A quoi sert vraiment l’impôt ? C’est certainement pas ce que tu crois…

Dans cet article on va aller voir la véritable origine de l’impôt.

J’aime bien aller explorer le pourquoi des choses, l’intention qui est derrière les choses. Quelle est donc l’intention derrière l’impôt ? A quoi ça sert les impôts ?

Quand je pose la question, en générale, j’ai plein de réponses, mais rarement la bonne !

Quel est le rôle de l’impôt ?

Donc le principe de l’impôt, c’est que chaque personne doit donner à l’Etat une certaine quantité de monnaie. C’est obligatoire. Si une personne ne paie pas ses impôts elle encourt une sanction.

Lors de soirées Jeu de la Monnaie, je pose cette question, à quoi sert l’impôt ?

Voici les réponses que j’ai:

  • à financer des infrastructure en commun
  • à payer les fonctionnaires
  • à financer les écoles et les hôpitaux
  • à financer l’armée
  • à assurer une certaine redistribution sociale des richesses
  • à payer les services sociaux
  • etc…

Toutes ces réponses ne sont pas fausses, mais c’est très rare qu’on me donne la réponse que j’attends !

Toutes ces réponses sont le reflet de ce que la plupart des gens pensent être le rôle de l’Etat. J’en ai déjà parlé dans mon article sur le contractualisme.

Les gens de gauche voient l’impôt comme un moyen de redistribution de l’argent.

La véritable intention derrière l’impôt, c’est imposer…

Le nom impôt est clair pourtant, ça sert à imposer… mais imposer quoi ?

Voici donc la réponse que j’attends:

L’intention derrière l’impôt, c’est d’imposer l’utilisation d’une certaine monnaie.

Une croyance courante c’est que les humains ont besoin de monnaie pour s’organiser dans une économie. (étymologiquement: règles de la maison !)

Mais en fait les humains s’organisent très bien tout seuls avec du don et des reconnaissances de dette mutuelles.

Mais voilà que vers -700 à -600 suivant les endroits, une forme de monnaie a été inventée comme outils de domination. Comme outil pour une caste pour vivre sur le dos des autres. Cette forme de monnaie ne fonctionne que si on l’impose…. avec l’impôt !

banque police

Invention de la monnaie métallique et de l’impôt

Vers -700 à -600 simultanément en Chine, en Inde et en Lydie (Grèce antique) des « chef de gang » ont innovés et inventé une technique très efficace pour vivre sur le dos des autres.

C’est l’invention de la monnaie métallique, des pièces de monnaie.

frapper la monnaie celtes
En europe les pièces de monnaie sont « frappées ». Alors qu’en Inde elles sont poinçonnées et en Chine elles sont moulées.

Historiquement, il y avait des chefs de gang, des seigneurs (saigneurs !) locaux qui s’arrangeaient dans un système mafieux pour vivre sur le dos des autres:

Tu me donne une partie de ta récolte et je te massacre pas….. et mieux encore je te protège des autres gangs qui veulent te piquer ta récolte…

Vivre de razzia et racket c’est pas très efficace. Ça donne une mauvaise image et très souvent ça conduit à tuer les gens sur le dos des quels on aimerait vivre. Pas terrible.

C’est ainsi que la monnaie est un meilleur système.
Prenons un exemple tout à fait historique.

Le roi Crésus, allait (faire) chercher de l’électrum, un alliage d’or et d’argent, dans la rivière Pactole. Avec cet électrum il fabriquait des pièces de monnaie.

Pièce de monnaie du roi Crésus
Pièce de monnaie du roi Crésus

Ces pièces d’or vont lui permettre d’acheter la récolte des paysans. Voilà donc l’innovation majeure, acheter au lieu de piller….

Mais est-ce très différent ?

Non pas vraiment, car ces pièces de monnaie ne coûtent pas grand chose à Crésus. Juste le coût d’extraction de l’électrum et de frappe des pièces.

La différence entre la valeur nominale attribuée à une pièce et son coût de fabrication est appelée le seigneuriage.

C’est en bref, le pouvoir d’achat « gratuit » qui revient de droit au seigneur qui a le monopole d’émission de la monnaie.

Donc c’est pas très différent d’aller voler aux paysans leur récolte ou de l’acheter avec de la monnaie qu’on a eu gratuitement… pour le seigneur, ça ne coûte rien ! C’est gratuit !

Une économie de marché est-elle possible sans impôts ?

Donc notre ami Crésus se dit qu’il va être gentil, au lieu de réquisitionner chez ses sujets ce qu’il lui faut, il va acheter.

Mais il va acheter à qui ?

Est-ce qu’il y a un marché ? Est-ce qu’il y a des gens qui vendent ?

Et bien non… si tout le monde est autonome, que tout le monde vit de sa récolte et complète ses propres récoltes par des dons entre les habitants. Pourquoi avoir envie/besoin de vendre au seigneur ?

Tout le monde s’en fiche !

Donc Crésus l’a dans l’os. Pas de marché.. rien à acheter !

Il faut donc créer un marché ! Comment on fait ?

Et bien il faut mettre en place un impôt !

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Marché aux épices. Une économie de marché n’émerge pas tout seule.

Exemple du premier achat de récolte de blé

On va démontrer tout ça en racontant la petite histoire du premier achat de l’Histoire.

C’est l’histoire du soldat qui va acheter une récolte de blé à un paysan pour le compte de son seigneur:

« L’année dernière on a tué ton frère pour lui prendre sa récolte. Cette année tu as de la chance on a changé le système. On ne va pas te tuer, on va juste t’acheter ta récolte ! »

Mais le paysan à qui on fait cette proposition n’est pas d’accord.
La rondelle de métal qu’on lui propose ne se mange pas ! Alors que se récolte oui. Il refuse donc de se faire acheter sa récolte.

C’est là qu’intervient l’impôt.
Voici ce que répond au paysan le soldat chargé d’acheter la récolte:

« Tu veux pas te faire payer ? C’est dommage, car c’est ton seul moyen d’avoir de quoi payer l’impôt ! Oui oui..
En fait mon chef, le Seigneur dans son château, à la fin de l’année il va demander qu’on lui rende un certain nombre de rondelles. Si tu peux pas lui payer cet impôt, là on te met en prison.
T’as le choix ! »

Le paysan, accepte… sans en réaliser totalement les implications futures…

Voici donc l’origine de l’impôt. En effet, sans ce mécanisme, il y a des gens qui pourraient sortir du système. Décider qu’ils n’ont pas besoin de monnaie pour vivre.

Mais avec l’impôt, le seigneur impose l’utilisation de SA monnaie, qu’il peut obtenir quasi gratuitement.

champ de blé plaine areuse
« Avoir du blé« … signifie avoir de l’argent… mais au moins ça se mange !

L’économie de marché est une conséquence de la monnaie et de l’impôt

Notre ami paysan, premier vendeur de l’histoire est content. Il a réussi à se débarrasser des soldats sans avoir du verser une seule goutte de sang. Il a perdu une partie de sa récolte. Mais c’est pas grave. Il a reçu de l’or en échange…

Il garde ses pièces, d’or, déjà par ce qu’il ne sait pas quoi en faire. Mais surtout car il a compris qu’on allait lui en demander à la fin de l’année… combien ?? Bonne question…

Il apprendra que le seigneur va lui en demander bien plus que ce qu’il a reçu en échange de la vente de son blé.

Ainsi le paysan, si il ne veut pas finir en prison ou pire…. va devoir s’arranger pour trouver encore quelques pièces d’or.

Ça tombe bien, notre ami paysan n’est pas le seul à avoir reçu des pièces d’or. En effet le seigneur à aussi été faire des emplettes dans chez d’autres paysans, et même chez quelques rares artisans, notamment un forgeron pour acheter quelques épées. ⚔️ 🗡

(ouais, le seigneur local a besoin d’équiper quelques soldats pour être certain de contraindre les paysans à payer l’impôt !)

Ainsi le forgeron a pas mal de boulot, il va gagner plein d’argent et d’or en vendant des épées. Mais du coup il n’a plus le temps de s’occuper de son jardin et de faire à manger pour lui.

Heureusement notre amis forgeron dispose de plein de monnaie et peut acheter ce dont il a besoin pour vivre (de la nourriture !) chez d’autres paysans.

Ainsi notre amis paysan 1er vendeur de l’histoire va vendre un peu de blé au forgeron. Tout le monde est content. Le forgeron a de quoi manger et le paysan de quoi payer son impôt.

Le seigneur est aussi très heureux. Car ainsi il obtient gratuitement à manger et de quoi équiper son armée. C’était pas si simple de voler des armes, car les forgerons expérimentés qui font de bonnes armes c’est plutôt rare et c’est dommage de les tuer. Avec la monnaie il est beaucoup plus heureux !!

Vu que maintenant dans le village tout le monde vend des choses. Il est décidé d’organiser officiellement une place de marché. Les gens qui ont des choses à vendre peuvent venir tous les samedi matin sur la grand place pour exposer leur produits. C’est nettement plus efficace pour mettre en relation des vendeurs et des acheteurs.

Voilà, l’économie de marché est née.

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Biblots sur une place de marché à Dakar. Chacun vend ce qu’il peut pour « gagner sa vie » !

La monnaie un outil au service de l’expansion territoriale et technique

Le seigneur ayant vu que la place du marché se rempli bien il a décidé de mettre une taxe sur l’occupation d’un emplacement. Taxe payable uniquement dans sa monnaie. Génial une nouvelle forme d’impôt !

Du coup, pour encaisser les taxes et faire pression sur ceux qui rechignent à payer. Le seigneur (toujours plus saigneur…) a besoin de quelques soldats de plus dans son armée.

Il va donc pouvoir engager quelques soldats de plus grâce à son pouvoir de seigneuriage.

Progrès technique et concurrence : la spécialisation

Les nouveaux soldats du seigneur devront être équipés d’armes. Ce qui va donner encore du boulot au forgeron du village.

Notre ami forgeron occupe déjà tout son temps à fabriquer des épées, mais aussi des armures. Ainsi il cherche et trouve des techniques pour gagner du temps et améliorer son efficacité.

Il va aussi engager un apprenti pour l’aider et lui apprendre le métier.

Son voisin d’en face, même si il n’est pas forgeron chevronné, se dit qu’il y a du fric à se faire, donc il se met aussi à son compte comme forgeron….

La concurrence dans un marché libre est inventée.

economiste monnaie neutre
Extrait de la BD Economix, qui raconte très bien l’histoire de l’économie. Et montre bien que les économistes, comme ici Ricardo, ont toujours simplifié la monnaie et l’on vue comme neutre alors que c’est elle qui génère les dynamiques principales !

Plus tard des corporations, avec des maitres, des compagnons et des apprentis se formerons pour contrôler et réguler le marché. Des écoles seront crées, la corporation deviendra une personne morale…. mais tout ceci est une musique d’avenir…

Tout comme le fait que le forgeron va fabriquer des épées, puis d’autres armes, et on va passer de l’arme blanche à la poudre à canon, puis des armes à feux aux fusées 🚀… (pour les missiles…)

Ainsi ici, le forgeron 🔨 est le premier employé de l’industrie de l’armement... et l’astronaute 👩‍🚀 en est toujours un… la conquête de la lune 🌔 s’est faite par des militaires…

Je te laisse méditer sur l’intention derrière le progrès technique…..
besoin de fric… et financement de l’industrie de la mort…. 💀

Besoin de croissance infinie…..

Armée professionnelle

Revenons à notre seigneur qui est très content d’avoir plusieurs marchands d’armes à disposition pour équiper son armée.

Historiquement, ce n’était pas simple d’avoir une armée. Il n’y avait que des « nobles », le chef de gang, sa famille et quelques compagnons (étymologie du titre de noblesse « comte ») qui avaient le temps de s’entrainer au maniement des armes.

Donc ça donne une armée, forte, mais très très petite en nombre.

Il y avait aussi parfois des armées composées de paysans. Donc en grand nombre, mais sans vraies armes, et sans entrainement.

L’invention de la monnaie, permet de payer de gens pour ne devenir que soldat: des mercenaires.

Le mot salaire vient du latin salarium, qui désigne justement le sel donné aux soldats en payement de leur service.

Les soldats deviennent les premiers salariés de l’histoire.

… et quand on a une grande armée, il se passe quoi ?

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Légionnaires romains. Les premiers salariés de l’Histoire.

Expansion territoriale, naissance des empires

Quand un seigneur dispose d’une grande armée, il est vite tenté d’aller imposer sa monnaie sur un territoire un peu plus grand.

Avant la monnaie, c’était dur, notamment pour les raisons évoquées ci-dessus, l’armée était trop petite ou trop mal entrainée.

Mais aussi car les systèmes économique utilisés, des reconnaissances de dettes mutuelles, impliquaient d’être intégré dans un tissus social.

Or, le soldat en territoire ennemi qui massacre tout le monde n’est pas très bien intégré dans un tissus social.

De plus, plus la conquête avance, plus faire venir de la nourriture depuis le château du seigneur est de plus en plus compliqué. Ainsi les anciennes conquêtes étaient limitée en distance. Mais la possibilité d’acheter la nourriture sur place, permet une expansion territoriale énorme.

Le processus devient simple:

  • conquérir un territoire avec une armée professionnelle
  • mettre en place l’obligation de payer un impôt
  • acheter tout ce dont tu as besoin avec des pièces de monnaie

Ainsi on obtient de nouvelles ressources qui vont étendre le territoire du seigneur.

La notion d’empire est inventée.

Empire d'Alexandre de le Grand, avec le tracé de son parcours de conquête
Empire d’Alexandre de le Grand, avec le tracé de son parcours de conquête

Un des exemples les plus emblématique est celui d‘Alexandre le grand. Un prince Macédonien qui a passé sa courte vie à conquérir des territoires et les soumettre à l’impôts de son empire.

Pièce de monnaie en or d'Alexandre le Grand
Pièce de monnaie en or d’Alexandre le Grand

Les premières pièces de monnaie trouvée en Suisse étaient des pièces de monnaie à l’effigie de Philippe II de Macédoine. Le père d’Alexandre le Grand.

Minage et esclavage

Le pouvoir de seigneuriage a permis à notre petit seigneur d’acheter quasi gratuitement tout ce qu’il lui faut pour vivre et pour financer son armée et ainsi devenir empereur.

Marchand d’arme est devenu la profession la plus lucrative dans un empire en expansion.

Mais qui dit expansion des achats, dit aussi expansion des paiements et donc des pièces d’or et d’argent !

D’où vient tout ce métal précieux utilisé pour faire des pièces de monnaie ?

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Lingot d’or

Et bien la rivière Pactole dont nous avons parlé plus haut disposait de ressource en alliage électrum facile à obtenir.

Mais avec le temps, c’est devenu toujours plus dur. Le pouvoir de seigneuriage est devenu plus faible. Et si en plus il faut payer des gens pour aller cherche de l’or et de l’argent, ça diminue le pouvoir de seigneuriage.

Ainsi la solution trouvée pour assurer une grande création monétaire et un grand seigneuriage, c’est l’esclavage.

En effet, que faire de tous les gens qui ne paient pas les impôts ?

La prison ça coûte cher. La mort c’est pas très efficace. Ainsi l’esclavage pour aller chercher des métaux précieux, c’est nettement mieux.

Après l’orpaillage dans les rivières, c’est l’industrie minière qui a débutée.

Donc on ajoute au processus de conquête, une phase de prélèvement de quelques esclaves qu’on va mettre avec les gens qui n’ont pas réussi à payer leurs impôts.

Pour avoir un ordre de grandeur de l’esclavage pratiqué on sait que 20 000 esclaves sont sont échappés en -413 des mines d’argent du Laurion grec, selon Thucydide, dans Histoire de la guerre du Péloponnèse, VII, 27.

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Pièce de monnaie Athénienne en Argent. Cet argent provenait généralement des mines d’argent du Laurion.

L’expansion d’un empire dépend donc directement de sa capacité à produire de la monnaie.

Une autre source de métal possible était aussi toutes les statues et idoles religieuses qui se trouvaient dans les temples. Beaucoup ont été recyclées en pièces de monnaie.

Les empires ayant une monnaie basée sur le bronze et le fer (en Chine) ont eu plus de facilité à s’étendre que les empires avec une monnaie basée sur l’or et l’argent (Grèce).

Sources historiques sur l’histoire des impôts

Cette jolie histoire est sympathique. Mais est-ce qu’on a la preuve que ça s’est passé ainsi. J’ai jamais entendu ça dans mes bouquins d’histoire, ni dans mes bouquins d’économie !!

En effet, l’histoire de la monnaie est très méconnue. Et pourtant elle influence toujours nos vies.

Personnellement, c’est surtout le livre de l’anthropologue David Graeber: Dette 5000 ans d’histoire qui m’a permis de découvrir l’histoire de la monnaie. Voici mon résumé de ce magnifique livre.

Voici quelques extraits de ce livre et les références vers les sources historiques pour appuyer cette version méconnue de l’histoire.

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L’impôt permet aux états (et leur souverain) de supplanter les systèmes économiques précédents

« Au fil de l’histoire, la raison la plus fréquente de s’endetter a toujours été la nécessité de réunir les sommes nécessaires pour payer l’impôt. »

« En décrétant que seules leurs propres pièces seraient acceptables pour régler les redevances, les amendes et les impôts, les Etats ont réussi à submerger les innombrables monnaies sociales qui existaient sur leur territoires et à instaurer une sort de marché national unifié. »
D.Graeber

Chapitre 9: l’âge axial (p277 de Dette 5000 ans d’histoire)

Les souverains de l’antiquité se sont beaucoup intéressés aux liens entre monnaie, armée, esclaves et impôts

Aux quatre coins du monde la caste des gens qui avaient envie de vivre sur le dos des autres ont beaucoup étudié la monnaie et comment la mettre en place à leur profit.

« Il suffit de jeter un coup d’œil au traité de Kautilya, l’Arthasastra, au « cercle de souveraineté » sassanide ou au Discours sur le sel et le fer chinois pour constater que la plupart des monarques antiques passaient beaucoup de temps à réfléchir sur la relation entre mines, soldats, impôts et denrées alimentaires.

Presque tous ont conclu que créer des marchés n’était pas seulement commode pour nourrir les soldats, mais utile à bien d’autres fins : les gouvernants n’auraient plus à réquisitionner directement chez leurs sujets tout ce qu’il leur fallait, ou à trouver comment le produire sur les domaines ou dans les ateliers royaux. »

Extrait de: David Graeber. « Dette : 5000 ans d’histoire (Les Liens Qui Libèrent) (French Edition). » iBooks. p107…. mais p64 de mon édition papier»

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Il n’y a pas que les souverains de l’antiquité, de nos jours encore la monnaie est une arme de domination au profit de celui qui la crée…

Exemple de mise en place de l’impôt colonial à Madagascar pour soumettre les habitants de l’île

Un exemple de mise en « esclavage civilisé par le marché » avec la colonisation de Madagascar par les français.

« C’était particulièrement fréquent dans le monde colonial. Revenons un instant à Madagascar : j’ai déjà signalé qu’une des premières initiatives du général français Gallieni, quand il a achevé la conquête de l’île en 1901, a été d’imposer un impôt personnel. Il était très élevé, mais aussi payable «uniquement en francs malgaches, la monnaie qu’on venait d’émettre. Bref, Gallieni a bel et bien imprimé de la monnaie, puis exigé que tous les habitants du pays lui en rendent un peu. »

« Mais le plus frappant a été le vocabulaire dont il s’est servi pour décrire cette capitation. Il l’a appelée l’« impôt moralisateur ». Autrement dit, cette fiscalité visait – pour adopter le langage de l’époque – à inculquer aux indigènes la valeur du travail. »

« On pourrait ne voir dans l’ensemble du projet qu’un mécanisme cynique pour soutirer à la paysannerie une main-d’œuvre bon marché, et c’était bien le but […]»

La suite de cette phrase que j’ai tronquée explique que le second but, c’est de créer de nouvelles habitudes de « luxe » qui rendrait dépendante Madagascar pendant longtemps de la France…

Extrait de: David Graeber. « Dette : 5000 ans d’histoire (Les Liens Qui Libèrent) (French Edition). » iBooks. p107  »

La Françagrique est une longue tradition. La colonisation continue, notamment à travers le Franc CFA, monnaie africaine contrôlée par la France.

Histoire de la monnaie en vidéo: l’invention de la monnaie métallique et de l’impôt

La monnaie métallique n’est qu’un des nombreux épisodes de l’histoire de la monnaie, si tu veux en savoir plus je peux encore t’en raconter beaucoup. Mais sur un autre article, et même en vidéo:

Voici l’épisode 4 de ma série sur l’histoire de la monnaie. C’est l’épisode dans lequel j’y évoque l’origine de la monnaie métallique et de l’impôt:

Rôle de l’impôt de nos jours

Ainsi maintenant tu connais l’histoire. Tu connais l’origine de l’impôt. Tu sais que l’impôt n’est qu’un outil pour imposer l’utilisation d’une monnaie dont personne ne veut.

Depuis l’époque de l’invention de la monnaie métallique, 2700 ans se sont écoulé. La situation à un peu évolué, mais pas tant que ça !

Bref résumé de 2700 ans d’histoire

  • Grâce à l’utilisation de monnaie et de l’impôt des petits seigneurs locaux sont devenus de grands empereurs.
  • La monnaie s’est répandue partout. Le monde entier à été converti à l’utilisation de monnaie centralisée. Les moyens de règlements de dette et de comptabilité mutuelle ont été éradiqués, tellement la pression à « gagner sa vie » avec de la monnaie imposée est forte.
  • En vendant à tous les camps les marchands d’armes sont devenus plus riches que les seigneurs qui les engagent.
  • Les seigneurs ruinés se sont endettés auprès de riches marchants (d’armes…) pour continuer à faire la guerre.
  • Les créanciers des seigneurs ont acceptés de différer quasi à l’infini le remboursement de la dette, en échange du monopole donné par l’Etat de titriser la dette sous forme de billet de banque => la notion de banque centrale est née.
  • Les marchands sont devenus plus forts que les Etats. Grâce à la dette infinie, ils peuvent créer des quantités infinies de billets de banques.
  • La technique s’améliore toujours pour être plus efficace que la concurrence et ainsi obtenir plus facilement de la monnaie.
  • Un grand saut technique est franchi lors de la révolution industrielle qui permet d’exploiter l’énergie fossile plutôt que la force musculaire des esclaves.
  • Les infrastructures de la révolution industrielle coûtant très cher, (aciéries, train, navires, usines, etc…) les banques commerciales ont été inventées pour fournir tout de suite, un crédit en monnaie scripturale à rembourser plus tard.
  • Les banques commerciales ont pris le dessus de la création monétaire.
  • Les Etats ne font plus rien avec leur seigneuriage. (si il en reste un ! … En suisse c’est le cas. L’Etat émet les pièces de monnaie, mais en France c’est la banque centrale qui le fait. L’Etat n’a donc plus rien !)
  • Les Etats ont conservé la notion d’impôt. Mais le circuit ne leur profitent plus.
  • Les Etats se financent via l’impôt, mais aussi via le crédit bancaire.
  • Les banques commerciales sont les grandes gagnantes.
  • Les cryptomonnaies et Monnaie Locale Complémentaire sont inventées, mais ne servent pas à payer les impôts… vont elles prendre ?
banque montreux
Les banques commerciales créent la majorité de la monnaie de nos jours

L’Etat a augmenté ses dépenses et ne les finances plus par la création monétaire !

De nos jours la situation est beaucoup plus complexe. L’Etat a augmenté son train de vie, surtout depuis qu’il sert à autre chose que financer une armée.

L’impôt est utilisé pour financer le train de vie de l’Etat. (Armée, fonctionnaire, écoles, hôpitaux, subvention à l’économie, services sociaux, protection de l’environnement, etc..)

Propagande pro-achat d'avion de combat Gripen qui montre que le budget militaire est minime dans la répartition des impôts
Propagande pro-achat d’avion de combat Gripen qui montre que le budget militaire est minime dans la répartition des impôts

L’Etat impose toujours l’utilisation d’une monnaie en particulier, mais les citoyens ne peuvent plus payer les impôts avec la monnaie de l’Etat !

(Bon, techniquement, il est toujours possible de faire un versement en pièces de monnaie à un guichet de poste. Mais ensuite l’Etat va récupérer de la monnaie scripturale, soit des substituts monétaires sur un compte en banque…)

Conclusion, l’Etat a augmenté ses dépenses et ne les finances plus par la création monétaire.

Donc l’Etat dépend des banques commerciales.

Ainsi on comprend pourquoi personne ne répond juste à ma question « à quoi sert l’impôt ». Tout le monde a l’habitude de la situation actuelle. Peu de gens connaissent l’intention de base de l’impôt.

Cependant cette fonction d’imposer l’utilisation d’une forme de monnaie existe toujours.

Les différentes formes d’impôts de nos jours

Si l’on considère qu’un impôt est ce qui impose l’utilisation d’une forme de monnaie, alors quelles sont les impôts existants de nos jours ?

Si je prend mon cas en Suisse. J’ai trouvé les impôts suivant:

  • impôt sur le revenu (communal, cantonal, et fédéral)
  • impôt sur la fortune (communal, cantonal et fédéral)
  • TVA (à chaque achat on paye l’utilisation de la monnaie !! L’acheteur pourrait acheter dans une autres monnaie, mais le vendeur lui doit payer la TVA dans la monnaie officielle)
  • redevance radio-TV
  • impôt anticipé (prélèvement à la source de 35% des gains en capitaux sur les compte bancaires pour inciter les gens à déclarer leur compte aux autorités fiscales)
  • Assurance maladie (Cette assurance est obligatoire et les assurances n’acceptent pas, à priori qu’on les paie en autre monnaie que le CHF )
  • Assurance ménage (éventuellement Responsabilité Civile car c’est très fortement conseillé)
  • Taxe déchet suivant les lieux… 
  • Taxe foncière suivant les lieux (les cantons de ZH, SZ, GL, ZG, SO, BL et AG ne pratiquent pas)
  • Valeur locative, même un propriétaire paye en impôt la valeur estimée d’un revenu si il avait loué son immeuble !!
  • les diverses taxes incitatives.… (Alcool, tabac, carburant, chauffage, autoroute, chien, etc..)  Il suffit de suivre l’incitation.. on est moins libre d’un côté.. mais de l’autre oui !
  • (la taxe d’habitation française, n’existe pas sous cette forme en suisse)
  • (La taxe professionnelle française n’existe pas en suisse)

Pour tous savoir sur le système fiscal suisse et sur les impôts existant en Suisse au niveau cantonal, communal et fédéral, voici le tout réuni dans un document pdf…

Voici le portail des impôts français, histoire de comparer…

billet franc suisse mille impots

La Suisse est probablement le seul pays au monde où les gens votent massivement pour être imposés !

Le système Suisse fait que l’on vote régulièrement, environ tous les 3 mois sur divers sujets.

En mars 2018, un des sujets soumis en votation demandait en substance:

  • est-ce que vous voulez toujours la TVA ?
  • est-ce que vous voulez toujours des impôts fédéraux ?

En Suisse, l’impôt fédéral et la TVA sont inscrits dans la constitution de manière provisoire. Ainsi tous les 15 ans le peuple doit dire si il veut toujours de ces impôts ou pas.

Ce « Nouveau régime financier 2021 » a été accepté par 84% des votants.

Ce qui m’étonne c’est qu’il n’y a pratiquement eu aucun débat sur le sujet ! Le parlement était à l’unanimité pour ces impôts !
L’immense majorité des partis étaient pour.

Aucun débat public n’a eu lieu ! C’est quand même incroyable !

PLR est pour les impôts.
regime financier et no billag votation suisse mars 2018
Le PLR est pour les impôts malgré ce qu’il dit à longueur d’année !

Ceci alors qu’à longueur d’année les partis de droites comme le PLR tapent sur les impôts trop élevés…

… et les partis de gauche comme le POP tapent sur la TVA, cet impôt injuste qui frappent tout le monde de la même manière que l’on soit riche ou pauvre.

Mais là, POP et PLR ont recommandé de reconduire ces impôts !! Incroyable!

4 mars 2018 régime financier et no billag
POP est pour le TV
Le POP est pour la TVA, même si il tape dessus régulièrement en disant que c’est un impôt injuste

Mais il faut préciser quand même que le même jour il y avait un autre sujet de votation qui a fait grand bruit. Probablement une des votations qui a fait le plus de débat ces dernières années.

C’était la votation sur l’initiative « no billag » qui proposait de supprimer la redevance Radio TV.

Evidemment, les journalistes (surtout ceux dont le jobs dépend directement du résultat de la votation) ont beaucoup plus parlé de cette votation et organisé de nombreux débats.

Alors que fondamentalement, si l’on regarde les montants en jeu. La décision à propos de la redevance radio-TV est beaucoup moins importante.

proportion des montants en jeux votation 4 mars 2018 impôt ifd tva et billag

Bref, le même jour, le 4 mars 2018, les Suisses on voté avec une très large majorité pour la continuité de 3 formes d’impôts différentes qui vont les piéger encore longtemps dans un système monétaire précis.

… et 3 mois plus tard, les mêmes ont refusé l’initiative monnaie pleine qui proposait de crée de la monnaie sans dette et de donner la possibilité de la distribuer aux personnes directement.

Ainsi la majorité des Suisse, probablement par ignorance, plébiscitent un système monétaire qui leur est majoritairement défavorable !

L’impôt empêche les systèmes économiques alternatifs

Il y a des nombreuses personnes qui aimeraient changer de système économique.

Il y a des gens qui aimeraient utiliser des monnaies plus vertueuses. Notamment les gens qui crées des Monnaies Locales Complémentaires.

Il y a les gens qui aimeraient vivre sans argent. 💰

Mais voilà, que ça ne marche pas. Ça ne prend pas. Il y a toujours l’impôt pour obliger à utiliser la monnaie officielle.

J’ai participé en 2018 aux rencontres des Monnaies Locales Complémentaires de France et 10 jours après à l’équivalent de Suisse.

Chaque fois c’est le même discours, il faut investir massivement pour inciter les gens à utiliser les Monnaies Locales Complémentaires, et ça ne marche pas….

monnaie locale complementaire

J’ai organisé à chaque fois une partie du Jeu de la Monnaie. Donc il n’y a que des fans des Monnaies Locales Complémentaires, des gens qui se battent pour les faire utiliser.

Quand on introduit une MLC dans le jeu de la monnaie, et bien les fervents défenseurs des Monnaies Locales Complémentaires ne sont pas très intéressés par celle-ci….

Je veux pas des tes cacahuètes 🥜, une monnaie de singe 🐵 J’ai un crédit à rembourser et des impôts à payer dans une autres monnaie. C’est déjà assez dur comme ça…

Voilà on a tout résumé.

Ainsi pour faire fonctionner une économie autrement. Il ne suffit pas de proposer des monnaies alternatives (Ça me fait penser aux inconditionnels de la monnaie libre Ğ1 qui pensent que tout va se résoudre en utilisant cette monnaie !)

Il faut également réduire, voir supprimer sa dépendance à des monnaies prédatrices qui permettent à une caste de vivre sur le dos des autres en profitant de leur pouvoir de seigneuriage.

Ceci peut se faire, soit en échappant le plus possible aux impôts, soit en permettant de payer des impôts dans des monnaies moins prédatrices.

Les créateurs de Monnaies Locales Complémentaires devraient penser à ça.

farinet
Des Farinets. La monnaie locale valaisanne.

Conclusions

On a donc vu dans cet article, que l’intention première de l’impôt, c’est d’imposer une forme de monnaie dont personne ne veut sauf le seigneur (saigneur) qui en a le monopole d’émission et qui profite de son pouvoir de seigneuriage pour vivre sur le dos des autres.

On a vu que ce système monnaie métallique + impôts génère la création d’une économie de marché, ainsi que la concurrence entre les personnes pour gagner plus d’argent et ainsi tenter de se libérer au maximum de l’impôt.

Une autre conséquence d’avoir à « gagner sa vie » sous la forme de « gagner de la monnaie » pour payer les impôts, c’est que l’on favorise le progrès technique, la recherche de l’efficacité par le progrès technique.

On peut se poser la question de savoir si notre civilisation serait autant « avancée » sur le plan technique si on avait eu un autre type de monnaie ?

monopoly maison
Le but du jeu du monopoly est de faire gagner une seule personne. Peu importe qui sont les joueurs, des escrocs ou des moines vertueux….. ainsi changeons le système.

Encore une autre conséquence de ce système monétaire de type jeton-valeur métallique et non de reconnaissance de dettes mutuelle dans une communauté de confiance, c’est le fait qu’il est très efficace pour favoriser la création d’une armée efficace. Ceci d’autant plus que la course à la technique et l’économie de marché avec des acteurs en concurrence va d’autant plus favoriser la création de nouvelles armes plus efficaces.

Il n’est donc pas étonnant de voir que le moment de l’invention du système monnaie métallique + impôt est le moment de l’émergence de grands empires basé sur l’expansion guerrière.

Le grand public et même les soi-disants spécialistes de la monnaie et de l’économie, ne connaissent pas la véritable origine de l’impôt. (ainsi te voilà maintenant plus au courant que 90% des économistes !)

C’est pour cette raison que le peuple vote quasi systématiquement contre ses intérêts dans les votations sur ce genre de sujets.

J’espère ainsi contribuer la moindre à une meilleure compréhension du sujet des impôts et de la monnaie et faire émerger un système qui me semble plus juste et qui ne nécessite pas d’impôt !
… même pour réaliser les tâches que l’on attribue généralement à l’Etat..

Si tu veux en savoir plus c’est par ici… Il s’agit du kong, une nouvelle monnaie de singe… 🐵 C’est du low-tech basé sur des carnets où l’on pratique une comptabilité, on sécurise le tout avec des signatures croisées comme pour un contrat.

Et chaque mois, chaque personne reçoit son revenu de base. Pas besoin de banquier, ni de saigneur, pour faire la monnaie….

Tout est possible, garde l’esprit ouvert !

Les révélations édifiantes de Yánis Varoufákis sur la dictature qu’est l’union européenne

En février 2019, Yánis Varoufákis, l’ancien ministre des finances de la Grèce était interviewé par la chaine youtube Thinkerview.

Cet interview très instructif de Yánis Varoufákis montre que l’union européenne n’est pas une union politique. Mais une union d’un cartel de grosses entreprises. C’est une dicatature.

Yánis Varoufáki nous montre aussi comment l’Union Européenne agit même contre ses propres intérêts en générant la montée du fascisme….
(à cause d’une élite méprisante.. c’est le même scénario qui a fait élire Trump aux USA… c’est pas la victoire de Trump, c’est la défaite d’Hillary Clinton et de toute l’élite méprisante du peuple qu’elle représente)

Vente forcée du port du Pirée aux chinois

Comment l’UE a obligé la vente du port du Pirée aux chinois !! …
Varoufakis avait négocié un accord favorable pour sauver les meubles, des bonnes conditions de travail au salaire minimum, des investissements et création d’emploi minimum.. et ceci pour 1.5 Milliards….   

… il a reçu 100 millions…. et aucune condition !

Quoi ? mais c’est pas ce qui a été négocié ?

Renseignement pris… Berlin a torpillé les accords entre le gouvernement grec et le gouvernement chinois !!!   Voilà la dictature européenne !

L’histoire rocambolesque du plan x, un système de paiement parallèle

J’ai pointé l’interview (1h50) au moment où Yánis Varoufákis explique l’histoire du plan X. Ce plan de créer une monnaie locale grecque hors système bancaire. Basée sur une blockchain avec pour identifiant le numéro d’identification fiscal…..

C’est quand même brillant pour un ministre des finances de mettre sa en place pour sauver son peuple !!

.. mais là aussi torpillé par les pressions de l’UE qui veut l’austérité à tout prix !! Assassins !!!
(Tout le système d’épargne des retraites des allemands à besoin de la dette grecques pour tourner….)

Voici quelques référence sur le plan x de Varoufakis… et aussi sur libération..

banque dictateur

L’austérité en France est voulue par Macron

Yánis Varoufákis nous raconte aussi ses discussions avec Macron qui voulait refaire le plan du chancelier allemand Schröder… Soit créer l’austérité temporaire, diminuer les salaire histoire de devenir plus compétitif au niveau international.

Macron a créé l’austérité !! On le voit !! c’est clairement voulu !! .. et ça a pour but d’avoir une France plus compétitive et ainsi par alliance avec Merkel de créer l’échelon suivant de la construction européenne: soit un budget fédéral.

Mais voilà que comme Yánis Varoufákis l’avait dit à Macron.. ça ne marche pas (pour en Marche!), c’est plus le même contexte international qui permet de faire fonctionner une économie compétitive même en austérité… 

Merkel s’est bien joué de Macron.. aucune contrepartie…  fallait pas faire les choses dans cet ordre !!

Car pour préciser si une zone économique aussi divergente que la zone euro (voir les soldes divergents du système interbancaire Target 2), avec des niveaux de revenu nécessaires pour vivre si différents veut pouvoir fonctionner, il faut forcément un mécanisme d’équilibrage. Une péréquation qui ne peut se faire qu’avec une budget fédéral. (on fait ça en Suisse ! .. mais aussi dans d’autres fédérations comme l’Allemagne, le Canada, les USA…)

Milton Friedman avait prévenu que l’euro allait se planter sans systèmes d’équilibrage.

L’Union Européenne n’est pas une union politique, mais un cartel qui a réussi !

Ainsi si l’UE veut réussir il lui faut devenir plus que le cartel qu’elle est de facto depuis son origine. Soit la « Communauté européenne du charbon et de l’acier » qui au fil du temps a grandi en englobant l’agriculture des grosses fermes industrielles. Puis a créé sa propre monnaie et sa zone de libre échange.

L’UE n’est pas une union d’européens, une union politique d’un peuple. Mais l’union des industries principales de cette zone économique.

Ainsi il est normal que le parlement européen ne soit rien qu’un parlement fantoche. Comme le dit Yánis Varoufákis, le seul parlement du monde qui n’a pas le droit de créer de lois !!

Et oui, c’est vrai. Même si là on est en pleine élections européennes. Ça ne sert à rien. C’est la commission européenne avec ses membres désignés (non élus) par les chefs d’Etat de chaque pays qui détient les pouvoirs législatif ET exécutifs !

Et elle est ou la séparation des pouvoirs fondement de toute démocratie qui se respecte ?

Le cartel des grosses industries d’un continent est un modèle que je n’avais pas mis dans ma comparaison de divers systèmes politiques. Il faudra que je l’ajoute un jour…

union européenne drapeau barbelé dicatature

Comment en finir avec cette dictature européenne et créer une Europe démocratique ?

A cela il y a deux approches,

  • sortir de l’union européenne et coopérer dans un autre cadre
  • transformer le cadre de l’intérieur… mais ça demande l’unanimité des pays pour changer le cadre !

Je vois ici un sacré clivage entre des gens qui ne se comprennent pas. Ceci tellement il y a un manque d’information réelle sur le sujet de discussion.

Ce qu’est vraiment l’union européenne

Il y a les gens qui se sont informés, notamment grâce à la chaine youtube de François Asselineau et de son parti l’UPR. Les gens qui savent que l’union européenne est une dictature de la commission européenne, non élue… et qui fait les lois et les exécute….

Que les gouvernements des différents pays ne peuvent rien changer, que les Grandes Orientation de la Politique Economique (GOPé) sont dictés par la commission européenne et que si elles ne sont pas appliquées, il faut payer des amendes !
Voici comment décrypter le langage de l’UE en langage courant et comprendre que c’est la commission européenne qui dirige vraiment.

Et il y a ceux qui ne savent pas ce qu’est l’Union Européenne. Qui croient encore à la fable que l’UE a été crée pour éviter la guerre….

Ainsi une personne qui n’a pas le pré-requis de savoir comment fonctionne l’UE et que c’est un cartel, une personne qui pense que l’europe c’est la paix. Si elle rencontre quelqu’un qui est contre l’europe, elle va faire l’amalgame contre l’europe = contre la paix….

Donc être contre l’europe, c’est vouloir la guerre… c’est hyper dangereux, les anti-européen sont des fascistes… il faut les combattre….

… et voilà tout le psychodrame qu’on voit autour de la personne d’Etienne Chouard… les allégations de fake News qui sont attribuées régulièrement à François Asselineau...

Alors qu’en fait… si on comprend que l’Union Européenne, c’est une dictature et que c’est pas être pour la guerre que de vouloir tout changer, bien au contraire, là on peu commencer à discuter ensemble du même sujet et savoir que faire pour rendre l’Union européenne démocratique ?

Quitter l’UE ou changer l’UE ?

Là on retrouve les deux approches: ceux qui veulent retrouver leur souveraineté par la sortie de l’UE. (Brexit, Asselineau en France) et ceux qui veulent comme Yánis Varoufákis et son mouvement DiEM25 prendre le pouvoir dans le plus grand nombre de pays européens pour transformer cette europe des cartels en Europe des peuples.

A noter que l’unanimité est requise pour changer le contenu des traités européens... donc DiEM25 doit prendre l’unanimité.. ou faire un coup d’Etat pour changer le système…. ?

Il y a les gens qui sont très flous quand on leur pose la question de ce qu’il faut faire de l’europe… C’est le cas de Mélanchon qui connait bien la politique et bien son électorat qui est très composite et divisé que la question..

casquette union europenne dicatature
Casquette de l’union européenne que j’ai achetée à Bruxelles en 1989, avant le traité de Maastricht.. on nous annonçait une magnifique UE et une nouvelle monnaie l’écu… l’Histoire en a fait tout autre chose que les promesses de l’époque.

Donc on a un Asselineau qui a des comportements que je trouve très ancré dans une vision du monde bleue de la spirale dynamique. Une vision du monde où c’est le livre, le droit qui a raison. Si c’est écrit ainsi dans le texte… c’est ainsi qu’il faut faire. François Asselineau est un spécialiste du droit et il cite bon nombre de loi et de traité par coeur.

Puis on a les autres qui ont une vision du monde qui a au moins intégré la vision du monde orange pour laquelle les lois c’est juste un cadre avec lequel on joue… on peut tricher si on est pas pris !... on crée des lois qui nous arrange.. on les tord… on les tritures… (Je vois assez bien un Macron faire ça !)

Ainsi Mélanchon propose un rapport de force pour faire changer l’europe de l’intérieur sans se préoccuper trop du droit… c’est l’esprit de la loi qui est important, pas le texte ! (vision typique d’une vision du monde verte de la spirale dynamique ) … et si ça marche pas, on peut quitter l’UE… mais tant que la 1ère étape n’est pas testée.. (ce qui est loin d’être le cas) aucune discussion sur la seconde étape.

Varoufakis est dans la même veine que Mélanchon. Il crée un mouvement panEuropéen pour avoir la force d’imposer la même vision dans tous les pays et changer les choses ainsi. Soin une europe unie, politique, démocratique et plus un cartel économique…

Le chemin peut être long.

L’avenir nous montrera si l’UE et la zone euro survivent ou pas ? 

La magie ça existe vraiment, mais c’est pas ce que tu crois…

Notre monde est plein de magie, Harry Potter et le seigneur des anneaux sont toujours un succès. 🧙🏻‍♂️

harry-potter-magie

Mais c’est quoi la magie ? Moi je pense que ça existe bel et bien, que ce n’est pas QUE dans l’imagination… (quoique…)

Par contre la magie n’est peut être pas vraiment ce que tu penses…
Je vais t’expliquer tout ça ci-dessous.

Origine du mot « magie »

Tout d’abord, j’aime bien ce que la langue des oiseaux nous dit:

La magie l’âme agit ! (l’âme agit… ça crée…)
Magie → anagramme de: image … (si si… répète sans fin le mot magie )

Puis l’étymologie nous dit que le mot magie vient de la religion des mages de perse au moins vers -500 av. J.-C
Le mage est un homme de pouvoirs…

Les mages était une caste religieuse et politique comme le sont les brahmane en Inde. Donc certains mages sont prêtres et d’autre plutôt dans la politique et parfois les deux ensemble….
C’est pas pour rien que la bible parle des Rois-mages…

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Des Rois.. mais aussi des astrologues, alchimistes, un peu prophète, pratiquant les rituels religieux et probablement les sacrifices….

Homme de pouvoir résume bien ce qu’est un mage !

Le sacrifice de sang un vieux rituel encore bien présent !

Dans des visions du monde anciennes, le sacrifice humain était toujours lié au pouvoir de la magie. C’était généralement une pratique pour obtenir les faveurs des dieux.

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Sacrifice humain chez les aztèques

En passant à des visions du monde plus récentes, le sacrifice humain s’arrête. (ou devient plus subtile… on y reviendra..)

Ceci va par étapes. Dans les religions monothéistes du livre (les juifs, chrétiens et musulmans), l’arrêt des sacrifices humain se passe au moment où Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils Isaac et qu’au dernier moment Dieu se ravise et c’est un bouc qui sera sacrifié.

On passe là du sacrifice humain au sacrifice animal.
Dans la religion juive on pratique toujours le sacrifice de l’agneau pascal au moment de la Pâques (la fête de Pessa’h).

Dans l’Islam, on fête toujours la fête du sacrifice, Aïd Al-Adha.

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Puis ensuite, dans la religion chrétienne, on passe au sacrifice symbolique, après un dernier sacrifie humain !

En effet Jésus est considéré comme l’agneau pascal, (agnus Dei) il a été crucifié en plein pendant la Pâques juive (Pessa’h). C’est l’ultime sacrifice. Jésus a ainsi pris sur lui tous les péchés humains et les a définitivement racheté. (Racheté est bien le terme, en latin on parle dit Redemptio qui a donné en français rédemption.)

Donc on est toujours dans la logique que si l’on a un problème, on charge tout sur un bouc émissaire, ce bouc est sacrifié et tout est pardonné !

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Depuis là, dans le Christianisme, le sacrifice est non sanglant. C’est l’eurcharistie. C’est la consommation du pain et du vin comme corps et sang du christ.

Ceci provient du dernier repas de Jésus, qui a institué le rituel le soir avant son arrestation:  
« Ensuite il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de même la coupe, après le souper, et la leur donna, en disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous.…»

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Les catholiques et les orthodoxes considèrent toujours que c’est une actualisation du sacrifice de Jésus Christ; que le pain et le vin est vraiment corps et sang du christ même de nos jours.

Le sacrifice est donc toujours d’actualité.

Les protestants se détachent de cette vision du monde. Ils pensent que la sainte cène n’est qu’un symbole pour commémorer le sacrifice de Jésus.

On voit la que le Christianisme n’est pas monolithique. Certains chrétiens mettent l’accent sur la notion de sacrifice et d’autres chrétiens mettent l’accent sur la notion de vie éternelle promise.

On a donc là des visions du monde différentes. On commence à sortir de la notion de sacrifice humain.

Mais je trouve toujours étonnant que de nos jours on est donc encore à fond dans des religions largement répandues qui pratiquent le sacrifice humain. Même si c’est dans la pratique du pain et du vin !

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On va voir maintenant que la technologie moderne permet de faire de la magie autrement…

La version moderne des rituels de sang

La mort, le sacrifice humain ou animal, n’est pas quelque chose d’anodin. Ces rituels ont été mis en place pour jouer avec l’émotionnel des participants.

On a là une grosses charge émotionnelle et c’est le meilleur moyen pour créer des esprits de groupe, des égrégores.

Qu’est-ce qu’un égrégore ?

L’égrégore n’est pas une notion très connue. Je fais donc une brève explication. Il s’agit d’un esprit de groupe créé avec un désir commun d’un grand nombre de personnes. Cette union est créatrice. Elle crée des entités.

égrégore

Ce que je dis là fait très ésotérique, et c’est un terme utilisé principalement dans le monde ésotérique, mais on a des cas d’usage de tous les jours:

Une nation est un égrégore. En tant que tel, une nation n’est pas palpable. Mais c’est quand même très réel. Le nationalisme est une force bien présente.

Il suffit d’agiter un drapeau devant un fan de foot en pleine coupe du monde pour ressentir clairement la charge émotionnelle. Une nation comme tout égrégore a des codes, des croyances associées et des symboles associés. (monnaie, drapeau, etc..)

🇧🇩🇧🇭🇧🇸🇦🇹🇦🇺🇧🇩🇧🇯🇧🇹🇧🇾🇧🇦🇧🇼🇧🇷🇦🇶🇦🇴🇩🇿🏳️‍🌈🇦🇴🇬🇫🇮🇲🇵🇰🇨🇭

Les symboles sont donc souvent des boutons pour appeler des égrégores. Notre inconscient se branche facilement sur des symboles.

En plus des drapeaux des nations, on peut aussi agiter quelques symboles religieux et autres et voir ce que ça donne. Il y a des gens qui sont très vite mal à l’aise.

࿕ ☭ ☯︎ ✡ ✠ ⚽

Religious_symbols.png

Bref, je crois que maintenant c’est bon la notion d’égrégore est un peu plus claire. C’est donc une « entité » créée par un esprit de groupe. Entité qui devient d’une certaine manière bien réelle et autonome. Une entité qui peut être associées à des « boutons », souvent des symboles graphiques.

Comment créer un égrégore ?

Comme on l’a dit plus haut, les rituels émotionnels servent surtout à créer une grande communion d’humains dans un même sens et on crée ainsi un égrégore.

On a parlé plus haut du sacrifice d’humains et d’animaux. Mais ce n’est pas la seule manière de créer des charges émotionnelles.

Au passage, pour savoir ce qu’est une émotion et comment nous autres humains avons l’habitude de gérer nos émotions, j’ai déjà fait tout un article sur le sujet.

exposition emotions neuchatel

Donc les émotions sont des états physiques on considère qu’il y a la joie, la peur, la tristesse et la colère qui sont des états communs à tous les humains. La surprise est parfois aussi considérée comme une émotion.

Une grande catastrophe crée donc une grande charge émotionnelle.

Exemple avec un attentat terroriste, forme de sacrifice humain moderne. L’événement survient et hop, c’est la surprise, puis la tristesse s’empare de la foule, on pleure les morts, puis on a peur que la vague terroriste nous touche personnellement et la colère s’installe contre les méchants terroristes et ce qu’ils représentent….

Les gens groupent leur pensées et leurs émotions dans un seul sens et là l’égrégore se crée. Des symboles se créent pour appeler l’égrégore.

Je_suis_Charlie

Je suis certain que tu connais ce symbole. Il est un bouton qui active un égrégore. Son créateur l’avoue, ce symbole ne lui appartient plus. Il lui a échappé, il vit sa propre vie, au point même de se retrouver dans le générique des Simpson.

Voilà comment un attentat crée un puissant égrégore.

Mais il manque une émotion:

La joie !😎

On peut créer aussi des émotions fortes avec la joie. J’en ai déjà parlé plus haut les grandes manifestations sportives comme la coupe du monde de foot active les égrégores des différentes nations. Mais ceci sans avoir besoin d’émotion « négatives ».

drapeau match foot suisse portugal italie

J’ai jamais vu autant de drapeaux de différents pays dans la même rue que pendant les coupes du monde de foot. J’ai jamais entendu tout mon quartier vibrer en même temps en dehors des goals des matchs de foot importants.

Il y a des grands cris, ceux qui crient de joie et ceux qui crient de tristesse.

Un autre moyen de créer un égrégore avec des émotions positives c’est les concerts. La musique est un moyen royal de transmettre des émotions.

Les concerts avec des milliers de personnes qui communient ensemble en chantant les paroles de mêmes chansons créent forcément une charge émotionnelle forte.

psychologie des foules gustave le bon concert

Un autre moyen de créer des charges émotionnelles fortes, c’est le sexe. On revient là dans des instincts primaires bien ancrés dans nos cerveaux reptiliens. 🧠

sexe temple inde Vishvanatha India.Khajuraho

Les égrégores sont des outils intéressants pour les manipulateurs

Maintenant que l’on a vu ce que sont et comment on crées des égrégores, on va revenir à notre sujet: la magie.

Comme on l’a vu ci-dessus, l’origine du mot magie nous vient de la religion des mages perses. Une caste d’homme de pouvoir.

Les mages sont donc des gens de pouvoir. Ils savent manoeuvrer pour avoir le pouvoir.

star wars kylo ren sabre laser

Une des techniques les plus efficaces pour avoir le pouvoir et manipuler les gens, c’est de manipuler les égrégores.

Tous les grands événements qu’on a vu ci-dessus et qui créent des égrégores sont potentiellement intéressants pour les grands manipulateurs.

J’ai commencé à écrire cet article à peine quelques jours avant un de ces grands événements qui a focalisé les consciences au même endroit. Sur un drame en direct: l’incendie de la cathédrale Notre Dame à Paris.

J’ai donc mis en pause la rédaction de cet article le temps d’observer ce que cet événements génère.

On peut faire un lien direct avec le 11 septembre 2001. (en moins meurtrier quand même) Il y a le même genre de logique qui apparaissent. Les émotions sont bien là. Il n’y a plus qu’un seul sujet dans la rue et les réseaux sociaux. On touche à des symboles….. les deux tours !

les deux tours WTC cathédrale Notre Dame de Paris en flamme.. incendie H

Très rapidement, il y a plusieurs versions de l’histoire qui apparaissent. Il y la version officielle et la (les) version(s) complotiste(s).

Est-ce un accident ou est-ce la stratégie du Choc ? Un gros événement émotionnel qui permet de détourner l’attention et de manipuler les gens ?

Naomi Klein dans son documentaire « la stratégie du choc » décrit plusieurs cas d’événements émotionnels qui ont été utilisé pour manipuler les gens et leur faire accepter ce qu’il n’acceptaient pas avant.

Voici la bande annonce de ce documentaire:

Il est donc nécessaire de faire très attention lors d’événement fortement émotionnel de ne rien décider sur le coup de l’émotion.

Il est évidement qu’il est difficile de ne pas être au courant d’un tel événement. Mais il faut savoir s’en distancier. Ne pas adhérer sans réfléchir à l’égrégore. Ne pas faire le mouton !

En langue des oiseaux, par un simple changement de voyelle, on peut voir le mot égrégore comme étant o grégaire. Un mot qui est synonyme de « comportement de troupeau« .

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Gustave Lebon avait déjà tout décrit il y a plus de 100 ans dans son livre « Psychologie des Foules ». Il explique pourquoi une foule est bête et comment on peut manipuler une foule plus facilement qu’un simple individu.

L’humain est un animal social. Il a plus peur de se faire rejeter d’un groupe que de se tromper, de croire à des inepties, d’agir contre ses propres valeurs.

Les vrais libres penseurs sont rares.

art créativité gens libre art-urbain

La preuve. Si tu veux aller boire un verre avec une équipe d’amis 🍻et que tout le monde veut aller dans un bar que tu détestes…. tu es devant la portes.. tout le monde te dis… allez-viens….
Tu fais quoi ?

Tu passes ta soirées seul-e ? mais en ayant suivi ton avis… Ou tu te plies au groupe ?

Il y a de grandes chances pour que tu te trouves une excuse pour quand même avoir le droit de suivre tes amis….

La magie du cinéma, n’est pas qu’une expression

La magie du cinéma, est une expression que l’on entend souvent. Pour moi ce n’est pas qu’une expression, on verra pourquoi ci-dessous.

De plus la Lanterne magique est l’ancêtre du cinéma. C’est un système de projection qui a été nommé ainsi car il fascinait les gens.

Etonnant tout ces liens entre le mot magie et le cinéma !
Mais il y a encore plus fort !

Avec quel outil est-ce que l’on pratique la magie ? Quel est l’outil qu’Harry Potter utilise pour lancer ses sorts ?

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…. une baguette magique ! 🧙‍♂️

Où sont fabriqués les plus grands films à succès ? Donne moi le nom d’un lieu fortement lié à la magie du cinéma ?

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Il se trouve que le bois de houx se dit holly wood en anglais….

houx et gui follateres

….. ouais et alors ?

Et bien le bois de houx est le bois dont on fait les baguettes magique !
(en tout cas celle d’Harry Potter et l’auteur dit s’être inspirée de la tradition celtes)

Le cinéma est donc l’outil, la baguette magique de la magie moderne.

L’image est la magie du cinéma. L’image en l’air, l’image in air devient réelle au cinéma ! 🍿

Le cinéma nous fait vibrer, pleurer, rire et sourire.
Le cinéma joue avec nos émotions.

😀😢😱😡

Ainsi plus besoin de créer des rituels et des événements réels, fortement émotionnels.

L’image dans l’air, l’image in air, suffit à nous faire, glacer le sang dans nos artères.

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La projection d’image sur un écran a un effet stroboscopique. 🎥
Le spectateur dans le noir, bien calé dans un fauteuil moelleux est dans une posture très proche de celle de l’hypnose. Il accueil la réalité qu’on va lui suggérer.

La TV: une baguette magique qui atteint tous les foyers

La télévision 📺qui entre dans tous les foyers au 20ème siècle devient le vecteur premier de diffusion des informations.

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On a donc là une machine à générer des égrégores, à distance et simultanément dans une population de plusieurs millions de personnes. C’est pas magique ça ?

Le journal télévisé est l’outil de création de la peur par excellence.
(Quoique.. les journaux gratuits se défendent bien aussi !!)

peur virtuelle medias

Selon la définition que le Mage est un homme de pouvoir. La TV est l’outil favoris du Mage qui veut gérer son troupeau.

La meilleure manière de garder le troupeau mouton c’est de générer la peur du loup !

Attention.. sortez pas de chez vous.. il y a des terroristes partout.…. On va vous mettre des lois qui vont vous protéger….. mais faudra nous donner un peu plus de pouvoir en échange….

Allez on fait passer l’état d’urgence… On va vous empêcher d’avoir des armes, comme ça les terroristes pourront plus en avoir.

On va contrôler tout ce qui se dit sur internet pour éviter d’avoir des Fake News envoyées par les terroristes qui veulent influencer nos élections libres ( voir le post facebook ci-dessous entre Macron et Zukerberg )

De plus, on va vous vacciner contre toutes les maladies du monde !
Vous serez en sécurité !

On voit ci-dessus que lorsque la TV se fait remplacer par le web (et facebook surtout) comme source d’information principale, le pouvoir en place est obliger de faire alliance avec les nouveaux diffuseurs de contenu. Il faut continuer à contrôler l’outil principal de diffusion de l’info.

Créer la peur et fournir la solution à cette peur reste encore et toujours la principale technique qu’utilise la caste des Mages pour garder son pouvoir sur les autres.

Du pain et des jeux et le peuple est heureux

La version romaine des jeux du cirque a disparue. On ne sacrifie plus des chrétiens, des lions et des gladiateurs en direct pour créer des émotions chez le public.
Nous sommes civilisés de nos jours...

panorama colisee Rome jeu du cirque

Jeton un oeil au programme TV de nos jours que voit-t-on ?
Du pain et de jeuxGame of… Thrones.

La série Game of Thrones est justement l’exemple type que ce qui fait le succès: les émotions fortes. Un mélange de sexe et de violence jamais égalé dans une série grand public. Des surprises régulières, du suspens.

Donc c’est vrai, les jeux du cirque ont disparus, nous sommes maintenant civilisés. Vive les jeux du Trône..

👑 🐉

C’est environ 20 millions de téléspectateurs en direct qui ont regardé le dernier épisode de la série Game of Thrones à la TV. Sans compter tout ceux qui l’on piraté.. et ceux qui le regardent sur d’autres chaines dans les jours suivants. On a donc là un véritable événement à forte charge émotionnelle.

Quand en plus, la sortie tant attendue de la dernière saison de Game of Thrones coïncide avec un autre événement émotionnel majeur. Ça fait des collision d’égrégore….

notre dame de paris incendie cathedrale dragon game of throne
Un dragon met le feu à la Cathédrale Notre Dame de Paris

Qu’est-ce qui est vrai ? Et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Tout est vrai !
.. nos émotions ne font pas la différence !

Un égrégore est vrai. Les univers imaginaires existent bien. Il y a toute une culture commune qui se développe autour. Les égrégores ont leur propre vie et ils influencent nos comportements.

Voici une preuve que l’imaginaire influence notre réalité.

Les licornes existent ! On en voit partout. Même sur le papier de toilette
Je croise régulièrement des licornes dans la rue autour de chez moi….

licorne dans la rue

Le cinéma pour manipuler l’opinion publique

Le cinéma, avec son imaginaire, a souvent un message à faire passer, il prépare l’opinion publique sur un sujet…

Comme je l’ai dit plus haut, tout est vrai. Mais pas dans n’importe quel contexte. Ainsi pour faire passer une vérité d’un contexte à un autre. Le cinéma est un outil puissant.

La publicité utilise abondamment le média vidéo. Si je veux te faire acheter une pizza, je vais d’abord te faire désirer une pizza. Je vais te mettre l’eau à la bouche, je vais te montrer les moindres détail… et à la fin te frustrer de ne pas l’avoir.. ça te donnera la motivation de faire venir cette pizza dans ta réalité !

C’est une manière de faire venir ton consentement pour un certain futur en colonisant ton imaginaire !

08-recette de pizza maison halloween araignee

On peut faire de la pub pour bien autres choses que des Pizzas.

Le sujet du film lui même peut être une publicité. Voici un exemple:

Il n’y pas assez de pilote de chasse pour une prochaine guerre qui se dessine. Hop, on sort le film Top Gun… Une histoire de pilote de chasse.

L’US Navy a annoncé après la sortie du film que le nombre de candidats à devenir pilote de chasse a augmenté de 500% !

Et oui, la magie du cinéma, c’est très pratique pour orienter le futur comme on le désire.

On ne peut pas généraliser, mais il y a très souvent des messages cachés dans les films.

tradition suisse cervela invisible pour les yeux

Que penser d’un film sur les sociétés secrètes comme Eyes Wide Shut... ?
Ou de la trilogie Matrix ?

Le cas du film Retour vers le futur est très intéressant. Zemeckis son réalisateur a certainement reçu une commande pour orienter l’opinion publique.

Sans qu’on s’en rende compte, le film Retour vers le Futur opère un retournement des valeurs en place pour faire la promotion d’une autre vision du monde: les valeurs neo-libérales, l’intérêt individuel est le moteur du progrès, quand on veut, on peut, n’importe qui peut devenir quelqu’un, l’individu est seul responsable de son succès ou sa chute. Les structures sociales n’ont pas d’influence.

C’est exactement le programme politique de Ronald Reagan, un acteur devenu président des USA ! Il y a même une pub explicite pour lui dans le film Retour vers le Futur. Reagan cite même le film dans un de ces discours devant le congrès. La boucle est bouclée.

Mieux encore, le film Retour vers le Futur pousse encore plus loin la magie du cinéma en proposant un futur alternatif ou c’est Trump le président…. Oui oui, c’est bien Trump qui a inspirée le personnage de Biff..

Voici une analyse de Retour vers le Futur en vidéo:

Qu’est-ce que le cinéma actuel nous réserve comme futur ?

Rétrospectivement, on voit comment le cinéma a influencé notre société. Est-ce qu’on peut voir dans le cinéma actuel les messages qu’on veut nous faire passer pour le futur ?

J’observe qu’en 2001, Spielberg ouvre la voie à l’IA.

La bande annonce commence par « Voici notre avenir » !

Ce premier film nous parlant du racisme envers les robots sera suivi par plein d’autres films à propos de robots… et d‘Intelligence Artificielle:
Automata, Her, ex-Machina, i-Robot, Chappie, The Machine, Wall-e qui rend les robots adorables….. et jusqu’à Transcendance qui fait la promo du transhumanisme. (le mode le plus extrême… soit plus de corps physique !)

Plus le temps avance, plus les robots sont gentils et adorables.
De Terminator à Wall-e il y a une sacrée différence !

wall-e-vs-terminator robot toujours plus gentil et adorable

J’observe aussi une telle évolution chez les vampires. L’affreux monstre s’est transformé en beau gosse désirable !

On passe des monstres Nosferatu et Dracula… à des gentils vampires dans Twilight…. Ceci en passant par l’étape intermédiaire de Buffy contre les vampires…

vampire comparaison nosferatu

Cette évolution est pareille pour une bonne partie des autres monstres classiques, zombies, vampires, loup-garous, sorcières, extra-terrestres

evolution vampire sorciere lougarou alien

Etonnant non ?

J’en déduis que la magie du cinéma nous prépare à voir des robots et des IA dans notre quotidien, tout comme les magiciens nous préparent à voir les êtres sur-naturels comme étant tout à fait naturels.

gentil-robot-yeux-kawai-alex-knight-199368-unsplash

De plus l’extra-terrestre, après avoir souvent été le grand méchant devient maintenant la victime des méchants humains !

Ça a commencé avec ET et l’exemple le plus parlant est certainement Avatar.

Etonnant que Spielberg soit encore une fois à l’origine d’une nouvelle perception de certains êtres…. avec des films qui ont 2 lettres pour titre !

  • IA → Nous parle d’un gentil robot..
  • ET → Nous parle d’un gentil extra-terrestre

Quand à James Cameron, dès son premier film, Xenogenesis, il nous parle déjà de gens qui s’enferment dans une boite de conserve pour aller voir des extra-terrestres mais qui rencontrent des soucis… Terminator, Abyss, Aliens, Avatar… toujours le même thème!

Est-ce que les Mages ont des choses à divulguer au grand public ?

magie-extra-terrestre-bleu-avatar
Dans la religion Hindoue, les avatars du dieu Vishnou sont généralement bleus !

De quel futur avons nous envie ?

La baguette magique est un outil au service d’un magicien. Il y a plusieurs sortes de magiciens. Il y a donc plusieurs futurs possibles.

Lequel préfère-tu ?

Le film Elysium nous montre une Terre surpeuplée, polluée, sur-exploitée et nous propose que les riches se construisent un paradis dans le ciel… en orbite autour de la Terre… En laissant les pauvres sur la Terre.

Le Film/documentaire Demain, nous montre aussi un vision catastrophiste et se dit que faire peur aux gens, ça ne marche plus. Ainsi on renverse les habitudes et on montre ce qui fonctionne, des solutions.

Le film Demain montre des solutions inspirantes pour un futur enviable.

Le film Tomorowland nous montre qu’une machine a été placée pour nous faire peur, pour nous montrer une vision catastrophiste du monde.
Un monde avec un futur qui mène à l’effondrement total.

Mais cette machine est détruite. Nous avons maintenant le droit de rêver à un avenir meilleur.

L’extrait ci-dessous lance un grand recrutement de rêveurs optimistes qui vont créer un nouveau monde meilleur.

Je vois ici sous forme de documentaire et sous forme de fiction, le même message:

Nous voulons un futur enviable et c’est possible !… Allez on le construit !

L’âme agit, ça crée…

Personnellement, je vois que cette magie du futur enviable à construire soi même opère bien . Il y a beaucoup de choses qui bougent ces temps.

Je vois des gens qui s’éveillent, qui se libèrent des égrégores nocifs. Qui vont au delà de la dualité dans laquelle une certaine caste de Mage manipulateurs les avaient enfermés.

Par exemple la dualité des partis politiques qui s’affrontent en laissant tranquille le vrai pouvoir, celui du système. (celui de la monnaie !)

non dualité au delà du paradoxe le cylindre est un cercle et un carré
Avec du recul un cylindre est un cercle ET un carré

Je vois des gens qui reprennent leur pouvoir personnel. Des gens qui ne veulent plus déléguer leur pouvoir à des représentants qui leur disent quoi faire et comment le faire en échange d’avoir une fausse sécurité.

Il suffit de ne plus donner son pouvoir à des égrégores pour que celui-ci meurt.

pouvoir du peuple planche

L’égrégore est une sorte de vampire qui se nourrit des émotions des gens, qui les parasites. Si on n’y crois plus il meurt. C’est ainsi que les égrégores des anciennes religions ont perdu leur pouvoir.

Que penserons les archéologues du futur en voyant la religion du dollar $€£ ?

Cette religion qui fait la pluie et le beau temps sur l’économie mondiale alors que ces chiffres ne valent ce qu’ils valent que par ce qu’on y croit ? Par ce qu’on leur accorde notre confiance. Par ce que l’égrégore qui est derrière est puissant de nos émotions liées. Nos joies et nos peurs liée à l’argent nourrissent ces égrégores.

monnaie_dollars_renminbi_yuan

Et bien bonne nouvelle, la croyance dans ces religions s’effrite. Il y a des gens qui reprennent leur pouvoir personnel. Qui reprennent en main leur confiance en la vie et qui font re-fonctionner leur circuit du donner-recevoir sans intermédiaire.

Si toi aussi tu veux décoloniser ton image-in-air des croyances liées à l’argent. Voici comment pacifier ta relation à l’argent.

A notre époque, il y a de nombreuses autorités qui s’effondrent, car les gens se mettent à penser par eux-mêmes. C’est le fait que l’information circule qui a été le déclencheur.

On est encore en phase de transition. Il y a des gens qui se libèrent d’autorité pour tomber sous la coupe d’autres, ou qui se mettent à croire tout et n’importe quoi.

Mais il y a un mouvement de fond qui est en marche. Qui nous permet d’être acteur d’un changement positif pour un avenir positif.

mur john lennon Prague Martouf reveur optimiste dreamer not the only one

Pour en revenir à la langue des oiseaux, la magie c’est : l’âme agit.

On va au delà de la magie-image du cinéma qui nous influence. On est dans la magie sacrée. En langue des oiseaux: la magie ça crée.

C’est donc chaque personne qui suit la voix (voie) de son âmes et réalise, crée sa vie.

L’âme agit pour que chacun puisse exprime ce qu’il a d’unique dans son plein potentiel.

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Conclusions

Ainsi en étant conscient de ce qu’est la magie, de ce que sont les égrégores. Nous nous éveillons un peu.

Nous devons conscient que via nos émotions nous donnons du pouvoir et de l’énergie à des constructions qui nous dépassent.

Il y a plein de Mages manipulateurs qui récupèrent ces égrégores à leur propre profit.

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Les plus forts savent utiliser la magie du cinéma, la magie de l’image, pour coloniser notre imaginaire avec des projections d’image dans l’air, des images-in-air.

Le cinéma nous raconte de grandes histoires pour nous orienter dans un futur qui arrange les manipulateurs.

illuminati-triangle-everywhere-manipulateur

La télévision, et particulièrement le journal télévisé nous crée une émotion de peur pour que le gentil berger du troupeau puisse venir nous rassurer et nous assurer qu’avec lui on sera en sécurité.

En sortant du triangle dramatique de Karpman, en prenant de la hauteur, on peut sortir des rôles de victime, bourreau ou sauveur.

triangle-dramatique-de-Karpman-bourreau-victime-sauveur

Et là on peut pleinement se laisser inspirer par son âme en tout liberté. Quand l’âme agit, ça crée !

C’est ça la magie sacrée….

jungle dent de jaman paysage

Le Kong: encore une autre monnaie de singe

En juillet 2011, j’ai lancé une monnaie qui s’appelait le Kong. C’était dans le cadre de mon site YopYop.ch. A la base ce site était une plateforme de location de tout ce que l’on utilise pas souvent... perceuse, machine à coudre, déguisements, etc…

Pour payer leur location, les gens utilisaient la monnaie crée pour l’occasion: le Kong.

Comme cette plateforme monétisait l’économie du don, j’ai tout arrêté.

Aujourd’hui je relance le Kong. Mais avec un autre principe.

Pour l’historique complète voir en fin de page.

Kesako le Kong ?

Comme dit dans le titre de cet article. Le Kong c’est une monnaie de singe..🐒.. En fait comme toutes les monnaies !

La monnaie ce n’est que de la confiance.

Singe aux yeux kawai kong monnaie

Le Kong est une monnaie qui repose sur les principes suivants:

  • Low-tech → tout le monde peut la comprendre et vérifier le principe de fonctionnement: pas de boite noire réservée aux geek.
  • 📉Résiste à un effondrement économique → si plus rien ne marche après une catastrophe, un effondrement économique, technique… cette « monnaie » fonctionne encore. Pas besoin d’électricité, ni d’ordinateur.
  • Totalement décentralisée → autant la création monétaire, que la gouvernance, que la gestion des utilisateurs est décentralisée et même répartie au niveau de l’individu.
  • Propose un Revenu de Base Inconditionnel → chacun reçoit de quoi vivre. Et c’est la personne elle même qui décide du montant de son RBI!
  • Assure une « égalité saptio-temporelle » entre les utilisateurs → C’est le jargon TRM (pour ceux qui connaissent) qui signifie qu’une génération n’est pas favorisée ou prétéritée d’arriver à une époque différente. (Avec le crédit bancaire, c’est souvent une génération qui consomme le crédit et la suivante qui paye le crédit….). Mais c’est aussi l’assurance qu’en tout endroit la monnaie arrive, pas seulement dans les grandes capitales économiques qui concentre toutes les grandes banques.
  • Pas de risque d’inflation monétaire → Le principe étant basé sur une forme de crédit mutuel, la quantité de « monnaie » est crée au moment des transactions, donc pas besoin de créer en amont une masse de monnaie qui est déconnectée des besoins et crée de l’inflation.
  • Un potentiel de crédit sans intérêt accessible pour tous → encore une fois c’est la notion de crédit mutuel qui permet d’avoir un potentiel de crédit sans intérêt. Ce qui permet d’investir dans son avenir sans surcoût.
  • Une monnaie fondante → Une monnaie qui circule, qui ne stagne pas et favorise une économie fluide. Telle que Silvio Gesell l’avait imaginée. C’est cette astuce qui permet l’existence d’un revenu de base!
  • Une monnaie à l’abri des crises cycliques → la fonte, le Taux de Retour à l’équilibre assure qu’en tout temps on équilibre les comptes avec une exponentielle décroissante et pas une exponentielle croissante comme dans le cas du crédit bancaire. C’est mathématique, toute fonction exponentielle est source d’instabilité.
  • Chacun est libre de choisir ses paramètres → toute valeur est exprimée dans un référentiel. Ici chaque personne est libre de choisir son référentiel. Elle doit juste l’expliciter. En fait, elle peut même choisir le nom de sa propre monnaie… moi j’utilise le kong…. mais toi tu préfères peut être un autre nom ? .. et malgré tout on pourra commercer ensemble de façon juste.

Principes théoriques

Le Kong est juste le nom que j’ai donné à ma version d’une « monnaie », d’un système économique basé sur le principe du SME, le Système Monétaire Equilibré ou Système de Mesure Equilibré.

C’est une sorte de crédit mutuel amélioré avec une fonte périodique à l’image du jubilé biblique qui annule les dettes pour stabiliser la société.

J’ai déjà bien décrit la théorie du SME dans mon article sur l’histoire de la monnaie, ainsi que dans une réflexion sur l’implémentation d’un tel système de manière informatique.

Mais ici je propose de le faire en mode low-tech, sur papier !

C’est une démarche autant pratique que pédagogique.

Concrètement comment je fais pour utiliser la monnaie Kong ?

Le principe est très simple. Il suffit de:

  • se créer un carnet de comptabilité/identité. 📘
  • définir les paramètres de son référentiel
  • utiliser le carnet pour des transactions avec d’autres utilisateurs

Le carnet peut être fait à la main, sur papier. Mais je propose de télécharger des fichiers pdf, de les imprimer (recto-verso) et de te constituer un carnet.

Il y a 3 pages A4 à plier et mettre ensemble pour former un carnet:

Ce carnet (encore très brouillon ! Je t’invite à créer le tiens ci-dessous) comporte un côté qui sert à enregistrer les transactions. Et si l’on retourne le carnet, l’autre côté sert à y indiquer son identité et la faire signer par d’autres utilisateurs. Ainsi chaque personne vas se retrouver reliée à d’autres dans une Toile de Confiance.

Sur le principe, il n’y a qu’un seul carnet par personne. La toile de confiance sert à vérifier que c’est le cas. Les gens honnête sont invités à ne signer qu’un seul carnet par personne.

Aperçu de la page de comptabilité d’une transaction. On remarquera la notation du montant en absolu, (comme on en a l’habitude), mais aussi relativement au Revenu de Base Inconditionnel.

Je me suis pas un pro de la bureautique… et j’avais pas envie de passer trop de temps à créer un design parfait de carnet (surtout que c’est un casse tête pour faire 4 page de carnet sur une page A4.. et coordonner l’alignement pour avoir un bout de carnet dans un sens.. et un bout dans l’autre…)

Donc ce carnet est très brouillon… mais c’est volontiers que je cherche quelqu’un qui serait motivé à en faire un tout beau tout joli ! 🙂

Moi je l’ai réalisé avec Apple Pages… Je te mets les fichiers source ci-desous. J’ai fait une conversion automatiques en fichier word… ça doit pas être top. Mais c’est une base pour le reprendre et jouer avec…. bonne chance ! 🙂

FAQ Kong

Voici les réponses aux questions les plus courantes:

Comment utiliser le carnet ?

Ce carnet est ton portemonnaie.
Ce carnet sert à enregistrer toutes les transactions que vous faites. Dans un sens et dans l’autre (achat – vente, ainsi que les fontes périodiques du solde.)

Le Système de Mesure Equilibré est un Crédit Mutuel. Mais il a une particularité. Régulièrement le solde « fond ». Qu’il soit positif ou négative et diminue en en direction de l’origine. (Le zéro).

Ainsi les avoirs fondent et les dettes fondent. Cette astuce permet de généré périodiquement un Revenu de Base Inconditionnel.

Pour en savoir plus: martouf.ch/SME

Comment noter une transaction ?

Lors de chaque transaction:

  • Vérifiez que l’autre partie n’a pas atteint sa limite de consommation à crédit.
  • Vérifiez que l’autre partie a bien effectué sa fonte conformément à son référentiel.
  • Inscrivez la transaction dans votre carnet. (L’autre partie inscrira la même transaction dans son propre carnet.)
  • Signez la transaction dans votre carnet
  • Signez la transaction dans le carnet de l’autre.

Qu’est-ce qu’un référentiel ?

Toute transaction est faite dans un référentiel. Trop souvent on ne préciser pas le référentiel. Les monnaies internationales courantes sont flottantes les unes par rapport aux autres.

Dans le cadre du SME on explicite le référentiel. Ce qui permet d‘exprimer les prix relativement à son revenu de base.

Chaque personne peut potentiellement utiliser un référentiel différent. Chaque personne peut potentiellement utiliser sa propre monnaie. Mais dans ce cas, lors d’une transaction il faut faire correspondre les prix en les comparants en mode relatif au revenu de base.

Le revenu de base est l’invariant commun à tous.

Mode compensatoire ou mode direct ?

Que signifie le + de ma colonne ?
Tout est relatif… tout dépend de l’observateur, donc il est possible de voir les choses vu d’un côté où de l’autre. Il faut juste être au clair sur le référentiel utilisé.

Avec les monnaies on est formaté par le mode compensatoire:
Je vends une courgette 🍆 , donc je transferts cette courgette, et j’obtiens de la monnaie en compensation. Je comptabilise ce transfert dans ma colonne +

J’ai utilisé ce mode pour faire des exemples car il est plus parlant pour le commun des mortels utilisateur de monnaie. Mais c’est pas forcément le mieux !
Dans le mode compensatoire, la fonte de ma dette correspond à un écart d’avec ma limite de consommation à crédit que j’appelle un revenu de base.

Mais dans le mode direct c’est autre chose.

Le mode direct s’appelle ainsi car au lieu de comptabiliser le flux de ce qui compense mes transferts d’objets, je mesure directement mes transferts d’objets.

Petit exemple:
– Je vends une courgette 🍆, donc je transfert une courgette ailleurs, hors de mon stock. Mon stock diminue. Je vais donc comptabiliser ce transfert dans ma colonne –

Ma limite de consommation à crédit devient une limite de stockage. J’ai une étagère, et elle est pleine. Je ne peut plus rien acheter. Par contre un mois plus tard, ma fonte agit. J’ai 10% des courgettes qui ont pourries.. Je les mets au compost, j’ai ainsi à nouveau de la place par rapport à ma limite. C’est l’équivalent de mon revenu de base mais vu depuis le mode direct et pas le mode compensatoire.

La richesse, c’est les courgettes et pas le jeton qui les représentes.

Si on s’intéresse un peu à l’histoire de la monnaie et des systèmes économiques, le fondement de ce genre d’intermédiaire de confiance, c’est de créer un climat de confiance. On sait que cette comptabilité va faire que personne ne pourra abuser du système.

En mode direct c’est très claire. Il y a une production. Un stock de ressources pour une communauté, il est fini. Il est limité. Une personne n’a pas le droit de tout prendre pour elle. Ainsi pour créer la confiance, on donne à chaque personne un droit de tirage sur ces ressources. Mais il y a une limite.

Donc concrètement, en mode direct on va utiliser une unité de mesure unique pour ma gestion de stock. On ne va pas noter 3 🍏 🍎, 2 🍌 , 5 🍆, 3 🍅 etc…

La valeur de chaque produit sera évaluée dans la même unité de mesure de transfert de stock, pour mois c’est le kong 🐵 <

Comparaison de prix dans différents référentiels

Prix relatif réf.1 = Prix absolu réf.1 / RBI1
Prix absolu réf. 2 = Prix absolu réf.1 /RBI1 * RBI2

Un référentiel est défini par les paramètres:

  • origine
  • montant du Revenu de Base Inconditionnel (avec le signe + ou –)
  • Taux de Retour à l’équilibre

Exemple de référentiel:

Origine = 0
Revenu de Base inconditionnel = 1000
Taux de Retour à l’Equilibre = 10% => 10/100

Limite de consommation à crédit:
Limite = RBI * 1/TRE + RBI
Limite = 1000 * 1/(10/100)) + 1000 = 11000

Qu’est-ce que la Toile de Confiance ?

La monnaie n’est finalement qu’un intermédiaire de confiance. Cet intermédiaire peut prendre plusieurs formes, jeton-valeur, mais aussi de la comptabilité.

Naturellement, quand la confiance règne, les humains organisent leur économie avec un système de don.

Ex:payer la tournée au bar 🍻On a pas besoin de comptabilité.

Si la confiance se brise, si il y a un abuseur qui consomme et ne produit rien. Il sera exclu.

Le SME propose aux gens qui ont peur des abuseurs d’utiliser une comptabilité pour étendre la notion de communauté de confiance.

La limite de consommation a crédit va limiter le risque d’abuser du système.

La notion de Revenu de Base Inconditionnel va permettre à tous de vivre dignement.

Pour éviter qu’une personne reçoive plusieurs Revenu de Base Inconditionnel. On crée une Toile de Confiance.

Le carnet de chaque personne est signé par d’autres utilisateurs qui certifient qu’une personne n’a qu’un seul carnet. (Évidemment on remplace les carnets pleins ! )

👩🏻👧🏼🧓🏻🧔🏻👱🏻‍♀️🧑🏻👨🏼

On note la proximité avec la personne.
Ex: « 1ère rencontre, rencontre régulière, copain, amis, je vis avec« .

Quel est le symbole de l’unité monétaire Kong ?

La mascotte du Kong, c’est le singe aux yeux Kawai:

singe aux yeux kawai

Il existe un symbole raccourci:

ex: 10 kong s’écrit: 10<

le Symbole: < est en référence au K de Kong…. mais sans le confondre avec d’autres unités de mesure, comme le Ko ou le Kg… ou le KN…..

< se trouve sur tous les claviers. C’est le symbole de la Rune Kenaz. La rune qui symbolise la maitrise du feu créateur et sa focalisation dans du concret. C’est le pouvoir de la forge qui forme, qui crée, qui transforme.

Ainsi le Kong est un outil qui permet de maitriser et focaliser l’énergie créatrice d’une communauté au service de projets.

Le symbole < est la moitié du symbole ᚷ, la rune Gebo. Cette rune symbolise la rencontre, l’échange. Le nom Gebo signifie « don ».

C’est donc un symbole parfait pour représenter un système économique qui veut tendre vers le don. Qui est une béquille au don dans une communauté de confiance.

Histoire du Kong de 2011 sur la plateforme YopYop.. pourquoi j’ai tout recyclé…

Autour de 2010, j’étais très impliqué dans les projets de décroissance. Je me questionnait sur les moyens de consommer moins et partager plus.

« Moins de biens, plus de liens« 

L’idée de créer une plateforme de partage d’objets m’est venue en été 2010. Il n’y avait rien de tel à cette époque.

Début 2011, après un reportage TV dans lequel on me voyait visiter une déchetterie, je me suis vraiment décidé à sortir le projet (bon c’est long de tout coder !!)

En juillet 2011, un an après avoir eu l’idée, j’ai ouvert la plateforme yopyop.ch. Ce site était une plateforme de location de tout ce que l’on utilise pas souvent… perceuse, machine à coudre, déguisements, etc…

Pour payer leur location, les gens utilisaient la monnaie crée pour l’occasion: le Kong.

La création monétaire se faisait en donnant 10 Kong à chaque personne qui ajoutait un objet sur la plateforme.

J’y parlais aussi déjà de l’idée de donner un Revenu de Base Inconditionnel, idée qui n’était pas encore très connue à l’époque.

Finalement cette expérience m’a montrée que les transactions se faisaient principalement entre amis, histoire d’avoir un grand niveau de confiance, les objets sont loués et pas vendu donc ça pose le soucis de ne pas laisser ses objets entre les mains de n’importe qui.

Donc conclusion: j’ai créé une plateforme qui monétisait (en monnaie de singe 🐵) l’économie du don qui se pratique naturellement entre les gens d’une même communauté de confiance.

Je m’en suis voulu de détruire ainsi l’économie du don qui est la plus simple, la plus joyeuse et la plus efficace ! (le Jeu de la Monnaie nous le prouve.)

De plus ma déformation professionnelle de développeur web m’avait induit à développer une plateforme web, alors qu’en fait le plus simple et efficace pour se partager des objets c’est de le faire avec ses voisins et pas sur le web avec des inconnus de l’autre bout du monde….
(J’ai eu un gars qui voulais louer une perruque… il était tellement loins que les frais de ports étaient plus cher que d’en acheter une neuve !!)

De plus le projet pumpipumpe.ch est arrivé. Il propose de mettre des autocollants sur sa boite aux lettres pour montrer à ses voisins ce que l’on propose comme objets en partage. C’est un concept nettement plus logique, il crée un vrai lien local et encourage l’économie du don.

J’ai trouvé que ça avait plus d’inconvénients que d’avantages de continuer.

J’ai fermé la plateforme au bout de quelques mois. J’ai recyclé le design pour martouf.ch et j’ai recyclé le nom de domaine yopyop.ch pour y mettre mes expérience de cuisine amusante.

Aujourd’hui il est temps de recycler l’ancienne monnaie Kong pour en faire une nouvelle monnaie Kong basée sur un concept un peu différent.

En 2011, j’avais une vision du monde très liée à la technologie high-tech. Je parlais de voir si il est possible de faire du change de Kong en Bitcoins !! … c’était en 2011… seuls quelques geeks avaient entendu parler du bitcoin lancé en 2009. A l’époque la blockchain qui contient l’entier des transactions effectuées faisait 20Mo !! en 2019 elle fait plus de 210 Go …

Aujourd’hui j’ai une vision du monde nettement moins technologique.. ainsi je propose non pas une monnaie électronique, mais une monnaie papier !! Un truc low-tech, qui marche et surtout qui est compris et compréhensible par tous. Pas une boite noir pour geek…

Donc voilà, je te laisse essayer le Kong !

Histoire de la monnaie (et des systèmes économiques) en vidéo

Je me suis lancé dans une série d’épisodes qui racontent l’histoire de la monnaie et des systèmes économiques.

Voici donc le début de cette série qui est publiée en partie sur la chaine youtube d’un copain…. et en partie sur la mienne.

Tu peux t’abonner à la playlist « Histoire de la monnaie » pour voir tous les épisodes dans l’ordre….

Episode 1: histoire de la monnaie et des systèmes économique: la chronologie

Ici je fais une intro pour expliquer de quoi on va parler. Un bref résumé de 5000 ans d’histoire….

Comment est-ce que les humains s’organisent pour vivre en communauté ?

Quelle est l’origine du mot économie ?  D’où vient la monnaie ? à quelle moment ça émerge ?

Episode 2: le don dans une communauté de confiance

Quel est le premier système économique qui émerge quand il n’y a rien ?
Voici une proposition basée sur le travail d’anthropologues et sur les constatations du Jeu de la Monnaie.

Episode 3: origine de la monnaie scripturale

Ici on découvre que contrairement à une idée bien répandue, la monnaie scripturale (donc écrite) est très ancienne. On a pas besoin d’ordinateur, un simple pour de bois suffit pour faire une reconnaissance de dette hautement sécurisée.

On va parler des summériens et de leur tablette d’argile..

Episode 4 : origine de la monnaie métallique et ses conséquences

Voici la véritable origine de l’impôt. Non, c’est pas du tout pour financer des infrastructures ni pour redistribuer les richesses. C’est juste une composante fondamentale du système monétaire…..  un système « esclavagiste » sans violence physique qui permet à une élite de vivre sur le dos des autres… à un seigneur de vivre de son seigneuriage.

frapper la monnaie celtes

Episode 5 : les banques centrales

Conséquences de la création de la monnaie (+ impôts) par un seigneur , c’est l’émergence d’une économie de marché. Les gens sont obligés de gagner de la monnaie pour payer leur impôts.

Le seigneur, de son côté va utiliser son pouvoir de seigneuriage issu de la création de monnaie pour acheter de quoi améliorer son armée et élargir son pouvoir sur d’autres malheureux.

Les marchands d’armes sont donc les privilégiés du système. Ils reçoivent beaucoup d’argent. Ainsi eux aussi deviennent puissants.

Au point que la conséquence de la création de la monnaie métallique au profit d’un seigneur, c’est de faire émerger une classe de commerçants qui eux aussi veulent leur part du pouvoir.

C’est ce qui arrivera avec la création des banques centrales.

La banque centrale est l’association entre des riches marchands et l’Etat. Tout en gardant son monopole sur la création de monnaie, sa part du pouvoir, l’Etat donne le monopole de la création d’un autre type de monnaie à une banque centrale. C’est ainsi que les banques centrales obtiennent le droit de « titritiser » une dette pour la rendre liquide sous forme de billets de banque.

En complémenta voir aussi la vidéo de Henri Guillemin à propos de la création de la banque de France.

Une banque privée initiée par un groupe de banquiers (notamment le banquier Suisse Jean-Frédéric Perregaux). Napoléon acceptera la proposition de la création de cette banque, en deviendra actionnaire et donnera le monopole d’émission de papier monnaie à la banque de France.

BNS Banque Nationale Suisse- Schweizerische Nationalbank.JPG

Episode 6 : les banques commerciales

Essors de l’économie de marché et industrialisation

Avec le temps l’économie de marché se développe bien. Le capitalisme prend son essors. L’industrie grandit elle aussi et demande de plus en plus de capitaux pour créer de grands projets. Pour créer une grosse usine, il faut beaucoup d’argent tout de suite pour pouvoir produire plus tard ce qui permettra de rentabiliser l’investissement. (avec un bénéfice pour les actionnaires qui ont pris le risque de donner de l’argent au début sans savoir si ils allaient vraiment être remboursé.)

Pour avoir des capitaux liquides tout de suite il y a plusieurs méthodes:

  • On peut trouver un gros investisseur qui va nous prêter de quoi démarrer en échange d’une part du gâteau… et très souvent d’un bout du contrôle de l’entreprise.
  • On peut vendre des bouts d’entreprises à beaucoup de monde sous forme d‘actions cotées en bourse.
  • On peut demander un crédit à un banquier et lui rembourser une fois la production vendue.

Ainsi la finance se développe sous diverses formes.

Le banquier privé

Au début un banquier n’est qu’une personne qui a beaucoup d’argent et qui le prête pour des projets et demande une commission et/ou une part du bénéfice en retour. Tout comme quand je prête mon vélo, je ne peux pas l’utiliser tant que je l’ai prêté !

C’est ce que font les banquiers privés. Il ne reste en 2019 que 5 banquiers privés en Suisse. (chaque année il y en a moins !!) Ce sont en fait des gestionnaires de fortune.

La banque commerciale

La banque commerciale est très différente du banquier privé. Il y a 248 banques commerciales en Suisse en 2019.

L’activité principale d’une banque commerciale est de faire des crédits. Elle finance l’économie en proposant de la monnaie tout de suite pour un projet particulier. Le débiteur va rendre cette monnaie plus tard avec un montant supplémentaire sous forme d’intérêt pour rémunérer la banque commerciale.

A priori, pour le client, pas de différence avec la banque privée ou la banque commerciale. C’est là une source de confusion très courante. Mais du côté de la banque c’est très différent. En effet, une banque privée prête de l’argent, une banque commerciale fait un crédit.

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Le crédit bancaire est une création monétaire

Une banque commerciale n’a pas besoin d’avoir la monnaie qu’elle va fournir à son client. Une banque commerciale peut créer cette monnaie au moment de la signature du contrat avec son client.

En fait, elle crédite un montant sur le compte du client. Elle crée une reconnaissance de dette de la banque commerciale pour un certain montant. Cette reconnaissance de dette est acceptée comme moyen de payement.

C’est un nouveau type de monnaie. C’est de la monnaie scripturale bancaire. En Suisse le conseil fédéral appelle ce type de monnaie des Substituts monétaires.

Une nouvelle couche de pouvoir s’ajoute

La monnaie issue du crédit bancaire est une nouvelle forme de monnaie qui s’ajouter aux formes précédentes. On a donc aussi une nouvelle classe de personnes qui veulent leur part du pouvoir.

On a plusieurs couches:

  • La monnaie métallique qui est gérée par le seigneur, l’Etat. Garantie par le pouvoir coercitif des armes.
  • Les billets de banque (et la monnaie banque centrale) émis par une banque centrale qui a reçu le monopole sur ce type de monnaie par l’Etat.
  • La monnaie scripturale des banques commerciales. Ce droit de faire des crédits est octroyé à qui se conforme aux lois en la matière faites par l’Etat. Ces lois imposent aux banques commerciales d’avoir une réserve obligatoire. Cette réserve est un pourcentage des crédits octroyés (2.5% en Suisse, 1% dans l’UE et 0% en Angleterre !) que la banque commerciale doit avoir en monnaie banque centrale.
    Ainsi on s’assure que le pouvoir de la banque centrale n’est pas entamé !

Ainsi on voit que la banque commerciale est liée aux systèmes précédents, aux pouvoirs précédents.

Elle doit avoir des réserves dans une monnaie qu’elle ne crée pas elle même sinon ça remettrait en cause le pouvoir des banques centrales !

Le pouvoir de la banque commerciale est supérieur à celui de la banque centrale

… et là c’est pas si clair… Depuis quelques années, la banque centrale d’Angleterre dit que les banques centrales ne contrôle plus vraiment les banques commerciales.

Car la banque centrale ne contrôle pas la demande en crédit !!
Elle ne contrôle pas le principale robinet de création monétaire. Le banquier dans une banque commerciale choisi les projets qui méritent qu’on les finances ou non…  ainsi le banquier actuel a le pouvoir de créer le futur ! Souvient toi bien de ça !

… et finalement c’est la banque centrale qui doit suivre en créant de la monnaie et la « vendre » aux banques commerciales proportionnellement à leur crédits pour qu’elles puissent en mettre dans leur réserve afin de répondre à leurs obligations légales.

Ainsi la banque centrale ne contrôle plus sa masse monétaire. Elle ne fait que réagir en cascade. Elle ne contrôle plus que le taux directeur ce qui limite fortement son action…. tellement que ce taux est même devenu négatif !!.... preuve que ça ne marche plus !

C’est pour ça que des outils non conventionnels tels que le quantitative easying est utilisé pour tenter de sauver le système…

Episode 7 : expériences du 20ème siècle

Dans cet épisode nous nous attarderons sur quelques expériences monétaires du 20ème siècles.

Episode 8 : les Monnaies Locales Complémentaires

A force de voir une économie mondialisée qui ne profite plus qu’aux grosses entreprises multinationales, les partisans des circuits courts et de la promotion de l’économie locale ont inventé des Monnaies Locales Complémentaires dont le but principal est de dynamiser l’économie locale

Ces monnaies sont généralement nanties, (cautionnées, garanties) par leur équivalent en monnaie bancaires sur un compte. Par exemple pour avoir 10 Farinet, je dois donner CHF 10.- . 

Mes Farinet ne sont valables que dans quelques commerces en Valais.

On voit très bien que ce mécanisme bride totalement les Monnaies Locales Complémentaires. Elles sont totalement liées au pouvoir des banques commerciales et leur donnent encore plus de pouvoir quand on mets le nantissement sur un compte en banque !

La loi Française oblige à faire du nantissement sur un compte en banque et de ne pas y toucher.
La loi Suisse.. est floue… la FINMA est en train de voir que faire des MLC…

La Banco Palmas a intelligemment utilisé le fait qu’on double la masse monétaire (nantissement + monnaie locale en circulation), pour construire une école en dynamisant une économie locale et en gardant une grande partie du don qui a été fait pour ce projet…..

L’outils de création monétaire est puissant quand on ne l’entrave pas !!

Voici un article que j’ai écrit à propos du cadre légal encore très flou des Monnaie Locale Complémentaire Suisse… (comme le Farinet et le Léman par exemple…)

farinet

Episode 9 : les Cryptomonnaies

…. Avec la création du bitcoin juste après la crise des subprimes et la grande crise financière de 2008, on voit un nouveau tournant de l’histoire de la monnaie qui arrive.

Suite à la cascade de pouvoirs qu’on a étudiée ci-dessus, Etat, banque centrale, banque commerciale, finance…   Voilà qu’il y a un nouveau moyen de payement qui arrive totalement hors des pouvoirs en place. La gouvernance est décentralisée.

Les Etats sont parfois bien en peine pour contrôler d’abord le bitcoin, puis toutes les cryptomonnaies qui se créent sur des variations du concept de blockchain.

Le bitcoin a connu plusieurs fois des bulles spéculatives

En complément voici aussi un article où je décris plus précisément le fonctionne dit décentralisé du bitcoin… Il n’est pas en fait totalement décentralisé. Si on parle de LA blockchain, c’est qu’il n’y en a qu’une… donc on est dans un système centralisé !

Par contre la gouvernance du bitcoin est décentralisée…

Episode 10 : la Théorie Relative de la Monnaie

Partant du postulat que la monnaie est un outil de mesure totalement imparfait, Stéphane Laborde, (Galuel) a voulu créé un étalon de mesure qui reste identique dans l’espace et dans le temps. Il décrit son idée dans sa Théorie Relative de la Monnaie.

En pratique, pour réaliser cet étalon de mesure invariant, Stéphane Laborde propose de distribuer à tous un Dividende Universel, ce qui permet d’être tous co-créateur de la monnaie. Ainsi on réalise l’égalité spatiale. Peu importe où l’on se trouve on peut avoir de la monnaie. Il n’est plus nécessaire d’être là où sont les banques et surtout d’avoir un projet qui plait au banquier !

L’égalité temporelle est plus subtile. Il faut déjà comprendre que suivant la génération à laquelle on se trouve on n’est pas tous égaux. Ainsi pendant les 30 glorieuses il n’y avait pas de dettes publiques. Puis les Etats se sont endettés en disposant immédiatement de monnaie à payer par les générations futures. Ainsi une personne qui nait maintenant est défavorisée par rapport à une personne qui naissait il y a 50 ans.

L’idée est donc d’effectuer une sorte de fonte de la monnaie avec le temps.

Ceci est réalisé en augmentant perpétuellement le DU distribué. Ainsi les nouveaux arrivant se rattrapent sur les anciens et peuvent commercer à égalité.

Critique de la Ğ1 (et de la TRM)

Je trouve très intéressant cette idée. Mais elle n’est pour moi pas parfaite. Pour moi c’est surtout l’intention de base qui est étonnante.

En quoi la monnaie n’est qu’une unité de mesure ? Elle a certainement aussi d’autres fonctions. Comme la réserve de valeur. Bon finalement c’est pas bien grave vu qu’avec un DU quotient on a toujours de quoi vivre. Mais comment fait-on pour investir massivement, comme pour la création d’une industrie ?

La réponse des partisans de la TRM c’est l’investissement par cotisation et non par crédit… C’est ne dépenser que ce qu’on a… donc pas de crédit. C’est un point de vue politique. Mais il faut dire que le crédit est bien utile parfois (même avec toutes les dérives de qui empoche le bénéfice…) … C’est bien de pouvoir avoir une hypothèque de vivre dans sa maison avant d’avoir 70 ans ….

Un autre point est lié au choix de l’invariant. Stéphane Laborde a proposé l’espérance de vie comme invariant entre les humains. Statistiquement c’est juste. Ainsi il calibre le DU et la fonte sur cet invariant.

DU = c * Masse monétaire / NB utilisateurs.
c = ln(ev/2) / (ev/2) ≈ 10% (par an)

(ev = espérance de vie)

(le symbole C est utilisé en référence à la Célérité de la lumière l’invariant utilisé dans la théorie de le Relativité d’Einstein.)

Mais par contre je ne vois pas pourquoi on aurait pas pu prendre un autre invariant ? L’auteur semble ne pas vouloir entrer en matière sur une autre manière de voir les choses ! Pour lui il n’y a toujours qu’UN seul et unique invariant.
Statistiquement le poids d’un humain est aussi un invariant entre humain ? comme sa taille ? … non ? …  Si on veut un invariant lié au temps comme l’est l’espérance de vie on peut imaginer le temps de scolarité ou la période de fertilité d’une femme. (à zut.. c’est pas pareil homme ou femme…  ah ben l’espérance de vie non plus d’ailleurs !!)

Bon, c’est pas si grave, je trouve tout à fait bien vu le fait qu’une dette soit annulée dans un temps qui correspond à la moitié de l’espérance de vie. Ça rejoint la notion de jubilé biblique (levitique 25.8-22): on annule toute dette tous les 7×7 ans.

Par contre là où je trouve très louche la manière dont sont fait les paramètres, c’est que le montant du DU dépend aussi de l’espérance de vie, mais aussi du nombre de personne co-créatrice de monnaie. Je trouve ça très lourd à gérer.

En fait si on regarde bien, la toile de confiance sert surtout à limiter les variations rapides d’entrée dans le réseaux comme co-créateur de monnaie. Car si les entrées étaient massives, si l’adoption de cette monnaie était réellement possible globalement, alors le DU serait diminué et l’instabilité ferait de ce système un système pas très gèrable !

Ainsi en passant de la théorie à la pratique, de la TRM à la Ğ1, le problème est apparu et il a fallu changer la formule de calcul du DU... Ceci afin de minimiser l’effet de la masse monétaire et du nombre de personnes déjà présent. Une approximation du second degré à été fait d’une exponentielle…

DUĞ = DU(t+1) = DU(t) + c² M(t)/N(t)

L’astuce de remplacer la multiplication dans la formule du DU par une addition est également lié à un problème de démarrage du système.

Car avec un DU = 10% * masse monétaire / nb utilisateurs
= 10% * 0 = 0 → on ne démarre pas ! 

Avec l’approche par une formule approchée du second degré on résout le soucis:

DU(t+1) = DU(t) + c² M(t)/N(t)
… enfin… pour autant d’avoir une masse monétaire au démarrage !!

En ce qui concerne la monnaie Ğ1 ses paramètres sont encore différent de la théorie. La licence de la Ğ1 nous explique à propos du DU quotidien:

Le montant en Ğ1 du DU est identique chaque jour jusqu'au prochain équinoxe où le DU sera alors réévalué selon la formule (avec 1 jour = 86 400 secondes) :

DUjour(équinoxe suivant) = DUjour(équinoxe) + c² (M/N)(équinoxe) / (182,625 jours)

Avec comme paramètres :
c = 4,88% / équinoxe
DU(0) = 10,00 Ğ1

Donc en effet, pour que le système démarre, il faut des membres (les 59 fondateurs.) et il faut une masse monétaire initiale !! … un crédit !! Sinon ça vient d’où ces 10 Ğ1  ? …. création ex-nihilo !

Cachez ce crédit que je ne saurai voir !!!

C’est une bidouille de démarrage, on va rétorquer que ça n’est pas grave du tout… (ce qui est vrai… après quelques jours cette différence est amortie.)

Moi je trouve que c’est une preuve que la théorie est boiteuse !!!

C’est pour cette raison que je préfère nettement l’approche du Système Monétaire Equilibré qui part de l’intention de créer non pas UNE monnaie, mais un protocole pour bien comprendre les référentiels utilisés entre des nombreuses monnaies et tenter de trouver des équivalences juste pour échanger.

Avec cette théorie on peut comprendre là où la TRM est boiteuses et pourquoi elle ne peut pas démarrer.

Pour construire un référentiel monétaire qui marche, dans le cadre sur SME, dans un cas extrême chacun utilise sa propre monnaie, dont l’échelle est calibrée sur ce qui est nécessaire à la personne pour vivre.

Ainsi on a là un système qui permet de vivre dans tous les cas. Ce que la G1 ne garanti pas…  (Je me fiche bien d’avoir un thermomètre qui fonctionne partout si mon but n’est pas de mesurer la température, mais d’avoir de quoi mettre mes bières au frais !)

Le SME sera l’objet de mon prochain épisode… d’ici là rejoint la G1 ça vaut la peine d’expérimenter. (Moi je ne me permet jamais de critiquer sans expérimenter !)

Pour rejoindre la monnaie libre Ğ1

Quelques stats sur la Ğ1 via le soft Duniter…

Une bonne explication du fonctionnement de Duniter et de sa blockchain avec des noeuds identifiés qui fournissent une preuve par le travail adaptative et donc limitent la consommation d’énergie (contrairement au bicoin)

Un tuto pour créer son compte et devenir co-créateur de monnaie Ğ1…
Mais attention, il te faudra te faire certifier par au moins 5 amis déjà dans la toile de confiance de la Ğ1 pour recevoir ton DU quotidien. (sinon ce sera un simple compte)

Tu peux regarder sur la carte si il y a des membres dans ta région et les contacter pour te faire certifier. (il y a de nombreux apéro monnaie libre dans ce but)

Si tu veux faire du commerce, il y a une place de marché par ici… 

Episode 11 : le Système Monétaire Equilibré

Le SME, soit Système Monétaire Equilibré, ou encore Système de Mesures Equilibré est avant tout une théorie qui permet de comprendre les différents paramètres et référentiels utilisés pour décrire des Systèmes économiques (Système monétaire au sens large).

Puis en ayant conscience des paramètres et référentiels possibles, une personne peut savoir si elle se fait arnaquer dans un échange ou non.

Cette théorie peut servir de base à la création d’un système monétaire plus juste. J’ai d’ailleurs lancé une nouvelle monnaie basée sur ce principe, le Kong … une monnaie de singe 🐵 !

Les paramètres de base d’un référentiel

Un référentiel complet est défini par les paramètres suivants:

  • où se trouve l’origine. (le 0, la référence par rapport à quoi on mesure, aussi la Valeur du Point d’Equilibre.)
  • le niveau du revenu de base. (qui donne l’échelle quantitative à tout le système, et le sens de lecture + ou –) C’est la transcription d’une valeur physique réelle en une échelle mathématique. (ex: le °Celsius est une division en 100 parties de la différence de température entre l’eau solide et gazeuse).
  • le facteur de zoom qui est en fait 2 variables: le Taux de Retour à l’Equilibre par unité de temps choisie. (la période en général le mois, vu que c’est une grandeur souvent utilisée en comptabilités… salaires, factures, etc…)

Un système monétaire juste

Dans une idée de tenter de créer un système monétaire qui semble juste en regard de tout ce qui s’est dit plus haute on peut inclure les règles suivantes:

  • Chaque personne est libre de choisir son système monétaire (c’est en fait la loi 0 de la TRM!)
  • Chaque personne a droit à un potentiel de création monétaire. (représenté suivant les référentiels comme une quantité de jetons ou une limite de consommation à crédit) → Ceci a pour conséquence que ce sont les individus qui créent la « monnaie » en utilisant leur potentiel.
  • Le système est stabilisé, équilibré dans le temps par une fonte régulière du solde. (solde positif ou négatif, donc avoir et dette fondent) → C’est l’idée d’équité temporelle entre génération. Mais aussi  la notion de jubilé biblique (levitique 25.8-22): on annule toute dette tous les 7×7 ans. C’est l’entropie qui stabilise les systèmes physiques. (Taux de Retour à l’Equilibre par unité de temps)
  • Chaque personne dispose dans tous les cas d’un potentiel de consommation lui permettant de vivre. Elle décide elle même du niveau de ce potentiel. (C’est un Revenu de Base Inconditionnel dont le montant est choisi par la personne elle même. On parle aussi de AVLDI (Avance Valeur Limite Déséquilibre en Importation ))
  • Les paramètres du référentiel utilisé pour décrire une valeur économique doivent être transparents. (Pour qu’un transfert économique soit fait manière juste, il est nécessaire de savoir dans quel référentiel la valeur est exprimée. Donc aucune variables ne doit être cachée… c’est valable pour l’affichage des prix..)

Des règles précédentes, ont peut déduire une relation qui va faire le lien entre les différentes grandeurs. Ceci permettra de déterminer le potentiel de création monétaire (Aussi appelé, limite de consommation à crédit ou VLDI: Valeur Limite de Déséquilibre en Importation) dont chaque personne dispose en fonction des paramètres du référentiel qu’elle aura choisi.

Le limite consommation à crédit maximale =  le Revenu de Base Inconditionnel * (1/ Taux de Retour à l’Equilibre) +  le Revenu de Base Inconditionnel.

Voilà, on a la base pour décrire un référentiel d’un Système Monétaire Equilibré.

Vérification des paramètres du référentiel pour éliminer les abuseurs et détermination de l’étalon Revenu de Base Inconditionnel

Ainsi une personne qui vérifie la transaction peut demander les paramètres pour s’assurer que la limite de consommation à crédit n’est pas dépassée dans le cas d’un achat. C’est un moyen de se débarrasser des abuseurs. 

Il est largement reconnu que certaines personnes ne sont pas capables de contribuer économiquement suffisamment pour avoir de quoi vivre. (vieux, malades, enfants, etc..) Ainsi chacun peut toujours bénéficier de son Revenu de Base Inconditionnel pour pouvoir vivre sans être considéré comme un abuseur du système.

Le Revenu de Base Inconditionnel, ou plutôt « ce qui m’est nécessaire pour vivre«  est considéré comme étant l’échelle de base, l’étalon de valeur de tout ce système économique juste.

L’idée là derrière est de garantir à chaque personne de pouvoir vivre. Il ne doit plus être nécessaire de « gagner sa vie« , on l’a déjà. Statistiquement les besoins de base de tous les humains sont les mêmes. (On peut se référer par exemple aux 14 besoins fondamentaux selon Virginia Henderson)

C’est donc un invariant, de la même manière que dans la TRM Galuel considère que l’espérance de vie est un invariant entre les humains.

Convergence de l’Etalon Revenu de Base Inconditionnel dans une même zone économique

Il peut paraitre étrange d’avoir chacun la possibilité de choisir le niveau de son Revenu de Base Inconditionnel, mais c’est la seule et unique manière de garantir que ce soit juste et de tenir compte de l’infini des possibilités des cas particuliers tout en évitant un contrôle administratif. Ceci va avec la philosophie derrière le Revenu de Base Inconditionnel qui part du principe que l’on peut faire confiance à ses semblables et à soi même !

Grâce à la transparence des paramètres et à l’intelligence collective les abuseurs seront très vite démasqués et ne pourrons plus commercer (ou seulement avec les autres margoulins…)

Dans le cas extrême, chaque personne peut utiliser un Revenu de Base Inconditionnel différent pour étalonner son propre référentiel. De fait elle crée sa propre monnaie et on a ainsi potentiellement 8 milliards de monnaies différentes utilisables !

Evidemment que c’est très lourd et pas très pratique à utiliser quand à chaque transaction il faut calculer les équivalences entre référentiels. (comme un français habitué à l’euro qui va évaluer un prix en $ sur un site web… ou qui va faire du shopping à Londres et voit des prix en £… ou va faire du ski en Suisse en payant en CHF…)

On se rend bien compte que c’est pas gérable à l’échelle individuelle. Quoique, avec le fait que tout le monde a un smartphone dans la poche qui fait le boulot et/ou que son navigateur web inclue un convertisseur automatique sur les shop en ligne, c’est pas une grosse difficulté.

Mais on peut imaginer une sorte de convergence par région du Revenu de Base Inconditionnel. Ainsi les gens qui commercent entre eux localement (ce qui est le plus courant pour les besoins de base) ont la même échelle de valeur.

En fait la différence existe déjà actuellement, mais elle est cachée !! En utilisant des monnaies uniques sur des larges surfaces on fausse les réels changement de référentiels. Il est indéniable qu’un euro n’a pas la même valeur partout dans la zone euro. Il a un pouvoir d’achat très différent si l’on est en Roumanie, ou en Allemagne !

Personnellement, j’aime bien observer le prix du pain au chocolat en boulangerie. C’est mon indice BigMac à moi… :p

Je vois qu’en Suisse le prix du pain au chocolat à la gare de Genève est à CHF 3.20 alors qu’on le trouve à Neuchâtel à la Migros pour CHF 1.40.

En traversant à vélo la France (d’est en ouest), j’ai vu que le prix du Pain au chocolat varie entre € 0.89 et € 1.20.

En Angleterre, je l’ai trouvé généralement autour de 1£.

Ces variations de pouvoir d’achat à l’intérieur d’un même pays montrent qu’il y a plusieurs zones économiques distinctes.

Le fait de choisir soi même « ce qui m’est nécessaire pour vivre » permet une adaptation facile à chaque zone économique et aux particularités personnelles. On va certainement tendre vers un gradient de variation de niveau de Revenu de Base Inconditionnel comme on observe un gradient des prix de l’immobilier.

Les deux sont d’ailleurs très fortement corrélé, étant donné que le logement est souvent une part importante du budget de « ce qui m’est nécessaire pour vivre ».

Exemple de paramétrage d’un référentiel de Système Monétaire Equilibré

Voici un exemple de paramètres:

  • origine = 0
  • montant du Revenu de Base Inconditionnel = 100
    (c’est la quantité de monnaie que je juge avoir besoin dans la période donnée. Ça peut être très arbitraire et je devrais tout le temps convertir dans un autre référentiel ou alors aligné sur les gens de ma région qui ont les mêmes besoins ce qui facilite les échanges en diminuant les calculs de changement de référentiel à faire.)
  • Taux de Retour à l’Equilibre = 10% / mois

Limite de consommation à crédit = 100 *  1/ (10/100)  + 100
= 10 * 100 + 100 = 1100

J’ai un potentiel de consommation de 1100. C’est ce que je peux dépenser là maintenant tout de suite. (en fait 1000 de potentiel de création monétaire + 100 de Revenu de Base Inconditionnel)

Si je dépense tout ça je n’ai plus rien. Si j’attend une période. (ici 1 mois) alors je recevrai à nouveau mon Revenu de Base Inconditionnel (100) et ceci pour chaque période.

Le rôle de la fonte du solde dans le SME

Dans l’exemple ci-dessus, la création du Revenu de Base Inconditionnel à chaque période est du à la « magie » de la fonte du solde en direction du point d’équilibre, du 0. C’est ce qui stabilise le système et évite les crises.

C’est l’équivalent de l’entropie dans les systèmes physique. C’est le ressort qui referme une porte ouverte pour la remettre dans un état stable.

Dans le système bancaire des banques commerciales, lorsque l’on prend un crédit, il y a un des intérêts qui doivent être remboursés. Ces intérêts sont l’équivalent de la fonte du SME, mais dans un autre référentiel. On retrouve le même genre de paramètres, il y a une exponentielle. L’intérêt utilise une exponentielle croissante ce qui rend très riche le banquier et assure l’endettement perpétuel des collectivités publiques.

Les crises sont souvent le fait d’exponentielles qui créent des bulles et qui éclatent car elle ne sont plus en corrélation avec le monde physique réel.

Ainsi pour stabiliser un système monétaire. Il faut supprimer ces exponentielles croissantes.

Cette exponentielle est décroissante dans le cas du SME, c’est à dire que le ressort va tirer la porte vers le point d’équilibre. (l’origine du référentiel) Mon ressort va être très fort si la porte est très ouverte, mais plus ma porte sera proche du point d’équilibre, plus la force de mon ressort sera faible. (donc on en fait pas claquer la porte!)

On retrouve fréquemment ce genre de comportement de formule: y = 1/x (1-e^-x) dans  des phénomènes physiques. Par exemple dans la décharge du condensateur en électronique.

Pour un condensateur on considère qu’il passe d’un état transitoire à un état stable en 5 constantes de temps RC, ici on considère que toute dette est annulée dans un temps de 5/TRE. (à 99.3%) Ceci dans l’unité choisie. (le mois par exemple)

Ex: un TRE de 1/100 par mois va nous donner: 5/ (1/100) = 5*100 = 500 mois.  41 ans et 8 mois.

Il est intéressant de voir ici un ordre de grandeur qui est proche des 7×7 ans du jubilé biblique !

Mais c’est encore plus étonnant de voir que l’on retombe aussi sur la moitié de l’espérance de vie en Suisse !! (exactement 41 ans et 8 mois !)

On rejoint ici la TRM qui nous propose aussi l’espérance de vie comme étalon. En ce qui concerne le temps j’adhère totalement. une fonte de 1% mensuel me semble tout à fait un bon ordre de grandeur. Moi c’est surtout le fait que selon la TRM, l’espérance de vie détermine l’échelle de valeur !! Là je trouve ça stupide.

Les banquiers empochent notre revenu de base !

Donc on voit ici que selon la manière dont sont utilisés les paramètres d’un référentiel on a des résultats très différents. Si l’on fait un gros raccourcis, on peut dire que les banquiers en créant de la monnaie de façon centralisée et en empochant les intérêts du crédit bancaires, en fait empochent notre revenu de base inconditionnel !

Pour tout ceux qui se posent la question du financement du Revenu de Base Inconditionnel et bien le SME me semble la meilleure solution !

La stabilisation du SME par une fonte (une oxydation) régulière du solde est faite de façon symétrique.

Il y a un solde qui peut être un avoir ou une dette suivant où il se trouve par rapport à l’origine, en positif ou en négatif.

La fonte de la dette permet de créer un Revenu de Base Inconditionnel. On voit que tout le monde le touche. Mais il n’est pas du même montant suivant la distance à laquelle on se trouve du point d’équilibre. (de l’origine, le 0)

Ainsi on ne donne pas un Revenu de Base Inconditionnel aux riches pour les enrichir encore plus… même si tout le monde y a droit…. c’est ce qui a parfois été reproché à cette idée.

La fonte des avoirs ne nous est pas tout à fait habituelle non plus. Pourtant elle dynamise les échange économiques comme on l’a vu ci dessus avec Silvio Gessel.

La fonte est tout à fait soutenable, avec des valeurs comme celle de 1% / mois on est dans quelques chose de similaire à nos jours. Même si les banques centrales disent qu’il n’y a pas d’inflation et qu’elle stabilisent très bien les prix. Est-ce que tu as déjà vu la taille des paquets de nourriture et des bouteilles…. Oui le prix est stable, mais la quantité a diminuée !!!

.. et on ne reçoit pas notre Revenu de Base Inconditionnel en échange de cette fonte !

Comment investir avec un système à SME

Comme j’ai critiqué ci-dessus la manière d’investir proposée par la TRM. Je me dois de donner quelques explications aussi pour le SME.

L’auteur de la TRM semble totalement opposé au crédit et, à l’image d’Adam Smith n’hésite par à réécrire l’histoire pour justifier sa théorie. (Adam Smith a inventé la fable du troc et Galuel a refusé de corriger les erreurs historique de son livre de la TRM que je lui proposais, car: « ça ne sert pas ce que je veux démontrer« )

Ainsi Galuel a une vision très « jeton valeur » de la monnaie. Toute écriture comptable du style faites sur tablette d’argile par les sumériens n’entre pas dans sa conscience. (c’était l’objet de nos discussions. Ainsi il occulte la moitié de l’histoire des systèmes économique dans son historique !!)

Ceci explique pas mal de chose. Notamment le choix du référentiel par défaut de la G1 pour ne voir que du positif et mettre la limite de consommation à crédit à 0. Là c’est n’est que de l’affichage donc libre de le faire. Mais ça explique aussi la bidouille de créé ex-nihilo 10G1 pour lancer le système !!

Donc évidemment en terme d’investissement, comme dit plus haut, avec la G1, il n’est possible d’investissement par cotisation et pas par le crédit.

En revanche, avec le SME. Chaque personne a un potentiel. Il est défini par la relation:

Le limite consommation à crédit maximale =  le Revenu de Base Inconditionnel * (1/ Taux de Retour à l’Equilibre) +  le Revenu de Base Inconditionnel.

On voit ici que la limite est à disposition. On ne nous impose pas le rythme de son utilisation. C’est un potentiel.

Il est possible de dépenser rapidement un gros montant. C’est une responsabilité personnelle. C’est un risque pour un flambeur. Mais c’est une énorme opportunité pour une personne qui va investir dans un système physiquement rentable.

Actuellement, tout le problème de la transition écologique est lié au fait que les gens n’ont pas les liquidités pour payer 30 ans d’énergie d’un coup. Ils préfèrent donc acheter du pétrole au compte goutte régulièrement pour se déplacer, se chauffer et s’éclairer…

On pourrait installer maintenant des panneaux solaires, thermiques et photovoltaïques et voyager, se chauffer et s’éclairer gratuitement pendant des décennies…

Pourquoi on préfère vivre au jour le jour ? C’est principalement du aux fait que pour avoir des liquidité, il faut être riches… ou avoir accès à un crédit, ce qui n’est pas évident… Si on a accès à un crédit, le risque est que les intérêts à payer bouffent tout le bénéfice financier de l’installation et fait qu’il est moins cher de ne rien changer de financer les pétroliers tous les jours ce qui engendre des problèmes écologiques et des guerres de prédation du pétrole…

Avec un potentiel de création monétaire qui est donné à chaque personne. On peut avoir les moyens d’investir dans son autonomie énergétique.

C’est dans ce genre de cas et dans plein d’autres cas de type industriel qu’il est toujours intéressant de disposer maintenant de quoi investir qui sera payé plus tard.

La monnaie libre de type G1 me semble très limitée pour ce genre de cas.

La monnaie bancaire actuelle est très chère à cause des intérêts et le banquier a trop de pouvoir. C’est lui qui décide du futur par son choix d’attribuer un crédit ou non.  Les multinationales qui ont compris ce pouvoir ont créé des banques et s’accordent ainsi des crédits illimités par des roulements des crédits.

L’industrie lourde, comme les raffineries sont également dépendantes de roulements de crédits de plusieurs millards. J’ai deux exemples dans ma régions de raffineries qui ont fait faillite à cause du refus d’une banque de renouveler des roulements de crédits.

Le SME permet une répartition du pouvoir dans la création monétaire. Le SME contient en lui un potentiel de création monétaire pour chacun, mais aussi une limite. Ainsi il ne peut y avoir d’abuseur du système qui se prêtera à lui même…  Comme l’a fait le Crédit Suisse en 2008 en se prêtant CHF 10 milliards pour éviter la faillite…

On est dans un système…. équilibré !

Comment faire pour investir dans des très gros projets ?

Quand on parle d’investir dans une installation photovoltaïque pour sa maison, on est dans quelques chose à échelle humaine ou d’une famille.

Mais quand on doit investir dans des infrastructures plus grosses, comme un réseau ferroviaire ou des hôpitaux. Là on va faire de la mutualisation de potentiel de création monétaire.

C’est à l’image d’un crowfunding actuel. (mais avec les moyens d’investir !) On vote pour les projets qui le méritent en donnant un bout de son potentiel de création monétaire.

On serait ainsi véritablement dans une démocratie directe. Pas besoin d’intermédiaire, de parlement pour ça.

De nos jours, il y a en Suisse des votations tous les 3 mois. Il arrive parfois que des votations engagent des milliards. Par exemple la votation sur le tunnel du Gotthard. Si l’on vote oui à la création de ce tunnel… c’est un crédit de plusieurs milliards qui sera contracté. Actuellement il passe par le système bancaire.

Mais on peut imaginer qu’une telle infrastructure soit financée par chaque individu qui le veut bien.

Quid des impôts ?

En ce qui concerne un impôt. On l’a vu ci-dessus, c’est un système qui est intrinsèquement lié à l’imposition d’un système monétaire en particulier. C’est pour créer la boucle de demande en monnaie qui va proposer une offre sur des marchés. C’est une manière de créer une économie de marché.

Avec un SME, il est philosophiquement interdit d’imposer un système monétaire à une personne !!

Ainsi dans ce cas, pas d’impôt. Mais si ça devait se faire. On peut imaginer que la part obligatoire doit être inclue dans « ce qui est nécessaire pour vivre« . Donc dans le Revenu de Base Inconditionnel, la valeur étalon qui calibre le système. Ainsi on s’assure qu’elle est payée… et sans heurt pour la personne. (qui se voit quand même contrainte de payer un impôt)

Ça peut être un système de transition vers une société totalement responsable et démocratique.

On nous a donné la possibilité de voter, la démocratie semi-directe. Mais on ne nous a pas donné la démocratie économique. Les moyens d’exercer cette démocratie de droit.

Il est temps de le faire de nos jours.

C’est pour ça que j’ai lancé le Kong, une monnaie de singe. Une « monnaie » basée sur le principe du SME. C’est une monnaie lowtech sur papier. Chaque personne a un carnet et l’utilise pour ses transactions. C’est simple et efficace. Pour expérimenter le Kong, c’est par ici….

Des lectures supplémentaires à propos du Système Monétaire Equilibré

Voici un article plus complet qui décrit ce qu’est le Système Monétaire Equilibré.

Réflexion pour l’implémentation d’un système monétaire équilibré totalement décentralisé….

Simulation du Système Monétaire Equilibré

Afin de mieux comprendre ce qu’est le Système Monétaire Equilibré, voici 2 résultats de simulation de transferts économiques réalisés avec un tel système.

Voici:

système monétaire équilibré

On observe que les échanges sont stables sur le long terme. On observe que les grandeurs sont équilibrées, d’où le nom. (la différence entre riches et pauvres est faible, face à la monnaie… mais pas face aux richesses non monétaires.)

A bientôt pour la suite…..

Petite chronologie sur l’histoire de la monnaie et des systèmes économiques

Et pour aller plus loin, il y a des milliers d’informations à propos de la monnaie sur les liens des références du livre « La monnaie ce que l’on ignore »…. de Denis LaPlume.

Voir aussi la chronologie des banques….

Pacifier ta relation à l’argent pour changer le monde

Sur ce site je parle beaucoup de monnaie, de système monétaire, de structures collectives liées à la notion d’argent. Aujourd’hui on va voir tout ceci sous un angle différent.

Aujourd’hui je vais compléter l’article sur ton rapport personnel à l’argent pour montrer comment des croyances personnelles peuvent faire émerger des systèmes économiques.

De plus nous verrons comment pacifier sa relation personnelle avec l’argent.

Je dis souvent que la monnaie est une structure du monde. Et bien souvent je dis que c’est une structure de pouvoir d’une poignée sur un grand nombre. Une transformation d’un système d’esclavage vers un autre.

Cette petite vidéo humoristique le montre bien…. 😛

Mais d‘où vient une structure collective ? Ne serait-ce pas l’agrégation de nombreuse structures individuelles dans lesquelles chacun joue son rôle ?

La structures oblige les individus à jouer un rôle

Il y a plusieurs avis sur le sujet. Nous avons par exemple les structuralistes. Frédéric Lordon en est un. Il pense que le capitalisme est une structure qui agit sur les individus par affect et désir. Il pense que les individus dans cette structure n’ont pas de libre arbitre. Ils sont conditionnés par cette structure.

Voici une vidéo dans laquelle il évoque ceci.
(Je trouve qu’il dit des choses finalement simples mais d’une manière terriblement compliquées !!)

Petite digression par rapport aux structures d’organisation

Un autre sujet qui me passionne, c’est les structures des organisations, il n’y a pas que les structures monétaires dans la vie !

Lordon parle dans cette vidéo, de la gouvernance en holacratie. Il dit que ça ne fonctionne que par beau temps: « Allez voir quand les actionnaires ne sont plus d’accord… tout ce management s’effondre« 

Effectivement il soulève un point très intéressant qui est souvent négligé, mais il jette le bébé avec l’eau du bain.

Fédéric Laoux le dit très bien dans son livre « Reinventing organizations« , si l’on veut appliquer une gouvernance partagée, une gouvernance de type Opale. Il est nécessaire que le(s) propriétaire(s) soient en accord avec ce fonctionnement.

livre reinventing organization frédéric laloux

Lordon a une vision du monde de lutte de classe. Donc évidemment ça ne l’arrange pas quand on peut sortir de la lutte !

C’est le grand combat entre les deux visions du monde, réformer de l’intérieur ou faire la révolution….   et personnellement je trouve plus intéressant la troisième voie: construire à côté.

Le cas de Buurtzorg, entreprise de soins à domicile aux Pays-Bas est passionnant. Ce cas montre qu’en très peu de temps, en construisant à côté une entreprise qui correspond à ses valeurs et aux valeurs des acteurs du domaines (les soignants et les soignés) et bien on peut bouffer la majorité du marché. Les soignants préfèrent venir travailler dans un meilleur cadre et les soignés demandent à travailler avec Buurtzorg plutôt qu’avec les autres.

Le Jeu de la Monnaie pour comparer l’effet de quatre systèmes économiques

Régulièrement, j’organise des « Jeu de la Monnaie ».

Le Jeu de la Monnaie, c’est 4 petits jeux d’une dizaine de minutes qui nous permettent de simuler 4 systèmes économiques, afin d’observer leur influence sur les individus.

Le fil rouge entre les quatre jeux, c’est la possibilité de construire des maisons. ?
Les maisons sont symbolisées par 4 murs, 4 cartes à jouer de la même hauteur. ♠️♥️♣️♦️
Les règles sont simples, mais ce qui en émerge peut devenir très complexe.

Petit aperçu en vidéo du déroulement d’un jeu de la monnaie…

Donc c’est toujours la même idée là derrière: les structures conditionnent les individus. Si on change la structure, on change tout!

Et effectivement, je constate que les 4 jeux sont très différents. Je vois que le vol, la mendicité, les grosses multinationales qui s’accaparent les ressources n’émergent que dans un des jeux….  devine lequel !

Le libre arbitre existe

Mais malgré tout, il y a des différences entre les parties et la seule chose qui change. Ce sont les joueurs. Ainsi je tends à penser que le libre arbitre existe toujours, contrairement à ce que pense Lordon.

Le premier jeu du Jeu de la Monnaie n’a pas vraiment de structure. Ainsi c’est le jeu dans lequel on voit le plus de différences d’une partie à l’autre. C’est là qu’on observe le mieux le libre arbitre des joueurs.

Certains sont dans la peur et le manque…. et d’autres sont dans la joie et le don….

Mais pourquoi une telle différence entre individus ?

Les croyances autour de l’argent

Dans mon article précédent je t’ai questionné sur ta relation personnelle à l’argent. Si tu n’as pas lu cet article je t’invite à le faire. Je ne ferai ici qu’un bref résumé.

Pour comprendre pourquoi des individus agissent différemment dans la même situation, il est intéressant d’observer les croyances liées à l’argent. Christian Junod le fait bien.

Bien, qu’il soit banquier à la base, Christian Junod dit qu’il n’est pas un spécialiste de la monnaie, de sa création de son origine etc…

Par contre il dit qu’il est un spécialiste de « la relation à l’argent« .

Dans les différentes croyances associées à l’argent, il y a des gens pour qui l’argent est du pouvoir, de la liberté, de l’indépendance, de l’autonomie, voir le bonheur. Il y en a pour qui c’est de la sécurité. Il y a des gens pour qui l’argent c’est mal !.. ça brûle les doigts… ça crée des conflits…   Il n’y a qu’à voir les familles qui se déchirent pour des héritages… L’argent c’est sale, ça crée l’injustice.

A partir de ces croyances, il y a des gens qui sont capables d’attirer de l’argent et d’autres qui se sabotent au dernier moment pour ne pas en recevoir. Plus étonnant encore, il semble que c’est parfois en lien avec des croyances familiales et pas que personnelles. Ces croyances sont souvent inconscientes !

Il y a des comportements comme celui que Christian Junod décrit à propos de ce qu’il faisait lui-même, placer sa sécurité dans l’argent. Ainsi, il y a même des gens qui sont multi-millionnaires (ou plus) qui ont toujours besoin d’accumuler, qui sont pingres, car ils n’osent pas toucher à leur sécurité. Il faut toujours plus d’argent. Oui… même en étant millionnaire on peut être dans la peur du manque.

Christian Junod s’est donné pour mission d’aider les gens à pacifier leur relation avec l’argent. Il organise (organisait… il semble qu’il veut changer de formule) des ateliers pour comprendre sa relation à l’argent et la pacifier. Il a également écrit des livres comme « Ce que l’argent dit de vous ».

D’où viennent les structures collectives ?

Les structuralistes pensent que la structure va mettre les individus dans une situation où il n’ont plus de libre arbitre. Ils n’ont plus que pour choix de choisir un rôle que la structure offre. D’une manière générale on voit souvent émerger le triangle de Karpman, soit le triangle des relations entre les rôles de bourreau, victime et sauveur.

J’observe qu’effectivement la structure est très forte pour conditionner les individus. Mais d’où vient la structure comment se met-elle en place? Comment et de où est-ce qu’elle émerge ?

J’ai l’impression que les structures collectives ne sont que le reflet de la vision du monde des individus. Plus spécialement les structures sont souvent là pour refléter les peurs des individus.

Quand un groupe est tout neuf, il y a rarement beaucoup de règles. Puis quand il y a eu des conflits, on met en place des règles pour éviter que les conflits ne se reproduisent.

Ainsi une personne qui vit en pleine confiance n’a pas besoin de beaucoup de règles. Alors que la personne qui vit dans la peur tente de construire un système qui la rassurera.

star wars armée stormtroopers

L’origine de la structure collective actuelle de monnaie dette

A propos de monnaie, une personne qui a la croyance que l’argent c’est la sécurité, va tenter de pousser collectivement vers un système qui lui permet d’accumuler beaucoup d’argent. Elle va évidement se mettre du bon côté, même si c’est pas bon pour l’ensemble des individus.

Une personnes qui a la croyance que l’argent c’est le pouvoir et le contrôle de son avenir va avoir tendance à favoriser un système dans lequel elle peut contrôler le plus largement possible les facteurs qui influencent son avenir.

Le système à monnaie dette par exemple, n’est que la conséquence de croyances de certains qui ont par exemple, peur de l’abus, donc veulent contrôler, au point de contrôler l’entier de la société et le futur grâce au contrôle des crédits.

Car oui, quand on y réfléchi, un banquier décide de l’avenir. C’est lui qui décide d’accorder un crédit ou non à un projet.

credit bancaire facile

Ainsi je me dis de plus en plus que les structures du monde actuel ne sont que le fruit des plus peureux d’entre nous !
…. donc ceux qui veulent, tout contrôler (les autres, la vie…) et ne surtout pas faire confiance (aux autres, à la vie).
(Les autres… la vie…… big brother et les OGM… ne serait-ce pas la même source ? Cette envie de tout contrôler ?)

Qui est le plus malheureux dans le triangle de Karpman ?  le bourreau ou la victime ?  Le bourreau ne serait-il pas bourreau juste pour éviter d’être la victime ?

star wars kylo ren sabre laser

Les gens hors contrôle font peur

Pourquoi est-ce que c’est le système des plus peureux qui gagne et pas le système des plus en confiance ?

Pourquoi est-ce que l’on vit dans un système de monnaie dette hyper centralisé où les banques détiennent quasi tous les pouvoirs ? On pourrait tout aussi bien vivre dans un système de don ?

Je me dis que les individus qui ont confiance n’ont pas besoin de règles, donc ils laissent tranquilles les autres. Alors que les individus guidés par la peur et l’envie de contrôler vont forcément impliquer les autres et l’entier du monde dans leur système. Sinon il y a toujours un risque de ne pas contrôler….

Cette thèse semble se confirmer dans l’histoire de l’anarchisme. En tout temps, les anarchistes se sont fait massacrés. Il y a eu au cours des 19ème et 20ème siècles quelques exemples peu connus de sociétés anarchistes qui ont fonctionné, mais elles se sont toujours fait écrasées (en général dans le sang) par les puissants d’à côté qui avaient peur que leur modèle ne s’effondre.

banque dictateur

C’est ainsi que le communisme libertaire s’est fait écraser par le communisme totalitaire. C’est ainsi qu’après avoir combattus ensemble leur ennemis communs, l’armée rouge de l’état central russe a écrasé la Makhnovchtchina une armée d’inspiration anarchiste qui mettait en place des sociétés rurales autogérées en Ukraine.

La commune de Paris en 1871 a également fini dans un bain de sang. La révolution sociale espagnole de 1936 a échoué au bout d’une année. Au moment où la coalition au pouvoir a commencé à gentiment se débarrasser des anarchistes, en interdisant d’abord leur médias, puis en les désarmant…. et c’est ce qui finalement a permis au général Franco mieux armé de prendre le pouvoir pendant les décennies suivantes….

L’histoire de l’anarchie est très bien racontée dans ce documentaire:

Le bénévolat, le marché du travail des anti-argent

Ci-dessus nous avons observé les conséquences de la croyance que dans l’argent se trouve ma sécurité, mon pouvoir, le contrôle de ma vie et de mon avenir.

Mais il y a encore d’autres croyances que nous n’avons pas encore explorées. Quelles sont les conséquences de la croyance que l’argent c’est mal, c’est Mamon ! que ça brûle les doigts, que l’argent crée la discorde et l’injustice ?

Christian Junod explique qu’il est allé parfois dans des organisations bénévoles pour donner ses ateliers sur Sa relation à l’argent. Une fois il a fait un petit sondage sur les croyances des bénévoles présents: une large majorité avait pour croyance que l’argent c’est mal ! (pour diverses raisons)

Ainsi on peut se poser la question: le bénévolat ne serait-il pas l’économie des gens qui ont pour croyance que l’argent est mal ?

En faisant du bénévolat, c’est s’assurer de pouvoir travailler sans avoir besoin d’utiliser de l’argent. Quand il n’y a pas de salaire, il n’y a pas d’argent. C’est donc s’assurer de ne pas participer à ce système totalement injuste qui crée la discorde !

C’est certainement inconscient pour beaucoup, mais ça me semble bien réel !

Polarisation et moralisation de sa vision de l’économie

La conséquence de ce genre de croyances négatives à propos de l’argent, c’est d’être souvent limite concernant ses besoins monétaires. Car en ayant une vision négative de l’argent, on s’interdit d’avoir plus que ce qu’il faut pour survivre. Et survivre, ce n’est pas vivre.

Ainsi le sujet de l’argent revient tout le temps sur le tapis. J’ai pas les moyens pour ceci ou cela… Je ne peux pas me le permettre. Ou pire encore, c’est renoncer à certaines valeurs à cause de ses moyens financiersJe mangerai bien que du bio, mais j’ai pas les moyens…

Ça peut également se traduire par une frustration de ne pas pouvoir vivre en accord avec ses valeurs. C’est par exemple le cas en se forçant à avoir un job alimentaire par-ce qu’il faut bien gagner du fric pour payer les factures. Et d’avoir, en plus, une activité bénévole qui elle, est réellement l’expression de ce que l’on a envie d’offrir au monde.

Cette activité bénévole est l’activité que je ferai si j’étais millionnaire ou si j’avais un Revenu de Base Inconditionnel. Pose-toi cette question et tu sauras si tu es dans peut être dans ce cas ?

revenu de base inconditionnel revenu assure question t-shirt

Survivre ainsi crée un inconfort. Cet inconfort peut être compensé par la morale. En n’ayant pas d’argent, Moi au moins je suis pur car je ne participe pas à ce système injuste.

Ainsi la personne dans cette situation se met à polariser le monde avec des gentils qui font du bénévolat et des méchants qui utilisent de l’argent.

Cette polarisation touche aussi les organisations bénévoles:
Vu que nous ne gagnons pas d’argent, notre but est noble. Alors que ceux qui gagnent de l’argent avec leur activité ne peuvent avoir une noble raison d’être !

Ayant pas mal oeuvré dans le milieu du bénévolat, j’ai souvent remarqué que l’argent est un sujet compliqué. Il y a souvent une justification au fait que l’on ne fait pas quelque chose, car on manque de moyens financiers. (les moyens humains ne manque pas forcément)

Par contre quand il s’agit de trouver l’argent qui permet d’avoir les moyens de ses ambitions. En général, il est très difficile de trouver des gens qui sont motivés pour la tâche de recherche de fonds… (J’ai surtout observé ça dans les gens qui militent pour un Revenu de Base Inconditionnel…. est-ce qu’il y aurait un lien ?)

J’ai eu par contre des activités bénévoles dans d’autres organisations où l’argent coulait à flot ! Enfin…. trop d’argent pour du bénévolat, et pas assez pour rémunérer les gens ou du moins pas tous… ! Et bien là non plus c’était pas simple. La croyance que l’argent sème la zizanie revient au galop et certains disent carrément: ce serait plus simple si on avait pas cet argent.

Le philosophe Karl Jaspers a inventé le concept de l’âge axial. Une période de quelques siècles, assez courte en regard de l’Histoire humaine, durant laquelle la plupart des grandes religions et philosophies ont émergées.

L’anthropologue David Graeber indique dans son livre Dette 5000 ans d’histoire que cette émergence de nombreuses pensées nouvelles en lien avec le divin et la morale est en fait une réaction face à l’invention des pièces de monnaie et l’arrivée de la pensée rationnelle matérialiste. (rationnel, vient de ratio, la proportion. Donc ce qu’il est possible d’acheter avec une quantité de monnaie donnée.)

Il y a donc peut être effectivement un lien entre les croyances liées à l’argent et la moralisation de la société.

dette 5000 ans d'histoire graeber

La lutte contre le système monétaire oppresseur et esclavagiste

Une autres approche, parfois complémentaire, c’est la lutte pour dénoncer le système. Comme montré plus haut, le système monétaire, pour ceux qui sont du mauvais coté est un système esclavagiste qui ne dit pas son nom. Le système monétaire n’est peut être pas la seule structure qui agit, mais il est indéniable qu’elle est bien présente.

J’ai déjà longuement décrit sur ce blog les nombreuses facettes du système monétaire, son fonctionnement et ses alternatives. Tu peux retrouver tout ces articles sur la catégorie monnaie du blog.

monnaie minimoi

La question que je me pose est de savoir si une personne qui est en situation de ne jamais attirer beaucoup d’argent va devenir une personne qui lutte contre ce système injuste à l’extérieur d’elle même ?

Il me semble que c’est tout à fait probable. Le mouvement Occupy Wall Street et ses dérivés le prouve. Le slogan Nous sommes le 99% dénonce bien la structure collective qui organise les inégalités sociales.

Mais on peut se poser la question:

Qui est responsable de cette situation est-ce que ce sont les grands méchants peureux qui ont construits et maintiennent un système qui leur est profitable pour éviter de perdre le contrôle de l’avenir ?

Ou est-ce que c’est ta croyance que l’argent est quelques chose de mauvais et qu’il faut l’éviter ?

A méditer pour toutes les personnes qui aiment lutter contre l’extérieur…  le changement principal est peut-être à faire d’abord à l’intérieur.

En tout cas, il n’est vraiment possible d’agir QUE sur son cercle d’influence. Celui-ci commence par soi-même. Et n’est parfois pas bien grand au delà de soi-même !

Avant de perdre de l’énergie à vouloir changer ce qui n’est pas dans son cercle d’influence (et d’en prendre plein la gueule), il vaut mieux se changer soi-même, et ainsi faire grandir sa sphère d’influence !

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Gandi disait:

Soyez le changement que vous voulez voir pour le monde.

A la fin de cette vidéo qui décrit le projet d’éco-hameau Tera, son co-fondateur Frédéric Bosqué, indique que ça fait du bien de s’occuper de sa zone d’influence et plus du reste. On sort de son sentiment d’impuissance.

Dans une conférence où je l’avais vu, Frédéric Bosqué nous avait raconté une anecdote vécue dans une organisation de groupement d’achat. Une personne était intraitable avec les paysans pour grapiller des centimes sur le prix des patates.

En fait cette personne agit personnellement de la même manière que la grande distribution qu’elle dénonce à l’extérieur d’elle. Elle construit une alternative au système « capitaliste » qu’elle combat. Mais en même temps elle agit de la même manière. Ce qui n’est pas cohérent… car en suivant cette logique on ne change rien.

Ainsi avant de changer le monde extérieur, il faut bien faire attention de changer son monde intérieur. Sinon le même schéma se reproduit. La structure alternative ne change rien à part les gens à sa tête !

Le circuit du donner-recevoir

Maintenant que cette introduction est faite à propos de se changer à l’intérieur pour voir les changements à l’extérieur de soi, il est temps d’expliquer le circuit du donner et recevoir.

Je pense que ce qui sous-tend tout système économique, tout système monétaire. C’est un circuit de donner et recevoir. (Je pense même que ce principe de circuit peut s’appliquer à de nombreux domaines, comme l’information et la nourriture… )

Je pense que si on ne parvient pas à pacifier le rapport de chacun avec le principe de donner-recevoir, forcément on va laisser émerger un système global qui est plein de défauts.

Etant à la base électronicien, j’ai représenté ici le circuit du donner et recevoir de la même manière qu’une circuit pour allumer une LED qui fait de la lumière.

Le circuit comporte une source qui crée une tension, une différence de potentiel électrique. Cette différence de potentiel crée la circulation d’un courant électrique. Il y a une résistance qui limite le passage de ce courant. Il y a donc là une perte d’énergie. Elle est généralement dissipée en chaleur. Puis ce courant va traverser une LED. Cette LED émet de la lumière. C’est ici l’action utile que l’on voulait. Puis les électrons qui composent le courant électrique reviennent à la source.
(En analogie hydraulique on aurait une différence de potentiel de hauteur, un barrage dans une montagne par exemple, l’eau circule dans des tuyaux, plus le tuyau est petit, plus le débit est petit et donc la résistance grande. Notre action utile peut être quelque chose comme faire tourner un moulin. Puis si l’on veut que le système soit durable, il faut que l’eau retourne au barrage. Dans le cycle naturel, c’est l’évaporation de l’eau qui la faire remonter sous forme de nuage et la pluie va remplir le barrage. )

circuit-donner-recevoir

Un circuit normal est donc une boucle. Si pour une raison où une autre, le circuit électrique est coupé, la LED s’éteint. Comme c’est le circuit du donner et recevoir, il faut que les 2 pôles fonctionnent. Si l’on accepte pas de donner. Il va être dur de recevoir. Si l’on accepte jamais de recevoir le système se bloque aussi.

Ce que je vois comme idéal c’est de donner et recevoir naturellement. Suivant les occasions qui se présentent sans résistance. C’est la meilleure manière d’émettre la lumière, de fluidifier les échanges économiques, et de favoriser l’abondance globale.

Le circuit du donner et recevoir est une image. Ainsi je ne me prononce pas sur l’équivalence stricte entre ce qui est donné et ce qui est reçu.

C’est comme pour le circuit de la respiration. C’est inspirer et expirer. L’équivalence n’est pas absolue dans le rythme de la respiration. On a également des phases de respiration plus ou moins active suivant ses activités.

Ce qui est certain, c’est que si l’on décide d’enlever une des deux phases, (inspirer ou expirer), ça se passe très vite très mal !

Comment choisir quoi et quand donner et recevoir?

Pour décider, j’aime bien avoir conscience de ce qui est juste:

  • pour moi
  • pour les autres
  • pour le monde (donc inclus, l’entier de la biosphère)

Ce mode de décision est applicable à tout. Il permet de prendre conscience des conséquences de ses actes. Il est donc applicable pour les choix à faire dans le donner et recevoir.

En ce qui concerne les questions économiques, c’est sortir de l’individualisme consumériste. La vision du monde qui n’inclus que ce qui est juste pour moi. Mais c’est aussi sortir d’une vision du monde qui m’empêcherai d’agir en raison de conséquences négatives de mes actes sur les autres et le monde. (que j’observe bien chez mes amis décroissants !)

On est bien ici dans la recherche de l’équilibre, entre soi, les autres et le monde.  Aucun choix n’est parfait. Il ne sert à rien de (se) culpabiliser. Il suffit de faire de son mieux en conscience, et de faire toujours un petit peu mieux. Ce qui inspire les autres.

societe de consommation

Petit exemple avec cette méthode de décision, si je dois faire un achat, une veste par exemple, je me dis que pour tenir compte de moi, j’ai envie de quelques chose de pas cher… Je vois qu’il y a des vestes doudounes vraiment pas cher sur le net… cool !!

Je me dis, bon… pour moi c’est bien. Pour les autres ? Le shop est à l’autre bout du monde, il ne va pas favoriser un tissus économique locale qui me sera directement profitable. (la boucle du circuit)

Qu’en est il des matériaux. Il y a des plumes de canards dans ma doudoune. Aucune indication sur leur provenance…. zut.. c’est louche. Certainement un élevage chinois dans lequel on plume vivants les canards…. C’est pas ainsi que je vois le monde.

Bref… je passe à autre chose. Et là je découvre que dans un magasin pas loin de chez moi, il y a un déstockage de vestes de meilleure qualité, certifiées qu’on ne plume pas les canards vivants.

Donc pour moins cher que le prix normal (bon pour moi), proche de chez moi (bon pour les autres) je peux avoir nettement mieux, plus durable, de meilleures qualités, éthique (bon pour le monde) etc….  Là je suis heureux.  Il est juste que je donne de l’argent pour ça.

Avec cette méthode de choix, je me méfie du tout gratuit. Si quelque chose est gratuit, comment va en vivre la personne qui fait le produit ? (Sans parler des faux gratuits où c’est toi le produit… comme les journaux gratuits et réseaux sociaux gratuits...)

Avoir conscience du circuit du donner et recevoir c’est avoir conscience que donner de l’argent aux autres, c’est aussi s’assurer de le voir revenir chez soi !

Avoir conscience du circuit du donner et recevoir, c’est aussi avoir conscience que recevoir de l’autre c’est bien, car on pourra soi même avoir de quoi donner plus loin.

Avec cette conscience, on se libère des connotations et des croyances.

L’important que je veux transmettre ici est qu’il faut se libérer des croyances limitantes sur l’argent. Que finalement l’argent n’est que la façon dont notre société matérialise le circuit du donner et recevoir entre les humains.

Ainsi l’idée est de fluidifier les échanges quand ceux-ci se présentent. Il ne faut pas hésiter à donner quand tu en as envie et/ou quand il le faut. (L’achat est aussi une action de donner de la monnaie) Et dans l’autre sens il faut aussi se libérer de toute résistance de recevoir.

Il faut se libérer des résistances et des court-circuits de mon analogie électronique.

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La confiance comme système de croyance

Notre vie est basée sur d’innombrables croyances. Il y a des croyances ressources et des croyances limitantes.
Si tu arrives à ancrer la confiance dans ton système de croyance, tu vas changer les choses globalement.

C’est ce que l’on observe concrètement dans le premier jeu du Jeu de la Monnaie. Il n’y a pas de règles pour arriver à constituer des carrés avec ses cartes. Il y a des gens qui ont le jeu complémentaire. Comment réussir à faire des carrés ?

On est obligé d’interagir avec l’autre.

Il y a là tout les conditionnements qui reviennent. Est-ce que je donne ? Est-ce que j’échange ? 1 contre 1 toujours stricte ou pas ? Un échange différé dans le temps ou pas ?

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Même dans un jeu sans conséquence sur sa vie on observe que peu de gens osent la confiance, osent donner.

Mais il y a toujours un ou deux « originaux«  (par rapport à la moyenne de notre société) qui vivent dans la confiance et donnent des cartes de leur jeu pour aider les autres. Ce qui déclenche un cercle vertueux de dons inspirants qui va tout d’un coup augmenter la productivité et l’abondance dans la joie et la bonne humeur.

Florian est un de ces originaux. Voici un article qui décrit sa façon de vivre « sans argent ». Lorsque l’on a joué ensemble au Jeu de la Monnaie. Florian a tout de suite appliqué sa vision du monde « quand on donne sans forcément attendre quelque chose en retour, on observe qu’on reçoit toujours quelque chose.« .

florian donne jeu de la monnaie

Florian aime faire des petites expériences. Il donne parfois de l’argent sans raison apparente à des gens, à des inconnus mêmes. Imagine, tu te balade dans la rue et un inconnu viens te donner un billet de CHF 20.- !! Que fais tu ?

Il semble que ça perturbe beaucoup de gens !

Quand Florian dit qu’il veut vivre avec le moins d’argent possible, je me suis demandé si il fait partie de la catégorie des gens qui ont des croyances négatives par rapport à l’argent et donc qu’il cherche à évite l’argent ?

Je n’ai pas (encore) de réponses précises à ce sujet. Mais, à priori, comme je le connais, avec ses expériences de donner de l’argent et sa joie de vivre communicative, sa façon de se laisser guider. Je ne pense pas qu’il puisse avoir de croyances par rapport à l’argent qui le conditionne. Je pense plutôt qu’il a réussi à se déconditionner de cette structure, et qu’il est vraiment ancré dans la couche du dessous, celle du donner et recevoir.

→ edit:  J’ai discuté de tout ça avec Florian c’était passionnant. Et en effet. Il s’est totalement déconditionné de croyances liées à l’argent. Il s’est même déconditionné de la notion de croyance. Il me parle plutôt de vacuité !
J’ai pas encore tout bien saisi la chose, notre discussion était tellement dense !

Le tuyau à fric de Lulumineuse

Voici encore un autre exemple d’une personne qui a hyper confiance, comme elle dit, qui vit complètement dans la croyance profonde que l’argent n’est fait que pour transiter.

Elle utilise une métaphore que je trouve marrante pour expliquer le circuit du donner et recevoir. Elle parle d’un tuyau à fric. Il fonctionne comme une paille pour boire son sirop. Si tu plantes ta paille dans l’eau, que tu bouches le haut avec un doigt, tu peux soulever ta paille. Rien ne coule. Un bout de la paille symbolise le donner et l’autre le recevoir. Si tu bouches le donner. Tu t’empêche de recevoir quand le moment sera venu.

Lulumineuse dit que dans le monde, il y a un gros tuyau à fric… et que certains le bouchent d’un côté… ils accumulent alors qu’il y a pénurie chez d’autres par ce que rien ne circule.

Nous avons en chacun de nous un petit tuyau à fric qu’il faut déboucher pour fluidifier l’économie.

tuyau à fric lulumineuse

C’est finalement le principe dans la monnaie fondante théorisée par Silvio Gesell pour inciter les gens à faire circuler leur monnaie afin que comme le sang, la monnaie irrigue toute l’économie.

Lulumineuse dit que la monnaie ne sont que des chiffres, que le changement du chiffre de son solde de compte en banque n’est rien du tout. Que finalement ça ne change rien de concret à sa vie là maintenant tout de suite.

Ce qui change notre vie, notre état d’esprit, c’est surtout la perception que l’on a de devoir payer une facture. Si ça te met de mauvaise humeur, que ça te reste dans la tête en arrière plan comme une pensée qui tourne sans cesse c’est là que tu te pourri la vie.

Si tu arrive à te détacher, à accepter, à lâcher prise, à te lâcher la grappe (selon son expression favorite) sur ton jugement à propos d’une situation liée à l’argent. C’est parfait, tu vivras nettement mieux. 

Tu pourras vivre dans la confiance et le flux de la vie.

Lulumineuse va encore plus loin, elle propose que nous nous libérions de beaucoup de croyances et de peurs en tout genres. Elle propose que chaque personne soit capable de s’écouter elle-même, d’écouter les idées qu’elle capte. Ceci afin d’aller vers la joie, d’aller vers ce qui nous rend heureux, d’aller vers ce qui est soi-même, d’aller vers ce qui est juste pour soi, le monde et les autres.

Ainsi on crée un nouveau système économique sans hiérarchie imposée par la peur. Surtout la peur de ne pas recevoir de salaire !

Quand on a confiance en l’abondance. On peut créer un nouveau système économique dans lequel chacun donne et reçoit librement. Chacun donne sa couleur au monde, ce pour quoi il est doué et reçoit ce dont il a besoin pour vivre. Tout simplement.

C’est là une de mes motivations à militer pour le Revenu de Base Inconditionnel. C’est fournir un outil de transition qui permet à tout le monde d’expérimenter la confiance en l’abondance et ainsi l’ancrer dans son système de croyances profond.

Pour en savoir plus sur l’abondance et le tuyau à fric vu par Lulumineuse, voici un de ses articles à ce sujet…
Lulumineuse propose également des ateliers en vidéos pour libérer son tuyau d’abondance…

En changeant ses croyances personnelles on crées de nouvelles structures collectives

Avec la confiance en l’abondance comme croyance personnelle, on peut ainsi créer des organisations dont le but n’est pas la survie.

En effet, actuellement le but de la plupart des entreprises (et toutes celles basées sur une vision du monde de type orange de la Spirale dynamique) c’est de ne pas faire faillite, donc de faire du profit et d’accumuler du capital au cas où.… de virer des gens pour optimiser les coûts et augmenter les profits. Ceci souvent dirigé par des gens qui ont peur eux-mêmes de manquer. Ce sont les fameux cités plus haut, qui ont pour croyance que c’est dans l’argent que réside leur sécurité.

mr smith matrix economiste cravate

En sortant de ses croyances limitantes liées à l’argent, on peut créer une organisation qui est basée sur une raison d’être. (par exemple résoudre un problème concret et pas créer un faux besoin avec le marketing)

Mais attention de ne pas avoir qu’une raison d’être et d’avoir quand même des croyances négatives liées à l’argent. Comme beaucoup trop d’organisations ancrées dans la vision du monde de type verte de la spirale dynamique. (toutes les associations qui n’ont pas les moyens de leurs ambitions dont je parlais plus haut)

Ce que j’ai en tête ce sont plutôt des organisations de type Opale comme le dit Frédéric Laloux dans son livre Réinventing Organizations. Des organisations issues d’une vision du monde ancrée à l’étape turquoise de la Spirale dynamique.

opale virgin-rainbow

Conclusion personnelle

Depuis quelques mois je me questionne beaucoup sur mon rapport à l’argent et je vois concrètement des changements dans mes croyances. C’est pour ça que je partage toutes ces infos.

J’ai eu de nombreux points de vue sur l’argent au fil de mon cheminement sur les étapes de la spirale dynamique. Parfois dans l’abondance, et parfois dans le manque. Parfois à m’en ficher totalement au point de ne pas connaitre le solde de mon compte. Parfois à m’empêcher de dormir à savoir si j’allais avoir sur le long terme assez d’argent pour vivre. (vivre !! comme si ça se mangeait !)

Suivant les milieux que j’ai fréquenté, mon rapport à l’argent a évolué. J’ai remarqué que dans les milieux décroissants, puis dans les militants du Revenu de Base Inconditionnel, j’ai rencontré beaucoup de gens pour qui l’argent manque. Et c’est parfois lourd comme climat. Ça a déteint sur moi: J’ai pas d’argent… j’achète le minimum… et ça tourne comme un mantra….

J’ai eu des époques où je pouvais m’acheter plein de trucs chers par ce que ça me faisait plaisir, sans me poser de questions (comme un des tout premier appareil photo numérique).

Et d’autres époques où j’avais l’impression de m’arracher quelques chose si devais payer un truc pas très cher, dans le genre acheter un pain au chocolat à la gare quand j’avais faim: ah non.. c’est trop cher ici pour ce que c’est,  j’achète pas….

pain au chocolat

Je m’intéresse depuis une bonne douzaine d’années au fonctionnement du système monétaire. Je découvre comment ce système est bien huilé pour pomper les richesses du grand nombre vers une poignées qui accumulent comme Picsou. (et il y a des milliardaires qui ne savent plus comment dépenser leur argent !)

Ainsi en découvrant l’injustice que crée ce système, j’ai associé l’argent à des croyances négatives: Je ne veux pas participer à ce système injuste.

dette publique banque

Mais au fil du temps, j’ai découvert que le problème n’est pas l’argent, mais les croyances au dessous. Le système du circuit du donner et recevoir.

Il y a bien des façons de matérialiser des systèmes de donner et recevoir. (J’ai créé le Kong, une monnaie de singe 🐵🐒basée sur le Système Monétaire Equilibré. C’est une béquille pour aller vers le Don dans une communauté de confiance. Il existe aussi la monnaie libre Ğ1).

Mais sans pacifier sa propre relation à l’argent, à ce circuit du donner et recevoir, on risque de reproduire dans un système alternatif les défauts qu’on critique dans le système en place.

Ainsi je trouve important de travailler sur sa propre relation au donner et recevoir.  Je sens qu’il y a chez moi une croyance fortement ancrée qui me dit que « Je suis un type chanceux« . C’est une bonne base pour avoir une croyance de confiance en l’abondance.

Je sens que j’ai encore des réticence à donner, à dépenser de l’argent. Mais par contre je donne volontiers beaucoup de temps et de mon savoir faire pour beaucoup de causes. Je me dis qu’il y a là un signe que je bloque une partie de mon tuyau à fric ! Je retiens trop.

panneau donner

J’ai donc, ces derniers mois, dépensé beaucoup plus d’argent qu’à mon habitude. Déjà tout simplement pour des dépenses que je repoussais depuis longtemps comme… changer de lunettes ! J’en avais besoin.

Puis je suis allé sur Tipeee et j’ai fais des dons à des chaines youtube qui m’on appris beaucoup. Comme Heu?reka qui fait un boulot magnifique pour vulgariser la finance…  J’ai pas donné grand chose. Mais j’ai fait un grand pas dans mon donner. Je suis fier de donner ainsi de l’énergie à des gens qui m’ont apporté beaucoup. Je favorise ainsi le monde que je veux voir grandir.

C’est ainsi que je vois  une économie libre. Une économie du don. Tout est en libre accès, mais chacun sait en conscience donner, rémunérer les autres et ainsi recevoir aussi ce dont il a besoin.

Là je crois que j’ai débouché quelques chose. Car j’ai dépensé pas mal ces derniers temps, mais j’ai aussi reçu beaucoup plus d’argent que d’habitude…. et de façon vraiment magique parfois !! ah.. c’est quoi cette enveloppe ? … ah tiens, il y a un billet de CHF 1000.- dedans !! incroyable ! Ça tombe bien !

J’ai expérimenté ce que dit Florian, quand tu donnes d’un côté, ça te reviens de l’autre.

billet de 1000 chf

Ainsi maintenant je réfléchi également à ne pas négliger mon recevoir. Mais toujours en ayant conscience de choisir ce qui est juste, pour moi, pour les autres et pour le monde.

Je m’amuse avec l’argent, donc je réfléchi à la manière de mettre en place une sorte de chapeau virtuel pour que les visiteurs puissent déposer facilement de quoi jouer avec moi au jeu du donner et recevoir.

chapeau plein de billets de 1000 CHF

Pour les chanceux comme moi qui co-créent tous le jours de la monnaie libre abondante... Il est possible de me faire un don en monnaie libre Ğ1 en cliquant sur le bouton:

duniter_button

Au delà du blog, surtout dans le cadre d’événements physiques j’aime bien aussi le principe de la Participation consciente. 

C’est une combinaison de ce que je PEUX payer (je suis conscient de mes moyens), ce que je VEUX payer (par ce que j’ai envie de soutenir et remercier pour le magnifique apport) et ce que je DOIS payer (souvent les frais déjà engagé pour la logistique et nourriture).
Ça se paye sans justification en donnant le montant à la personne qui récolte. (C’est parfois dur de ne pas être anonyme et de ne pas pouvoir se justifier… Ex: J’aimerai donner plus.. mais j’ai pas les moyens…. etc...)

J’ai vécu ceci pour la première fois lors d’un stage à l’Université du nous qui se finance ainsi.

Voilà… j’entre donc dans une nouvelle dimension de mon rapport à l’argent. Ça me plait bien de jouer avec ça !
On verra ce que ça donne !  😉

Cadre légal de la création monétaire en Suisse

Le 10 juin 2018, nous allons voter sur l’initiative monnaie pleine qui propose une modification du système monétaire en Suisse. (en très bref et pas tout à fait exact, monnaie pleine permet d’avoir accès à de la monnaie électronique qui est reconnue comme « ayant cours légal »… alors que maintenant 90% de la monnaie est une reconnaissance de dettes des banques commerciales… et n’a pas la même qualité. Le détail plus précis en bas de cet article…)

Je vois qu’avant de comprendre la proposition faite par monnaie pleine, il y a déjà quasi personne qui comprend le fonctionnement actuel du système monétaire !!!

Donc ici, je vais tenter de faire comprendre le cadre légal de la monnaie en Suisse.

Voici une explication en mode audio (podcast): Fonctionnement du système monétaire suisse

La monnaie en Suisse selon la constitution

Perso, je pense que le sens de l’art 99 a probablement été changé en ….99 !!  … par rapport à ce qu’il était avant.

Avec la constitution de 1874 on avait un cadre dans lequel la confédération avait, il me semble, beaucoup plus de pouvoir. Autant sur tout le cadre monétaire, qu’aussi sur la BNS.

Voici un extrait de l’art 38:

« 1 La Confédération exerce tous les droits compris dans la régale des monnaies.
2 Elle a seule le droit de battre monnaie. »

L’art 39 est le texte de la votation de 1891 qui donne le monopole des billets de banques à la confédération. Cette dernière « peut » créer une banque pour exercer ce droit. Et c’est ce qui sera fait en 1907 avec la BNS.

Avec la nouvelle constitution de 1999. Maintenant on a:

« 1 La monnaie relève de la compétence de la Confédération; le droit de battre monnaie et celui d’émettre des billets de banque appartiennent exclusivement à la Confédération. »

Donc la compétence de mettre un cadre légal à la monnaie est de la compétence de la confédération. Mais ça n’interdit pas à d’autres de créer de la monnaie, sauf pour les billets de banques où c’est explicitement interdit.

J’ai aussi vu des gens qui interprètent « la monnaie relève de la compétence de la confédération » comme étant limité aux « pièces de monnaie ». Alors est-ce que l’on parle de monnaie au sens général ou de pièce de monnaie ?
Personnellement je le vois au sens général. Car sinon pourquoi repréciser dans la phrase suivante « le droit de battre monnaie…. appartient exclusivement à la Confédération » ?

Le vocabulaire autour de la monnaie est toujours très flou. Voici un lexique pour bien se comprendre..

J’ai l’impression que le texte de 1874 interdisait à d’autres que la confédération d’exercer un droit dans la régale des monnaies… alors que depuis 1999, il y a un flou en ce qui concerne la monnaie scripturale….

frapper la monnaie celtes

Plusieurs types de monnaie

Donc en fait LA monnaie n’existe pas. Il y a plusieurs types de monnaie avec des qualités différentes.

Il y a la « monnaie ayant cours légal » dont la définition est dans la LUMMP.

Soit: les pièces, les billets et les comptes de la BNS. Le reste n’est pas un moyen ayant cours légal.
Voici un article qui décrit ce qu’est le CHF ayant cours légal en détail…

définition CHF initiative monnaie pleine

« le reste » soit la monnaie scripturale des banques commerciales est dans une flou juridique.
Cette monnaie n’a pas de statut légal.

Le conseil fédéral a dit dans l’interpellation 12-3305 que ce sont des « substituts monétaires« .
… et qu’en créer est un business comme un autre garantit par le principe de la libre entreprise inscrit dans la constitution.

« La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancré dans la Constitution »

Il faut être une banque pour avoir le droit de créer des substituts monétaires

Mais tout le monde n’a pas le droit de créer de la monnaie par le crédit.

Il faut être une banque, et donc être autorisé par la FINMA pour accepter des dépôts du public et avoir des engagements envers ses clients. (car un dépôt est une dette de la banque envers son client) (Ordonnance sur les banques OB art 5 al 1)

Le boom des Monnaies Locales Complémentaires de ces derniers temps amène la FINMA a être plus stricte avec la création monétaire… et les créateurs du Farinet et du Léman découvrent que le statuts des monnaies locales complémentaires est fragile. Le flou juridique là autour s’éclairci et un cadre légal strict et contraignant émerge.
(et je trouve qu’il est injustifié et disproportionné. Pourquoi ennuyer des gens qui couvrent leur billets à 100% avec du CHF… alors que la FINMA a en 2008 autorisé Crédit Suisse à se « prêter » à lui même CHF 10 milliards !! pour éviter la faillite ! Il me semble y avoir 2 poids et 2 mesures…  )

En 1891, le peuple suisse a voté le monopole des billets de banque pour la confédération. La BNS  a été créée pour ça en 1907.
Avant chaque banque créait ses propres billets de banque.

Puis avec l’évolution technique, la monnaie scripturale a pris le dessus et ainsi la monnaie la plus utilisée de nos jours à plus de 90% ce sont des « substituts monétaires ».

Petit souvenir, un Batz vaudois de 1828, avant que la constitution de 1848 n’interdise aux cantons de créer de la monnaie:

monnaie-batz-vaud

L’Etat est obligé de se financer via les banques commerciales et donc avec des intérêts

Ce qui a aussi favorisé cette évolution et là je trouve que c’est un hold-up. C’est l’art 11. LBN qui interdit à la confédération de se financer par la banque nationale.

Donc c’est une obligation pour l’état de se financer par la création monétaire privée. Par les substituts monétaires des banques commerciales.

Avant cette « doctrine » qui date des années 1970, l’Etat se finançait avec des crédits sans intérêt auprès de sa banque centrale. L’obligation de la couverture or limitait la création monétaire massive.

Mais avec l’abandon de l’étalon or par le USA en 1971 (pour payer la guerre du viet-nam!) la création monétaire est devenue sans limite. Et avec la peur d’avoir ainsi des politiques qui créent de la monnaie à tour de bras sans limite en générant de l’inflation. L’idée a été d’interdir à l’Etat de se financer directement.

Donc actuellement, ce sont les banques commerciales qui parasitent le financement de l’Etat en prenant leur commission au passage. Et les intérêts c’est pas une simple commission, mais c’est une exponentielle. Ça peut mener à payer plusieurs fois le crédit !

Venez jouer au Jeu de la monnaie pour bien comprendre…

Ainsi l’essentiel des dettes publiques est actuellement souvent composé d’intérêt à payer aux banques commerciales. Les dettes publiques seraient nettement moindre avec l’ancien système. Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas la mauvaise gestion publiques qui crée l’essentiel des dettes publiques !

Voici une illustration avec la dette publique française comparée avec ou sans intérêt. (j’avoue que je n’ai pas vérifié le calcul moi même)

Dette_evolution_avec_et_sans_interets

Quand on étudie cette histoire, on a pas vraiment donné ce droit aux banques.. Elles se sont arrangées pour l’avoir.. où du moins, en Suisse, c’est sous l’impulsion de Kaspar Viliger que ça a été formalisé..

Et après avoir été président de la confédération, Kaspar Viliger est devenu président du conseil d’administration d’UBS….

Coïncidence ou récompense ??

kaspar_villiger_ubs

Le détail de l’histoire de ce genre d’interdiction en france comme en suisse est décrit ici…

Voilà. J’espère que maintenant le cadre légal monétaire en Suisse est plus clair.

Que propose l’initiative monnaie pleine

Il est donc maintenant temps d’étudier le texte de l’initiative monnaie pleine.

La question sous-jacente qui me semble fondamentale, c’est de savoir:
« Qui est légitime pour créer la monnaie ? »

Cette initiative veut donner le droit exclusif de créer ce que l’on appelle des francs Suisse CHF à la BNS.

Cependant, les banques commerciales seront encore libres de créer leurs propres substituts monétaires. Mais elles devront être plus transparentes. Comme l’est la banque WIR qui crée des WIR.

Donc UBS devra dire qu’elle crée des « francs UBS » et pas des francs… Actuellement lorsque l’on fait un dépôt dans une banque, ce dépôt est transformé en reconnaissance de dette de la banque. La banque inclus votre dépôt dans son bilan.

Cette reconnaissance de dette n’est valable que tant que la banque n’a pas fait faillite. Si une banque fait faillite, il y a actuellement une garantie de dépôt à CHF 100 000.-. Cependant d’où vient l’argent qui permet de rembourser ainsi CHF 100 000.- par compte ? Et bien il vient d’un fond fait par les banques elles-mêmes dans lequel il y a CHF 3 milliards.

Il y a donc CHF 3 milliards de CHF pour garantir CHF 1770 milliards de dépôts…. Ce système ne fonctionne qu’en cas de faillite de petites banques. Mais pas en cas de faillite de grosses banques.

Avec monnaie pleine, « les comptes de trafic de paiement » doivent être hors du bilan de la banque. Ainsi en cas de faillite. Même d’une grosse banque dite « to big to fail«  la monnaie sur les comptes de trafic de paiement ne disparait pas. Car ce n’est pas une reconnaissance de dette. C’est de la vraie monnaie qui a son existence propre: de la monnaie pleine ! (comme les pièces !)

De plus, l’initiative monnaie pleine donne la possibilité de distribuer la nouvelle monnaie crée directement aux citoyens. C’est ce qui est vu parfois comme une base d’un mécanisme de financement du Revenu de Base Inconditionnel. (Le montant n’est pas forcément suffisant pour vivre. Mais c’est un début.)

« Dans le cadre de son mandat légal, elle (la BNS) met en circulation, sans dette, l’argent nouvellement émis, et cela par le biais de la Confédération ou des cantons ou en l’attribuant directement aux citoyens. »

Le Jeu de la monnaie pour comprendre par la pratique

La théorie c’est très compliqué et c’est sujet à interprétation et controverse. Moi j’aime expérimenter.

Le jeu de la monnaie permet en 4x 10 minutes (étalé sur 2h30) de bien comprendre le mécanisme de la monnaie. D’où émerge le principe de la monnaie, comment ça marche et aussi vers quoi on peut aller pour le futur. Ceci au delà des arguments d’autorités et des croyances, juste avec son corps et ses émotions.

Voici la page facebook du jeu de la monnaie pour en savoir plus et trouver ou et quand se déroulent les prochaines parties.

https://www.facebook.com/jeudelamonnaie/

Il est également possible d’organiser des parties soi-même avec ses amis. Voici un kit de démarrage pour organiser un jeu de la monnaie…

jeu de la monnaie

La majorité de la monnaie en Suisse est créée par les banques commerciales

Je remarque que peu de monde a encore compris comment fonctionne vraiment le système monétaire en Suisse. (et aussi ailleurs dans le monde, mais là je me concentre sur les références suisse.)

Si t’aimerai comprendre, alors voici une série de vidéos que j’ai faites pour raconter l’histoire de la monnaie et des système économiques…

Voici donc quelques références pour bien comprendre.

Quelle est la monnaie officielle en Suisse ?

La LUMMP, la Loi sur l’Unité Monétaire et les Moyens de Paiement nous dit que les moyens de paiement ayant cours légal en Suisse sont les pièces, le billets de la BNS et les comptes de la BNS.

le reste, donc les comptes UBS, crédit suisse, raiffeisen, postifnance, etc.. ne sont pas de la monnaie ayant cours légal. Ce ne sont que des promesses des banques de vous donner de la monnaie ayant cours légaldéfinition CHF initiative monnaie pleine

Pour se comprendre, il vaut mieux avoir la même définition pour un même mot!

« Non un crédit n’est pas un prêt… »
« Il y a une différence entre une banque commerciale et une banque privée« 

Voici un lexique sur les mots techniques liés à la monnaie qui ne sont pas toujours utilisé de manière juste….

http://aaapositifs.ch/lexique/

La BNS nous explique qui crée l’essentiel de la monnaie en Suisse… et ce n’est pas elle !

La BNS explique que l’essentiel de la monnaie est crée par le crédit des banques commerciales:

« De nos jours, la monnaie scripturale représente près de 90% des francs suisses, dont une grande partie est créée par les banques commerciales lorsqu’elles octroient des crédits aux ménages et aux entreprises. »

On trouve ceci à la page 4 de la brochure « Notre banque nationale ».

 

L’Association Suisse des Banquiers avoue que oui les banques créent la monnaie scripturale

Voici une vidéo de SwissBanking qui explique que:

« OUI, la banque peut produire elle même ce que l’on appelle la monnaie scripturale »

Cette vidéo à pour but de vous montrer que oui, les banques commerciales créent la monnaie scripturale, mais que c’est bien ainsi. Qu’il ne faut surtout pas voter oui à l’initiative monnaie pleine.

Le contraire aurait été étonnant ! … vue que le but de l’initiative monnaie pleine est d’interdire aux banques commerciales de créer la monnaie et donc au passage d’empocher les bénéfices du droit de seigneuriage, alors que si c’est la BNS qui la crée…. 2/3 du bénéfice net de la BNS est distribué aux cantons, selon l’art 99 de a constitution Suisse.

Donc à vous de choisir, le bénéfice de la création monétaire pour les banques commerciales ou pour les cantons ?

Le conseil fédéral dit que créer de la monnaie est un business comme un autre

A la réponse à l’interpellation 12-3305 qui demandait si c’est normal que les banques commerciales créent de la monnaie, le conseil fédéral a répondu:

« La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution »

Pour la première fois le conseil fédéral donne un nom à cette monnaie scripturale des banques commerciales, qui n’est pas une monnaie officielle mais qui est largement utilisées. On appelle donc ceci des « substituts monétaires« .

Le CEO d’UBS ne sait pas que sa banque crée de la monnaie !

Lors d’un débat entre Sergio Rossi, professeur de macroéconomie et d’économie monétaire à l’Université de Fribourg, et Sergio Ermotti, CEO d’UBS le 15 février 2017 dans l’émission de Teleticino ”I conti in tasca – Un patto di paese per il Ticino” du, on voit un débat surréaliste dans lequel Sergio Ermotti le CEO d’UBS dit que ce sont les dépôts des clients qui sont prêtés…..  c’est totalement faux !

Ainsi on voit que même en étant à la tête d’une des plus grosse banque du monde, il est possible de ne pas vraiment avoir compris le système !

On se trouve là en plein conflit d’autorité. Les deux Sergio ont chacun une cravate… l’un est prof d’uni et l’autre CEO d’une banque.

Qui croire ?

C’est là qu’il faut aller au delà des croyances et de l’autorité. Il faut comprendre soi-même par la pratique. C’est ce que propose le jeu de la monnaie.

Nous avons aussi maintenant un site web dédié au Jeu de la Monnaie…

Le Jeu de la monnaie pour comprendre par la pratique

Le jeu de la monnaie permet en 4x 12 minutes (étalé sur 2h30) de bien comprendre le mécanisme de la monnaie. Ceci au delà des arguments d’autorités et des croyances, juste avec son corps et ses émotions.

Voici la page facebook du jeu de la monnaie pour en savoir plus et trouver ou et quand se déroulent les prochaines parties.

https://www.facebook.com/jeudelamonnaie/

Il est également possible d’organiser des parties soi-même avec ses amis. Voici un kit de démarrage pour organiser un jeu de la monnaie…

Réflexion sur l’implémentation d’un protocole de Système Monétaire Equilibré totalement décentralisé

L’idée est ici d’imaginer l’implémentation d’un système de comptabilité de flux économique comme le SME, Système Monétaire Equilibré:

Un protocole plutôt qu’un code

Le SME décrit les paramètres de base d’un système « monétaire ». On peut donc observer de nombreux fonctionnement en fonction des paramètres et voir au profit de qui se fait le système.

Ex: le taux de retour à l’équilibre peut être au profit de chaque personne ou du banquier. Suivant l’angle sous lequel on regarde, il est possible de voir que la création monétaire est le fruit de chaque individu ou des banquiers.

Le SME est donc un protocole plus qu’un logiciel, un code monétaire. Le SME est un outil pour évaluer un système monétaire et le comparer avec un autre.

Dans notre cas, l’idée est de réaliser un système de comptabilité de flux économique de type crédit-mutuel, avec contraction qui génère une avance de crédit: le revenu de base.

On va donc ici choisir des paramètres et un fonctionnement qui va dans ce sens. Mais logiquement, théoriquement une certaine place est laissée pour que de nombreux types de code monétaire puissent interagir entre eux.

système monétaire équilibré

Pour bien comprendre la théorie qui est là derrière et son contexte historique. Je t’invite à lire mon article sur l’histoire de la monnaie….. c’est 11 épisodes en vidéos. On part il y a plus de 5000 ans… et on passe en revues tous les systèmes économique, don, troc, reconnaissance de dette entre individus sur bâton de comptage, sur tablette d’argile, banque commerciale, banque centrale, monnaie fondante,  blockchain, Théorie Relative de la Monnaie, G1,…. et enfin le SME…

Un protocole décentralisé de comptabilité de flux économiques

Idéalement, un bon protocole de comptabilité de flux économiques doit être décentralisé et réparti.

Attention, il est utile d’expliciter les mots. Le débat actuel sur les cryptomonnaies montre que souvent c’est mal compris.

On nous présente souvent les cryptomonnaies basées sur une blockchain comme étant décentralisée. Mais ce n’est pas tout à fait juste.

Prenons l’exemple du bitcoin. Il y a UNE blockchain. Donc c’est centralisé. Toutes les transactions sont dans la même base de données et pour y avoir accès ce sont les noeuds qui décident.

Cependant, la gouvernance entre les noeuds est décentralisée. Il n’y a pas un noeud qui a plus de poids qu’un autre, qui peut décider à la place d’un autre.

À la base, chaque utilisateur devait pouvoir être un noeud du système. Je l’ai testé en 2011, avec le bitcoin où il suffisait de télécharger un blockchain de 20Mo.

En septembre 2017, la blockchain du bitcoin fait ~ 130Go …. Il y a de plus en plus d’utilisateurs. Mais en proportion le nombre de noeuds est très limité. (~10 000)

Ainsi, une blockchain centralisée est très ennuyante en terme de ressources. De plus, la méthode de décision pour savoir qui a le droit d’ajouter des blocks à la blockchain est problématique. La méthode la plus courante est la preuve de travail. (PoW). On doit prouver que l’on gaspille de l’énergie pour avoir accès à la base de données. Ceci, car on suppose que les gentils qui veulent le bien du réseau ont un avantage à fournir cette puissance de calcul, mais que les méchants qui veulent tricher doivent mettre exponentiellement plus de ressources. Donc c’est virtuellement impossible.

L’idée que nous avons ici est très différente. On veut un système qui est réellement décentralisé.

Tout comme l’est l’internet. Tout comme l’est le web. Tout comme l’est le e-mail.

On est dans une logique de réseau. Il n’y a pas qu’une seule base de données, même si elle est copiée à de multiples exemplaires.

Si je veux ajouter un bout d’internet, il suffit que je connecte un réseau de télécom sur le réseau internet existant. J’ai étendu Internet sans demande à personne.

Si je veux ajouter un site web, hormis le nom de domaine, il n’y a rien à demander à personne. Je crée un site et le rends accessible.

Si je veux une boite e-mail. Il me suffit d’installer un serveur e-mail accessible par un nom de domaine et par un bout de réseau. Et voilà, c’est fait. Je n’ai demandé à personne.

Ainsi l’idée ici, c’est d’ajouter un service disponible sur le web qui permet de comptabiliser les flux économiques.

Toute personne peut le faire sans demande à quiconque. Elle peut choisir ses propres paramètres. Elle doit juste utiliser le même « protocole » pour échanger avec les autres.

Donc il est possible de faire plusieurs logiciels totalement différents qui fonctionnent entre eux via un protocole.

On peut même imaginer fonctionner avec des cartes sur papier ou sur tablette d’argile. C’est peut-être moins pratique et automatisable. Mais pour que l’on ait vraiment un protocole décentralisé, ça doit fonctionner.

WordPress comme plateforme de base

Une idée qui peut aider à la diffusion massive de ce mode protocole de comptabilité des flux économique est d’utiliser une plateforme simple pour mettre en place un « serveur » SME.

Ainsi, wordpress semble un bon choix.

En 2017, wordpress détient près du tiers de « part de marché » des sites web.

Ainsi fournir une application sous forme d’un plugin wordpress ouvre les portes à un large réseau.

On peut imaginer également faire des modules de paiements pour les e-commerce. Notamment, toujours sur wordpress Woocommerce. Ains en plus de pouvoir transférer de la « monnaie », il sera aussi possible de payer directement sur les magasins en ligne avec le SME.

Adressage

Chaque personne qui veut participer au réseau doit pouvoir être accessible.

Ainsi il y a la notion d’adressage qui intervient.

Comme toute personne qui a un compte en banque l’a dans la banque en question. Ici chaque personne qui a un « compte » SME, doit l’avoir chez un noeud qui est localisé quelque part.

On se retrouve dans le même principe que le e-mail. Soit une boite e-mail est chez un hébergeur de e-mail. 

Ici un compte SME est chez un hébergeur SME.

Sur le web, on peut donc utilise la logique des noms de domaine qui est bien connue pour réussir à localiser le noeud. (url = Universal Ressource Locator donc un moyen de trouver une ressource)

Il nous faut donc identifier les deux parties d’une transaction. Donc, ce qui semble le plus évident, c’est:

  • un nom d’utilisateur
  • l’adresse du noeud hébergeur.

En version papier on peut avoir:

  • toto
  • chemin du petit bois 12, Jolibois.

En version web on a:

  • toto
  • https://martouf.ch/wp-admin/admin.php?page=SME

ou des versions simplifiées…

  • https://martouf.ch/wp-admin/admin.php?page=SME&user=toto
  • https://martouf.ch/SME/toto  (qui redirige sur la précédente)

Le format simplifié du genre e-mail est aussi possible:

C’est un peu le principe avec la média social Mastodon. Mon compte mastodon est accessible sur : https://mastodon.social/@Martouf
Quand je veux m’abonner à un utilisateur qui est sur une autre instance de mastodon, je dois indiquer mon identifiant: qui va permettre au système de me retrouver…

(Dans le cas d’un système monétaire on pourrait imaginer avoir un autre symbole.. pour pas le confondre avec un e-mail… du genre… heu… $ ?? il est surtout les claviers. => martouf$martouf.ch …. est-ce qu’on veut se lier à l’égrégore derrière ce symbole ? )

Le souci d’une telle approche, c’est que l’on serait obligé de faire un nouveau service TCP-IP et donc ça interdit le fait de passer par le web. (qui est déjà le service TCP-IP sur le port 80)

(Les services TCP-IP connus sont le e-mail, le web, ftp… un service peut écouter un port en particulier. Le web est déjà une couche au-dessus. Dans l’optique de faire un plugin wp pour assurer une bonne diffusion l’url d’un service web est un bon moyen d’adressage.)

Ainsi on identifie l’utilisateur, autant la source que la destination d’une transaction par une URL.

(ou autre type d’adresse pour la version papier… c’est le moyen de joindre l’utilisateur.)

Base de données personnelle des transactions

Le système étant en réseau. Où sont les données ?

Et bien, chaque personne détient la base de données de ses propres transactions.

Évidemment comme on ne fait pas une transaction tout seul. On a aussi un bout de la base de données de la personne avec qui on fait une transaction.

Il est nécessaire pour le fonctionnement du protocole de définir le minimum de ce que contient la base de données.

Transactions

Chaque personne détient sa base de données de transaction.

C’est un peu comme le crédit mutuel (crédit social):

Que font-ils avoir comme champ pour définir une transaction ?

  • id local (nombre auto-incrémenté)
  • id-global un moyen d’identifier la transaction une url qui pointe sur la transaction et permet d’obtenir les informations dessus.
  • la date et heure
  • type de transaction est-ce que c’est un transfert de solde (normal) ou une contraction du solde. (vu que la transaction contient les paramètres du référentiel et qu’elle est datée et chainée dans une relation d’ordre, on peut vérifier que la contraction est effectuée correctement)
  • le hash de la transaction précédente ainsi on garde une relation d’ordre entre les transaction. (voir le principe en schéma dans les blockchain quantic_schema-1_300.jpg)
  • Libellé texte court…
  • Source url de l’utilisateur source. Ex: https://martouf.ch/SME/martouf
  • Destination url de l’utilisateur destinataire. ex: https://yopyop.ch/SME/toto
  • montant todo: dans quel référentiel ? la source la destination ?
  • État validé, en attente, refusé.
    • origine souvent 0Les paramètres du référentiel de chaque partie donc origine, TRE, période, revenu de base (ceci pour contextualiser la transaction, sinon on ne sait pas de quel référentiel on parle et il peut évoluer.) (D’une manière globale, tout référentiel est défini par le sens, l’origine et l’échelle.)
    • revenu de base un nombre qui indique l’échelle ex: 100
    • TRE taux de retour à l’équilibre ex: 10% = 0.1
    • Période d’application du TRE 1 mois (on va utiliser une unité plus pratique… le jour.)

(En mode papier on sépare le montant en 2 colonnes: achat et vente. Ainsi on peut calculer le solde plus facilement.)

Paramètres du système

Chaque utilisateur doit également enregistrer et mettre à disposition des vérificateurs les paramètres de son système.

Ces données sont liées à un utilisateur.

Quand on tape l’adresse d’une personne sur le web on a directement ses paramètres accessibles pour un humain.

Ex: https://martouf.ch/SME/martouf

On peut y placer toute sorte d’informations de profil pour augmenter la confiance et certifier que c’est bien la bonne personne à qui l’on va faire un versement. (lien avec un compte facbook, twitter, etc..)

On peut y placer un bouton avec lien pour directement faire un paiement..

Une machine doit également pouvoir récupérer les données facilement via un fichier json, juste en précisant le format dans l’adresse:

Ex: https://martouf.ch/SME/martouf.json

En plus des informations sur la personne, on a surtout besoin des informations sur les paramètres du système pour pouvoir les vérifier et faire les changements de référentiel.

Le fichier json contient une série d’entrées de type clé valeur qui permettent de savoir où récupérer les informations et comment effectuer une transaction.

  • version du protocole 1.0
  • id utilisateur url de l’utilisateur ex: https://martouf.ch/SME/martouf
  • solde fiable le solde du compte pour toutes les transactions qui sont validées.
  • solde temporaire solde du compte pour toutes les transactions émises. (qui peuvent être en attente)

Un référentiel complet est défini par 4 paramètres:

  • où se trouve l’origine. (on a vu dans la discussion ci-dessus qu’on peut la déplacer et que chaque personne a ses préférences !)
  • le niveau du revenu de base. (qui donne l’échelle quantitative à tout le système, et le sens de lecture + ou -)
  • le facteur de zoom qui est en fait 2 variables: le Taux de Retour à l’Equilibre par unité de temps choisie. (la période. en général le mois)
  • La limite de crédit maximale (qui est déduite des valeurs précédentes pour faire un bon système)

Le limite de crédit maximale = (1/ Taux de Retour à l’Equilibre)  * le revenu de base  +  le revenu de base

Ainsi une personne qui vérifie la transaction peut demander les paramètres pour s’assurer que la limite de consommation à crédit n’est pas dépassée.

Voici un exemple de paramètres:

  • origine = 0
  • montant du revenu de base = 100 (c’est la quantité de monnaie dont on a besoin dans la période donnée)
  • Taux de retour à l’équilibre = 10% / mois
  • Limite = 1/ (10/100) * 100 + 100 = 10 * 100 + 100 = 1100

Toile de confiance

Le coeur de toute notion de monnaie c’est la confiance.

Mais ici c’est encore plus vrai.

Le SME tel que nous l’implémentons ici offre un potentiel de création monétaire et un revenu de base à chaque personne.

Ainsi dans tout système dans lequel la création monétaire se fait par les individus, il est nécessaire de vérifier qu’un individu ne dispose pas de plusieurs comptes. Qu’un individu ne puisse pas toucher plusieurs fois sa part de création monétaire et plusieurs revenu de base.

Ainsi il est nécessaire d’identifier chaque utilisateur et de s’assurer qu’il n’y a pas un utilisateur qui a plusieurs identités.

Pour résoudre ce problème, on tombe directement dans un problème d’autorité.

Dans la vie de tous les jours. Une personne obtient une pièce d’identité de la part de l’État. C’est l’autorité de certification.

Notre but est ici de créer un système qui est totalement décentralisé, il serait donc stupide de créer un protocole décentralisé et d’être obligé de passer par une autorité centralisée pour pouvoir l’utiliser.

Donc au lieu d’avoir un autorité centralisée qui identifie les gens. Nous allons ici utiliser la notion de toile de confiance (Web Of Trust) qui a été  inventée pour les besoins du logiciel de messagerie chiffré PGP qui ne voulait pas non plus recourir à des certificats issus d’autorité centralisées pour attester qu’une clé appartient bien à une personne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Toile_de_confiance

On a ainsi un moyen décentralisé d’accorder de la confiance à des identités.

Chaque personne est associée à un niveau de confiance.

Chaque personne peut accorder une confiance totale ou partielle à des identités.

Le stock de certifications d’identité est limité.

La durée des certifications est limitée. (la confiance évolue dans le temps)

J’observe que l’on se retrouve dans un système quasiment similaire au SME. Au lieu d’avoir un stock de « monnaie », de potentiel d’achat. On se retrouve avec un stock de confiance.

L’idéal serait de pouvoir choisir de donner sa confiance en ajustant les paramètres: quantité et durée. Soit dans les extrêmes, une confiance totale, mais pas longtemps ou une confiance limitée, mais longtemps.

Ceci n’est pas simple à faire dans un système décentralisé, car pour protéger le système de comptabilité de flux, on crée une toile de confiance, et pour protéger la toile de confiance on crée quoi ? On ajoute une couche ?

Si chaque personne peut créer son propre logiciel pour utiliser le protocole, il faut se rendre compte qu’il y a des fonctions qui peuvent être implémentées différemment et même dans le but de tricher. (avoir un stock infini de confiance à donner….) Donc plus on ajoute de fonctions, plus la communauté doit donc vérifier des paramètres supplémentaires.

Une des difficultés à résoudre quand on identifie les gens, c’est la création de fausses identités qui vont être utilisées pour certifier d’autres fausses identités. On appelle ceci une attaque Sybil.

Il y a donc un risque d’avoir des gens malveillants qui se créent leur propre sous réseau d’identités malveillantes. Ainsi il est aussi important d’avoir une indication supplémentaire qui est la distance entre nous l’identité à vérifier.

Ainsi on peut voir si l’identité est bien intégrée dans la communauté ou si elle est sur un sous-réseau séparé, car artificiel, créé pour tricher.

On est là dans la théorie du monde petit. Testé dans les années 1960 par Stanley Milgram. À l’époque, chaque personne dans le monde était séparée de six degrés de séparation.

Cependant, de nos jours le réseau de Facebook permet de rétrécir encore plus le monde.

En 2011, la moyenne était à 4.7 degrés et en 2016 à 3.5 degrés.

toile de confiance amis_facebook_martouf_grandes_communautes

Pour voir le problème sous un autre angle, voici des infos sur la toile de confiance de duniter:
=> état des lieux en septembre 2017 de la toile de confiance de duniter.

Voici quelques plug-ins intéressants autour de la notion de toile de confiance, de création de clé PGP.

Vérification des transactions

Chaque transaction doit être vérifiée.

Elle augmente le solde d’un utilisateur et diminue le solde d’un autre.

Il faut donc que chacune des parties signe la transaction pour dire qu’elle est juste.

Que le solde de chaque côté est correct.

Cependant, ça ne suffit pas. Il faut d’autres vérificateurs. Car on peut très bien imaginer que 2 personnes s’accordent pour tricher.

Ainsi une autorité externe doit vérifier la transaction.

Dans un système décentralisé, on retombe sur le même problème d’autorité.

On a donc ici une autorité décentralisée. Il nous faut agir dans ce sens.

Le plus juste est de lancer un appel à la vérification à d’autres noeuds du système.

Les hébergeurs (qui sont toujours en ligne) peuvent faire les vérifications pour le compte de leurs hébergés. (ce qui force les hébergés à avoir confiance dans leur hébergeur et leur demander des comptes)

Il y là aussi une notion de tirage au sort à introduire pour éviter que seuls les complices des fraudeurs répondent.

Au bout d’un certain nombre de vérifications concordantes, on peut déclarer une transaction comme acceptée.

Dans le processus, on peut imaginer que dès qu’une personne veut faire une transaction, elle inscrit sa transaction dans sa base de données personnelle. Elle la signe, et signe aussi la seconde partie de la transaction (le double qui est inscrit dans la base de données de l’autre partie de la transaction).

(todo: ce qui pose la question de ce qu’est techniquement une transaction. Car une transaction est toujours un contrat entre 2 parties. Là on a un objet qui est dupliqué dans au moins 2 bases de données.)

Puis, la personne fait un appel public à validation de transaction.

Idéalement, le système fonctionne toujours de pair à pair. Ce sont toujours les individus qui doivent signer les transactions. Ce sont les individus qui ont des identités.

Cependant, un utilisateur va certainement toujours passer par son hébergeur de compte pour réaliser la procédure de validation. On peut se demander comment il fait ? Est-ce qu’il peut déléguer la validation à son hébergeur ? La rendre automatique ?

Je vois la chose un peu comme cela se pratique avec les commentaires qui arrivent sur un blog. Il y a quelques indications et la personne dit si elle valide où non.

Ça peut très vite devenir un problème de spam ! Et du coup, l’idée va devenir rapidement de faire confiance au code de l’hébergeur pour évaluer et valider automatiquement les transactions qui sont correctes.

Et voilà, encore une fois, il faut faire confiance à son hébergeur et au code installé ! Que faire si un hébergeur devient très gros (Par analogie on pense à gmail et hotmail qui hébergent beaucoup de mail !), il prend un poids énorme pour la validation.

Donc comme toujours dans tout système de confiance, on suppose que la majorité des gens veulent le bien du système !

(comme avec les 51% de la puissance de calcul de la preuve par le travail du bitcoin. Si 51% de la puissance de calcul est détenue par le même noeud…. ce dernier peut faire ce qu’il veut. Gash.io est arrivé à 43% de puissance de calcul avant que la communauté s’inquiète..)

C’est là qu’il faut un algorithme qui s’assure de la diversité des sources des validations.

Il faut éviter que tout vienne d’un seul hébergeur. (l’algorithme doit donc maintenir une liste des hébergeurs qu’il connait et s’assurer une moyenne par rapport à cette liste.)

On peut également imaginer des pénalités dans la confiance que peut accorder un hébergeur si il s’est avéré qu’il a massivement validé de fausses informations. Mais là c’est très difficile de déterminer ce qu’est « massivement » et ce qui est « faux ». Que faire quand il y a 2 avis différents ? Est-ce que la majorité à toujours raison ? Si un système est majoritairement corrompu, il va péjorer les gentils. Même si l’information est fausse !

Donc attention à ne jamais mettre en place de solutions qui peut se retourner contre soi-même !

(Ce que les partisans de la peine de mort devraient imaginer…)

L’algorithme précis de validation reste à être bien clarifié.

Vérifier qu’un compte agit dans le respect de son référentiel

Au-delà de la vérification des transactions, il faut aussi vérifier le cadre dans lequel elles se passent.

Si une transaction modifie le solde et qu’il faut vérifier le changement de solde.

Une transaction ne doit pas non plus se faire si la limite de consommation a crédit est atteinte.

Cependant la limite évolue en fonction de l’application du taux de retour à l’équilibre (TRE). Il faut donc vérifier que cette contraction du solde est appliquée comme elle se doit.

La meilleure manière que je vois pour vérifier l’application de la contraction est de réaliser une transaction spéciale qui change le solde. Comme l’objet transaction continent les paramètres du référentiel, est datée, et contient une relation d’ordre, on peut vérifier que la contraction est bien effectuée.

Cette vérification devrait être faite par chacune des parties qui veulent faire une transaction avec une autre.

Petit rappel sur le Taux de Retour à l’Equilibre

Une dette est annulée dans un temps donné qui est une fonction du taux de retour à l’équilibre. (TRE)

Comme pour la décharge du condensateur où l’on considère que le condensateur passe d’un état transitoire à un état stable en 5 constantes de temps RC, ici on considère que toute dette est annulée dans un temps de 5/TRE. Ceci dans l’unité choisie. (le mois par exemple)

(comme on a une exponentielle décroissante, le retour à l’origine est encore long. Mais on a avec 5/TRE 99.3% de la dette qui est annulée.)

Ex: un TRE de 1/100 par mois va nous donner: 5/ (1/100) = 5*100 = 500 mois. 41 ans et 8 mois.

(Ce qui donne étonnamment une valeur très très proche de la moitié de l’espérance de vie humaine en suisse !)

Donc en fonction des paramètres de base que sont le Taux de Retour à l’équilibre pour ce qui est lié au temps et le montant du revenu de base (l’avance de crédit récurrente) pour l’échelle on peut déterminer la limite de consommation à crédit autorisée.

la limite de consommation à crédit = revenu de base * 1/TRE + le revenu de base.

Comparaison entre deux référentiels

La grande difficulté à laquelle nous ne sommes pas habitués avec le SME, c’est le fait que chaque personne peut avoir les paramètres de son choix, et donc un référentiel totalement différent. (Même des paramètres qui correspondent à un système de monnaie prédatrice comme celle des banques commerciales qui configurent les paramètres pour transformer le revenu de base en intérêt pour banquiers…)

Ainsi c’est une des libertés garanties par le SME, c’est que chaque personne a le droit de choisir ses paramètres. C’est ainsi que le SME est un protocole de gestion, de comptabilité, et d’enregistrement des flux économiques et pas un logiciel, un code monétaire.

Petite clarification à propos des « monnaies libres » qui se basent sur la Théorie Relative de la Monnaie de Stéphane Laborde.

Ce dernier s’est inspiré du monde du logiciel libre qui définit des libertés fondamentales qu’un logiciel doit respecter pour être considéré comme logiciel libre. (le droit de connaitre le code source par exemple).

Il a transposé cette idée dans le monde de la monnaie. Il a défini un certain nombre de libertés monétaires et économiques fondamentales qui servent de critères pour savoir si une monnaie est libre ou non.

La liberté 0 est celle-ci:

0: L’individu est libre du choix de son système monétaire

Dans la pratique, avec la création de la monnaie Ğ1, on observe qu’une poignée de fondateurs ont choisi les paramètres du système. Puis il est impossible de les changer.

Ainsi face à la liberté 0. Oui, l’individu est libre de choisir son système monétaire… mais s’il ne choisit pas les paramètres il fait quoi ?

Et bien, il n’a d’autre choix que de créer sa propre monnaie à côté de l’autre. C’est la réponse officielle de ce groupe.

Mais si on pousse la réflexion un peu plus loin, ça veut dire que l’on peut créer un grand nombre de monnaies qui toutes ont leur dividende universel. Et ainsi je cumule les dividendes. Est-ce que c’est juste ? Est-ce que c’est ça qu’on veut ?

Ainsi il faut bien comprendre que les « monnaies dites libres » ne le sont pas forcément autant que ce qu’elles le prétendent. Ce sont surtout des codes monétaires. Certes, comme dans un logiciel libre, on a accès au code. On peut savoir comment ça marche. Contrairement à la monnaie des banques commerciales dont on ne sait pas grand-chose. Donc le code est une cuisine interne cachée. On ne connait que certaines obligations légales de publication de bilan. Mais entre deux bilans que s’est-il passé ?

Le SME est donc un protocole qui fait communiquer entre eux des codes monétaires. Ainsi je ne peux toucher qu’un seul revenu de base / dividende globalement. Car au moment de chaque transaction les deux parties vont comparer leurs référentiels pour s’ajuster et se mettre sur une même base de discussion.

Donc concrètement, c’est une règle de trois.

Le montant du revenu de base sert d’échelle.

Prenons l’exemple d’un référentiel.

À chaque période, une personne ayant atteint sa limite de consommation à crédit reçoit 100.

C’est le revenu de base de ce référentiel.

Si un prix est de 10.

Que vaut ce prix dans un référentiel où le revenu de base vaut 1000 ?

Dans le premier référentiel, le prix de 10 vaut 1/10 du revenu de base.

Donc dans le second référentiel, il doit aussi valoir 1/10 du revenu de base propre à ce référentiel, donc 1/10 * 1000 = 100.

On a ainsi une relation claire qui permet de comparer des prix. Mais il est vrai que c’est plus simple si chaque personne n’a pas son propre référentiel, mais plutôt si une communauté entière utilise le même référentiel. C’est quelque chose qui arrive naturellement.

D’une ville à l’autre, les prix de l’immobilier ne sont pas les mêmes. Et ainsi le coût de la vie non plus, et donc le revenu de base non plus.

Mais actuellement cette base est plus ou moins cachée. Là on l’explicite.

J’ai observé personnellement quelques différences de prix entre Genève, (la ville la plus chère du monde !) et Neuchâtel.

Un pain au chocolat à la gare de Genève s’achète à CHF 3.20 et à la Migros à Neuchâtel CHF 1.40.

Les salaires sont différents, les coûts de la vie aussi.

Obligation pour l’Etat de se financer par les banques commerciales

Depuis les années 1970, un nouvelle doctrine monétaire est arrivée à maturité pour être déployée un peu partout.

Il s’agit de l’interdiction pour les banques centrales de financer l’Etat.

Ce qui a pour conséquence d’obliger l’Etat à se financer via le crédit des banques commerciales. Crédit qui se pratique avec des intérêts (ce qui n’était pas le cas avant). On voit ici qu’il y a un intérêt (!) certain à la mise en place d’un tel système pour les banques commerciales.

La création monétaire est le droit du souverain

Historiquement, la création monétaire est un droit régalien, un droit du souverain, du roi, du seigneur.

Le droit de frapper la monnaie donne un pouvoir énorme. Dès que l’on a besoin de financer quelque chose, il suffit de créer la monnaie dont on a besoin. On appelle ce droit de créer la monnaie, le droit de seigneuriage.

Pendant très longtemps, la monnaie reposait sur des métaux précieux, sur l’or par exemple. Cette contrainte empêchait les seigneurs féodaux de créer trop de monnaie. (mais encourageait les conquêtes des voisins pour leur piquer leur or et les mettre en esclavage dans les mines)

Depuis les années 1970, la monnaie a été découplée de sa couverture or. (Surtout suite à la fin de la convertibilité en or du Dollar US annoncée par Nixon le 15 août 1971)

frapper la monnaie celtes

La fin de la couverture or et la peur de l’inflation

Une conséquence de ce découplage a ouvert un nouveau risque, celui que le souverain puisse créer de la monnaie sans limite, et donc créer une inflation gigantesque.

Dans les années 1970, le souverain, dans la plupart des cas, n’est plus un seigneur féodal, mais une collectivité publique qui émet de la monnaie par l’intermédiaire d’une banque centrale.

Cette peur que les politiques abusent de la création monétaire et créent de l’inflation a justifié la mise en place de l’interdiction à l’Etat de se financer par sa banque centrale. Les banques centrales sont devenues totalement indépendantes du pouvoir politique. Un ilot hors démocratie.

Interdiction à l’Etat d’exercer son droit de souverain

Dans le monde francophone, on entend régulièrement l’histoire de la mise en place de ce principe d‘interdiction de financer l’Etat par la banque centrale, sous le nom de « loi Pompidou – Giscard – Rothschild de 1973« .

En effet, c’est le ministre de l’économie, Valéry Giscard d’Estaing qui a mis en place cette loi en 1973 sous la présidence de Georges Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild. Quels sont les intérêts là derrière ? Empêcher l’inflation ou donner un avantage aux banques commerciales ? Ou donner plus d’autonomie à la banque centrale ? Ou une conjonction de tout ça ?

Des études récentes montrent que la fameuse loi de 1973 n’est que la formalisation d’une évolution commencée sous Michel Debré, 7 ou 8 ans plus tôt. C’est-à-dire la volonté d’un jeune inspecteur des finances, Jean-Yves Heberer, de « démanteler le circuit du trésor« , comme il l’explique dans un entretien fait en 1995:

« C’est-à-dire tous ces mécanismes automatiques, qui faisaient que le Trésor, sans bouger le petit doigt, était irrigué de liquidités qui lui arrivaient de tous les circuits financiers français. (On) va peu à peu l’obliger à vivre comme un emprunteur, c’est-à-dire à se poser les questions de l’emprunteur sur le coût de l’emprunt et le service de la dette. »

Pour en savoir plus, c’est à la p99, de la Thèse de Benjamin Lemoine : « Les valeurs de la dette. L’Etat à l’épreuve de la dette publique »

Ce principe inscrit ans la loi de 1973 a été repris dans le traité de Maastricht à l’art 104. Puis encore repris dans le traité de Lisbonne à l’art 123.

Donc toute l’union européenne est soumise à ce principe. Mais en Suisse, qu’en est-il ?

Suite à quelques recherches d’un petit groupe, la BNS nous a renseigné sur le sujet.

En suisse, c’est l’article 11, alinéa 2 de la loi fédérale sur la banque nationale suisse qui nous dit:

« La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. »

La raison de ce texte obscure est indiquée de manière plus claire au chapitre 8, (p 23) de la brochure, « La Banque nationale suisse en bref ».

On nous dit:

L’indépendance financière englobe l’autonomie budgétaire, qui découle de la forme juridique sous laquelle la BNS a été constituée, et l’interdiction d’accorder des crédits à la Confédération (art. 11 LBN), ce qui empêche l’Etat de «faire tourner la planche à billets».

L’effet pervers du système

Voilà, nous sommes sauvés, la création monétaire n’est plus en mains du peuple, donc plus soumise au risque du populisme. Seule une élite triée sur le volet aura le droit de créer de la monnaie.

A priori, tout va bien. Mais que se passe-t-il quand l’Etat veut investir massivement dans un grand projet ? Il va devoir trouver de la monnaie. Il va demander un crédit. Quand l’Etat était le souverain, il pouvait soit créer la monnaie nécessaire (avec un risque d’inflation), soit emprunter à sa banque centrale sans intérêt.

Mais avec l’interdiction de la créer, l’Etat est obligé de se financer via les banques commerciales et ceci avec des intérêts. Ce qui change toute la donne.

Voici un petit extrait d’une conférence de Patrick Viveret, ancien membre de la cour des comptes française, qui explique ce système pernicieux :

La véritable origine de la dette publique, c’est le fait de créer de la monnaie avec des intérêts auprès de banques commerciales, ce qui oblige les Etats à s’endetter auprès de ces banques commerciales et à payer des intérêts à ces banques en plus du capital à rembourser.

Ce fait a mis la part des intérêts composés comme étant la part majeure de la dette publique. Si je prends l’exemple français que je connais le mieux, sur les 1500 Milliards de dette publique de la France, il y en a 1350 Milliards qui sont des a des intérêts composés.

Si par hypothèse on n’avait pas changé de mode de création monétaire, s’il continuait à y avoir de la création monétaire publique sans intérêts, la dette française serait aujourd’hui de 150 Milliards et non pas de 1500 Milliards d’euros, ce qui change tout !

Contrairement à une croyance bien ancrée, l’explosion de la dette publique n’est pas due à une mauvaise gestion du budget de l’Etat, mais plutôt aux intérêts composés versés aux banques.

Il n’est pas rare de voir des collectivités publiques demander de nouveaux crédits pour financer le remboursement d’anciens crédits !

Ainsi vos impôts servent essentiellement à financer les banques avant de financer les collectivités publiques.

Un sytème comme celui-ci n’est pas dangereux pour l’Etat tant qu’il a un budget équilibré et qu’il ne se finance pas à crédit. Mais voilà une coïncidence intéressante qu’on observe en France, c’est qu’en 1973 l’interdiction de financer l’Etat par la banque centrale est mise en place, puis Giscard demande un gros crédit, et en 1974 c’est le premier d’une longue série de budgets déficitaires qui commence…  Etait-ce voulu ?

Historique de la mise en place de l’interdiction du financement de l’Etat par la BNS en Suisse.

Bien que la doctrine fût dans l’ère du temps, qui, personnellement, a mis en place en Suisse cette interdiction à l’Etat de se financer avec sa propre monnaie  (art 11. al. 2 LBN) ?

La question a été posée à la BNS et voici la réponse:

Cher Monsieur

Nous vous remercions de votre intérêt pour la Banque nationale suisse.

Vous m’avez posé ce matin une question pour savoir qui est l’auteur (personnellement) de l’alinéa 2 de l’article 11 de la loi actuelle sur la Banque nationale suisse. Cette question n’est pas facile à répondre parce que la loi sur la BNS était élaborée dans l’Administration Fédérale sous les auspices un groupe d’Expert. C’est donc l’œuvre d’un collectif.

Avant d’entrer en matière il est important de rappeler l’histoire :

L’article mentionné fait partie de la loi Fédérale sur la Banque nationale suisse du 3 octobre 2003 (entrée en vigueur le 1er mai 2004, version actuelle du 1er mars 2012).

Dans les années 1995 à 2004 la Suisse a complètement renouvelé son droit monétaire. Sur la base de la Constitution Fédérale (totalement revisée) de 1999 (article 99 ),  la loi sur la Banque nationale fut totalement ré-écrite. L’alinéa mentionné n’apparaissait pas encore dans les versions prédécesseurs de cette loi (voir la loi du 23 décembre 1953 )

Art.11, al. 2 est donc une innovation de 2004 et n’a rien à faire avec les idées pour une banque centrale à l’époque de la fondation de la Banque nationale suisse en 1905/1907.

Un exposé de l’histoire de la loi actuelle se trouve dans le chapitre 9 de l’ouvrage commémoratif écrit à l’occasion du centenaire de la BNS en 2007 (voir plus bas).

Quel est le sens de l’article 11, al. 2 : « La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. » ?

Cette alinéa veut assurer l’indépendance financière de la BNS envers l’état : c’est l’interdiction explicite de financer l’état.

Les explications à cet alinéa se trouvent dans le message du Conseil Fédéral concernant la révision de la loi sur la BNS de 2002 et, un aperçu, dans l’ouvrage commémoratif de 2007 déjà mentionné.

« Le groupe d’experts** mit en évidence – conformément à la doctrine* – quatre aspects de l’indépendance d’une banque centrale : son indépendance fonctionnelle, son indépendance institutionnelle, son indépendance financière et l’indépendance des membres de son organe de direction. » (BNS 1907-2007, p.546)

* Quant à la « doctrine », on cite l’essai de A. Alesina et L. Summers dans le « Journal for Money, Credit and Banking » vol. 25(2) 2003, p.151-162 : « Central Bank Independence and Macroeconomic Performance: Some Comparative Evidence ». La constitution de la Banque Centrale Européenne a aussi joué un certain rôle.

** Avec le « Groupe d’experts », la citation désigne le Groupe d’Experts « Réforme du Régime Monétaire » (Suisse) qui a été installé par le chef du Département Fédéral des Finances (Suisse) Kaspar Villiger avec la tâche de préparer les messages au Parlement pour une révision des articles concernant le régime monétaire dans la Constitution et les révisions des lois sur la monnaie et le moyens de paiement et sur la Banque nationale suisse. La loi sur la BNS a été formulé par l’Administration Fédérale.

Les membres de ce groupe étaient :

  • Ulrich Gygi (président, directeur de l’Administration des Finances),
  • Peter Klauser (co-président, directeur à la Banque nationale suisse),
  • professeur Ernst Baltensperger (université de Berne),
  • G.A. Colombo (délégué de l’Administration des Finances),
  • professeur M. Giovanoli (conseiller juridique de la BRI et professeur extraordinaire à l’Université de Lausanne),
  • prof. Ulrich Kohli (Université de Genève),
  • P. Merz (directeur à la BNS),
  • U. Plavec (chef de section à l’Administration Fédérale des Finances),
  • Georg Rich (directeur à la BNS).

L’article 11, al. 2 restait incontesté lors de la vote au Parlement en 2003.

Pour en savoir plus, voir mes sources :
Message concernant la révision de la loi sur la Banque nationale

Ouvrage commémoratif : « Banque nationale suisse 1907 – 2007 »  ou bien les anciens ouvrages…

– « La Vie économique » 03/2003 « La révision de la loi sur la Banque nationale :
http://www.seco.admin.ch./dokumentation/publikation/00007/00021/01583/index.html?lang=fr

J’espère que votre question soit répondu avec mes explications.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.
____

Christian Inäbnit
Coordination de la recherche et éducation économique
Bibliothèque

Conclusions

Cet article 11 al2 LBN  a été rédigé par un groupe d’experts nommé par le chef du département des finances de l’époque Kaspar Villiger.

Celui-ci, après sa carrière au Conseil fédéral, est devenu, en 2009, le président du Conseil d’administration de la plus grande banque du pays.. l’UBS.

Coïncidence ou récompense ?

On observe que dans le cas de la France ou de la Suisse, il y a toujours un lien entre la personne qui met cette loi en place et le monde bancaire qui est le bénéficiaire principal !

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