Le Kong: encore une autre monnaie de singe

En juillet 2011, j’ai lancé une monnaie qui s’appelait le Kong. C’était dans le cadre de mon site YopYop.ch. A la base ce site était une plateforme de location de tout ce que l’on utilise pas souvent... perceuse, machine à coudre, déguisements, etc…

Pour payer leur location, les gens utilisaient la monnaie crée pour l’occasion: le Kong.

Comme cette plateforme monétisait l’économie du don, j’ai tout arrêté.

Aujourd’hui je relance le Kong. Mais avec un autre principe.

Pour l’historique complète voir en fin de page.

Kesako le Kong ?

Comme dit dans le titre de cet article. Le Kong c’est une monnaie de singe..🐒.. En fait comme toutes les monnaies !

La monnaie ce n’est que de la confiance.

Singe aux yeux kawai kong monnaie

Le Kong est une monnaie qui repose sur les principes suivants:

  • Low-tech → tout le monde peut la comprendre et vérifier le principe de fonctionnement: pas de boite noire réservée aux geek.
  • 📉Résiste à un effondrement économique → si plus rien ne marche après une catastrophe, un effondrement économique, technique… cette « monnaie » fonctionne encore. Pas besoin d’électricité, ni d’ordinateur.
  • Totalement décentralisée → autant la création monétaire, que la gouvernance, que la gestion des utilisateurs est décentralisée et même répartie au niveau de l’individu.
  • Propose un Revenu de Base Inconditionnel → chacun reçoit de quoi vivre. Et c’est la personne elle même qui décide du montant de son RBI! (basé sur ce qu’il lui faut pour combler les 9 premiers besoins des 14 besoins fondamentaux selon Virginia Henderson)
  • Assure une « égalité saptio-temporelle » entre les utilisateurs → C’est le jargon TRM (pour ceux qui connaissent) qui signifie qu’une génération n’est pas favorisée ou prétéritée d’arriver à une époque différente. (Avec le crédit bancaire, c’est souvent une génération qui consomme le crédit et la suivante qui paye le crédit….). Mais c’est aussi l’assurance qu’en tout endroit la monnaie arrive, pas seulement dans les grandes capitales économiques qui concentre toutes les grandes banques.
  • Pas de risque d’inflation monétaire → Le principe étant basé sur une forme de crédit mutuel, la quantité de « monnaie » est crée au moment des transactions, donc pas besoin de créer en amont une masse de monnaie qui est déconnectée des besoins et crée de l’inflation.
  • Un potentiel de crédit sans intérêt accessible pour tous → encore une fois c’est la notion de crédit mutuel qui permet d’avoir un potentiel de crédit sans intérêt. Ce qui permet d’investir dans son avenir sans surcoût.
  • Une monnaie fondante → Une monnaie qui circule, qui ne stagne pas et favorise une économie fluide. Telle que Silvio Gesell l’avait imaginée. C’est cette astuce qui permet l’existence d’un revenu de base!
  • Une monnaie à l’abri des crises cycliques → la fonte, le Taux de Retour à l’équilibre assure qu’en tout temps on équilibre les comptes avec une exponentielle décroissante et pas une exponentielle croissante comme dans le cas du crédit bancaire. C’est mathématique, toute fonction exponentielle est source d’instabilité.
  • Chacun est libre de choisir ses paramètres → toute valeur est exprimée dans un référentiel. Ici chaque personne est libre de choisir son référentiel. Elle doit juste l’expliciter. En fait, elle peut même choisir le nom de sa propre monnaie… moi j’utilise le kong…. mais toi tu préfères peut être un autre nom ? .. et malgré tout on pourra commercer ensemble de façon juste.

Principes théoriques

Le Kong est juste le nom que j’ai donné à ma version d’une « monnaie », d’un système économique basé sur le principe du SME, le Système Monétaire Equilibré ou Système de Mesure Equilibré.

C’est une sorte de crédit mutuel amélioré avec une fonte périodique à l’image du jubilé biblique qui annule les dettes pour stabiliser la société.

J’ai déjà bien décrit la théorie du SME dans mon article sur l’histoire de la monnaie, ainsi que dans une réflexion sur l’implémentation d’un tel système de manière informatique.

Mais ici je propose de le faire en mode low-tech, sur papier !

C’est une démarche autant pratique que pédagogique.

Concrètement comment je fais pour utiliser la monnaie Kong ?

Le principe est très simple. Il suffit de:

  • se créer un carnet de comptabilité/identité. 📘
  • définir les paramètres de son référentiel
  • utiliser le carnet pour des transactions avec d’autres utilisateurs

Le carnet peut être fait à la main, sur papier. Mais je propose de télécharger des fichiers pdf, de les imprimer (recto-verso) et de te constituer un carnet.

Il y a 3 pages A4 à plier et mettre ensemble pour former un carnet:

Ce carnet (encore très brouillon ! Je t’invite à créer le tiens ci-dessous) comporte un côté qui sert à enregistrer les transactions. Et si l’on retourne le carnet, l’autre côté sert à y indiquer son identité et la faire signer par d’autres utilisateurs. Ainsi chaque personne vas se retrouver reliée à d’autres dans une Toile de Confiance.

Sur le principe, il n’y a qu’un seul carnet par personne. La toile de confiance sert à vérifier que c’est le cas. Les gens honnête sont invités à ne signer qu’un seul carnet par personne.

Aperçu de la page de comptabilité d’une transaction. On remarquera la notation du montant en absolu, (comme on en a l’habitude), mais aussi relativement au Revenu de Base Inconditionnel.

Je me suis pas un pro de la bureautique… et j’avais pas envie de passer trop de temps à créer un design parfait de carnet (surtout que c’est un casse tête pour faire 4 page de carnet sur une page A4.. et coordonner l’alignement pour avoir un bout de carnet dans un sens.. et un bout dans l’autre…)

Donc ce carnet est très brouillon… mais c’est volontiers que je cherche quelqu’un qui serait motivé à en faire un tout beau tout joli ! 🙂

Moi je l’ai réalisé avec Apple Pages… Je te mets les fichiers source ci-desous. J’ai fait une conversion automatiques en fichier word… ça doit pas être top. Mais c’est une base pour le reprendre et jouer avec…. bonne chance ! 🙂

FAQ Kong

Voici les réponses aux questions les plus courantes:

Comment utiliser le carnet ?

Ce carnet est ton portemonnaie.
Ce carnet sert à enregistrer toutes les transactions que vous faites. Dans un sens et dans l’autre (achat – vente, ainsi que les fontes périodiques du solde.)

Le Système de Mesure Equilibré est un Crédit Mutuel. Mais il a une particularité. Régulièrement le solde « fond ». Qu’il soit positif ou négative et diminue en en direction de l’origine. (Le zéro).

Ainsi les avoirs fondent et les dettes fondent. Cette astuce permet de généré périodiquement un Revenu de Base Inconditionnel.

Pour en savoir plus: martouf.ch/SME

Comment noter une transaction ?

Lors de chaque transaction:

  • Vérifiez que l’autre partie n’a pas atteint sa limite de consommation à crédit.
  • Vérifiez que l’autre partie a bien effectué sa fonte conformément à son référentiel.
  • Inscrivez la transaction dans votre carnet. (L’autre partie inscrira la même transaction dans son propre carnet.)
  • Signez la transaction dans votre carnet
  • Signez la transaction dans le carnet de l’autre.

Qu’est-ce qu’un référentiel ?

Toute transaction est faite dans un référentiel. Trop souvent on ne préciser pas le référentiel. Les monnaies internationales courantes sont flottantes les unes par rapport aux autres.

Dans le cadre du SME on explicite le référentiel. Ce qui permet d‘exprimer les prix relativement à son revenu de base.

Chaque personne peut potentiellement utiliser un référentiel différent. Chaque personne peut potentiellement utiliser sa propre monnaie. Mais dans ce cas, lors d’une transaction il faut faire correspondre les prix en les comparants en mode relatif au revenu de base.

Le revenu de base est l’invariant commun à tous.

Mode compensatoire ou mode direct ?

Que signifie le + de ma colonne ?
Tout est relatif… tout dépend de l’observateur, donc il est possible de voir les choses vu d’un côté où de l’autre. Il faut juste être au clair sur le référentiel utilisé.

Avec les monnaies on est formaté par le mode compensatoire:
Je vends une courgette 🍆 , donc je transferts cette courgette, et j’obtiens de la monnaie en compensation. Je comptabilise ce transfert dans ma colonne +

J’ai utilisé ce mode pour faire des exemples car il est plus parlant pour le commun des mortels utilisateur de monnaie. Mais c’est pas forcément le mieux !
Dans le mode compensatoire, la fonte de ma dette correspond à un écart d’avec ma limite de consommation à crédit que j’appelle un revenu de base.

Mais dans le mode direct c’est autre chose.

Le mode direct s’appelle ainsi car au lieu de comptabiliser le flux de ce qui compense mes transferts d’objets, je mesure directement mes transferts d’objets.

Petit exemple:
– Je vends une courgette 🍆, donc je transfert une courgette ailleurs, hors de mon stock. Mon stock diminue. Je vais donc comptabiliser ce transfert dans ma colonne –

Ma limite de consommation à crédit devient une limite de stockage. J’ai une étagère, et elle est pleine. Je ne peut plus rien acheter. Par contre un mois plus tard, ma fonte agit. J’ai 10% des courgettes qui ont pourries.. Je les mets au compost, j’ai ainsi à nouveau de la place par rapport à ma limite. C’est l’équivalent de mon revenu de base mais vu depuis le mode direct et pas le mode compensatoire.

La richesse, c’est les courgettes et pas le jeton qui les représentes.

Si on s’intéresse un peu à l’histoire de la monnaie et des systèmes économiques, le fondement de ce genre d’intermédiaire de confiance, c’est de créer un climat de confiance. On sait que cette comptabilité va faire que personne ne pourra abuser du système.

En mode direct c’est très claire. Il y a une production. Un stock de ressources pour une communauté, il est fini. Il est limité. Une personne n’a pas le droit de tout prendre pour elle. Ainsi pour créer la confiance, on donne à chaque personne un droit de tirage sur ces ressources. Mais il y a une limite.

Donc concrètement, en mode direct on va utiliser une unité de mesure unique pour ma gestion de stock. On ne va pas noter 3 🍏 🍎, 2 🍌 , 5 🍆, 3 🍅 etc…

La valeur de chaque produit sera évaluée dans la même unité de mesure de transfert de stock, pour mois c’est le kong 🐵 <

Comparaison de prix dans différents référentiels

Prix relatif réf.1 = Prix absolu réf.1 / RBI1
Prix absolu réf. 2 = Prix absolu réf.1 /RBI1 * RBI2

Un référentiel est défini par les paramètres:

  • origine
  • montant du Revenu de Base Inconditionnel (avec le signe + ou –)
  • Taux de Retour à l’équilibre

Exemple de référentiel:

Origine = 0
Revenu de Base inconditionnel = 1000
Taux de Retour à l’Equilibre = 10% => 10/100

Limite de consommation à crédit:
Limite = RBI * 1/TRE + RBI
Limite = 1000 * 1/(10/100)) + 1000 = 11000

Qu’est-ce que la Toile de Confiance ?

La monnaie n’est finalement qu’un intermédiaire de confiance. Cet intermédiaire peut prendre plusieurs formes, jeton-valeur, mais aussi de la comptabilité.

Naturellement, quand la confiance règne, les humains organisent leur économie avec un système de don.

Ex:payer la tournée au bar 🍻On a pas besoin de comptabilité.

Si la confiance se brise, si il y a un abuseur qui consomme et ne produit rien. Il sera exclu.

Le SME propose aux gens qui ont peur des abuseurs d’utiliser une comptabilité pour étendre la notion de communauté de confiance.

La limite de consommation a crédit va limiter le risque d’abuser du système.

La notion de Revenu de Base Inconditionnel va permettre à tous de vivre dignement.

Pour éviter qu’une personne reçoive plusieurs Revenu de Base Inconditionnel. On crée une Toile de Confiance.

Le carnet de chaque personne est signé par d’autres utilisateurs qui certifient qu’une personne n’a qu’un seul carnet. (Évidemment on remplace les carnets pleins ! )

👩🏻👧🏼🧓🏻🧔🏻👱🏻‍♀️🧑🏻👨🏼

On note la proximité avec la personne.
Ex: « 1ère rencontre, rencontre régulière, copain, amis, je vis avec« .

Quel est le symbole de l’unité monétaire Kong ?

La mascotte du Kong, c’est le singe aux yeux Kawai:

singe aux yeux kawai

Il existe un symbole raccourci:

ex: 10 kong s’écrit: 10<

le Symbole: < est en référence au K de Kong…. mais sans le confondre avec d’autres unités de mesure, comme le Ko ou le Kg… ou le KN…..

< se trouve sur tous les claviers. C’est le symbole de la Rune Kenaz. La rune qui symbolise la maitrise du feu créateur et sa focalisation dans du concret. C’est le pouvoir de la forge qui forme, qui crée, qui transforme.

Ainsi le Kong est un outil qui permet de maitriser et focaliser l’énergie créatrice d’une communauté au service de projets.

Le symbole < est la moitié du symbole ᚷ, la rune Gebo. Cette rune symbolise la rencontre, l’échange. Le nom Gebo signifie « don ».

C’est donc un symbole parfait pour représenter un système économique qui veut tendre vers le don. Qui est une béquille au don dans une communauté de confiance.

Histoire du Kong de 2011 sur la plateforme YopYop.. pourquoi j’ai tout recyclé…

Autour de 2010, j’étais très impliqué dans les projets de décroissance. Je me questionnait sur les moyens de consommer moins et partager plus.

« Moins de biens, plus de liens« 

L’idée de créer une plateforme de partage d’objets m’est venue en été 2010. Il n’y avait rien de tel à cette époque.

Début 2011, après un reportage TV dans lequel on me voyait visiter une déchetterie, je me suis vraiment décidé à sortir le projet (bon c’est long de tout coder !!)

En juillet 2011, un an après avoir eu l’idée, j’ai ouvert la plateforme yopyop.ch. Ce site était une plateforme de location de tout ce que l’on utilise pas souvent… perceuse, machine à coudre, déguisements, etc…

Pour payer leur location, les gens utilisaient la monnaie crée pour l’occasion: le Kong.

La création monétaire se faisait en donnant 10 Kong à chaque personne qui ajoutait un objet sur la plateforme.

J’y parlais aussi déjà de l’idée de donner un Revenu de Base Inconditionnel, idée qui n’était pas encore très connue à l’époque.

Finalement cette expérience m’a montrée que les transactions se faisaient principalement entre amis, histoire d’avoir un grand niveau de confiance, les objets sont loués et pas vendu donc ça pose le soucis de ne pas laisser ses objets entre les mains de n’importe qui.

Donc conclusion: j’ai créé une plateforme qui monétisait (en monnaie de singe 🐵) l’économie du don qui se pratique naturellement entre les gens d’une même communauté de confiance.

Je m’en suis voulu de détruire ainsi l’économie du don qui est la plus simple, la plus joyeuse et la plus efficace ! (le Jeu de la Monnaie nous le prouve.)

De plus ma déformation professionnelle de développeur web m’avait induit à développer une plateforme web, alors qu’en fait le plus simple et efficace pour se partager des objets c’est de le faire avec ses voisins et pas sur le web avec des inconnus de l’autre bout du monde….
(J’ai eu un gars qui voulais louer une perruque… il était tellement loins que les frais de ports étaient plus cher que d’en acheter une neuve !!)

De plus le projet pumpipumpe.ch est arrivé. Il propose de mettre des autocollants sur sa boite aux lettres pour montrer à ses voisins ce que l’on propose comme objets en partage. C’est un concept nettement plus logique, il crée un vrai lien local et encourage l’économie du don.

J’ai trouvé que ça avait plus d’inconvénients que d’avantages de continuer.

J’ai fermé la plateforme au bout de quelques mois. J’ai recyclé le design pour martouf.ch et j’ai recyclé le nom de domaine yopyop.ch pour y mettre mes expérience de cuisine amusante.

Aujourd’hui il est temps de recycler l’ancienne monnaie Kong pour en faire une nouvelle monnaie Kong basée sur un concept un peu différent.

En 2011, j’avais une vision du monde très liée à la technologie high-tech. Je parlais de voir si il est possible de faire du change de Kong en Bitcoins !! … c’était en 2011… seuls quelques geeks avaient entendu parler du bitcoin lancé en 2009. A l’époque la blockchain qui contient l’entier des transactions effectuées faisait 20Mo !! en 2019 elle fait plus de 210 Go …

Aujourd’hui j’ai une vision du monde nettement moins technologique.. ainsi je propose non pas une monnaie électronique, mais une monnaie papier !! Un truc low-tech, qui marche et surtout qui est compris et compréhensible par tous. Pas une boite noir pour geek…

Donc voilà, je te laisse essayer le Kong !

la cuisine amusante

YopYop – apprendre la cuisine amusante

Voilà, j’ai trouvé une manière d’exprimer de mon originalité, de pratiquer ma passion de la photo et de déguster régulièrement des bons petits plats !

Je me suis mis à la cuisine amusante et j’ai créer un nouveau site web: YopYop.chApprendre la cuisine amusante !

logo-cuisine-amusante-carré.png

Ceux qui me connaissent bien auront remarqué que j’en ai profité également pour faire un remix de plus du singe aux yeux kawai.… Voici le singe cuisinier.

Donc pour en expliquer un peu plus à propos de ce site…. j’ai toujours fais dans l’originalité.. et en cuisine c’est pareil…

Et oui, c’est en cuisinant des fondues dans des endroits insolites et inhabituels que je me suis retrouvé dans la rubrique culinaire de nombreux médias !!

Comme quoi, il n’y a pas toujours besoin de savoir bien cuisiner pour passer dans les rubriques culinaire.... faire une fondue dans un cinéma, sur une chute d’eau , dans un canoë… ou sur la flamme olympique.. ça suffit !

Pour en savoir plus sur ces 10 ans de fondue voir le site: extremefondue.ch

fondue extrême sur la flamme olympiqueMathieu et Noémie mangent une fondue sur la chute des esserts à Boudry

2011-06-28-M6-extremefondueMatin-Bleu-Fondue-piscine

Alors je lance une nouvelle expérience…
Je diffuse mes recettes de cuisine amusante pour lancer une nouvelle mode….
Voici quelques exemples..
Les souris faites en radis…cuisine amusante souris.jpgMais aussi..

 

père noël en fraise

bonhommes en pâte

une aligée de pingouins

saumon pour un buffet

père noël babybel

Bonne visite sur yopyop.ch pour apprendre la cuisine amusante…..

Le domaine public pour favoriser la culture du remix

Où est la girafe ?

girafe 4 pattes.png

Il y a maintenant quelques années déjà, suite à un délire entre amis à propos de la phrase: Où est la girafe ? Je me suis lancé dans le dessin vectoriel.

J’ai voulu un jour illustrer ces histoires de girafe. J’ai cherché une illustration sympa de girafe sur le vaste web…. mais je n’ai rien trouvé qui me plaisait vraiment.

Suivant l’adage: On est jamais mieux servi que par soi-même… J’ai ouvert une fenêtre blanche dans inkscape, un excellent logiciel de dessin vectoriel, et j‘ai dessiné LA girafe. Celle qui est maintenant devenue une célébrité grâce à ses voyages partout à travers le monde.

Comme je suis quelqu’un de gentil, après avoir dessiné ma girafe, je me suis dit que peut être quelque part dans le vaste monde, il y avait peut être quelqu’un qui est également à la recherche d’une image de girafe.

J’ai donc publié mon dessin sur la plateforme de partage de dessin vectoriel: openclipart.org

Un dessin dans le domaine public

La petite précision importante dans l’histoire, c’est que j’ai publié ce dessin dans le domaine public. Comme tout ce qui est sur openclipart.org.

Ce choix du domaine public permet à n’importe qui de reprendre n’importe quel dessin tout ou en partie pour en faire ce qu’il veut.

N’importe qui a une liberté totale sur une image dans le domaine public. C’est droit le contraire de ce que l’on a avec la plupart des images que l’on trouve sur internet, qui sont soumises à un droit d’auteur strict ne permettant de rien faire sans l’accord de l’auteur. Ce droit d’auteur est en même temps est une belle hypocrisie quand on voit les nombreuses images volées lors d’une simple recherche google image qui finissent un peu partout sans le consentement de l’auteur original.

Le succès grâce au domaine public me pousse a récidiver

En quelques temps, ma girafe a eu un bon succès. A ce jour, elle a été téléchargée plus de 1500 fois. Ce constat m’a encouragé à fournir encore d’autres dessins.

monkey-face-cartoon.pngCet été, je cherchais une illustration d’une tête de singe sympa.

J’ai, à nouveau, écumé le vaste web à la recherche de mon bonheur. Mais comme pour la girafe, je n’ai rien trouvé de très concluant, juste des débuts de pistes.

Sur wikimedia commons, j’ai trouvé une tête de singe publiée dans le domaine public. Ce dessin, grâce à la liberté donnée par le domaine public, avait déjà voyagé depuis la bibliothèque d’images de ses créateurs, le Tango! Desktop Project.

 

Thumbnail for version as of 21:46, 4 April 2007

Exemple de dessin d’inspiration manga.

Cette illustration de tête de singe était pour moi un bon début, mais pas assez bien pour mes besoins. J’ai donc mis les mains dans le cambouis. J’ai ressorti inkscape, mon éditeur de dessin vectoriel préféré, et j’ai commencé à améliorer le dessin que j’avais à disposition.

Le secret d’un dessin à succès

J’ai supprimé de nombreux calques qui me semblaient ne rien apporter au dessin. J’ai un peu modifié la forme des oreilles. J’ai changé le sourire du singe pour le rendre moins niait. J’ai diminué le nombre de couleurs. Et surtout, je lui ai créé des yeux irrésistibles capables d’attendrir n’importe quel rustre !

Et oui, le secret d’un dessin réussi c’est les yeux. Les dessinateurs de manga l’on compris depuis des années. Ils font toujours des yeux plus grands que la réalité et avec des pupilles très dilatées.

Ces yeux sont une des caractéristiques type des personnages que l’on dit Kawaii (かわいい) au japon. Kawaii signifie quelque chose proche de mignon. Les personnages kawaii ont toujours de grands yeux, et fréquemment un petit nez et une petite bouche.

Différence entre la réalité et sa transcription et dans les mangas.

Le psychologue Eckhard Hess a fait une étude dans laquelle il propose à un homme deux photos de la même femme, une fois avec les yeux normaux et une fois avec des yeux aux pupilles dilatées par retouche photo. L’immense majorité des hommes préfèrent la photo qui présente la femme aux pupilles dilatées. Il semble que cette attirance fonctionne autant bien pour les deux sexes.

Pour séduire, il faut avoir les pupilles dilatées. C’est donc ce que j’ai offert au singe de mon dessin.

Et ça marche !

Une fois terminé mon dessin de singe sympa, je l’ai publié sur openclipart.org et là, c’est le succès immédiat. En un mois il est téléchargé plus de 3000 fois ! Il est second dans le Last Month Top 10 download de openclipart. Il est le 73ème plus populaire des dessins sur plus de 34000 !

Toute une culture dérivée grâce au remix

Mais le plus important dans cette histoire, c’est que ce singe est toujours publié dans le domaine public. Il peut donc être repris encore une fois par quelqu’un pour continuer sa vie. C’est ce qui est arrivé !

Le coup des yeux a tellement bien marché, que le dessin du singe a été repris et remixé pas moins d’une dizaine de fois pour obtenir une ménagerie aussi diverse que variée dans laquelle chaque individu partage les mêmes yeux !

De cette histoire, il faut retenir, que grâce au domaine public, un dessin de singe issu d’une bibliothèque d’icon pour ordinateur a été transformé en singe kawaii tellement mignon, qu’il a lui même donné naissance à toute une ménagerie populaire qui aidera certainement de nombreuses personnes à trouver leur bonheur, ou à remixer encore une fois un dessin.

Mon message est donc de favoriser le domaine public, ou à défaut de placer ses créations sous une licence Creative Commons permettant de remixer le plus possible des oeuvres.

Il est très important de favoriser la culture du remix. Ceci n’est pas valable uniquement dans les arts graphiques, mais également dans la musique.

Le remix est aussi valable dans la musique

Un des exemples les plus parlant est celui du Ament Break.

Il est très intéressant de voir qu’une petite séquence de 6 secondes de batterie jouée par G.C. Coleman, du groupe The Winstons, en 1969, a été reprise et remixée de nombreuses fois par des samplers, pour être finalement à la base des rythmes fondateurs du hip hop, de la jungle et de la drum and bass !

Je recommande de regarder ce petit documentaire à propos de la toute cette culture qui est issue de cette séquence rythmique de seulement 6 secondes !

Tout le monde a déjà entendu ce son, ce rythme. Il est partout et ceci grâce au désintérêt de son auteur qui avait abandonné sa carrière musicale et ne s’est pas préoccupé d’obtenir des royalties auprès de marginaux inventeurs du hip hop et de la musique électronique. De toute façon ces genres n’étaient pas autant populaire et lucrative qu’actuellement !

Favorisons le remix, et le domaine public: c’est bon pour la culture !

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