C'est celle qui a la même "marque de famille" dessus.

Puis on va "débiter" son compte, soit ajouter une encoche. Le verbe "débiter" signifie bien couper du bois.

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bâton de comptage

De 1100 à 1834 le bâton de comptage est un moyen officiel pour payer les impôts en Angleterre. En France "la taille" est un impôt enregistré sur bâton de comptage.

De nos jours, le bâton de comptage est totalement méconnu, il n'apparait pas dans les manuels d'économie, et pourtant il a été un moyen de comptabilité officiel en France jusqu'en 2016 !
Il était inscrit à l'article 1333 du code Napoléonien repris dans le code civil français.

En tant que tel, le bâton de comptage est infalsifiable. Mais une des dérives que l'on observe est de croire que la souche a une valeur en tant que telle. Et de ne plus se préoccuper de qui va rembourser la dette, mais de se focaliser sur la valeur indiquée et de l'utilise directement comme moyen de paiement.

Ceci est fondamental à comprendre pour comprendre les billets de banque et le système bancaire.

Ainsi il existe des tricheurs, (le roi en premier !) qui créent des fausses reconnaissances de dette sur des bâtons de comptage et mettent sur le marché des souches qui ne correspondent à rien. On échange les souches. Ce qui en anglais se dit "stock exchange". C'est ainsi que l'on appelle la bourse.

Avec un système de bâton de comptage, il n'est pas nécessaire de "créer de la monnaie". La "masse monétaire" fluctue au fil des créations de reconnaissances de dette et de leur destruction. (on brûle le bâton dans son fourneau ce qui a pour avantage de nous chauffer. C'est probablement pour ça que les bâtons de comptage sont très peu connus, c'est qu'ils ont souvent fini brûlés, ne laissant aucune trace archéologique)

La "masse monétaire" correspond toujours à la somme de biens et services achetés. Ainsi il n'y a pas de risque d'inflation monétaire.
.... sauf si des gens trichent en créant de faux bâtons. De part ce fait ils s'octroient un droit de consommation de biens et services de la communauté sans avoir eux-mêmes contribué.

baton de comptage tallystick

Une des questions qui revient régulièrement quand je parle de bâton de comptage, c'est "Comment on soldait les comptes ?"

La réponse simple que j'avais un temps, c'est d'utiliser des pièces de monnaie. Mais ensuite j'ai découvert que ce n'était qu'une possibilité, pas forcément la plus utilisée.

La réponse se trouve dans les foires commerciales. Actuellement on associe volontiers une foire à une "place de marché". Mais c'est un peu différent.

Au Moyen Âge, il y avait tout un système de grandes foires, Comme celle de St Giles à Winchester. ou les foires de Champagne. C'était le lieu de rassemblement de tous les marchands d'Europe. Il était courant de faire crédit jusqu'à la prochaine foire.

Les foires étaient l'occasion de solder les comptes. Ces rassemblements de marchands était propices à solder ses comptes en payant en nature de toutes sortes et avoir la diversité sur place pour arriver à combler ses besoins. On observe tout à fait ce genre d'échange dans le Jeu de la Monnaie.

Foire de champagne au 13ème siècle
Foire de Champagne au XIIIème siècle

Lors de ces foires, dès le XIIème siècle, les services financiers ce sont développés. Les marchands utilisent de plus en plus la lettre de change pour effectuer les paiements.

Cet outil de crédit permet à une personne de voyager uniquement avec une lettre et de se faire payer dans une banque plus près de chez elle.

C'est un outil que les Templiers étendront jusqu'au Moyen-Orient. D'ailleurs c'est probablement de là qu'il vient. Le monde musulman pratiquant abondamment le paiement par chèque à cette période.

Naissance des bons du trésor et obligations

C'est vers 1200 à Venise qu'un nouvel instrument est créé pour financer les guerres. Vu qu'au fil du temps, le seul pouvoir de seigneuriage du seigneur ne suffit plus à financer ses dépenses, il faut innover: On va prendre un impôt en avance !

La population a "l'obligation" (d'où le nom !) de souscrire à une dette publique. En échange, elle reçoit un papier valeur qui lui promet un intérêt. (mais aucune date d'échéance n'est spécifiée)

Cette manière de procéder met directement une pression sur la nécessité de résultats de l'entreprise qui est ainsi financée.

C'est un changement de paradigme. C'est un pari sur le futur. Je reçois mon financement tout de suite et je paie plus tard.

panorama de venise

Ceci aura de lourde conséquence sur le monde. C'est probablement le moteur de la colonisation du monde par une poignée de pays européens. On y reviendra plus tard.

Il est à noter qu'à cette époque l'interdit religieux sur les intérêts est encore très fort. C'est dans les cités États autonomes comme Venise que les mœurs sont les plus libérales.

En 1524, Luther qui vient d'amorcer la réforme de l'église catholique déclare que prendre un intérêt jusqu'à 5% n'est pas de l'usure. Le juriste réformateur Calvin officialisera cette idée en 1545. Les protestants vont donc rapidement se mettre à la finance.

Le frère dominicain et économiste Tomás de Mercado nous dit que depuis 1570 on trouve une bourse aux bons d'État à Medina del Campo en Espagne. Le financement par le crédit et donc l'endettement (car on ne peut pas gagner à tous les coups !) est répandu dans toute l'Europe.

La dette comme moteur de colonisation du monde

Depuis toujours la dette est un moyen de pression énorme. Il est courant que cet outil mène à l'esclavage. Mais pourquoi l'obligation morale de rembourser une dette est-elle souvent plus forte que toutes les conséquences morales que va entrainer ce remboursement ? (esclavage, génocide, destruction écologique, etc...)

C'est pour tenter de répondre à cette question que David Graeber a écrit son livre "Dette 5000 ans d'histoire".

dette-5000-ans-dhistoire-graeber

Voici ce qu'il observe:

La dette commence par un contrat de crédit. Quelqu'un reçoit tout de suite et promet de rembourser plus tard. Pour qu'un tel contrat puisse être valable. Il faut qu'il paraisse équitable. Il doit y avoir un équilibre et le contrat doit paraitre plausible. Les deux parties doivent être libres de contracter et sur un pied d'égalité.

Une fois cette base acquise. La personne qui échoue à remplir le contrat a failli. Il y a un déséquilibre qui se crée et elle se retrouve dans l'obligation morale de rétablir l'équilibre. C'est cette force de vouloir rétablir l'équilibre qui semble être très fortement ancrée dans la psychologique humaine.

Or, si l'on observe de nombreux cas d'endettement, il se trouve que le contrat était frauduleux à la base. Très souvent il s'agit d'une manipulation. La principale est à mon avis l'incapacité de notre cerveau à comprendre les relations de cause à effet autres que linéaires. Si les gens savaient mieux compter, si par exemple ils avaient une meilleure compréhension intuitive des exponentielles. La plupart des contrats de crédit ne se feraient pas !

J'observe clairement ceci dans le Jeu de la Monnaie. La plupart des gens qui finissent en prison pour cause de non remboursement du crédit me disent que s'ils avaient vraiment compris ce qu'impliquait les termes du crédit ils n'auraient jamais pris de crédit.

croissance
3 types de croissance: en vert linéaire, en bleu quadratique, en rouge exponentielle

Petit exemple. Un crédit à intérêt composé à 3% d'intérêt, au bout de 24 ans, ça revient à dire qu'il faut rembourser le double de ce qu'on a reçu !
(Si aucun remboursement n'est fait en cours de route)

Le fait d'exprimer en pourcents les taux d'intérêt est une manière de cacher un déséquilibre. Ainsi la dette est très souvent frauduleuse dès le début.

C'est pareil pour la croissance du PIB qui n'est pas linéaire. Encore un pourcentage qui nous cache la vérité !

Donc sur cette base, on observe que dès le milieu du Moyen Âge, le crédit se répand et devient "monnaie courante" à la Renaissance.

Déjà en 1202 la Quatrième croisade part mal. Elle est déjà endettée avant de partir envers les Vénitiens qui assurent le transport en bateau des croisés. Le doge refuse de laisser les bateaux partir tant que le paiement n'est pas fait. Mais un arrangement est trouvé, le paiement de la dette est différé (donc la dette n'est même pas annulée) si les croisés vont reconquérir le port de Zara en Dalmatie pour le compte des Vénitiens. Ce qui est fait et a pour conséquence que le pape excommunie les croisées qui sont justement venus en croisade sur l'appel du pape !

L'obligation de remboursement est probablement aussi un des facteurs qui a fait que la croisade a été détournée de son but pour aller assiéger et conquérir la ville de Constantinople.

Prise de Constantinople par la 4ème croisade

Autre histoire pour illustrer le pouvoir de la dette. C'est la conquête et la destruction de l'empire aztèque par le conquistador Hernán Cortés. On apprend par les mémoires d'un autre conquistador (Bernal Díaz del Castillo) que Cortés était un joueur flambeur souvent endetté et dont la motivation était l'or et l'argent (probablement pour payer ses créanciers). Il a toujours été limite avec les règles de l'ordre établi en prenant des risques et en partant dans une fuite en avant permanente sans retour en arrière.

L'expédition pour le Yucatan depuis Cuba n'était pas autorisée, il l'a avancée de peur de se faire interdire l'expédition, une fois sur place, Cortès a fait saboter les bateaux pour forcer les soldats à continuer. Ces derniers ont été endettés pour payer leurs armes et matériel de rechange. Ainsi, après le partage de l'or du trésor impérial l'essentiel des soldats étaient toujours endettés. Ce qui les a forcés à rester sous les ordres de Cortés dans l'espoir de se refaire.

Cortès a aussi utilisé une technique de manipulation connue pour obtenir de la main-d’œuvre dans les mines d'or et d'argent.

Un impôt a été imposé aux Aztèques survivants (de la variole et du massacre de la ville). Evidemment l'impôt était conçu pour que tout le monde ne puisse pas le payer et un prêt a été proposé à ceux qui ne pouvaient pas payer en échange du travail dans les mines d'or et d'argent.

Le contrat parait équitable non ?

C'est ainsi qu'a débuté la colonisation du continent américain par les Espagnols, ainsi qu'un génocide et mise en esclavage du peuple qui vivait sur ce continent.

Cortés une fois rentré en Espagne était toujours aussi endetté.

navire de la compagnie néerlandaise des indes orientales
Navire de la compagnie néerlandaises des Indes orientales

Après la colonisation des Amériques (les Indes comme le pensaient les gens de l'époque), ce modèle est appliqué au monde entier.

Dans toute l'Europe de nombreuses "Compagnies des Indes" sont créées pour aller exploiter les richesses des colonies.

La plus importante est la Compagnie néerlandaises des Indes orientales fondée en 1602 et financée par des actions et des obligations.

C'est toujours le même principe de recevoir de la "monnaie" tout de suite et de payer plus tard tout en subissant la pression du devoir de résultat qui est utilisé.

action de la compagnie néerlandaise de indes orientales
Bon de la compagnie néerlandaise des Indes orientales, garantissant 6¼% d'intérêt annuel.

L'ère des banques centrales

Comme nous venons de le voir plus haut, les Pays-Bas sont la grande puissance commerciale du XVII ème siècle. Ceci en bonne partie grâce à la vision du monde protestante qui développe la finance. En effet, les Hollandais sont fortement protestants et lors de la révocation de l'édit de Nantes, ils vont accueillir beaucoup de réfugiés français.

Les services bancaires vont se développer. La banque d'Amsterdam est créée en 1609. C'est une des premières banques de dépôts et elle propose de faire des paiements par virement entre les comptes des clients de la banque.

Une loi est même adoptée pour obliger tout paiement de plus de 600 florins à se faire via des virements dans la banque d'Amsterdam. Ainsi c'est le succès assuré pour cette banque. On peut dire que c'est une banque d'État.

La banque d'Amsterdam est créée avec l'accord et la garantie de l'État de Hollande. Les banquiers ont un status de fonctionnaire de la ville et sous l'autorité des édiles de la ville.

La banque d'Amsterdam va inspirer d'autres banques, comme la banque de Stockholm qui sera la première à utiliser des billets de banques, et la banque d'Angleterre.

Le principe d'une banque centrale est toujours un hybride entre le droit privé et le droit public. C'est une alliance entre l'État et des marchands.

banque de france

Si l'on se souvient bien une des conséquences de la création de la monnaie métallique de type jeton de valeur, imposé par l'impôt, c'est la création de l'économie de marché. Ceci favorise énormément les marchands d'armes et de fournitures militaires. Tous les progrès de la science tournent également autour de cette motivation militaire.

Au début, ce sont les seigneurs qui profitent de leur pouvoir de seigneuriage pour renforcer leur armée et faire grandir leur empire. Mais on l'a vu ci-dessus, le pouvoir de seigneuriage a ses limites. Limite que le crédit n'a pas !

Les marchands d'armes sont également assez futés pour financer les deux camps d'un conflit. Donc ils ne perdent jamais !

Les seigneurs s'endettent et les marchands d'armes s'enrichissent. A tel point qu'au bout d'un moment les marchands vont vouloir leur part du gâteau du pouvoir.
(Selon la suite logique de vouloir le pouvoir une fois qu'on a déjà la richesse.)

L'exemple de la création de la Banque d'Angleterre en 1694 est emblématique. C'est le Roi d'Angleterre William III (qui est Hollandais !) qui autorise la création de cette banque centrale.

Le principe est simple. Le roi est endetté, il y a un groupe de 40 marchands qui vont lui prêter 1,25 million de livres sterling. Il pourra ainsi prolonger sa guerre contre la France que le parlement anglais refuse de financer.

La reconnaissance de dette est enregistrée en partie sur des bâtons de comptage.
Le roi n'a pas ni l'envie ni les moyens de rembourser la dette.

Les marchands proposent de titriser cette dette, ainsi des billets de banques vont pouvoir circuler. On augmente la masse monétaire à partir d'une dette.

Le billet de banque n'est qu'un petit morceau de la grosse dette du roi. Ainsi tout possesseur d'un billet peut demander au roi de lui payer ce qui est inscrit sur le billet. (de l'or théoriquement) Un billet de banque est un chèque au porteur. Il y a encore des pays où c'est écrit sur les billets. (En Inde notamment, le gouverneur de la banque centrale s'engage à donner des roupie en échange du billet. Mais que sont les roupies à part une unité de compte ?)

Cependant cette dette est enregistrée sur un bâton de comptage et le roi n'a pas les moyens de payer si quelqu'un vient avec un billet !

Chose assez paradoxale à priori, ce sont les marchands qui vont proposer de payer la contrepartie en or que représentent les billets. Ceci en échange du monopole d'émission des billets de banque.

C'est ainsi qu'au fil du temps, par étape successives étalées sur un siècle, la banque d'Angleterre se crée.

Le principe d'une banque centrale, c'est de "rendre liquide une dette". Ainsi une banque centrale a toujours besoin d'acheter des titres, des dettes, généralement des bons d'État, pour créer de la monnaie. Elle va mettre en circulation la nouvelle monnaie en payant avec elle la dette achetée.

Les systèmes d’étalons métalliques

Depuis le Moyen Âge un courant d’idées prône que la valeur de la monnaie réside dans le contenu métallique (essentiellement de l’argent) des espèces monétaires.

Au 17ème siècle John Locke reprend cette idée en y mêlant les conceptions libérales naissantes sur le droit naturel de la propriété. Pour lui, la valeur de la monnaie fait partie du contrat à la base de la société. Si l’État y touche et dévalue la monnaie, il rompt ce contrat. Ces idées progressivement mises en place dans le système monétaire anglais au XVIIIe siècle seront à la base des systèmes d’étalons métalliques.

Il y a une idée fortement ancrée dans les livres d'économie qui indique que c'est grâce à l’immense masse de métal précieux venue d’Amérique, qu'il est devenu possible d’envisager un système monétaire où la valeur de la monnaie est basée sur un poids de métal précieux.

Cependant, on a maintenant de nombreuses preuves que l'argent physique issu des mines d'argent du continent américain (notamment à Potosi en Bolivie) ne venait pas en Europe, ou repartait tout de suite en Chine.

La Chine est devenue le plus grand consommateur d'argent depuis le milieu du 16ème siècle la dynastie Ming, après avoir supprimé le papier monnaie de la dynastie précédente, a imposé progressivement l'utilisation de l'argent pour le paiement des impôts. Notamment sous forme de scyee, des lingots d'argent normalisés utilisés jusqu'en 1933, date du passage aux pièces de monnaie en argent.

Pour suivre le rythme de son expansion économique, l'empire chinois a été obligé d'importer de l'argent du monde entier.

Cependant, on a quand même vu en Europe une augmentation de la quantité d'argent. Il s'agit principalement d'argent issus des mines de Bohème découverte vers 1290. C'est de là, au village de Sankt-Joachimsthal que seront frappé les "Thaler" qui deviendrons les "Dollars" une fois de l'autre côté de l'atlantique.

Il faut aussi se méfier des différentes comptabilité d'argent physique que l'on trouve, car parfois c'est de l'argent papier. C'est une titrisation faite à Séville sur les cargaisons des navires en provenance d'Amérique, mais qui repartaient directement en Chine tout en étant prêté au roi!
C'est le moine dominicain et économiste Tomás de Mercado qui nous rapporte ceci. C'est une des pistes d'explication de l'inflation européenne entre 1500 et 1650, connue sous le nom de "Révolution des prix"

Le principe de l'étalon métallique est justement d'éviter que les États ne jouent avec la monnaie. Le mécanisme de l'étalon métallique revient souvent en force juste après une crise de confiance dans une forme "reconnaissance de dette".

Dans un tel mécanisme, l’État ne peut créer de manière illimitée de la monnaie, il est contraint par les réserves de métal précieux disponibles.

lingot d'or BCN

Les possédants sont protégés d’une fonte de la valeur de leur avoir et de leurs rentes. Il y a dans ce système une tendance à la raréfaction de la monnaie circulante.

L'étalon métallique est adopté progressivement par d’autres pays européens. La France crée en 1803 le « franc germinal », valant cinq grammes d’argent.

Avec le développement des échanges internationaux au XIXe siècle, un autre avantage se révèle. Les devises nationales faites de papier monnaie ne valent qu’à l’intérieur du territoire national et n’ont aucune raison d’être acceptées à leur valeur à l’étranger. Par contre, tous les pays acceptent les métaux précieux en paiement. De la sorte, des monnaie nationales dont l’unité de compte est basée sur un poids d’or peuvent plus facilement commercer entre eux, pourvu que l’on soit assuré que chacune verra sa convertibilité garantie par l’État.

C’est la naissance de l’étalon-or international. On assiste à une première organisation des échanges internationaux avec une parité fixe des devises.

Mais à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, cette organisation montre aussi ses limites. Les États sont sous la dépendance des producteurs de métaux pour leur émission monétaire ; la spéculation se développe, liée aux différences de prix entre le cours boursier du métal et son cours légal ; les pays les plus faibles économiquement ne sont pas capables de maintenir leurs réserves ; les gouvernements poussent à la création de crédits supplémentaires, et en cas de crises sévères telles que les guerres chacun revient à une monnaie de papier.

Les différentes ruées vers l'or en Californie et en Australie dérégulent également la proportion entre l'or et l'argent des systèmes à étalons bi-métallique.

Progressivement, le lien avec l’or devient plus fictif à mesure que se développe l’émission de monnaie fiduciaire et scripturale par les banques commerciales et le système sera abandonné dans les années 1930.

Avec les crypto-monnaies, on voit réapparaitre une forme d'étalon métallique. Il y a une analogie qui est faite entre les jetons enregistrés dans les blockchains des crypto-monnaies, et les métaux précieux. Notamment par le le fait que l'on parle de "minage" (mining) de cryptomonnaie, soit une référence directe au fait d'aller extraire de l'or ou de l'argent d'une mine.

Pour le Bictoin, la première des crypto-monnaies, il y a un total de 21 millions de jetons qui est prévu à l'avance par l'algorithme et qui s'obtient en récompense de vérifier l'intégrité du réseau et en ajoutant les nouveaux blocs à la "blockchain". (c'est ceci que l'on nomme le "mining")

On retrouve ainsi une monnaie qui est limitée dans son nombre d'unité. C'est peut être une émanation de la tendance à la perte de confiance dans un système monétaire basé sur les reconnaissance de dette. On observe très souvent dans l'histoire ce mouvement de balancier. Pour rappel, le Bitcoin est sorti de nulle part juste après la crise financière et bancaire de 2008.

L'ère des banques commerciales

L'impôt obligeant toujours les gens à se battre pour "gagner leur vie" en obtenant des moyens de paiement reconnus pour payer l'impôt, la marchandisation du monde continue à s'étendre.

Le meilleur moyen de gagner de l'argent, c'est de rendre payant ce qui était gratuit, de favoriser l'approche commerciale plutôt que le don.

La science fait évoluer la technique et la technique rend plus efficace les méthodes de captation d'argent. Cependant les nouvelles techniques nécessitent souvent un nouvel écosystème qui se rend indispensable.

La révolution industrielle faite de grandes promesses de révolutions techniques. Notamment le chemin de fer et la marine à vapeur, puis plus tard l'électrification.

La construction d'un chemin de fer nécessite d'énormes ressources, il faut créer un réseau de chemin de fer, mais avant il faut extraire du fer et le transformer en acier dans des aciéries.

Comment va être payée cette infrastructure ?

C'est là qu'on observe de nombreuses banques commerciales qui se créent pour financer les compagnies des chemins de fer par le crédit bancaire. C'est toujours la logique du "Je reçois de la monnaie tout de suite et je paye plus tard". Ainsi la vision du monde qui va avec doit nécessairement voir le futur comme meilleur que le présent et le passé.

L'exemple le plus emblématique de création d'un nouvel écosystème industriel est le cas de la création du Crédit Suisse par Alfred Escher en 1856 afin de financer le développement des chemins de fer Suisse, au nord-est et au Gothard.

Alfred Escher avait de la suite dans les idées. Une fois qu'il avait le financement, il faut des ingénieurs pour réaliser la construction du réseau ferroviaire. Il a donc également créé l’Ecole Polytechnique Fédérale.

Transports, banques, assurances et hautes écoles. Alfred Escher y est pour beaucoup dans l'identité Suisse.

banque montreux

En Allemagne on voit la création de la Deutsche Bank en 1870, afin d’aider le développement international d’entreprises industrielles, notamment Siemens. L’un des fondateurs de la Deutsche Bank était Georg Siemens un petit cousin du fondateur de l’entreprise électrique Siemens.

Aux USA, en 1871 Le célèbre banquier JP Morgan a créé sa banque. Il sera également très actif dans le développement industriel, acier, électricité, chemin de fer et compagnie maritime (il sera ainsi indirectement le propriétaire du Titanic !)

Ainsi la banque commerciale est très liée aux activités industrielles. La grosse industrie, notamment pétrolière, ne peut pas fonctionner sans crédit bancaire permanent.

Il est également intéressant de voir que le banquier crée le futur. Si le banquier vous est favorable votre projet est financé. Si votre banquier trouve votre projet pas rentable. Il ne sera pas financé.

Ainsi il vaut mieux être en bon terme avec son banquier pour se lancer dans l'industrie. Ce n'est peut-être pas pour rien que de grosses entreprises créent leurs propres banques. (General Electric par exemple....)

C'est l'assurance de ne pas se faire refuser un crédit.

credit bancaire facile

Une monnaie pour être souverain

Si l'on fait le bilan de 5000 ans d'histoire, on observe que les "monnaies" des Sumériens et des Égyptiens étaient créées par une large part de la population. Toute personne en mesure de cultiver un champ de céréales crée de la "monnaie".

Au fil du temps, on a vu que la création monétaire a été confiée à une élite. C'était clairement le but de l'invention de la monnaie métallique de type jeton de valeur + impôt. La monnaie est l'instrument pour qu'une élite vive sur le dos des autres.
(Bon, à Sumer c'était pas très différent, mais ce sont les classes sociales qui séparaient les gens pas le système économique.)

Avec les grains de céréales, la masse monétaire est en lien avec la nature et le travail humain.

Avec la monnaie métallique, la masse monétaire est ajustée pour faire travailler les gens au service d'un seigneur. La masse monétaire dépend de la quantité de métaux disponibles. Il y a une limite.

Le crédit fait totalement sauter la limite et donc le lien avec une certaine réalité naturelle. Cette absence de limite est géniale pour celui qui profite de la monnaie qu'il reçoit immédiatement. Mais quand cette absence de limite se transforme en esclavage c'est moins drôle. Ça veut dire qu'il n'y a aucune limite au remboursement d'une dette exponentielle !

On en arrive à être totalement prisonnier d'une dette.
On en arrive parfois à avoir tout ce qu'il faut, des ressources matérielles et des humains pour accomplir un travail, mais pas les chiffres nécessaires pour payer ce travail.

Donc pourquoi le chômage existe si la seule chose qui manque c'est des chiffres ?
C'est la chose la plus simple à créer !

C'est selon ce constat que plusieurs systèmes sont apparus au cours de l'histoire pour qu'une communauté puisse reprendre sa destinée en main.

Expérience de Wörgl

L'expérience la plus connue est certainement celle de Wörgl en Autriche en 1932. En plein crise des années 1930, le chômage était très élevé et pourtant la ville avait plein de travaux à faire et plein de gens ayant du temps.

C'est là que le Burgmestre de Wörgl, inspiré par la théorie de Silvio Gesell décida de mettre en place une monnaie locale. Le terme de monnaie étant prohibé par la loi c'est le terme de "certificat de travail" qui a été utilisé.

Cette monnaie avait la particularité d'être fondante. Il fallait payer un timbre en monnaie officielle pour que le billet en monnaie locale soit valable. Cette particularité a accéléré la circulation de la monnaie.

monnaie fondante de wörgl
Monnaie locale fondante de Wörgl avec les timbres à payer pour prolonger la validité du billet

La mise en place de cette monnaie locale a permis de faire baisser de 25% le chômage local, alors que dans la même période il a augmenté de 20% dans le reste de l'Autriche.

Le système a tellement bien fonctionné qu'il a été interdit !

On ne remet pas si facilement en cause le pouvoir de celui qui émet la monnaie !

Ceci fait totalement écho avec les MLC, les Monnaies Locales Complémentaires. Dont on voit un grand essor dans les années 2010, surtout suite au film "Demain".

L'énorme avantage d'une Monnaie Locale Complémentaire "nantie". C'est le fait de pouvoir doubler la masse monétaire. En recevant un billet de monnaie officielle, on peut garantir un billet de monnaie complémentaire. On a ainsi deux billets.

Ce principe a été utilisé par la Banco Palmas au Brésil pour dynamiser l'économie d'un quartier pauvre. Cette monnaie locale a par exemple permis la construction d'une école. Un fond a été collecté en monnaie officielle pour créer l'école. Cette monnaie a été utilisée pour garantir son équivalent en monnaie locale. L'essentiel de la construction a pu être fait en monnaie locale. Seul 30% du fond de base en monnaie officielle a dû être utilisé pour payer ce que la communauté locale n'arrivait pas à fournir. Ainsi on observe qu'une monnaie locale peut créer un bon effet de levier.

Cependant, vu le succès grandissant des Monnaies Locales Complémentaires. La France s'est dotée en 2014 d'une loi sur les Monnaies Locales Complémentaires qui interdit de toucher au fond de garantie qui doit rester sur un compte en banque. Ainsi on bride une des fonctions les plus intéressante de monnaies locale complémentaire et on permet aux banques commerciales d'augmenter leur potentiel de crédit. Ce qui généralement va à l'encontre des chartes des MLC.

Encore une fois, il est dur de s'émanciper de celui qui crée la monnaie.

farinet
Billet de la défunte Monnaie Locale Complémentaire valaisanne le "Farinet" du nom du célèbre faux monnayeur du 19ème siècle.

Du Colonials scrips au Continental Dollar

Voici un autre exemple de communautés qui ont créé leur propre monnaie. Il s'agit des colonies anglaises des USA avant les USA. Ces colonies utilisaient des "colonial scrips". Chaque État utilisait une monnaie différente.

Dans les colonies lointaines, les pièces des monnaies métalliques étaient rares. C'est pour cette raison que l'État du Massachusetts a été le premier à émettre du papier monnaie. Une lettre de change adossée sur la dette publique et gagée sur la terre.

Ainsi le gouvernement pouvait couvrir ses frais directement en créant de la monnaie. Puis par l'impôt le surplus de monnaie est détruit. C'est le principe du "chartalisme".

Les différents États géraient plus ou moins bien leur monnaie. Les États du sud plus souvent en guerre ont subi une plus forte inflation. La Pennsylvanie semble avoir été l'état qui a le mieux géré sa monnaie en oubliant pas de la détruire régulièrement. Sur 50 ans le cours du "Pennsylvania Pound" est resté stable en regard du cours de l'or.

colonial scrips benjamin franklin
Colonial scrips de Pennsylvanie imprimé par Benjamin Franklin en 1764

Le 19 avril 1764 le parlement anglais vote le currency Act, une loi interdisant aux 13 colonies de créer de la monnaie. C'est un des facteurs qui a mené à la guerre d'indépendance des USA.

Cette guerre a été financée par une autre monnaie créée pour l'occasion en 1775 par les "Colonies Unies", il s'agit du "Continental dollar".

Cette monnaie a été massivement imprimée pour financer la guerre, et de fait elle subit une forte inflation durant ces 6 années d'existence. Mais néanmoins on peut se poser la question de l'issue de cette guerre sans avoir eu ce financement ?
(La France a également beaucoup financé la révolution américaine, ce n'est pas uniquement le continental dollars qui a suffi)

continental dollar benjamin franklin
Continental dollar dessiné par Benjamin Franklin

Assignats de la révolution Française

Quelques années plus tard, en 1790 en France on retrouve un même type de monnaie papier créée pour financer une révolution. Il s'agit des "assignats".

L'Etat français a besoin de liquidité. Il confisque les biens de l'église par assignation (d'où le nom des assignats) et veut les vendre. Mais le processus prend du temps. Pour avoir des liquidités, l'idée est de vendre des titres qui représentent cette vente future.

Les comités révolutionnaires impriment des assignats, et pris au jeu de cette monnaie gratuite, en imprime beaucoup et négligent souvent de les détruire comme il était prévu.

De plus, les ennemis de la révolution impriment aussi des faux assignats afin de faire effondrer le système. Il y a un atelier très efficace à Londres.

assignats de la révolution française 25 sols
Assignats de 25 sols

Ce système a duré également 6 ans, tout comme le Continental dollar. Là aussi on peut se questionner sur le bilan. Cette monnaie n'a pas été durable, mais en temps de révolution c'est un outil très utile pour changer un système en place.

L'observation que l'on peut faire sur ces monnaies fiduciaires d'État. C'est que la gouvernance de cette monnaie est un point critique. Un gouvernement qui imprime trop de monnaie et/oui qui néglige de la détruire va rapidement faire effondrer sa monnaie.

La monnaie fondante de Wörgl ne semble pas avoir subi de problème d'inflation monétaire. Peut être grâce à son caractère fondant qui "détruit" une monnaie qui n'est plus nécessaire. Ce n'est pas avéré, mais c'est une piste intéressante.

Crédit mutuel

Le système bancaire majoritaire de nos jours crée de la monnaie par le crédit bancaire. Il s'agit d'une personne qui va présenter un projet à son banquier. Si ce dernier trouve que le projet est rentable et intéressant pour lui, il crée la monnaie en échange du remboursement avec intérêt en plus.

Il se trouve que l'accès au système bancaire n'est pas égal pour tout le monde. Comme le dit l'adage. "On ne prête qu'aux riches". Plus on est proche du robinet, plus l'accès aux liquidités est facile.

Ainsi à contrario, plus on est loin des banques moins il y a de monnaie. Ce n'est pas pour rien que les villes de Genève et Zurich sont les plus chères du monde. Ce sont des places financières internationales avec une grande densité de banque.

Donc comment créer des chiffres quand on est loin d'une banque ?

Raiffeisen

Friedrich Wilhelm Raiffeisen crée en 1849 la "Société de secours aux agriculteurs impécunieux de Flammersfeld" afin de renforcer la coopération financière dans les communautés rurales. Il crée une forme de banque coopérative locale au beau milieu des campagnes, là où les grandes banques commerciales liées à l'industrie (comme on l'a vu ci-dessus) ne sont pas.

Le mouvement de coopératives bancaires "Raiffeisen" va se propager en Allemagne, Autriche, Suisse (vers 1900) et en France sous le nom de "crédit Mutuel" ou "crédit agricole". (un nom à consonance Allemande ne passant pas bien après la guerre de 1870...)

Le but est principalement de faciliter l'accès au crédit pour les agriculteurs et ainsi éviter d'avoir recours à des usuriers. Ceci est possible grâce à la mutualisation. Au lieu d'avoir un seul banquier qui assume les risques de crédit, avec le "crédit mutuel" c'est toute une communauté qui assume les risques. Chacun est ainsi autant créditeur que débiteur.

La banque du peuple

Également en 1848-1849, Pierre Joseph Proudhon lance son idée de Banque du peuple. Le but étant de réaliser une véritable démocratie économique grâce au crédit mutuel et gratuit grâce à une suppression progressive du taux d'intérêt, ainsi qu'un découplage d'avec l'or.

Le lancement de la banque va échouer malgré un grand intérêt populaire. Ceci à cause du manque de fonds propres nécessaires pour remplir les obligations légales. La raison est due à plusieurs amendes qui grèvent les actifs du journal "le Peuple" qui devaient servir de fonds propres.

La banque WIR

En 1934, la Banque WIR est créée en Suisse, inspiré par les théories de Silvio Gesell. Le "Franc WIR" est une monnaie utilisable dans un réseau de ~60 000 entreprises. Le Franc WIR n'est pas convertible en Franc Suisse. C'est un crédit mutuel.

Depuis 1948, le WIR n'est plus une monnaie fondante, et depuis 1952 le modèle de "monnaie franche" (aussi appelée "économie libre") de Silvio Gesell a été abandonné, ouvrant la porte au crédit avec intérêt.

Les SEL

Les Systèmes d'Echange Locaux sont souvent organisés comme un crédit mutuel basé sur une unité de temps. (bien que certains SEL ont des unités de mesures non liées au temps)

Chaque personne qui "rend un service" à une autre personne comptabilise sont temps et ainsi obtient le droit d'avoir le même temps à disposition pour un autre service offert par quelqu'un de la communauté.

Ce système est un véritable système économique parallèle et en cela il dérange aussi.

En 1996, un procès se déroule contre 3 personnes du SEL d'Ariège pour avoir fait du "travail clandestin, hors taxe". Les SEL sont tolérés par l'administration fiscale tant que l'échange reste de l'ordre du "coup de main". Si l'échange est régulier il est soumis à l'impôt.

Les SEL sont donc condamnés à rester marginaux.

Puissance du crédit mutuel

L'idée de mutualiser les ressources d'une communauté pour se créer une chambre de compensation commune est très puissante. Le principe des reconnaissances de dettes entre individus se retrouve déjà sur les bâtons de comptage et même les tablettes d'argile. Mais ce sont à chaque fois des dettes entre un binôme d'individus.

Mutualiser toutes ces reconnaissances de dettes dans un même système économique commun permet de faciliter les échanges.

L'avantage du crédit mutuel c'est qu'il n'y a pas d'inflation monétaire possible. Vu que "la masse monétaire" est créée lors d'une transaction réelle et pas en amont déconnecté de la réalité.

80-ans-credit-mutuel_sans_limite_ni_contraction
La somme des comptes d'un crédit mutuel est toujours nulle.

Un des gros avantages du crédit mutuel est la facilité d'accès au crédit. C'est en général la raison principale de la création de ce genre de système. Il y a néanmoins un risque pour la communauté. Ainsi de nombreuses communautés ont mis en place une limite de consommation à crédit. C'est surtout le cas quand il n'y a pas d'intérêt sur le crédit comme dans les SEL.

Dans les systèmes Raiffeisen et WIR un intérêt existe sur les crédits. C'est en général une manière de rémunérer la gestion du système.

Le système Raiffeisen actuel (et assimilé comme Crédit Mutuel et Crédit Agricole) n'est plus à considéré comme un crédit mutuel. Ce sont maintenant des banques commerciales comme d'autres. Il n'y a plus de réelle différence. La principale étant la forme juridique de la société, une coopérative. Ceci est principalement dû à deux facteurs:

  • la convertibilité de la monnaie de la communauté dans toute autre forme de moyen de paiement. (ainsi on met en concurrence les substituts monétaires issus d'une coopérative avec ceux issus du crédit bancaire )
  • les taux d'intérêt bancaires qui sont devenus tellement bas, voir négatif que l'avantage de la mutualisation ne se voit plus.

Les cryptomonnaies

En 2009, le monde encore sous le choc de la crise bancaire et financière de 2008 découvre le Bitcoin, la première crypto-monnaie basée sur une blockchain.

Le Bitcoin ne vaut rien. Ce sont des jetons virtuels générés par un algorithme pour rémunérer les gens qui font "tourner" un nœud qui vérifie le réseau de transactions.

Des geeks essaient de dépenser leur Bitcoins. En 2010 l'un d'eux achète deux pizzas pour 10 000 bitcoins.

bitcoin-pizza
les deux pizza achetées pour l'équivalent de 100 millions de $ en 2020

Puis en quelques années, des bourses d'échanges sont mise en place pour acheter des Bitcoins contre des dollars (ou autre). Gentiment le Bitcoin prend de la valeur jusqu'à passer les 10 000 $ en 2017.

Dans son code monétaire, le bitcoin n'a absolument rien d'innovant. C'est un jeton de valeur au même titre qu'une pièce métallique.

La masse monétaire est fixée à l'avance et limitée à 21 millions de Bitcoins.

Là où le bitcoin est révolutionnaire c'est dans le fait que sa gouvernance est décentralisée. C'est un réseau de nœuds. Le bitcoin est un protocole. Tant que 51% des nœuds qui gèrent le réseau ont intérêt à ce que le protocole soit suivi, tout fonctionne. Le ou les concepteurs du bitcoin est toujours inconnu.

Ces facteurs font que le bitcoin est impossible a arrêter. Il n'y a aucune personne ou organisation centrale que l'on peut faire passer devant un tribunal.

On a donc là un véritable contre-pouvoir monétaire aux systèmes dominants.

La sécurité du bitcoin se base sur l'accès à l'énergie. En effet, pour pouvoir ajouter un bloc de transactions à la base de données globale, (et être ainsi rémunéré avec de la création monétaire) il faut être le premier à présenter une "preuve par le travail". Cette preuve consiste à avoir trouvé un "hash", sorte de signature-résumé d'un bloc de données, qui commence par un certain nombre de 0. Ceci ne peut se déduire mathématiquement. Il faut donc réaliser des essais au hasard jusqu'à trouver la bonne solution. On est dans l'ordre de grandeur de 200 milliards d'essais. Ce qui représente une certaine quantité d'énergie et rend le bitcoin pas très écologique.

Comme tous les blocs contenant l'historique des transactions sont chainés depuis l'origine. Celui qui veut tricher et imposer sa version de l'historique doit être capable de tout recalculer depuis le moment où il veut tricher. Ainsi il doit mettre exponentiellement plus d'énergie dans l'opération que ce qui a déjà été mis. Comme avec le bitcoin on est aux limites physiques des vitesses de calcul actuelles. C'est une opération virtuellement impossible et probablement non rentable économiquement. Ainsi la blockchain est sécurisée contre les modifications frauduleuses.

La spéculation qui s'est emparée du bitcoin en fait un outil de mesure très instable. Et de par ce fait, très peu utilisable pour des paiements courants.

Il y a de nombreuses alternatives et variantes du bitcoin qui ont été créées, mais aucune n'a détrôné l'original.

Plus haut nous avons vu que les banques commerciales sont intrinsèquement liées au monde industriel.

Tant que les organisations les plus puissantes du monde étaient des organisations industrielles, les banques étaient fortes. Mais avec la désindustrialisation du monde occidental et la montée en puissance des entreprises liées à l'ère de l'information (les GAFAM), le monde des banques perd de sa puissance.

Il se pourrait bien que, tout comme les marchands ont demandés aux seigneurs féodaux leur part du pouvoir, les GAFAM demandent leur part du pouvoir en créant des alternatives monétaires aux banques commerciales et centrales.

C'est ce que l'on commence à voir avec Facebook qui a lancé son projet de monnaie Libra, basée sur une blockchain de 100 nœuds gérés par des milliardaires et des institutions financières.

Facebook, avec Whatsapp et Instagram dispose d'une base de 5 milliards d'utilisateurs !

L'idée c'est une monnaie basée sur un panier de devise. Ainsi on résout le problème de stabilité de l'unité de compte trop volatile que l'on a dans le bitcoin.

Mais ceci n'est pas encore fait. Les autorités de surveillance des banques (affiliées aux banques elles-mêmes) ne sont pas d'accord et demandent une segmentation de Libra en plusieurs monnaies par continent ! Le monde des banques n'est pas encore mort !

Nécessité d'un système de retour à l'équilibre

Une observation dont on parle peu, mais qui est une constante dans l'Histoire, c'est la remise à zéro du système.

Dans tous les systèmes économiques depuis la nuit des temps. Que ce soit explicitement conçu ou non, il y a TOUJOURS un système de remise à zéro…

Parfois le système de retour à l'équilibre et intégré dans le système et parfois c'est l'effondrement du système qui de facto le ré-initiatilise.

Avec le "don dans une communauté de confiance", quand le temps passe, la mémoire humaine devient floue, automatiquement on oublie et remet à zéro nos reconnaissances de dette mutuelles.

Quand tu n'as pas été boire un verre 🍻 avec tes potes depuis longtemps, tu ne sais plus qui avait payé la dernière tournée et qui ne l'avait pas encore fait.
Il y a retour à l'équilibre naturel dans le fonctionnement humain. Le taux de retour à l'équilibre est cependant différent selon les personnes. Il y a des personnes plus ou moins rancunière, plus ou moins confiante. Celles qui lâche prise et celle qui pensent que "les bons comptes font les bons amis", vraiment ?

Quand on passe dans un système plus formel comme celui de la comptabilité sur tablettes d'argiles sumériennes. Très vite des soucis de dettes et d'esclavage pour dette apparaissent.

Graeber, nous dit que les sumériens trop endettés finissaient pas s'échapper dans le désert et se regrouper en hordes vivant de razzias sur les villes. Quand le problème n'est plus marginal, les souverains sumériens ont du trouver une solution.

Ainsi c'est en –2450 que le Roi sumérien de Lagash, En-metena crée la première annulation de dette connue de l’histoire. Le mot sumérien est "ama.ar.gi" qui signifie littéralement "retour à la mère". C'est un retour à l'état d'origine. Ce mot est souvent traduit par "liberté".

On a encore la trace de cette tradition d'annulation de dette dans la notion de Jubilé biblique qu'on trouve dans le lévitique. Tous les 7x7 ans, toutes les dettes sont annulées et tous les esclaves pour dette rentrent dans leur clan.

La fameuse pierre de rosette qui a permis de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens parle d'une annulation de dettes.

Durant le moyen âge les nombreux changements de systèmes monétaires ont agit comme des systèmes de retour à l'équilibre, de remise à zéro.

Les grandes périodes d'hyperinflation ont souvent servies à remettre à zéro les dettes. C'est le cas de l'hyperinflation de 1923 en Allemagne qui a permet de faire fondre les dettes et repartir à neuf.

En 1948, rebelote en Allemagne la Währungsreform refait un retour à l'équilibre pour passer au Deutsche Mark. En une semaine les Allemands de l'ouest doivent changer leur monnaie. Le taux est de 1:1 pour les 40 premiers reichsmarks, puis de 10:1 pour les suivants.

Au lieu de provoquer un retour à l'équilibre par surprise, on peut l'intégrer le principe dans le code monétaire. Ainsi tout se passe en douceur. Une des techniques existante, c'est de faire fondre la monnaie. Elle perd de la valeur avec le temps qui passe.

La monnaie fondante de Silvio Gesell fonctionne très bien pour faire tourner une économie au quotidien. Mais il n'est pas possible de thésauriser une monnaie. Si une personne conserve de la monnaie son pouvoir d'achat diminue.

Les riches n'ont donc aucun avantage à la monnaie fondante. C'est peut être une des raison de l'interdiction de la monnaie fondante à Wörgl en 1934.

Dans le principe de la "Monnaie libre" selon la Théorie Relative de la Monnaie, implémenté avec la Ğ1, on renverse l'apparence du référentiel de mesure.

Mais de fait la monnaie libre est aussi une monnaie fondante. Le montant du "Dividende Universel" versé régulièrement à tous les co-créateurs de monnaie augmente avec le temps. Ceci a pour effet de faire fondre le pouvoir d'achat de l'ancienne monnaie déjà en circulation. Ainsi on réalise la fonction d'une monnaie fondante, faire tendre le solde de comptes de tout le monde vers un équilibre commun.

Les banques centrales ont de nos jours pour mission principale la stabilité des prix et par conséquent d'éviter l'inflation. C'est une mesure qui profite surtout aux riches.

L'inflation agit comme de la monnaie fondante, la monnaie perd de sa valeur avec le temps. Durant la période de 30 glorieuses, l'inflation était élevée, mais le pouvoir d'achat conservé grâce à l'indexation des salaires sur l'inflation (En France jusqu'en 1983). C'est ainsi que les pays dévastés par la deuxième guerre mondiale se sont reconstruit à faible coût.

Depuis la fin des 30 glorieuses, il existe un indicateur dans les pays de l'OCDE qui s'appelle le NAIRU, c'est le "Taux de Chômage n'accélérant pas l'inflation".

Contrairement au discours courant, les politiques ne visent pas à réduire totalement le chômage, mais plutôt à atteindre le taux du NAIRU. Ceci pour éviter de déclencher l'inflation. C'est donc une politique consciente de conservation de la dette, de la fortune des riches et d'empêchement de l'accès à l'emploi de l'entier de la population.

Dans l'Égypte antique on fonctionnait avec 2 systèmes parallèles, on avait des unités des comptes fixes (métaux, étoffe, céréales et huile) et des moyens de paiement divers. Mais surtout des moyens facile à produire comme le grain de céréale, le pain, la bière….
Ce sont des monnaies fondantes. Le grain ça pourri.

Si l'on sort du monde virtuel de la monnaie et que l'on observe le monde réel on constate que tout ce qui n'est pas vivant à tendance à se dégrader avec le temps. Les maisons tombent en ruine, la nourriture non consommée pourri, les vêtements s'usent, etc....

Sur un plan physique le second principe de la thermodynamique, l'entropie fait que la qualité de l'énergie disponible diminue dans le temps. De l'énergie utile à la base va se dissiper en bruit et chaleur irrécupérable.

Donc si l'on veut faire une équivalence entre la monnaie et les biens et services qu'elle permet de rendre accessible, il est nécessaire de faire fondre la monnaie au même rythme que les biens échangés.

Ainsi forcément vouloir garder une dette sur le long terme ça ne marche pas. C'est la loin de l'entropie qui veut ça.

Tôt au tard l'entropie fera son œuvre et les dettes disparaitrons….

La monnaie comme moyen de corruption

Une fonction de la monnaie dont on ne parle jamais dans les livres d'économie, mais qui pourtant a une influence considérable, c'est la fonction de corruption.

Les expressions Bakchich, pot-de-vin, dessous-de-table, graisser la patte, expriment toutes une manière d'obtenir quelque chose hors des règles par un versement de monnaie.

Ce sont en général les personnes qui sont en charge de faire appliquer des lois et des règlements qui sont le plus visés par la corruption. (policier, juge, fonctionnaire)

Mais très vite c'est tout un système qui se met en place et qui touche les personnes qui font les lois, les politiciens. Là on parle plutôt de lobbies ou de renvoi d'ascenseur vers les financeurs de campagne politique.

Le pouvoir de l'argent se place ainsi très souvent au dessus des lois, ou au dessus de la morale.

On peut se poser la question de la motivation des gens à effectuer des activités et tâches immorales, dangereuses et/ou pénibles.

Si tout le monde avait largement assez d'argent pour assouvir ses désirs, est-ce que la prostitution existerait toujours ?

Est-ce que l'on trouverai des gens pour travailler par 40°C à l'ombre, en plein soleil sur l'autoroute, au milieu des gaz d'échappement à couler du goudron encore plus chaud que l'air ?

Il est indéniable que le pouvoir de seigneuriage s'accompagne également d'un pouvoir de corruption. Le seigneuriage permet déjà à celui qui crée la monnaie de vivre sur le dos des autres en achetant pour un coût quasi nul ce qui est sur le marché.

Cependant disposer d'une grande quantité de monnaie permet également d'acheter ce qui n'est normalement pas sur le marché en raison de règles légales et/ou morales.

Ce pouvoir hors des règles vient souvent du fait de la rareté de la monnaie. Ou du moins de sa répartition très inégale. Une personne qui a beaucoup d'argent est en position de force envers une personne qui est dans le besoin.

C'est ainsi que l'on a vu ci-dessus avec l'indicateur NAIRU, que le taux de chômage est sciemment choisi pour favoriser un chantage au chômage: "Si tu n'acceptes pas mes conditions tu n'auras rien", "Il y en a mille des gens comme toi qui peuvent prendre ta place".

Il est connu que dans certains pays, le salaire des policiers ne permet pas de vivre. Ainsi le bakchich est le moyen qu'ont certains fonctionnaires d'augmenter leur salaire. Les amendes imaginaires pleuvent sur la route parfois.

Le financement des partis politiques est un vrai problème qui fait régulièrement scandale. Les pays qui se sont dotés de législations pour contrôler le financement des partis politiques découvre régulièrement des caisses noires !

Peut être est-il plus simple de ne rien règlementer qu'on ne puisse vraiment contrôler ? C'est la pratique en Suisse. Du coup les grandes banques avouent verser des millions de "subventionnement" aux partis politiques qui vont dans le sens de leur idées !

Que faire pour limiter le pouvoir de corruption de la monnaie ?

Quand une personne n'a pas assez de monnaie pour vivre, elle va plus facilement accepter de contourner les règles ou d'agir à l'encontre de ses valeurs (probablement une des causes majeure de la destruction de l'environnement).

Ainsi assurer à tous de quoi vivre décemment est un moyen qui permet de limiter drastiquement la corruption monétaire. On peut imaginer par exemple que l'instauration d'un Revenu de Base Inconditionnel suffisant pour vivre changerait fondamentalement les conditions d'acceptation d'un emploi et diminuerai probablement la corruption.

Cependant satisfaire des besoins reste accessible, mais satisfaire des désirs, c'est autre chose. Il peut toujours être très tentant pour des personnes ayant de quoi vivre largement de vouloir toujours plus, et donc de se faire corrompre par une grosse somme d'argent.

Si l'on supprime les écarts de richesse, on diminue le risque de corruption.

Ainsi fondamentalement, une meilleure répartition des richesses est une protection contre la corruption.

Une des manière de réaliser cette meilleure répartition des richesses est comme on l'a vu ci-dessus, l'utilisation d'une monnaie fondante. Tous les soldes des comptes ont tendance à fondre (en positif, comme en négatif), ainsi sur le long terme tout le monde tend vers une moyenne commune.

Enseignements de l'Histoire

L'histoire ne sert à rien si elle ne nous enseigne pas, si nous n'apprenons pas de nos erreurs. Donc que peut ont tirer comme enseignements de l'histoire des systèmes économiques ?

  • Les systèmes économiques qui ont duré le plus longtemps sont ceux dont on parle le moins ! (don dans une communauté de confiance, Etat agraire organisé en maisonnée, haut moyen âge)
  • Il est tout à fait possible de séparer l'unité de compte des moyens de paiement.
  • On observe qu'il y a toujours système de retour à l'équilibre, de remise à zéro des dettes qui apparait, qu'il soit intégré dans le système économique ou qu'il arrive à l'effondrement du système.
  • Pour gagner une guerre ou une révolution, créer de la monnaie est une bonne technique à cour terme (~6 ans). (mais pas à long terme)
  • L'adoption d'une monnaie ne se fait pas naturellement. Un type de monnaie est utilisé car il est imposé par l'impôt. On a ainsi une concurrence entre différentes formes de monnaies. Les "substituts monétaires" des banques commerciales sont plus utilisés que les Monnaies Locales Complémentaires car ils sont acceptés pour le paiement des impôts.
  • Si ce n'est pas l'impôt qui impose un moyen de paiement, ça peut aussi être un créancier. C'est lui qui décide si le crédit est remboursé ou non.
  • La dette est un puissant moteur de contrainte. Le débiteur va placer le remboursement de son crédit à la tête de ses priorités. Même si ça va à l'encontre de ses valeurs. (génocide, pillage, mise en esclavage, destruction écologique, etc...) L'explication morale d'acceptation de la dette semble être la tendance humaine à vouloir retrouver une situation d'équilibre dans les relations individuelles entre humains. (être prêt à sacrifier les autres, le monde et la vie en général pour un retour à l'équilibre entre 2 parties.)
  • La monnaie est un outil de corruption. Surtout quand la répartition des richesses est mauvaise (indice de Gini élevé) et que les gens se battent pour avoir de quoi vivre.
  • La "confiance" est le maître mot des systèmes économiques. (son opposé étant la peur) La confiance se déplace, de sa propre confiance en l'avenir, en sa famille, en sa communauté, jusqu'à s'incarner dans une écriture comptable sur tablette d'argile, bâton de comptage, base de données informatique, blockchain, ou dans un objet: lingot d'or, pièces de monnaie, coquillage. La confiance réside parfois dans une institution et ses symboles, l'allégorie d'un État sur une pièce de monnaie, la cravate du banquier d'une banque de confiance.
  • Toute reconnaissance de dette peut se transformer en moyen de paiement. C'est un contrat entre deux parties. Il est très fréquent que l'on ne rembourse jamais les dettes, mais qu'on paie en transférant une reconnaissance de dette. Suivant les personnes et les époques, une reconnaissance de dette a plus de valeur qu'une autre.
  • La centralisation ou la décentralisation de la création de la nouvelle monnaie détermine qui aura le pouvoir dans le système concerné. Un seigneur seul habilité à créer de la monnaie peut vivre de son pouvoir de seigneuriage. A l'opposé dans un crédit mutuel tout le monde détient dès le départ un potentiel de création monétaire.
  • Il est nécessaire de garder un équilibre entre la quantité de signe monétaire en circulation et les biens et services qu'ils représentent (la vraie richesse). La régulation peut se faire naturellement en utilisant comme moyen de paiement des marchandises utiles à tous, qui peuvent potentiellement être créée par tous, mais que personne ne peut créer en quantité infinie. C'est l'exemple du grain de céréale.
    Le crédit mutuel pose une égalité stricte entre les biens et services et les signes monétaires qui les représentes. On ne peu avoir un signe monétaire que lors d'une transaction effective. Il n'y a pas de "monnaie" créé en amont des échanges. Ça c'est le pire moyen de régulation. Surtout si il est centralisé c'est un déséquilibre total des pouvoirs.
    On trouve encore des autres méthodes de régulation comme l'algorithme du bitcoin qui prévoit 21 millions de bitcoin avec une création étalée dans le temps.

Le bâton de comptage, un moyen de paiement oublié et pourtant officiel en France jusqu’en 2016

Le bâton de comptage, (tally stick en anglais) est un moyen de paiement qui a été utilisé pendant des siècles. Il était même encore reconnu jusqu'en 2016 dans le code civil français, art 1333:

"Les tailles corrélatives à leurs échantillons font foi entre les personnes qui sont dans l'usage de constater ainsi les fournitures qu'elles font ou reçoivent en détail."

baton de comptage 2 parties souche echantillon tally stick stock exchange

Mais pourquoi on en parle jamais dans les bouquins d'économie ?

Pourquoi on nous rabâche toujours la fable du troc qui n'a jamais fait système et date d'Adam Smith.

banque nationale suisse tout commence avec le troc
La brochure de la BNS nous dit que "Tous commence avec le troc" => faux!

Pourquoi les économistes adorent nous parler des petits coquillages d'iles lointaines, comme monnaie primitives alors que beaucoup, beaucoup plus près de nous dans l'espace et le temps, le bâton de comptage était le moyen de paiement principal !

Peut être que la simplicité et l'efficacité des bâtons de comptage n'arrangent pas les banquiers ? En effet, pas de crédit à intérêt, uniquement des reconnaissances de dette mutuelles dans une communauté.

Comment fonctionne un bâton de comptage

Dans cette vidéo, je montre à quoi ressemble un bâton de comptage, comment il était utilisé (par exemple pour acheter du pain à la taille), comment il est encore utilisé de manière folklorique dans les alpes suisses, avec les bâtons de comptage des vaches et les droits d'eau liés aux bisses valaisans.

Le principe est simple. Un bâton est fendu en deux dans la longueur. (sauf un petit bout de la souche).

DIY fabrication bâton de comptage fendre le bâton de comptage à la hache
Après une encoche à la scie pour délimiter la souche, le bâton est fendu à la hache

Le bâton était souvent une branche de noisetier. Ou alors de manière plus élaborée, une petite planchette.

baton de comptage tallystick noisettier

On obtient ainsi deux parties liées entre elles. C'est l'origine même du mot symbole qui vient du grec σύμβολον, súmbolon qui désigne un objet coupé en deux servant de signe de reconnaissance.

La grande partie est appelée la souche.
La petite partie est appelée l'échantillon.

Les deux parties servent à enregistrer un contrat. On le fait en taillant une encoche sur les deux parties emboitées.

baton de comptage tally stick planchette marque famille pyrogravure

Ainsi une fois que l'on a séparé les deux bouts de bois, chacune des deux partie a une trace de la transaction et ne peut pas la réfuter ni la modifier.

Le commerçant (ou créancier) garde la souche c'est à lui que l'autre partie, le débiteur, celui qui garde l'échantillon, devra rembourser la dette.

C'est ainsi que l'on pouvait acheter "à la taille" de nombreuses choses dans des commerces. Par exemple du pain à la taille dans une boulangerie.

Le principe est simple, c'est le même que celui de l'ardoise de bistrot, ou de carnet du lait. On achète à crédit dans les commerces et périodiquement, une fois par mois, par exemple, on vient solder son compte en payant avec des pièces de monnaie. (par exemple)

monnaie-batz-vaud
Un batz vaudois de 1828

Ce principe me fait beaucoup penser à la version moderne de paiement dans l'épicerie participative dans laquelle je suis. J'ai un compte dans l'épicerie et régulièrement je charge mon compte par un virement.

epicerie-cooperative-participative-solde-compte-achat

La souche est elle même un moyen de paiement

Il y a un point important à comprendre. C'est que la souche est elle même un moyen de paiement. Elle a de la valeur. Si tu es propriétaire d'une souche, c'est la preuve que quelqu'un te dois ce qui est indiqué dessus.

Ainsi si tu es boulangère et qu'on te paie 3 unités sur le bâton de comptage de ton commerce, tu détiens une reconnaissance de dette de 3 unités.

Si par hasard tu dois payer 3 unités au boucher. Et bien au lieu d'attendre que ton débiteur te paie ce qu'il te dois, tu peux toi même donner ta souche au boucher.

baton de comptage tallystick noisettier
La souche c'est la grande partie du bas.

Payer avec des reconnaissances de dette c'est très courant. C'est ce que l'on fait à chaque fois avec un virement bancaire. Car ce qui est sur un compte bancaire n'est rien d'autre qu'une dette que la banque a envers son client.

C'est ça la magie de la "monnaie", c'est qu'à partir de rien, on crée un contrat qui enregistre une dette. La reconnaissance de dette sert de monnaie d'échange. On visualise bien ça avec un bâton de comptage. Mais c'est pareil avec un compte en banque et c'est important de le comprendre.

Ça signifie que rembourser toutes les dettes revient à détruire toute la monnaie !
(On brûle le bâton de comptage, une fois la dette remboursée)

dette-5000-ans-dhistoire-graeber
Le livre "Dette 5000 ans d'histoire" de David Graeber qui décrit bien que l'histoire de la dette, c'est l'histoire de la monnaie.

Comment décoder ce qui est inscrit sur un bâton de comptage ?

Un bâton de comptage est un contrat. Tout comme sur un contrat papier il est possible d'écrire dans une langue ou dans une autre, sur un bâton de comptage, on peut écrire des codes différents pour enregistrer les informations du contrat.

La manière la plus simple, c'est de faire 1 encoche pour une unité. Mais ça fait vite beaucoup de coches pour les grands nombres.

J'ai testé une convention qui me semble plausible:

  • une encoche droite simple = 1 unité
  • une encoche en V = 10 unités
  • une encoche large = 100 unités.
encoche baton de comptage tally stick

Puis en regardant mes encoches je me suis dis que ça ressemble beaucoup aux chiffres romains !!

Peut être que c'est là une origine des chiffres romains ?

  • une encoche droite = 1 unité
  • une encoche en V = 5 unités
  • une encoche en X = 10 unités
  • ... etc..

J'ai vu ce genre de code sur des bâtons de comptage. C'est peut être une piste intéressante !

Kerbholz bâton de comptage du 17ème siècle avec des croix
"Kerbholz" du 17ème siècle

En Angleterre, il y a le livre "Dialogue of the Exchequer" qui décrit le code à utiliser sur les bâtons de comptage royaux. (Tally sticks)

"La manière de couper est la suivante:
En haut du bâton de comptage, on fait une entaille de l'épaisseur de la paume de la main pour représenter mille livres ; puis cent livres par une entaille de la largeur du pouce ; vingt livres de la largeur de l'auriculaire ; une seule livre de la largeur d'un grain d'orge gonflé ; un shilling plus étroit qu'un penny est marqué par une seule entaille sans enlever de bois".

dialogue-exchequer-d40110-24

Pour voir le texte intégral de "Dialogue concerning the Exchequer"

Code de durée de temps d'arrosage sur des bâtons de comptage

Dans le contexte des bisses valaisans. Il y a des bâtons de comptage qui indiquent les droits d'eau qui sont liés à des familles liées à des terrains.

Ainsi il y a des marques qui indiquent des durées d'utilisation d'une certaine proportion du débit du bisse. (Par exemple 1h pour 1/4 du bisse)

Voici quelques autres exemples de comptage de temps pour les droits d'eau.

baton compatage droit eau code

Utilisation de bâtons comme contrats et règlements

On voit avec l'exemple des bisses (aqueduc d'amenée d'eau dans les montagnes du Valais) que les bâtons de comptage sont quelques choses qui va au delà de la notion de monnaie et de moyen de paiement.

On est ici dans les véritables fondement de l'éco-nomie, soit étymologiquement: les règles de la maison.

La monnaie, les reconnaissances de dette, sont une partie de règles qui régissent une communauté, mais il y a en a de nombreuses autres non monétaires.

Par exemple le fait qu'un propriétaire de vache mette ses vaches à l'alpage et il veut en récupérer le même nombre lors de la désalpe, mais aussi surtout, il veut récupérer la production de fromage qui lui revient !

Tally_sticks_baton comptage Doppeltessel der Alp Blümatt (Turtmann VS) 1893
Bâton de comptage "Doppeltessel" de l'Alpe Blümatt (Turtmann VS) 1893

Les consortages pour gérer des biens communs

Depuis le moyen âge on trouve des communautés qui se sont organisées pour gérer des "Biens communs". Il s'agit souvent de droits d'eau, de droits liés aux pâturages et aux fromages produits, ainsi que des accès au bois d'une forêt, ou l'entretient de chemins et de four à pain.

Dans les régions alpines il existent encore plusieurs de ces organisations communautaires.

De nos jours, en économie, on oppose souvent la propriété privée et la propriété publique. Mais on oublie souvent la forme intermédiaire, soit la propriété en Biens communs. Ce n'est pas public... mais ce n'est pas une propriété exclusive. C'est une propriété d'une organisation.

En Valais on utilise souvent le terme de "Consortage".

Par exemple le consortage du bisse d'Ayent est propriétaire de l'eau de la rivière et de l'eau qui coule dans le bisse. Seuls les membres du consortage, les consorts, ont le droit de l'utiliser. Ça a été le fruit d'une grande bataille juridique quand une société a voulu s'approprier l'eau de la rivière pour la turbiner et en faire de l'électricité.

Bisse_d_Ayent valais partie aerienne

C'est un texte de 1448 (toujours valable), signé par l'évêque de Sion de l'époque qui a prouvé les droits du consortage. La société hydroélectrique a donc du acheter le droit d'utiliser une partie de l'eau sans porter préjudice au bisse.

On voit par là que le consortage est un système très durable. Celà fait 572 ans que le consortage gère l'accès à l'eau dans cette région !

Les biens communs reviennent un peu à la mode. Ceci se voit notamment avec le (faux) "prix Nobel" d'économie donné à Elinor Ostrom en 2009 pour ses travaux sur les biens communs, notamment dans la gestion des consortages haut-valaisans.

Les "tachères" des bâtons pour enregistrer des règles

Dans des règles communautaires, il n'y a pas que des droits, mais il y a aussi des devoirs. On parle de tâches. C'est notamment l'entretien des bisses et les travaux collectifs.

Ces tâches, et qui doit les effectuer, sont enregistrées sur des bâtons que l'on nomme des "tachères" ou en allemand des "tesseln". (Kehrtesseln ou Wassertesseln)

Encore une fois je vois un lien entre cette manière de fonctionner séculaire des consortages et l'épicerie coopérative participative.

On est tous co-propriétaire de notre épicerie et l'on a tous des droits de consommer les produits avec des avantages, mais on a aussi des devoirs, celui de travailler l'équivalent de 3h par mois pour faire tourner l'épicerie.

Au passage, voici mon guide pour aider à démarrer une épicerie coopérative participative.

Les marques de familles, des signes distinctifs pour identifier une famille ou un individu

La personne où la famille qui doit effectuer la tâche est indiquée sur le bâton avec une "marque de famille" ou "marque domestique".

Les gens étaient souvent illettrés, ainsi ce sont des dessins qui désignent les familles. Sur un bâton de comptage on retrouve aussi une marque de famille pour savoir à qui appartient le compte, qui est le créancier et qui est le débiteur.

Dans mes essais de fabrication de bâtons de comptage, j'ai reproduis des marques de famille en marquant le bois avec un clou de fer à cheval chauffé dans mon fourneau à bois. J'ai ainsi réalisé une pyrogravure qui semble plausible.

pyrogravure clou fer cheval marque famille

Je me suis inspiré de marques que l'on retrouve sur un panneau de marques de famille de la commune de Münster dans le haut valais.

Kehrtafel aus Münster mit Hauszeichen für das Gemeinwerk oder Wassernutzung 1864
Kehrtafel aus Münster mit Hauszeichen für das Gemeinwerk oder Wassernutzung 1864

Voici le panneau en entier:

Kehrtafel aus Münster mit Hauszeichen für das Gemeinwerk oder Wassernutzung, 1864
Kehrtafel aus Münster mit Hauszeichen für das Gemeinwerk oder Wassernutzung, 1864

Beaucoup de mots liés à la monnaie ont pour origine le bâton de comptage

L'étymologie de beaucoup de mots liés à la monnaie vient des bâtons de comptage.

Pourquoi est-ce que l'on parle de "débiter" un compte, comme on débite un tronc ?

Pourquoi est-ce que l'on a une "souche" sur un chéquier ?

souche du chéquier de Charlie chaplin
Souche du chéquier de Charlie chaplin

En anglais, "souche" se dit "Stock".... et donc créer un marché d'échange de souches, c'est le "Stock exchange"... la bourse !

L'actionnaire se dit en anglais: Stockholder, soit le détenteur de la souche !

Stock exchange

Le bâton de comptage a été traité de "chèque en bois" par les tenants de la monnaie métallique.

La "taille" un impôt dont le nom vient du bâton de comptage

Les bâtons de comptage étaient également utilisés pour les impôts.

En Angleterre, il existe encore des bâtons de comptage du 13ème siècle. Souvent le texte était écrit en latin, voir même en hébreux !!

Comme celui-ci:

"De Solomon fils d'Isaac, taille de 20'000 marks" avec le montant inscrit de ‘¾’ et daté de 1293-94.

Le mot "taille" est le nom d'une forme d'impôt direct. (en anglais Tallage) On voit tout de suite que le nom de cet impôt provient du nom du bâton de comptage sur lequel on inscrit le paiement !

Ce bâton de comptage qui montre aussi l'acharnement des rois de l'époque à taxer plus lourdement les juifs..... C'est par ici pour en savoir plus...

La taille était un impôt très impopulaire, car il était arbitraire et les nobles et le clergé en était exemptés !

La malédiction du bâton de comptage sur ceux qui veulent le faire disparaitre

En 1694, un nouveau système arrive. C'est la création de la banque d'Angleterre. C'est une société privée qui va prêter au gouvernement £ 1,25 million. Une partie de cette sommes est prêté en or et une autre partie est enregistrée sur des bâtons de comptage. (A013/1)

Comme le remboursement tarde, ça arrange le gouvernement de ne pas rembourser. Les propriétaires de la banque d'Angleterre acceptent, en échange que la banque centrale reçoive le monopole de titrisation de cette dette en billet de banque. (En 1826 avec le Bank Charter Act)

Ainsi plus besoin de rembourser... et la banque centrale peut émettre des billets, faire tourner la planche à billet...

banque montreux

La rumeur dit que les banquiers aurait commencés à s'attaquer au système des bâtons de comptage, car ils étaient hors du contrôle de leur système bancaire.

Le système des bâtons de comptage était très populaire en Angleterre. Il a commencé avec le règne du roi Henri 1er au XIème siècle.

Les bâtons de comptage étant acceptés comme moyen de paiement pour les impôts royaux. Le système était largement répandu.

En 1834 le poste de "Caissier de l'échiquier" (Teller of the Receipt of the Exchequer) a été supprimé. Marquant ainsi la fin du système de bâton de comptage en Angleterre.

Pour la petite histoire, l'échiquier, c'est un nom qui désigne, dans le duché de Normandie et en Angleterre, une sorte de "chambre des comptes". Le nom vient du fait que les comptables de l'époque utilisaient un plateau avec un damier comme celui d'un jeu d'échec pour aligner des jetons et faire leur comptabilité. C'est un moyen très visuel et pragmatique pour faire des calculs. C'est plus simple que notre manière actuelle d'écrire sur du papier.

Le bureau du caissier supprimé... il a fallu brûler les bâtons de comptage... et là c'est le drame !

En 1834, le fourneau du palais de Westminster débordant de bâtons de comptage a mis le feu au palais entier. Provoquant un des plus grand incendie de Londres. Le peintre Turner en a fait un célèbre tableau.

incendie de Westminster par Turner

Un moyen de paiement low-tech qui assure une résilience à l'effondrement

De nos jours le bâton de comptage a disparu. Mais un jour, il reviendra peut être ?

Par exemple, en cas de coupure prolongée d'électricité, que deviennent nos comptes en banque ? Que deviennent les blockchains ?

Le bâton de comptage lui, ne craint pas le blackout électrique. Il fonctionne toujours. Souviens toi de ça.....

Histoire de la monnaie (et des systèmes économiques) en vidéo

Je me suis lancé dans une série d'épisodes qui racontent l'histoire de la monnaie et des systèmes économiques.

Voici donc le début de cette série qui est publiée en partie sur la chaine youtube d'un copain.... et en partie sur la mienne.

Tu peux t'abonner à la playlist "Histoire de la monnaie" pour voir tous les épisodes dans l'ordre....

Episode 1: histoire de la monnaie et des systèmes économique: la chronologie

Ici je fais une intro pour expliquer de quoi on va parler. Un bref résumé de 5000 ans d'histoire....

Comment est-ce que les humains s'organisent pour vivre en communauté ?

Quelle est l'origine du mot économie ?  D'où vient la monnaie ? à quelle moment ça émerge ?

Episode 2: le don dans une communauté de confiance

Quel est le premier système économique qui émerge quand il n'y a rien ?
Voici une proposition basée sur le travail d'anthropologues et sur les constatations du Jeu de la Monnaie.

Episode 3: origine de la monnaie scripturale

Ici on découvre que contrairement à une idée bien répandue, la monnaie scripturale (donc écrite) est très ancienne. On a pas besoin d'ordinateur, un simple pour de bois suffit pour faire une reconnaissance de dette hautement sécurisée.

On va parler des summériens et de leur tablette d'argile..

Voici également une vidéo que j'ai spécialement conçue pour expliquer le fonctionnement des bâtons de comptage. C'est un système qui a fonctionné pendant des siècles et qui était encore dans le code civil français jusqu'en 2016 comme moyen officiel de comptabilité. Mais il semble qu'il est sorti des mémoires depuis bien longtemps.

En anglais on parle des Tally stick, en allemand de "Tesseln"

Voici encore un article complet à propos des bâtons de comptage, pour bien comprendre ce moyen d'enregistrement de paiement et de contrat très intéressant... mais apparemment complètement oublié !

Episode 4 : origine de la monnaie métallique et ses conséquences

Voici la véritable origine de l'impôt. Non, c'est pas du tout pour financer des infrastructures ni pour redistribuer les richesses. C'est juste une composante fondamentale du système monétaire.....  un système "esclavagiste" sans violence physique qui permet à une élite de vivre sur le dos des autres... à un seigneur de vivre de son seigneuriage.

frapper la monnaie celtes

Episode 5 : les banques centrales

Conséquences de la création de la monnaie (+ impôts) par un seigneur , c'est l'émergence d'une économie de marché. Les gens sont obligés de gagner de la monnaie pour payer leur impôts.

Le seigneur, de son côté va utiliser son pouvoir de seigneuriage issu de la création de monnaie pour acheter de quoi améliorer son armée et élargir son pouvoir sur d'autres malheureux.

Les marchands d'armes sont donc les privilégiés du système. Ils reçoivent beaucoup d'argent. Ainsi eux aussi deviennent puissants.

Au point que la conséquence de la création de la monnaie métallique au profit d'un seigneur, c'est de faire émerger une classe de commerçants qui eux aussi veulent leur part du pouvoir.

C'est ce qui arrivera avec la création des banques centrales.

La banque centrale est l'association entre des riches marchands et l'Etat. Tout en gardant son monopole sur la création de monnaie, sa part du pouvoir, l'Etat donne le monopole de la création d'un autre type de monnaie à une banque centrale. C'est ainsi que les banques centrales obtiennent le droit de "titriser" une dette pour la rendre liquide sous forme de billets de banque.

En complémenta voir aussi la vidéo de Henri Guillemin à propos de la création de la banque de France.

Une banque privée initiée par un groupe de banquiers (notamment le banquier Suisse Jean-Frédéric Perregaux.. Neuchâtelois.. comme moi !). Napoléon acceptera la proposition de la création de cette banque, en deviendra actionnaire et donnera le monopole d'émission de papier monnaie à la banque de France.

BNS Banque Nationale Suisse- Schweizerische Nationalbank.JPG

Episode 6 : les banques commerciales

Essors de l'économie de marché et industrialisation

Avec le temps l'économie de marché se développe bien. Le capitalisme prend son essors. L'industrie grandit elle aussi et demande de plus en plus de capitaux pour créer de grands projets. Pour créer une grosse usine, il faut beaucoup d'argent tout de suite pour pouvoir produire plus tard ce qui permettra de rentabiliser l'investissement. (avec un bénéfice pour les actionnaires qui ont pris le risque de donner de l'argent au début sans savoir si ils allaient vraiment être remboursé.)

Pour avoir des capitaux liquides tout de suite il y a plusieurs méthodes:

  • On peut trouver un gros investisseur qui va nous prêter de quoi démarrer en échange d'une part du gâteau... et très souvent d'un bout du contrôle de l'entreprise.
  • On peut vendre des bouts d'entreprises à beaucoup de monde sous forme d'actions cotées en bourse.
  • On peut demander un crédit à un banquier et lui rembourser une fois la production vendue.

Ainsi la finance se développe sous diverses formes.

Le banquier privé

Au début un banquier n'est qu'une personne qui a beaucoup d'argent et qui le prête pour des projets et demande une commission et/ou une part du bénéfice en retour. Tout comme quand je prête mon vélo, je ne peux pas l'utiliser tant que je l'ai prêté !

C'est ce que font les banquiers privés. Il ne reste en 2019 que 5 banquiers privés en Suisse. (chaque année il y en a moins !!) Ce sont en fait des gestionnaires de fortune.

La banque commerciale

La banque commerciale est très différente du banquier privé. Il y a 248 banques commerciales en Suisse en 2019.

L'activité principale d'une banque commerciale est de faire des crédits. Elle finance l'économie en proposant de la monnaie tout de suite pour un projet particulier. Le débiteur va rendre cette monnaie plus tard avec un montant supplémentaire sous forme d'intérêt pour rémunérer la banque commerciale.

A priori, pour le client, pas de différence avec la banque privée ou la banque commerciale. C'est là une source de confusion très courante. Mais du côté de la banque c'est très différent. En effet, une banque privée prête de l'argent, une banque commerciale fait un crédit.

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Le crédit bancaire est une création monétaire

Une banque commerciale n'a pas besoin d'avoir la monnaie qu'elle va fournir à son client. Une banque commerciale peut créer cette monnaie au moment de la signature du contrat avec son client.

En fait, elle crédite un montant sur le compte du client. Elle crée une reconnaissance de dette de la banque commerciale pour un certain montant. Cette reconnaissance de dette est acceptée comme moyen de payement.

C'est un nouveau type de monnaie. C'est de la monnaie scripturale bancaire. En Suisse le conseil fédéral appelle ce type de monnaie des Substituts monétaires.

Une nouvelle couche de pouvoir s'ajoute

La monnaie issue du crédit bancaire est une nouvelle forme de monnaie qui s'ajouter aux formes précédentes. On a donc aussi une nouvelle classe de personnes qui veulent leur part du pouvoir.

On a plusieurs couches:

  • La monnaie métallique qui est gérée par le seigneur, l'Etat. Garantie par le pouvoir coercitif des armes.
  • Les billets de banque (et la monnaie banque centrale) émis par une banque centrale qui a reçu le monopole sur ce type de monnaie par l'Etat.
  • La monnaie scripturale des banques commerciales. Ce droit de faire des crédits est octroyé à qui se conforme aux lois en la matière faites par l'Etat. Ces lois imposent aux banques commerciales d'avoir une réserve obligatoire. Cette réserve est un pourcentage des crédits octroyés (2.5% en Suisse, 1% dans l'UE et 0% en Angleterre !) que la banque commerciale doit avoir en monnaie banque centrale.
    Ainsi on s'assure que le pouvoir de la banque centrale n'est pas entamé !

Ainsi on voit que la banque commerciale est liée aux systèmes précédents, aux pouvoirs précédents.

Elle doit avoir des réserves dans une monnaie qu'elle ne crée pas elle même sinon ça remettrait en cause le pouvoir des banques centrales !

Le pouvoir de la banque commerciale est supérieur à celui de la banque centrale

... et là c'est pas si clair... Depuis quelques années, la banque centrale d'Angleterre dit que les banques centrales ne contrôle plus vraiment les banques commerciales.

Car la banque centrale ne contrôle pas la demande en crédit !!
Elle ne contrôle pas le principale robinet de création monétaire. Le banquier dans une banque commerciale choisi les projets qui méritent qu'on les finances ou non...  ainsi le banquier actuel a le pouvoir de créer le futur ! Souvient toi bien de ça !

... et finalement c'est la banque centrale qui doit suivre en créant de la monnaie et la "vendre" aux banques commerciales proportionnellement à leur crédits pour qu'elles puissent en mettre dans leur réserve afin de répondre à leurs obligations légales.

Ainsi la banque centrale ne contrôle plus sa masse monétaire. Elle ne fait que réagir en cascade. Elle ne contrôle plus que le taux directeur ce qui limite fortement son action.... tellement que ce taux est même devenu négatif !!.... preuve que ça ne marche plus !

C'est pour ça que des outils non conventionnels tels que le quantitative easying est utilisé pour tenter de sauver le système...

Episode 7 : expériences du 20ème siècle

Dans cet épisode nous nous attarderons sur quelques expériences monétaires du 20ème siècles.

Episode 8 : les Monnaies Locales Complémentaires

A force de voir une économie mondialisée qui ne profite plus qu'aux grosses entreprises multinationales, les partisans des circuits courts et de la promotion de l'économie locale ont inventé des Monnaies Locales Complémentaires dont le but principal est de dynamiser l'économie locale

Ces monnaies sont généralement nanties, (cautionnées, garanties) par leur équivalent en monnaie bancaires sur un compte. Par exemple pour avoir 10 Farinet, je dois donner CHF 10.- . 

Mes Farinet ne sont valables que dans quelques commerces en Valais.

On voit très bien que ce mécanisme bride totalement les Monnaies Locales Complémentaires. Elles sont totalement liées au pouvoir des banques commerciales et leur donnent encore plus de pouvoir quand on mets le nantissement sur un compte en banque !

La loi Française oblige à faire du nantissement sur un compte en banque et de ne pas y toucher.
La loi Suisse.. est floue... la FINMA est en train de voir que faire des MLC...

La Banco Palmas a intelligemment utilisé le fait qu'on double la masse monétaire (nantissement + monnaie locale en circulation), pour construire une école en dynamisant une économie locale et en gardant une grande partie du don qui a été fait pour ce projet.....

L'outils de création monétaire est puissant quand on ne l'entrave pas !!

Voici un article que j'ai écrit à propos du cadre légal encore très flou des Monnaie Locale Complémentaire Suisse... (comme le Farinet et le Léman par exemple...)

farinet

Episode 9 : les Cryptomonnaies

.... Avec la création du bitcoin juste après la crise des subprimes et la grande crise financière de 2008, on voit un nouveau tournant de l'histoire de la monnaie qui arrive.

Suite à la cascade de pouvoirs qu'on a étudiée ci-dessus, Etat, banque centrale, banque commerciale, finance...   Voilà qu'il y a un nouveau moyen de payement qui arrive totalement hors des pouvoirs en place. La gouvernance est décentralisée.

Les Etats sont parfois bien en peine pour contrôler d'abord le bitcoin, puis toutes les cryptomonnaies qui se créent sur des variations du concept de blockchain.

Le bitcoin a connu plusieurs fois des bulles spéculatives

En complément voici aussi un article où je décris plus précisément le fonctionne dit décentralisé du bitcoin... Il n'est pas en fait totalement décentralisé. Si on parle de LA blockchain, c'est qu'il n'y en a qu'une... donc on est dans un système centralisé !

Par contre la gouvernance du bitcoin est décentralisée...

Episode 10 : la Théorie Relative de la Monnaie

Partant du postulat que la monnaie est un outil de mesure totalement imparfait, Stéphane Laborde, (Galuel) a voulu créé un étalon de mesure qui reste identique dans l'espace et dans le temps. Il décrit son idée dans sa Théorie Relative de la Monnaie.

En pratique, pour réaliser cet étalon de mesure invariant, Stéphane Laborde propose de distribuer à tous un Dividende Universel, ce qui permet d'être tous co-créateur de la monnaie. Ainsi on réalise l'égalité spatiale. Peu importe où l'on se trouve on peut avoir de la monnaie. Il n'est plus nécessaire d'être là où sont les banques et surtout d'avoir un projet qui plait au banquier !

L'égalité temporelle est plus subtile. Il faut déjà comprendre que suivant la génération à laquelle on se trouve on n'est pas tous égaux. Ainsi pendant les 30 glorieuses il n'y avait pas de dettes publiques. Puis les Etats se sont endettés en disposant immédiatement de monnaie à payer par les générations futures. Ainsi une personne qui nait maintenant est défavorisée par rapport à une personne qui naissait il y a 50 ans.

L'idée est donc d'effectuer une sorte de fonte de la monnaie avec le temps.

Ceci est réalisé en augmentant perpétuellement le DU distribué. Ainsi les nouveaux arrivant se rattrapent sur les anciens et peuvent commercer à égalité.

Critique de la Ğ1 (et de la TRM)

Je trouve très intéressant cette idée. Mais elle n'est pour moi pas parfaite. Pour moi c'est surtout l'intention de base qui est étonnante.

En quoi la monnaie n'est qu'une unité de mesure ? Elle a certainement aussi d'autres fonctions. Comme la réserve de valeur. Bon finalement c'est pas bien grave vu qu'avec un DU quotient on a toujours de quoi vivre. Mais comment fait-on pour investir massivement, comme pour la création d'une industrie ?

La réponse des partisans de la TRM c'est l'investissement par cotisation et non par crédit... C'est ne dépenser que ce qu'on a... donc pas de crédit. C'est un point de vue politique. Mais il faut dire que le crédit est bien utile parfois (même avec toutes les dérives de qui empoche le bénéfice...) ... C'est bien de pouvoir avoir une hypothèque de vivre dans sa maison avant d'avoir 70 ans ....

Un autre point est lié au choix de l'invariant. Stéphane Laborde a proposé l'espérance de vie comme invariant entre les humains. Statistiquement c'est juste. Ainsi il calibre le DU et la fonte sur cet invariant.

DU = c * Masse monétaire / NB utilisateurs.
c = ln(ev/2) / (ev/2) ≈ 10% (par an)

(ev = espérance de vie)

(le symbole C est utilisé en référence à la Célérité de la lumière l'invariant utilisé dans la théorie de le Relativité d'Einstein.)

Mais par contre je ne vois pas pourquoi on aurait pas pu prendre un autre invariant ? L'auteur semble ne pas vouloir entrer en matière sur une autre manière de voir les choses ! Pour lui il n'y a toujours qu'UN seul et unique invariant.
Statistiquement le poids d'un humain est aussi un invariant entre humain ? comme sa taille ? ... non ? ...  Si on veut un invariant lié au temps comme l'est l'espérance de vie on peut imaginer le temps de scolarité ou la période de fertilité d'une femme. (à zut.. c'est pas pareil homme ou femme...  ah ben l'espérance de vie non plus d'ailleurs !!)

Bon, c'est pas si grave, je trouve tout à fait bien vu le fait qu'une dette soit annulée dans un temps qui correspond à la moitié de l'espérance de vie. Ça rejoint la notion de jubilé biblique (levitique 25.8-22): on annule toute dette tous les 7x7 ans.

Par contre là où je trouve très louche la manière dont sont fait les paramètres, c'est que le montant du DU dépend aussi de l'espérance de vie, mais aussi du nombre de personne co-créatrice de monnaie. Je trouve ça très lourd à gérer.

En fait si on regarde bien, la toile de confiance sert surtout à limiter les variations rapides d'entrée dans le réseaux comme co-créateur de monnaie. Car si les entrées étaient massives, si l'adoption de cette monnaie était réellement possible globalement, alors le DU serait diminué et l'instabilité ferait de ce système un système pas très gèrable !

Ainsi en passant de la théorie à la pratique, de la TRM à la Ğ1, le problème est apparu et il a fallu changer la formule de calcul du DU... Ceci afin de minimiser l'effet de la masse monétaire et du nombre de personnes déjà présent. Une approximation du second degré à été fait d'une exponentielle...

DUĞ = DU(t+1) = DU(t) + c² M(t)/N(t)

L'astuce de remplacer la multiplication dans la formule du DU par une addition est également lié à un problème de démarrage du système.

Car avec un DU = 10% * masse monétaire / nb utilisateurs
= 10% * 0 = 0 → on ne démarre pas ! 

Avec l'approche par une formule approchée du second degré on résout le soucis:

DU(t+1) = DU(t) + c² M(t)/N(t)
... enfin... pour autant d'avoir une masse monétaire au démarrage !!

En ce qui concerne la monnaie Ğ1 ses paramètres sont encore différent de la théorie. La licence de la Ğ1 nous explique à propos du DU quotidien:

Le montant en Ğ1 du DU est identique chaque jour jusqu'au prochain équinoxe où le DU sera alors réévalué selon la formule (avec 1 jour = 86 400 secondes) :

DUjour(équinoxe suivant) = DUjour(équinoxe) + c² (M/N)(équinoxe) / (182,625 jours)

Avec comme paramètres :
c = 4,88% / équinoxe
DU(0) = 10,00 Ğ1

Donc en effet, pour que le système démarre, il faut des membres (les 59 fondateurs.) et il faut une masse monétaire initiale !! ... un crédit !! Sinon ça vient d'où ces 10 Ğ1  ? .... création ex-nihilo !

Cachez ce crédit que je ne saurai voir !!!

C'est une bidouille de démarrage, on va rétorquer que ça n'est pas grave du tout... (ce qui est vrai... après quelques jours cette différence est amortie.)

Moi je trouve que c'est une preuve que la théorie est boiteuse !!!

C'est pour cette raison que je préfère nettement l'approche du Système Monétaire Equilibré qui part de l'intention de créer non pas UNE monnaie, mais un protocole pour bien comprendre les référentiels utilisés entre des nombreuses monnaies et tenter de trouver des équivalences juste pour échanger.

Avec cette théorie on peut comprendre là où la TRM est boiteuses et pourquoi elle ne peut pas démarrer.

Pour construire un référentiel monétaire qui marche, dans le cadre sur SME, dans un cas extrême chacun utilise sa propre monnaie, dont l'échelle est calibrée sur ce qui est nécessaire à la personne pour vivre.

Ainsi on a là un système qui permet de vivre dans tous les cas. Ce que la G1 ne garanti pas...  (Je me fiche bien d'avoir un thermomètre qui fonctionne partout si mon but n'est pas de mesurer la température, mais d'avoir de quoi mettre mes bières au frais !)

Le SME sera l'objet de mon prochain épisode... d'ici là rejoint la G1 ça vaut la peine d'expérimenter. (Moi je ne me permet jamais de critiquer sans expérimenter !)

Pour rejoindre la monnaie libre Ğ1

Quelques stats sur la Ğ1 via le soft Duniter...

Une bonne explication du fonctionnement de Duniter et de sa blockchain avec des noeuds identifiés qui fournissent une preuve par le travail adaptative et donc limitent la consommation d'énergie (contrairement au bicoin)

Un tuto pour créer son compte et devenir co-créateur de monnaie Ğ1...
Mais attention, il te faudra te faire certifier par au moins 5 amis déjà dans la toile de confiance de la Ğ1 pour recevoir ton DU quotidien. (sinon ce sera un simple compte)

Tu peux regarder sur la carte si il y a des membres dans ta région et les contacter pour te faire certifier. (il y a de nombreux apéro monnaie libre dans ce but)

Si tu veux faire du commerce, il y a une place de marché par ici... 

Episode 11 : le Système Monétaire Equilibré

Le SME, soit Système Monétaire Equilibré, ou encore Système de Mesures Equilibré est avant tout une théorie qui permet de comprendre les différents paramètres et référentiels utilisés pour décrire des Systèmes économiques (Système monétaire au sens large).

Puis en ayant conscience des paramètres et référentiels possibles, une personne peut savoir si elle se fait arnaquer dans un échange ou non.

Cette théorie peut servir de base à la création d'un système monétaire plus juste. J'ai d'ailleurs lancé une nouvelle monnaie basée sur ce principe, le Kong ... une monnaie de singe 🐵 !

Les paramètres de base d'un référentiel

Un référentiel complet est défini par les paramètres suivants:

  • où se trouve l’origine. (le 0, la référence par rapport à quoi on mesure, aussi la Valeur du Point d'Equilibre.)
  • le niveau du revenu de base. (qui donne l’échelle quantitative à tout le système, et le sens de lecture + ou -) C'est la transcription d'une valeur physique réelle en une échelle mathématique. (ex: le °Celsius est une division en 100 parties de la différence de température entre l'eau solide et gazeuse).
  • le facteur de zoom qui est en fait 2 variables: le Taux de Retour à l’Equilibre par unité de temps choisie. (la période en général le mois, vu que c'est une grandeur souvent utilisée en comptabilités... salaires, factures, etc...)

Un système monétaire juste

Dans une idée de tenter de créer un système monétaire qui semble juste en regard de tout ce qui s'est dit plus haute on peut inclure les règles suivantes:

  • Chaque personne est libre de choisir son système monétaire (c'est en fait la loi 0 de la TRM!)
  • Chaque personne a droit à un potentiel de création monétaire. (représenté suivant les référentiels comme une quantité de jetons ou une limite de consommation à crédit) → Ceci a pour conséquence que ce sont les individus qui créent la "monnaie" en utilisant leur potentiel.
  • Le système est stabilisé, équilibré dans le temps par une fonte régulière du solde. (solde positif ou négatif, donc avoir et dette fondent) → C'est l'idée d'équité temporelle entre génération. Mais aussi  la notion de jubilé biblique (levitique 25.8-22): on annule toute dette tous les 7×7 ans. C'est l'entropie qui stabilise les systèmes physiques. (Taux de Retour à l'Equilibre par unité de temps)
  • Chaque personne dispose dans tous les cas d'un potentiel de consommation lui permettant de vivre. Elle décide elle même du niveau de ce potentiel. (C'est un Revenu de Base Inconditionnel dont le montant est choisi par la personne elle même. On parle aussi de AVLDI (Avance Valeur Limite Déséquilibre en Importation ))
  • Les paramètres du référentiel utilisé pour décrire une valeur économique doivent être transparents. (Pour qu'un transfert économique soit fait manière juste, il est nécessaire de savoir dans quel référentiel la valeur est exprimée. Donc aucune variables ne doit être cachée... c'est valable pour l'affichage des prix..)

Des règles précédentes, ont peut déduire une relation qui va faire le lien entre les différentes grandeurs. Ceci permettra de déterminer le potentiel de création monétaire (Aussi appelé, limite de consommation à crédit ou VLDI: Valeur Limite de Déséquilibre en Importation) dont chaque personne dispose en fonction des paramètres du référentiel qu'elle aura choisi.

Le limite consommation à crédit maximale =  le Revenu de Base Inconditionnel * (1/ Taux de Retour à l’Equilibre) +  le Revenu de Base Inconditionnel.

Voilà, on a la base pour décrire un référentiel d'un Système Monétaire Equilibré.

Vérification des paramètres du référentiel pour éliminer les abuseurs et détermination de l'étalon Revenu de Base Inconditionnel

Ainsi une personne qui vérifie la transaction peut demander les paramètres pour s’assurer que la limite de consommation à crédit n’est pas dépassée dans le cas d'un achat. C'est un moyen de se débarrasser des abuseurs. 

Il est largement reconnu que certaines personnes ne sont pas capables de contribuer économiquement suffisamment pour avoir de quoi vivre. (vieux, malades, enfants, etc..) Ainsi chacun peut toujours bénéficier de son Revenu de Base Inconditionnel pour pouvoir vivre sans être considéré comme un abuseur du système.

Le Revenu de Base Inconditionnel, ou plutôt "ce qui m'est nécessaire pour vivre" est considéré comme étant l'échelle de base, l'étalon de valeur de tout ce système économique juste.

L'idée là derrière est de garantir à chaque personne de pouvoir vivre. Il ne doit plus être nécessaire de "gagner sa vie", on l'a déjà. Statistiquement les besoins de base de tous les humains sont les mêmes. (On peut se référer par exemple aux 14 besoins fondamentaux selon Virginia Henderson)

C'est donc un invariant, de la même manière que dans la TRM Galuel considère que l'espérance de vie est un invariant entre les humains.

Convergence de l'Etalon Revenu de Base Inconditionnel dans une même zone économique

Il peut paraitre étrange d'avoir chacun la possibilité de choisir le niveau de son Revenu de Base Inconditionnel, mais c'est la seule et unique manière de garantir que ce soit juste et de tenir compte de l'infini des possibilités des cas particuliers tout en évitant un contrôle administratif. Ceci va avec la philosophie derrière le Revenu de Base Inconditionnel qui part du principe que l'on peut faire confiance à ses semblables et à soi même !

Grâce à la transparence des paramètres et à l'intelligence collective les abuseurs seront très vite démasqués et ne pourrons plus commercer (ou seulement avec les autres margoulins...)

Dans le cas extrême, chaque personne peut utiliser un Revenu de Base Inconditionnel différent pour étalonner son propre référentiel. De fait elle crée sa propre monnaie et on a ainsi potentiellement 8 milliards de monnaies différentes utilisables !

Evidemment que c'est très lourd et pas très pratique à utiliser quand à chaque transaction il faut calculer les équivalences entre référentiels. (comme un français habitué à l'euro qui va évaluer un prix en $ sur un site web... ou qui va faire du shopping à Londres et voit des prix en £... ou va faire du ski en Suisse en payant en CHF...)

On se rend bien compte que c'est pas gérable à l'échelle individuelle. Quoique, avec le fait que tout le monde a un smartphone dans la poche qui fait le boulot et/ou que son navigateur web inclue un convertisseur automatique sur les shop en ligne, c'est pas une grosse difficulté.

Mais on peut imaginer une sorte de convergence par région du Revenu de Base Inconditionnel. Ainsi les gens qui commercent entre eux localement (ce qui est le plus courant pour les besoins de base) ont la même échelle de valeur.

En fait la différence existe déjà actuellement, mais elle est cachée !! En utilisant des monnaies uniques sur des larges surfaces on fausse les réels changement de référentiels. Il est indéniable qu'un euro n'a pas la même valeur partout dans la zone euro. Il a un pouvoir d'achat très différent si l'on est en Roumanie, ou en Allemagne !

Personnellement, j'aime bien observer le prix du pain au chocolat en boulangerie. C'est mon indice BigMac à moi... :p

Je vois qu'en Suisse le prix du pain au chocolat à la gare de Genève est à CHF 3.20 alors qu'on le trouve à Neuchâtel à la Migros pour CHF 1.40.

En traversant à vélo la France (d'est en ouest), j'ai vu que le prix du Pain au chocolat varie entre € 0.89 et € 1.20.

En Angleterre, je l'ai trouvé généralement autour de 1£.

Ces variations de pouvoir d'achat à l'intérieur d'un même pays montrent qu'il y a plusieurs zones économiques distinctes.

Le fait de choisir soi même "ce qui m'est nécessaire pour vivre" permet une adaptation facile à chaque zone économique et aux particularités personnelles. On va certainement tendre vers un gradient de variation de niveau de Revenu de Base Inconditionnel comme on observe un gradient des prix de l'immobilier.

Les deux sont d'ailleurs très fortement corrélé, étant donné que le logement est souvent une part importante du budget de "ce qui m'est nécessaire pour vivre".

Exemple de paramétrage d'un référentiel de Système Monétaire Equilibré

Voici un exemple de paramètres:

  • origine = 0
  • montant du Revenu de Base Inconditionnel = 100
    (c’est la quantité de monnaie que je juge avoir besoin dans la période donnée. Ça peut être très arbitraire et je devrais tout le temps convertir dans un autre référentiel ou alors aligné sur les gens de ma région qui ont les mêmes besoins ce qui facilite les échanges en diminuant les calculs de changement de référentiel à faire.)
  • Taux de Retour à l’Equilibre = 10% / mois

Limite de consommation à crédit = 100 *  1/ (10/100)  + 100
= 10 * 100 + 100 = 1100

J'ai un potentiel de consommation de 1100. C'est ce que je peux dépenser là maintenant tout de suite. (en fait 1000 de potentiel de création monétaire + 100 de Revenu de Base Inconditionnel)

Si je dépense tout ça je n'ai plus rien. Si j'attend une période. (ici 1 mois) alors je recevrai à nouveau mon Revenu de Base Inconditionnel (100) et ceci pour chaque période.

Le rôle de la fonte du solde dans le SME

Dans l'exemple ci-dessus, la création du Revenu de Base Inconditionnel à chaque période est du à la "magie" de la fonte du solde en direction du point d'équilibre, du 0. C'est ce qui stabilise le système et évite les crises.

C'est l'équivalent de l'entropie dans les systèmes physique. C'est le ressort qui referme une porte ouverte pour la remettre dans un état stable.

Dans le système bancaire des banques commerciales, lorsque l'on prend un crédit, il y a un des intérêts qui doivent être remboursés. Ces intérêts sont l'équivalent de la fonte du SME, mais dans un autre référentiel. On retrouve le même genre de paramètres, il y a une exponentielle. L'intérêt utilise une exponentielle croissante ce qui rend très riche le banquier et assure l'endettement perpétuel des collectivités publiques.

Les crises sont souvent le fait d'exponentielles qui créent des bulles et qui éclatent car elle ne sont plus en corrélation avec le monde physique réel.

Ainsi pour stabiliser un système monétaire. Il faut supprimer ces exponentielles croissantes.

Cette exponentielle est décroissante dans le cas du SME, c'est à dire que le ressort va tirer la porte vers le point d'équilibre. (l'origine du référentiel) Mon ressort va être très fort si la porte est très ouverte, mais plus ma porte sera proche du point d'équilibre, plus la force de mon ressort sera faible. (donc on en fait pas claquer la porte!)

On retrouve fréquemment ce genre de comportement de formule: y = 1/x (1-e^-x) dans  des phénomènes physiques. Par exemple dans la décharge du condensateur en électronique.

Pour un condensateur on considère qu'il passe d’un état transitoire à un état stable en 5 constantes de temps RC, ici on considère que toute dette est annulée dans un temps de 5/TRE. (à 99.3%) Ceci dans l’unité choisie. (le mois par exemple)

Ex: un TRE de 1/100 par mois va nous donner: 5/ (1/100) = 5*100 = 500 mois.  41 ans et 8 mois.

Il est intéressant de voir ici un ordre de grandeur qui est proche des 7x7 ans du jubilé biblique !

Mais c'est encore plus étonnant de voir que l'on retombe aussi sur la moitié de l'espérance de vie en Suisse !! (exactement 41 ans et 8 mois !)

On rejoint ici la TRM qui nous propose aussi l'espérance de vie comme étalon. En ce qui concerne le temps j'adhère totalement. une fonte de 1% mensuel me semble tout à fait un bon ordre de grandeur. Moi c'est surtout le fait que selon la TRM, l'espérance de vie détermine l'échelle de valeur !! Là je trouve ça stupide.

Les banquiers empochent notre revenu de base !

Donc on voit ici que selon la manière dont sont utilisés les paramètres d'un référentiel on a des résultats très différents. Si l'on fait un gros raccourcis, on peut dire que les banquiers en créant de la monnaie de façon centralisée et en empochant les intérêts du crédit bancaires, en fait empochent notre revenu de base inconditionnel !

Pour tout ceux qui se posent la question du financement du Revenu de Base Inconditionnel et bien le SME me semble la meilleure solution !

La stabilisation du SME par une fonte (une oxydation) régulière du solde est faite de façon symétrique.

Il y a un solde qui peut être un avoir ou une dette suivant où il se trouve par rapport à l'origine, en positif ou en négatif.

La fonte de la dette permet de créer un Revenu de Base Inconditionnel. On voit que tout le monde le touche. Mais il n'est pas du même montant suivant la distance à laquelle on se trouve du point d'équilibre. (de l'origine, le 0)

Ainsi on ne donne pas un Revenu de Base Inconditionnel aux riches pour les enrichir encore plus... même si tout le monde y a droit.... c'est ce qui a parfois été reproché à cette idée.

La fonte des avoirs ne nous est pas tout à fait habituelle non plus. Pourtant elle dynamise les échange économiques comme on l'a vu ci dessus avec Silvio Gessel.

La fonte est tout à fait soutenable, avec des valeurs comme celle de 1% / mois on est dans quelques chose de similaire à nos jours. Même si les banques centrales disent qu'il n'y a pas d'inflation et qu'elle stabilisent très bien les prix. Est-ce que tu as déjà vu la taille des paquets de nourriture et des bouteilles.... Oui le prix est stable, mais la quantité a diminuée !!!

.. et on ne reçoit pas notre Revenu de Base Inconditionnel en échange de cette fonte !

Comment investir avec un système à SME

Comme j'ai critiqué ci-dessus la manière d'investir proposée par la TRM. Je me dois de donner quelques explications aussi pour le SME.

L'auteur de la TRM semble totalement opposé au crédit et, à l'image d'Adam Smith n'hésite par à réécrire l'histoire pour justifier sa théorie. (Adam Smith a inventé la fable du troc et Galuel a refusé de corriger les erreurs historique de son livre de la TRM que je lui proposais, car: "ça ne sert pas ce que je veux démontrer")

Ainsi Galuel a une vision très "jeton valeur" de la monnaie. Toute écriture comptable du style faites sur tablette d'argile par les sumériens n'entre pas dans sa conscience. (c'était l'objet de nos discussions. Ainsi il occulte la moitié de l'histoire des systèmes économique dans son historique !!)

Ceci explique pas mal de chose. Notamment le choix du référentiel par défaut de la G1 pour ne voir que du positif et mettre la limite de consommation à crédit à 0. Là c'est n'est que de l'affichage donc libre de le faire. Mais ça explique aussi la bidouille de créé ex-nihilo 10G1 pour lancer le système !!

Donc évidemment en terme d'investissement, comme dit plus haut, avec la G1, il n'est possible d'investissement par cotisation et pas par le crédit.

En revanche, avec le SME. Chaque personne a un potentiel. Il est défini par la relation:

Le limite consommation à crédit maximale =  le Revenu de Base Inconditionnel * (1/ Taux de Retour à l’Equilibre) +  le Revenu de Base Inconditionnel.

On voit ici que la limite est à disposition. On ne nous impose pas le rythme de son utilisation. C'est un potentiel.

Il est possible de dépenser rapidement un gros montant. C'est une responsabilité personnelle. C'est un risque pour un flambeur. Mais c'est une énorme opportunité pour une personne qui va investir dans un système physiquement rentable.

Actuellement, tout le problème de la transition écologique est lié au fait que les gens n'ont pas les liquidités pour payer 30 ans d'énergie d'un coup. Ils préfèrent donc acheter du pétrole au compte goutte régulièrement pour se déplacer, se chauffer et s'éclairer...

On pourrait installer maintenant des panneaux solaires, thermiques et photovoltaïques et voyager, se chauffer et s'éclairer gratuitement pendant des décennies...

Pourquoi on préfère vivre au jour le jour ? C'est principalement du aux fait que pour avoir des liquidité, il faut être riches... ou avoir accès à un crédit, ce qui n'est pas évident... Si on a accès à un crédit, le risque est que les intérêts à payer bouffent tout le bénéfice financier de l'installation et fait qu'il est moins cher de ne rien changer de financer les pétroliers tous les jours ce qui engendre des problèmes écologiques et des guerres de prédation du pétrole...

Avec un potentiel de création monétaire qui est donné à chaque personne. On peut avoir les moyens d'investir dans son autonomie énergétique.

C'est dans ce genre de cas et dans plein d'autres cas de type industriel qu'il est toujours intéressant de disposer maintenant de quoi investir qui sera payé plus tard.

La monnaie libre de type G1 me semble très limitée pour ce genre de cas.

La monnaie bancaire actuelle est très chère à cause des intérêts et le banquier a trop de pouvoir. C'est lui qui décide du futur par son choix d'attribuer un crédit ou non.  Les multinationales qui ont compris ce pouvoir ont créé des banques et s'accordent ainsi des crédits illimités par des roulements des crédits.

L'industrie lourde, comme les raffineries sont également dépendantes de roulements de crédits de plusieurs millards. J'ai deux exemples dans ma régions de raffineries qui ont fait faillite à cause du refus d'une banque de renouveler des roulements de crédits.

Le SME permet une répartition du pouvoir dans la création monétaire. Le SME contient en lui un potentiel de création monétaire pour chacun, mais aussi une limite. Ainsi il ne peut y avoir d'abuseur du système qui se prêtera à lui même...  Comme l'a fait le Crédit Suisse en 2008 en se prêtant CHF 10 milliards pour éviter la faillite...

On est dans un système.... équilibré !

Comment faire pour investir dans des très gros projets ?

Quand on parle d'investir dans une installation photovoltaïque pour sa maison, on est dans quelques chose à échelle humaine ou d'une famille.

Mais quand on doit investir dans des infrastructures plus grosses, comme un réseau ferroviaire ou des hôpitaux. Là on va faire de la mutualisation de potentiel de création monétaire.

C'est à l'image d'un crowfunding actuel. (mais avec les moyens d'investir !) On vote pour les projets qui le méritent en donnant un bout de son potentiel de création monétaire.

On serait ainsi véritablement dans une démocratie directe. Pas besoin d'intermédiaire, de parlement pour ça.

De nos jours, il y a en Suisse des votations tous les 3 mois. Il arrive parfois que des votations engagent des milliards. Par exemple la votation sur le tunnel du Gotthard. Si l'on vote oui à la création de ce tunnel... c'est un crédit de plusieurs milliards qui sera contracté. Actuellement il passe par le système bancaire.

Mais on peut imaginer qu'une telle infrastructure soit financée par chaque individu qui le veut bien.

Quid des impôts ?

En ce qui concerne un impôt. On l'a vu ci-dessus, c'est un système qui est intrinsèquement lié à l'imposition d'un système monétaire en particulier. C'est pour créer la boucle de demande en monnaie qui va proposer une offre sur des marchés. C'est une manière de créer une économie de marché.

Avec un SME, il est philosophiquement interdit d'imposer un système monétaire à une personne !!

Ainsi dans ce cas, pas d'impôt. Mais si ça devait se faire. On peut imaginer que la part obligatoire doit être inclue dans "ce qui est nécessaire pour vivre". Donc dans le Revenu de Base Inconditionnel, la valeur étalon qui calibre le système. Ainsi on s'assure qu'elle est payée... et sans heurt pour la personne. (qui se voit quand même contrainte de payer un impôt)

Ça peut être un système de transition vers une société totalement responsable et démocratique.

On nous a donné la possibilité de voter, la démocratie semi-directe. Mais on ne nous a pas donné la démocratie économique. Les moyens d'exercer cette démocratie de droit.

Il est temps de le faire de nos jours.

C'est pour ça que j'ai lancé le Kong, une monnaie de singe. Une "monnaie" basée sur le principe du SME. C'est une monnaie lowtech sur papier. Chaque personne a un carnet et l'utilise pour ses transactions. C'est simple et efficace. Pour expérimenter le Kong, c'est par ici....

Des lectures supplémentaires à propos du Système Monétaire Equilibré

Voici un article plus complet qui décrit ce qu'est le Système Monétaire Equilibré.

Réflexion pour l'implémentation d'un système monétaire équilibré totalement décentralisé....

Simulation du Système Monétaire Equilibré

Afin de mieux comprendre ce qu’est le Système Monétaire Equilibré, voici 2 résultats de simulation de transferts économiques réalisés avec un tel système.

Voici:

système monétaire équilibré

On observe que les échanges sont stables sur le long terme. On observe que les grandeurs sont équilibrées, d'où le nom. (la différence entre riches et pauvres est faible, face à la monnaie... mais pas face aux richesses non monétaires.)

A bientôt pour la suite.....

Petite chronologie sur l'histoire de la monnaie et des systèmes économiques

Et pour aller plus loin, il y a des milliers d'informations à propos de la monnaie sur les liens des références du livre "La monnaie ce que l'on ignore".... de Denis LaPlume.

Voir aussi la chronologie des banques....

Pacifier ta relation à l’argent pour changer le monde

Sur ce site je parle beaucoup de monnaie, de système monétaire, de structures collectives liées à la notion d'argent. Aujourd'hui on va voir tout ceci sous un angle différent.

Aujourd'hui je vais compléter l'article sur ton rapport personnel à l'argent pour montrer comment des croyances personnelles peuvent faire émerger des systèmes économiques.

De plus nous verrons comment pacifier sa relation personnelle avec l'argent.

Je dis souvent que la monnaie est une structure du monde. Et bien souvent je dis que c'est une structure de pouvoir d'une poignée sur un grand nombre. Une transformation d'un système d'esclavage vers un autre.

Cette petite vidéo humoristique le montre bien.... 😛

Mais d'où vient une structure collective ? Ne serait-ce pas l'agrégation de nombreuse structures individuelles dans lesquelles chacun joue son rôle ?

La structures oblige les individus à jouer un rôle

Il y a plusieurs avis sur le sujet. Nous avons par exemple les structuralistes. Frédéric Lordon en est un. Il pense que le capitalisme est une structure qui agit sur les individus par affect et désir. Il pense que les individus dans cette structure n'ont pas de libre arbitre. Ils sont conditionnés par cette structure.

Voici une vidéo dans laquelle il évoque ceci.
(Je trouve qu'il dit des choses finalement simples mais d'une manière terriblement compliquées !!)

Petite digression par rapport aux structures d'organisation

Un autre sujet qui me passionne, c'est les structures des organisations, il n'y a pas que les structures monétaires dans la vie !

Lordon parle dans cette vidéo, de la gouvernance en holacratie. Il dit que ça ne fonctionne que par beau temps: "Allez voir quand les actionnaires ne sont plus d'accord... tout ce management s'effondre"

Effectivement il soulève un point très intéressant qui est souvent négligé, mais il jette le bébé avec l'eau du bain.

Fédéric Laoux le dit très bien dans son livre "Reinventing organizations", si l'on veut appliquer une gouvernance partagée, une gouvernance de type Opale. Il est nécessaire que le(s) propriétaire(s) soient en accord avec ce fonctionnement.

livre reinventing organization frédéric laloux

Lordon a une vision du monde de lutte de classe. Donc évidemment ça ne l'arrange pas quand on peut sortir de la lutte !

C'est le grand combat entre les deux visions du monde, réformer de l'intérieur ou faire la révolution....   et personnellement je trouve plus intéressant la troisième voie: construire à côté.

Le cas de Buurtzorg, entreprise de soins à domicile aux Pays-Bas est passionnant. Ce cas montre qu'en très peu de temps, en construisant à côté une entreprise qui correspond à ses valeurs et aux valeurs des acteurs du domaines (les soignants et les soignés) et bien on peut bouffer la majorité du marché. Les soignants préfèrent venir travailler dans un meilleur cadre et les soignés demandent à travailler avec Buurtzorg plutôt qu'avec les autres.

Le Jeu de la Monnaie pour comparer l'effet de quatre systèmes économiques

Régulièrement, j'organise des "Jeu de la Monnaie".

Le Jeu de la Monnaie, c'est 4 petits jeux d'une dizaine de minutes qui nous permettent de simuler 4 systèmes économiques, afin d'observer leur influence sur les individus.

Le fil rouge entre les quatre jeux, c'est la possibilité de construire des maisons. ?
Les maisons sont symbolisées par 4 murs, 4 cartes à jouer de la même hauteur. ♠️♥️♣️♦️
Les règles sont simples, mais ce qui en émerge peut devenir très complexe.

Petit aperçu en vidéo du déroulement d'un jeu de la monnaie...

Donc c'est toujours la même idée là derrière: les structures conditionnent les individus. Si on change la structure, on change tout!

Et effectivement, je constate que les 4 jeux sont très différents. Je vois que le vol, la mendicité, les grosses multinationales qui s'accaparent les ressources n'émergent que dans un des jeux....  devine lequel !

Le libre arbitre existe

Mais malgré tout, il y a des différences entre les parties et la seule chose qui change. Ce sont les joueurs. Ainsi je tends à penser que le libre arbitre existe toujours, contrairement à ce que pense Lordon.

Le premier jeu du Jeu de la Monnaie n'a pas vraiment de structure. Ainsi c'est le jeu dans lequel on voit le plus de différences d'une partie à l'autre. C'est là qu'on observe le mieux le libre arbitre des joueurs.

Certains sont dans la peur et le manque.... et d'autres sont dans la joie et le don....

Mais pourquoi une telle différence entre individus ?

Les croyances autour de l'argent

Dans mon article précédent je t'ai questionné sur ta relation personnelle à l'argent. Si tu n'as pas lu cet article je t'invite à le faire. Je ne ferai ici qu'un bref résumé.

Pour comprendre pourquoi des individus agissent différemment dans la même situation, il est intéressant d'observer les croyances liées à l'argent. Christian Junod le fait bien.

Bien, qu'il soit banquier à la base, Christian Junod dit qu'il n'est pas un spécialiste de la monnaie, de sa création de son origine etc...

Par contre il dit qu'il est un spécialiste de "la relation à l'argent".

Dans les différentes croyances associées à l'argent, il y a des gens pour qui l'argent est du pouvoir, de la liberté, de l'indépendance, de l'autonomie, voir le bonheur. Il y en a pour qui c'est de la sécurité. Il y a des gens pour qui l'argent c'est mal !.. ça brûle les doigts... ça crée des conflits...   Il n'y a qu'à voir les familles qui se déchirent pour des héritages... L'argent c'est sale, ça crée l'injustice.

A partir de ces croyances, il y a des gens qui sont capables d'attirer de l'argent et d'autres qui se sabotent au dernier moment pour ne pas en recevoir. Plus étonnant encore, il semble que c'est parfois en lien avec des croyances familiales et pas que personnelles. Ces croyances sont souvent inconscientes !

Il y a des comportements comme celui que Christian Junod décrit à propos de ce qu'il faisait lui-même, placer sa sécurité dans l'argent. Ainsi, il y a même des gens qui sont multi-millionnaires (ou plus) qui ont toujours besoin d'accumuler, qui sont pingres, car ils n'osent pas toucher à leur sécurité. Il faut toujours plus d'argent. Oui... même en étant millionnaire on peut être dans la peur du manque.

Christian Junod s'est donné pour mission d'aider les gens à pacifier leur relation avec l'argent. Il organise (organisait... il semble qu'il veut changer de formule) des ateliers pour comprendre sa relation à l'argent et la pacifier. Il a également écrit des livres comme "Ce que l'argent dit de vous".

D'où viennent les structures collectives ?

Les structuralistes pensent que la structure va mettre les individus dans une situation où il n'ont plus de libre arbitre. Ils n'ont plus que pour choix de choisir un rôle que la structure offre. D'une manière générale on voit souvent émerger le triangle de Karpman, soit le triangle des relations entre les rôles de bourreau, victime et sauveur.

J'observe qu'effectivement la structure est très forte pour conditionner les individus. Mais d'où vient la structure comment se met-elle en place? Comment et de où est-ce qu'elle émerge ?

J'ai l'impression que les structures collectives ne sont que le reflet de la vision du monde des individus. Plus spécialement les structures sont souvent là pour refléter les peurs des individus.

Quand un groupe est tout neuf, il y a rarement beaucoup de règles. Puis quand il y a eu des conflits, on met en place des règles pour éviter que les conflits ne se reproduisent.

Ainsi une personne qui vit en pleine confiance n'a pas besoin de beaucoup de règles. Alors que la personne qui vit dans la peur tente de construire un système qui la rassurera.

star wars armée stormtroopers

L'origine de la structure collective actuelle de monnaie dette

A propos de monnaie, une personne qui a la croyance que l'argent c'est la sécurité, va tenter de pousser collectivement vers un système qui lui permet d'accumuler beaucoup d'argent. Elle va évidement se mettre du bon côté, même si c'est pas bon pour l'ensemble des individus.

Une personnes qui a la croyance que l'argent c'est le pouvoir et le contrôle de son avenir va avoir tendance à favoriser un système dans lequel elle peut contrôler le plus largement possible les facteurs qui influencent son avenir.

Le système à monnaie dette par exemple, n'est que la conséquence de croyances de certains qui ont par exemple, peur de l'abus, donc veulent contrôler, au point de contrôler l'entier de la société et le futur grâce au contrôle des crédits.

Car oui, quand on y réfléchi, un banquier décide de l'avenir. C'est lui qui décide d'accorder un crédit ou non à un projet.

credit bancaire facile

Ainsi je me dis de plus en plus que les structures du monde actuel ne sont que le fruit des plus peureux d'entre nous !
.... donc ceux qui veulent, tout contrôler (les autres, la vie...) et ne surtout pas faire confiance (aux autres, à la vie).
(Les autres... la vie...... big brother et les OGM... ne serait-ce pas la même source ? Cette envie de tout contrôler ?)

Qui est le plus malheureux dans le triangle de Karpman ?  le bourreau ou la victime ?  Le bourreau ne serait-il pas bourreau juste pour éviter d'être la victime ?

star wars kylo ren sabre laser

Les gens hors contrôle font peur

Pourquoi est-ce que c'est le système des plus peureux qui gagne et pas le système des plus en confiance ?

Pourquoi est-ce que l'on vit dans un système de monnaie dette hyper centralisé où les banques détiennent quasi tous les pouvoirs ? On pourrait tout aussi bien vivre dans un système de don ?

Je me dis que les individus qui ont confiance n'ont pas besoin de règles, donc ils laissent tranquilles les autres. Alors que les individus guidés par la peur et l'envie de contrôler vont forcément impliquer les autres et l'entier du monde dans leur système. Sinon il y a toujours un risque de ne pas contrôler....

Cette thèse semble se confirmer dans l'histoire de l'anarchisme. En tout temps, les anarchistes se sont fait massacrés. Il y a eu au cours des 19ème et 20ème siècles quelques exemples peu connus de sociétés anarchistes qui ont fonctionné, mais elles se sont toujours fait écrasées (en général dans le sang) par les puissants d'à côté qui avaient peur que leur modèle ne s'effondre.

banque dictateur

C'est ainsi que le communisme libertaire s'est fait écraser par le communisme totalitaire. C'est ainsi qu'après avoir combattus ensemble leur ennemis communs, l'armée rouge de l'état central russe a écrasé la Makhnovchtchina une armée d'inspiration anarchiste qui mettait en place des sociétés rurales autogérées en Ukraine.

La commune de Paris en 1871 a également fini dans un bain de sang. La révolution sociale espagnole de 1936 a échoué au bout d'une année. Au moment où la coalition au pouvoir a commencé à gentiment se débarrasser des anarchistes, en interdisant d'abord leur médias, puis en les désarmant.... et c'est ce qui finalement a permis au général Franco mieux armé de prendre le pouvoir pendant les décennies suivantes....

L'histoire de l'anarchie est très bien racontée dans ce documentaire:

Le bénévolat, le marché du travail des anti-argent

Ci-dessus nous avons observé les conséquences de la croyance que dans l'argent se trouve ma sécurité, mon pouvoir, le contrôle de ma vie et de mon avenir.

Mais il y a encore d'autres croyances que nous n'avons pas encore explorées. Quelles sont les conséquences de la croyance que l'argent c'est mal, c'est Mamon ! que ça brûle les doigts, que l'argent crée la discorde et l'injustice ?

Christian Junod explique qu'il est allé parfois dans des organisations bénévoles pour donner ses ateliers sur Sa relation à l'argent. Une fois il a fait un petit sondage sur les croyances des bénévoles présents: une large majorité avait pour croyance que l'argent c'est mal ! (pour diverses raisons)

Ainsi on peut se poser la question: le bénévolat ne serait-il pas l'économie des gens qui ont pour croyance que l'argent est mal ?

En faisant du bénévolat, c'est s'assurer de pouvoir travailler sans avoir besoin d'utiliser de l'argent. Quand il n'y a pas de salaire, il n'y a pas d'argent. C'est donc s'assurer de ne pas participer à ce système totalement injuste qui crée la discorde !

C'est certainement inconscient pour beaucoup, mais ça me semble bien réel !

Polarisation et moralisation de sa vision de l'économie

La conséquence de ce genre de croyances négatives à propos de l'argent, c'est d'être souvent limite concernant ses besoins monétaires. Car en ayant une vision négative de l'argent, on s'interdit d'avoir plus que ce qu'il faut pour survivre. Et survivre, ce n'est pas vivre.

Ainsi le sujet de l'argent revient tout le temps sur le tapis. J'ai pas les moyens pour ceci ou cela... Je ne peux pas me le permettre. Ou pire encore, c'est renoncer à certaines valeurs à cause de ses moyens financiersJe mangerai bien que du bio, mais j'ai pas les moyens...

Ça peut également se traduire par une frustration de ne pas pouvoir vivre en accord avec ses valeurs. C'est par exemple le cas en se forçant à avoir un job alimentaire par-ce qu'il faut bien gagner du fric pour payer les factures. Et d'avoir, en plus, une activité bénévole qui elle, est réellement l'expression de ce que l'on a envie d'offrir au monde.

Cette activité bénévole est l'activité que je ferai si j'étais millionnaire ou si j'avais un Revenu de Base Inconditionnel. Pose-toi cette question et tu sauras si tu es dans peut être dans ce cas ?

revenu de base inconditionnel revenu assure question t-shirt

Survivre ainsi crée un inconfort. Cet inconfort peut être compensé par la morale. En n'ayant pas d'argent, Moi au moins je suis pur car je ne participe pas à ce système injuste.

Ainsi la personne dans cette situation se met à polariser le monde avec des gentils qui font du bénévolat et des méchants qui utilisent de l'argent.

Cette polarisation touche aussi les organisations bénévoles:
Vu que nous ne gagnons pas d'argent, notre but est noble. Alors que ceux qui gagnent de l'argent avec leur activité ne peuvent avoir une noble raison d'être !

Ayant pas mal oeuvré dans le milieu du bénévolat, j'ai souvent remarqué que l'argent est un sujet compliqué. Il y a souvent une justification au fait que l'on ne fait pas quelque chose, car on manque de moyens financiers. (les moyens humains ne manque pas forcément)

Par contre quand il s'agit de trouver l'argent qui permet d'avoir les moyens de ses ambitions. En général, il est très difficile de trouver des gens qui sont motivés pour la tâche de recherche de fonds... (J'ai surtout observé ça dans les gens qui militent pour un Revenu de Base Inconditionnel.... est-ce qu'il y aurait un lien ?)

J'ai eu par contre des activités bénévoles dans d'autres organisations où l'argent coulait à flot ! Enfin.... trop d'argent pour du bénévolat, et pas assez pour rémunérer les gens ou du moins pas tous... ! Et bien là non plus c'était pas simple. La croyance que l'argent sème la zizanie revient au galop et certains disent carrément: ce serait plus simple si on avait pas cet argent.

Le philosophe Karl Jaspers a inventé le concept de l'âge axial. Une période de quelques siècles, assez courte en regard de l'Histoire humaine, durant laquelle la plupart des grandes religions et philosophies ont émergées.

L'anthropologue David Graeber indique dans son livre Dette 5000 ans d'histoire que cette émergence de nombreuses pensées nouvelles en lien avec le divin et la morale est en fait une réaction face à l'invention des pièces de monnaie et l'arrivée de la pensée rationnelle matérialiste. (rationnel, vient de ratio, la proportion. Donc ce qu'il est possible d'acheter avec une quantité de monnaie donnée.)

Il y a donc peut être effectivement un lien entre les croyances liées à l'argent et la moralisation de la société.

dette 5000 ans d'histoire graeber

La lutte contre le système monétaire oppresseur et esclavagiste

Une autres approche, parfois complémentaire, c'est la lutte pour dénoncer le système. Comme montré plus haut, le système monétaire, pour ceux qui sont du mauvais coté est un système esclavagiste qui ne dit pas son nom. Le système monétaire n'est peut être pas la seule structure qui agit, mais il est indéniable qu'elle est bien présente.

J'ai déjà longuement décrit sur ce blog les nombreuses facettes du système monétaire, son fonctionnement et ses alternatives. Tu peux retrouver tout ces articles sur la catégorie monnaie du blog.

monnaie minimoi

La question que je me pose est de savoir si une personne qui est en situation de ne jamais attirer beaucoup d'argent va devenir une personne qui lutte contre ce système injuste à l'extérieur d'elle même ?

Il me semble que c'est tout à fait probable. Le mouvement Occupy Wall Street et ses dérivés le prouve. Le slogan Nous sommes le 99% dénonce bien la structure collective qui organise les inégalités sociales.

Mais on peut se poser la question:

Qui est responsable de cette situation est-ce que ce sont les grands méchants peureux qui ont construits et maintiennent un système qui leur est profitable pour éviter de perdre le contrôle de l'avenir ?

Ou est-ce que c'est ta croyance que l'argent est quelques chose de mauvais et qu'il faut l'éviter ?

A méditer pour toutes les personnes qui aiment lutter contre l'extérieur...  le changement principal est peut-être à faire d'abord à l'intérieur.

En tout cas, il n'est vraiment possible d'agir QUE sur son cercle d'influence. Celui-ci commence par soi-même. Et n'est parfois pas bien grand au delà de soi-même !

Avant de perdre de l'énergie à vouloir changer ce qui n'est pas dans son cercle d'influence (et d'en prendre plein la gueule), il vaut mieux se changer soi-même, et ainsi faire grandir sa sphère d'influence !

Résultat de recherche d'images pour "cercle d'influence personnel"

Gandi disait:

Soyez le changement que vous voulez voir pour le monde.

A la fin de cette vidéo qui décrit le projet d'éco-hameau Tera, son co-fondateur Frédéric Bosqué, indique que ça fait du bien de s'occuper de sa zone d'influence et plus du reste. On sort de son sentiment d'impuissance.

Dans une conférence où je l'avais vu, Frédéric Bosqué nous avait raconté une anecdote vécue dans une organisation de groupement d'achat. Une personne était intraitable avec les paysans pour grapiller des centimes sur le prix des patates.

En fait cette personne agit personnellement de la même manière que la grande distribution qu'elle dénonce à l'extérieur d'elle. Elle construit une alternative au système "capitaliste" qu'elle combat. Mais en même temps elle agit de la même manière. Ce qui n'est pas cohérent... car en suivant cette logique on ne change rien.

Ainsi avant de changer le monde extérieur, il faut bien faire attention de changer son monde intérieur. Sinon le même schéma se reproduit. La structure alternative ne change rien à part les gens à sa tête !

Le circuit du donner-recevoir

Maintenant que cette introduction est faite à propos de se changer à l'intérieur pour voir les changements à l'extérieur de soi, il est temps d'expliquer le circuit du donner et recevoir.

Je pense que ce qui sous-tend tout système économique, tout système monétaire. C'est un circuit de donner et recevoir. (Je pense même que ce principe de circuit peut s'appliquer à de nombreux domaines, comme l'information et la nourriture... )

Je pense que si on ne parvient pas à pacifier le rapport de chacun avec le principe de donner-recevoir, forcément on va laisser émerger un système global qui est plein de défauts.

Etant à la base électronicien, j'ai représenté ici le circuit du donner et recevoir de la même manière qu'une circuit pour allumer une LED qui fait de la lumière.

Le circuit comporte une source qui crée une tension, une différence de potentiel électrique. Cette différence de potentiel crée la circulation d'un courant électrique. Il y a une résistance qui limite le passage de ce courant. Il y a donc là une perte d'énergie. Elle est généralement dissipée en chaleur. Puis ce courant va traverser une LED. Cette LED émet de la lumière. C'est ici l'action utile que l'on voulait. Puis les électrons qui composent le courant électrique reviennent à la source.
(En analogie hydraulique on aurait une différence de potentiel de hauteur, un barrage dans une montagne par exemple, l'eau circule dans des tuyaux, plus le tuyau est petit, plus le débit est petit et donc la résistance grande. Notre action utile peut être quelque chose comme faire tourner un moulin. Puis si l'on veut que le système soit durable, il faut que l'eau retourne au barrage. Dans le cycle naturel, c'est l'évaporation de l'eau qui la faire remonter sous forme de nuage et la pluie va remplir le barrage. )

circuit-donner-recevoir

Un circuit normal est donc une boucle. Si pour une raison où une autre, le circuit électrique est coupé, la LED s'éteint. Comme c'est le circuit du donner et recevoir, il faut que les 2 pôles fonctionnent. Si l'on accepte pas de donner. Il va être dur de recevoir. Si l'on accepte jamais de recevoir le système se bloque aussi.

Ce que je vois comme idéal c'est de donner et recevoir naturellement. Suivant les occasions qui se présentent sans résistance. C'est la meilleure manière d'émettre la lumière, de fluidifier les échanges économiques, et de favoriser l'abondance globale.

Le circuit du donner et recevoir est une image. Ainsi je ne me prononce pas sur l'équivalence stricte entre ce qui est donné et ce qui est reçu.

C'est comme pour le circuit de la respiration. C'est inspirer et expirer. L'équivalence n'est pas absolue dans le rythme de la respiration. On a également des phases de respiration plus ou moins active suivant ses activités.

Ce qui est certain, c'est que si l'on décide d'enlever une des deux phases, (inspirer ou expirer), ça se passe très vite très mal !

Comment choisir quoi et quand donner et recevoir?

Pour décider, j'aime bien avoir conscience de ce qui est juste:

  • pour moi
  • pour les autres
  • pour le monde (donc inclus, l'entier de la biosphère)

Ce mode de décision est applicable à tout. Il permet de prendre conscience des conséquences de ses actes. Il est donc applicable pour les choix à faire dans le donner et recevoir.

En ce qui concerne les questions économiques, c'est sortir de l'individualisme consumériste. La vision du monde qui n'inclus que ce qui est juste pour moi. Mais c'est aussi sortir d'une vision du monde qui m'empêcherai d'agir en raison de conséquences négatives de mes actes sur les autres et le monde. (que j'observe bien chez mes amis décroissants !)

On est bien ici dans la recherche de l'équilibre, entre soi, les autres et le monde.  Aucun choix n'est parfait. Il ne sert à rien de (se) culpabiliser. Il suffit de faire de son mieux en conscience, et de faire toujours un petit peu mieux. Ce qui inspire les autres.

societe de consommation

Petit exemple avec cette méthode de décision, si je dois faire un achat, une veste par exemple, je me dis que pour tenir compte de moi, j'ai envie de quelques chose de pas cher... Je vois qu'il y a des vestes doudounes vraiment pas cher sur le net... cool !!

Je me dis, bon... pour moi c'est bien. Pour les autres ? Le shop est à l'autre bout du monde, il ne va pas favoriser un tissus économique locale qui me sera directement profitable. (la boucle du circuit)

Qu'en est il des matériaux. Il y a des plumes de canards dans ma doudoune. Aucune indication sur leur provenance.... zut.. c'est louche. Certainement un élevage chinois dans lequel on plume vivants les canards.... C'est pas ainsi que je vois le monde.

Bref... je passe à autre chose. Et là je découvre que dans un magasin pas loin de chez moi, il y a un déstockage de vestes de meilleure qualité, certifiées qu'on ne plume pas les canards vivants.

Donc pour moins cher que le prix normal (bon pour moi), proche de chez moi (bon pour les autres) je peux avoir nettement mieux, plus durable, de meilleures qualités, éthique (bon pour le monde) etc....  Là je suis heureux.  Il est juste que je donne de l'argent pour ça.

Avec cette méthode de choix, je me méfie du tout gratuit. Si quelque chose est gratuit, comment va en vivre la personne qui fait le produit ? (Sans parler des faux gratuits où c'est toi le produit... comme les journaux gratuits et réseaux sociaux gratuits...)

Avoir conscience du circuit du donner et recevoir c'est avoir conscience que donner de l'argent aux autres, c'est aussi s'assurer de le voir revenir chez soi !

Avoir conscience du circuit du donner et recevoir, c'est aussi avoir conscience que recevoir de l'autre c'est bien, car on pourra soi même avoir de quoi donner plus loin.

Avec cette conscience, on se libère des connotations et des croyances.

L'important que je veux transmettre ici est qu'il faut se libérer des croyances limitantes sur l'argent. Que finalement l'argent n'est que la façon dont notre société matérialise le circuit du donner et recevoir entre les humains.

Ainsi l'idée est de fluidifier les échanges quand ceux-ci se présentent. Il ne faut pas hésiter à donner quand tu en as envie et/ou quand il le faut. (L'achat est aussi une action de donner de la monnaie...) Et dans l'autre sens il faut aussi se libérer de toute résistance de recevoir.

Il faut se libérer des résistances et des court-circuits de mon analogie électronique.

cheval-attache croyance

La confiance comme système de croyance

Notre vie est basée sur d'innombrables croyances. Il y a des croyances ressources et des croyances limitantes.
Si tu arrives à ancrer la confiance dans ton système de croyance, tu vas changer les choses globalement.

C'est ce que l'on observe concrètement dans le premier jeu du Jeu de la Monnaie. Il n'y a pas de règles pour arriver à constituer des carrés avec ses cartes. Il y a des gens qui ont le jeu complémentaire. Comment réussir à faire des carrés ?

On est obligé d'interagir avec l'autre.

Il y a là tout les conditionnements qui reviennent. Est-ce que je donne ? Est-ce que j'échange ? 1 contre 1 toujours stricte ou pas ? Un échange différé dans le temps ou pas ?

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Même dans un jeu sans conséquence sur sa vie on observe que peu de gens osent la confiance, osent donner.

Mais il y a toujours un ou deux "originaux" (par rapport à la moyenne de notre société) qui vivent dans la confiance et donnent des cartes de leur jeu pour aider les autres. Ce qui déclenche un cercle vertueux de dons inspirants qui va tout d'un coup augmenter la productivité et l'abondance dans la joie et la bonne humeur.

Florian est un de ces originaux. Voici un article qui décrit sa façon de vivre "sans argent". Lorsque l'on a joué ensemble au Jeu de la Monnaie. Florian a tout de suite appliqué sa vision du monde "quand on donne sans forcément attendre quelque chose en retour, on observe qu’on reçoit toujours quelque chose.".

florian donne jeu de la monnaie

Florian aime faire des petites expériences. Il donne parfois de l'argent sans raison apparente à des gens, à des inconnus mêmes. Imagine, tu te balade dans la rue et un inconnu viens te donner un billet de CHF 20.- !! Que fais tu ?

Il semble que ça perturbe beaucoup de gens !

Quand Florian dit qu'il veut vivre avec le moins d'argent possible, je me suis demandé si il fait partie de la catégorie des gens qui ont des croyances négatives par rapport à l'argent et donc qu'il cherche à évite l'argent ?

Je n'ai pas (encore) de réponses précises à ce sujet. Mais, à priori, comme je le connais, avec ses expériences de donner de l'argent et sa joie de vivre communicative, sa façon de se laisser guider. Je ne pense pas qu'il puisse avoir de croyances par rapport à l'argent qui le conditionne. Je pense plutôt qu'il a réussi à se déconditionner de cette structure, et qu'il est vraiment ancré dans la couche du dessous, celle du donner et recevoir.

→ edit:  J'ai discuté de tout ça avec Florian c'était passionnant. Et en effet. Il s'est totalement déconditionné de croyances liées à l'argent. Il s'est même déconditionné de la notion de croyance. Il me parle plutôt de vacuité !
J'ai pas encore tout bien saisi la chose, notre discussion était tellement dense !

Le tuyau à fric de Lulumineuse

Voici encore un autre exemple d'une personne qui a hyper confiance, comme elle dit, qui vit complètement dans la croyance profonde que l'argent n'est fait que pour transiter.

Elle utilise une métaphore que je trouve marrante pour expliquer le circuit du donner et recevoir. Elle parle d'un tuyau à fric. Il fonctionne comme une paille pour boire son sirop. Si tu plantes ta paille dans l'eau, que tu bouches le haut avec un doigt, tu peux soulever ta paille. Rien ne coule. Un bout de la paille symbolise le donner et l'autre le recevoir. Si tu bouches le donner. Tu t'empêche de recevoir quand le moment sera venu.

Lulumineuse dit que dans le monde, il y a un gros tuyau à fric... et que certains le bouchent d'un côté... ils accumulent alors qu'il y a pénurie chez d'autres par ce que rien ne circule.

Nous avons en chacun de nous un petit tuyau à fric qu'il faut déboucher pour fluidifier l'économie.

tuyau à fric lulumineuse

C'est finalement le principe dans la monnaie fondante théorisée par Silvio Gesell pour inciter les gens à faire circuler leur monnaie afin que comme le sang, la monnaie irrigue toute l'économie.

Lulumineuse dit que la monnaie ne sont que des chiffres, que le changement du chiffre de son solde de compte en banque n'est rien du tout. Que finalement ça ne change rien de concret à sa vie là maintenant tout de suite.

Ce qui change notre vie, notre état d'esprit, c'est surtout la perception que l'on a de devoir payer une facture. Si ça te met de mauvaise humeur, que ça te reste dans la tête en arrière plan comme une pensée qui tourne sans cesse c'est là que tu te pourri la vie.

Si tu arrive à te détacher, à accepter, à lâcher prise, à te lâcher la grappe (selon son expression favorite) sur ton jugement à propos d'une situation liée à l'argent. C'est parfait, tu vivras nettement mieux. 

Tu pourras vivre dans la confiance et le flux de la vie.

Lulumineuse va encore plus loin, elle propose que nous nous libérions de beaucoup de croyances et de peurs en tout genres. Elle propose que chaque personne soit capable de s'écouter elle-même, d'écouter les idées qu'elle capte. Ceci afin d'aller vers la joie, d'aller vers ce qui nous rend heureux, d'aller vers ce qui est soi-même, d'aller vers ce qui est juste pour soi, le monde et les autres.

Ainsi on crée un nouveau système économique sans hiérarchie imposée par la peur. Surtout la peur de ne pas recevoir de salaire !

Quand on a confiance en l'abondance. On peut créer un nouveau système économique dans lequel chacun donne et reçoit librement. Chacun donne sa couleur au monde, ce pour quoi il est doué et reçoit ce dont il a besoin pour vivre. Tout simplement.

C'est là une de mes motivations à militer pour le Revenu de Base Inconditionnel. C'est fournir un outil de transition qui permet à tout le monde d'expérimenter la confiance en l'abondance et ainsi l'ancrer dans son système de croyances profond.

Pour en savoir plus sur l'abondance et le tuyau à fric vu par Lulumineuse, voici un de ses articles à ce sujet...
Lulumineuse propose également des ateliers en vidéos pour libérer son tuyau d'abondance...

En changeant ses croyances personnelles on crées de nouvelles structures collectives

Avec la confiance en l'abondance comme croyance personnelle, on peut ainsi créer des organisations dont le but n'est pas la survie.

En effet, actuellement le but de la plupart des entreprises (et toutes celles basées sur une vision du monde de type orange de la Spirale dynamique) c'est de ne pas faire faillite, donc de faire du profit et d'accumuler du capital au cas où.... de virer des gens pour optimiser les coûts et augmenter les profits. Ceci souvent dirigé par des gens qui ont peur eux-mêmes de manquer. Ce sont les fameux cités plus haut, qui ont pour croyance que c'est dans l'argent que réside leur sécurité.

mr smith matrix economiste cravate

En sortant de ses croyances limitantes liées à l'argent, on peut créer une organisation qui est basée sur une raison d'être. (par exemple résoudre un problème concret et pas créer un faux besoin avec le marketing)

Mais attention de ne pas avoir qu'une raison d'être et d'avoir quand même des croyances négatives liées à l'argent. Comme beaucoup trop d'organisations ancrées dans la vision du monde de type verte de la spirale dynamique. (toutes les associations qui n'ont pas les moyens de leurs ambitions dont je parlais plus haut)

Ce que j'ai en tête ce sont plutôt des organisations de type Opale comme le dit Frédéric Laloux dans son livre Réinventing Organizations. Des organisations issues d'une vision du monde ancrée à l'étape turquoise de la Spirale dynamique.

opale virgin-rainbow

Conclusion personnelle

Depuis quelques mois je me questionne beaucoup sur mon rapport à l'argent et je vois concrètement des changements dans mes croyances. C'est pour ça que je partage toutes ces infos.

J'ai eu de nombreux points de vue sur l'argent au fil de mon cheminement sur les étapes de la spirale dynamique. Parfois dans l'abondance, et parfois dans le manque. Parfois à m'en ficher totalement au point de ne pas connaitre le solde de mon compte. Parfois à m'empêcher de dormir à savoir si j'allais avoir sur le long terme assez d'argent pour vivre. (vivre !! comme si ça se mangeait !)

Suivant les milieux que j'ai fréquenté, mon rapport à l'argent a évolué. J'ai remarqué que dans les milieux décroissants, puis dans les militants du Revenu de Base Inconditionnel, j'ai rencontré beaucoup de gens pour qui l'argent manque. Et c'est parfois lourd comme climat. Ça a déteint sur moi: J'ai pas d'argent... j'achète le minimum... et ça tourne comme un mantra....

J'ai eu des époques où je pouvais m'acheter plein de trucs chers par ce que ça me faisait plaisir, sans me poser de questions (comme un des tout premier appareil photo numérique).

Et d'autres époques où j'avais l'impression de m'arracher quelques chose si devais payer un truc pas très cher, dans le genre acheter un pain au chocolat à la gare quand j'avais faim: ah non.. c'est trop cher ici pour ce que c'est,  j'achète pas....

pain au chocolat

Je m'intéresse depuis une bonne douzaine d'années au fonctionnement du système monétaire. Je découvre comment ce système est bien huilé pour pomper les richesses du grand nombre vers une poignées qui accumulent comme Picsou. (et il y a des milliardaires qui ne savent plus comment dépenser leur argent !)

Ainsi en découvrant l'injustice que crée ce système, j'ai associé l'argent à des croyances négatives: Je ne veux pas participer à ce système injuste.

dette publique banque

Mais au fil du temps, j'ai découvert que le problème n'est pas l'argent, mais les croyances au dessous. Le système du circuit du donner et recevoir.

Il y a bien des façons de matérialiser des systèmes de donner et recevoir. (J'ai créé le Kong, une monnaie de singe 🐵🐒basée sur le Système Monétaire Equilibré. C'est une béquille pour aller vers le Don dans une communauté de confiance. Il existe aussi la monnaie libre Ğ1).

Mais sans pacifier sa propre relation à l'argent, à ce circuit du donner et recevoir, on risque de reproduire dans un système alternatif les défauts qu'on critique dans le système en place.

Ainsi je trouve important de travailler sur sa propre relation au donner et recevoir.  Je sens qu'il y a chez moi une croyance fortement ancrée qui me dit que "Je suis un type chanceux". C'est une bonne base pour avoir une croyance de confiance en l'abondance.

Je sens que j'ai encore des réticence à donner, à dépenser de l'argent. Mais par contre je donne volontiers beaucoup de temps et de mon savoir faire pour beaucoup de causes. Je me dis qu'il y a là un signe que je bloque une partie de mon tuyau à fric ! Je retiens trop.

panneau donner

J'ai donc, ces derniers mois, dépensé beaucoup plus d'argent qu'à mon habitude. Déjà tout simplement pour des dépenses que je repoussais depuis longtemps comme... changer de lunettes ! J'en avais besoin.

Puis je suis allé sur Tipeee et j'ai fais des dons à des chaines youtube qui m'on appris beaucoup. Comme Heu?reka qui fait un boulot magnifique pour vulgariser la finance...  J'ai pas donné grand chose. Mais j'ai fait un grand pas dans mon donner. Je suis fier de donner ainsi de l'énergie à des gens qui m'ont apporté beaucoup. Je favorise ainsi le monde que je veux voir grandir.

C'est ainsi que je vois  une économie libre. Une économie du don. Tout est en libre accès, mais chacun sait en conscience donner, rémunérer les autres et ainsi recevoir aussi ce dont il a besoin.

Là je crois que j'ai débouché quelques chose. Car j'ai dépensé pas mal ces derniers temps, mais j'ai aussi reçu beaucoup plus d'argent que d'habitude.... et de façon vraiment magique parfois !! ... ah.. c'est quoi cette enveloppe ? ... ah tiens, il y a un billet de CHF 1000.- dedans !! incroyable ! Ça tombe bien !

J'ai expérimenté ce que dit Florian, quand tu donnes d'un côté, ça te reviens de l'autre.

billet de 1000 chf

Ainsi maintenant je réfléchi également à ne pas négliger mon recevoir. Mais toujours en ayant conscience de choisir ce qui est juste, pour moi, pour les autres et pour le monde.

Je m'amuse avec l'argent, donc je réfléchi à la manière de mettre en place une sorte de chapeau virtuel pour que les visiteurs puissent déposer facilement de quoi jouer avec moi au jeu du donner et recevoir.

chapeau plein de billets de 1000 CHF

Pour les chanceux comme moi qui co-créent tous le jours de la monnaie libre abondante... Il est possible de me faire un don en monnaie libre Ğ1 en cliquant sur le bouton:

duniter_button

Au delà du blog, surtout dans le cadre d'événements physiques j'aime bien aussi le principe de la Participation consciente. 

C’est une combinaison de ce que je PEUX payer (je suis conscient de mes moyens), ce que je VEUX payer (par ce que j’ai envie de soutenir et remercier pour le magnifique apport) et ce que je DOIS payer (souvent les frais déjà engagé pour la logistique et nourriture).
Ça se paye sans justification en donnant le montant à la personne qui récolte. (C'est parfois dur de ne pas être anonyme et de ne pas pouvoir se justifier... Ex: J'aimerai donner plus.. mais j'ai pas les moyens.... etc...)

J’ai vécu ceci pour la première fois lors d’un stage à l’Université du nous qui se finance ainsi.

Voilà... j'entre donc dans une nouvelle dimension de mon rapport à l'argent. Ça me plait bien de jouer avec ça !
On verra ce que ça donne !  😉

Notes résumé du livre de David Graeber Dette 5000 ans d’histoire

Dette 5000 ans d'histoire

Livre de David Graeber

J'ai fini la lecture de ce livre fini le 16.06.16

Voici mes notes. Comme toujours elles, sont avant tout destinées me servir d'aide mémoire. Donc je ne note que ce qui me sert de bouton pour activer ma mémoire de ce livre qui va avec. Donc désolé si c'est confus pour vous... il vous faudra lire le livre pour vraiment comprendre le détail.....

C'est par ici pour acheter le livre Dette 5000 ans d'histoire.... si ça vous dit...

dette 5000 ans d'histoire graeber

Contexte global: monnaie, dette, religion, Etat, marché...

  • Une pièce de monnaie a 2 faces:
  • → face: l'Etat, la confiance, fides, fiduciaire. Cela indique qui paie la dette en dernier recours. → c'est en général un roi qui est l'intermédiaire avec (les) dieux. La monnaie est donc une dette envers le divin qui nous a créé. OU… face indique l'Etat qui et le représentant d'un peuple. La monnaie est une dette envers la société qui nous permet de vivre.
  • → pile: une unité de compte. C'est le côté outil de quantification d'une dette.
  • Les 2 faces de la pièce représente très bien ce qui est nécessaire à l'émergence de pièce de monnaie:
  • → l'Etat
  • → le marché
  • L'un et l'autre, même s'il sont souvent vu comme opposés, sont indissociables. Ils sont nécessaire à l'émergence de pièces de monnaie.
  • La religion est aussi très liée à la dette.
  • les paroles du "notre père" utilisent un vocabulaire lié à la dette pour exprimer le pardon comme une remise de dette.

Démontage du troc…..  et des autres idées reçues d'Adams Smith….

  • Morale des échanges
  • Lévi Strauss dit qu'il y a un principe de réciprocité, que tout est échange entre humain → faux
  • → On observe que le "communisme fondamental" est le socle à tout.
  • → par exemple quand on prêt à donner une cigarette ou du feu. → On appartient à la communauté des fumeurs.
  • Le communisme fondamental → "chacun ses besoins, chacun ses capacités"
  • On trouve beaucoup de communautés "villageoises" qui fonctionnent sur le principe de relation croisées pour maintenir la communauté. → 2 moitié de village.
  • → les mariages se font uniquement avec l'autre moitié.
  • → les morts sont enterrés par l'autre moitié.
  • Chez les Iroquois, il y a un système de répartition de la production. C'est une hutte longue, qui est une sorte d'entrepôt. Tout ce qui est produit en surplus est déposé là. → les femmes se chargent de répartir les biens.
  • Il n'y a pas de principe de réciprocité des échanges dans une communauté de base. (famille, amis) → les gens que l'on est prêt à aider pour déménager.
  • L'homo économicus n'existe pas. La preuve → Il y a même un certaine influence de la morale "communiste" sur les marchés.
  • → les commerçants ont tendance à faire payer plus cher les riches et moins cher les pauvres. Ou plus cher les étrangers et moins cher les amis et la famille.
  • → C'est pour cette raison qu'on observe que souvent les petits commerçants de quartier ne sont pas de la même ethnie que la majorité des habitants du quartier ! → sinon ils ne pourraient pas gagner d'argent.
  • L'étymologie du mot hôte, hospitalité est la même que hostile, otage.
  • → l'ennemi, l'étranger est souvent accueilli en hôte, on lui donne tout pour en faire un ami.
  • Le don est un outil pour créer et valoriser des relations sociales.
  • L'homo économicus est toujours dans la logique d'arnaquer tout le monde. Les siens ou l'étranger
  • Chez les Tiv du Nigeria → la société est faite de dons entre tous. (les étrangers se voient effectivement offrir plein de chose dès leur arrivée)
  • → chaque don, doit être compensé par un autre, mais jamais exactement. Sinon ça tue le lien.
  • → c'est comme des amis qui se payent des bières. → la dette d'un envers l'autre va les forcer à se revoir. Si les amis sont quitte….. et bien ils se quittent !  le lien se brise.

Voici encore un complément à propos du Mythe du Troc, c'est l'avis du prof Jean-Michel Servet...

Pourquoi est-ce qu'il parait moral de devoir rembourser une dette ?

Quelles sont les conditions nécessaires à l'établissement d'un crédit et d'une dette ?

→ Voilà les questions qui ont motivées ce livre.

→ Ce livre lié à la dette est surtout une histoire de la monnaie.

  • La dette (et le crédit) ne sont à la base accepté que si le contrat parait juste.
  • ne se pratique qu'entre 2 parties qui sont jugée égale. (même classe sociale, même caste, ou liberté globale, égaux devant la loi, etc.)
  • → ainsi dans un contrat juste. Contracté entre 2 parties égales. Celui qui rompt le contrat failli !
  • → donc le débiteur qui ne rembourse pas est condamné ! → il est en tort
  • Il existe de nombreux cas d'échanges, de contrat entre des parties qui ne sont pas égales (entre un citoyen et un roi)
  • → c'est un don.
  • Une dette qui est impossible à rembourser est soit un don, soit un contrat nul. Il doit exister un moyen ou un autre de rembourser la dette, de retrouver l'équilibre entre les parties.
  • Une dette est finalement un contrat entre 2 parties égales (devant la loi) dont l'un renonce à son égalité pour un temps.
  • → si une dette n'est pas possible à rembourser, c'est que les personnes ne sont pas égales. Il y a donc des risques que les relations soient une sorte d'esclavage.
  • Un contrat de travail est-il une dette ? → d'un certaine manière oui.
  • → l'esclavage c'est de la vente
  • → le salariat c'est de la location. C'est un rapport de classe seulement pour un temps donné.

Pour illustrer ce propos... voici 1 minute avant l'abolition de l'esclavage...

  • Les formes de politesse sont également très liées au vocabulaire de la dette.
  • → Merci = être à la merci de l'autre
  • Thank you = vient de Think → je penserais à ce que vous avez fait pour moi.
  • obrigado → Je suis votre obligé
  • → de rien, de nada → c'est gratuit, je n'inscrirais rien à comptabilité.
  • Ces formes de politesse sont apparues au XVI et XVII ème siècle → en même temps que la révolution marchande.
  • Ces formes de politesses sont des formes de reconnaissance de dette morale.
  • Dans les sociétés primitives, les dettes impossibles à payer (comme les disparitions ou échange d'humain: mariage, mort) sont reconnues à l'aide, de pièce métalliques, de tissus, de coquillages, de boucles, de bracelets, etc…. → bref, quelque chose qui ressemble beaucoup à de la monnaie. Mais ce n'est pas du tout des monnaie qui ont la fonction de ce que l'on attribue à une monnaie.
  • → ces "monnaies" sont juste des reconnaissance de l'impossibilité de remplacer un être humain et son histoire, inscrit dans un réseau social. Chacun humain est unique.
  • → lors des mariages, l'homme donne à sa belle famille ce genre de reconnaissance en pièce. → beaucoup d'étrangers y ont vu une manière d'acheter des femmes. Mais c'est faux. (la société des nations à même lancé un processus pour interdire ces pratiques avant que des anthropologues expliques qu'il n'y avait en aucun cas achat de la mariée. )
  • → la preuve c'est qu'une fois marié. L'homme ne peut pas "vendre" sa femme.
  • Nous avons là un exemple typique "d'économie humaine". D'échanges pour créer du lien communautaire.
  • Mais, le principe d'économie humaine peut déraper….

La violence peut créer les conditions de l'esclavage (p 221.)

  • Un mari ne peut vendre sa femme. Mais il peut la mettre en gage (ainsi que ses enfants) si il s'endette.
  • Puis dans un second temps, des reconnaissances de dettes peuvent s'échanger.
  • → ainsi, il y a possibilité détournée d'échanger des personnes en gage en échangeant des reconnaissances de dette !
  • En cas de guerre entre village, chez les Lele, la seule chose qui reste contre paiement, c'est la monnaie. Il devient possible d'échanger des humains dans des cas où la violence règne et que les personnes sont sortie de leur contexte.
  • Quand la violence arrive et sort les humains de leur réseau social. Une personne peut devenir l'équivalente d'une autre personne.
  • C'est là que l'esclavage peut prendre forme.
  • Il faut différentier l'esclavage en pleine propriété du péonage, qui est un esclave pour dette.
  • Quand le commerce d'esclave est arrivé sur les côte africaines, c'est un peu comme si de nos jours une bande d'extra-terrestres sur-armés et avec une morale incompréhensible donnaient une prime de 1 million à chaque personne qui lui livre un esclave. → Même si la majorité de la population résiste à cette pratique immorale. Il y a une poignée de gens peu scrupuleux qui vont vendre leur péon, et lancer des razzias dans les villages reculés pour aller enlever des gens.
  • Les ravisseurs sont souvent eux mêmes endettés envers les marchands d'esclaves, avec en gage leur propre famille. → ainsi ils n'hésitent pas à enlever des gens pour sauver leur propre famille !
  • → il est même arrivé parfois que les navires marchant partent avec les personnes en gage vu que les ravisseurs ne livraient pas dans les délais !
  • A Bali, le roi a encouragé les combats de coqs, pour favoriser la fièvre du jeu et des paris. → ainsi il favorise que des personnes s'endettent (et leur famille avec en gage)
  • → le commerce d'esclave (péon) est devenu florissant.
  • ce style d'esclavage est souvent lié aux services sexuels.
  • En - 1300 av. J.C, en Asyrie avec l'augmentation de l'esclavage des pauvres, il est donc devenu important de distinguer les femmes libres des prostituées. Pour des raisons d'honneur. (qui est un système de comptabilité)
  • → c'est à cette occasion que le port du voile a été utilisé.
  • le port du voile a été interdit pour les prostituées.ce qui a eu pour conséquence que toutes les autres femmes se sont voilées.
  • En Grèce on observe les mêmes genres de pratiques. (→ quoi ? .. les femmes étaient voilées dans le berceau de l'Europe occidentale !! 😛 )
  • En - 600 av. J.C, en Grèce, apparaissent les marchés. (le communisme dans les foyers, le marché à l'extérieur)
  • Quand surviennent des crises de la dette. → il y a des mouvements populaires qui mettent en place des tyrans qui annulent toutes les dettes. (et donc libères les esclaves pour dette)
  • Une autre solution qui existe s'est l'envoi des pauvres en conquête militaire de la Méditerranée.
  • p236. Le mot "intérêt" en grec signifie "progéniture, enfants"

Rome antique

  • Rome a conquis 3 fois le monde, et chaque fois plus profondément.
  • → avec ses armées
  • → avec sa religion (via le catholicisme romain)
  • → avec ses lois → le droit romain est la base du droit actuel
  • Il y a de nombreuses notions actuelles du droit et du système politique qui sont issues du droit romain, notamment la notion de "propriété".
  • Propriété = "relation avec une chose" → beaucoup de juristes se sont demandés comment on peut entretenir une relation avec une chose ?
  • → tout s'explique quand on sait que la chose en question était un esclave !
  • La notion de propriété a été définie pour régler des problèmes liés aux esclaves (1/3 de la population romaine !) Puis cette notion de propriété a été étendue aux autres choses. ("res")
  • le mot "libre" → "libertas" signifiait à la base, non pas un détachement de tout, mais le contraire de l'esclavage. Soit "être intégré dans un réseau social". → En fait, c'est l'esclave qui est libre de tous liens, sauf de celui de "propriété" qui le lie à son maitre.
  • un esclave affranchi devenait automatiquement citoyen romain. (ce qui a du être cadré quand des petits malins ont trouvé une manière rapide de devenir citoyen romain, se faire esclave… puis acheter son affranchissement)
  • Le mot libre en anglais: "free" vient d'un mot germain qui veut dire "ami". → On retrouve le lien social.
  • Le sens a gentiment évolué: la liberté est en fait un pouvoir. Voici pourquoi:
  • propriété = "dominum" → 2 sens:
  • → une propriété, un domaine. (on voit ici l'origine du mot)
  • → dominimum vient de dominus = le maitre de maison (il domine) (maison = domus)
  • C'est donc le pater familia qui domine la maisonnée, qui est propriétaire des murs et des habitants !
  • → en effet, à l'époque le pater familia a tout pouvoir sur toute la famille, sa femme (en co-propriété avec les parents de sa femme), ses enfants, ses esclaves qui font aussi partie de la "famille".
  • Donc rendre sa liberté à un esclave, c'est lui donner le pouvoir. (d'être propriétaire, des autres et de lui même)
  • Le droit n'existe pas. → C'est du pouvoir aussi.
  • Le pouvoir c'est des obligations des autres.
  • On voit ici que l'on prépare le terrain aux contractualistes qui ont définit quels droits l'Etat doit garantir. (la propriété, la sécurité ( sa liberté) ou l'égalité (face à la loi) ?)
  • On peut donc refaire un lien entre esclavage et salariat.
  • → Tout comme une propriété (domaine), une propriété (pouvoir, liberté) peut se vendre, s'acheter et se louer.
  • → en abolissant l'esclavage on a aboli l'achat et vente d'humains. Mais pas la location → le salariat.
  • p.255 Conclusions
  • Economie humaine = réseau social. → une monnaie de reconnaissance d'une relation impossible à remplacer et quantifier.
  • La violence peut casser les liens et créer des personnes interchangeables.
  • L'honneur va avec la violence.
  • L'honneur se comptabilise.
  • → réduire l'autre en esclavage est un moyen de s'approprier son honneur.
  • → un roi qui a plein d'esclaves est plein d'honneur.
  • → un pauvre qui est endetté a perdu son honneur.
  • → une femme qui se prostitue pour payer ses dettes a perdu son honneur.
  • En Irlande, il existait toute une comptabilité des dettes d'honneur.
  • → un roi vaut 7 vaches ! (il faut dire qu'il y avait 150 rois..)
  • (je me demande bien ce que signifie l'expression "Mettre un point d'honneur à.." ?)
  • Un roi est maitre, mais est aussi tout seul → il n'a que des relations de pouvoir sur d'autres.
  • En terme individuel, si l'on est isolé comme le roi, le droit romain nous permet de se voir maitre de soi-même. → d'avoir le pouvoir sur soi-même. (user, et abuser)
  • Dans l'économie comptable (d'honneur): La liberté → liée avec le pouvoir
  • Dans l'économie humaine: la liberté → liée à sa place dans un réseau social.
  • Avec le temps, on a supprimé la violence physique et l'esclavage de pleine propriété qui va avec.
  • → mais on a conservé le pouvoir personnel d'aliéner sa liberté dans le salariat ou la dette.

p.259

Chapitre 8: Crédits contre lingots. Les cycles de l'histoire

  • Dans l'histoire de la monnaie, il y a des cycles.
  • → Alternance entre les monnaies métalliques (en général en temps de guerre) et les monnaies crédit (en temps de paix suffisante pour créer la confiance)
  • -3500 à -800 av.J.-C. → les grands Etats agraires → monnaie de crédit
  • -800 av.J.-C à 600 ap.J.-C. → l'âge axial. → monnaie métallique
  • → apparition simultanée de monnaie métallique en Grèce (frappée), en Inde (poinçonnée), en Chine (coulée)
  • → les différentes techniques de création de monnaie montrent bien que le concept est apparu séparément.
  • 600 à 1450 → Moyen âge → crédit
  • 1450 à 1971 → Empire capitaliste → monnaie métallique, Etalon or.
  • 1971 à maintenant → période indéterminée → impérialisme de la dette.
  • Le soldat aime bien la monnaie métallique anonyme, on peut la voler. Il n'y a pas besoin d'avoir un lien avec la communauté. → un peu comme les dealers actuels de l'économie souterraine.

frapper la monnaie celtes

Mésopotamie

  • Sorte de communisme fondamental entre famille et voisins.
  • Crédit mutuel sur tablette d'argile dès que la confiance est moindre.
  • Invention de l'intérêt:
  • → quand les gens se connaissent bien, entre marchands connus → on se prêt sans intérêt. → On se partage juste les bénéfices.
  • → quand il faut prêter à un aventurier en qui on a pas confiance, qui part loin et qui peut raconter n'importe quelle aventure invérifiable pour diminuer son bénéfice à partager à son retour. → là on fixe le rendement à l'avance.
  • La dette et les péon existent. Les personnes en gage aussi.
  • Il y a régulièrement des mouvements d'endetté et leur famille en gage qui juste avant de se retrouver en péonnage s'échappent pour aller vivre hors des villes avec les nomades. (souvent plutôt de tendance très patriarcale)
  • en ~ -2450 le Roi sumérien de lagash, En-metena crée la première libération de dette connue de l'histoire. [amargi] = libération.
  • → c'est une grande remise à zéro. La dette est effacée, et les gages rentrent dans leur famille.
  • Ce type de libération a été faite régulièrement pour éviter que les nomades soient trop nombreux et finissent donc par envahir et détruire la ville.
  • au fil du temps, ce genre de libération a été institutionnalisée sous la forme du jubilé.

p272.

L'âge axial

  • L'âge axial c'est la période charnière très féconde pendant laquelle toutes les grandes religions et philosophies ont été créées.
  • La période est un peu floue. Dans le cadre de ce livre, on utilise: -800 av. J.-C. à 600. Soit de Zarathoustra à Maomet.
  • C'est un âge caractérisé non pas seulement par les religions, mais aussi par de nombreuses guerres.
  • les 1ères pièces de monnaies sont apparues en Lydie (Grèce) elle sont frappées par le célèbre roi Crésus à partir d'alliage d'électrum (or, argent, cuivre) que l'on trouve naturellement dans le fleuve Pactole.
  • Parallèlement, en Inde et en Chine, à des époques similaire des pièces de monnaies sont également fabriquées.
  • En -480, il y avait 100 états qui frappaient de la monnaie.
  • Pourquoi ce changement de la monnaie crédit à la monnaie métallique ?
  • Le principe est le suivant:
  • Un Etat à besoin de renforcer son armée.
  • L'aristocratie militaire est trop peu nombreuse, les soldats paysans pas assez bons soldats.
  • → l'astuce est donc de créer une armée professionnelle. (des mercenaires)
  • Le hic, s'est comment les payer ?
  • → le crédit n'est pas pratique vu qu'ils seront hors réseau social, en guerre loin de chez eux, (les mercenaires sont mêmes souvent étrangers).
  • → Les soldats doivent pouvoir acheter tout de suite des vivres à des paysans et se déplacer plus loin sans peut être jamais revoir ces paysans.
  • L'idée à donc été de se déplacer avec des richesses à donner en échange de nourriture. → pour transporter le moins de chose possibles, ce sont les richesses les plus denses qui ont été utilisée. → les métaux.
  • (en chine, on trouve aussi les perles de jade, les bêches et les couteaux)
  • Second hic, c'est que le paysan n'est peut être pas du tout intéressé par un morceau de métal. ça ne se mange pas.
  • → L'Etat doit donc trouver un moyen pour imposer sa monnaie. → il invente l'impôt. (le mot est parlant)
  • Le principe de l'impôt est donc le même que celui d'une mafia qui racket les commerçants → tu me donne une part de ton bénéfice sinon je te casse la gueule. → ainsi les paysans ont intérêt à accepter des pièces de monnaies des soldats.
  • Le système fonctionne si bien, qu'il devient viral:
  • → l'armée professionnelle est beaucoup plus forte que tous les autres. La tentation est grande de conquérir le monde.
  • → lors d'une conquête, il n'est plus nécessaire de massacrer les paysans conquis pour avoir à manger. Il suffit de leur payer la nourriture et leur nouveau souverain les soumettra à son impôt.
  • Le soucis de la conquête, c'est qu'il faut toujours plus de monnaie.
  • Cette monnaie provient initialement de la refonte du butin. Donc souvent des objets pris chez les riches et dans les temples.
  • Au bout d'un moment ça ne suffit plus. → Il faut aller extraire des métaux dans les mines.
  • → On emploie des esclaves pour travailler dans les mines.  (on sait que 10 000 esclaves sont sont échappés des mines d'argent du Laurion grec. On estime qu'il y en avait 20 000 selon Thucydide, dans Histoire de la guerre du Péloponnèse, VII, 27.)
  • → Les esclaves sont capturés dans les conquêtes
  • → Pour conquérir des esclaves il faut payer des soldats...
  • Le système s'auto-entretient et il favorise la croissance.
  • C'est ainsi que les Etats qui ont créé des monnaies sont rapidement devenus des empires.
  • → C'est le cas, en Grèce, en Inde (Ashoka), en Chine
  • Les Phéniciens qui dominaient commercialement la Méditerranée se sont fait détruire par les empires. (Perse, Alexandre le grand et Rome)
  • Les phéniciens connaissent très bien les pièces de monnaie, mais n'en avaient pas besoin pour leur commerce. Il préféraient les reconnaissances de dette.
  • Les phéniciens n'ont adopté les pièces de monnaie métallique que en - 365 (alors qu'en Grèce c'était connu depuis -480), car ils ont du payer des mercenaires siciliens pour défendre la ville de Carthage.
  • → conclusion: le commerce n'a pas besoin de pièce métallique. C'est la guerre qui en a besoin.

monnaie-batz-vaud

Les religions. p.290

  • Les grands changements des conquêtes de l'âge axial changent également la vision du monde et la philosophie des gens.
  • Après avoir conquis l'Inde, l'empereur Ashoka ne voulait plus de violence. Il a donc commencé à financer la religion bouddhiste naissante.
  • En chine, c'est le confucianisme qui s'est développé et qui a été soutenu par l'empire.
  • La philosophie des monnaies métalliques induit que l'on ne s'intéresse plus trop au décors de l'échange comme du temps des dettes mutuelles. → il ne sert plus à rien d'entretenir le réseau social (même en mentant)
  • → sur un marché qui vend du butin de guerre, il vaut mieux parfois ne pas poser trop de question !
  • Ainsi le coeur de l'échange devient le "ratio" de marchandise que l'on peut obtenir pour une certaine quantité de donnée. → le "rationalisme" est né.
  • → ce qui compte, c'est le profit dans la transaction. Pas d'entretenir le réseau social.
  • Le confucianisme décrit le monde en terme d'avantage personnel et de profit comme motivation de chaque action.
  • p298
  • En Grèce, Milet est une des première ville a adopter les monnaies métallique, c'est aussi une des première ville a fournir des mercenaires.
  • Thalès de Milet, est un mathématicien, philosophe connu. Il fait partie de ces philosophes qui ont lancé un nouveau concept. → une substance polymorphe sous-tend toute chose en ce monde.
  • → le concept d'atome, apparu à cette époque est issu de ce genre de philosophie.
  • On peut faire un parallèle entre l'idée d'une substance polyforme qui sous tend tout…   et la monnaie métallique qui s'échange et prend toute les formes.
  • Auparavant, c'était le modèle de 4 ou 5 éléments, eau, air, terre, feu (métal) qui expliquait le monde
  • p.303.
  • Résumé de l'âge axial.
  • le marché est issu de l'Etat et les deux sont indissociables.
  • → le système fonctionne grâce au complexe: armée-pièce-esclave
  • → philosophie rationnelle → matérialiste → les forces matérielles au lieu de divines
  • le sens est donc l'accumulation matérielle au lieu du lien social
  • En réaction à ce matérialisme, une morale éthique se développe
  • → un terreau se fait pour le développement de religions qui rassemblent ceux qui ne veulent pas évacuer le divin et qui ne sont pas adepte du matérialisme.

Les limites de la croissance

  • A un moment donné tous les empires ont fini par s'effondrer (ce serait intéressant de clarifier pourquoi ? manque de ressource dans les mines ? complexité mal gérée ? morcellement des terres, rivalité de succession ?)
  • Au moment de l'effondrement des empires. Les empereurs ont tenté de faire tenir leur empire sur une nouvelle base → les religions qu'ils avaient laisser vivre pour lesquelles ils n'avaient pas trop d'intérêt.
  • Ils ont tenté de transformer ces religions en religion d'Etat.
  • → Inde → Bouddhisme  (Ashoka)
  • → Rome → Christianisme (Constantin)
  • → Chine → Confucianisme (Han Wu Li)
  • Le résultat a été très variable:
  • → Inde: l'empire à disparu. → en 500 ans le bouddhisme a été évacué d'Inde !
  • → Rome: l'empire d'occident s'est effondré. L'empire d'orient a tenu encore mille an.
  • → Chine: l'empire s'est effondré… mais s'est reformé quasi immédiatement grâce à la morale confucianiste qui était une administration d'empire bien tenace.
  • Résultat, même si le but était une fusion, dans la pratique on observe une dualité. Une division des sphères
  • → la sphère morale dominée par la religion
  • → la vie publique et économique dominée par l'Etat
  • → la chine a quand même réussi plutôt bien sa fusion, même si la monnaie métallique s'est effondrée.
  • On entre dans le moyen âge.

Moyen âge

Chapitre 10. p.307

  • C'est la période du retour des monnaies de crédit. (même si les unités de mesures sont toujours les monnaies métallique romaine.) Dinar vient de Denarius
  • ~ 400 → Effondrement des empires (effondrement de l'empire romain occident 476)
  • Effondrement de la population.
  • Effondrement des villes.
  • → les campagnes vivent nettement mieux → Elles ne doivent plus nourrir les villes !
  • Des périodes de types "moyen âge" sont arrivées dans les 3 grandes parties du monde: Europe, Inde, Chine, Mais pour l'Europe cette période a été très tardive.
  • Le premier Moyen âge a eu lieu en Inde.

Moyen âge indien

  • L'empire et son complexe "armée-pièce-esclave" a commencer à manquer de pièces pour payer ses mercenaires.
  • → les mercenaires ont commencé à être payé en terre.
  • → l'empire s'est morcelé.
  • L'hindouisme a repris le dessus
  • La caste des Brahmanes à pris le dessus
  • Les Brahmanes ont renforcés le système de castes pour réorganiser la société. → "loi de Manou"
  • Chaque caste a des devoir (dette) envers les autres castes pour faire fonctionner la société
  • Les Brahmanes ont des dettes envers les dieux
  • Avec la fin de la monnaie métallique, c'est le retour des crédits.
  • → les taux d'intérêt sont très différents suivent les castes. → de 2% à 60%.
  • → tout est conçu pour que les personnes ne puissent pas changer de castes. → les taux d'intérêt ne sont que le reflet de cette volonté.
  • → les dettes s'héritent de génération en génération… mais sont effacées au bout de 3 générations.
  • le système des castes est tellement bien implanté qu'il devient naturel. → l'économie fonctionne grâce à ce système. Chacun a sa place. (ainsi, on ne se demande pas… "qui va faire les sales boulots")
  • Globalement, il semble que, les gens, même de basse caste vivent pas trop mal. → ils n'ont plus à nourrir les villes. (comme les serfs européens → Serf en latin = coloni)
  • → l'Inde est passée d'un pays qui abritait les plus grande villes du monde à un pays au centaine de milliers de villages.

Moyen âge chinois. P. 315-16

  • La bureaucratie du confucianisme tient la Chine, même si c'est une suite de révoltes partout.
  • → entre 613-615, on comptait 1.8 révolte par heure dans l'empire chinois !
  • Gouverner l'entier de la chine de manière centralisée est donc illusoire. → c'est de la gestion des révoltes qui se pratique. Des régulations pour tendre vers un objectif.
  • L'idéologie confucianiste est la base de la stabilité:
  • → patriarcat
  • → égalité des chances
  • → la promotion de l'agriculture
  • → impôts légers
  • → le contrôle des marchands par l'Etat
  • → la lutte contre les envahisseurs nomades
  • La recette gagnante de la stabilité est: un Etat pour les marchés, mais contre le capitalisme. (Pour l'échange juste, contre le profit)
  • L'omniprésence du Confucianisme en Chine est concurrencé par l'arrivée du Bouddhisme via les caravanes de marchands.
  • Les temple bouddhiste invente un nouveau type d'offrande divine. → La donation perpétuelle
  • → une personne fait don d'une richesse et le temple vit des intérêts de ce don (~15%). Sans jamais toucher au principal.
  • → c'est une invention capitaliste.
  • Ainsi les richesses se concentrent à nouveau dans les temples.
  • → ça dérange l'empire, qui lui utilise toujours des pièces de monnaies en bronze. → le pièces ont tendance à disparaitre dans les temples et se retrouvent souvent fondues et coulées en statues du Bouddha.
  • → l'empire chinois fait donc régulièrement des attaques et rase des temples bouddhistes pour réguler son marché.
  • En 806, le papier monnaie est inventé par les temples bouddhistes.
  • → C'est la fortune des temples qui est utilisée pour garantir ces "billets de banques".
  • → On retrouve ainsi une monnaie non plus métallique, mais des types "reconnaissance de dette".
  • → Ces papiers monnaie sont utiles pour les marchands (vu que les bouddhistes sont souvent des marchands)
  • → L'idée du papier monnaie sera reprise par l'Etat chinois.

Moyen âge occidental p.332

  • ici par "occidental" on parle plutôt de ce que l'on appelle plus couramment "le moyen orient". → tout est relatif
  • L'Europe de ce début de moyen âge n'est pas très intéressante. → La partie innovante, c'est le monde musulman. → Islam.
  • Le monde musulman est l'aile marchande du monde occidental.
  • Le monde musulman fonctionne de façon quasi opposée au monde chinois:
  • → Les musulmans aiment le droit, les lois écrites. Ils ont des juristes (ouléma) → En Chine ce sont les lettrés cultivés (fonctionnaires confucianiste) qui font la justice. (elle n'est pas écrite, on fait appel à ces personnes pour juger en cas de besoin)
  • → L'Etat et la religion sont des autorités séparées (voir parfois opposées) dans l'Islam → en Chine c'est fusionné
  • Le morale musulmane interdit l'esclavage d'autres musulmans (et gens du livre… donc juifs et chrétiens)
  • → les soldats sont tous des esclaves (souvent turcs) (Mamelouk) → ceci pour éviter de tuer d'autres croyants !
  • Le commerce est bien vu dans l'Islam (contrairement à la situation dans l'Europe chrétienne)
  • → Le prophète Mahomet était commerçant !
  • Le commerce est positif, mais l'intérêt est interdit.
  • → On utilise un système de commissions pour rémunérer les commerçants.
  • Les riches marchands mettent en banque leur fortune et achète tout à crédit à l'aide de reconnaissances de dettes tirables à la banque indiquée. → Sakk → d'où vient le mot "chèque".
  • Le chèque (comme tous les contrats) est garanti par la réputation du marchand (honneur). (vu que l'Etat ne veut surtout pas intervenir dans le marché)
  • → L'Etat n'accepte pas les chèques pour payer les impôts.
  • p.342
  • Beaucoup de théories d'Adam Smith sont en fait des idées que des auteurs musulmans comme Tusi et Ghazali (1058-1111) avaient déjà publiées des siècles plus tôt !
  • La différence c'est que Smith voit le marché comme une extension de la concurrence entre les humains, alors que les musulmans voient le marché comme l'extension de la coopération entre humain.
  • → Les musulmans ne voient la monnaie que comme intermédiaire et outil de mesure. Mais jamais comme une fin en soi.
  • Au final, malgré des systèmes opposés, les musulmans et les chinois arrivent à la même solution de stabilité:
  • → pour l'encouragement du commerce, mais contre le profit. (Pour l'échange juste, contre le profit)
  • Dans le système chinois, c'est l'Etat qui garanti le marché. Dans le système musulman, c'est l'honneur du marchand qui garanti le marché.

Moyen âge dans la Chrétienté p.345

  • Le moyen âge en Europe, utilise comme monnaie les "monnaies imaginaires" carolingienne, le ecu, escudos…
  • Les rois réévaluent sans cesse leur monnaie
  • → les échanges principaux se font en crédit.
  • Le Deutéronome 23.20-21 interdit l'intérêt dans le commerce avec ses compatriotes (nokri) → l'intérêt ne peut se pratiquer qu'avec les étrangers. → par extension seulement les ennemis.
  • → Pour les chrétiens le commerçant est mal vu (au contraire du commerçant aventurier musulman comme Sinbad qui est un héros)
  • La question de la définition de l'usure est sans fin. → L'usure = ce qui dépasse le montant prêté, ou alors toute forme de profit ?
  • Les écrits d'Aristote (politique 1258b) sont aussi très suivi:
  • → l'économie de marché → ok
  • → la finance → interdit !
  • → la monnaie doit servir de moyen d'échange. Elle ne doit pas se multiplier d'elle même. (l'intérêt)
  • En grec "intérêt" se dit "tokos" → multiplicateur ( moi je vois engendrement)
  • L'astuce qui a été trouvée pour rémunérer les commerçants, sans être usurier, c'est la pénalité pour manque à gagner.
  • → "lucrum cessans" → manque à gagner
  • → C'est la notion d' "interesse" qui a donné le mot "intérêt"
  • → si une somme d'argent a été prêtée, elle ne peut plus être utilisée par son propriétaire. Donc il a un "manque à gagner". Ainsi l'emprunteur paie des pénalités pour le manque à gagner. → n'est pas considérée comme de l'usure.
  • conclusion, on voit bien une grande différence de vision du monde entre musulman et chrétien à propos du marché:
  • → musulman → commerce = ok. → prolongement de l'entraide
  • → chrétien → commerce = usure, mauvais. → c'est le prolongement de la guerre, de l'arnaque, de la violence.
  • Conséquence le commerce a mis très longtemps à émerger en Europe.

XIème siècle en Europe, émergence du commerce

  • Pour développer le commerce, les marchands chrétiens ont utilisé cette "technique":
  • → pour éviter les persécutions, pour s'affranchir, le commerce ne s'est développé que dans des villes/Etats dirigées par des commerçants.
  • → l'Etat + la justice → outil pour faire respecter les contrats
  • → l'armée + police → outil pour faire respecter les contrats par la force
  • On voit ainsi de nombreuses cité Etats se développer:
  • → Italie du nord → Venise, Gène, Milan
  • → Suisse → Zürich, Bern
  • → Allemagne
  • Avec ce système, les marchés sont souvent ouverts par la force.
  • Si l'on a besoin d'un nouveau marché, il faut conquérir un nouveau territoire.
  • → la piraterie, le commerce ou la croisade sont finalement très très proche.
  • → la Méditerranée est devenue un terrain de guerre commerciale. → guerre au sens littéral
  • → Alors que l'océan indien dominé par les musulmans est un lieu pacifique, avec des commerçants qui s'entraident. (ceci jusqu'à l'arrivée de navires marchands européen qui ont pillés les ports)
  • L'ordre religieux des Templier était aussi un formidable réseau commercial et bancaire.
  • → ils ont importé en Europe le concept de lettre de change pour transporte de l'argent de manière souple et sûre d'un bout à l'autre de l'occident.
  • p371
  • Si l'économie de marché et les commerçants sont bien vu dans l'Islam, mais pas dans la chrétienté, comment se fait il que le capitalisme est né chez les chrétiens ?
  • → 2 facteurs fondamentaux:
  • → la notion de risque
  • → la notion de personne morale
  • Le risque:
  • → Dans le monde musulman, le profit est une récompense pour le risque pris. Les commerçants sont littéralement des aventuriers.
  • → le risque c'est de la divine providence.
  • → Vouloir s'assurer contre un risque. C'est impie !
  • → un profit garanti, ce n'est plus du commerce, c'est de l'usure ! (à l'opposé de l'idée de donation perpétuelle bouddhiste, qui cherche justement à garantir un profit !)
  • → le monde chrétien, lui a voulu s'assurer contre le risque. Il a créé la notion d'assurance. Une des base du capitalisme.
  • La personne morale:
  • Ce concept de "personne morale" a été créée dans le droit canon par le pape Innocent IV en 1250 → "persona ficta"
  • → la personne morale est immortelle. Elle n'a pas a supporter les vicissitudes de la vie des mortels.
  • → les monastères (surtout cisterciens), les universités, les églises, les municipalités et les corporations et compagnies sont devenus des personnes morales.
  • corporations et compagnies étaient des "groupes" d'entraide. Elles vont maintenant avoir une personnalité juridique et pouvoir acquérir des biens et terrains pour elle même.
  • C'est ainsi que s'est développé ce que certains appellent "le capitalisme monastique" → des monastères (surtout cisterciens) qui s'entourent d'industrie. Des moulins, des forges, etc… (dans le même style que le temples bouddhistes)

Les empires capitalistes 1450 - 1971

Chapitre II

p. 374

  • retour aux monnaies métalliques
  • Vers 1450 est probablement la période de l'histoire où l'Europe était au top du bien être.
  • → le tiers à la moitié des jours de l'année étaient fériés. Il y avait de fêtes toute le temps.
  • → ça a dérangé les puritains et justifié une partie de la réforme.
  • la période de 1500 à 1650 a vu une inflation massive de 500% (chiffre anglais) qui a profondément modifié l'économie européenne. (les salaires ont baissés de 60%)
  • Une des premières hypothèses à cette inflation → à cause de la masse d'or et d'argent rapporté depuis les Amériques → FAUX.
  • → cette hypothèse ne tient pas, car durant cette période, il y a eu une pénurie générale de pièce de monnaie métalliques. Il y a avait même des gens qui fondaient leur argenterie pour payer leur impôts !
  • La véritable raison est l'invention des bons d'Etats et l'abus de leur utilisation par les Etats. Nous verrons ceci plus loin en détail. Revenons à l'or...
  • → l'or n'est jamais resté en Europe → Il est parti dans les temples indiens.
  • → l'argent n'est jamais resté en Europe → Il est parti en Chine pour servir de monnaie.

Chine

  • En 1271, la Chine a été conquise par les Mongols. Ces derniers ont adoptés/conservé l'utilisation des papiers monnaies. (inventé en 806 dans les temples bouddhistes)
  • En 1368, la Chine vit la révolte qui crée la dynastie Ming.
  • Cette révolte était due à une incapacité de la dynastie précédente de gérer l'économie, ce qui a entrainé de l'inflation et des inondations suite à un manque d'entretient de digue.
  • → la nouvelle dynastie veut prône une communauté agraire autonome
  • → la nouvelle dynastie s'oppose au commerce (surtout extérieur)
  • → la nouvelle dynastie instaure l'impôt en nature
  • → la nouvelle dynastie met en place un système de quasi caste comme en Inde en ne reconnaissant que peu de métiers.
  • → le papier monnaie n'est plus reconnu pour payer les impôts.
  • → les gens développent une économie souterraine à base de pièce de monnaie métallique.
  • → c'est la ruée vers l'argent qui se crée. → des mines illégales se multiplient.
  • Devant l'ampleur du phénomène → le gouvernement Ming décide d'officialiser les mines.
  • → dès 1450 les impôts doivent obligatoirement se payer en pièce d'argent.
  • → le système économique chinois devient florissant. L'économie Ming de cette époque est reconnue comme une des plus prospère de l'histoire.
  • La forte croissance de l'économie pose un soucis → il n'y a plus assez d'argent pour fabriquer des pièces de monnaie. Il faut importer de l'argent.
  • → la Chine importe de l'or et surtout de l'argent depuis l'Europe, en échange de soie et d'épices.
  • → en 1530 les mines d'argent de Chine sont totalement épuisées.
  • → la Chine devient le moteur de la demande minière en Amérique.
  • Alors même qu'il y a une pénurie de monnaie métallique en Europe.
  • → les impôts en Europe se paient en pièce d'argent
  • → dans la vie courante les gens utilisent le crédit et les objets de taille.
  • Définition:
  • p 365
  • Symbole:
  • sumbolon (σύμβολον) en grec
  • → fu hao en chinois
  • → les deux signifient "objet brisé en 2 pour créer un contrat"
  • → Les objet de taille sont des bois coupé en deux sur lesquels on a inscrit les terme d'un contrat (une dette)

Empires commerciaux européen versus vie locale.

  • Vers 1500 à 1511 les navires européens contournent l'Afrique et s'en vont commercer (pirater) sur l'océan indien.
  • en 1571 la ville espagnole de Manille aux Philippines est créée comme comptoir pour commercer avec la chine. Ce qui permet à l'Espagne de coloniser l'océan Pacifique.
  • → échange de Soie et de porcelaine contre de l'or et argent des Amériques.
  • → les marchands espagnols deviennent très riches, mais ça ne profite surtout qu'à eux et peu à la population européenne.
  • En Europe:
  • → les Etats trafiquent la monnaie en inventant des outils de crédits qui créent des bulles spéculatives.
  • → la pratique des "enclosures" (tragédies des communs) se généralise. → la privatisation de pâturages communaux
  • → de plus en plus de paysan sont ruinés. (et le vagabondage est sévèrement interdit)
  • → ils sont alors engagés comme ouvrier dans l'industrie naissante
  • → ils sont alors envoyés dans les colonies.

Colonisation des Amériques

  • Le chef militaire Cortes était endetté. → pour se refaire, il lance une expédition (illégale) à la conquête du continent américain (depuis l'ile d'hispañola où il était)
  • → il utilise le principe de la dette pour motiver ses troupes. (600 soldats)
  • → il leur promet un partage des richesses de la conquête, mais leur facture (à crédit) les armures et arbalètes → nombreux sont donc les soldats qui se sont retrouvés endettés après l'opération. (le partage du butin n'ayant pas donné grand chose aux soldats.)
  • Les soldats endettés se sont empressés après la conquête des aztèques de gérer les régions indigènes avec des techniques de dettes et d'impôts, pour eux mêmes tenter de se désendetter.
  • Une des premières chose qui est faite après la conquête, c'est de mettre les indigènes dans les mines.
  • p. 387
  • Au finale Cortès rentre en Europe ruiné ! → Il va même voir le roi pour tenter d'effacer ses dettes.
  • → ça vaut la peine de massacrer 90% des habitants d'un continent et de les mettre en esclavage dans des mines tout en étant toujours endetté !
  • On retrouve la même logique dans les croisades. → lors de la 4ème croisades les chevaliers rentrer ruinés, même après avoir piller des villes sur leur chemin.

Réforme

  • p. 391
  • En 1520, Luther dit que les vrais chrétiens qui partagent tout sont rares:
  • → nous sommes sur terre et pas dans un monde idéal, donc il est possible de faire des entorses à l'idéal
  • → L'usure est interdite. Mais 4% à 5% d'intérêt, n'est pas considéré comme de l'usure vu que le monde n'est pas parfait.
  • → la preuve que le monde n'est pas parfait, c'est que dans les écritures, il y a des exceptions quand on parle d'usure. → On a pas le droit de faire de l'usure avec ses compatriotes, mais on a le droit avec les étrangers.
  • → sur la base de la notion d' "interesse", les pénalités pour manque à gagner, le monde protestant relance le commerce en Europe.
  • → en 1650 tous les protestants ont intégrés ses valeurs marchandes.

Monde des crédits et de l'intérêt

Deuxième partie. P.396

  • L'Europe est divisée en 2.
  • Il y a 2 types de monnaie qui sont utilisées, mais pour des contextes différents:
  • → monnaie métallique pour l'état et les marchands
  • → monnaie dette/crédit pour tout les échanges quotidiens entre tous.
  • On a aussi 2 types de philosophies qui sous-tendent ces monnaies:
  • → la notion d'intérêt personnel quand on fait des transactions en monnaie métallique
  • → la notion d'entraide quand on se fait crédit entre personne d'une communauté
  • La notion d'intérêt personnel émerge gentiment dans une vision du monde ou l'entraide n'existe pas. → elle est théorisée par Guichardin (un ami de Machiavel) qui compare le monde où l'amour règne et en opposition c'est le monde de l'intérêt personnel.
  • → il était très étrange à l'époque de baser une théorie philosophique de la vie sur la notion de "pénalité pour retard de paiement dans un emprunt" !!
  • → les écrits de l'époque (celle de Hobbes et de son léviathan) commencent à mettre en avant le fait que le monde est mécanique et rationnel. Que la motivation n'est finalement que le profit, et donc la notion d'intérêt qui permet le profit. C'est là le glissement qui est fait.
  • → on retrouve les notions déjà présentes des siècles plus tôt en Chine. (prince Shang)
  • → Il y a un parallèle entre la physique et sa mécanique céleste implacable et des gens qui cherchent la mécanique dans la morale humaine. → L'intérêt personnel est une des théories.
  • Mais ce n'est pas la seule explication du glissement de la société d'entraide qui utilise le crédit vers une société de concurrence qui utilise la monnaie métallique.
  • p. 404
  • C'est surtout, (principalement en Angleterre), l'ingérence du pouvoir judiciaire très dur contre les endettés qui a transformé une société de solidarité par crédit mutuel en société morale métallique.
  • → Sous la reine Elisabeth, le châtiment pour vagabondage (chômage) en cas de 1er délit: être cloué par les oreilles au pilori. Pour les récidivistes: la mort !
  • Voici l'histoire de Margaret Sharples vers 1660 à Chelsea. → N'ayant pas assez de monnaie pour payer un tissu, elle a emporté ce tissu à crédit en mettant en gage un panier de provision. → Une pratique courante en terme de crédit mutuel. Entre temps, le propriétaire de la boutique a changé d'avis. Il a rendu le panier en gage et a décidé de poursuivre Margaret pour vol. → bilan, Margaret a été pendue !!!
  • Cette histoire semble quand même un peu exagérée. Il est fort probable qu'en fait, le vol n'était qu'un prétexte que le boutiquier a trouvé pour se débarrasser de cette personne pour d'autres raisons. (pourquoi éliminer une cliente ?)
  • → On imagine bien qu'ayant entendu cette histoire, plus d'un se retient de faire du crédit mutuel et préfère payer comptant en monnaie sonnante et trébuchante. (le trébuchet est une balance utiliser pour vérifier le poids de la pièce de monnaie)
  • Historiquement, à cette époque le recours à la justice de l'Etat était très très rare. Puis, même moins de 1% des affaires portées en justice allaient jusqu'au jugement. → C'était souvent juste un moyen de consigner par écrit un fait. (la population étant largement illettrée)
  • La morale voulait aussi que l'on règle ses affaires entre voisins.
  • (Je pense que les gens avaient aussi peur que le système judiciaire se retourne contre eux si il lançaient un procès, et au vue des peines et de l'état des prisons de l'époque c'était un sérieux risque)
  • On voit que la crainte du système judiciaire dur peut suffire à inciter à ne plus utiliser le crédit et casser la communauté.
  • p. 408
  • Adam Smith a continué de créer une nouvelle réalité en décrivant des fables. Notamment celle que les commerçants n'agissent que par "intérêt personnel" → c'est actuellement une idée couramment acceptée. Mais à l'époque le crédit mutuel était majoritaire et l'on voyait plutôt le commerçant comme un maillon de l'entraide communautaire.
  • Pour rappel, Adam Smith tentait de justifier l'économie comme une discipline à part séparée des autres discipline. Ce qui évidemment ne va pas en faveur d'une vision de l'économie qui est intégrée dans l'entraide d'une communauté.

Troisième partie

Monnaie de crédit impersonnelle

  • Nous allons voir comment le crédit s'installe même sans avoir besoin d'un système d'entraide communautaire.
  • → du crédit mutuel au crédit impersonnel en passant par la monnaie métallique.
  • Le contexte européen est très défavorable aux prêteurs. L'usure est interdite.
  • → un prêteur ne doit pas prêter plus qu'il n'a.
  • → En 1360, le banquier Francesch Castello a été décapité devant se banque pour avoir prêté plus qu'il n'a.
  • Ce n'est que dans les cités Etats commerciales que la morale est plus tolérante et que des nouveaux outils financier apparaissent:
  • A Venise au XIIème siècle: invention des bons municipaux pour financer la guerre:
  • → C'est un emprunt obligatoire en avance de l'Etat sur ses citoyens (comme un impôt en avance) qui est rémunéré à 5%.
  • → le citoyens ont donc des titres qui valent 5% de plus que ce qu'on leur emprunté.
  • → Mais ces bons municipaux n'ont aucune échéance. → ainsi personne ne sait si ils seront vraiment remboursés
  • → Tout un marché des bons municipaux se met en place. Les spéculateurs les achètes ou les vendes au grés des victoires et revers militaires de l'Etat vénitiens.
  • En 1570, les bons d'Etat se sont disséminés un peu partout.
  • → On retrouve à Medina del Campo en Espagne une bourse aux bons d'Etat. → Nous avons là une monnaie.
  • p. 413
  • → C'est là, la véritable raison de l'inflation massive en Europe entre 1500 et 1650. → Les Etats ont abusé des bons d'Etats.
  • 1694: Création de la banque d'Angleterre → la 1ère banque centrale.
  • → un groupe de 40 marchands prête 1.2 millions de livres au Roi (pour financer la guerre contre la France)
  • → ils titrisent cette dette en petite coupure → des billets de banque (au début nominatif puis au porteur)
  • → c'est la dette du roi, et donc à lui de payer en dernier recours (ce qui garanti le "crédit", la "croyance" dans le fait que cette dette sera remboursée, vu qu'un roi est riche et/ou peut lever des impôts)
  • → c'est au roi de rembourser cette dette, mais les banquiers se sont engagés à donner la compensation en pièce d'or que le papier monnaie représente. (Ceci en échange du monopole d'émission de billet de banque)
  • → la banque d'Angleterre est devenue une chambre de compensation utile entre petite banque. (on préfigure déjà la notion de banque centrale)
  • p. 414.
  • Le discours de l'époque sur les monnaies était divers. Les années 1960 en Angleterre ont été des années peu stable en terme monétaire.
  • John Locke (le contractualiste libéral) était un des conseillers de Isaac Newton (connu pour sa découverte de la gravitation), mais qui était aussi à cette époque le directeur de la monnaie.
  • Locke ne croyait pas à la "Foi" en l'Etat. → il pensait que c'est l'or (ou d'autre métaux) qui par nature contient la valeur. → la monnaie ne doit pas être altérée.
  • → Locke était un scientifique rationaliste, matérialiste → Il ne voulait pas introduire la notion de foi ou croyance dans la monnaie.
  • → le sceau du roi sur la face des pièces doit garanti le fait que les pièces sont purs et d'un poids juste. (et pas montrer qui paye la dette en dernier recours)
  • → c'est à l'opposé de nombreuses monnaies métalliques de l'antiquité qui avaient plus de valeur que la valeur du métal dont elle étaient conçue. C'était uniquement à l'étranger, où l'autorité sur la face n'était pas reconnue qu'on échangeait les pièces à leur valeur métallique.
  • → c'est surtout l'opposé de la vision du papier monnaie (reconnaissance de dette, donc foi en l'Etat qui paie)
  • → le crénelage que l'on voit sur la tranche des pièces de monnaie est une invention faite dans le but d'empêcher le rognage des pièces.
  • → en effet, le rognage des pièces était courant avec une théorie qui voulait que la pièce ait la valeur du métal. → personne n'aurait l'idée de détruire une pièce qui vaut plus si elle est entière que si elle est fractionnée.
  • En 1717, la grande Bretagne et l'Empire Britannique ont adopté l'Etalon or. → L'or est la monnaie. → Cette vision du monde persiste encore de nos jours, même si depuis la fin des accords de Bretton Woods ce n'est plus la réalité du système monétaire.
  • En 1720, l'éclatement de la bulle spéculative de la compagnie des mers du sud. → C'est une époque de grande spéculation sur les richesses que cette compagnie allait pouvoir faire. Les dirigeants de cette compagnie pour faire grimper leur financement ont grossi les gains possibles. Il se sont fait prendre pour manipulation et l'action s'est effondrée.
  • En 1721, la banque centrale française créée par John Law fait faillite. → Le principe est le même que la banque d'Angleterre, juste un circulation de monnaie papier convertible en or. La création monétaire était basée sur les richesses rapportées des colonies, surtout de la Louisianne. Law a ensuite agit comme en Angleterre en faisant miroiter des richesse beaucoup plus grandes en provenance des colonies. → Les ennemi de Law (le prince Conti et le duc de Bourbon) ont soutenu la spéculation dans le but de créer une bulle. Ce qui n'a pas manqué. Les investisseurs ayant vu le cours de l'action atteindre des sommets ont voulu réaliser leur gain (40 fois) ils viennent chercher leur or. Ce qui provoque la fin de la banque, car les gains des colonies ne sont pas encore fait. (et peut être sur évalué)
  • Le papier monnaie n'a donc plus la confiance à cette époque.
  • Il est intéressant de noter que les souverains européens ont engagés des alchimistes pour tenter de créer de l'or. (Isaac Newton était un alchimiste), mais ne voyant que peu de résultat ils ont réalisé la multiplication de l'or grâce au papier monnaie !

Quatrième partie

Qu'est-ce que le capitalisme ?

  • p. 420
  • "capitalisme" mot apparu dans le vocabulaire des socialistes pour définir → un système où celui qui a le capital dirige.
  • Les outils financiers du capitalisme sont apparu bien avant la science économique et les ateliers et usine. (~1700)
  • le commerce guerrier et une particularité européenne.
  • Le financement par action
  • → apparu pour financer des sociétés coloniales → la compagnie des Indes orientales et occidentales.
  • → la dette = financement de guerre
  • Les 3 types de commerces les plus courants de ces compagnies sont:
  • → les armes
  • → les esclaves
  • → les drogues (café, thé, sucre, tabac, opium….)
  • Il y a toujours un lien entre le capitalisme et l'esclavage. → le travailleur libre est une fable, ça n'a jamais fait tourner un système capitaliste.
  • En Europe, le salariat puise ses racines dans le système médiéval d'Europe du nord qui voulait que toute personne a un rôle, d'apprenti, page, servante dans la période de sa vie allant de ~12-14 ans jusqu'à 28-30 ans.
  • Une fois les ressources accumulées il est possible de créer son propre foyer.
  • → le mot "prolétariat" vient d'un mot qui signifie "ceux qui ont des enfants" → montre bien que c'est après ce cycle d'apprenti salarié
  • Le salariat c'est ne jamais sortir de cette période de page-apprenti-servante → prolongation de l'adolescence
  • Le salariat est accepté par les masse car il crée une illusion de liberté convaincante → le salariat permet l'illusion de sortit des griffes de la dette
  • → la fable s'approche de la réalité.

Cinquième partie

Apocalypse

  • p. 436
  • Le progrès = ? amélioration progressive de la civilisation.
  • → on suppose que le futur sera toujours meilleur.
  • Quand on contracte une dette → on suppose que le futur sera meilleur et permettra de rembourser
  • → quand c'est une dette nationale → le futur doit vraiment reposer sur un futur incroyablement mieux.
  • Le paradoxe, c'est que l'histoire montre que dès que le capitalisme semble être LE système, qu'il aura un développement immortel….. → paf… une crise arrive.
  • → le capitalisme a besoin de se convaincre qu'il n'est pas durable pour durer….
  • Ainsi les risques sociaux, le communisme rival, la guerre, les limites écologique sont toujours des bons stimulateur du capitalisme.
  • → une explication est que le capitalisme fonctionne sur le profit à court terme. Si une vision long terme est possible, la machine s'emballe…

Chapitre 12: Début d'une ère encore indéterminée

  • p.440
  • 15 août 1971: Nixon annonce la fin de la convertibilité du dollar en or.
  • → c'est la fin de l'Etalon or.
  • → le but était certainement de payer la guerre du Vietnam.
  • Toujours le même principe
  • → la dette d'Etat sert à financer la guerre

Fonctionnement du système monétaire US

  • p. 445
  • + note 9 p. 619
  • Explication du fonctionnement de la création monétaire par la FED
  • → une banque privée qui a le monopole de la titritisation de la dette US en billet de banque.
  • → le président de la FED est nommé par le président US et avalisé par le congrès. C'est le seul lien du contrôle public sur la monnaie → ce qui est contraire à la constitution US 1,8,5 qui dit que battre monnaie est une compétence du congrès. (et définir sa valeur)
  • Le principe:
  • Le trésor US émet des bons (une promesse de remboursement)
  • Les bons du trésor sont mis sur le marché
  • La FED achètes des bons et les monétises en billet de banque
  • La FED fourni de la monnaie centrale qui sert de base aux crédits des autres banques. (réserves fractionnaires)
  • Le découplage de l'or est un avantage pour les USA
  • → le $ devient la réserve ultime de valeur
  • Au moment du changement, de nombreuses banque centrale se sont retrouvée avec des $ non convertible en or → que faire avec ?
  • → acheter des bons du trésor US
  • → acheter des actions dans les sociétés US cotées en bourse.
  • La vraie cohésion du système monétaire actuel → c'est la force militaire US qui est capable d'agir partout. (800 bases militaires dans le monde)
  • → il semble ces dernières années que le sud de la chine (région de hong-kong) est probablement la première depuis longtemps que l'armée US n'est pas certaine de pouvoir pénétrer. (La force de frappe US, c'est surtout son aviation. Le système de défense anti-aérien de la région est au top)
  • "Etrangement" les 5 pays qui détiennent le plus de bons du trésor US sont en général les pays "occupé" militairement. (ceux qui ont des bases militaires de longues date… ou sont des protectorats comme la Corée)
  • → note 12. p.619 → pression diplomatique
  • l'OPEP négocie son pétrole en dollars $ → la monnaie de base du monde est donc plutôt le pétrodollar
  • "Etrangement" tous les pays qui ont voulu négocier leur pétrole dans d'autres monnaie ont eu des soucis militaires avec les USA…
  • → en 2001 Saddam Hussein a tenté de négocier en € (tout comme l'Iran)
  • capitalisme = alliance de la guerre et de la finance.
  • Etrangement, le cycle "monnaie dette" - "monnaie métallique" qui fait osciller entre paix et guerre ne fonctionne plus.
  • → le retour à la dette ne libère pas de l'impérialisme. → On a un impérialisme de la dette.
  • L'impérialisme de la dette s'effrite. → le FMI qui a agit comme outil de promotion de la dette est balloté. L'argentine s'en est défait.
  • En 2008 crise financière
  • → achat massif de bons du trésor US pour sauver les meubles (~1300 milliards)
  • → La Chine, principal créancier US … dit publiquement qu'elle n'aime pas. Qu'il faut que les USA arrête de créer de la monnaie à partir de rien !
  • p. 453
  • Pourquoi la Chine qui est le principal rival des USA achète de la dette US ?
  • → Elle poursuit une vieille politique de toujours….
  • → …. pour être reconnu empereur de tous , il faut donner des cadeaux aux Etats voisins
  • → Est-ce que la Chine fait ainsi un cadeau aux USA ?
  • Luther King dans son célèbre discours: j'ai fait un rêve → Il di que l'Etat est le garant de la liberté
  • Ere Keynesianiste:
  • → contrat social entre le travailleur à qui on augmente le salaire en échange de l'augmentation de productivité
  • → Cette logique a fonctionné jusqu'en 1980…. après plus.
  • Keynes voulait supprimer les rentiers. → voulais supprimer les dettes (comme Ricardo et Adam Smith)
  • Depuis 1980 changement de politique. → Reagan et Thatcher → la dérégulation.
  • → fin du rêve
  • Au lieu de travailler → devient aussi rentier (donc l'opposé des visions anti-dettes)
  • → les revendications sont: accès à tous à la rente, à la bourse, au crédit, aux cartes de crédits.. à l'hypothèque… → donc l'Etat fait la promotion de la propriété de maisons.
  • Dans notre civilisation, l'honneur a passablement disparu
  • → il ne reste que la religion comme cadre moral.
  • Chez les évangélique on trouve une justification théologique de la création monétaire infinie (qu'on ne pourra jamais rembourser)
  • → Dieu a créé à partir de rien. C'est la grâce qui nous permet de faire pareil. (George Gilder )
  • → C'est opposé à la vision issue des grecs antique, de l'Ubris, la démesure qui est le pire des "pêché" → personne n'a le droit de se prendre pour Dieu.
  • p.468
  • Le système actuel est paradoxal.
  • la pensée TINA domine le monde politique. On l'impression que le capitalisme est un mal obligatoire.
  • → Alors que le capitalisme a besoin de voir sa fin proche pour prospérer...
  • Quand une crise arrive… alors que ce serait le moment de changer de système → on ne change pas grand chose..
  • On ne sait pas trop ce que nous réserve l'avenir.
  • → selon les cycles on retombe actuellement dans une phase comme à la fin de l'âge axial et au début du moyen âge !

monnaie dollars renminbi yuan.JPG

Mes observations à propos du livre Dette 5000 ans d'histoire

  • Depuis l'écriture de ce livre, il y a encore le phénomène bitcoin qui s'est développé.
  • → C'est une monnaie du genre métallique, même si elle est sur un support électronique.
  • → On fait même du "mining" pour la création monétaire. Donc une référence directe à la mine.
  • On voit également beaucoup l'émergence de nombreuses monnaie complémentaires citoyennes.
  • → très souvent c'est sur la base du papier qui représente un avoir en monnaie ayant cours légal
  • Personnellement, je suis pour le crédit mutuel amélioré avec un zoom arrière régulier. → donc un crédit, mais sans la dette prédatrice. J'appelle ceci le Système Monétaire Equilibré.

Voici une vidéo de Kalee vision qui décrit la première partie de ce livre:

Histoire de la monnaie

Dette 5000 ans d'histoire est avant tout une histoire de la monnaie. Mais c'est un sacré pavé d'anthropologue passablement indigeste pour la plupart de gens.

Ainsi pour mieux faire connaitre ces idées plus loin. J'ai fait toute une série en 11 épisodes dans laquelle je raconte l'Histoire de la monnaie et des systèmes économiques.

Voici comme aperçu le 1er épisode qui fait une chronologie de l'Histoire de la monnaie...  Les autres épisodes sont directement accessible sur la page déjà cité ci dessus.

Cette histoire de la monnaie et des Système économique est largement inspirée du libre de David Graeber, mais aussi d'autres sources et de mes expériences personnelles dans l'animation du Jeu de la Monnaie.

Ce jeu est passionnant. En 4 parties de jeu de carte, cette expériences sociale nous montre l'histoire de monnaie autrement... et déconstruit les dogmes souvent avancé par les économistes.

Le livre Dette 5000 ans d'Histoire étant déjà vieux !! ... Il ne contient pas toutes les évolutions récentes de l'histoire de la monnaie qui s'accélère.

Ainsi Graeber n'a pas pu parler de la révolution du bitcoin et des  cryptomonnaies.

Ainsi je parle également dans ces épisodes de la Théorie relative de la Monnaie. Je la critique, ainsi que son implémentation la G1...

Et j'introduit l'idée de Bernard Dugas, de créer un SME, un Système Monétaire Equilibré, ou un Système de Mesure Equilibré. Une théorie intéressante pour comprendre les référentiels et paramètres utilisés dans les systèmes monétaire. Notamment le fait que si l'on retourne l'intérêt qu'empoche le banquier avec l'intérêt bancaire, et bien en fait on retombe sur un Revenu de Base Inconditionnel....

jeu de la monnaie

Citations issues du livre de David Graeber: Dette 5000 ans d'histoire

A propos de la fable du troc:

"Le raisonnement d'Adam Smith (...) est le grand mythe fondateur de l'économie en tant que discipline. (...) "Autrefois on faisait du troc. C'était difficile. Donc on a inventé la monnaie." (...) Le problème est qu'il n'y a aucune preuve que les choses se soient passées de cette façon, et qu'une montagne de preuves suggère qu'elles ne se sont pas passées de cette façon.
Le point commun de tous ces cas d'échange par troc, c'est qu'il s'agit de rencontres avec des étrangers que l'on a de fortes chances de ne plus jamais revoir et avec lesquels on ne va pas établir de relations suivies.
Comme dans tant de petites collectivités locales réelles, chacun se contente de garder en tête qui doit à qui.
Le troc n'est pas un phénomène particulièrement ancien (...) il a lieu entre des personnes auxquelles l'usage de la monnaie est familier, mais qui, pour une raison quelconque, n'en ont pas beaucoup."

A propos de la monnaie scripturale:

"Il est faux que nous ayons commencé par le troc, puis découvert la monnaie, et enfin développé des systèmes de crédit. L'évolution a eu lieu dans l'autre sens. La monnaie virtuelle, comme nous l'appelons aujourd'hui, est apparue la première. Les pièces de monnaie sont venues bien plus tard, et leur usage s'est diffusé inégalement, sans jamais remplacer entièrement les systèmes de crédit. Quant au troc, il semble s'agir surtout d'une sorte de sous-produit accidentel de l'usage des pièces de monnaie ou du papier-monnaie."

Révolutions, insurrection:

"Dans les cinq mille dernières années, avec une remarquable régularité, les insurrections populaires ont commencé de la même façon : par la destruction rituelle des registres des dettes"

"Dites aux gens qu'ils sont des inférieurs: ça ne va pas leur faire plaisir, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, il est rare que cela les pousse à la révolte armée. Dites-leur qu'ils sont des égaux potentiels qui ont échoué, que même ce qu'ils ont, ils ne le méritent pas, qu'ils ne le possèdent pas de bon droit, et vous avez de bien meilleures chances de les mettre en rage."

A propos des impôts:

"Au fil de l'histoire, la raison la plus fréquente de s'endetter a toujours été la nécessité de réunir les sommes nécessaires pour payer l'impôt."

"En décrétant que seules leurs propres pièces seraient acceptables pour régler les redevances, les amendes et les impôts, les Etats ont réussi à submerger les innombrables monnaies sociales qui existaient sur leur territoires et à instaurer une sort de marché national unifié."
D.Graeber

Chapitre 9: l'âge axial (p277 de Dette 5000 ans d'histoire)

« Il suffit de jeter un coup d’œil au traité de Kautilya, l’Arthasastra, au « cercle de souveraineté » sassanide ou au Discours sur le sel et le fer chinois pour constater que la plupart des monarques antiques passaient beaucoup de temps à réfléchir sur la relation entre mines, soldats, impôts et denrées alimentaires. Presque tous ont conclu que créer des marchés n’était pas seulement commode pour nourrir les soldats, mais utile à bien d’autres fins : les gouvernants n’auraient plus à réquisitionner directement chez leurs sujets tout ce qu’il leur fallait, ou à trouver comment le produire sur les domaines ou dans les ateliers royaux. »

Extrait de: David Graeber. « Dette : 5000 ans d'histoire (Les Liens Qui Libèrent) (French Edition). » iBooks. p107.... mais p64 de mon édition papier "

En bref... la monnaie et les impôts, c'est un moyen civilisé de vivre sur le dos des autres....

Un exemple de mise en "esclavage civilisé par le marché" avec la colonisation de Madagascar par les français.

« C’était particulièrement fréquent dans le monde colonial. Revenons un instant à Madagascar : j’ai déjà signalé qu’une des premières initiatives du général français Gallieni, quand il a achevé la conquête de l’île en 1901, a été d’imposer un impôt personnel. Il était très élevé, mais aussi payable «uniquement en francs malgaches, la monnaie qu’on venait d’émettre. Bref, Gallieni a bel et bien imprimé de la monnaie, puis exigé que tous les habitants du pays lui en rendent un peu. »

« Mais le plus frappant a été le vocabulaire dont il s’est servi pour décrire cette capitation. Il l’a appelée l’« impôt moralisateur ». Autrement dit, cette fiscalité visait – pour adopter le langage de l’époque – à inculquer aux indigènes la valeur du travail. »

« On pourrait ne voir dans l’ensemble du projet qu’un mécanisme cynique pour soutirer à la paysannerie une main-d’œuvre bon marché, et c’était bien le but [...]»

La suite de cette phrase que j'ai tronquée explique que le second but, c'est de créer de nouvelles habitudes de "luxe" qui rendrait dépendante Madagascar pendant longtemps de la France...

Extrait de: David Graeber. « Dette : 5000 ans d'histoire (Les Liens Qui Libèrent) (French Edition). » iBooks. p107 "

Le crédit et la morale

"Je descendais la rue avec un ami l'autre jour quand un gaillard armé d'un pistolet a surgi d'une allée: "Haut les mains!"
J'ai sorti mon portefeuille et je me suis dit: "Ne perdons pas tout!" Prenant quelques billets, je me suis tourné vers mon ami : "Au fait Fred, voici les cinquante dollars que je te dois."
Le voleur a été si scandalisé qu'il a pris mille dollars de son argent personnel, a forcé Fred, sous la menace de son arme, à me les prêter, puis les a repris."
D. Graeber (vieux sketch amélioré par Steve Wright)

"A peu près partout, la majorité des gens sont simultanément convaincus (1) que rembourser l'argent qu'on a emprunté est une simple question d'éthique et (2) que quiconque fait profession de prêter de l'argent est un scélérat."

"L'histoire montre que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dette - cela crée aussitôt l'illusion que c'est la victime qui comme un méfait".

Un groupe facebook pour discuter autour du livre..

Dette 5000 ans d'histoire en pdf

Pour télécharger le livre Dette 5000 ans d'histoire de David Graeber au format pdf... il n'y a pas de recette miracle....  Mais il y a un extrait des 30 premières pages en pdf...

J'ai acheté ce livre, et je recommande de le faire:

Comment écrire un titre accrocheur – La recette scientifiquement prouvée en 6 étapes et à la portée de n’importe qui

Il est toujours difficile d'attirer l'attention. De faire un titre accorcheur qui va donner envie d'en savoir plus.

Les gens qui font des titres pour les manchettes de journaux, les gens qui font du marketing par e-mail sont devenus des maîtres dans l'art d'écrire une phrase qui va vous donner envie d'en savoir plus.

Petit exemples...

  • "Comment une grand-mère de 90 ans.. a jailbreacké un iPhone"
  • "Comment avoir une cargaison de patate sans mettre les pieds dans son jardin"

Voici la recette (secrète) que ces maîtres utilisent....

La recette pour écrire un titre accrocheur

Les ingrédients pour faire un titre accrocheur sont les mêmes que pour faire une histoire dont tout le monde se souvient.

Le livre "Ces idées qui collent" décrit dans le détail la recette d'une histoire à succès.

Ici on va s'inspirer de cette recette pour écrire juste un titre accrocheur.

Les ingrédients pour fabriquer une histoire dont on se souvient:

  • simplicité => Il ne faut garder que l'essence même de l'idée. S'il y a trop d'arguments, si l'idée est trop enrobée on l'oublie.
  • inattendu => Il faut déjouer l'intuition du mental pour attirer l'attention. C'est aussi un des mécanismes de l'humour. De plus la forme énigme va tenir en haleine le lecteur jusqu'à la fin.
  • concret => Une métaphore, c'est concret. Il faut donner une image, du détail, des exemples, du mesurable.
  • crédibilité => Si un médecin vous annonce que vous avez une maladie incurable, il aura plus de crédibilité que le marchand de glace du coin ! (mais c'est parfois un piège)
  • émotion => Ce qui nous intéresse le plus, c'est nous même. Il faut s'imaginer progresser, apprendre. Il faut que l'histoire puisse avoir un bénéfice personnel. (pour vendre selon se principe… faite imaginer le bénéfice que le produit apporte… et hop.. l'achat n'est qu'une modalité.. c'est comme si VOUS l'aviez déjà). Un milliard de gens crèvent de faim.. ne nous intéresse pas. Le gars que tu connais personnellement crève de faim. Ça te touche. Nous ne sommes pas sensible aux statistiques.
  • histoire => Il faut correspondre à un archétype d'histoire. (voir monomythe de Campell) Le faible est mis dans une difficulté impossible à résoudre. Mais il triomphe quand même. C'est une histoire qui inspire, qui motive à agir. De plus c'est une simulation qui montre comment agir. (pourquoi et comment)

Dit autrement, pour qu'une idée colle, il faut susciter l'Attention (inattendu) de celui qui l'écoute, l'aider à la compréhension (simplicité) et la mémorisation (mémoriser en utilisant tous les sens et le concret). Il faut que l'histoire soit crédible. (autorité, sincérité, honnêteté), il faut impliquer émotionnellement l'auditeur. (Les politiques qui utilisent le storytelling montrent la vie d'un chômeur pour parler de chômage en général), il faut impliquer l'auditeur dans l'histoire. L'histoire doit inspirer une volonté d'agir. Elle doit être un exemple qui donne espoir, qui indique le pourquoi agir et qui montre un comment agir.

L'art de faire un titre va surtout tenter de faire lire l'histoire au complet. Donc on va se concentrer sur les premiers ingrédients suivant la longueur du titre que l'on veut faire. Mais il est possible de tout mettre dans un seul titre !

  • transmettre l'essence de l'idée de l'article. (simplicité)
  • utiliser un mécanisme qui sort des schémas qui fait appel à l'inattendu pour retenir l'attention. Ex: utilisez une combinaison paradoxale de mots: "un papy de 93 ans jailbreak un iPhone" (inattendu)
  • entrer dans le concret. Les chiffres sont parfait pour ça. "3 astuces pour" (concret)
  • ajouter un zeste d'autorité "scientifiquement prouvé", "vu à la tv" (crédibilité)
  • impliquez le lecteur: "Spécialement pour vous", "Vous n'êtes pas seul a avoir ce problème", indiquez le bénéfice personnel: "qui vous fera gagner du temps"
  • Montrer qu'un obstacle insurmontable a pu être franchi par un personnage improbable.

Essai concret:

"Comment un papy de 93 ans peut vous aider à jailbreaker un iPhone grâce à 3 nouvelles méthodes scientifiquement prouvée…"

  • Simplicité: comment jailbreaker un iPhone
  • Inattendu: placer un paradoxe: un vieux qui sait jailbreaker de iPhone.. jamais vu ça !
  • concret: 3 méthodes
  • crédibilité: les méthodes sont scientifiquement prouvées !
  • émotion: Comme un papy peut Vous aider. Il y a un bénéfice personnel à retirer de l'histoire.
  • histoire: même la personne la plus improbable comme un vieux de 93 est capable de jailbreaker un iPhone. C'est inspirant pour tous.

J'ai encore ajouté l'ingrédient surprise, la cerise sur le gâteau, le mot: "nouveau". Ainsi même si le lecteur s'est déjà fait aider une fois par ce fameux vieux pour jailbreacker son iPhone et que ça n'a plus rien d'inattendu pour lui… il va quand même lire l'article. 🙂

 

La nouveauté est une autre forme d'inattendu !

Pour en savoir plus sur pourquoi le mot "nouveau" nous attire et encore d'autres pièges dans lesquels ont tombe. Voici mon résumé du livre: Le petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens.

Voici encore quelques idées pour écrire des histoires à succès...

De plus, j'ai maintenant créé toute une formation en vidéo pour apprendre à faire des titres accrocheurs. J'ai même créé un générateur de titre accrocheurs !

Effondrement de la civilisation de la mondialisation

Effondrement de la civilisation de la mondialisation

L'idées est de décrire un monde après l'effondrement de la civilisation de la mondialisation.

Chacune des sociétés est régie selon les étapes d'évolution de la spirale dynamique.

L'histoire

Toute l'histoire se passe après l'effondrement. C'est ainsi que la société de la mondialisation s'est transformée pour devenir plusieurs peuples distincts.

effondrement selon le club de rome.jpegLe club de Rome annonce depuis 40 ans un effondrement de la société vers 2030. C'est une réduction massive de la population suite à un effondrement économique. D'après l'update de 2012. Le monde suit sont cours jusqu'en 2015. Là c'est le déclin... l'effondrement global arrive vers 2020... et les conséquence sur la population mondiale dès 2030...

Donc on peut situer l'histoire de ce livre aux environ de 2030... et un peu plus... le temps de s'organiser après l'effondrement que l'on peut situer vers 2020.

Le pic du pétrole est passé vraissemblablement en 2006. Depuis on est sur un plateau... et bientôt ce sera l'effondrement de la production. On consomme toujours plus de pétrole.. et la chute sera brusque. C'est comme avec l'histoire de la dinde qui prend confiance en l'avenir, car elle est toujours de mieux en mieux nourrie. Jusqu'au jour ou couic... on lui tranche la tête.. c'est Noël ! .. La chute arrive toujours au plus haut, au moment ou la confiance est la meilleure.

L'effondrement du pétrole est le vrai signe du changement de paradigme du monde. Vu que le pétrole est la colonne vertébrale du commerce mondial. D'un coup, la société de la mondialisation va s'arrêter. La terre va d'un coup s'agrandir vu que les distances seront considérablement plus longue.

Hormis les conséquences sur les transports, on verra aussi des conséquences directes sur l'agriculture. Car finalement on mange du pétrole. Plus d'engrais, plus de pesticide !  En effet l'industrie chimique est à base de pétrole. En conséquence l'industrie pharmaceutique a quelques soucis également.

Penser également à ce que pourrait devenir le parc de centrales nucléaires à l'abandon !! ... Il faudrait une institution pour s'en occuper !

Carte_du_monde_vierge.png

Nom des pays

Faire une fiction permet de se libérer de plein de contrainte réelle. Mais les noms de lieux véritables permettent de se repérer plus facilement sur du connu.

Donc que faire ?

Je n'ai pas l'impression que les pays comme on les connais vont encore continuer à exister sous la forme qu'ils ont depuis le 19ème siècle.

On va plutôt vers quelques chose du genre du moyen âge. Des zones d'influence globale sur des mini régions autonomes. Le monde se fractalise.

Enfin, tout dépend de la civilisation en place !

Une idée pour donner des noms est de garder les noms des monnaies. Ce sont des véritables zones d'influence.

Le meilleur exemple est "euroland" à la place d'union européenne.

Voir comment c'est fait dans le livre "tous à zanzibar", c'était un bon moyen de souvenir. => il y a un peut de tout dans ce livre, le Yatakang, le Béninia, mais aussi la chine, la belgique, porto rico.. dur à dire s'il y a une systèmatique. Le mieux est de faire un doux mélange.

Quelques jalons sur l'évolution potentielle du monde

  • les grandes puissances démographiques: chine, inde, Brésil. => dès 2030, l'inde devient le pays le plus peuplé. 1.4 M contre 1.3 M pour la chine. Sans oublier l'indonésie est ses 270 millions et le pakistan et ses 260 millions. USA 366 millions, UE 460 millions.
  • Les USA se disloquent. Le sud ouest devient de plus en plus hispanique ainsi que la floride. Bible belt.
  • afrique: l'afrique du sud est le pays économiquement le plus fort.
  • les inégalités sont grandissantes (indice de gini) surtout en chine
  • les maladies se propagent plus vite à l'ère de la mondialisation
  • recrudescence de piraterie sur les mers
  • un monde urbain: 2030: 60% des habitants vivenet dans des villes. 18 villes de plus de 10 millions d'habitants. Tokyo, Dacca, Bombay, Dehli, São Paulo, Mexico,...  Manille, Djakarta, Calcuta, Shangai, Beijing, Karachi, Le Caire, Lagos, Rio, Buenos Aires, New York, Los Angeles.
  • réchauffement climatique = instabilités climatique => innondation, forte pluie, sécheresse => réfugié climatique
  • force militaire: Otan (usa), organisation de shangai OCS (chine, russie, .. les stan) avec des observateurs: inde, pakistan, iran. => surtout pour surveiller les séparatismes des grands blocs !
  • la chine colonise le monde et surtout l'afrique. (accaparement de terres)
  • gaz russe pour l'europe... plusieurs gazoduc. Contournement de l'ukraine et biélorussie. Gazprom
  • pétrole: usa alimenté par: canada, mexique, venezuela, arabie séoudite. => là il y a rupture bientôt !
  • pétrole: chine alimentée par: angola, congo, guiné équatoriale, soudan. (total de 30% du pétrole chinois) sinopec
  • Pétrole globale: p143. Tchad, oléoduc kribi => ouest usa. Soudan oléoduc Port-Soudan => est chine. De plus, la france tente de maintenir son inlfuence au tchad !
  • église évangélique. USA: born again. Golf de guinée. congo, RDC, nigéria, angola... les coins riches en pétrole ! mais aussi chilli, nicaragua. USA bible belt, 70 millions d'évangélique. 22% électorat. => pro israël.
  • islam.
  • passage maritime par le pôle nord, donc plus besoin du canal de suez, on laisse donc les frères musulman s'emparer de cette région.
  • la mongolie dans l'étau sino-russe. A quand la colonisation ? La mongolie dispose de nombreuse mines, surtout de charbon ! => rapprochement militaire avec les USA. Bush en visite à oulan bator en 2005.

Que se passe-t-il quand le pétrole disparait ?

Voici quelques scénario et films qui tente de monter ce qu'il se passe.

Evolution du prix du pétrole:

pétrole Prix-du-baril-en-euro-et-en-dollar---2012.05.pngDans le film "2013, la fin du pétrole", un expert nous dit que l'on aura déjà de grosses difficultés si le prix du pétrole passe à 120$... Le film date de 2005... on peut imaginer que le gars n'avait jamais vu de prix à plus que 50$ ... et voilà que la moyenne de l'année 2012 est autour des 100$ !!  le double ! .... et le monde tourne encore ! Dur de donner la limite qui changera tout !

En 2008, le pétrole était même à 144$ le baril ! avant de s'effondrer pour cause de manque de demande à cause de crise économique !!!

C'est le prix du Baril de Brent, le pétrole de la mer du nord, qui donne le ton sur le prix du baril pour 60% des productions.

Le cours actuel peut être vu avec plein de stats sur http://prixdubaril.com/

Le film commence par un fait tout simple, le fait que les compagnies pétrolières et les pays producteurs de pétrole sur évaluent leur réserve. Ainsi, la fin du pétrole risque d'arriver plus vite que prévu !!

Ceci semble être tout à fait plausible. Comme le montre les différences entre les prévisions et les statistiques prévues par total:

pétrole prévisions de production total.gifChaque année on prévoit une augmentation... et chaque fois les prédictions sont revues à la baisse...

Ainsi le sénario du film semble plausible. Un attentat stoppe l'approvisionnement en pétrole et fait réaliser au monde que l'on en a plus pour longtemps.

Moi je me dis que si l'attentat n'as pas lieu.... on continue jusqu'à la dernière goutte sans se rendre compte de rien !

  • les pays producteurs de pétrole sur évaluent leurs réserves
  • les société pétrolière sur évaluent leurs réserves pour attirer les investisseurs et garder leur cote boursière

Du pain et des jeux l’échappatoire virtuel

Orange => Du pain et des jeux, l'échappatoire virtuel

Une société parmi d'autres

L'idées est de décrire un monde après l'effondrement de la civilisation de la mondialisation.

Chacune des sociétés est régie selon les étapes d'évolution de la spirale dynamique.

    Le principe

    Les hyper riches se sont construits des gethos en résidences surveillées. Ils vivent en partie dans le monde précédent à une particularité près. Comme ils ne peuvent pas sortir de chez eux, il se sont construit un autre monde où vivre.

    Un monde virtuel plein de jeux, de spectacles, le tout pour oublier la réalité. C'est ainsi que ce peuple se sépare du précédent.

    Ils mangent ainsi des steaks virtuels qui leur procurent des bonnes sensations, tout en étant nourri par des machines qui leur font ingurgiter des protéines à base d'algues, de champignons et d'insectes. Les résidences surveillées sont parfois des villes flottantes au milieu de l'océan. Ainsi elles sont à l'abri des attaques. Elles récupèrent le plastique en perdition dans les gyres des océans.

    Leur projet est de coloniser l'espace ainsi enfermé dans des mondes virtuels en capsule.

    Le spectacle le plus populaire est une tv réalité dans laquelle on peut mettre des caméras chez soi, partager son quotidien et regarder chez les autres. Par crowd sourcing on peut choisir et voter pour les meilleures images à placer dans l'émission.

    Les gens n'hésitent donc pas à faire tout et n'importe quoi pour éparter la galerie être sélectionnés et avoir leur minutes de gloire !

    développement durable au charbon

    Orange => Développement durable à base de charbon

    Une société parmi d'autres

    L'idées est de décrire un monde après l'effondrement de la civilisation de la mondialisation.

    Chacune des sociétés est régie selon les étapes d'évolution de la spirale dynamique.

      Le principe

      C'est la société où la croissance verte règne. Le commerce est roi. Il y a les hyper riches et les 90% de pauvres qui triment pour la croissance. Ce monde tourne aux charbon. Bref.. c'est la chine d'aujourd'hui ! (mais sans la mondialisation histoire de tenir le coup de l'effondrement, 1.5 milliard de chinois ça suffit comme marché intérieur)

      C'est le modèle ville contre campagne. C'est l'indice de gini démesuré.

      C'est ici que l'on peut placer les théories conspirationistes de réduction de la population mondiale. Ça c'est déjà vu en Chine.

      Il y a un groupe de gens qui tentent de rester furtifs dans cette société pleine de caméras grâce aux coiffures camouflage.

      C'est ici la première étape de la société du paraitre avant l'étape du disparaitre dans le réseau informatique. L'idée ici est d'utiliser la biologie pour devenir de immortel. On mange des pastilles anti-oxydantes. C'est le lieu de départ du mouvement transhumaniste. C'est ici que l'on trouve les lunettes à réalité augmentée.

      Pour faire vivre ce monde on exploite à fond le charbon et on fait des guerres éclaires pour s'approprier les ressouces des autres. On éxploite également des immenses exploitations agricoles en afrique. (cf accaparement des terres.)

      les fanatiques religieux

      Bleu => les fanatiques religieux

      Une société parmi d'autres

      L'idées est de décrire un monde après l'effondrement de la civilisation de la mondialisation.

      Chacune des sociétés est régie selon les étapes d'évolution de la spirale dynamique.

        Le principe

        Version traditionnelle du bleu. Un dieu, une règle, une récompense qui viendra plus tard. Une institution très très stricte pour verrouiller tout ça.

        Nom fixe très hiérarchisé comme les noms de voiture avec numéro. A1..

        Ils partiquent la "bionomie", néologisme de Joel de Rosnay qui signifie règles en relation avec la nourriture. Bien manger pour ne pas être obèse.

        Une société toute indiquée pour être localisée dans le sud est des USA... dans la zone de la Bible Belt.

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