Différence entre le salaire à vie de Friot et le Revenu de Base Inconditionnel

Différence entre le salaire à vie de Friot et le Revenu de Base Inconditionnel

Ces derniers temps plusieurs personnes m’ont fait parvenir une vidéo qui tente de démontrer que l’idée de salaire à Vie lancée par Bernard Friot et le réseau salariat et meilleure que l’idée de Revenu de Base Inconditionnel pour laquelle je milite depuis quelques années, surtout dans le cadre de l‘initiative populaire fédérale pour un Revenu de Base Inconditionnel qui a été lancée en Suisse.

Cette vidéo est très bien faite et et c’est la première fois qu’une explication sur le salaire à vie me donne envie d’être pour ! :)…. mais non… en fait je reste sceptique sur le salaire à vie. Je préfère nettement le Revenu de Base Inconditionnel.

Contrairement à ce que beaucoup disent, les deux projets ne sont pas juste des différences de formes avec un fond différent. Pour moi ce sont vraiment deux projets de société différents avec des intentions différentes.

Voici la vidéo en question et voici mes explications des différences entre le salaire à vie de Friot et le Revenu de Base Inconditionnel.

Cette vidéo est bien faite et donne envie d’être pour le salaire à vie…. Mais je ne suis pas entièrement convaincu, il me reste un petit sentiment indéfinissable qui me dit qu’il y a un truc qui coince.. qui n’est pas autant joli que ce que cette vidéo dit.

Le constat de cette vidéo est parfait

Effectivement, le plein emploi est menacé. Et effectivement la marge « capitaliste » prise au passage rend ce système pas aussi efficace qu’il le dit !

Le salaire à vie est un projet adapté au passé et peut être au présent, mais pas à l’avenir

… c’est encore flou… mais j’ai une impression que le salaire à vie est très adapté à la société industrielle avec l’emploi tel qu’on le conçoit jusqu’à maintenant. Il est parfaitement inscrit dans une société productiviste…. mais cette vision coince avec l’avenir… avec une société de l’information. Avec une société de contributeurs et non pas de producteurs.

Ce nom de producteur est quand même souvent utilisé par Friot et ses partisans. Je vois là un reste d’une société révolue… la société productiviste dont le but est de faire passer le bonheur par la quantité d’objets créée….  et là que ce soit des communistes ou des capitalistes, je ne vois aucune différence, ce sont des productivistes.

L’avenir n’est plus au contrat de travail, mais à la communauté de cocréateurs. Le monde matériel va de plus en plus ressembler à celui de la création de logiciel libre. (voir à ce propos le livre « Makers » de Chris Andersen)

Moi c’est ce que j’appelle l’artisanat industriel et voici mon article sur le sujet… Le monde change, la manière de produire change et la lutte de classe  (au sens Marxiste) va donc disparaitre !

Donc est-ce que le salaire à vie est capable de s’insérer là dedans ?

Mais on peut se poser la même question à propos du Revenu de Base Inconditionnel !

Dans les deux cas on ne sait pas trop ce qu’il va se passer. L’avantage du RBI.. c’est qu’il ne s’aventure pas trop loin… donc on ne risque pas d’être à côté de la plaque..

Le Revenu de Base Inconditionnel reconnait l’être, le salaire à vie reconnait le diplôme

Le truc qui me dérange dans le système du salaire à vie, c’est que le système de rémunération est basé sur la capacité des gens à passer des diplômes, des épreuves, à se fondre dans un moule…  et là ça ne cadre pas avec un idéal émancipateur que je ressens chez les partisans du Revenu de Base Inconditionnel.

Chez ces derniers, j’ai déjà souvent remarqué un intérêt à revoir complètement l’école. De passer du système actuel de formation qui formate les gens à un système d’éducation qui (selon l’étymologie de ce mot) aide les gens à devenir autonome.

Le RBI, c’est libérer, émanciper et responsabiliser les gens. Dans le salaire à vie… j’ai un sentiment de grosse usine à gaz qui enferme…

Le salaire à vie n’est pas inconditionnel !

Déjà, premier point, le salaire à vie, n’est pas inconditionnel… vu qu’il ne s’obtient qu’à 18 ans ! Ainsi on aide pas beaucoup les familles, même si les projets de revenu de base prévoient souvent un montant plus faible pour les enfants.

Le salaire à vie crée des hiérarchies stigmatisantes

Même si c’est dans les faits très semblable, le revenu de base ou le salaire à vie de 1er niveau de qualification (donc de base !) ont des intentions et des sous entendus différents…

Le salaire à vie du premier niveau est un premier niveau.. il crée une hiérarchie là ou le Revenu de Base Inconditionnel rend tout le monde égaux. il sous entend que la personne n’est pas capable d’accéder aux niveaux supérieurs…  il y a là une comparaison possible à la stigmatisation actuelle envers les chômeurs. (qui je le rappelle ont financé eux-mêmes leur revenu de chômeur !)

Le salaire à vie crée une usine à gaz au lieu de laisser les gens s’arranger librement

Ce film présente tout un discours sur l’encouragement à travailler qui se fait via la « rapidité de progression dans les classes de salaire » qui peut être ajustée selon les besoins en main d’oeuvre.

Je trouve ce système bien compliqué et pas forcément adapté, alors qu’il suffit de faire un contrat entre un employé et un employeur… l’offre et la demande (qui n’est pas le capitalisme) me semble une technique plus simple, souple et efficace pour aller vers le même but. (Le Revenu de Base Inconditionnel sert justement à équilibrer le rapport de force entre employé et employeur)

Le salaire n’est qu’une forme particulière de revenu et pas le contraire comme le dit ce film !

Dans ce film, il y a tout un discours sur les mots « salaire » et « revenu »…. il est dit que le salaire reconnait le travail, même en dehors de la sphère capitaliste… alors que le revenu voit les humains comme des êtres de besoins….

=> Personnellement, je ne suis pas du tout d’accord. L’étymologie du mot revenu est claire. C’est un retour, c’est une rétribution, il y a une notion de cycle… je donne quelque chose et en échange je reçois un revenu.

Donc ici je peux aussi dire que le revenu de base reconnait n’importe quelle contribution à la société, que ce soit dedans ou en dehors de la sphère capitaliste !

Le discours à ce moment du film ne me parait juste pas objectif !

En revanche, l’étymologie du mot « salaire » vient du mot sel. (salarium) qui était donné aux soldats romains. Le salaire n’est pas une rétribution globale, mais une rétribution, un revenu (!!) très précis. C’est un revenu lié à un contrat. (et donc pas pour une reconnaissance globale de contribution à la société par le simple fait de vivre)

Donc, (en tout cas pour moi), un salaire est lié à un emploi, à une place de travail et pas à n’importe quelle contribution à la société.

Je trouve justement que le mot salaire est mal choisi pour exprimer cette idée de « forfait de confiance quand à la contribution de toute personne ». comme quoi… avec le même raisonnement on peut arriver à des conclusions différentes !

Je retrouve dans ce mot de salaire qui rétribue « toute production de valeur ajoutée » une notion très communiste.

Qu’est ce que la valeur ? uniquement le travail humain ? ne peut-on vraiment pas dépasser le travail ?

Pour les économistes communistes (comme Friot), mais pas forcément pour les autres, la valeur est issue uniquement de la force de travail humaine.

Ainsi le salaire à vie ayant été développé sous cet angle a tendance à ne reconnaitre que ce type de valeur.

Alors que dans l’histoire du Revenu de Base Inconditionnel, d’autres sources de valeur existent.

John Locke (un des contractualistes) et Thomas Paine étaient très axé sur la propriété foncière.

Locke disait que la propriété privée est le meilleur moyen de gérer une ressource efficacement, mais que la privatisation de cette ressource doit être compensée pour ceux qui n’y ont plus accès.
On peut se dire que cette compensation peut donc se faire sous forme d’un revenu issu de la ressources privatisée.

Paine quant à lui voulais distribuer à tous des lopins de terre de base. (rien de monétaire, mais à l’époque un bon moyen pour être assuré de vivre, à soi de décider si on la travaille soi-même où si l’on engage des gens pour le faire !)

Ainsi, dans cette vision du monde, le simple fait d’être propriétaire d’une terre (ou justement de ne pas l’être !) donne droit à un revenu.

Alors que l’économiste communiste ne voit pas là un droit à un revenu, il dit que seul le travailleur de cette terre à droit au revenu !!
=> Un combat qu’on ne résoudra pas aujourd’hui, mais il est intéressant de voir que le st-graal des économistes est souvent la source de LA valeur… (Lire à ce propos le manuel d’anti-économie qui montre tout un panel de croyances sur l’origine de LA valeur...)

Le principe du Revenu de Base Inconditionnel ne tranche pas. Il dit juste que tout le monde a droit à un revenu suffisant pour vivre. Puis, c’est à chacun de s’organiser pour trouver d’autres sources de revenus pour augmenter son revenu global.

La monnaie au service du Revenu de Base Inconditionnel

Dans les partisans du Revenu de Base Inconditionnel, il y a aussi beaucoup de gens qui s’intéressent aux monnaies. Là il y a aussi moyen en sortant d’un système à argent dette et en posant un nouveau système compatible avec la Théorie Relative de la Monnaie, de créer un système dans lequel chaque personne reçoit un revenu monétaire pour le simple fait de participer à ce système.

Il n’y a nul besoin de « travailler » pour avoir un revenu.

Le « salaire à vie » est donc à mon avis un système un peu trop « usine à gaz » pour finalement ne s’occuper que d’une partie du problème en occultant d’autres solutions moins « productivistes » qui fonctionne aussi.

Le salaire à vie = communisme 2.0 pour favoriser les salariés et contrôler

Le salaire à vie est à mon avis un peu trop teinté d’idéologie…. c’est pour cette raison qu’il convainc moins largement sur l’échiquier politique…  mais est-ce un avantage ou un inconvénient ? … Le RBI a un peu le problème inverse. Il n’est pas assez marqué sur l’échiquier politique et trouve ses opposants partout ! (On aime pas le changement)

Donc c’est vrai que le RBI ne remet pas en cause le capitalisme. C’est une des raisons qui fait que de nombreux jeunes socialistes suisses se sont opposés au RBI…  et c’est pourquoi Bernard Friot dit que le « Revenu de Base Inconditionnel est une roue de secours du capitalisme« ….. mais est-ce vraiment une raison pour laquelle un partisan du salaire à vie doit s’opposer au Revenu de Base Inconditionnel ??

Finalement.. le RBI permet de s’émanciper d’un système, d’avoir le droit de vivre en dehors d’un système capitaliste. C’est déjà un bon pas dans la direction de ceux qui défendent le salaire à vie !

Mais peut être pas pour ceux qui voient le salaire à vie comme un moyen de contrôle des gens…

J’ai l’impression que le RBI permet la liberté beaucoup plus que le salaire à vie.
C’est pour cette raison principale que je suis plutôt partisan du Revenu de Base Inconditionnel que du salaire à vie…

Un autre point de vue que le mien sur les différences entre salaire à vie et revenu de base inconditionnel

Voici encore un autre son de cloche qui décrit les vraies différences entre le salaire à vie et le Revenu de Base Inconditionnel… Voici un article écrit par Frédéric Bosqué qui nous précise que ces deux idées sont bien deux projets de société différents.

  • Le Revenu de Base Inconditionnel est émancipateur pour permettre à toute personne de trouver son bonheur.
  • Le salaire à vie étant une réforme du système productiviste pour favoriser le salarié…

Ainsi je ne trouve pas que seule la forme diffère… le fond aussi !

Peut-on financer un Revenu de Base Inconditionnel par la création monétaire ?

Peut-on financer un Revenu de Base Inconditionnel par la création monétaire ?

Cet article est en fait parti d’un petit commentaire sur facebook que je voulais faire suite à des questions très pertinentes sur la réelle possibilité de financer un Revenu de Base Inconditionnel par la création monétaire.

Comme le sujet est vaste, complexe, plein d’idées et de concept différents qui se mélangent sous le même nom (ex: LA création monétaire, alors qu’il y a de nombreuses manières de créer de la monnaie.), mon petit commentaire a vite grandit. Il est devenu tellement grand que je l’ai placé sur cette page. Ce sera plus lisible que sur facebook. Comme il est intéressant, je vais aussi le reprendre pour le rendre plus lisible, pour sourcer un peu plus mes affirmations, pour mettre des illustrations… etc…

Les grandes questions qui reviennent toujours autour du financement d’un Revenu de Base Inconditionnel par une création monétaire sont:

  • de quel mécanisme de création monétaire parle-on ?
  • est-ce que ça ne va pas créer de l’inflation, voir une hyperinflation ?
  • si l’on donne à tout le monde de l’argent en plus… ça va certes permettre de consommer plus… mais du coup les prix vont monter et il faudra aussi augmenter le montant du Revenu de Base Inconditionnel pour suivre, on sera dans une spirale infernale ?

Des que l’on commence à aborder le sujet d’utiliser la création monétaire comme moyen de financement, on voit en général très très rapidement arrivé les clichés classiques que tout le monde balance, mais qu’en fait personne ne connait vraiment….

=> Toucher à la création monétaire, c’est risquer l’hyperinflation… regarde le Zimbabwe et l’Allemagne d’entre deux guerres quand on payait le pain avec des brouettes de billets…

Chaque fois que le sujet de la création monétaire est évoqué, je vois qu’il y a énormément de préjugés qui reviennent.

C’est comme quand un économiste parle de LA croissance.. sans dire qu’il y a plusieurs sortes de fonctions mathématiques croissantes avec des comportements très différents. Est-ce qu’une croissance linéaire à les mêmes conséquences qu’une croissance exponentielle ?
(A ce propos voici mon dossier qui explique les fonctions croissantes et ce qu’est LA croissance)

Ici quand un économiste parle de LA création monétaire, en fait, il faut se rendre compte qu’il existe plusieurs sortes de créations monétaires et plusieurs systèmes monétaires possibles. (argent dette, étalon or, monnaie banque centrale (planche à billet), crédit mutuel, Théorie Relative de la Monnaie, masse monétaire fixe qu’on approche par asymptote comme c’est le cas avec le bitcoin)

Donc quand j’entend la référence au Zimbabwe et à l’Allemagne, je suppose que la discussion n’est pas allée plus loin que de la création monétaire faite par une banque centrale. C’est la plus connue, c’est la planche à billets !

Ce qui finalement revient à ne parler que de 5% du sujet de la création monétaire….   Car c’est l’ordre de grandeur de la proportion de monnaie créée par les banques centrales actuellement dans nos contrées.

(Tout comme certains physiciens prétendent décrire l’univers entier… alors que finalement ils ne basent leur modèle standard que sur l’observation de 5% de la masse de l’univers….  Le reste étant la masse du vide.. mais ça aucun physicien tenant à sa carrière n’osera l’avouer… bref.. c’est un autre sujet revenons à nos moutons.)

Donc avant de répondre aux diverses questions, nous allons faire un petit tour d’horizon de ce qu’est une monnaie, comment peut on créer de la monnaie, quelles sont les propositions de modification du système monétaire qui sont à la mode.

Nous allons également voir les différentes idées liées à la création monétaire pour financer un Revenu de Base Inconditionnel qui ont été avancée.

Enfin, grâce à ce tour d’horizon, nous aurons les connaissances suffisantes pour répondre aux questions.

Passage en revue de plusieurs mécanismes de création monétaire

Actuellement, il y a les banques centrales (qui sont en fait aussi des banques privées) qui émettent de la monnaie sans contrepartie. Elle tente ainsi de contrôler la création monétaire de leur zone attitrée. Mais en fait, elles ne font surtout que de réagir à la demande en monnaie dont ont besoin les banques commerciales qui elles créent vraiment le gros de la monnaie.

Là, c’est de l’argent dette qui est créé selon le mécanisme suivant: une personne a besoin d’argent. Elle le demande à une banque, qui lui crée la somme voulue à partir de rien. Et en échange (d’une écriture électronique !) la banque demande de rendre la même somme et des intérêts qui grâce au principe de l’intérêt composé fait qu’un tout petit chiffre indiqué peut se transformer en énorme masse. (3% d’intérêt => le montant double en 24 ans )

Je n’ai pas réussi encore à déceler le vrai du faux en ce qui concerne la création des intérêts. J’ai eu différents sons de cloche. Certains disent que les intérêts sont créés avec le principal du crédit et ainsi quand le crédit est remboursé + les intérêts on revient à une destruction totale de cette masse monétaire et on retrouve un équilibre. (C’est ce qui est présenté par cette source libertarienne: http://www.wikiberal.org/wiki/R%C3%A9serves_fractionnaires#Le_.22paradoxe.22_des_int.C3.A9r.C3.AAts_manquants)

Et d’autres disent que seul le principal est créé et ainsi on ne crée pas assez de monnaie pour pouvoir rembourser les crédits.. et que ça assèche l’économie..
http://revolution-lente.coerrance.org/la-face-cachee-de-la-monnaie.php#8

Ce n’est pas grave si la monnaie scripturale est minoritaire dans le système. Mais quand elle est majoritaire…. Tout le système flanche…

Dans la vidéo de Gabriel Rabhi, je ne comprends pas bien quelle position il a sur les la création des intérêts. (Voir ce passage précis ici: https://youtu.be/syAkdb_TDyo?t=50m38s)  Mais ce qu’il dit, c’est que dans tous les cas, si le banquier n’investit pas dans l’économie réelle avec les intérêts qu’il gagne, alors c’est l’assèchement de l’économie réelle qui arrive. Or, c’est justement ce qu’il se passe de plus en plus. Les banquiers préférant investir dans des produits financiers que dans l’économie réelle. Finalement que les intérêts soient créés où non, on observe actuellement un assèchement.

De plus, cette masse monétaire créée par les banques commerciales est une monnaie qui n’est pas une monnaie légale. C’est un substitut monétaire comme le dit le conseil fédéral.

En effet, créer sa propre monnaie est un business comme un autre garanti par la libre entreprise inscrite dans la constitution. C’est toujours le conseil fédéral qui le dit. (dans son message du 25.04.2012 http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305 )

Il y a juste des garde-fous qui sont mis comme dans toute profession. C’est à dire des réserves obligatoires pour limiter l’effet multiplicateur du crédit (on multiplie l’argent légal emprunté à la BNS) et des réserves prudentielles qui sont une proportion de fond propre à avoir. Cette mesure ne sert à rien vu que les banques commerciales créent pour elles même leurs propres fonds propres par création monétaire…

L’audit des banques en Islande a montré que 80% des crédits étaient accordés aux propriétaires des banques eux-mêmes !!!

En effet… un bilan… c’est une photo instantanée… et l’on est obligé de respecter les règles qu’à ce moment-là. Donc un bilan par mois.. et ça laisse tout le temps aux banques commerciales de créer autant d’argent qu’elles veulent et de l’investir dans le mois…

Ainsi la création monétaire par les banques commerciales est beaucoup plus grande et influente que celles des banques centrales.

…. est-ce que là il y a des gens qui se préoccupent des conséquences de cette création ? … est-ce que l’on a de l’inflation ?

=> eh bien oui…. Ces banques sont en fait en train de dévaluer notre monnaie… sans que l’on remarque, vu que la monnaie est également l’étalon de référence !!

Là c’est un point intéressant à se souvenir pour la suite de mon explication. L’importance du référentiel.

La monnaie a 3 fonctions:

  • être une réserve de valeur
  • être un moyen d’échange facile pour fluidifier les échanges
  • être un étalon de mesure (comme le mètre, la seconde, etc..)

Actuellement on a une monnaie qui réunit ces 3 fonctions qui sont parfois opposées…  comment bien fluidifier les échanges tout en thésaurisant ? A d’autres époques, il y a avait des monnaies différentes. La nourriture du jour s’achetait avec une monnaie fondante basée par exemple sur le grain de blé… et les échanges commerciaux lointains ou avec des gens de peu de confiance s’échangeaient avec des métaux précieux. Évidemment les archéologues n’ont retrouvé qu’un type de monnaie.. et on souvent oublié l’autre….

Ensuite, il y a divers moyens de créer des systèmes monétaires. La plupart des gens sont persuadés qu’il n’y a une façon de faire…. mais ci-dessus on a déjà vu 2 mécanismes différents dans notre système actuel pour créer de LA monnaie. Et ce sont des monnaies avec des statuts différents. Une monnaie légale (le CHF, c’est les pièces, les billets et les comptes à vue à la BNS que seules les institutions financières ont le droit d’avoir..), des substituts monétaires en tous genres dont la plupart ne disent pas que ce sont des substituts, car ils font des dettes libellées en CHF… et d’autres personnes plus honnêtes indiquent que leur monnaie n’est pas du CHF, le Wir, le chèque reka, le bitcoin, le point coop, le point cumulus, les miles, etc…

Le système dominant actuellement est le système a argent dette, car c’est un système prédateur qui emprisonne les gens… et quand toute la société est emprisonnée….  il est difficile de sortir de là…  C’est pour cette raison que les collectivités publiques empruntent pour rembourser des emprunts… ça ne profite à personne sauf aux banques qui bénéficient de ce système. Avant les années ~1970 les États se finançaient directement par les banques centrales. Ça pouvait créer de l’inflation, du coup la doctrine a voulu que l’on empêche ce financement direct et que l’on passe par les emprunts à intérêt dans les banques commerciales…

(C’est la fameuse loi Rothschild en France, reprise dans le traité de Maastricht art 104, puis dans l’art 123 du traité de Lisbonne. En Suisse c’est l’art 11 de la loi sur la BNS qui n’est apparue que dans les années 2000… on est plus lent en Suisse ! 😛 )

Conséquence, on a plus de risque d’inflation due à des politiques monétaires cavalières…. Mais on a des gros soucis de dettes publiques….. En France Patrick Viveret disait que sur 1500 milliards de dettes publiques.. 1350 ne sont dus qu’à ce changement de système…  (Mais ce n’est pas perdu pour tout le monde.. c’est une manne pour les banques commerciales… c’est pour cette raison que les gens qui ont mis en place ces politiques ont été récompensés… pourquoi l’ex-conseiller fédéral Kaspar Viliger, après avoir réformé la loi sur la BNS en 2004 est devenu président du conseil d’administration d’UBS de 2009 à 2012 ???)

Voir mon bloc note de comment cette histoire est arrivée…
https://martouf.ch/document/435-relations-entre-la-confederation-suisse-et-la-banque-nationale-suisse.html

Donc… c’est quoi le pire… un risque d’inflation… ou des intérêts qui génèrent une dette publique perpétuelle ??

La peste ou le choléra ?

Étrangement on ne parle que de l’inflation… le reste ce n’est pas à cause d’un système, mais de la mauvaise gestion des deniers publics !

(Serait-ce une stratégie pour dire que la gestion publique ne fonctionne pas…. et qu’il faut privatiser les services.. Du coup ce sont les mêmes banques qui mettent la main sur les services… c’est tellement souvent arrivé avec les politiques que le FMI a imposées et impose toujours à de nombreux pays.. que j’ai de la peine à croire que c’est par hasard que ça arrive !!)

Attention les économistes expliquent le monde avec des fables pas toujours justes

Les économistes utilisent beaucoup de fables pour faire de la désinformation. Dur à dire si c’est intentionnel ou non.. mais le fait est que c’est une classe de personnes qui raconte beaucoup d’histoires….

Premier exemple, pour gagner du crédit (voilà l’origine du mot.. crédit = croyance, la croyance d’être remboursé..), les économistes ont créé un faux prix Nobel. Le « Prix de la banque de Suède en la mémoire d’Alfred Nobel »…. pour raccourcir, tout le monde dit que c’est un prix Nobel d’économie…. mais ce n’est que de la foutaise…. C’est juste une stratégie pour faire croire que l’économie est une science au même titre que la physique, la chimie, la médecine, etc…..   alors que finalement c’est plus proche d’une religion à mon avis ! (la croyance … le crédit…)

Une autre fable racontée dans tous les cours d’économie qui parlent de monnaie. C’est l’histoire de l’invention de la monnaie pour se résoudre l’épineux problème du troc !

Mais c’est faux. Le troc a toujours été marginal. Avant qu’un seigneur ne décide de s’enrichir sur le dos de sa population en imposant… (par l’impôt.. le mot est clair !) qu’on utilise sa propre monnaie qu’il est le seul à pouvoir créer comme bon lui semble, la plupart des communautés utilisaient le crédit mutuel. Le concept de l’ardoise au bistrot. (ou de la tablette d’argile…)

Je note que je te dois tant… et tu me dois tant… et régulièrement à l’occasion de quelques fêtes religieuses on solde les crédits.

Dans le crédit mutuel tout le monde échange a égalité, il n’y a pas de privilège, de droit régalien de battre monnaie… de choisir à qui on permet offre un crédit et à qui on le refuse..

Ainsi dès que l’on commence à parler de création monétaire, il faut déjà se battre contre l’endoctrinement fait depuis des siècles par une caste de gens qui cherchent à dominer les autres.

Il faut renverser de nombreuses fables qui expliquent le monde, mais qui sont fausses !

Ces temps ce boulot avance bien, notamment avec l’initiative pour la monnaie pleine qui éveille les consciences à ce qu’est la monnaie.

L’initiative populaire fédérale pour une monnaie pleine

Mais que veut cette initiative ?

Elle veut tout simplement que la monnaie scripturale soit contrôlée par la confédération. Le 18 octobre 1891 une votation populaire fédérale a faire venir le billet de banque dans le giron des moyens de paiements légaux sous contrôle de la confédération (via la BNS). L’idée ici est de faire de même avec la monnaie scripturale. (les substituts monétaires). De plus, on oblige ainsi les banques commerciales à couvrir les prêts à 100% avec de la monnaie banque centrale (d’où monnaie 100% ou monnaie pleine). C’est la fin du système de réserve fractionnaire. (C’est une idée déjà proposée par Irving Fischer en 1935… le gars qui a théorisé mathématiquement l’inflation !!)

Quelles sont les conséquences ?

Le droit de seigneuriage revient à la confédération et donc à l’ensemble de la population et non pas aux propriétaires de banques commerciales. On en finit avec un système déséquilibré qui fonctionne à l’argent dette où il y a un acteur qui a le dessus sur l’autre. Le droit de battre monnaie scripturale revient au peuple. En fait… on ne change pas grand-chose, car la plupart des gens pensent que c’est déjà ainsi !! 😛   (toujours la fable pour garder le troupeau)

Donc, pour revenir au Revenu de Base Inconditionnel, quand quand les partisans de monnaie pleine viennent parler de financer le RBI par la monnaie pleine …  c’est par ce qu’ils prétendent qu’un système à monnaie pleine permet de financer un Revenu de Base Inconditionnel pour tous. Donc on finance le RBI avec l’argent qui finit maintenant dans les banques commerciales…

Il y a certainement du potentiel, mais je n’arrive pas à quantifier exactement ce que ça représente, si c’est suffisant ?

La Théorie Relative de la Monnaie

De mon côté, bien que je soutiens monnaie pleine, quand je parle d’utiliser la création monétaire pour faire vivre un système économique dans lequel tout le monde reçoit un Revenu de Base Inconditionnel, je pense plutôt à la Théorie Relative de la Monnaie.

Voici une présentation de la TRM lors de l’université d’été du revenu de base en 2014 (vidéo + slide en pdf):
http://www.creationmonetaire.info/2014/09/video-trm-universite-dete-du-revenu-de-base.html

Le principe n’est pas tout simple à appréhender, même s’il peut se résumer de manière simple:

Le but est de créer un système équitable autant spatialement que temporellement.

Dans un système à argent dette, le crédit sort de nulle part est utilisable tout de suite… la charge vient plus tard ou surtout dans le cas de dettes publiques pour les générations futures. Le système n’est pas équitable dans le temps.

Le système à argent dette n’est pas non plus équitable spatialement. L’argent se crée là où il y a des banques. Seuls les banquiers ont le droit de choisir où va l’argent, qui est privilégié dans le système. Et comme l’a montré l’audit des banques islandaises 80% des crédits sont des crédits aux propriétaires de banques eux-mêmes.

Donc il n’est pas étonnant de voir que les villes les plus riches sont celles où se trouvent les plus grosses banques.

Ainsi un système équitable doit distribuer l’argent de la création monétaire directement aux gens. C’est le moyen le plus équitable spatialement. Là on voit qu’on se rapproche beaucoup du concept du Revenu de Base Inconditionnel.

Ainsi il n’y a qu’un pas à franchir. La TRM augmente la masse monétaire régulièrement en donnant l’argent aux gens.

Mais alors.. ça va créer de l’inflation ?

C’est ici que le mot « relative » de Théorie Relative de la Monnaie prend tout son sens. Il est important de comprendre que l’inflation en soi (l’augmentation des prix) n’est pas mauvaise en soi. Tant que les choses se passent régulièrement. C’est même la politique de toutes les banques centrales (et justement la BNS ne maitrise plus rien, car la zone monétaire suisse est en déflation… les taux d’intérêt négatifs sont justement des outils pour sortir de la déflation..)

L’inflation n’est pas mauvaise quand les gens ont les moyens d’acheter ce dont ils ont besoin.

La plus grande période d’inflation de ces dernières décennie était pendant ce que l’on a appelé les 30 glorieuses ! …

L’inflation est une augmentation des prix, donc c’est aussi la croissance du PIB….  encore un lien douteux..

On double le prix du m2 de terrain… et hop.. on fait de la croissance du PIB dans le marché immobilier… C’est vraiment si mal que ça l’inflation ?

L’inflation par rapport à quoi ? Dans quelle unité. La monnaie étant elle même liée à son propre étalon finalement on doit toujours trouver une référence extérieure. L’étalon change tout le temps c’est ennuyeux.

Il y a des gens qui utilisent l’indice BigMac, ils comparent les systèmes économiques selon le prix du BigMac un peu partout dans le monde. On peut aussi compter en « panier de la ménagère ».

En TRM, Stéphane Laborde propose de compter en Revenu de Base. Le Revenu de Base (dans ce contexte, en fait, c’est plutôt un dividende universel) est déterminé comme étant une fraction de la masse monétaire divisée par le nombre d’acteurs utilisant cette monnaie.

Montant du RBI = DU(Dividende universel) = 10% * Masse monétaire / nb personnes

Ce 10% est en fait issu d’un calcul qui découle de l’espérance de vie pour réaliser une équité de création monétaire à toute époque. (Symétrie spatiale et symétrie temporelle.)

Pour être exact le DU = Ln (espérance du vie / 2) / (espérence de vie /2) => en suisse l’espérance de vie en 2014 est de 83.2 ans. le Du = 8.961%

Donc chaque mois, chaque personne reçoit son dividende universel qui est une fonction de la masse monétaire précédente et de la population précédente.

En théorie quantitative de la monnaie, en absolu, tout augmente, donc les prix augmentent. Mais si l’on change de référence. Si l’on compte en Dividende universel ( nombre de RBI) la masse monétaire est stable. Il n’y a pas d’inflation.

Donc on peut dire que les gens qui disent que financer le revenu de base inconditionnel par la création monétaire c’est créer de l’inflation. C’est vrai et c’est faux à la fois. Ils ont raison d’une certaine manière, le montant du RBI augmente régulièrement pour suivre l’inflation quantitative. Mais d’une manière relative, en comptant en nombre de RBI le système est stable et il n’y a pas d’inflation.

Les gens ont toujours de quoi acheter ce dont ils ont besoin pour vivre.

C’est une question de point, de vue de référentiel.

question de point de vue carré ou cercle.jpg

 

Dans un système à argent dette, l’inflation c’est mauvais, car il n’y a pas de revenu de base qui permet à tout le monde de vivre. Ainsi, effectivement le pouvoir d’achat diminue, mais quand l’inflation quantitative est contrebalancée par le Revenu de Base Inconditionnel, alors là il n’y a pas de soucis à se faire.

Je sens qu’il y a plein de gens qui ne sont pas d’accord. Mais ces mêmes personnes n’ont peut-être pas remarqué que notre monnaie de tous les  jours subit aussi cette dévaluation par les banques commerciales qui font de la création monétaire massive. La grande différence c’est qu’aujourd’hui, cette dévaluation de la monnaie ne nous profite en rien. Alors qu’en changeant le système monétaire on peut faire la même chose tout en bénéficiant d’un Revenu de Base Inconditionnel au passage !

Toujours pas convaincu par la théorie relative ?

Autre exemple, on nous parle toujours ces temps du franc fort…. mais dans le système à cours monétaire flottant qui est en vigueur depuis le découplage d’avec l’étalon or du dollar 1972,  est-ce que c’est le franc qui est fort…. ou est ce que c’est l’euro et le dollar qui sont faibles ?

C’est très relatif tout ça !!

Moi je pense que ce sont les zones monétaires qui comportent le plus de création monétaire qui se sont dévaluées.

On peut faire une analogie avec les actions d’une société anonyme. Si la valeur de globale de l’entreprise monte. Les actions vont individuellement augmenter de valeur. Mais si d’un côté, on divise la valeur globale dans un plus grand nombre d’actions, on divise la valeur de chaque action. Il y a dilution. Pour des actions, il y a un registre qui indique quel est le nombre global d’actions .Pour la monnaie, il n’y a pas de registre centralisé. On ne sait pas de combien la monnaie a été diluée, même si la valeur globale de l’économie a augmenté

Passons maintenant au concret. Voici la monnaie M, qui est une monnaie libre basée sur la TRM:
http://merome.net/monnaiem/

Cette monnaie permet de faire des paiements de biens proposés sur des petites annonces. Chaque mois les utilisateurs reçoivent leur Revenu de Base Inconditionnel. Voilà donc un système qui montre que ça marche.

En Suisse la masse monétaire « officielle » m3 (donc celle qui figure au bilan des banques commerciales et pas la partie cachée entre les bilans) est de l’ordre de 960 milliards. http://www.snb.ch/ext/stats/statmon/pdf/defr/B2_Geldmengen.pdf

Stéphane Laborde nous explique, notamment dans le podcast monnaie libre dont il est question du Revenu de Base Inconditonnel en Suisse...., que l’on peut encore doubler m3 pour obtenir la véritable masse monétaire, en effet, sont des créances disponible sous forme de bon du trésor ou de dette échangeable par les banques. Ce n’est pas de la monnaie sur un compte, mais une monnaie papier valeur. (l’émission a été enregistrée en octobre 2013 et m3 était à 900 milliards, en octobre 2015 m3 = 960 milliards )

Donc on obtient une masse monétaire à 2×960 milliards = 1920 milliards

Ainsi à combien peut se monter un dividende universel avec une telle masse ?

DU = 10% de 2x(960 Milliards) / 8 millions d’habitants => 10% * 240 000 CHF / année =>  2000 CHF par mois !

Donc voilà, juste en changeant de système monétaire, on peut garantir 2000 CHF à chaque personne en suisse, enfant compris. Ceci, comme on l’a vu, garanti sans inflation !

Voilà un simulateur => http://cuckooland.free.fr/LaTrmEnCouleur.html

C’est selon ce constat personnellement je dissocie les noms Dividende Universel et Revenu de Base Inconditionnel. Stéphane Laborde a toujours parlé de DU, mais voilà qu’à l’université du revenu de base il a parlé de Revenu de Base Inconditionnel. Je trouve que ça entretient un flou.

A mon avis on peut composer un Revenu de Base Inconditionnel à l’aide d’un Dividende universel, puis, on peut encore compléter le financement par d’autres moyens.

Avec la TRM, on peut vraiment fournir de l’argent en plus à la plupart de gens.

L’inflation

Maintenant penchons-nous sur l’inflation. C’est une vaste question, et il y a plusieurs écoles chez les économistes. Il y a ceux qui pensent que la monnaie est juste un moyen d’échange neutre et d’autres qui veulent agir sur la monnaie pour agir sur l’économie.

Nous avons vu que la monnaie n’est pas toujours créée la même manière. Alors de mon point de vue, la monnaie n’est pas neutre. Surtout si la monnaie est créée avec de l’argent dette. Ça signifie que cette monnaie doit être remboursée donc les prix auront tendance à grimper pour rembourser cette monnaie !

=> Ce point est rarement mis en avant par les économistes, mais il me semble important. Surtout que la situation a bien changée entre les théoriciens d’il y a quelques décennies et le monde monétaire actuel.

Ainsi dans un système monétaire qui ne crée pas de monnaie par argent dette, la pression exercée par les intérêts à rembourser n’existe pas. L’inflation est donc réduite d’autant.

Didier Lacapelle, expliquer e phénomène dans son « Manuel d’anti-économie » ( https://martouf.ch/utile/fichiers/2012_03_09_11_21_manuel-antieco.pdf )

Il décrit que selon certaines estimations la part d’intérêt bancaire qui compose un prix représente jusqu’à 50% de ce prix. (p 57)

En fait qui a peur de l’inflation ? .. Ce sont surtout les riches qui thésaurisent et qui ne dépensent pas. Les autres n’ont aucune raison d’avoir peur de l’inflation. C’est la fonction de « réserve de valeur » de la monnaie qui n’aime pas l’inflation. On peut peut-être envisager de séparer cette fonction dans une autre monnaie, comme ça a été le cas par le passé avec plusieurs monnaie en parallèle!

Dans l’histoire on trouve même des cas de « monnaie fondante » qui ont largement dynamisé l’activité économique. La monnaie fondante a été théorisée par Silvio Gessel qui comparait le système monétaire a un système sanguin. Quand il y a accumulation de sang a un endroit, ça crée un caillot de sang. C’est mauvais pour tout l’organisme. Ainsi il a imaginé une monnaie qui perd de sa valeur (5% / an) pour inciter à ne pas capitaliser, mais à dépenser son argent. (en fait, c’est un peu ce que fait la BNS avec ses taux d’intérêt négatifs. http://fr.ekopedia.org/Monnaie_fondante

L’expérience de la ville de Wörgl en 1932-33 a montré qu’en pleine crise économique la création d’une monnaie locale fondante a dynamisé l’économie locale et à fait reculer le taux de chômage de 25% !!
http://www.alterinfo.net/L-experience-de-monnaie-fondante-de-Worgl-a-pris-fin-il-y-a-75-ans-Une-solution-pour-des-temps-de-crise_a29371.html

Cette idée commençait à intéresser de nombreuses autres villes et du coup la banque centrale autrichienne a interdit la création d’autre monnaie que la sienne !

De nos jours, tout est fait pour juguler l’inflation. Il existe même un indice dans les pays de l’OCDE, le NAIRU qui est le taux de chômage nécessaire pour ne pas faire augmenter l’inflation. Ce qui montre bien que l’on ne veut surtout pas éliminer le chômage. On veut garantir que l’inflation ne fasse pas fondre les avoir de ceux qui en ont ! (1% de 100.-…. c’est pas pareil que 1% de 1 million…. cherchez à qui profite le fait de juguler l’inflation…)

Durant les 30 glorieuses, l’inflation était beaucoup plus grande que maintenant. Mais les salaires suivaient et ainsi les gens conservaient leur pouvoir d’achat. Le problème de l’inflation c’est quand les revenus des gens ne suivent pas, quand le pouvoir d’achat diminue.

Comme toujours il y a deux poids de mesures. Si les salaires ne suivant pas la croissance économique… ce n’est pas grave, les gens n’ont qu’a à travailler plus pour gagner plus… mais si la fortune des riches fond avec l’inflation. Là il y a un souci !  … et les banques centrales vont agir !  😛

Le paradoxe, c’est qu’il y a énormément de boulot à faire dans notre société, qu’il y a la main d’oeuvre pour. Mais qu’il manque de l’argent pour payer cette main d’oeuvre !

Il manque la chose qui est la plus facile à créer: la monnaie !

Mais comme on utilise majoritairement, avec l’argent dette, le pire moyen de création monétaire, on assèche l’économie réelle. Toutes les politiques de quantitative easing, de création monétaire des banques centrales ne servent à rien pour aider l’économie réelle. Tout est capté ou presque (à 97% selon Bernard Lietaer) par l’économie financière qui utilise cet argent pour spéculer.

En effet, pour un produit financier qui a un rendement de 1%, si moi je mets le maximum d’argent que je peux libérer pour ça… soit CHF 1000.- je vais gagner 10.- et me faire bouffer 20.- comme frais de transaction par la banque…. 😛

Par contre si je peux mettre 100 millions avec le même produit financier, je vais gagner un million. Les 20.- de frais de banque sont négligeables. On comprend pourquoi les banques commerciales n’hésitent pas à se faire des prêts à elles-mêmes. Moi si je vais demander à une banque 100 millions, on ne me les donnera pas ! Voilà le pouvoir du banquier dans ce système monétaire.

Avoir la monnaie, a disposition, c’est bien, mais ensuite, pour pouvoir acheter ce produit financier, je vais immobiliser pendant un certain temps ces 100 millions. Ils ne circuleront pas dans l’économie.

C’est là que l’on peut expliquer pourquoi, malgré une création monétaire effrénée ces dernières années par les banques centrales et par les banques commerciales on se retrouve quand même en situation déflationniste !

Même le Crédit Suisse à publié dernièrement une étude qui montre que la création monétaire massive de ces dernières années n’est pas un risque d’inflation, car cet argent ne circule pas !
(Il faut que je fouille dans mes documents pour retrouver cette référence.)

Dans la formule mathématique du calcul de l’inflation. L’école des économistes monétaristes considère que la vitesse de circulation de la monnaie est constante !!!

C’est par cette hypothèque qu’ils simplifient l’équation qui pose la conservation de la quantité de monnaie échangée dans l’ensemble des transactions économiques. Ils en arrive ainsi à une relation directe entre la masse monétaire et le niveau des prix.

Mais comme on l’a vu ci-dessus, dans une économie financière, on immobilise des grandes masses de monnaie pour ne jouer que sur des petites marges. Ainsi la vitesse de circulation de monnaie n’est absolument pas à négliger. Si la vitesse diminue, on peut augmenter la masse monétaire sans augmenter le niveau des prix !

Pour résumer

Donc oui, l’augmentation de la masse monétaire a un lien avec l’augmentation des prix. Mais le lien peut être plus ou moins direct suivant où va l’argent. Si on le fige dans l’économie financière, il n’y aura pas d’inflation. Si on le donne à tout le monde pour une consommation courante. Il y a un risque d’inflation.

Mais est-ce que ce risque d’inflation est grave ?

  • L’inflation fait fondre les grosses fortunes qui ne bougent pas, mais elle dynamise l’économie réelle globale. Que veut-on favoriser ?
  • L’inflation n’est pas le pouvoir d’achat. Si le pouvoir d’achat est garanti, l’inflation n’est pas grave.

Donc soit il faut que les salaires suivent la même croissance que l’inflation. Soit il faut redistribuer l’augmentation de masse monétaire répartie entre tout le monde sous forme de dividende universel (le principe de la TRM)
Et le mieux, c’est de faire les deux.

Dernier point précis par rapport au Revenu de Base Inconditionnel.

L’idée n’est pas de donner de l’argent en plus à tout le monde (donc il n’y a pas besoin de trouver beaucoup d’argent en plus pour financer un RBI). Le principe est de sécuriser un montant en dessous duquel on ne descend pas.

Pour la plupart des gens, le Revenu de Base Inconditionnel sera intégré dans le revenu global. Donc ce n’est pas de l’argent en plus, donc le RBI ne risque pas d’être absorbé par l’impôt.

La grande différence est pour les gens qui n’ont actuellement pas le montant du Revenu de Base Inconditionnel (ex: les enfants, les parents au foyer, les working poor)

De plus, on favorise les métiers qui sont utiles à la société, mais qui ne sont pas rentables économiquement. (économie de la réparation, auberge de campagne, apiculteur, permaculteur, etc…)

Le bitcoin est-il vraiment une monnaie décentralisée

Un des gros avantages qui est amené par les défenseurs du bitcoin est le fait qu’il soit décentralisé… mais est-ce vraiment le cas ?

Le mythe fondateur de la décentralisation

  • L’Internet est décentralisé..  (la légende dit que c’est pour résister aux attaques nucléaires..)
  • Le web est décentralisé..
  • Les cryptomonnaies sont décentralisées….

La topologie actuelle de l’Internet

Mais au final…. la moité du monde surf grâce aux réseaux de Liberty global / UPC cablcom, AOL, free, les opérateurs de télécom historiques…
bref…. une poignée de gros opérateurs.. et c’est pire depuis que l’internet est de plus en plus mobile… c’est la mains mise de quelques opérateurs mobile sur tout l’Internet.

Quand la philosophie commerciale arrive dans un réseau maillé où chaque noeud a des liaisons redondante avec les autres noeuds, il faut rentabiliser.

Donc on coupe. On tranche on supprime ce qui est redondant pour ne garder que le minimum. Ça coûte moins cher.

Et ainsi la topologie de l’Internet à la base conçue pour être une réseau maillé devient de plus en plus un réseau en étoile. Un réseau centralisé où tous les utilisateurs sont branchés sur le même centre.

Fully_topology.pngStar_topology.png


Le web c’est: google, facebook, youtube, wikipedia…

A la base le web c’est un truc de physiciens qui s’échangent des articles de physique.

Puis le monde entier c’est approprié l’idée. Durant les années 1990, les sites perso ont fleurit partout. Tous les geek un peu versé en html ont pondu leur propre site perso.

Dans les années 2000, le blog est arrivé. Une application web qui permet de gérer des publications sans avoir les connaissances techniques des geeks. Le web s’est démocratisé au grand public.

Pour se démocratiser encore plus, des plateformes ont émergées pour nos aider. Plus besoin de savoir faire quoi que ce soit de technique, les grandes plateformes de blog (genre skyblog pour les francophones et wordpress.com ) prennent tout en charge en fournissant un espace chez eux.

La masse d’info grandissante a besoin d’être triée. Google décide d’organiser les données du monde entier. Il propose un moteur de recherche et des nombreux outils pour organiser sa vie numérique. (gmail, google maps, youtube, images, calendrier, docs)

Dans le même temps le projet wikipedia structure sous une même forme, dans une même encyclopédie, sur un même nom de domaine, toutes les connaissances officielles de l’humanité.

Fin de la décennie 2000…  Les réseaux sociaux entrent en jeu. Ils ont tendance à tout fusionner, à centraliser tous les blogs ouvert, les forums, les pages perso, l’organisation et le partage de photos et de vidéos, les messageries instantanées, voir le e-mail…..

Facebook règne en maitre sur le monde des discussions sur Internet.

Quand on parle du web au début, c’est une toile d’araignée où tout le monde crée des pages reliées aux auxtres.

Quand on parle du web maintenant, c’est google qui répond à nos questions, c’est facebook qui organise notre vie sociale et nous permet de communiquer avec notre tribu, c’est youtube qui nous divertis et nous instruit en musique et vidéos, c’est wikipedia qui nous instruit dans le détail quand la forme devient plus scolaire…. Voilà 90% du web….

Bitcoin est une monnaie centralisée !

Une monnaie, c’est fondamentalement centralisé…. c’est ainsi que celui qui détient la création de la monnaie détient le monde. C’est pour cette raison que traditionnelement c’est uniquement le roi qui a le droit de battre monnaie, c’est pour asseoir son pouvoir. Actuellement se sont les banques centrales indépendantes des Etats qui créent une partie de la monnaie (billet et pièce surtout), et la banques commerciales qui créent la monnaie scriptuale qui est majoritairement utilisée. (mais qui n’est pas forcément un moyen de paiment légal !)

Le principe du bitcoin, comme pour d’autres cryptomonnaies, est de s’affranchir de la centralisation. Il n’y a pas de banque centrale.

La monnaie est créée par un algorithme partagé entre tous, et les transactions sont vérifiées dans une base de données décentralisées partagée et vérifiée entre tous les acteurs du réseaux grâce à un protocole commun et des signatures électroniques.

Cette base de données de toutes les transactions faites depuis les débuts du bitcoin s’appelle la Blockchain.

Un véritable noeud du réseau bitcoin va vérifier le réseau et doit donc disposer de l’intégral de la blockchain en local sur son ordinateur.

Est-ce que tu as déjà testé de télécharger la blockchain ?

Attention, c’est énorme, c’est à ce jour en août 2015, près de 40Go de données... et la télécharger c’est rien… il faut l’interpréter….

J’ai installé bitcoin en 2011… c’était facile.. 20Mo à télécharger. Puis je n’ai pas utilisé bitcoin. Trois en plus tard en 2011, je me suis remis à bitcoin … j’ai du télécharger 18Go de blockchain… et mon ordi a mouliné 10h par jour pendant 10 semaines pour avoir un vrai client bitcoin décentralisé….

Ensuite il a mouliné régulièrement tous les jours pour suivre… et j’ai finalement abandonné…. Bitcoin me bouffe trop de ressources pour l’utilité que ça a…..

Pour éviter de mouliner et devoir télécharger d’énormes tas de donnée, la majorité des gens utilise de plus en plus des clients légers. Ils ne font plus le boulot de vérification de la blcokchain… ils utilisent des plateformes centralisées qui leur fourni tout de manière simple.

Du coup le réseau bitcoin se centralise… Il ne reste plus que quelques gros acteurs qui font le gros des transactions et qui vérifient la base de données centralisée.

Il devient toujours plus difficile pour un nouveau de venir dans le réseau. Comme pour l’Internet et le web, la facilité et la rentabilité en ressources tend à transformer une système décentraliser en un système centralisé.

Le concept de base est irréprochable, mais il devient corruptible dès que le nombre d’acteur diminue. La plateforme Mt Gox n’est pas morte à cause de la sécurité du protocole… mais à cause des failles dans son propre système….

Analogie avec la sécurité de vote électronique

Concernant le vote électronique, la sécurité est souvent discutée. Je suis certain qu’elle est très bonne (pour autant que selon les principes de base de la cryptographie, la sécurité du système repose sur le secret des clés et pas le secret des algorithmes).

Mais on néglige souvent qu’une urne électronique est souvent une urne centralisée.

Quand on vote à la main dans d’innombrables communes, on décentralise le système et ainsi on évite la corruption. Si l’on centralise tous les votes sur une urne électronique, le système à beau être techniquement fiable pour le corrompre, il suffit de corrompre la personne qui annonce les résultats. (souvent une commission de plusieurs personnes)

Un équilibre

En soit, la centralisation n’est pas mauvaise, tout comme la décentralisation maximale n’est pas la solution miracle. Il faut toujours savoir juger de ses besoins et de ses ressources pour évaluer le juste millieu entre centralisation et décentralisation. Entre l’efficacité et la résilience.

Signez une initiative populaire fédérale qui va vraiment changer positivement votre quotidien

Cher ami(e) de Suisse…. (ou d’ailleurs c’est pareil, mais avec des variantes..)

Connaissez-vous la plus grande arnaque de tous les temps ?
Vraisemblablement non, sinon vous ne la subiriez pas tous les jours !

Connaissez vous la définition officielle du franc Suisse CHF ?

Selon la loi Suisse sur l’unité monétaire:

Le Franc Suisse c’est:

  • Les espèces métalliques émises par la Confédération => les pièces de monnaies
  • Les billets de banques émis par la Banque nationale suisse.
  • Les avoirs à vue en francs auprès de la Banque nationale suisse. => Accessible seulement pour les banques.

=> Mais où est passé l’argent sur votre compte à l’UBS, à la banque cantonale, chez postfinance, à la Raiffeisen ?
=> Et bien, ce n’est pas une monnaie ayant cours légal !

L’argent sur votre compte en banque ne vaut pas plus que des points cumulus de la Migros !!

La monnaie scripturale des banques sont des monnaies privées, des substituts monétaires selon les termes du conseil fédéral:

« La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution.

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305

=> et oui, faire de la monnaie est un boulot comme un autre…

C’est tentant, c’est un boulot facile. 
Il suffit de créer de la monnaie privée à partir de rien et de la mettre sur un compte, le client est content et se charge de ramener du véritable argent et les intérêts en plus.

Je ne connais pas de meilleur manière de faire une machine à fric !

Ça marche tellement bien, qu’actuellement en Suisse plus de 90% de la monnaie en circulation est de la monnaie privée, de la fausse monnaie !

=> Bilan…  les banquiers ne font rien et endettent tout le monde. Ce qui leur garanti de récupérer des vrais biens, des maisons, des entreprises, des infrastructures, des matières premières, etc… alors qu’ils ne vous ont donné que de la fausse monnaie !!

Vous pouvez changer ça !!

Il y a un peu plus d’un siècle, la situation était pareille, les banquiers pouvaient créer des billets de banque à leur bon vouloir.

En 1891, le peuple à décidé lors d’une votation de mettre fin à ce système en donnant le droit d’émettre des billets de banque uniquement à la confédération via la Banque Nationale Suisse.

Aujourd’hui, l’initiative pour une monnaie pleine, vous propose de faire de même avec la monnaie scripturale.

Signez l’initiative pour une monnaie pleine pour que seule la BNS ait le droit de créer de la monnaie scripturale.

 

Téléchargez la FEUILLE de SIGNATURES. Imprimer là, signez, faites signer votre famille et envoyez:

 

Informations supplémentaires: www.initiative-monnaie-pleine.ch

Le temps presse, il ne reste encore 50 000 signatures à trouver d’ici novembre 2015.

 

Merci de communiquer ce texte à au moins 20 amis pour faire connaitre cette arnaque et leur faire signer l’initiative pour une monnaie pleine.

Si vous ne le faites pas….  vous contribuez au succès des plans d’austérité qui démantèlent nos infrastructures pour rembourser les dettes aux banquiers, vous risquez de voir vos impôts augmenter pour aider à rembourser cette dette infinie, vous contribuer à ce que les générations futures naissent avec des dettes toujours plus grandes !!!

(… et pour leur garantir un revenu plutôt que des dettes…  votez OUi au Revenu de Base Inconditionnel en 2016 )

 

Artisanat industriel

Sans que l’on s’en rende encore vraiment compte, le monde de la fabrication d’objets change. Les pièces du puzzle d’un artisanat industriel se mettent en place.

Mais déjà, avant d’aller dans le futur, comment est-ce que l’on fabrique des objets maintenant ?

Pour bien comprendre, faisons un petit retour historique.

Nous voici dans un passé lointain, ou les humains grâce à leurs mains munies d’un pouce opposable se mettent à utiliser des objets. Tout d’abord il s’agit d’objets ramassés. Trouvés en l’état. Puis ils commencent à être façonnés. C’est le début de l’artisanat.

Un artisan réalise un objet du début à la fin, et il réalise ce travail chez lui.

Puis arrive la révolution industrielle. Pour des raisons d’efficacité, on invente la division du travail, la spécialisation et ceci débarque sur le travail à la chaine. Comme on ne peut pas faire une chaine qui traverse toute une ville. On invente l’usine !
(quoique, comme l’a relevé Marx, La Chaux-de-Fonds montre le contraire. La ville entière est une usine d’horlogerie!)

usine val de travers.jpg

Ce modèle industriel est tellement efficace que petit à petit, il remplace quasi complètement l’artisanat.

Au passage, ce modèle industriel induit de profonds changement sociaux. Il crée des classes. Des ouvriers, des cadres et des patrons.

C’est la glorieuse époque de la lutte des classes.

Karl_Marx.jpgEt l’on arrive à Karl Marx que tout le monde connait et associe au communisme. Mais qu’a vraiment dit Marx ?

En très bref, il a écrit (mais ne l’a pas terminé) un bouquin qui s’appel le Capital. Dans lequel il explique le fonctionnement de l’économie capitaliste issue de la révolution industrielle:

  • pour produire, il faut des moyens de production
  • des moyens des productions (une usine) c’est très cher. Il faut donc du capital
  • => seuls les riches peuvent être propriétaires des moyens de production
  • les autres, les prolétaires sont condamnés à travailler dans les usines pour produire en échange d’un salaire
  • quand l’usine a été rentabilisée. Le bénéfice de la production va uniquement dans les poches du patron. Il devient donc un esclavagiste !
  • => c’est ce dernier point qui va lancer l’idée du communisme: la propriété des moyens de production aux ouvriers !

Et voilà que de simples divergences d’opinions sur la manière d’organiser une production industrielle d’objets va modeler toute la politique du 20ème siècle !

La querelle ne remet même pas en cause le mode de production, juste son organisation.

Ceci montre bien à quel point la production d’objets est capable de changer le monde !

Quelle influence aura sur le monde le changement que je vais te décrire dans quelques instants ? Ce n’est pas un simple changement d’organisation de la production. C’est un véritable changement du mode de production. Comme l’a été le passage de l’artisanat à l’industrie.

J’ai dit ci-dessus que les techniques de production d’objets influencent terriblement le monde. Mais il y a des techniques qui influencent encore plus le monde. Il s’agit des techniques de l’information:

  • l’invention de l’écriture à engendré le droit, l’Etat.
  • l’invention de l’imprimerie a engendré la réforme. La démocratisation des Bibles a libéré la société de l’emprise de l’église
  • l’invention du web est toujours en train de transformer notre monde pour engendrer quoi ? … c’est encore flou. Mais il est indéniable que l’accès a l’information est totalement différent de ce qu’il était avant.

=> ajout en mai 2018: On commence à voir les pouvoirs que remet en cause l’arrivée du web….. journalistes, politique, monnaie, écoles, etc..

la bible.jpg

Tous les domaines d’activités lié à l’information ont complètement été chamboulé. La presse, les télécom, la diffusion de musique, de film, de livre, etc…

Convergence entre le monde de l’information et le monde de la production d’objets

Cette vague de chamboulement que le monde de l’information a vécu ces 20 dernières années arrive dans le monde physique, dans le monde des objets.

Voilà la grande révolution que j’appelle l’artisanat industriel.

Pour découvrir ce qui nous attend dans le monde de la production d’objets, il suffit d’y appliquer les recettes qui sont utilisées dans le monde de la production d’objets dématérialisés, d’objets du monde de l’information.

On bref, nous allons vers..

  • la personnalisation des objets
  • le financement par les foules
  • les communautés de co-créateurs à la place des entreprises.

Les 3 goulets d’étrangelement des biens physiques

Observons les conditions que doit remplir un objet pour exister dans une société industrielle.

vitrine boutique habit mode fashion.jpg

Pour exister, un objet doit être….

  • assez demandé pour être fabriqué
  • assez demandé pour être en magasin
  • assez demandé pour que sa promotion soit assurée. (savoir où le trouver et qu’il existe.. pub, vitrine…)

Le web a déjà permi de faire sauter 2 de ces goulets avec des sites comme Groupon, qui permettent de se mettre ensemble pour acheter un produit avec un fort rabbais. Donc la promotion est assurée et la demande en magasin est assurée.

=> Il ne reste que le goulet de fabrication à faire sauter. C’est ce qui est en train d’arriver.

Ceci grâce à de nouveaux outils de productions.

Imprimante 3D et découpeuse laser

Ce qui révolutionne le monde des objets est le fait que pour une somme accessible aux particuliers, il est possible d’acheter une usine à tout faire !

C’est ici que l’on parle de l’imprimante 3D. A notre époque, quasi tout le monde a chez soi une imprimante qui permet de déposer sur papier du texte et des images. L’imprimante 3D, comme son nom l’indique, ajoute une troisième dimmension. Elle est capable d’imprimer des objets à partir d’un modèle 3D.imprimante 3d fablab neuchâtel.jpg

Il existe de nombreuses variantes d’imprimantes 3D capables d’imprimer des objets de toutes tailles, de quelques micron à la taille du fuselage d’un avion. Si la plupart des imprimantes 3D fabriquent des objets en plastique, certaines impriment des matières aussi diverses et variées que le chocolat ou des cellules souches !

Voici de quoi imaginer ce à quoi ressemblera notre futur. Nous mangerons des steaks imprimés chez nous avec des protéines d’insecte élevé à la maison. Les plus grands « food designer » concevrons les plats les plus rafinés que vous pourrez télécharger.

Un problème de rein… allons en imprimer un nouveau et changeons-le. C’est n’est pas tellement de la science fiction, il existe déjà une homme qui vit avec une vessie imprimée !

La technique de l’impression 3D est dans ce domaine un concurrent direct de la biologie de synthèse dont j’ai déjà parlé il y a un peu plus d’une année dans un article. On est dans la même logique: créer un objet physique à l’aide d’une description numérique.

Hormis l’imprimante 3D, il y a un autre outil qui a beaucoup de succès. On en parle moins car c’est moins impressionnant. Mais c’est très utile. Il s’agit de la découpeuse laser. Là on reste dans la 2d. Mais On trouve des découpeuse laser qui coupent tout, du papier au métal.

Bon, les matériaux les plus populaires sont plutôt le bois et le plexiglas.

découpeuse laser fablab neuchâtel.jpg

Les Fab-labs

Bien que le coût de ces usines à domicile soit abordable, c’est encore cher. Heureusement, il exise le principe des Fab-lab. Ce sont des laboratoires de fabrication qui sont ouverts au public. N’importe qui peut y venir utiliser les machines !

Bien que le concept se répend un peu partout. Il n’y a pas de fab-lab à chaque coin de rue. Cependant, j’ai eu la chance de découvrir qu’il y en a un à 5 minutes à pied de mon bureau !

fab-lab neuchâtel.jpg

Le Fab-lab de Neuchâtel: fablab-neuch.ch est situé en face de la gare. De manière générale, le mecredi matin les machines sont en accès libre. Le mercredi après-midi. Pour une modique sommes CHF 70.- il est possible de réserver les machines.

Je sens que mon imagination bouillonnante va pouvoir bientôt matérialiser des objets !

L’usine au bout du clic

Si l’on est un « nerd » enfermé chez soi et que l’on a pas envie de participer à l’ambiance collaborative d’un Fab-lab, il est toujours possible de ne pas mettre les mains dans la camboui (bien que le camboui est rare) et de rester uniquement dans la conception numérique et de confier la réalisation physique à des usines en ligne.

En effet, il y a des entreprises qui se sont montées autour du principe de la réalisation d’objet à la demande avec des imprimantes 3D.

  • ponoko.com est une usine au bout du clic. A l’image des photos que l’on fait imprimer dans un labo. Ponoko imprime en 3D (ou découpe) et vous envoie les objets que vous avez conçus et dont vous avez envoyé les fichiers.
  • shapeways.com est un concurrent de ponoko. On peut aussi se créer sa boutique avec les objets que l’on crée et met en vente à la demande. (Tout comme je le fais avec ma boutique de t-shirts: http://girafe.spreadshirt.net )

Pour les gens qui n’y connaissent rien à la conception d’objets il existe même un service pour les gens qui n’ont que des idées !

  • quirky.com est une manière pour les inventeurs de voir leur invention réalisées sans avoir à ne rien faire d’autre que d’avoir une idée.

girafe-t-shirt-fille.pngQuirky fonctionne ainsi:

  • un inventeur a une idée…
  • il la soumet à la communauté
  • si l’idée est populaire
  • elle est conçue dans les détails par l’équipe de quirky
  • elle est commandée à la fabrication à une usine
  • l’inventeur reçoit une part des bénéfices de son idée

La personnalisation

La grande nouveauté de cet artisanat industriel et ce pourquoi je l’appelle ainsi, c’est la personnalisation.

  • dans l’artisanat, chaque objet est unique. C’est le produit du savoir faire d’un artisan.
  • dans le monde industriel, les objets sont fabriqués en grand nombre.

coque iPhone imprimante 3d fablab neuchâtel.jpgL’artisanat industriel mélange ces deux mondes. Il possible de faire chez soi, des objets personnalisés, comme du temps de l’artisanat. Mais c’est une réalisation faite par une machine, donc plutôt industrielle.

Si, comme dit plus haut on transpose ce qui est arrivé au monde de l’information dans le monde physique. La personnalisation va de soi.

Petit exemple, sur facebook, chacun a un flux d’information personnalisé !

Cette réflexion sur l’avenir de la fabrication d’objets est inspirée par la lecture du livre Makers, la nouvelle révolution industrielle écrit par Chris Andersen.

livre makers chris andersen.jpgPour en savoir plus, voici le site web du livre: http://www.makers-revolution.com ainsi que mes notes à propos de ce livre.

Chris Andersen est déjà l’auteur du livre: La longue traine. Dans lequel il explique que grace aux boutique web, il est possible de faire tourner une boutique sans vendre des produits de masse. Mais en vendant des produits de niche.

Le principe de la longue traine s’explique bien avec une librairie. Une petite librairie dispose d’une place de vente et de stockage limitée.

Donc elle ne va vendre que des « best-seller » des livres qui se vendent bien. Elle ne va pas s’encombrer de livres dont on ne vend qu’un seul exemplaire par année.

Une librairie comme Amazon a une place de stockage qui ne coûte pas cher et un magasin virtuel infini. Donc elle se permet de vendre des livres qui ne sont vendus qu’une fois par an. Et finalement le potentiel de vente de livres différents mais rarement vendu est autant voir plus grand que de vendre beaucoup d’exemplaires d’un nombre restreint de livre.

amazon.jpg

  • Ancien modèle: beaucoup d’exemplaires de peu de livres.
  • modèle longue traine: peu d’exemplaires de beaucoup de livres différents.

Chris Andersen nous annonce que ce principe arrive dans le monde industriel grâce aux imprimante 3D et découpeuses laser qui permettent de fabriquer des petites séries d’objets pour pas cher.

C’est ainsi que fonctionne les usines au bout du clic ponoko.com et shapeways.com.

Le financement par les foules

On a vu que l’ère industrielle a favorisé les riches. Des gens capables d’acheter des moyens de production.

Si l’on a pas la chance d’être riche mais que l’on veut quand même se lancer dans l’industrie, le système capitaliste à développé plusieurs mécanismes:

  • le crédit
  • le capital risque du type start-up
  • la bourse

Ces systèmes sont effectivement utilisables, mais il ne sont pas accessible à tous et ont certains désavantages.

Le crédit est un moyen de concentrer à un moment donné un capital et d’étaler le payement sur du long terme. Mais il est lié à des intérêts. Du coup, sur le long terme on va dépenser 3 fois plus d’argent, et il y a un sérieux risque de ne pas pouvoir rembourser si l’on se plante.

crédit bancaire.jpg

Si l’on est une start-up qui a l’air intéressante, il y a peut être un gentil investisseur qui va vous donner de l’argent pour démarrer en espérant un jour en gagner avec ce que vous aller réaliser. Mais en échange, il va demander une partie de votre entreprise et surtout des revenus de celle-ci !

La bourse utilise le même principe, mais au lieu d’avoir un seul investisseur, on découpe le capital de l’entreprise en de nombreuses parts que l’on vend à de nombreux investisseurs !

(Avec en plus la possibilité de spéculer sur la valeur des parts d’entreprise! … donc faire de l’argent en étant totalement déconnecté du monde industriel.)

2010_05_28_22_50_cotation_bourse_aapl_2004-2010.png

On voit que le nombre de riche étant limité, ces outils se sont répandus très vite et finalement de nos jours 97% des flux monétaires sont financiers et plus industriels !

La révolution industrielle a conduit à l‘invention du monde banquaire et financier. La prochaine révolution industrielle va probablement chambouler ce monde de la finance.

Bref, avec ces mécanismes on perd toujours quelque chose et on est pas certain que l’idée marche vraiment.

Comment faire pour éviter ces mécanismes ?

Pour trouver la solution, observons la solution qu’ont trouvé des agriculteurs pour vendre leur production. L’agriculture contractuelle.

La production de nourriture est achetée à l’avance par les consommateurs. Ils achètent un panier. L’agriculteur ne produit pas s’il n’est pas certain d’avoir sa production écoulée.

Dans le domaine des biens d’information (toujours notre modèle à transposer sur le monde physique), on trouve des sites web qui permettent de réaliser une opération similaire à l’agriculture contractuelle. On a appelle ceci le financement communautaire (crowdfunding)

Si je veux réaliser un film. Je présente mon projet sur le site http://www.kickstarter.com . J’indique le montant qu’il me faut pour réaliser le film. Le site m’impose un délai durant lequel trouver des gens qui font des promesses de dons pour financer mon film. Si j’arrive à la somme voulue dans les délais. Les gens doivent payer et le projet démarre. En revanche, si la somme n’est pas atteinte, c’est probablement que le projet n’est pas bon et qu’il faut le revoir.

monnaie.jpg

On observe de plus en plus que cet outil est détourné pour financer non pas des biens d’information avec des dons. Mais des objets physiques.

pocket-spacekraft.jpgUn exemple étonnant. Tu veux acheter une sonde spatiale pour aller explorer la lune ? … C’est par ici….

Le site de financement communautaire permet de faire une étude de marché pour voir si le produit aura du succès, ainsi que de prendre des pré-commande.

Ainsi, on limite les risques de se planter, on a déjà des clients et on ne doit pas partager son entreprise. Dans le monde de demain, on a tout avantage à faire du financement par les foules.

Ça implique que les banquiers perdent de leur pouvoir de décision sur ce qu’ils veulent financer ou non en accordant des crédits.

Les communautés de co-créateurs

Un artisan travaillait généralement seul. Avec la révolution industrielle et la création d’usine, la notion d’entreprise est devenue importante.

Avec l’artisanat industriel, est ce que l’entreprise est toujours utile ?

D’un point de vue financier, on vient de voir que non. Il n’est plus nécessaire d’avoir une entité juridique à vendre pour se financer.

D’un point de vue de la production d’objets, vu que l’automatisation y est pour beaucoup. Pas besoin d’être beaucoup de monde et donc pas besoin de créer un groupe de gens appelé entreprise.

2011_03_25_20_36_idee.pngC’est du point de vue de la conception qu’il est intéressant de regrouper ses forces, d’avoir un brassage d’idée avec beaucoup de monde. Mais est-ce que le cadre d’une entreprise est nécessaire ? Je ne le pense pas.

Pour s’en convaincre, on va encore une fois transposer dans le monde physique les pratiques du monde de l’information numérique.

Il faut surtout observer le monde du développement de logiciel. Il existe de nombreux logiciels qui sont « open source ». Donc les sources sont ouvertes et le développement du logiciel est fait par une communauté, pas par une entreprise. Les exemples les plus connus sont linux, firefox, libre-office, etc... et bien souvent tous les logiciels cachés au grand public mais qui sont la base de l’internet, du web, du e-mail….

Les communautés de concepteurs sont l’avenir de la création d’objets.

La communauté fédère les forces mieux que l’entreprise

Il y a beaucoup d’entreprises leader dans leur domaine se vantent d’avoir recruté les meilleurs chercheurs du domaine. Souvent elles oublient de préciser… les meilleurs qui ont bien voulu venir….

Le cadre proposé par une entreprise est souvent très exclusif. On ne doit travailler que pour une seule entreprise. Il est aussi très contraignant. On doit travailler dans un lieu précis, avec des conditions précises… beaucoup de gens refusent de changer de vie pour aller se mettre au service d’une entreprise.

communauté collaboration ExtendedCommunityCircle.png

Ce n’est pas le cas dans une communauté de co-créateurs. Si l’on observe les commautés de logiciel libre, les développeurs viennent de partout. Certains sont salariés, d’autres non. L’attache n’est pas exclusive.

Si l’on observe le monde des moteurs de rendu pour navigateur web. Il y a deux grands projet open source, il s’agit de Gecko qui propulse Firfox et Webkit qui propulse Safari, Chrome et depuis peu Opéra.
Opéra développait son propre moteur de rendu pour son navigateur web. Mais probablement que cette entreprise n’a pas pu régatter face à la force des deux grands géants open source.

Il reste encore microsoft qui est dans la course avec son moteur Trident. Mais avec beaucoup de retard par rapport aux géants open source. Comme quoi, même un géant de l’informatique ne peut pas régatter contre des communautés de créateurs.

En ce qui concerne l’exclusivité, on observe parfois que des gens contribuent aux deux projets concurrents. Parfois pour tester deux manières différentes de faire. Ce qui permet plus tard de savoir quelle est la meilleure.

chômage.jpgUn autre facteur en faveur des communautés réside dans le fait que les entreprises, pour des raisons de budget ne peuvent pas forcément engager un grand nombre de chercheurs.

Peut être qu’elle ont LE meilleur chercheur tout seul. Mais la communauté accepte tout le monde, elle a peut être pas LE meilleur, mais les 9 meilleurs suivants !

Il y a des domaines dans lesquels on forme beaucoup de gens, mais on engage peu. Ainsi, la communauté offre un lieu où ces gens peuvent s’exprimer.

C’est ce que l’on peut voir avec l’exemple du métier de designer en automobile. Beaucoup de designer aimeraient travailler dans se domaine, mais peu sont engagés par l’industrie automobile. Les designers non sélectionnés finissent donc par concevoir d’autres choses comme des brosses à dent et des stylos et ceci pour avoir un travail pour vivre.

Mais si on leur propose un projet de conception de voiture open source tel que wikispeed, il est fort probable que ça les intéresses de participer à cette communauté de co-créateurs.

wikispeed.jpg

Construis tes rêves… ou bien quelqu’un d’autre va t’embaucher pour construire les siens !

Tout comme la révolution industrielle a modelé notre société actuelle, son économie, ses institutions politiques, son réseau de transport et de communication, cette nouvelle révolution industrielle risque de chambouler pas mal de chose.

Comme tout est lié, il est difficile de dire quel est l’avenir que l’on aura. Chaque modification fait bouger tout l’édifice comme dans une partie de mikao.

Cependant, il ne faut pas oublier que notre société n’est que le reflet de ce que l’on veut. De tout temps les sociétés humaines ont été guidées par des prophètes et des visionnaires…

Il est possible de constuire un projet de société autour de ces nouvelles possibilités.

Nous entrons dans l’ère de la créativité, de la collaboration et du partage.

Voici quelques réflexions qui vont dans ce sens et que j’ai déjà abordé sur ce site:

créativité.jpg

Documentation à propos de monnaies complémentaires citoyennes

Documentation à propos de monnaies complémentaires citoyennes

Contrairement à ce que les manuels d’économie tente de nous faire croire, la monnaie n’est pas neutre… Les différents systèmes monétaires ont une influence considérable sur l’économie qu’ils gèrent.

Pour mieux comprendre le monde des systèmes monétaires voici de la documentation à propos de monnaies complémentaires citoyennes.

leman monnaie

Si l’on se limite à la documentation à propos du mot clé « Monnaie »…. voici les liens que j’ai stocké depuis quelques années…

https://delicious.com/martouf/monnaie

Il y a un peu de tout… je vais maintenant tenter de sélectionner les contenus les plus intéressants.

Déjà à propos du sol violette, qui est le meilleur système que j’ai vu.

Il y a beaucoup de de concepts intéressants qui ont été mis ensemble.

Voici quelques informations à propos du sol violette:

http://ecoattitude.org/accueil/node/1319

=> la vidéo de la conférence de Frédéric Bosqué en mars 2013:

http://ecoattitude.org/accueil/node/1415

La monnaie fondante.. c’est quoi ?   (Une invention de Silvio Gesell…. un Allemand… mais qui a habité aux Hauts-Genveys !!)

=> http://fr.ekopedia.org/Monnaie_fondante

Le fichier pdf disponible sur cette page est le résumé d’une conférence de Margrit Kennedy: Pourquoi avons nous besoin d’innovation monétaire:

http://www.sol-reseau.org/Pourquoi-avons-nous-besoin-d.html

Avec cette conférence voici un document pdf très intéressant qui regroupe des fiches qui expliquent de nombreux systèmes de monnaies complémentaires:

http://www.sol-reseau.org/IMG/pdf/Fiches_MC.pub.pdf => lien cassé… mais voici le doc…

https://martouf.ch/wp/wp-content/uploads/2016/02/Fiches_MC.pub_.pdf

Sinon, pour bien comprendre l’influence d’une monnaie dans le temps. Stéphane Laborde a écrit un livre qui s’appelle « théorie relative de la monnaie. »  J’ai lu la version 1…. Il en est maintenant à la v2.

C’est très intéressant. Il démontre que notre système monétaire est totalement injuste dans le temps. Vu que c’est un système de création monétaire à argent dette, il favorise le moment où l’on crée l’argent.. et on balance les dettes pour les générations futur…. C’est un système qui favorise les premiers qui y jouent ! .. comme le jeu de l’avion !

Stéphane Laborde montre aussi que le système en plus de ne pas être équitable dans le temps, n’est pas équitable dans l’espace. La création monétaire ne se fait que dans des lieux où il y a des banques.

Il théorise dans son livre un système monétaire qui est équitable dans le temps et l’espace.

Avec le système à argent dette, il n’y a que les banquiers qui profitent de la plus value du droit de création monétaire.

Dans le système de Stéphane Laborde, cet avantage est réparti entre tous les citoyens sous forme de « dividende universel ».

C’est un cousin du revenu de base inconditionnel, mais qui est issu du système monétaire !

Stéphane Laborde estime que sur la zone euro, l’augmentation annuelle de la masse monétaire redistribuée peut se faire avec un dividende universel estimé à 400 € par an et par personne.

Ce qui rejoint les travaux de l’économiste Yolan Bresson. Qui se trouve être un des créateurs du BIEN, (Basic Income Earth Network) le réseau pour la promotion du revenu de base inconditionnel !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoland_Bresson

Le bouquin de  Stéphane Laborde en….

La page du site à propos de ce bouquin que tu peux avoir en plein de formats.. même sur papier !!

http://blog.creationmonetaire.info/2012/11/theorie-relative-de-la-monnaie-2-718.html

Encore de la doc et des interviews audio de Stéphane Laborde:

http://wiki.creationmonetaire.info/index.php?title=Main_Page

…. et tu peux rejoindre la G1, la monnaie basée sur la TRM…


farinet

Voici encore un superbe film qui explique les dérives financières de l’économie et le système monétaire.

« Money, Pourquoi la dette »

Voici mes notes avec le film sur youtube.

https://martouf.ch/document/monnaie/426-notes-a-propos-du-film-money-pourquoi-la-dette.html

En plus de bien expliquer le fonctionnement de la création monétaire par le crédit des banques privées, ce film explique bien la titritisation…. ou comment refiler la patate chaude plus loin en partageant les risques…

————

Voici encore des notes que j’ai prise d’une conférence donnée par Bernard Lietaer.

https://martouf.ch/document/monnaie/217-resume-conference-bernard-lietaer-zurich-en-septembre-2009.html

Ce monsieur est un des artisans de l’euro lorsqu’il travaillait à la banque centrale de belgique.

Il pensait à l’époque pouvoir réformer le système de l’intérieur….  mais maintenant il n’est plus du tout de cet avis. Il ne voit que l’augmentation de la résillience par les monnaies complémentaires. Il est un fan du WIR qu’il voit comme le secret de la stabilité de l’économie suisse !

( C’est ce qu’il dit dans cet enregistrement sur la radio suisse romande: http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/l-invite-du-12h30/4448520-l-economiste-bernard-lietaer-plaide-pour-un-systeme-monetaire-alternatif.html )

———–

Voici encore toute une liste d’enregistrement audio à propos de monnaies sur le plusconscient.net… un site qui me sert de carburant pour mes trajets à vélo tellement il y a d’enregistrements intéressants en tous genres.

http://plusconscient.net/index.php/component/search/?searchword=monnaies+compl%C3%A9m.&submit=Search&searchphrase=exact&ordering=newest

———-

Voici encore un lien sur mes notes à propos de la modification du système monétaire qui a été effectuée un peu partout au début des années 1970 et qui interdit à l’Etat d’emprunter de l’argent sans intérêt à sa propre banque nationale.

https://martouf.ch/document/435-relations-entre-la-confederation-suisse-et-la-banque-nationale-suisse.html

Cette mesure a été introduite afin de juguler l’inflation que les politiciens pourraient générer. Mais finalement avec 40 ans de recul, on voit que le remède a des effets secondaires assez terrible: l’endettement généralisé !

90% des dettes d’Etat sont des intérêts composés….

Pourquoi ne pas résoudre les les problèmes de financement de l’Etat en supprimant cette mesure ?

Relations entre la confédération suisse et la banque nationale suisse

Avec la crise de la dette, le débat sur l’interdiction faite à un Etat d’emprunter à sa banque nationale est à nouveau d’actualité.

En France, c’est la loi du 3 janvier 1973 qui a introduit cette interdiction. Cette loi a été abrogée en 1993 suite à l’introduction du traité de Maastricht.

Le principe de l’article 25 de cette loi a été repris dans l’article 104 du traité de Maastricht ainsi que dans l’article 123 du traité de Lisbonne.

Cette interdiction d’emprunter s’est donc étendue à l’union européenne entière.

Qu’en est-il en suisse ?

BNS Banque Nationale Suisse- Schweizerische Nationalbank.JPG

En suisse, nous avons l’article 11, alinéa 2 de la loi fédérale sur la banque nationale suisse qui nous dit:

La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée.

La raison de ce texte obscure est indiquée de manière plus claire au chapitre 8, (p 23) de la brochure, « La Banque nationale suisse en bref ».

On nous dit:

L’indépendance financière englobe l’autonomie budgétaire, qui découle de la forme juridique sous laquelle la BNS a été constituée, et l’interdiction d’accorder des crédits à la Confédération (art. 11 LBN), ce qui empêche l’Etat de «faire tourner la planche à billets».

Voici ce que la BNS a le droit de faire comme services bancaires.

Voilà donc l’idée de base, c’est d’éviter que des politiciens jouent avec le monnaie d’un pays. En empêchant d’obtenir des prêts sans intérêts. Le risque étant de créer trop de monnaie et de voir le spectre de l’inflation arriver !!

Cependant, cette idée louable entraine un autre problème.

En interdisant un état de pouvoir créer sa propre monnaie (oui, le prêt est une création de monnaie dans le système à argent dette qui est le notre), on est obligé de passer par des banques commerciales.

Donc finalement, ce sont les banques commerciales qui vont créer la plupart de l’argent. Mais pas sans contre partie…. avec des intérêts !

Ainsi, il faudra rembourser la sommes empruntée, mais également les intérêts (ce qui peut représenter plusieurs fois la somme de base sur le long terme).

Comme la sommes des intérêts n’a jamais été créée. La dette va s’accumuler, et il ne sera pas possible de la rembourser !

Voici un petit extrait d’une conférence de Patrick Vivert, ancien membre de la cour des comptes française qui explique ce système pernicieux:

La véritable origine de la dette publique, c’est le fait de créer de la monnaie avec des intérêts auprès de banques commerciales et que les états doivent s’endetter auprès de ces banques commerciales. Ce fait a mis la part des intérêts composés comme étant la part majeure de la dette publique. Si je prends l’exemple français que je connais le mieux. Sur les 1500 Milliards de dette publique de la France, il y en a 1350 Milliards qui sont du a des intérêts composés.

Si par hypothèse on avait pas changé de mode de création monétaire, si on continuait a y avoir de la création monétaire publique sans intérêts, la dette française serait aujourd’hui de 150 Milliards et non pas de 1500 Milliards d’euro, ce qui change tout !

On avance dans les recherches..

Grâce à quelques contributeurs dans les commentaires de cet article, on avance dans les recherches du pourquoi de ce sytème monétaire si bizarre…

Déjà on en sait plus sur le contexte:

Le dictionnaire historique de la suisse est une bonne source.. on y apprend déjà le contexte.. au point 3 il est dit:
« Jusqu’à l’effondrement du système de Bretton Woods au début des années 1970, la BNS n’était guère en mesure d’exercer une influence sur le marché de l’or et sur le marché des changes. L’arrivée de capitaux étrangers en Suisse alimentait une forte croissance, à caractère inflationniste, de la Masse monétaire. Après le passage des taux de change fixes aux taux de change flottants en 1973, la BNS retrouva momentanément une influence dans le secteur de la politique monétaire. »

Donc comme partout.. c’est face à la peur de l’inflation que l’on a interdit aux politiciens de faire tourner la planche à billets…
Mais actuellement le remède est plus dévastateur que le mal…

Mais qui a écrit les articles de loi sur la BNS ?

Mehdinefrance a posé la quetion à la BNS directement.. voici la réponse:

Cher Monsieur

Nous vous remercions de votre intérêt pour la Banque nationale suisse.

Vous m’avez posé ce matin une question pour savoir qui est l’auteur (personnellement) de l’alinéa 2 de l’article 11 de la loi actuelle sur la Banque nationale suisse. Cette question n’est pas facile à répondre parce que la loi sur la BNS était élaboré dans l’Administration Fédérale sous les auspices un groupe d’Expert. C’est donc un œuvre d’un collectif :

Avant d’entrer en matière il est important de rappeler l’histoire :

L’article mentionné fait partie de la loi Fédérale sur la Banque nationale suisse du 3 octobre 2003 (entrée en vigueur le 1er mai 2004, version actuelle du 1er mars 2012).

Dans les années 1995 à 2004 la Suisse a complètement renouvelé son droit monétaire. Sur la base de la
Constitution Fédérale (totalement revisée) de 1999 (article 99 : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer… la loi sur la Banque nationale fut totalement récrite. L’alinéa mentionnée n’apparaissait pas encore dans les versions prédécesseurs de cette loi (voir la loi du 23 décembre 1953 :
http://www.admin.ch/opc/fr/cla….

Art.11, al. 2 est donc une innovation de 2004 et n’a rien à faire avec les idées pour une banque centrale à l’époque de la fondation de la Banque nationale suisse en 1905/1907.

Un exposé de l’histoire de la loi actuelle se trouve dans le chapitre 9 de l’ouvrage commémoratif écrit à l’occasion du centenaire de la BNS en 2007 (voir plus bas).

Quel est le sens de l’article 11, al. 2 : « La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. » ?

Cette alinéa veut assurer l’indépendance financière de la BNS envers l’état : c’est l’interdiction explicite de financer l’état.

Les explications à cette alinéa se trouvent dans le message du Conseil Fédéral concernant la révision de la loi sur la BNS de 2002 et, un aperçu, dans l’ouvrage commémoratif de 2007 déjà mentionné :

« Le groupe d’experts** mit en évidence – conformément à la doctrine* – quatre aspects de l’indépendance d’une banque centrale: son indépendance fonctionnelle, son indépendance institutionnelle, son indépendance
financière et l’indépendance des membres de son organe de direction. » (BNS 1907-2007, p.546)

* Quant à la « doctrine » on cite l’essaye de A. Alesina et L. Summers dans le « Journal for Money, Credit and Banking » vol. 25(2) 2003, p.151-162 : « Central Bank Independence and Macroeconomic Performance: Some Comparative Evidence ». La constitution de la Banque Centrale Européenne a aussi joué un certain rôle.

** Avec le « Groupe d’experts » la citation désigne le Groupe d’Experts « Réforme du Régime Monétaire » (Suisse) qui a été installé par le chef du Département Fédéral des Finances (Suisse) Kaspar Villiger avec la tâche de préparer les messages au parlement pour une révision des articles concernant le régime monétaire dans la constitution et les révisions des lois sur la monnaie et le moyens de paiement et sur la Banque nationale suisse. Le loi sur la BNS a été formulé par l’Administration Fédérale.

Les membres de cet groupe étaient :

  • Ulrich Gygi (président, directeur de l’Administration des Finances),
  • Peter Klauser (co-président, directeur à la Banque nationale suisse),
  • professeur Ernst Baltensperger (université de Berne),
  • G.A. Colombo (délégué de l’Administration des Finances),
  • professeur M. Giovanoli (conseiller juridique de la BRI et professeur extraordinaire à l’Université de Lausanne),
  • prof. Ulrich Kohli (Université de Genève),
  • P. Merz (directeur à la BNS),
  • – U. Plavec (chef de section à l’Administration Fédérale des Finances)
  • – et Georg Rich (directeur à la BNS).

L’article 11, al. 2 restait incontesté lors de la vote au parlement en 2003.

Pour en savoir plus voir mes sources :
– Message concernant la révision de la loi sur la Banque nationale : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer…

– Ouvrage commémoratif : « Banque nationale suisse 1907 – 2007 » : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer… ou bien : http://www.snb.ch/fr/iabout/sn…

– « La Vie économique » 03/2003 « La révision de la loi sur la Banque nationale :
http://www.seco.admin.ch./dokumentation/publikation/00007/00021/01583/index.html?lang=fr

J’espère que votre question soit répondu avec mes explications.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.
____

Christian Inäbnit
Coordination de la recherche et éducation économique
Bibliothèque

————

kaspar villiger ubs.jpgConclusions

Cet article a été rédigé par un groupe d’expert nommé par le chef du département des finances de l’époque Kaspar Villiger..

Celui-ci, après sa carrière au conseil fédéral est devenu en 2009, le président du conseil d’administration de la plus grande banque du pays.. l’UBS.

Même en étant pas conspirationiste, il est difficile de nier les liens de collusion entre les gens à la tête des gouvernements et des grandes banques…

Les experts ont introduit la doctrine de l’époque dans le droit suisse. (avec pas mal d’années de retard sur nos voisins comme souvent !)

Ce que l’on peut retenir de la doctrine, c’est une peur viscérale de l’inflation !

… une réflexion personnelle, qui a le plus peur de l’inflation ? …. les riches forcément… si ma fortune fond je ne suis forcément pas content.. mais l’échelle n’est pas la même si j’ai juste de quoi vivre et que je dépense tout mon argent… ou si je capitalise des millions… (voir milliards)

En terme de dette publique, l’inflation serait profitable… la dette aussi fond ! 🙂

La suisse est-elle en train d’adopter discrètement l’euro comme monnaie ?

C’est la question que l’on peut se poser. Sachant que depuis 2008 le CHF est arrimé artificiellement à l’euro.

Quand on observe les étapes du processus de mise en place de l’euro qui a été présenté par Jacques Delors en 1989, on peut effecitvement voir que la BNS suit exactement les mêmes étapes…

Pour en savoir plus sur le sujet, voir un article écrit par Liliane Held-Khawam…

Que peut faire l’état pour empêcher l’emprise des banques sur la monnaie ?

En 2012, un groupe de parlementaires à demandé au conseil fédéral à en savoir un peu plus la création monétaire en suisse. La réponse est très claire.

Elle reprend la LUMMP Loi helvétique sur l’unité monétaire et les moyens de paiement

cf. http://www.admin.ch/ch/f/as/2000/1144.pdf

Cette loi défini les moyens de payement légaux reconnue par la confédération suisse:

Art. 2 Moyens de paiement ayant cours légal

Les moyens de paiement légaux sont:

  • a. les espèces métalliques émises par la Confédération;
  • b. les billets de banque émis par la Banque nationale suisse;
  • c. les avoirs à vue en francs auprès de la Banque nationale suisse.

On remarque que dans cette liste n’apparait pas la majorité de la masse monétaire utilisée en suisse !!!

En effet, la majorité de cette masse monétaire est de l’argent dette issu de monnaie scripturale créer de toute pièce par les banques commerciales. Voici l’explication de la bouche même du conseil fédéral, extrait choisi:

Contrairement aux moyens de paiement légaux, nul n’est tenu d’accepter la monnaie scripturale des banques, … »

« L’argent au sens du droit constitutionnel ne comprend pas la monnaie scripturale des banques qui, contrairement aux avoirs à vue auprès de la BNS, connaît un risque d’insolvabilité. »

Mais que fait l’état contre cette prolifération de fausse monnaie !!!!
=> rien, ce n’est pas anticonstitutionnel !

« La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution. « 

Il y a juste des gardes fous qui sont mis en place, mais toute personne qui le désire peut inventer son propre argent et inciter les autres à l’utiliser. Tant qu’il joue les règles du jeu en vigueur dans le droit suisse. A savoir:

« La Confédération a toutefois la possibilité, dans le cadre de sa compétence législative, d’intervenir contre les développements qui échappent au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS, ou qui sont susceptibles de miner d’une autre manière la confiance placée dans le numéraire émis par l’Etat. Le législateur a limité les possibilités des banques de créer de la monnaie scripturale, par le biais de dispositions légales régissant les réserves minimales, ainsi que par les prescriptions relatives aux fonds propres et aux liquidités inscrites dans la loi sur les banques. »

De ceci, je déduis, que j’ai le droit de créer une monnaie citoyenne qui ne passe pas par une création qui utilise l’argent dette.

Mais il semble que si je ne veux pas avoir de soucis avec le bras armé legislatif de la confédération, il faut que je n’échappe pas au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS ? .. à creuser.. Il me semble que la création d’argent dette est hors de contrôle de la BNS ! Donc ça doit pas être bien grâve !

Mais si je garanti ma monnaie sur le franc suisse en billet ou en monnaie métalique.. La BNS a un contrôle sur ma création monétaire => donc c’est autorisé !

Est-ce que ma monnaie va risquer la confiance dans le franc suisse ? => si je fais comme toute les banques et que je joue le mimétisme.. non.. j’appelle ma monnaie le franc suisse… Il est très difficile de faire la différence entre le franc suisse en billet et le franc suisse sur un compte en banque… mais une est une monnaie publique et l’autre une monnaie privée !

Si je respecte les prescriptions de la loi sur les banques, que j’ai les fonds propres suffisants.. les liquidités suffisantes et les réserves suffisantes… je peux ouvrir ma banque !

C’est la liberté d’entreprise qui est garantie en suisse !

Mais quand l’état accepte la fausse monnaie…. ça pose des soucis… tout doit majoritairement passer par les banques privées et avec intérêt… vu que les particuliers n’ont pas le droit d’avoir de compte à vue à la BNS.. et que l’Etat n’a pas le droit d’emprunter de l’argent à la BNS… On retombe sur notre problème décrit ci-dessus.

Seule les banques commerciales ont le droit d’avoir une compte à la BNS…  On pourrait aussi agir là dessus.

Il y a une association « Modernisation monétaire » qui oeuvre dans ce sens en voulant créer un pouvoir monétatif, tout comme l’Etat a un pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.

Voici le détail de cette interpellation de parlementaire à propos du système monétaire suisse.

12.3305 – Interpellation

Création de monnaie en Suisse (1)

Déposé par
Date de dépôt
16.03.2012
Déposé au
Conseil national
Etat des délibérations
Non encore traité au conseil

Texte déposé

Face à la crise de l’euro et de la dette, je prie le Conseil fédéral de prendre position sur la question de la création de monnaie en Suisse. Selon la théorie économique qui prévaut, la plus grande part de la masse monétaire M1 est créée par l’accroissement de la somme des bilans des banques commerciales et non par la Banque nationale suisse (BNS), ce que confirme d’ailleurs le lexique de cette dernière: « Les banques créent de la monnaie en accordant des crédits; cf. lexique de la BNS ».
Partant de ce constat, je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes:
1. Aux termes de l’article 2 de la loi fédérale sur l’unité monétaire et les moyens de paiement (LUMMP), seuls sont considérés comme moyens de paiement, les espèces métalliques, les billets de banque et les avoirs à vue auprès de la BNS. Sur quelle base légale se fonde la pratique générale (suivie également par les autorités) de considérer les avoirs à vue auprès des banques comme des moyens de paiement légaux, alors qu’ils ne constituent qu’une créance sur ceux-ci, qui sera honorée ou non par les banques selon leur solvabilité?
2. La création de monnaie scripturale des banques commerciales est-elle conforme au droit régalien de la Confédération, selon l’article 99 de la Constitution, qui dispose que « la monnaie relève de la compétence de la Confédération »?
3. Comme le Conseil fédéral l’a relevé dans son message du 26 mai 1999 concernant la LUMMP, « Les avoirs à vue auprès d’une grande banque, d’une banque cantonale ou régionale, ou encore d’une organisation de cartes de crédit, ne sont effectivement pas la même chose que ceux déposés à la BNS, qui est le seul établissement du pays … à pouvoir créer de l’argent à son gré ». L’Etat ne peut donc déclarer la monnaie scripturale des banques comme moyen de paiement légal (99.051). Or vu qu’elle est considérée dans les faits comme telle, le Conseil fédéral ne pense-t-il pas qu’il serait nécessaire de préciser cette distinction dans la loi parce que la majorité de la population continue de penser que la mise en circulation de moyens de paiement libellés en francs est exclusivement du ressort de la BNS et par conséquent garantie?
4. Comment le Conseil fédéral légitime-t-il ce droit des banques commerciales de créer de la monnaie, sans qu’elle soit entièrement garantie par un capital, en accordant des crédits, qui augmentent la somme de leur bilan, alors que les particuliers ne peuvent consentir des prêts que s’ils disposent de l’argent?

Réponse du Conseil fédéral du 25.04.2012

1. Les moyens de paiement légaux et ceux considérés dans les faits comme tels sont loin d’être sur pied d’égalité. Les moyens de paiement ayant cours légal font l’objet d’une énumération exhaustive à l’article 2 de la loi fédérale sur l’unité monétaire et les moyens de paiement (LUMMP). Etant donné les différences de solvabilité des établissements gérant des comptes, les avoirs à vue auprès des banques ne jouissent pas des caractéristiques des dépôts auprès de la banque centrale: la standardisation et la fongibilité.
Contrairement aux moyens de paiement légaux, nul n’est tenu d’accepter la monnaie scripturale des banques, à moins qu’un tel moyen de paiement ait été convenu par contrat, ou que les circonstances (l’usage) ou une disposition légale particulière l’exigent.
2. La fixation de l’unité monétaire et la désignation des moyens de paiement ayant cours légal font partie des compétences conférées par le monopole de la Confédération en matière d’émission du numéraire (art. 99 al. 1 de la Constitution). L’article 2 LUMMP précise que les moyens de paiement légaux sont les espèces métalliques, les billets de banque et les avoirs à vue auprès de la Banque nationale suisse (BNS). L’argent au sens du droit constitutionnel ne comprend pas la monnaie scripturale des banques qui, contrairement aux avoirs à vue auprès de la BNS, connaît un risque d’insolvabilité. La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution. La Confédération a toutefois la possibilité, dans le cadre de sa compétence législative, d’intervenir contre les développements qui échappent au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS, ou qui sont susceptibles de miner d’une autre manière la confiance placée dans le numéraire émis par l’Etat. Le législateur a limité les possibilités des banques de créer de la monnaie scripturale, par le biais de dispositions légales régissant les réserves minimales, ainsi que par les prescriptions relatives aux fonds propres et aux liquidités inscrites dans la loi sur les banques.
3. Voir les chiffres 1 et 2. L’article 2 LUMMP indique clairement quels sont les moyens de paiement légaux. Comme l’ont montré les débats sur la garantie des dépôts menés dans le sillage de la crise financière, la population est consciente que les avoirs à vue en francs déposés auprès de banques ne sont pas garantis par la BNS.
4. Conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution, la croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés. En acceptant les dépôts du public et en octroyant des crédits, les banques remplissent leur fonction principale et essentielle pour l’économie d’intermédiaires entre épargnants et emprunteurs. En vertu de sa compétence législative, la Confédération peut toutefois limiter et réglementer la création de monnaie par les banques (voir ch. 2). Le législateur a ainsi édicté diverses prescriptions détaillées (par ex. sur les fonds propres, les liquidités ainsi que les réserves minimales).

Chronologie / procès-verbaux

Date Conseil
15.06.2012 CN La discussion est reportée.

Merci à François de Siebenthal de sauvegarder les textes que je n’arrivais plus à retrouver sur le site du parlement.. mais c’est revenu dans l’ordre.

est-ce que ce lien refonctionne ? .. en nov 2013.. impossible de retrouver le texte: http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305

Voir aussi genève en transition…. http://transitiongeneveregion.net/monnaies/node/1003

Bon.. et bien il est temps de continuer ces recherches…. de lancer le chantier de la création monétaire en Suisse….

Il y a actuellement une initiative populaire fédérale en attente de votaion pour réformer le système monétaire Suisse. Pour en savoir plus je vous recommande le site web http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/

BNS Banque Nationale Suisse en chantier.JPG

Collectif AAA+

Pour tenter de mettre un peu de lumière dans le système monétaire Suisse, fin 2015 un collectif d’actionnaire de la BNS se forme pour poser des questions sur le fonctionnement de la BNS et pour ens avoir plus sur sa stratégie monétaire qui est de plus en plus incompréhensible. (création de 100 milliards de CHF par année utilisé pour couler le franc suisse en investissants dans des sociétés actives dans le gaz de schiste aux USA ou dans les armes nucléaires américaines… alors que la BNS s’applique a avoir une charte éthique et environnementale !)

La collectif AAA+ joue au démineur en posant posant des questions et en utilisant le droit qu’ont 20 actionnaires ou plus de pouvoir déposer des « propositions / décisions » à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la BNS.

C’est ainsi que 10 propositions ont été envoyée au conseil de banque début 2016. Cependant le conseil de banque a jugé que la plupart des propositions ne sont pas de la compétence de l’assemblée générale…

C’est ainsi que dans l’ordre du jour, il ne reste qu’une seule proposition qui a été modifiée en demande au parlement de modifier la loi sur la BNS ceci pour y inclure le droit des actionnaires à avoir accès au PV de l’assemblée générale, et le droit d’avoir accès à une liste des autres actionnaires. Ce qui est parfois utile, comme pour pouvoir proposer des « propositions décision » qui doivent être signées par 20 actionnaires.

Petite précision, la BNS est une SA, soumise à une loi spéciale, la Loi sur la Banque Nationale Suisse. C’est donc une société privée, dont les status sont écrits par le parlement.

Les actionnaires sont en majorité les cantons et les banques cantonales. Il est existe des actionnaires privés, mais dont le droit de vote est limité à 100 actions. (mais pas le nombre d’action) C’est ainsi que le plus gros actionnaire privé se trouve être l’allemand Théo Sigert, qui détient 6.6% de la BNS, pour info, le canton de Berne, un gros actionnaire, détient 6.63%.

Voici un article paru le 15 avril 2016 dans le magazine Bilan qui explique la démarche du collectif AAA+.

Et voici le site web.. (en construction) du collectif AAA+

Investissements douteux de la BNS

« De même, elle renonce à investir dans des entreprises qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale, qui violent massivement des droits humains fondamentaux ou qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement. »
« armes prohibées » ça ne rentre pas dans ce cadre ??

Moi quand je lis dans ce traité la phrase:
« Déclarant leur intention de parvenir au plus tôt à la cessation de la course aux armements nucléaires et de prendre des mesures efficaces dans la voie du désarmement nucléaire, »

C’est pas en investissant dans les armes nucléaires que j’ai l’impression de prendre des mesures efficace dans la voie du désarmement nucléaire ?

Les recherches sur les investissements dans les sociétés aux USA peuvent être faite via le site web de la SEC…. avec le mot clé « Swiss National Bank »

Notes à propos du film Money pourquoi la dette

Pour sortir de la crise, il faut changer le système monétaire

Voilà donc, dans le titre de cette page le résumé du film, Money, créé par l’association Réséda. Ce film a pour but d’expliquer la crise monétaire, financière qui nous touche et pourquoi nous sommes si endettés.

C’est le meilleur film que j’ai vu à propos de cet étrange système de création monétaire par argent dette que nous subissons.

Donc j’encourage tout le monde à voir ce film. Ce n’est qu’une heure à prendre et ça permet de comprendre beaucoup de choses.

Mes notes à propos de ce film

Pour ceux qui n’auraient pas une heure à consacrer à ce film, mes notes se lisent beaucoup plus rapidement 😀

Il y a 2 types de monnaies. La monnaie banque centrale et la monnaie argent-dette créée par le système de crédit des banques commerciale.

On compte qu’il y a ~7% de monnaie centrale (billet et pièce) et 93% d’argent issu du crédit.

Pour avoir le droit de créer de la monnaie une banque commerciale doit respecter certains critères:

Une banque commerciale doit avoir au moins 2% de la sommes des dépôts sur son compte à la banque centrale. (Réserve obligatoire)

Il y a des fuites..  c’est l’argent « banque centrale » qu’une banque commerciale est obligée de distribuer (les pièces et billets) => ~13% des dépôts !

Ce montant devra donc aussi être présent sur le compte de la banque à la banque centrale.

Théoriquement une banque peut créer 50x plus d’argent que ses dépôts.. mais en fait non à cause des fuites !

Il ne reste donc qu’une proportion de 7x plus ! (ce qui est déjà pas mal !)

Puis, on tient compte des fonds propres de la banque.

=> Les accords de Bâle prévoient que la banque doit avoir en fond propre, au moins 8% de ses engagements. (réserve prudencielle)

Ainsi, on limite à la création monétaire (investissement) à 12X le montant des fonds propres.

Avec l’ancien système (1945-1971 (2-3))

Les banques centrales prêtaient de l’argent directement au gouvernement sans intérêt ! (Ceci est interdit par le traité de Maastricht art 104 et maintenant le traité de Lisbonne, art 123)

Ceci était pratique, mais la création d’une trop grande quantité de monnaie sur simple décision politique avait un risque sérieux de créer de l’inflation.

C’est pour cette raison que l’on a interdit ce lien direct entre la banque centrale et l’Etat.

Cependant, on observe maintenant, que le risque de créer beaucoup trop de monnaie n’est pas résolu avec ce système.

On observe une augmentation de la masse monétaire de 10% par an dans la zone euro depuis ses débuts. (1999, et 2002 pour la monnaie fiduciaire)

Ce qui est énorme. Le PIB n’est que de 2% en moyenne. Et l’on a pas vu d’inflation ??

Pourquoi ?

Il y a eu aussi une explosion du prix des matières première, mais ça n’explique pas tout.

Toute la monnaie excédentaire est immobilisée dans des titres. C’est la bourse qui immobilise cet argent. Donc pas d’inflation.

La banque centrale à pour mission de juguler l’inflation. Mais en fait, elle ne contrôle pas grand chose. Elle ne contrôle que l’inflation due à la monnaie (et encore). Elle ne contrôle pas les prix, et surtout les prix des titres boursier qui eux augmentent tout le temps. Ce que l’on considère comme une bonne chose. Alors que si les prix des objets ou des salaires augmentent ce n’est pas une bonne chose !!  Paradoxal !

La quantité de monnaie à créer est la somme de la croissance du PIB et de l’inflation.

On a 2% de croissance du PIB, et 2% d’inflation = 4% !! Pourquoi on a 10% d’augmentation de la masse monétaire dans la zone euro ?

Il y a 6% de créaton monétaire qui ne sont là que pour enrichir ceux qui profitent du système en faisant tourner la planche à billet !

Ce qui était décrié quand il était fait par l’Etat, est fait maintenant en toute impunité par les banques privées !!

Ce sont des revenu non gagné. (au sens de Allais.. et d’autres)

Cet argent part dans des bulles ! (immobilères.. financière..)

Double libéralisation de la sphère financière.

Les taux de changes et les taux d’intérêts.

Comme tout devient variable, on est lié à une insécurité. Le secteur financier se développe en permettant d’atténuer ces risques. On invente des sortes d’assurance.

On crée des contrats à terme. Ainsi les entreprises (genre airbus qui investit en euro et vend en dollars) sont à nouveau au courant avec quelques années d’avance des taux de change, et peuvent planifier sur le long terme leur investissement.

Les banques, de leur côté, font de la titrisation et échangent des titres plus ou moins risqués.

On fait des couvertures de couvertures… des produits dérivés.

Et finalement, on vent des titres (peut être toxiques) pour obtenir du cash et ainsi avoir le droit de créer plus de monnaie par le crédit.

En bref, les banques vendent leurs risques sur les marchés financiers.

Ainsi, on dilue le risque, mais il ne disparait pas !

Rien d’illégal. Toutes les instances de contrôles acceptent ce système. Même si avec du recule, les agences de notation ont parfois attribué des notes AAA à des titres qui ne le valaient pas.

Jusqu’ici tout va bien… les montages se complexifies. Tant qu’un incident n’arrive pas, tout va bien, il n’y a qu’un risque d’incident.

Mais la crise des subprimes arrive.

Des ménages Etats-uniens ont pu obtenir des crédits pour avoir des biens immobiliers sans avoir d’autres garantie que ces mêmes bien.

On parla aussi de prêts Ninja… No Job, No Income, No Asset   http://en.wikipedia.org/wiki/No_Income_No_Asset

Pas d’emploi, pas de revenu, pas d’actifs.

Une immense industrie spéculative se met en place.

On investi beaucoup dans le risque sans s’en rendre compte.

On valorise des « Hedge funds » = « Fonds spéculatifs ».

On arrive dans une démesure de revenu. Il est possible de faire du 100 à 300% de profit annuel !

Ainsi, on est tenté de s’endetter pour acheter ces titres !

Les hedges funds ont besoin des bulles pour se financer, pour augmenter leur valeurs. Ainsi on crée délibérément des bulles.

Ainsi l’économie financière augmente beaucoup de volume. Elle est proportionnellement beaucoup plus grande que l’économie réelle.

(Bernard Lietaer parle de 97% des transactions monétaires qui font partie de l’économie financière.)

On se retrouve donc avec un immense furoncle de la finance qui grandit.

La sphère financière pèse 12x plus que le PIB mondial !

Nous avons deux mondes, et l’un vit au dépend de l’autre.

L’endettement généralisé.

Le crédit est le moteur de la croissance économique.

On augmente pas les salaires pour garder des entreprises compétitives, mais il faut consommer toujours plus. Donc les ménages utilisent le crédit à la consommation pour financer les dépenses courantes.  (incroyable de voir que dans tous les catalogues de magasins hi-fi, tv, ordinateur, on met en avant les prix des payements au mois avec intérêts de 11% (le taux en petit caractères…)  Ex: un ordinateur pour 15.- par mois !)

Tout le monde est content.

Même l’Etat agit de cette manière. Comme il est impopulaire d’augmenter les impôts, on ne les augmente pas et on finance les investissements par des crédits.

Puis on emprunte pour rembourser ses crédits…..

Il faudrait augmenter de ~ 12% les impôts pour ne pas utiliser le crédit.

Fin 2006, les taux d’intérêts variables aux USA ont augmentés…. Beaucoup de gens n’ont pas pu payer…. C’est la crise des subprimes….

La titrisation qui liait le crédit pourri à un titre, contamine la sphère financière… c’est la crise….

La bulle qui fait vivre les hedges funds éclate…

Les banques font faillite… ou leur fonds propres diminuent fortement, ce qui diminue également leur capacité à octroyer des crédits, et donc à créer de la monnaie !!!

Sans crédit, la crise financière contamine l’économie réelle ! (août 2007)

Dès le moment où des banques font faillites, les autres n’osent plus se faire confiance entre-elles. Ainsi on gèle les échanges inter-bancaire.

Le prêteur en dernier recours qu’est la banque centrale doit alors financer beaucoup de banques.

Les banques commerciales deviennent frileuses, les crédits se font plus rare, la masse monétaire n’augmente plus si vite.

L’Etat doit sauver le système. (too big to fail)

C’est donc l’Etat qui donne, sans contrepartie, des sommes colossales aux banques pour assurer la survie du système bancaire.

Cet argent provient naturellement de crédits fait auprès des mêmes banques !!

Pendant des années, il semblait que les caisses étaient vide pour assurer le train de vie de l’Etat. Tout d’un coup, il y a des sommes colossales pour sauver les banques.

Le signal donné aux marchés financiers est: « Prenez des risques, l’Etat sera là pour vous sauver !« 

Au passage, la dette offre de juteux intérêts aux banques qui prêtent à l’Etat.

Ce qui n’aurait jamais été possible avec l’ancien système qui proposait des prêts sans intérêts à l’Etat.

Si l’on calcule ce qu’aurait été la dette publique sans avoir changé le système. On remarque que cette dette aurait été quasi nulle !!!

Collectivisation des pertes, et privatisation des profits !!

En France, la dette publique est de 1600 Milliards. Le remboursement de cette dette représente 50 milliards par an. Ce qui est le second budget de l’Etat.

On ne résout jamais le problème, vu que l’on ne paye que les intérêts, mais pas la dette elle même.

Pire, on emprunte pour rembourser la dette !!

Donc on crée une bulle. Cette dette est très lucrative pour ceux qui la détiennent. Ce n’est pas la crise pour tout le monde.

Comme toute les bulles, elle peut exploser… quand ?

La question à se poser est « Pourquoi l’Etat à besoin de se financer auprès de banques privées pour financer des infrastructures ??? »

  • La monnaie n’est pas un bien rare.
  • C’est ce qu’elle permet de faire qui est rare.
  • Ce sont les biens naturels qui sont rares.
  • C’est l’écologie dans laquelle on vit qui est rare.
  • C’est le vivant qui est rare.

Perspectives d’avenir

Selon Christian Gomez

  • Il faut dissocier la monnaie et le crédit.
  • Il faut avoir des banques de dépôt séparée des banques de crédit.
  • Il faut cesser la confusion entre crédit et épargne.

Selon Philippe Derudder:

Interdire aux banques commerciales de créer de l’argent, en les obligeant à avoir la monnaie prêtée sur leur compte en monnaie centrale. Ainsi les intérêts reviennent à la collectivité publique.

Selon François Morin

  • On peut changer les règles du jeu.
  • On revient en arrière sur les libéralisations de taux de change et d’intérêt.
  • On revient en arrière sur l’art 104 du traité de maastricht (et 123 lisbonne)

Selon Jacques Nikonoff

  • On peut désobéir à certains traité internationnaux.. (lisbonne)

Selon Jacques-André Holbecq

  • La monnaie doit être nationalisé. (pas les banques, la monnaie !)

Il faut en terminer avec cette croyance que la monnaie est publique et sous contrôle politique !!!

A cause de ça, le débat se fait au mauvais endroit.

Pourquoi voudrait-on quelque chose que l’on pense qu’il est déjà là ?

Pour sortir de la crise, il suffit de changer le système.

système d’échange économique

<- retour au sommaire: La décroissance, un nouveau projet de société
<- précédent : Les transports

Systèmes d’échange économique

  • Pour toute sorte des besoins plus ou moins importants, nous avons besoin besoin d’un système d’échange
  • Ce système d’échange est un système monétaire.
  • En étudiant le système monétaire actuel, on remarque que c’est celui-ci qui nous pousse dans une économie de croissance exponentielle.  Créer l’argent par le crédit bancaire est une très mauvaise idée.
  • Il existe d’autres systèmes monétaires, (SEL, monnaie fondante) d’autres systèmes économiques.
  • Un système économique intéressant, c’est le revenu de base. Un revenu
  • en relocalisant et en humanisant l’économie on résout beaucoup de problèmes.
  • remplacer concurrence par coopération.
  • pour la gratuité et les biens communs
  • Tout ceci laisse du temps pour profiter de la vie

D’où vient l’argent ?

Dans notre société, il y a une chose que tout le monde connait mais que personne ne comprend vraiment.

Il s’agit de l’argent, et plus précisément du système monétaire. Si l’on va dans la rue et que l’on pose la question: qui crée l’argent ? à un panel de personne au hasard. On a de grande chance de tomber soit sur des gens qui ne savent pas. Soit sur des gens qui pensent que l’on utilise la planche à billet.

Faire tourner la planche à billet est effectivement une des sources de l’argent. Mais elle est très minime.

La plus grande partie de l’argent provient du crédit bancaire !

Lorsque vous allez à la banque pour demander un crédit. Le banquier vous crédite sur votre compte la somme demandée. Il crée cette somme d’argent rien que pour vous.

En fait, cet argent il ne vous le prête que si vous allez le ramener. Le banquier nous vous crée une somme  d’argent que si vous avez un projet qui fera tourner l’économie. Ainsi le montant d’argent est sensé être équivalent au travail que vous allez fournir avec votre projet.

Le hic là dedans, c’est qu’en plus de devoir ramener l’argent que le banquier vous a créé, il y a un intéret sur ce prêt. Vous devez ramener plus d’argent que ce qui a été créé !

Souvent, c’est quelques pour-cent ça parait peu. Mais si l’on calcul bien, un intérêt à 3% double la somme en 24 ans. La plupart des maisons sont achetées par des prêts spéciaux que l’appelle des hypothèques. Les hypothèques ont des durées qui sont dans cet ordre de grandeur de plusieurs décennies pour les rembourser. Il n’est donc pas rare de voir des gens payer plusieurs fois leur maison !

Si l’on généralise ce système. Si l’on prend en considération que tout l’argent créé provient de crédits bancaires. Si l’on se dit que tout le monde doit ramener plus d’argent que ce qui a été créé. Alors on découvre que forcément ça n’est pas possible. Qu’il n’y a pas moyen de ramner plus d’argent que ce qui a été créé !!!

Le système de création monétaire ne fonctionne pas !

En connaissant ce principe, tout s’éclaircit dans mon esprit. Il est logique que toutes les collectivités publiques soit endettées. Vu que l’on à l’habitude de privatiser les bénéfices et collectiviser les dettes, c’est dans l’ordre des choses.

Quand on sait comment l’on crée la monnaie, on comprend aussi pourquoi une crise économique arrive quand on déclare des actifs toxiques. Lorsque l’on décrêt que de l’argent n’en est pas vraiment. On le supprime. Tout de suite, il vient à manquer de l’argent pour assurer les échanges économiques qui était monnaie courrante encore le jour d’avant.

La solution pour résoudre une telle crise est de créer de l’argent. Mais le système de création est tellement mal foutu que l’on ne maitrise que peu de chose.

Il faut réformer notre système bancaire. Notre système de création monétaire.

Pourquoi un Etat devrait-il emprunter de la monnaie à une banque privée ? Pourquoi ne pourrait-il pas créer sa propre monnaie ?

Pourquoi laisser les seuls banquiers décider de quels sont les projets qui mérites d’être financés ?

Les banquiers financent systématiquement ce qui va leur rapporter. Mais sans aucune considération écologique. Si vous voulez financer un objet intuile et qu’il rapportera de l’argent. C’est bon, vous avez le financement. Grâce à celui-ci vous aller tranformer des ressources naturelles en déchêt. Cette opération va rapporter de l’argent. Tout le monde est content. Mais on aura perdu un capital en ressource naturel qui semble compter pour beurre !

En instaurant un vote démocratique sur les projets que la communauté est prête à financer, il y a certainement moyen de faire mieux que le seul avis du banquier !

Vraie monnaie, fausse monnaie

Nous avons vu ci-dessus que la crise est surtout une crise de confiance. La crise est survenue au moment où des gens ont commencé à se dire qu’il y a de la vraie monnaie qui représente une valeur, et il y a de la fausse monnaie qui repose sur des crédits pourris et donc ne vaut rien. Ainsi cette fausse monnaie est sommée de disparaitre !

Pour ceux qui pense qu’il y a une différence entre une vraie et une fausse monnaie, je vais raconter une petite histoire:

Une voyageuse fait une réservation dans un hôtel. L’hôtelier lui demande une caution de 100.- elle lui donne. L’hôtelier se dit:
– Chouette, je vais pouvoir payer le boulanger de ce matin. Le boulanger une fois payé se dit:
– Chouette, je vais pouvoir payer le garagiste, le garagiste se dit:
– Chouette, je vais pouvoir payer le fleuriste… et on fait le tour du village ainsi jusqu’au moment où le dentiste ayant reçu le billet de 100.- se dit:
– Je vais aller payer ma dette chez l’hôtelier.

L’hôtelier reçoit dont en retour le même billet de 100.- qu’il avait donné au boulanger en début de matinée.

Et revoilà la voyageuse, qui annonce à l’hôtelier que finalement elle n’a pas besoin de la chambre, elle continue son chemin. Donc elle exige que l’hôtelier lui rende sa caution. Ce qu’il fait. C’est alors que la voyageuse sort un briquet et brûle le billet de 100.- !
L’hôtelier s’exclame, mais la voyageuse lui dit que ce n’est pas grave:
– C’était un faux !!!

Cette histoire montre que l’argent n’est qu’un vecteur d’échange économique. En soi, il n’y a pas de différence entre du vrai ou du faux argent. Il a fait le même boulot. Il a contribué à promouvoir un système d’échange. La seule chose qui compte c’est d’avoir une quantité d’argent suffisante pour assurer les échanges économiques dont on a besoin.

Si l’on veut pouvoir ajuster la quantité de monnaie en circulation avec le volume d’échange il faut pouvoir contrôler le moyen de créer de l’argent. Avec le crédit bancaire, ce n’est pas le cas !

Alternative

La monnaie n’est pas anodine. Elle n’est pas si neutre que l’on aimerait nous faire croire. Il existe des alternatives à notre système monétaire en vigeur. Des expériences positives on été faite avec le système de la monnaie fondante.

Cette monnaie est appelée fondante, car elle perd de sa valeur périodiquement (p. ex: 1% par mois)

La capitalisation d’argent crée une raréfaction de la masse monétaire. L’idée de la monnaie fondante est de taxer la capitalisation. Si la monnaie circule l’économie se porte bien.

Le système utilisé à Wörgl en Autriche en 1932-33 proposait des billets avec des timbres à coller dessus. Un timbre par mois. Pour utiliser un billet, il faut qu’il ait le timbre. Pour ne pas payer les timbres les gens sont incités à utiliser leur billets le plus vite possible.

Ce système a très bien fonctionné suscitant l’intérêt de nombreuse autres communautés autrichiennes. Cependant la banque nationale y a vu une atteinte à son monopole régalien. L’expérience a donc été stoppée par le gouvernement malgré le succès flagrant de l’expérience!

Pour compenser la perte de valeur périodique de la monnaie. L’Etat crée la monnaie manquante. (vend des timbres à coller sur les billets) Ce qui lui permet de financer les infrastructures publiques.

Donc finalement l’Etat n’a plus besoin de prélever d’impôt!

La naissance du dollar US

Lors de la naissance des USA, des monnaies complémentaires ont été utilisées à plusieurs reprises.

En 1750 Benjamin Franklin raconte que la Nouvelle-Angleterre a résolu ses problèmes économique en abandonnant la monnaie anglaise et en créant une nouvelle monnaie sans intérêt appelée Colonial scrip.

Cette monnaie a été supprimée par le parlement anglais en 1763 provoquant la colère des colons. C’est une des causes de la révolution de 1776.

En 1862, Abraham Lincoln, alors président des Etats du Nord en plein guerre de sésession avait besoin de beaucoup d’argent pour financer l’armement. Les banquiers lui proposaient des taux usuriers. Lincoln a donc créé ce qui est devenu le dollar. (On surnommait cette monnaie les greenback à cause de leur dos vert.)

Cette liberté de création monétaire a beaucoup irrité les banquiers. Les banquiers ont repris leurs droit après l’assassinat de Lincoln en 1865.

En 1913, le congrès des USA créa la réserve fédérale, une banque privée, et lui confia son pouvoir de création monétaire. C’est le système qui est toujours en vigueur actuellement.

Des monnaies abondantes pour assurer des échanges

L’économiste Bernard Lietaer milite pour la création d’une monnaie appelée Terra, qui est liée à un panier de ressources naturelles à l’image de ce que le dollar était liée à l’étalon or.

Cependent Lietaer milite également pour une multiplication des monnaies complémentaires locales.

Le but est de créer des monnaies qui soit liée à une communauté locale pour son propre bénéfice. C’est souvent ce principe que l’on applique dans les SEL. Les systèmes d’échange locaux.

Dans l’égypte antique, on utilisait une monnaie basée sur le grain. Une monaie quie se dévaluait dans le temps comme le grain stocké trop longtemps pourrissait. Ainsi les gens n’ont pas investi dans la monnaie, mais dans ce qui est durable. Dans les infrastructures.

C’est lors de la colonisation de l’égypte par l’empire romain et sa monnaie avec intéret que le système de du grain égyptien a été supprimé. C’est depuis là que l’égypte a perdu sa grandeur.

On retrouve le même principe au moyen âge, entre le 10ème et le 13ème siècles. Il y a de nombreux seigneurs et de nombreuses monnaies qui se dévaluent par des rappels périodiques et réémissions. Les gens ont donc investi dans ce qui est durable. Dans les cathédrales !

D’une manière générale le but d’une monnaie est d’assurer un échange. On doit limiter la capitalisation. Une monnaie doit être abondante et circuler.

Le fait d’avoir un grand nombre de monnaie permet d’utiliser en alternative une monnaie abondante quand une monnaie se raréfie.

Il faut que ce soit la communauté concernée par une monnaie qui décide de ce pour quoi elle va augmenter sa masse monétaire. De ce qu’elle a envie de financer en créant un peu plus de monnaie.

Voici de quoi aller plus loin dans les monnaies complémentaires:

Le revenu de base

Notre société est basée sur la valeur du travail. Si vous ne travaillez pas vous êtes rien! Tous les parti de gauche se battent pour plus d’emplois, il nous faut des emplois !

Or, tout le travail qui a été fait ces 100 dernières années, c’est remplacer les travailleurs humains par des machines.

Il faudrait savoir ce que l’on veut ?

Il n’y a maintenant plus assez de travail pour tout le monde. Pourquoi ne pas militer pour le chômage pour tous ?

Ce que veulent les gens, ce n’est pas un travail. C’est un revenu !

Dans notre société actuelle, on est obligé d’avoir une revenu pour vivre. Donc tout le monde a un revenu. Mais il n’est pas toujours de même nature.

Une étude a été faite en Allemagne sur la provenance des revenus. Sur 10 personnes représentatives de la population:

  • 4 travaillent pour avoir un revenu.
  • 3, surtout les jeunes, ont un revenu par leur famille.
  • 2 vivent de leur retraite ou de leurs rentes.
  • 1 bénéficie d’un revenu de l’assurance chomage ou de l’aide sociale.

Ainsi, seul 41% de la population allemande travaille pour avoir un revenu ! (source faz.net)

Donc c’est une idée fausse de ce dire que c’est le travail qui fourni un revenu !

Sur ce constat, l’idée du revenu de base fait son chemin. Cette idée est aussi connue sous le nom d’allocation universelle, ou de revenu de vie.

L’idée est de proposer un revenu de base inconditionnel pour chaque personne. Ainsi la personne peut réellement choisir de travailler ou pas. Ce système permet de financer de nombreuses activités bénévoles ou sociales comme l’éducation des enfants.

Entre autres, ça résout le problème de financement d’activités comme le développement de logiciels libres ou de contribution à du contenu d’information comme écrire des pages wikipedia. Ce système permet de financer tout ce qui est des biens communs. Vu qu’il n’y a plus besoin de rentabiliser son travail, le fruit de son travail peut être offert à la communauté.

Pour bien comprendre cette idée, je recommande de regarde le film Le revenu de base fait par le bâlois Daniel Häni et le cinéaste allemand Enno Schmidt.

Ce film vient d’être traduit en français et est disponible en téléchargement gratuitement. Il peut également être commandé en DVD pour une modique somme. J’ai également fait une retranscription par écrit de ce film.

Voici un montage que j’ai fais pour présenter l’idée de base de ce film en 6 minutes.

Ce genre de revenu a déjà été proposé sous diverses formes dans de nombreuses régions dans le monde entier. (en France par exemple)

Et la dernière proposition en date est l’initiative parlementaire de Josef Zisyadis pour une allocation universelle. (initiative qui a été balayée en juin 2011 par la commission qui devrait se prononcer dessus.)

Le mérite du film de Daniel Häni et Enno Schmidt, est de proposer une manière de financer ce revenu en remplaçant l’impôt sur le revenu par une taxe sur la consommation. Ça à l’air de tenir debout.

En tout cas c’est une révolution sociale. Le fait de pouvoir choisir dans quoi l’on veut réellement s’engager et ne pas être obligé a accepter tout et n’importe quoi comme travail pour des prétextes alimentaires change radicalement la façon d’organiser la société et ce pour quoi une société toute entière milite.

Pour approfondir le sujet, voici également article que j’ai écrit à propos de revenu de base inconditionnel.

On en parle dans le courrier du 10.11.10.

La fin d’un système économique basé sur le travail

La première version de ce texte a été écrite en octobre 2010. Une année, plus tard, je remarque que le système économique capitaliste basé sur la croissance et le travail est vraiment en bout de course. Il ne fonctionne plus.

On peut résumer l’année 2011 par ces événements:

  • le printemps arabe
  • l’été européen
  • l’automne New-Yorkais
  • … et l’hiver n’a pas encore commencé au moment où j’écris ces mots.

Le printemps arabe est vu comme la chute de plusieurs dictateurs dans des pays arabes. De nombreuses causes sont avancées pour expliquer l’origine de ces printemps.

Une cause dont on parle trop peu à mon avis, est le fait que les gens qui se sont révolté, ce sont surtout des jeunes qui n’arrivent pas s’insérer dans le système économique. Vu qu’ils ne sont pas intégrés, ils n’ont rien à perdre. Il peuvent prendre le risque d’une révolution.

Pourquoi, il ne sont pas intégrés ? Car il n’ont pas de travail. Ce sont souvent des gens qui sont bien formés. Mais qui finissent par devoir survivre en arnaquant des touristes où en vivant de vente de fruits dans la rue.

Quand la proportion de gens mis en marge du système économique devient la majorité de la population (dans les tranches d’âge jeunes), il suffit d’un incident pour mettre le feux aux poudres.

C’est l’auto-immolation d’un jeune marchand de légumes tunisien, qui a été l’événement déclencheur d’un mouvement révolutionnaire qui embrase le monde comme on l’a rarement vu.

Après les printemps arabe, c’est pour les mêmes raisons, que les indignés ont créé des campements à Madrid, puis dans plusieurs villes europénnes.

En europe aussi, est surtout en europe du sud, les jeunes en grande partie au chômage et n’ont que peu de perspective de pouvoir être intégré à la société par le travail.

Puis, en septembre, on voit le même type de campement d’indignés se reproduire avec le mouvement Occupy Wall Street.

Et oui, finalement, il y a les mêmes problèmes dans les pays de l’afrique du nord qu’en plein coeur de New York.

Un récent reportage sur arte, montrait qu’il y a 20% des habitants de New-York qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, et le tiers de ces gens ont moins de 18 ans !

Un quart des jeunes universitaires ne trouvent pas d’emploi à la fin de leur étude. Même avec d’excellent diplôme. Ainsi, certain ne se lancent même pas dans des études qu’ils risqueraient de ne jamais pouvoir rembourser !

On voit ainsi que le système économique basé sur le travail n’est pas capable d’intégrer une partie grandissante de la population. Ainsi, il n’est pas étonnant de voir des mouvements révolutionnaire un peu partout.

Le problème souvent évoqué, est que ces indignés n’ont pas de souhait, de programme, d’alternative à proposer au système actuel.

Pourtant il existe bien des choses que l’on peut faire. La première chose qui me vient à l’esprit est l’instauration d’un revenu de base inconditionnel. Ainsi, le travail n’est plus nécessaire à l’intégration dans une société.

Le travail n’as pas toujours été une valeur telle qu’on la connait actuellement:

La gratuité et les bien communs

Mettre en place un revenu de base permet de favoriser une culture de gratuité et de bien commun. Ces valeurs sont en voies de disparition dans un système capitaliste qui favorise le profit personnel.

Les biens communs sont profitables à tous. Il y a là derrière l’idée de coopération, de collaboration. C’est une culture opposée à l’individualisme du capitalisme.

L’humain est un animal social. Il aime les liens avec les autres et la gratuité. Le capitalisme force les gens à mettre des barrières. Avec ma famille, c’est gratuit, avec les autres je fais payer.

Une société décroissante a pour but d’économiser les ressources, elle va donc favoriser le partage. La gratuité et les biens communs sont donc mis en avant dans une société décroissante.

On peut imaginer un système qui rende gratuit les usages et fasse payer cher les mésusages.

Ainsi, on peut fournir gratuitement la quantité d’eau nécessaire à une personne pour vivre (en suisse une personne consomme 160l d’eau par jour), et faire payer progressivement toujours plus cher ce qui semble devenir un luxe.

Ainsi une personne qui utilise de l’eau pour boire, pourra couvrir ses besoins gratuitement. Mais une personne qui veut remplir sa piscine payera cher son eau.

Le choix de la limite entre usage et mésusage se discute et se vote démocratiquement. C’est une forme de démocratie directe qui peu motivier les gens que la politique rebute à venir donner leur avis.

Système économique alternatifs

Il est temps d’ouvrir les esprits. De démolire la pensée TINA, (There Is No Alternative), ce mode de pensée qui nous fait croire qu’il n’y a pas d’autre système économique que celui que l’on utilise. Les plans d’austérités dont on parles dans les médias ne sont pas des solutions. Ce n’est qu’une bombe sociales que l’on est en train d’amorcer…. et qui va exploser si l’on continue ainsi.

Il existe plein d’autres systèmes économiques ! Il suffit d’ouvrir les yeux et d’avoir un peu d’imagination.

La collaboration collaborative en est un.

Pour en savoir plus à propos de la collaboration collaborative, voici mon article à ce propos….

En bref, la consommation collaborative est basée sur le slogan: moins de bien, plus de liens !

L’idée est de ne plus échanger des objets, mais des droits d’usage sur des objets ou des services.

Ainsi, on réduit l’empreinte écologique en n’ayant plus un système économique basée sur la transformation de ressources naturelles utilisables en déchets inutilisables. Et ceci en favorisant l’individualisme au travers de la pub, afin de de faire consommer le plus possible.

L’idée de la consommation collaborative, c’est le partage, et donc la création de liens sociaux forts.

Collaborative Consumption Groundswell Video from rachel botsman on Vimeo.

 

Pour encourage ce nouveau système économique, j’ai créé la plateforme web:

yopyop.ch

Ce site fourni un outil pour partager les objets que l’on utilise rarement. Ceci aidé par une monnaie locale pour faciliter les transaction entre des gens qui ne se connaiteraient pas bien.

Il existe de nombreux projets basés sur la consommation collaborative. En voici un aperçu avec une liste de liens.

Téléchargez la présentation à propos de la consommation collaborative utilisée lors du cours à l’université populaire (pdf 13Mo)

Favoriser ce qui existe déjà

Pour concrétiser un changement de société. Il faut déjà se rendre compte que nous pouvons favoriser les bonnes initiatives qui sont déjà là et ne plus rentrer dans le jeu du système qui nous déplait.

Un moyen d’agir sur les banques:

Changer votre banque ou changer de banque.

La banque est le coeur du système économique. Ce sont les banquiers, par les prêts qu’il font, qui décident quels sont les projets qui méritent d’être financé ou non.

Pour démocratiser ce système, un moyen efficace est de faire pression sur ça banque pour mettre des critères étiques et non seulement financiers au choix des projets à financer.

comprenons la croissance avant la décroissance

<- retour au sommaire: La décroissance, un nouveau projet de société

L’origine du concept de décroissance

Nicholas Georgescu-Roegen était un économiste mathématicien. Il a remarqué que les économistes se basent sur un modèle économique fondé sur le paradigme de la mécanique newtonienne et ne prennent pas en compte le principe de la dégradation de l’énergie et de la matière. Il a créé un modèle économique qui tient compte de la thermodynamique en introduisant le second principe de la thermodynamique: l’entropie.

L’entropie est ce qui fait qu’un glaçon qui fond dans un verre ne pourra jamais redevenir un glaçon. L’entropie dégrade l’énergie et la matière.

Nicholas Georgescu-Roegen a montré que le moteur de l’économie est en fait très concrètement un moteur thermique.  (si l’on prend en considération que l’industrie fonctionne grâce à la combustion du charbon, puis du gaz, du pétrole, de la fission nucléaire, etc..)

Donc l’économie est une énorme machine thermique qui évidemment dépend des lois de la  physique thermique. Il dresse un constat alarmant: il faut intégrer l’environnement dans le calcul du fonctionnement de l’économie. Sinon on court à la catastrophe ! Il ne faut pas gaspiller nos ressources, l’entropie va s’en charger assez rapidement.

Le concept de décroissance est donc, à la base, un concept économique.

C’est un concept qui veut éviter le gaspillage des ressources naturelles. Un concept qui critique l’idée d’une croissance économique infinie.

Un slogan que l’on retrouve souvent du côté des partisans de la décroissance:

La croissance n’est pas la solution, c’est le problème !

Une explication du mot décroissance nous dit que dans le mot débourser le préfixe signifie « sortir de » sa bourse. Ainsi, selon cette approche, le mot décroissance, signifie: sortir de la croissance.

D’accord, la décroissance veut en finir dur système économique qui érige la croissance en dogme. Mais pour bien comprendre ce que l’on entend par décroissance, il faut déjà comprendre ce que l’on entend par croissance.

Qu’est ce que la croissance ?

La croissance en biologie

La croissance, c’est tout d’abord un terme issue du la croissance en taille des être vivant. Si l’on fouille un peu l’étymologie du mot croissance, on trouve que ce mot vient du latin crescere (« naître, venir à la vie ») qui lui-même est dérivé de Ceres (Cérès, déesse de l’agriculture). (Le nom de Cérès est aussi à l’origine du mot céréales)

Tous les êtres vivants croissent, grandissent en taille, augmentent leur consommation de ressource. Cette croissance peut avoir de nombreuses phases.

Pour un humain, on dit communément que nous grandissons les 20 premières années, puis nous vieillissons pour les pessimistes ou nous murissons pour les optimistes.

Ln(n) en fonction du temps

La croissance d’une colonie de bactérie est souvent caractérisée par une phase de latence, une phase d’accélération, une phase exponentielle, une phase de décélération, une phase stationnaire, une phase de déclin. Tout ce cycle est fortement corrélé avec les ressources à disposition et à la vitesse à laquelle les ressources sont transformées en déchets.

Avec ces exemples, on observe que le terme de croissance peut représenter plusieurs phases, plusieurs sorte de croissance.

Observons du coté mathématique quelles sont ces différentes sortes de croissance.

La croissance en mathématiques

En mathématiques, et surtout en analyse, on étudie des fonctions. On entre une valeur x dans une fonction et on en ressort une valeur y. Une fonction peut être représentée de manière graphique. Ce qui est en général plus parlant.

Nous allons nous intéresser ici aux fonctions avec une croissance positive. C’est à dire des fonctions dont la pente (que l’on peut observer sur un graphe) a une évolution toujours positive.

Il existe plusieurs sortes de fonctions croissantes dont la pente varie plus ou moins vite, qui croissent plus ou moins vite. Si l’on fait un tour des principaux types de fonctions croissantes. On trouve:

Comme une image est beaucoup plus parlante, voici la représentation des ces types de fonctions en images.

croissance.pngcroissance-exponentielle.pngSur la première image on va se placer proche de l’origine, et observer ses fonctions.

La fonction en vert est une fonction linéaire. y=x. C’est la base de la fonction proportionnelle.

C’est la fonction à laquelle notre cerveau humain est le plus habitué.

De cette fonction on peut faire de nombreuse variantes proportionnelle.s Ici nous avons tout ce qui sort est égale à ce qui entre. On peut créer tout ce qui sort vaut 2 fois ce qui entre. Ou même tout ce qui sort vaut 1000 fois ce qui entre. C’est toujours le même type de fonction. Seule la pente va varier.

En bleu, nous avons la fonction y=x2, une fonction polynomiale. Une fonction qui est composée de puissance. Ici nous avons la puissance 2, la fonction « au carré ». Tout ce qui sort est ce qui entre multiplié par lui même.

Ce type de fonction est déjà moins intuitif pour notre cerveau humain. C’est ce genre de fonction qui régit les mouvements accéléré et les énergies potentielles mécanique. En d’autre termes quand une voiture a un accident, quand elle frappe un mur ça fait mal. Contrairement à une intuition courante de notre cerveau, ça ne fait pas mal proportionnellement à la vitesse, mais proportionnellement à la vitesse multipliée par elle même !!

Donc ça fait encore plus mal !

En rouge nous avons la fonction exponentielle. En mathématique on dit qu’une fonction exponentielle est une fonction qui est capable de transformer une somme en un produit. Pas très intuitif! C’est une fonction qui est difficile à comprendre pour le cerveau humain.  C’est une fonction qu’il est plus facile de comprendre par des exemples de phénomènes à croissance exponentielle.

Quand on parle de croissance exponentielle, on prend souvent l’exemple de la croissance d’une population.

De plus, exprime souvent la croissance exponentielle sous forme d’un pourcentage : une croissance de 10 % par an signifie que la population est multipliée par 1,1 chaque année. (1/100 = 0.1) Cette valeur en pourcent est un taux de croissance.

De manière générale, on occulte souvent la fonction exponentielle en ne parlant que de taux de croissance. C’est beaucoup plus facile. Car, en ne parlant que du taux de croissance on retombe sur une fonction linéaire. Ce que notre cerveau aime bien !

Mais attention, une fonction exponentielle qui a un taux de croissance constant est toujours en pleine croissance !

En observant les deux graphes ci-dessus, on remarque, que proche de l’origine, les trois types de fonctions n’ont pas beaucoup de différences. Puis sur le second graphe, on voit mieux que la croissance d’une fonction exponentielle est très différente de celle d’une fonction linéaire.

L’exponentielle a une pente tellement raide qu’il est difficile de la représenter sur un graphe. Mais on peut tenter de concrétiser un peu plus la taille qu’aurait le graphe pour représenter une exponentielle.

On va se dire que l’unité utilisée sur ces graphes est le centimètre. Ainsi, pour un déplacement de 10cm sur l’axe des x, avec ma fonction linéaire y=x j’obtiens un déplacement vertical de 10cm.

Avec la fonction exponentielle, un déplacement de 10cm sur l’axe des x correspond à un déplacement de 22026 cm, soit 220m !!

Si je pousse ne serait ce que de 1cm sur l’axe des x pour arriver à 11cm, j’arriverai à une hauteur de 598,74 m ! et si je vais à 12cm, j’arriverai à 1,627 km

Vu que j’ai encore de la place sur mon axe des x, je pousse un plus loin pour aller me poser précisément à 24,36cm. Quelle est la distance que j’obtiens sur mon axe des y ? …. et bien j’ai choisi cet endroit précis, car on arrive sur la distance qu’il y a entre la terre et la lune ! Soit environ 380 000 km !

Donc il faut se méfier des phénomènes à croissance exponentielle, ils sortent souvent du cadre de l’entendement de notre cerveau humain. Surtout si en plus on masque la croissance exponentielle en parlant de taux de croissance en pour-cent.

Si l’on reprend l’exemple cité ci-dessus, de la population qui augmente de 10% par an. Pour une population de 1000 personnes:

  • au bout d’un an, la population vaut 1100 personnes. (1.1 x 1000)
  • au bout de 2 ans, la population vaut 1210 personnes. (1.1 x 1100 ou 1000 x 1.1 x 1.1 ou 1000 x 1.12)
  • au bout de 7 ans, la population vaut 1948,717 personnes, soit presque le double. (1000 x 1.17 )
  • au bout de 20 ans, la population vaut 6727 soit (1000 x 1.120 )
  • au bout d’un siècle, la population de ce petit village de 1000 habitants verra sa population arriver à 13,78 millions d’habitants !

Un des exemples courant de fonction exponentielle que l’on utilise, ce sont les crédits bancaires. Il faut se rendre compte qu’une somme investie peut doubler rapidement !

Avec un intérêt à 3%, il faut 24 ans à une somme pour se dédoubler ! Ce sont des valeurs courante pour des hypothèques !

Donc il faut se rendre compte que la plupart des gens payent plusieurs fois leur maison !

Pour bien comprendre, voici un Jeu de la poste suisse pour apprendre à gérer son budget.

Il y a un calculateur de crédit (feuille xls) pour bien comprendre le fonctionnement des  intérêts.

La croissance en économie

Pour le commun des mortels la croissance économique c’est surtout la petit infos du jour dans les médias.

Voici un exemple de ce que l’on a pu entendre sur la rsr le 2 septembre 2010.

La croissance de l’économie suisse se poursuit, au deuxième trimestre, le produit intérieur brut a progressé de 0.9% par rapport aux trois premiers mois de l’année… (…) …et puis les services financiers ont le sourire avec une hausse de 1,6%… voilà pour les gagnants, mais tous les secteurs ne connaissent pas une croissance, les services publics n’ont pratiquement pas créés de valeurs….

Voici cet extrait du journal de la rsr au format mp3

On nous dit dans ce journal radio que la croissance du PIB, le Produit Intérieur Brut a augmenté de 0.9% en suisse pendant la durée du dernier trimestre.

Le produit intérieur brut est un indicateur qui renseigne sur la valeur de l’accroissement des richesses. Quand on nous parle de la croissance du PIB, on nous parle de la croissance d’une croissance.

Il faut se souvenir de la fonction mathématique exponentielle que nous avons vue. Il est possible d’exprimer la pente de la fonction, sa croissance, par une taux en pour-cent. Même si le taux est constant d’une mesure à l’autre, la fonction est toujours une fonction croissante !

Ici on nous indique que le taux de croissance lui même a augmenté de manière croissante. Ainsi on a encore accentué la pente de notre fonction exponentielle. Nous avons un gain qui est énorme, inimaginable pour un cerveau humain.

Cependant la manière dont la croissance du PIB est présentée fausse tout. Si on reproche à une entreprise que sa progression de croissance s’est ralentie, on à l’impression de comprendre que son chiffre d’affaire a baissé. Mais ce n’est pas vrai, il a grandit. Il a même grandit de plus en plus vite. Mais pas aussi vite que ce que certains analystes avaient prévus !

Une valeur en pour-cent n’est qu’une proportion. Le 3% d’une année est forcément plus grand que le 3% de l’année d’avant si l’on refait le calcul en ayant ajouté à la valeur totale la valeur absolue de ce petit bout de 3%.

Ainsi si l’on reprend l’exemple de la population de notre petit village de 1000 habitants.

Si l’on se dit qu’il y a une croissance de 10% de la population les 20 premières années, puis le taux de croissance diminue, on a plus que 8% de croissance les 20 années suivantes, on arrive à une population de:

  • au bout de 20 ans, à 10% la population vaut 6727 soit (1000 x 1.120 )
  • au bout de 20 ans de plus, à 8% la population vaut 31354 soit (6727 x 1.0820 )

Malgré la diminution de 2% de taux de croissance, la population à plus que quadruplé les 20 années suivantes !

Une diminution de taux peut donc quand même être de la croissance !

Mais effectivement dans l’absolu la croissance a été un peu moindre que si le taux était resté à 10%

  • au bout de 40 ans de plus, à 10% la population vaut 45259 soit (1000 x 1.140 )

C’est ainsi que l’on peut voir que même avec une croissance négative du PIB, il est possible de voir une valeur absolue plus grande !

Quelques exemples de PIB selon la page de wikipedia.. mais la fiabilité n’est pas à toute épreuve !

PIB suisse en millions de $:

2006: 377 240
2007: 415 516
2008: 492 595
2009: 494 622 => -1,45%

On nous dit que la croissance du PIB es négative entre 2008 et 2009 alors qu’en absolu le PIB a augmenté !

USA:

2008: 14 264 600
2009: 14 256 275  => -2,44%

Mauritanie:

2007: 2 644
2009: 3 029 => -1,07%

Monde:

2008: 60 689 812
2009: 57 937 460 => -0,60%

Brésil:

2008: 1 572 839
2009: 1 574 039 => -0,19%

Voici un outil pour comparer l’évolution du PIB en suisse et le comparer à l’évolution du taux de croissance annuel de ce PIB


Source: tradingeconomics.com

Evolution du taux de croissance annuel du PIB


Source: tradingeconomics.com

On peut observer d’une manière globale que le PIB en absolu augmente toujours.

Souvent dans les médias on nous parle uniquement du taux de croissance. Le taux de croissance peut augmenter ou diminuer et ainsi on explique que l’économie va bien ou mal. Que l’on est en boom économique ou en récession.

Mais en fait, globalement, la valeur absolue du PIB est toujours en augmentation, en pleine croissance, et même en croissance de type exponentielle.

Voici un graphe qui illustre la valeur absolue du PIB suisse en milliard de $ entre 1960 et 2010:

évolution de la valeur absolue du PIB en suisse depuis 1960.png

On observe que la valeur absolue de ce PIB a déjà doublée dans les 10 dernières années. En 2001, le PIB suisse était de 250 Milliards de $ et en 2010 le PIB suisse est de 500 Milliards de $.

Il subsiste tout de même un biais dans cette présentation, c’est le fait que l’économie suisse utilise beaucoup sa propre monnaie qu’est le franc suisse, alors que ce graphe est présenté en $ dollars US. Le taux de change entre ces monnaies à pas mal changé en 50 ans. Actuellement, en 2011, 1$ = 0.83 CHF alors qu’en 2001, 1$ = 1.7$.

projection de croissance du PIB suisse à 2 pour cent.pngPar rapport à l’inflation, il semble que le dollars de 2011 vaut 7.5 fois moins qu’en 1960.

Comparé à l’or, le dollar perd 98 % de sa valeur entre 1971 et 2010. L’once d’or est passé en 40 ans de 35 à 1 250 dollars. Ainsi, c’est peut être une partie de cette dévaluation du dollars par rapport au franc et permet de soutenir la croissance !

Mais le problème ne change pas. Le PIB ne fait que d’augmenter, même si le taux de croissance est variable.

Ainsi, à l’avenir, il nous faudra échanger encore plus d’objet et de services pour faire croitre le PIB, donc il faudra encore plus transformer des ressources naturelles en déchêts !

De combien va encore augmenter le PIB ?

Il est impossible de prévoir le futur, mais on peut faire comme les économistes qui aime prévoir le futur par des projections du présent.

Si l’on table sur une croissance du PIB de 2% par an on peut utiliser la formule suivante:

y = 500 (1.02)^x

500, c’est les 500 milliards du PIB suisse en 2010, 1.02, c’est pour dire que l’année suivant, on veut le même résultat augmenté de 0,02 fois, c’est à dire 2% et l’année est la variable x en exposant.

C’est donc bien une équation d’une fonction exponentielle.

On peut voir sur le graphe ci-contre de cette fonction que le PIB continue d’augmenter très vite. Tellement vite que mon échelle ne me permet d’afficher que les 2 prochaines années où l’ on arrive déjà à 520 milliards. Donc, d’ici 2 ans, en plus de ce que l’on consomme maintenant, on consommera aussi l’équivalent de ce qui permettait à l’économie du début des années 1970 de tourner !

Mais ceci n’est qu’une projection du passé sur le futur. Seuls les économistes sont assez fous pour penser que l’on peut ainsi prédire l’avenir. Comme je l’ai déjà expliqué dans un article, l’avenir est imprévisible. Les grands événements qui ont marqué l’histoire étaient totalement imprévus.

Avec une telle croissance de 2%, en 2050, (date pour laquelle on fait beaucoup de projections), on devrait, en suisse consommer 2 fois plus de ressources que maintenant.

Une image vaut mille mots dit-on. Alors, j’ai tenté de montrer graphiquement ma projection de la croissance du PIB suisse pour 2050.

 projection de la croissance du PIB suisse à 2 pour cent en 2050.png
J’ai repris le graphe déjà montré ci-dessus, qui montre la valeur absolue du PIB suisse en milliards de $ depuis 1960 jusqu’en 2010.

La surface sous cette courbe représente tous les services et biens qui ont été consommés pour atteindre cette évolution du PIB. En vert, nous avons tout ce qui a déjà été consommé ces 50 dernières années.

Puis j’ai projeté la courbe jusqu’en 2050. Là, si l’on suppose un PIB de 500 milliards de $ en 2010, avec un croissance annuelle de 2%, en 2050, nous arrivons à un PIB de 1100 milliards.

Pour tenter de me représenter le volume de services et biens qu’il faudra consommer pour atteindre ce PIB de 1100 milliards en 2050, j’ai cloné la surface verte en surface jaune. J’ai rempli tout l’espace à disposition avec des surfaces jaune. (En terme mathématique, calculer la surface sous une courbe revient à calculer l’intégrale de cette fonction.)

J’arrive presque à placer 3 fois cette surface dans l’espace à disposition.

Cela signifie que pour atteindre le PIB qui correspond à une croissance annuelle de 2% jusqu’en 2050, nous aurons besoin de consommer 3 fois plus de services et de biens que ce qui a été produit entre 1960 et 2010.

Avec tous les problèmes de ressources et de dérèglement climatique que l’on observe à l’heure actuelle, ça me semble juste totalement impossible !!!

Il sembée que c’est  Kenneth E. Boulding qui disait:

Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.

Réfléchissez à ce qu’il faut pour mettre en place une telle économie. Comment va ont pouvoir consommer encore plus ?

Une solution est de rendre tout jettable. Diminuer la durée de vie des appareils et augmenter leur nombre. Vous devrez changer votre téléphone tous les 3 mois, votre ordinateur chaque année, vos habits chaque semaine. Vous mangerez uniquement de la nourriture qui vient de l’autre côté de la planète pour qu’un maximum d’intermédiaires aient pu la toucher, vous n’aurez plus de vaisselle autre que de la vaisselle jettable.

Il faudra privatiser totalement l’espace public. Chaque rue sera payante, le GPS que vous avez toujours sur vous enregistrera votre parcours et permettra à la fin du mois de vous facturer uniquement les trajets que vous avez effectué.

– Restez chez vous et vous ne payerez rien dira la pub des livreurs à domicile.

L’école publique est une charge, on va la privatiser, ainsi elle peut rentrer dans le calcul du PIB, passer de charge à profit !

Dans la même logique, les crèches seront obligatoires. Un parent qui reste à la maison s’occuper de son enfant est un parent qui ne crée pas de valeur ! Un parent qui reste à la maison s’occuper de son enfant est une place de travail de moins dans une crèche !

En bref, on doit étendre la sphère marchande et faire tourner plus vite le circuit économique.

Comment est calculé le PIB ?

Le PIB est un indice qui est construit avec de nombreuses règles. Il y a des choses que l’on comptabilise dans les richesses et d’autres que l’on ne comptabilise pas.

Quand on entend dans le journal de la RSR que les services financiers sourient mais que les services publics n’ont pratiquement pas créés de valeurs, il faut réfléchir un peu.

Le PIB tient compte des gains en bourse, mais il ne tiens pas compte de ce que l’Etat dépense pour financer les écoles.

Autrement dit, pour augmenter le PIB, on devrait ne plus fiancer les écoles et immobiliser tout l’argent ainsi économisé en le plaçant en bourse ! Logique !

De même, les catastrophes sont toujours bonne pour augmenter le PIB. Un accident de voiture fera travailler de nombreuses personnes, des ambulanciers aux vendeurs de ferraille pour l’épave et de voiture pour le remplacement.

La pollution d’une rivière par une usine sera bénéfique pour le PIB, l’entreprise produira à moindre coût si elle n’as pas besoin de filtre anti-pollution pou rejeter son poison. Il faudra de nombreux spécialiste pour étudier la catastrophe et finalement d’énormes travaux pour assainir la pollution !

Si le moteur d’une voiture à l’arrêt dans un embouteillage tourne, ça fait augmenter le PIB. Il faudra m’expliquer où se trouve la création de richesse dans tout ces exemples !

Donc souvent une perte de patrimoine, de vie humaine, de ressources naturelles est comptabilisé comme une richesse !

Par contre l’école, à moins qu’elle soit privée et donc non financée par l’Etat, ne crée jamais aucune richesse. Pire, elle dilapide de l’argent !

Finalement, je me demande vraiment pourquoi les médias nous bassinent autant avec la croissance du PIB ?

D’autres indicateurs économiques

Parfois, il faut savoir changer de lunettes. Garder l’esprit ouvert. Voir qu’il existe de nombreux autres indicateurs économiques que le PIB.

Parmi cette foultitude d’indicateurs économique. On peut s’arrêter sur l’indice de santé sociale, qui comme son nom l’indique prend en compte des questions de sociales et de santé.

Cette indice, contrairement au PIB, comptabilise les accidents de la route comme un drame et nom comme un bienfait. Ce qui semble assez logique.

Voici une comparaison entre l’indice de santé sociale et le PIB américain entre 1959 et 1996:

6 indice de santé sociale américain à neuf variables, de 1959 à 1996.jpegOn remarque un découplage de ces indices aux environs de 1975.

Depuis le milieu des années 1970, la croissance du PIB n’est pas un signe de croissance du bien être comme c’était le cas auparavant.

Voici encore un autre indicateur économique, l’indicateur de progrès véritable.

Cet indicateur est semblable au PIB, mais il prend en compte également la création de richesse qui ne passe pas par une monétisation comme le bénévolat ou le travail domestique.

De plus, il a une composante écologique qui déduit de la création de richesse, les pertes écologiques et les dégâts sociaux.

Voici une comparaison entre le PIB et de l’indicateur de progrès véritable des années 1950 à la fin des années 1990:7 indice de progrès véritable GPI (Genuine Progress Indicator).jpgOn observe que les courbes se découplent vers le début des années 1970. Le progrès véritables stagne, voir diminue quand le PIB croit.

Ainsi on observe que les outils mis en place à la fin de la deuxième guerre mondiale pour évaluer notre économie ne sont pas forcément tout à fait adaptés.

Cela fait 50 ans que nous avons des outils alternatifs pour voir une réalité tout autre que la croissance du PIB comme source de bien être. Pourquoi est ce que l’on garde le PIB comme référence majeure ?

Pourquoi est-ce que les médias nous parlent toujours du PIB dans le flash info et très rarement de la cinquantaines d’autres indicateurs économiques ?

Les choses bougent quand même. Il existe des initiatives du genre de la commission Stiglitz, qui ont pour but de définir de nouveaux indicateurs de richesse plus juste.

Mais finalement, on les a pas déjà ces indicateurs ?

Il suffit juste de décider de ce qui a le plus d’importance dans nos valeurs…. pour le moment, d’après les médias et politiques du moment, on dirait que seul le PIB compte…..

Suite => La publicité, le moteur du consumérisme

Posts navigation

1 2 3 4
Scroll to top