Notes résumé du livre de David Graeber Dette 5000 ans d’histoire

Dette 5000 ans d’histoire

Livre de David Graeber

J’ai fini la lecture de ce livre fini le 16.06.16

Voici mes notes. Comme toujours elles, sont avant tout destinées me servir d’aide mémoire. Donc je ne note que ce qui me sert de bouton pour activer ma mémoire de ce livre qui va avec. Donc désolé si c’est confus pour vous… il vous faudra lire le livre pour vraiment comprendre le détail…..

C’est par ici pour acheter le livre Dette 5000 ans d’histoire…. si ça vous dit…

dette 5000 ans d'histoire graeber

Contexte global: monnaie, dette, religion, Etat, marché…

  • Une pièce de monnaie a 2 faces:
  • → face: l’Etat, la confiance, fides, fiduciaire. Cela indique qui paie la dette en dernier recours. → c’est en général un roi qui est l’intermédiaire avec (les) dieux. La monnaie est donc une dette envers le divin qui nous a créé. OU… face indique l’Etat qui et le représentant d’un peuple. La monnaie est une dette envers la société qui nous permet de vivre.
  • → pile: une unité de compte. C’est le côté outil de quantification d’une dette.
  • Les 2 faces de la pièce représente très bien ce qui est nécessaire à l’émergence de pièce de monnaie:
  • → l’Etat
  • → le marché
  • L’un et l’autre, même s’il sont souvent vu comme opposés, sont indissociables. Ils sont nécessaire à l’émergence de pièces de monnaie.
  • La religion est aussi très liée à la dette.
  • les paroles du « notre père«  utilisent un vocabulaire lié à la dette pour exprimer le pardon comme une remise de dette.

Démontage du troc…..  et des autres idées reçues d’Adams Smith….

  • Morale des échanges
  • Lévi Strauss dit qu’il y a un principe de réciprocité, que tout est échange entre humain → faux
  • → On observe que le « communisme fondamental » est le socle à tout.
  • → par exemple quand on prêt à donner une cigarette ou du feu. → On appartient à la communauté des fumeurs.
  • Le communisme fondamental → « chacun ses besoins, chacun ses capacités »
  • On trouve beaucoup de communautés « villageoises » qui fonctionnent sur le principe de relation croisées pour maintenir la communauté. → 2 moitié de village.
  • → les mariages se font uniquement avec l’autre moitié.
  • → les morts sont enterrés par l’autre moitié.
  • Chez les Iroquois, il y a un système de répartition de la production. C’est une hutte longue, qui est une sorte d’entrepôt. Tout ce qui est produit en surplus est déposé là. → les femmes se chargent de répartir les biens.
  • Il n’y a pas de principe de réciprocité des échanges dans une communauté de base. (famille, amis) → les gens que l’on est prêt à aider pour déménager.
  • L’homo économicus n’existe pas. La preuve → Il y a même un certaine influence de la morale « communiste » sur les marchés.
  • → les commerçants ont tendance à faire payer plus cher les riches et moins cher les pauvres. Ou plus cher les étrangers et moins cher les amis et la famille.
  • → C’est pour cette raison qu’on observe que souvent les petits commerçants de quartier ne sont pas de la même ethnie que la majorité des habitants du quartier ! → sinon ils ne pourraient pas gagner d’argent.
  • L’étymologie du mot hôte, hospitalité est la même que hostile, otage.
  • → l’ennemi, l’étranger est souvent accueilli en hôte, on lui donne tout pour en faire un ami.
  • Le don est un outil pour créer et valoriser des relations sociales.
  • L’homo économicus est toujours dans la logique d’arnaquer tout le monde. Les siens ou l’étranger
  • Chez les Tiv du Nigeria → la société est faite de dons entre tous. (les étrangers se voient effectivement offrir plein de chose dès leur arrivée)
  • → chaque don, doit être compensé par un autre, mais jamais exactement. Sinon ça tue le lien.
  • → c’est comme des amis qui se payent des bières. → la dette d’un envers l’autre va les forcer à se revoir. Si les amis sont quitte….. et bien ils se quittent !  le lien se brise.

Voici encore un complément à propos du Mythe du Troc, c’est l’avis du prof Jean-Michel Servet…

Pourquoi est-ce qu’il parait moral de devoir rembourser une dette ?

Quelles sont les conditions nécessaires à l’établissement d’un crédit et d’une dette ?

→ Voilà les questions qui ont motivées ce livre.

→ Ce livre lié à la dette est surtout une histoire de la monnaie.

  • La dette (et le crédit) ne sont à la base accepté que si le contrat parait juste.
  • ne se pratique qu’entre 2 parties qui sont jugée égale. (même classe sociale, même caste, ou liberté globale, égaux devant la loi, etc.)
  • → ainsi dans un contrat juste. Contracté entre 2 parties égales. Celui qui rompt le contrat failli !
  • → donc le débiteur qui ne rembourse pas est condamné ! → il est en tort
  • Il existe de nombreux cas d’échanges, de contrat entre des parties qui ne sont pas égales (entre un citoyen et un roi)
  • → c’est un don.
  • Une dette qui est impossible à rembourser est soit un don, soit un contrat nul. Il doit exister un moyen ou un autre de rembourser la dette, de retrouver l’équilibre entre les parties.
  • Une dette est finalement un contrat entre 2 parties égales (devant la loi) dont l’un renonce à son égalité pour un temps.
  • → si une dette n’est pas possible à rembourser, c’est que les personnes ne sont pas égales. Il y a donc des risques que les relations soient une sorte d’esclavage.
  • Un contrat de travail est-il une dette ? → d’un certaine manière oui.
  • → l’esclavage c’est de la vente
  • → le salariat c’est de la location. C’est un rapport de classe seulement pour un temps donné.

Pour illustrer ce propos… voici 1 minute avant l’abolition de l’esclavage…

  • Les formes de politesse sont également très liées au vocabulaire de la dette.
  • → Merci = être à la merci de l’autre
  • Thank you = vient de Think → je penserais à ce que vous avez fait pour moi.
  • obrigado → Je suis votre obligé
  • → de rien, de nada → c’est gratuit, je n’inscrirais rien à comptabilité.
  • Ces formes de politesse sont apparues au XVI et XVII ème siècle → en même temps que la révolution marchande.
  • Ces formes de politesses sont des formes de reconnaissance de dette morale.
  • Dans les sociétés primitives, les dettes impossibles à payer (comme les disparitions ou échange d’humain: mariage, mort) sont reconnues à l’aide, de pièce métalliques, de tissus, de coquillages, de boucles, de bracelets, etc…. → bref, quelque chose qui ressemble beaucoup à de la monnaie. Mais ce n’est pas du tout des monnaie qui ont la fonction de ce que l’on attribue à une monnaie.
  • → ces « monnaies » sont juste des reconnaissance de l’impossibilité de remplacer un être humain et son histoire, inscrit dans un réseau social. Chacun humain est unique.
  • → lors des mariages, l’homme donne à sa belle famille ce genre de reconnaissance en pièce. → beaucoup d’étrangers y ont vu une manière d’acheter des femmes. Mais c’est faux. (la société des nations à même lancé un processus pour interdire ces pratiques avant que des anthropologues expliques qu’il n’y avait en aucun cas achat de la mariée. )
  • → la preuve c’est qu’une fois marié. L’homme ne peut pas « vendre » sa femme.
  • Nous avons là un exemple typique « d’économie humaine ». D’échanges pour créer du lien communautaire.
  • Mais, le principe d’économie humaine peut déraper….

La violence peut créer les conditions de l’esclavage (p 221.)

  • Un mari ne peut vendre sa femme. Mais il peut la mettre en gage (ainsi que ses enfants) si il s’endette.
  • Puis dans un second temps, des reconnaissances de dettes peuvent s’échanger.
  • → ainsi, il y a possibilité détournée d’échanger des personnes en gage en échangeant des reconnaissances de dette !
  • En cas de guerre entre village, chez les Lele, la seule chose qui reste contre paiement, c’est la monnaie. Il devient possible d’échanger des humains dans des cas où la violence règne et que les personnes sont sortie de leur contexte.
  • Quand la violence arrive et sort les humains de leur réseau social. Une personne peut devenir l’équivalente d’une autre personne.
  • C’est là que l’esclavage peut prendre forme.
  • Il faut différentier l’esclavage en pleine propriété du péonage, qui est un esclave pour dette.
  • Quand le commerce d’esclave est arrivé sur les côte africaines, c’est un peu comme si de nos jours une bande d’extra-terrestres sur-armés et avec une morale incompréhensible donnaient une prime de 1 million à chaque personne qui lui livre un esclave. → Même si la majorité de la population résiste à cette pratique immorale. Il y a une poignée de gens peu scrupuleux qui vont vendre leur péon, et lancer des razzias dans les villages reculés pour aller enlever des gens.
  • Les ravisseurs sont souvent eux mêmes endettés envers les marchands d’esclaves, avec en gage leur propre famille. → ainsi ils n’hésitent pas à enlever des gens pour sauver leur propre famille !
  • → il est même arrivé parfois que les navires marchant partent avec les personnes en gage vu que les ravisseurs ne livraient pas dans les délais !
  • A Bali, le roi a encouragé les combats de coqs, pour favoriser la fièvre du jeu et des paris. → ainsi il favorise que des personnes s’endettent (et leur famille avec en gage)
  • → le commerce d’esclave (péon) est devenu florissant.
  • ce style d’esclavage est souvent lié aux services sexuels.
  • En – 1300 av. J.C, en Asyrie avec l’augmentation de l’esclavage des pauvres, il est donc devenu important de distinguer les femmes libres des prostituées. Pour des raisons d’honneur. (qui est un système de comptabilité)
  • → c’est à cette occasion que le port du voile a été utilisé.
  • le port du voile a été interdit pour les prostituées.ce qui a eu pour conséquence que toutes les autres femmes se sont voilées.
  • En Grèce on observe les mêmes genres de pratiques. (→ quoi ? .. les femmes étaient voilées dans le berceau de l’Europe occidentale !! 😛 )
  • En – 600 av. J.C, en Grèce, apparaissent les marchés. (le communisme dans les foyers, le marché à l’extérieur)
  • Quand surviennent des crises de la dette. → il y a des mouvements populaires qui mettent en place des tyrans qui annulent toutes les dettes. (et donc libères les esclaves pour dette)
  • Une autre solution qui existe s’est l’envoi des pauvres en conquête militaire de la Méditerranée.
  • p236. Le mot « intérêt » en grec signifie « progéniture, enfants »

Rome antique

  • Rome a conquis 3 fois le monde, et chaque fois plus profondément.
  • → avec ses armées
  • → avec sa religion (via le catholicisme romain)
  • → avec ses lois → le droit romain est la base du droit actuel
  • Il y a de nombreuses notions actuelles du droit et du système politique qui sont issues du droit romain, notamment la notion de « propriété« .
  • Propriété = « relation avec une chose » → beaucoup de juristes se sont demandés comment on peut entretenir une relation avec une chose ?
  • → tout s’explique quand on sait que la chose en question était un esclave !
  • La notion de propriété a été définie pour régler des problèmes liés aux esclaves (1/3 de la population romaine !) Puis cette notion de propriété a été étendue aux autres choses. (« res« )
  • le mot « libre » → « libertas » signifiait à la base, non pas un détachement de tout, mais le contraire de l’esclavage. Soit « être intégré dans un réseau social ». → En fait, c’est l’esclave qui est libre de tous liens, sauf de celui de « propriété » qui le lie à son maitre.
  • un esclave affranchi devenait automatiquement citoyen romain. (ce qui a du être cadré quand des petits malins ont trouvé une manière rapide de devenir citoyen romain, se faire esclave… puis acheter son affranchissement)
  • Le mot libre en anglais: « free » vient d’un mot germain qui veut dire « ami ». → On retrouve le lien social.
  • Le sens a gentiment évolué: la liberté est en fait un pouvoir. Voici pourquoi:
  • propriété = « dominum » → 2 sens:
  • → une propriété, un domaine. (on voit ici l’origine du mot)
  • → dominimum vient de dominus = le maitre de maison (il domine) (maison = domus)
  • C’est donc le pater familia qui domine la maisonnée, qui est propriétaire des murs et des habitants !
  • → en effet, à l’époque le pater familia a tout pouvoir sur toute la famille, sa femme (en co-propriété avec les parents de sa femme), ses enfants, ses esclaves qui font aussi partie de la « famille ».
  • Donc rendre sa liberté à un esclave, c’est lui donner le pouvoir. (d’être propriétaire, des autres et de lui même)
  • Le droit n’existe pas. → C’est du pouvoir aussi.
  • Le pouvoir c’est des obligations des autres.
  • On voit ici que l’on prépare le terrain aux contractualistes qui ont définit quels droits l’Etat doit garantir. (la propriété, la sécurité ( sa liberté) ou l’égalité (face à la loi) ?)
  • On peut donc refaire un lien entre esclavage et salariat.
  • → Tout comme une propriété (domaine), une propriété (pouvoir, liberté) peut se vendre, s’acheter et se louer.
  • → en abolissant l’esclavage on a aboli l’achat et vente d’humains. Mais pas la location → le salariat.
  • p.255 Conclusions
  • Economie humaine = réseau social. → une monnaie de reconnaissance d’une relation impossible à remplacer et quantifier.
  • La violence peut casser les liens et créer des personnes interchangeables.
  • L’honneur va avec la violence.
  • L’honneur se comptabilise.
  • → réduire l’autre en esclavage est un moyen de s’approprier son honneur.
  • → un roi qui a plein d’esclaves est plein d’honneur.
  • → un pauvre qui est endetté a perdu son honneur.
  • → une femme qui se prostitue pour payer ses dettes a perdu son honneur.
  • En Irlande, il existait toute une comptabilité des dettes d’honneur.
  • → un roi vaut 7 vaches ! (il faut dire qu’il y avait 150 rois..)
  • (je me demande bien ce que signifie l’expression « Mettre un point d’honneur à.. » ?)
  • Un roi est maitre, mais est aussi tout seul → il n’a que des relations de pouvoir sur d’autres.
  • En terme individuel, si l’on est isolé comme le roi, le droit romain nous permet de se voir maitre de soi-même. → d’avoir le pouvoir sur soi-même. (user, et abuser)
  • Dans l’économie comptable (d’honneur): La liberté → liée avec le pouvoir
  • Dans l’économie humaine: la liberté → liée à sa place dans un réseau social.
  • Avec le temps, on a supprimé la violence physique et l’esclavage de pleine propriété qui va avec.
  • → mais on a conservé le pouvoir personnel d’aliéner sa liberté dans le salariat ou la dette.

p.259

Chapitre 8: Crédits contre lingots. Les cycles de l’histoire

  • Dans l’histoire de la monnaie, il y a des cycles.
  • → Alternance entre les monnaies métalliques (en général en temps de guerre) et les monnaies crédit (en temps de paix suffisante pour créer la confiance)
  • -3500 à -800 av.J.-C. → les grands Etats agraires → monnaie de crédit
  • -800 av.J.-C à 600 ap.J.-C. → l’âge axial. → monnaie métallique
  • → apparition simultanée de monnaie métallique en Grèce (frappée), en Inde (poinçonnée), en Chine (coulée)
  • → les différentes techniques de création de monnaie montrent bien que le concept est apparu séparément.
  • 600 à 1450 → Moyen âge → crédit
  • 1450 à 1971 → Empire capitaliste → monnaie métallique, Etalon or.
  • 1971 à maintenant → période indéterminée → impérialisme de la dette.
  • Le soldat aime bien la monnaie métallique anonyme, on peut la voler. Il n’y a pas besoin d’avoir un lien avec la communauté. → un peu comme les dealers actuels de l’économie souterraine.

frapper la monnaie celtes

Mésopotamie

  • Sorte de communisme fondamental entre famille et voisins.
  • Crédit mutuel sur tablette d’argile dès que la confiance est moindre.
  • Invention de l’intérêt:
  • → quand les gens se connaissent bien, entre marchands connus → on se prêt sans intérêt. → On se partage juste les bénéfices.
  • → quand il faut prêter à un aventurier en qui on a pas confiance, qui part loin et qui peut raconter n’importe quelle aventure invérifiable pour diminuer son bénéfice à partager à son retour. → là on fixe le rendement à l’avance.
  • La dette et les péon existent. Les personnes en gage aussi.
  • Il y a régulièrement des mouvements d’endetté et leur famille en gage qui juste avant de se retrouver en péonnage s’échappent pour aller vivre hors des villes avec les nomades. (souvent plutôt de tendance très patriarcale)
  • en ~ -2450 le Roi sumérien de lagash, En-metena crée la première libération de dette connue de l’histoire. [amargi] = libération.
  • → c’est une grande remise à zéro. La dette est effacée, et les gages rentrent dans leur famille.
  • Ce type de libération a été faite régulièrement pour éviter que les nomades soient trop nombreux et finissent donc par envahir et détruire la ville.
  • au fil du temps, ce genre de libération a été institutionnalisée sous la forme du jubilé.

p272.

L’âge axial

  • L’âge axial c’est la période charnière très féconde pendant laquelle toutes les grandes religions et philosophies ont été créées.
  • La période est un peu floue. Dans le cadre de ce livre, on utilise: -800 av. J.-C. à 600. Soit de Zarathoustra à Maomet.
  • C’est un âge caractérisé non pas seulement par les religions, mais aussi par de nombreuses guerres.
  • les 1ères pièces de monnaies sont apparues en Lydie (Grèce) elle sont frappées par le célèbre roi Crésus à partir d’alliage d‘électrum (or, argent, cuivre) que l’on trouve naturellement dans le fleuve Pactole.
  • Parallèlement, en Inde et en Chine, à des époques similaire des pièces de monnaies sont également fabriquées.
  • En -480, il y avait 100 états qui frappaient de la monnaie.
  • Pourquoi ce changement de la monnaie crédit à la monnaie métallique ?
  • Le principe est le suivant:
  • Un Etat à besoin de renforcer son armée.
  • L’aristocratie militaire est trop peu nombreuse, les soldats paysans pas assez bons soldats.
  • → l’astuce est donc de créer une armée professionnelle. (des mercenaires)
  • Le hic, s’est comment les payer ?
  • → le crédit n’est pas pratique vu qu’ils seront hors réseau social, en guerre loin de chez eux, (les mercenaires sont mêmes souvent étrangers).
  • → Les soldats doivent pouvoir acheter tout de suite des vivres à des paysans et se déplacer plus loin sans peut être jamais revoir ces paysans.
  • L’idée à donc été de se déplacer avec des richesses à donner en échange de nourriture. → pour transporter le moins de chose possibles, ce sont les richesses les plus denses qui ont été utilisée. → les métaux.
  • (en chine, on trouve aussi les perles de jade, les bêches et les couteaux)
  • Second hic, c’est que le paysan n’est peut être pas du tout intéressé par un morceau de métal. ça ne se mange pas.
  • → L’Etat doit donc trouver un moyen pour imposer sa monnaie. → il invente l’impôt. (le mot est parlant)
  • Le principe de l’impôt est donc le même que celui d’une mafia qui racket les commerçants → tu me donne une part de ton bénéfice sinon je te casse la gueule. → ainsi les paysans ont intérêt à accepter des pièces de monnaies des soldats.
  • Le système fonctionne si bien, qu’il devient viral:
  • → l’armée professionnelle est beaucoup plus forte que tous les autres. La tentation est grande de conquérir le monde.
  • → lors d’une conquête, il n’est plus nécessaire de massacrer les paysans conquis pour avoir à manger. Il suffit de leur payer la nourriture et leur nouveau souverain les soumettra à son impôt.
  • Le soucis de la conquête, c’est qu’il faut toujours plus de monnaie.
  • Cette monnaie provient initialement de la refonte du butin. Donc souvent des objets pris chez les riches et dans les temples.
  • Au bout d’un moment ça ne suffit plus. → Il faut aller extraire des métaux dans les mines.
  • → On emploie des esclaves pour travailler dans les mines.  (on sait que 10 000 esclaves sont sont échappés des mines d’argent du Laurion grec. On estime qu’il y en avait 20 000 selon Thucydide, dans Histoire de la guerre du Péloponnèse, VII, 27.)
  • → Les esclaves sont capturés dans les conquêtes
  • → Pour conquérir des esclaves il faut payer des soldats…
  • Le système s’auto-entretient et il favorise la croissance.
  • C’est ainsi que les Etats qui ont créé des monnaies sont rapidement devenus des empires.
  • → C’est le cas, en Grèce, en Inde (Ashoka), en Chine
  • Les Phéniciens qui dominaient commercialement la Méditerranée se sont fait détruire par les empires. (Perse, Alexandre le grand et Rome)
  • Les phéniciens connaissent très bien les pièces de monnaie, mais n’en avaient pas besoin pour leur commerce. Il préféraient les reconnaissances de dette.
  • Les phéniciens n’ont adopté les pièces de monnaie métallique que en – 365 (alors qu’en Grèce c’était connu depuis -480), car ils ont du payer des mercenaires siciliens pour défendre la ville de Carthage.
  • → conclusion: le commerce n’a pas besoin de pièce métallique. C’est la guerre qui en a besoin.

monnaie-batz-vaud

Les religions. p.290

  • Les grands changements des conquêtes de l’âge axial changent également la vision du monde et la philosophie des gens.
  • Après avoir conquis l’Inde, l’empereur Ashoka ne voulait plus de violence. Il a donc commencé à financer la religion bouddhiste naissante.
  • En chine, c’est le confucianisme qui s’est développé et qui a été soutenu par l’empire.
  • La philosophie des monnaies métalliques induit que l’on ne s’intéresse plus trop au décors de l’échange comme du temps des dettes mutuelles. → il ne sert plus à rien d’entretenir le réseau social (même en mentant)
  • → sur un marché qui vend du butin de guerre, il vaut mieux parfois ne pas poser trop de question !
  • Ainsi le coeur de l’échange devient le « ratio » de marchandise que l’on peut obtenir pour une certaine quantité de donnée. → le « rationalisme » est né.
  • → ce qui compte, c’est le profit dans la transaction. Pas d’entretenir le réseau social.
  • Le confucianisme décrit le monde en terme d’avantage personnel et de profit comme motivation de chaque action.
  • p298
  • En Grèce, Milet est une des première ville a adopter les monnaies métallique, c’est aussi une des première ville a fournir des mercenaires.
  • Thalès de Milet, est un mathématicien, philosophe connu. Il fait partie de ces philosophes qui ont lancé un nouveau concept. → une substance polymorphe sous-tend toute chose en ce monde.
  • → le concept d’atome, apparu à cette époque est issu de ce genre de philosophie.
  • On peut faire un parallèle entre l’idée d’une substance polyforme qui sous tend tout…   et la monnaie métallique qui s’échange et prend toute les formes.
  • Auparavant, c’était le modèle de 4 ou 5 éléments, eau, air, terre, feu (métal) qui expliquait le monde
  • p.303.
  • Résumé de l’âge axial.
  • le marché est issu de l’Etat et les deux sont indissociables.
  • → le système fonctionne grâce au complexe: armée-pièce-esclave
  • → philosophie rationnelle → matérialiste → les forces matérielles au lieu de divines
  • le sens est donc l’accumulation matérielle au lieu du lien social
  • En réaction à ce matérialisme, une morale éthique se développe
  • → un terreau se fait pour le développement de religions qui rassemblent ceux qui ne veulent pas évacuer le divin et qui ne sont pas adepte du matérialisme.

Les limites de la croissance

  • A un moment donné tous les empires ont fini par s’effondrer (ce serait intéressant de clarifier pourquoi ? manque de ressource dans les mines ? complexité mal gérée ? morcellement des terres, rivalité de succession ?)
  • Au moment de l’effondrement des empires. Les empereurs ont tenté de faire tenir leur empire sur une nouvelle base → les religions qu’ils avaient laisser vivre pour lesquelles ils n’avaient pas trop d’intérêt.
  • Ils ont tenté de transformer ces religions en religion d’Etat.
  • → Inde → Bouddhisme  (Ashoka)
  • → Rome → Christianisme (Constantin)
  • → Chine → Confucianisme (Han Wu Li)
  • Le résultat a été très variable:
  • → Inde: l’empire à disparu. → en 500 ans le bouddhisme a été évacué d’Inde !
  • → Rome: l’empire d’occident s’est effondré. L’empire d’orient a tenu encore mille an.
  • → Chine: l’empire s’est effondré… mais s’est reformé quasi immédiatement grâce à la morale confucianiste qui était une administration d’empire bien tenace.
  • Résultat, même si le but était une fusion, dans la pratique on observe une dualité. Une division des sphères
  • → la sphère morale dominée par la religion
  • → la vie publique et économique dominée par l’Etat
  • → la chine a quand même réussi plutôt bien sa fusion, même si la monnaie métallique s’est effondrée.
  • On entre dans le moyen âge.

Moyen âge

Chapitre 10. p.307

  • C’est la période du retour des monnaies de crédit. (même si les unités de mesures sont toujours les monnaies métallique romaine.) Dinar vient de Denarius
  • ~ 400 → Effondrement des empires (effondrement de l’empire romain occident 476)
  • Effondrement de la population.
  • Effondrement des villes.
  • → les campagnes vivent nettement mieux → Elles ne doivent plus nourrir les villes !
  • Des périodes de types « moyen âge » sont arrivées dans les 3 grandes parties du monde: Europe, Inde, Chine, Mais pour l’Europe cette période a été très tardive.
  • Le premier Moyen âge a eu lieu en Inde.

Moyen âge indien

  • L’empire et son complexe « armée-pièce-esclave » a commencer à manquer de pièces pour payer ses mercenaires.
  • → les mercenaires ont commencé à être payé en terre.
  • → l’empire s’est morcelé.
  • L’hindouisme a repris le dessus
  • La caste des Brahmanes à pris le dessus
  • Les Brahmanes ont renforcés le système de castes pour réorganiser la société. → « loi de Manou »
  • Chaque caste a des devoir (dette) envers les autres castes pour faire fonctionner la société
  • Les Brahmanes ont des dettes envers les dieux
  • Avec la fin de la monnaie métallique, c’est le retour des crédits.
  • → les taux d’intérêt sont très différents suivent les castes. → de 2% à 60%.
  • → tout est conçu pour que les personnes ne puissent pas changer de castes. → les taux d’intérêt ne sont que le reflet de cette volonté.
  • → les dettes s’héritent de génération en génération… mais sont effacées au bout de 3 générations.
  • le système des castes est tellement bien implanté qu’il devient naturel. → l’économie fonctionne grâce à ce système. Chacun a sa place. (ainsi, on ne se demande pas… « qui va faire les sales boulots »)
  • Globalement, il semble que, les gens, même de basse caste vivent pas trop mal. → ils n’ont plus à nourrir les villes. (comme les serfs européens → Serf en latin = coloni)
  • → l’Inde est passée d’un pays qui abritait les plus grande villes du monde à un pays au centaine de milliers de villages.

Moyen âge chinois. P. 315-16

  • La bureaucratie du confucianisme tient la Chine, même si c’est une suite de révoltes partout.
  • → entre 613-615, on comptait 1.8 révolte par heure dans l’empire chinois !
  • Gouverner l’entier de la chine de manière centralisée est donc illusoire. → c’est de la gestion des révoltes qui se pratique. Des régulations pour tendre vers un objectif.
  • L’idéologie confucianiste est la base de la stabilité:
  • → patriarcat
  • → égalité des chances
  • → la promotion de l’agriculture
  • → impôts légers
  • → le contrôle des marchands par l’Etat
  • → la lutte contre les envahisseurs nomades
  • La recette gagnante de la stabilité est: un Etat pour les marchés, mais contre le capitalisme. (Pour l’échange juste, contre le profit)
  • L’omniprésence du Confucianisme en Chine est concurrencé par l’arrivée du Bouddhisme via les caravanes de marchands.
  • Les temple bouddhiste invente un nouveau type d’offrande divine. → La donation perpétuelle
  • → une personne fait don d’une richesse et le temple vit des intérêts de ce don (~15%). Sans jamais toucher au principal.
  • → c’est une invention capitaliste.
  • Ainsi les richesses se concentrent à nouveau dans les temples.
  • → ça dérange l’empire, qui lui utilise toujours des pièces de monnaies en bronze. → le pièces ont tendance à disparaitre dans les temples et se retrouvent souvent fondues et coulées en statues du Bouddha.
  • → l’empire chinois fait donc régulièrement des attaques et rase des temples bouddhistes pour réguler son marché.
  • En 806, le papier monnaie est inventé par les temples bouddhistes.
  • → C’est la fortune des temples qui est utilisée pour garantir ces « billets de banques ».
  • → On retrouve ainsi une monnaie non plus métallique, mais des types « reconnaissance de dette ».
  • → Ces papiers monnaie sont utiles pour les marchands (vu que les bouddhistes sont souvent des marchands)
  • → L’idée du papier monnaie sera reprise par l’Etat chinois.

Moyen âge occidental p.332

  • ici par « occidental » on parle plutôt de ce que l’on appelle plus couramment « le moyen orient ». → tout est relatif
  • L’Europe de ce début de moyen âge n’est pas très intéressante. → La partie innovante, c’est le monde musulman. → Islam.
  • Le monde musulman est l’aile marchande du monde occidental.
  • Le monde musulman fonctionne de façon quasi opposée au monde chinois:
  • → Les musulmans aiment le droit, les lois écrites. Ils ont des juristes (ouléma) → En Chine ce sont les lettrés cultivés (fonctionnaires confucianiste) qui font la justice. (elle n’est pas écrite, on fait appel à ces personnes pour juger en cas de besoin)
  • → L’Etat et la religion sont des autorités séparées (voir parfois opposées) dans l’Islam → en Chine c’est fusionné
  • Le morale musulmane interdit l’esclavage d’autres musulmans (et gens du livre… donc juifs et chrétiens)
  • → les soldats sont tous des esclaves (souvent turcs) (Mamelouk) → ceci pour éviter de tuer d’autres croyants !
  • Le commerce est bien vu dans l’Islam (contrairement à la situation dans l’Europe chrétienne)
  • → Le prophète Mahomet était commerçant !
  • Le commerce est positif, mais l’intérêt est interdit.
  • → On utilise un système de commissions pour rémunérer les commerçants.
  • Les riches marchands mettent en banque leur fortune et achète tout à crédit à l’aide de reconnaissances de dettes tirables à la banque indiquée. → Sakk → d’où vient le mot « chèque ».
  • Le chèque (comme tous les contrats) est garanti par la réputation du marchand (honneur). (vu que l’Etat ne veut surtout pas intervenir dans le marché)
  • → L’Etat n’accepte pas les chèques pour payer les impôts.
  • p.342
  • Beaucoup de théories d’Adam Smith sont en fait des idées que des auteurs musulmans comme Tusi et Ghazali (1058-1111) avaient déjà publiées des siècles plus tôt !
  • La différence c’est que Smith voit le marché comme une extension de la concurrence entre les humains, alors que les musulmans voient le marché comme l’extension de la coopération entre humain.
  • → Les musulmans ne voient la monnaie que comme intermédiaire et outil de mesure. Mais jamais comme une fin en soi.
  • Au final, malgré des systèmes opposés, les musulmans et les chinois arrivent à la même solution de stabilité:
  • → pour l’encouragement du commerce, mais contre le profit. (Pour l’échange juste, contre le profit)
  • Dans le système chinois, c’est l’Etat qui garanti le marché. Dans le système musulman, c’est l’honneur du marchand qui garanti le marché.

Moyen âge dans la Chrétienté p.345

  • Le moyen âge en Europe, utilise comme monnaie les « monnaies imaginaires » carolingienne, le ecu, escudos…
  • Les rois réévaluent sans cesse leur monnaie
  • → les échanges principaux se font en crédit.
  • Le Deutéronome 23.20-21 interdit l’intérêt dans le commerce avec ses compatriotes (nokri) → l’intérêt ne peut se pratiquer qu’avec les étrangers. → par extension seulement les ennemis.
  • → Pour les chrétiens le commerçant est mal vu (au contraire du commerçant aventurier musulman comme Sinbad qui est un héros)
  • La question de la définition de l’usure est sans fin. → L’usure = ce qui dépasse le montant prêté, ou alors toute forme de profit ?
  • Les écrits d’Aristote (politique 1258b) sont aussi très suivi:
  • → l’économie de marché → ok
  • → la finance → interdit !
  • → la monnaie doit servir de moyen d’échange. Elle ne doit pas se multiplier d’elle même. (l’intérêt)
  • En grec « intérêt » se dit « tokos » → multiplicateur ( moi je vois engendrement)
  • L’astuce qui a été trouvée pour rémunérer les commerçants, sans être usurier, c’est la pénalité pour manque à gagner.
  • → « lucrum cessans » → manque à gagner
  • → C’est la notion d’ « interesse » qui a donné le mot « intérêt »
  • → si une somme d’argent a été prêtée, elle ne peut plus être utilisée par son propriétaire. Donc il a un « manque à gagner ». Ainsi l’emprunteur paie des pénalités pour le manque à gagner. → n’est pas considérée comme de l’usure.
  • conclusion, on voit bien une grande différence de vision du monde entre musulman et chrétien à propos du marché:
  • → musulman → commerce = ok. → prolongement de l’entraide
  • → chrétien → commerce = usure, mauvais. → c’est le prolongement de la guerre, de l’arnaque, de la violence.
  • Conséquence le commerce a mis très longtemps à émerger en Europe.

XIème siècle en Europe, émergence du commerce

  • Pour développer le commerce, les marchands chrétiens ont utilisé cette « technique »:
  • → pour éviter les persécutions, pour s’affranchir, le commerce ne s’est développé que dans des villes/Etats dirigées par des commerçants.
  • → l’Etat + la justice → outil pour faire respecter les contrats
  • → l’armée + police → outil pour faire respecter les contrats par la force
  • On voit ainsi de nombreuses cité Etats se développer:
  • → Italie du nord → Venise, Gène, Milan
  • → Suisse → Zürich, Bern
  • → Allemagne
  • Avec ce système, les marchés sont souvent ouverts par la force.
  • Si l’on a besoin d’un nouveau marché, il faut conquérir un nouveau territoire.
  • → la piraterie, le commerce ou la croisade sont finalement très très proche.
  • → la Méditerranée est devenue un terrain de guerre commerciale. → guerre au sens littéral
  • → Alors que l’océan indien dominé par les musulmans est un lieu pacifique, avec des commerçants qui s’entraident. (ceci jusqu’à l’arrivée de navires marchands européen qui ont pillés les ports)
  • L’ordre religieux des Templier était aussi un formidable réseau commercial et bancaire.
  • → ils ont importé en Europe le concept de lettre de change pour transporte de l’argent de manière souple et sûre d’un bout à l’autre de l’occident.
  • p371
  • Si l’économie de marché et les commerçants sont bien vu dans l’Islam, mais pas dans la chrétienté, comment se fait il que le capitalisme est né chez les chrétiens ?
  • → 2 facteurs fondamentaux:
  • → la notion de risque
  • → la notion de personne morale
  • Le risque:
  • → Dans le monde musulman, le profit est une récompense pour le risque pris. Les commerçants sont littéralement des aventuriers.
  • → le risque c’est de la divine providence.
  • → Vouloir s’assurer contre un risque. C’est impie !
  • → un profit garanti, ce n’est plus du commerce, c’est de l’usure ! (à l’opposé de l’idée de donation perpétuelle bouddhiste, qui cherche justement à garantir un profit !)
  • → le monde chrétien, lui a voulu s’assurer contre le risque. Il a créé la notion d’assurance. Une des base du capitalisme.
  • La personne morale:
  • Ce concept de « personne morale » a été créée dans le droit canon par le pape Innocent IV en 1250 → « persona ficta« 
  • → la personne morale est immortelle. Elle n’a pas a supporter les vicissitudes de la vie des mortels.
  • → les monastères (surtout cisterciens), les universités, les églises, les municipalités et les corporations et compagnies sont devenus des personnes morales.
  • corporations et compagnies étaient des « groupes » d’entraide. Elles vont maintenant avoir une personnalité juridique et pouvoir acquérir des biens et terrains pour elle même.
  • C’est ainsi que s’est développé ce que certains appellent « le capitalisme monastique » → des monastères (surtout cisterciens) qui s’entourent d’industrie. Des moulins, des forges, etc… (dans le même style que le temples bouddhistes)

Les empires capitalistes 1450 – 1971

Chapitre II

p. 374

  • retour aux monnaies métalliques
  • Vers 1450 est probablement la période de l’histoire où l’Europe était au top du bien être.
  • → le tiers à la moitié des jours de l’année étaient fériés. Il y avait de fêtes toute le temps.
  • → ça a dérangé les puritains et justifié une partie de la réforme.
  • la période de 1500 à 1650 a vu une inflation massive de 500% (chiffre anglais) qui a profondément modifié l’économie européenne. (les salaires ont baissés de 60%)
  • Une des premières hypothèses à cette inflation → à cause de la masse d’or et d’argent rapporté depuis les Amériques → FAUX.
  • → cette hypothèse ne tient pas, car durant cette période, il y a eu une pénurie générale de pièce de monnaie métalliques. Il y a avait même des gens qui fondaient leur argenterie pour payer leur impôts !
  • La véritable raison est l’invention des bons d’Etats et l’abus de leur utilisation par les Etats. Nous verrons ceci plus loin en détail. Revenons à l’or…
  • → l’or n’est jamais resté en Europe → Il est parti dans les temples indiens.
  • → l’argent n’est jamais resté en Europe → Il est parti en Chine pour servir de monnaie.

Chine

  • En 1271, la Chine a été conquise par les Mongols. Ces derniers ont adoptés/conservé l’utilisation des papiers monnaies. (inventé en 806 dans les temples bouddhistes)
  • En 1368, la Chine vit la révolte qui crée la dynastie Ming.
  • Cette révolte était due à une incapacité de la dynastie précédente de gérer l’économie, ce qui a entrainé de l’inflation et des inondations suite à un manque d’entretient de digue.
  • → la nouvelle dynastie veut prône une communauté agraire autonome
  • → la nouvelle dynastie s’oppose au commerce (surtout extérieur)
  • → la nouvelle dynastie instaure l’impôt en nature
  • → la nouvelle dynastie met en place un système de quasi caste comme en Inde en ne reconnaissant que peu de métiers.
  • → le papier monnaie n’est plus reconnu pour payer les impôts.
  • → les gens développent une économie souterraine à base de pièce de monnaie métallique.
  • → c’est la ruée vers l’argent qui se crée. → des mines illégales se multiplient.
  • Devant l’ampleur du phénomène → le gouvernement Ming décide d’officialiser les mines.
  • → dès 1450 les impôts doivent obligatoirement se payer en pièce d’argent.
  • → le système économique chinois devient florissant. L’économie Ming de cette époque est reconnue comme une des plus prospère de l’histoire.
  • La forte croissance de l’économie pose un soucis → il n’y a plus assez d’argent pour fabriquer des pièces de monnaie. Il faut importer de l’argent.
  • → la Chine importe de l’or et surtout de l’argent depuis l’Europe, en échange de soie et d’épices.
  • → en 1530 les mines d’argent de Chine sont totalement épuisées.
  • → la Chine devient le moteur de la demande minière en Amérique.
  • Alors même qu’il y a une pénurie de monnaie métallique en Europe.
  • → les impôts en Europe se paient en pièce d’argent
  • → dans la vie courante les gens utilisent le crédit et les objets de taille.
  • Définition:
  • p 365
  • Symbole:
  • sumbolon (σύμβολον) en grec
  • → fu hao en chinois
  • → les deux signifient « objet brisé en 2 pour créer un contrat »
  • → Les objet de taille sont des bois coupé en deux sur lesquels on a inscrit les terme d’un contrat (une dette)

Empires commerciaux européen versus vie locale.

  • Vers 1500 à 1511 les navires européens contournent l’Afrique et s’en vont commercer (pirater) sur l’océan indien.
  • en 1571 la ville espagnole de Manille aux Philippines est créée comme comptoir pour commercer avec la chine. Ce qui permet à l’Espagne de coloniser l’océan Pacifique.
  • → échange de Soie et de porcelaine contre de l’or et argent des Amériques.
  • → les marchands espagnols deviennent très riches, mais ça ne profite surtout qu’à eux et peu à la population européenne.
  • En Europe:
  • → les Etats trafiquent la monnaie en inventant des outils de crédits qui créent des bulles spéculatives.
  • → la pratique des « enclosures » (tragédies des communs) se généralise. → la privatisation de pâturages communaux
  • → de plus en plus de paysan sont ruinés. (et le vagabondage est sévèrement interdit)
  • → ils sont alors engagés comme ouvrier dans l’industrie naissante
  • → ils sont alors envoyés dans les colonies.

Colonisation des Amériques

  • Le chef militaire Cortes était endetté. → pour se refaire, il lance une expédition (illégale) à la conquête du continent américain (depuis l’ile d’hispañola où il était)
  • → il utilise le principe de la dette pour motiver ses troupes. (600 soldats)
  • → il leur promet un partage des richesses de la conquête, mais leur facture (à crédit) les armures et arbalètes → nombreux sont donc les soldats qui se sont retrouvés endettés après l’opération. (le partage du butin n’ayant pas donné grand chose aux soldats.)
  • Les soldats endettés se sont empressés après la conquête des aztèques de gérer les régions indigènes avec des techniques de dettes et d’impôts, pour eux mêmes tenter de se désendetter.
  • Une des premières chose qui est faite après la conquête, c’est de mettre les indigènes dans les mines.
  • p. 387
  • Au finale Cortès rentre en Europe ruiné ! → Il va même voir le roi pour tenter d’effacer ses dettes.
  • → ça vaut la peine de massacrer 90% des habitants d’un continent et de les mettre en esclavage dans des mines tout en étant toujours endetté !
  • On retrouve la même logique dans les croisades. → lors de la 4ème croisades les chevaliers rentrer ruinés, même après avoir piller des villes sur leur chemin.

Réforme

  • p. 391
  • En 1520, Luther dit que les vrais chrétiens qui partagent tout sont rares:
  • → nous sommes sur terre et pas dans un monde idéal, donc il est possible de faire des entorses à l’idéal
  • → L’usure est interdite. Mais 4% à 5% d’intérêt, n’est pas considéré comme de l’usure vu que le monde n’est pas parfait.
  • → la preuve que le monde n’est pas parfait, c’est que dans les écritures, il y a des exceptions quand on parle d’usure. → On a pas le droit de faire de l’usure avec ses compatriotes, mais on a le droit avec les étrangers.
  • → sur la base de la notion d’ « interesse« , les pénalités pour manque à gagner, le monde protestant relance le commerce en Europe.
  • → en 1650 tous les protestants ont intégrés ses valeurs marchandes.

Monde des crédits et de l’intérêt

Deuxième partie. P.396

  • L’Europe est divisée en 2.
  • Il y a 2 types de monnaie qui sont utilisées, mais pour des contextes différents:
  • → monnaie métallique pour l’état et les marchands
  • → monnaie dette/crédit pour tout les échanges quotidiens entre tous.
  • On a aussi 2 types de philosophies qui sous-tendent ces monnaies:
  • → la notion d’intérêt personnel quand on fait des transactions en monnaie métallique
  • → la notion d’entraide quand on se fait crédit entre personne d’une communauté
  • La notion d’intérêt personnel émerge gentiment dans une vision du monde ou l’entraide n’existe pas. → elle est théorisée par Guichardin (un ami de Machiavel) qui compare le monde où l’amour règne et en opposition c’est le monde de l’intérêt personnel.
  • → il était très étrange à l’époque de baser une théorie philosophique de la vie sur la notion de « pénalité pour retard de paiement dans un emprunt » !!
  • → les écrits de l’époque (celle de Hobbes et de son léviathan) commencent à mettre en avant le fait que le monde est mécanique et rationnel. Que la motivation n’est finalement que le profit, et donc la notion d’intérêt qui permet le profit. C’est là le glissement qui est fait.
  • → on retrouve les notions déjà présentes des siècles plus tôt en Chine. (prince Shang)
  • → Il y a un parallèle entre la physique et sa mécanique céleste implacable et des gens qui cherchent la mécanique dans la morale humaine. → L’intérêt personnel est une des théories.
  • Mais ce n’est pas la seule explication du glissement de la société d’entraide qui utilise le crédit vers une société de concurrence qui utilise la monnaie métallique.
  • p. 404
  • C’est surtout, (principalement en Angleterre), l’ingérence du pouvoir judiciaire très dur contre les endettés qui a transformé une société de solidarité par crédit mutuel en société morale métallique.
  • → Sous la reine Elisabeth, le châtiment pour vagabondage (chômage) en cas de 1er délit: être cloué par les oreilles au pilori. Pour les récidivistes: la mort !
  • Voici l’histoire de Margaret Sharples vers 1660 à Chelsea. → N’ayant pas assez de monnaie pour payer un tissu, elle a emporté ce tissu à crédit en mettant en gage un panier de provision. → Une pratique courante en terme de crédit mutuel. Entre temps, le propriétaire de la boutique a changé d’avis. Il a rendu le panier en gage et a décidé de poursuivre Margaret pour vol. → bilan, Margaret a été pendue !!!
  • Cette histoire semble quand même un peu exagérée. Il est fort probable qu’en fait, le vol n’était qu’un prétexte que le boutiquier a trouvé pour se débarrasser de cette personne pour d’autres raisons. (pourquoi éliminer une cliente ?)
  • → On imagine bien qu’ayant entendu cette histoire, plus d’un se retient de faire du crédit mutuel et préfère payer comptant en monnaie sonnante et trébuchante. (le trébuchet est une balance utiliser pour vérifier le poids de la pièce de monnaie)
  • Historiquement, à cette époque le recours à la justice de l’Etat était très très rare. Puis, même moins de 1% des affaires portées en justice allaient jusqu’au jugement. → C’était souvent juste un moyen de consigner par écrit un fait. (la population étant largement illettrée)
  • La morale voulait aussi que l’on règle ses affaires entre voisins.
  • (Je pense que les gens avaient aussi peur que le système judiciaire se retourne contre eux si il lançaient un procès, et au vue des peines et de l’état des prisons de l’époque c’était un sérieux risque)
  • On voit que la crainte du système judiciaire dur peut suffire à inciter à ne plus utiliser le crédit et casser la communauté.
  • p. 408
  • Adam Smith a continué de créer une nouvelle réalité en décrivant des fables. Notamment celle que les commerçants n’agissent que par « intérêt personnel » → c’est actuellement une idée couramment acceptée. Mais à l’époque le crédit mutuel était majoritaire et l’on voyait plutôt le commerçant comme un maillon de l’entraide communautaire.
  • Pour rappel, Adam Smith tentait de justifier l’économie comme une discipline à part séparée des autres discipline. Ce qui évidemment ne va pas en faveur d’une vision de l’économie qui est intégrée dans l’entraide d’une communauté.

Troisième partie

Monnaie de crédit impersonnelle

  • Nous allons voir comment le crédit s’installe même sans avoir besoin d’un système d’entraide communautaire.
  • → du crédit mutuel au crédit impersonnel en passant par la monnaie métallique.
  • Le contexte européen est très défavorable aux prêteurs. L’usure est interdite.
  • → un prêteur ne doit pas prêter plus qu’il n’a.
  • → En 1360, le banquier Francesch Castello a été décapité devant se banque pour avoir prêté plus qu’il n’a.
  • Ce n’est que dans les cités Etats commerciales que la morale est plus tolérante et que des nouveaux outils financier apparaissent:
  • A Venise au XIIème siècle: invention des bons municipaux pour financer la guerre:
  • → C’est un emprunt obligatoire en avance de l’Etat sur ses citoyens (comme un impôt en avance) qui est rémunéré à 5%.
  • → le citoyens ont donc des titres qui valent 5% de plus que ce qu’on leur emprunté.
  • → Mais ces bons municipaux n’ont aucune échéance. → ainsi personne ne sait si ils seront vraiment remboursés
  • → Tout un marché des bons municipaux se met en place. Les spéculateurs les achètes ou les vendes au grés des victoires et revers militaires de l’Etat vénitiens.
  • En 1570, les bons d’Etat se sont disséminés un peu partout.
  • → On retrouve à Medina del Campo en Espagne une bourse aux bons d’Etat. → Nous avons là une monnaie.
  • p. 413
  • → C’est là, la véritable raison de l’inflation massive en Europe entre 1500 et 1650. → Les Etats ont abusé des bons d’Etats.
  • 1694: Création de la banque d’Angleterre → la 1ère banque centrale.
  • → un groupe de 40 marchands prête 1.2 millions de livres au Roi (pour financer la guerre contre la France)
  • → ils titrisent cette dette en petite coupure → des billets de banque (au début nominatif puis au porteur)
  • → c’est la dette du roi, et donc à lui de payer en dernier recours (ce qui garanti le « crédit« , la « croyance«  dans le fait que cette dette sera remboursée, vu qu’un roi est riche et/ou peut lever des impôts)
  • → c’est au roi de rembourser cette dette, mais les banquiers se sont engagés à donner la compensation en pièce d’or que le papier monnaie représente. (Ceci en échange du monopole d’émission de billet de banque)
  • → la banque d’Angleterre est devenue une chambre de compensation utile entre petite banque. (on préfigure déjà la notion de banque centrale)
  • p. 414.
  • Le discours de l’époque sur les monnaies était divers. Les années 1960 en Angleterre ont été des années peu stable en terme monétaire.
  • John Locke (le contractualiste libéral) était un des conseillers de Isaac Newton (connu pour sa découverte de la gravitation), mais qui était aussi à cette époque le directeur de la monnaie.
  • Locke ne croyait pas à la « Foi » en l’Etat. → il pensait que c’est l’or (ou d’autre métaux) qui par nature contient la valeur. → la monnaie ne doit pas être altérée.
  • → Locke était un scientifique rationaliste, matérialiste → Il ne voulait pas introduire la notion de foi ou croyance dans la monnaie.
  • → le sceau du roi sur la face des pièces doit garanti le fait que les pièces sont purs et d’un poids juste. (et pas montrer qui paye la dette en dernier recours)
  • → c’est à l’opposé de nombreuses monnaies métalliques de l’antiquité qui avaient plus de valeur que la valeur du métal dont elle étaient conçue. C’était uniquement à l’étranger, où l’autorité sur la face n’était pas reconnue qu’on échangeait les pièces à leur valeur métallique.
  • → c’est surtout l’opposé de la vision du papier monnaie (reconnaissance de dette, donc foi en l’Etat qui paie)
  • → le crénelage que l’on voit sur la tranche des pièces de monnaie est une invention faite dans le but d’empêcher le rognage des pièces.
  • → en effet, le rognage des pièces était courant avec une théorie qui voulait que la pièce ait la valeur du métal. → personne n’aurait l’idée de détruire une pièce qui vaut plus si elle est entière que si elle est fractionnée.
  • En 1717, la grande Bretagne et l’Empire Britannique ont adopté l’Etalon or. → L’or est la monnaie. → Cette vision du monde persiste encore de nos jours, même si depuis la fin des accords de Bretton Woods ce n’est plus la réalité du système monétaire.
  • En 1720, l’éclatement de la bulle spéculative de la compagnie des mers du sud. → C’est une époque de grande spéculation sur les richesses que cette compagnie allait pouvoir faire. Les dirigeants de cette compagnie pour faire grimper leur financement ont grossi les gains possibles. Il se sont fait prendre pour manipulation et l’action s’est effondrée.
  • En 1721, la banque centrale française créée par John Law fait faillite. → Le principe est le même que la banque d’Angleterre, juste un circulation de monnaie papier convertible en or. La création monétaire était basée sur les richesses rapportées des colonies, surtout de la Louisianne. Law a ensuite agit comme en Angleterre en faisant miroiter des richesse beaucoup plus grandes en provenance des colonies. → Les ennemi de Law (le prince Conti et le duc de Bourbon) ont soutenu la spéculation dans le but de créer une bulle. Ce qui n’a pas manqué. Les investisseurs ayant vu le cours de l’action atteindre des sommets ont voulu réaliser leur gain (40 fois) ils viennent chercher leur or. Ce qui provoque la fin de la banque, car les gains des colonies ne sont pas encore fait. (et peut être sur évalué)
  • Le papier monnaie n’a donc plus la confiance à cette époque.
  • Il est intéressant de noter que les souverains européens ont engagés des alchimistes pour tenter de créer de l’or. (Isaac Newton était un alchimiste), mais ne voyant que peu de résultat ils ont réalisé la multiplication de l’or grâce au papier monnaie !

Quatrième partie

Qu’est-ce que le capitalisme ?

  • p. 420
  • « capitalisme » mot apparu dans le vocabulaire des socialistes pour définir → un système où celui qui a le capital dirige.
  • Les outils financiers du capitalisme sont apparu bien avant la science économique et les ateliers et usine. (~1700)
  • le commerce guerrier et une particularité européenne.
  • Le financement par action
  • → apparu pour financer des sociétés coloniales → la compagnie des Indes orientales et occidentales.
  • → la dette = financement de guerre
  • Les 3 types de commerces les plus courants de ces compagnies sont:
  • → les armes
  • → les esclaves
  • → les drogues (café, thé, sucre, tabac, opium….)
  • Il y a toujours un lien entre le capitalisme et l’esclavage. → le travailleur libre est une fable, ça n’a jamais fait tourner un système capitaliste.
  • En Europe, le salariat puise ses racines dans le système médiéval d’Europe du nord qui voulait que toute personne a un rôle, d’apprenti, page, servante dans la période de sa vie allant de ~12-14 ans jusqu’à 28-30 ans.
  • Une fois les ressources accumulées il est possible de créer son propre foyer.
  • → le mot « prolétariat » vient d’un mot qui signifie « ceux qui ont des enfants » → montre bien que c’est après ce cycle d’apprenti salarié
  • Le salariat c’est ne jamais sortir de cette période de page-apprenti-servante → prolongation de l’adolescence
  • Le salariat est accepté par les masse car il crée une illusion de liberté convaincante → le salariat permet l’illusion de sortit des griffes de la dette
  • → la fable s’approche de la réalité.

Cinquième partie

Apocalypse

  • p. 436
  • Le progrès = ? amélioration progressive de la civilisation.
  • → on suppose que le futur sera toujours meilleur.
  • Quand on contracte une dette → on suppose que le futur sera meilleur et permettra de rembourser
  • → quand c’est une dette nationale → le futur doit vraiment reposer sur un futur incroyablement mieux.
  • Le paradoxe, c’est que l’histoire montre que dès que le capitalisme semble être LE système, qu’il aura un développement immortel….. → paf… une crise arrive.
  • → le capitalisme a besoin de se convaincre qu’il n’est pas durable pour durer….
  • Ainsi les risques sociaux, le communisme rival, la guerre, les limites écologique sont toujours des bons stimulateur du capitalisme.
  • → une explication est que le capitalisme fonctionne sur le profit à court terme. Si une vision long terme est possible, la machine s’emballe…

Chapitre 12: Début d’une ère encore indéterminée

  • p.440
  • 15 août 1971: Nixon annonce la fin de la convertibilité du dollar en or.
  • → c’est la fin de l’Etalon or.
  • → le but était certainement de payer la guerre du Vietnam.
  • Toujours le même principe
  • → la dette d’Etat sert à financer la guerre

Fonctionnement du système monétaire US

  • p. 445
  • + note 9 p. 619
  • Explication du fonctionnement de la création monétaire par la FED
  • → une banque privée qui a le monopole de la titritisation de la dette US en billet de banque.
  • → le président de la FED est nommé par le président US et avalisé par le congrès. C’est le seul lien du contrôle public sur la monnaie → ce qui est contraire à la constitution US 1,8,5 qui dit que battre monnaie est une compétence du congrès. (et définir sa valeur)
  • Le principe:
  • Le trésor US émet des bons (une promesse de remboursement)
  • Les bons du trésor sont mis sur le marché
  • La FED achètes des bons et les monétises en billet de banque
  • La FED fourni de la monnaie centrale qui sert de base aux crédits des autres banques. (réserves fractionnaires)
  • Le découplage de l’or est un avantage pour les USA
  • → le $ devient la réserve ultime de valeur
  • Au moment du changement, de nombreuses banque centrale se sont retrouvée avec des $ non convertible en or → que faire avec ?
  • → acheter des bons du trésor US
  • → acheter des actions dans les sociétés US cotées en bourse.
  • La vraie cohésion du système monétaire actuel → c’est la force militaire US qui est capable d’agir partout. (800 bases militaires dans le monde)
  • → il semble ces dernières années que le sud de la chine (région de hong-kong) est probablement la première depuis longtemps que l’armée US n’est pas certaine de pouvoir pénétrer. (La force de frappe US, c’est surtout son aviation. Le système de défense anti-aérien de la région est au top)
  • « Etrangement » les 5 pays qui détiennent le plus de bons du trésor US sont en général les pays « occupé » militairement. (ceux qui ont des bases militaires de longues date… ou sont des protectorats comme la Corée)
  • → note 12. p.619 → pression diplomatique
  • l’OPEP négocie son pétrole en dollars $ → la monnaie de base du monde est donc plutôt le pétrodollar
  • « Etrangement » tous les pays qui ont voulu négocier leur pétrole dans d’autres monnaie ont eu des soucis militaires avec les USA…
  • → en 2001 Saddam Hussein a tenté de négocier en € (tout comme l’Iran)
  • capitalisme = alliance de la guerre et de la finance.
  • Etrangement, le cycle « monnaie dette » – « monnaie métallique » qui fait osciller entre paix et guerre ne fonctionne plus.
  • → le retour à la dette ne libère pas de l’impérialisme. → On a un impérialisme de la dette.
  • L’impérialisme de la dette s’effrite. → le FMI qui a agit comme outil de promotion de la dette est balloté. L’argentine s’en est défait.
  • En 2008 crise financière
  • → achat massif de bons du trésor US pour sauver les meubles (~1300 milliards)
  • → La Chine, principal créancier US … dit publiquement qu’elle n’aime pas. Qu’il faut que les USA arrête de créer de la monnaie à partir de rien !
  • p. 453
  • Pourquoi la Chine qui est le principal rival des USA achète de la dette US ?
  • → Elle poursuit une vieille politique de toujours….
  • → …. pour être reconnu empereur de tous , il faut donner des cadeaux aux Etats voisins
  • → Est-ce que la Chine fait ainsi un cadeau aux USA ?
  • Luther King dans son célèbre discours: j’ai fait un rêve → Il di que l’Etat est le garant de la liberté
  • Ere Keynesianiste:
  • → contrat social entre le travailleur à qui on augmente le salaire en échange de l’augmentation de productivité
  • → Cette logique a fonctionné jusqu’en 1980…. après plus.
  • Keynes voulait supprimer les rentiers. → voulais supprimer les dettes (comme Ricardo et Adam Smith)
  • Depuis 1980 changement de politique. → Reagan et Thatcher → la dérégulation.
  • → fin du rêve
  • Au lieu de travailler → devient aussi rentier (donc l’opposé des visions anti-dettes)
  • → les revendications sont: accès à tous à la rente, à la bourse, au crédit, aux cartes de crédits.. à l’hypothèque… → donc l’Etat fait la promotion de la propriété de maisons.
  • Dans notre civilisation, l’honneur a passablement disparu
  • → il ne reste que la religion comme cadre moral.
  • Chez les évangélique on trouve une justification théologique de la création monétaire infinie (qu’on ne pourra jamais rembourser)
  • → Dieu a créé à partir de rien. C’est la grâce qui nous permet de faire pareil. (George Gilder )
  • → C’est opposé à la vision issue des grecs antique, de l’Ubris, la démesure qui est le pire des « pêché » → personne n’a le droit de se prendre pour Dieu.
  • p.468
  • Le système actuel est paradoxal.
  • la pensée TINA domine le monde politique. On l’impression que le capitalisme est un mal obligatoire.
  • → Alors que le capitalisme a besoin de voir sa fin proche pour prospérer…
  • Quand une crise arrive… alors que ce serait le moment de changer de système → on ne change pas grand chose..
  • On ne sait pas trop ce que nous réserve l’avenir.
  • → selon les cycles on retombe actuellement dans une phase comme à la fin de l’âge axial et au début du moyen âge !

monnaie dollars renminbi yuan.JPG

Mes observations à propos du livre Dette 5000 ans d’histoire

  • Depuis l’écriture de ce livre, il y a encore le phénomène bitcoin qui s’est développé.
  • → C’est une monnaie du genre métallique, même si elle est sur un support électronique.
  • → On fait même du « mining » pour la création monétaire. Donc une référence directe à la mine.
  • On voit également beaucoup l’émergence de nombreuses monnaie complémentaires citoyennes.
  • → très souvent c’est sur la base du papier qui représente un avoir en monnaie ayant cours légal
  • Personnellement, je suis pour le crédit mutuel amélioré avec un zoom arrière régulier. → donc un crédit, mais sans la dette prédatrice. J’appelle ceci le Système Monétaire Equilibré.

Voici une vidéo de Kalee vision qui décrit la première partie de ce livre:

Histoire de la monnaie

Dette 5000 ans d’histoire est avant tout une histoire de la monnaie. Mais c’est un sacré pavé d’anthropologue passablement indigeste pour la plupart de gens.

Ainsi pour mieux faire connaitre ces idées plus loin. J’ai fait toute une série en 11 épisodes dans laquelle je raconte l’Histoire de la monnaie et des systèmes économiques.

Voici comme aperçu le 1er épisode qui fait une chronologie de l’Histoire de la monnaie…  Les autres épisodes sont directement accessible sur la page déjà cité ci dessus.

Cette histoire de la monnaie et des Système économique est largement inspirée du libre de David Graeber, mais aussi d’autres sources et de mes expériences personnelles dans l’animation du Jeu de la Monnaie.

Ce jeu est passionnant. En 4 parties de jeu de carte, cette expériences sociale nous montre l’histoire de monnaie autrement… et déconstruit les dogmes souvent avancé par les économistes.

Le livre Dette 5000 ans d’Histoire étant déjà vieux !! … Il ne contient pas toutes les évolutions récentes de l’histoire de la monnaie qui s’accélère.

Ainsi Graeber n’a pas pu parler de la révolution du bitcoin et des  cryptomonnaies.

Ainsi je parle également dans ces épisodes de la Théorie relative de la Monnaie. Je la critique, ainsi que son implémentation la G1...

Et j’introduit l’idée de Bernard Dugas, de créer un SME, un Système Monétaire Equilibré, ou un Système de Mesure Equilibré. Une théorie intéressante pour comprendre les référentiels et paramètres utilisés dans les systèmes monétaire. Notamment le fait que si l’on retourne l’intérêt qu’empoche le banquier avec l’intérêt bancaire, et bien en fait on retombe sur un Revenu de Base Inconditionnel….

jeu de la monnaie

Citations issues du livre de David Graeber: Dette 5000 ans d’histoire

A propos de la fable du troc:

« Le raisonnement d’Adam Smith (…) est le grand mythe fondateur de l’économie en tant que discipline. (…) « Autrefois on faisait du troc. C’était difficile. Donc on a inventé la monnaie. » (…) Le problème est qu’il n’y a aucune preuve que les choses se soient passées de cette façon, et qu’une montagne de preuves suggère qu’elles ne se sont pas passées de cette façon.
Le point commun de tous ces cas d’échange par troc, c’est qu’il s’agit de rencontres avec des étrangers que l’on a de fortes chances de ne plus jamais revoir et avec lesquels on ne va pas établir de relations suivies.
Comme dans tant de petites collectivités locales réelles, chacun se contente de garder en tête qui doit à qui.
Le troc n’est pas un phénomène particulièrement ancien (…) il a lieu entre des personnes auxquelles l’usage de la monnaie est familier, mais qui, pour une raison quelconque, n’en ont pas beaucoup. »

A propos de la monnaie scripturale:

« Il est faux que nous ayons commencé par le troc, puis découvert la monnaie, et enfin développé des systèmes de crédit. L’évolution a eu lieu dans l’autre sens. La monnaie virtuelle, comme nous l’appelons aujourd’hui, est apparue la première. Les pièces de monnaie sont venues bien plus tard, et leur usage s’est diffusé inégalement, sans jamais remplacer entièrement les systèmes de crédit. Quant au troc, il semble s’agir surtout d’une sorte de sous-produit accidentel de l’usage des pièces de monnaie ou du papier-monnaie. »

Révolutions, insurrection:

« Dans les cinq mille dernières années, avec une remarquable régularité, les insurrections populaires ont commencé de la même façon : par la destruction rituelle des registres des dettes »

« Dites aux gens qu’ils sont des inférieurs: ça ne va pas leur faire plaisir, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, il est rare que cela les pousse à la révolte armée. Dites-leur qu’ils sont des égaux potentiels qui ont échoué, que même ce qu’ils ont, ils ne le méritent pas, qu’ils ne le possèdent pas de bon droit, et vous avez de bien meilleures chances de les mettre en rage. »

A propos des impôts:

« Au fil de l’histoire, la raison la plus fréquente de s’endetter a toujours été la nécessité de réunir les sommes nécessaires pour payer l’impôt. »

« En décrétant que seules leurs propres pièces seraient acceptables pour régler les redevances, les amendes et les impôts, les Etats ont réussi à submerger les innombrables monnaies sociales qui existaient sur leur territoires et à instaurer une sort de marché national unifié. »
D.Graeber

Chapitre 9: l’âge axial (p277 de Dette 5000 ans d’histoire)

« Il suffit de jeter un coup d’œil au traité de Kautilya, l’Arthasastra, au « cercle de souveraineté » sassanide ou au Discours sur le sel et le fer chinois pour constater que la plupart des monarques antiques passaient beaucoup de temps à réfléchir sur la relation entre mines, soldats, impôts et denrées alimentaires. Presque tous ont conclu que créer des marchés n’était pas seulement commode pour nourrir les soldats, mais utile à bien d’autres fins : les gouvernants n’auraient plus à réquisitionner directement chez leurs sujets tout ce qu’il leur fallait, ou à trouver comment le produire sur les domaines ou dans les ateliers royaux. »

Extrait de: David Graeber. « Dette : 5000 ans d’histoire (Les Liens Qui Libèrent) (French Edition). » iBooks. p107…. mais p64 de mon édition papier  »

En bref… la monnaie et les impôts, c’est un moyen civilisé de vivre sur le dos des autres….

Un exemple de mise en « esclavage civilisé par le marché » avec la colonisation de Madagascar par les français.

« C’était particulièrement fréquent dans le monde colonial. Revenons un instant à Madagascar : j’ai déjà signalé qu’une des premières initiatives du général français Gallieni, quand il a achevé la conquête de l’île en 1901, a été d’imposer un impôt personnel. Il était très élevé, mais aussi payable «uniquement en francs malgaches, la monnaie qu’on venait d’émettre. Bref, Gallieni a bel et bien imprimé de la monnaie, puis exigé que tous les habitants du pays lui en rendent un peu. »

« Mais le plus frappant a été le vocabulaire dont il s’est servi pour décrire cette capitation. Il l’a appelée l’« impôt moralisateur ». Autrement dit, cette fiscalité visait – pour adopter le langage de l’époque – à inculquer aux indigènes la valeur du travail. »

« On pourrait ne voir dans l’ensemble du projet qu’un mécanisme cynique pour soutirer à la paysannerie une main-d’œuvre bon marché, et c’était bien le but […]»

La suite de cette phrase que j’ai tronquée explique que le second but, c’est de créer de nouvelles habitudes de « luxe » qui rendrait dépendante Madagascar pendant longtemps de la France…

Extrait de: David Graeber. « Dette : 5000 ans d’histoire (Les Liens Qui Libèrent) (French Edition). » iBooks. p107  »

Le crédit et la morale

« Je descendais la rue avec un ami l’autre jour quand un gaillard armé d’un pistolet a surgi d’une allée: « Haut les mains! »
J’ai sorti mon portefeuille et je me suis dit: « Ne perdons pas tout! » Prenant quelques billets, je me suis tourné vers mon ami : « Au fait Fred, voici les cinquante dollars que je te dois. »
Le voleur a été si scandalisé qu’il a pris mille dollars de son argent personnel, a forcé Fred, sous la menace de son arme, à me les prêter, puis les a repris. »
D. Graeber (vieux sketch amélioré par Steve Wright)

« A peu près partout, la majorité des gens sont simultanément convaincus (1) que rembourser l’argent qu’on a emprunté est une simple question d’éthique et (2) que quiconque fait profession de prêter de l’argent est un scélérat. »

« L’histoire montre que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dette – cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui comme un méfait ».

Un groupe facebook pour discuter autour du livre..

Dette 5000 ans d’histoire en pdf

Pour télécharger le livre Dette 5000 ans d’histoire de David Graeber au format pdf… il n’y a pas de recette miracle….  Mais il y a un extrait des 30 premières pages en pdf…

Ah.. et bien il y a une version qui semble intégrale de dette 5000 ans d’histoire en pdf

Il y aussi une version de dette 5000 ans d’histoire en epub…

Mais bon… télécharger gratuitement un pdf sur le net… c’est pas très sympa pour l’auteur… Surtout que c’est un travail de qualité. Je ne suis pas pour le piratage…

Mais comme à mon habitude, j’évalue ce qui est juste:

  • pour moi
  • pour les autres
  • pour le monde

… et je me dis que l’auteur a déjà rentabilisé son boulot, comme le dit la couverture du livre, c’est un bestseller…  Qu’il ne vit pas que de ses livres, il est aussi professeur dans une prestigieuse école Londonienne…

Je me dis que le monde à plus a y gagner en diffusant les idées dans ce livre qu’en les cachant. Ainsi je me dis qu’il est juste que des versions numériques de ce livre se baladent…

Néanmoins, j’ai acheté ce livre, et je recommande de le faire:

Comment fonctionne le système monétaire suisse ?

La définition de la valeur est un peu le st-graal des économistes…
En fait, LA valeur n’existe pas… la valeur est toujours relative à l’observateur…

Mais en effet, pour échanger des valeurs… une monnaie est utile.
Une monnaie ça a 3 fonctions.
– servir de réserve de valeur…thésauriser
– ça aide à fluidifier les échanges servant d’intermédiaire de confiance
– ça sert d’étalon de mesure.

Le soucis, c’est que ces fonctions ne sont pas toujours compatibles entre elles… donc c’est problématique d’avoir ces fonctions dans une même monnaie.

En effet… comment avoir un étalon de valeur fiable alors que personne ne connait vraiment la masse monétaire et qu’elle est créée par plusieurs acteurs différents….

Plus une monnaie circule, donc plus elle est efficace pour fluidifier les échanges… plus elle risque de provoquer de l’inflation et donc diminuer sa valeur de thésaurisation… voilà deux fonctions bien opposées ! (à plusieurs époque de l’histoire, pour résoudre ce soucis on utilisait des monnaies différentes pour assurer ces fonctions différente…. ex: le grain de blé comme monnaie fondante fluide de tous les jours… et les monnaies métalliques pour thésauriser)

Et maintenant il est intéressant de savoir en suisse ce qu’est le franc suisse CHF … La loi sur l’unité monétaire nous dit que le CHF, c’est:
– les pièces de monnaie
– les billets de banques
– les comptes à vue à la BNS seulement accessibles par les institutions financières

Mais où est passé l’argent sur mon compte postfinance ? UBS ? crédit Suisse ? raiffeisen ? etc…


Ainsi le gros de la masse monétaire (estimé à ~90%) n’est pas du CHF…. ce sont des dettes en monnaie privée…

… et la BNS ne maitrise pas tout… ce sont les demandes de crédit des banques commerciales en monnaie banque centrale qui finalement influence la création monétaire que la BNS génère en CHF pour couvrir les besoins des banques commerciales.

… et qu’indiquent les banques commerciales dans leur bilan ? .. tout ce qu’elles font ?
… le bilan est une photo a un moment donné…
mais que se passe-t-il entre deux photos ?

Est-ce que les banques commerciales respectent les réserves prudentielles et obligatoires entre les bilans ?

D’ailleurs… est-ce que la réserve prudentielle sert à quelque chose si les fonds propres de la banques sont fait avec de l’argent que la banque a générée par elle même ?

L’audit des banques en Islande à montré que 80% des crédits bancaires étaient attribués aux propriétaires mêmes des banques… Il serait étonnant que ce soit différents ailleurs…
Ainsi les banquiers commerciaux sont dans une position qui est vraiment enviables… ils peuvent décider de s’octroyer eux mêmes des crédits…. facile…

A mon avis… Il y a vraiment besoin de revoir l’entier du fonctionnement du système monétaire….
J’aimerai aussi un système qui est clair. Car là il y a de nombreuses zones d’ombres sur le système qui ne permettent pas vraiment de le comprendre….. Il m’arrive souvent d’avoir plusieurs avis différents sur le fonctionnement du système bancaire selon la source…… vraiment pas facile à comprendre…

Donc qui croire si même les communications publiques de la BNS sont fausses ?
Evidemment… même si la valeur est relative à l’observateur… on peut dire que les créances qui couvrent les substituts monétaires ont souvent de la valeurs pour la plupart de gens… toutes les hypothèques représentent des maisons… c’est concrèt…

Mais ce qui est discutable.. c’est le pouvoir qu’à le banquier commercial… c’est lui qui décide à qui il octroie des crédits…

Et surtout il y a des intérêts pour la banque commerciale… il ne faut pas oublier qu’en 24 ans.. un crédit à 3% double… ainsi il n’et pas rare de voir des gens payer plusieurs fois leur maison !!!
Comment justifier cet esclavage pour le profit des banquiers ?

… et là on arrive sur une question dont la réponse change suivant les sources…. Quand un crédit est demandé à une banque, celle-ci crée à partir de rien la somme qu’elle place sur le compte du demandeur de crédit… ce dernier va rembourser le crédit… mais aussi les intérêts…

On a vu que l’immense majorité de la création monétaire (~90%) est faite par le principe du crédit bancaire.. donc si le demandeur de crédit doit rembourser sa dette.. il doit aussi trouver l’argent pour le faire… et cet argent viendra d’autres crédits bancaires…. pour le principal… ce n’est que de la création et destruction neutre de monnaie…
Mais pour les intérêts.. qu’en est-il ?

Si les intérêts ne sont pas créés … ça veut dire que le banquier assèche l’économie réelle en demandant qu’on lui ramène plus d’argent que ce qui en est globalement créé….

Selon certaines sources… c’est ainsi que ça marche…
… et selon d’autres…. la banques comptabilise aussi l’intérêt comme comme valeur à détruire… ce qui globalement devrait éviter de demander l’impossible.

Quelle est la vraie version ? .. Si quelqu’un sait.. ça m’intéresse !

.. dans le second cas, l’assèchement de l’économie réelle est aussi un risque.. car si le banquier n’utilise pas ses intérêts pour les ré-injecter dans l’économie réelle… celle-ci s’assèche…
Et au vue des proportions d’investissement dans la sphère financière par rapport à l’économie réelle… je crois qu’il y a assèchement dans tous les cas…
..il n’y a qu’à voir les collectivités publiques qui n’arrêtent pas d’emprunter et même d’emprunter pour rembourser des emprunts pour le comprendre….

Donc si quelqu’un peut répondre à mes questions je suis preneur…
Pour résumer..

Est-ce que les intérêts sont comptés ou non ?
Selon wikipedia on a vu plus haut.. que non.. => et c’est l’assèchement.
Selon les libéraux qui écrivent sur wikilibéral… c’est compté… => et il n’y a pas d’assèchement..

Selon le film de Gabriel Rabhi…
C’est l’assèchement…

Selon le film de la banque de france…
Il est dit que le capital prêté est détruit lors de sont remboursement… mais on ne sait rien sur les intérêts…

Alors ? c’est quoi le fonctionnement exacte ?

Différence entre le salaire à vie de Friot et le Revenu de Base Inconditionnel

Différence entre le salaire à vie de Friot et le Revenu de Base Inconditionnel

Ces derniers temps plusieurs personnes m’ont fait parvenir une vidéo qui tente de démontrer que l’idée de salaire à Vie lancée par Bernard Friot et le réseau salariat et meilleure que l’idée de Revenu de Base Inconditionnel pour laquelle je milite depuis quelques années, surtout dans le cadre de l‘initiative populaire fédérale pour un Revenu de Base Inconditionnel qui a été lancée en Suisse.

Cette vidéo est très bien faite et et c’est la première fois qu’une explication sur le salaire à vie me donne envie d’être pour ! :)…. mais non… en fait je reste sceptique sur le salaire à vie. Je préfère nettement le Revenu de Base Inconditionnel.

Contrairement à ce que beaucoup disent, les deux projets ne sont pas juste des différences de formes avec un fond différent. Pour moi ce sont vraiment deux projets de société différents avec des intentions différentes.

Voici la vidéo en question et voici mes explications des différences entre le salaire à vie de Friot et le Revenu de Base Inconditionnel.

Cette vidéo est bien faite et donne envie d’être pour le salaire à vie…. Mais je ne suis pas entièrement convaincu, il me reste un petit sentiment indéfinissable qui me dit qu’il y a un truc qui coince.. qui n’est pas autant joli que ce que cette vidéo dit.

Le constat de cette vidéo est parfait

Effectivement, le plein emploi est menacé. Et effectivement la marge « capitaliste » prise au passage rend ce système pas aussi efficace qu’il le dit !

Le salaire à vie est un projet adapté au passé et peut être au présent, mais pas à l’avenir

… c’est encore flou… mais j’ai une impression que le salaire à vie est très adapté à la société industrielle avec l’emploi tel qu’on le conçoit jusqu’à maintenant. Il est parfaitement inscrit dans une société productiviste…. mais cette vision coince avec l’avenir… avec une société de l’information. Avec une société de contributeurs et non pas de producteurs.

Ce nom de producteur est quand même souvent utilisé par Friot et ses partisans. Je vois là un reste d’une société révolue… la société productiviste dont le but est de faire passer le bonheur par la quantité d’objets créée….  et là que ce soit des communistes ou des capitalistes, je ne vois aucune différence, ce sont des productivistes.

L’avenir n’est plus au contrat de travail, mais à la communauté de cocréateurs. Le monde matériel va de plus en plus ressembler à celui de la création de logiciel libre. (voir à ce propos le livre « Makers » de Chris Andersen)

Moi c’est ce que j’appelle l’artisanat industriel et voici mon article sur le sujet… Le monde change, la manière de produire change et la lutte de classe  (au sens Marxiste) va donc disparaitre !

Donc est-ce que le salaire à vie est capable de s’insérer là dedans ?

Mais on peut se poser la même question à propos du Revenu de Base Inconditionnel !

Dans les deux cas on ne sait pas trop ce qu’il va se passer. L’avantage du RBI.. c’est qu’il ne s’aventure pas trop loin… donc on ne risque pas d’être à côté de la plaque..

Le Revenu de Base Inconditionnel reconnait l’être, le salaire à vie reconnait le diplôme

Le truc qui me dérange dans le système du salaire à vie, c’est que le système de rémunération est basé sur la capacité des gens à passer des diplômes, des épreuves, à se fondre dans un moule…  et là ça ne cadre pas avec un idéal émancipateur que je ressens chez les partisans du Revenu de Base Inconditionnel.

Chez ces derniers, j’ai déjà souvent remarqué un intérêt à revoir complètement l’école. De passer du système actuel de formation qui formate les gens à un système d’éducation qui (selon l’étymologie de ce mot) aide les gens à devenir autonome.

Le RBI, c’est libérer, émanciper et responsabiliser les gens. Dans le salaire à vie… j’ai un sentiment de grosse usine à gaz qui enferme…

Le salaire à vie n’est pas inconditionnel !

Déjà, premier point, le salaire à vie, n’est pas inconditionnel… vu qu’il ne s’obtient qu’à 18 ans ! Ainsi on aide pas beaucoup les familles, même si les projets de revenu de base prévoient souvent un montant plus faible pour les enfants.

Le salaire à vie crée des hiérarchies stigmatisantes

Même si c’est dans les faits très semblable, le revenu de base ou le salaire à vie de 1er niveau de qualification (donc de base !) ont des intentions et des sous entendus différents…

Le salaire à vie du premier niveau est un premier niveau.. il crée une hiérarchie là ou le Revenu de Base Inconditionnel rend tout le monde égaux. il sous entend que la personne n’est pas capable d’accéder aux niveaux supérieurs…  il y a là une comparaison possible à la stigmatisation actuelle envers les chômeurs. (qui je le rappelle ont financé eux-mêmes leur revenu de chômeur !)

Le salaire à vie crée une usine à gaz au lieu de laisser les gens s’arranger librement

Ce film présente tout un discours sur l’encouragement à travailler qui se fait via la « rapidité de progression dans les classes de salaire » qui peut être ajustée selon les besoins en main d’oeuvre.

Je trouve ce système bien compliqué et pas forcément adapté, alors qu’il suffit de faire un contrat entre un employé et un employeur… l’offre et la demande (qui n’est pas le capitalisme) me semble une technique plus simple, souple et efficace pour aller vers le même but. (Le Revenu de Base Inconditionnel sert justement à équilibrer le rapport de force entre employé et employeur)

Le salaire n’est qu’une forme particulière de revenu et pas le contraire comme le dit ce film !

Dans ce film, il y a tout un discours sur les mots « salaire » et « revenu »…. il est dit que le salaire reconnait le travail, même en dehors de la sphère capitaliste… alors que le revenu voit les humains comme des êtres de besoins….

=> Personnellement, je ne suis pas du tout d’accord. L’étymologie du mot revenu est claire. C’est un retour, c’est une rétribution, il y a une notion de cycle… je donne quelque chose et en échange je reçois un revenu.

Donc ici je peux aussi dire que le revenu de base reconnait n’importe quelle contribution à la société, que ce soit dedans ou en dehors de la sphère capitaliste !

Le discours à ce moment du film ne me parait juste pas objectif !

En revanche, l’étymologie du mot « salaire » vient du mot sel. (salarium) qui était donné aux soldats romains. Le salaire n’est pas une rétribution globale, mais une rétribution, un revenu (!!) très précis. C’est un revenu lié à un contrat. (et donc pas pour une reconnaissance globale de contribution à la société par le simple fait de vivre)

Donc, (en tout cas pour moi), un salaire est lié à un emploi, à une place de travail et pas à n’importe quelle contribution à la société.

Je trouve justement que le mot salaire est mal choisi pour exprimer cette idée de « forfait de confiance quand à la contribution de toute personne ». comme quoi… avec le même raisonnement on peut arriver à des conclusions différentes !

Je retrouve dans ce mot de salaire qui rétribue « toute production de valeur ajoutée » une notion très communiste.

Qu’est ce que la valeur ? uniquement le travail humain ? ne peut-on vraiment pas dépasser le travail ?

Pour les économistes communistes (comme Friot), mais pas forcément pour les autres, la valeur est issue uniquement de la force de travail humaine.

Ainsi le salaire à vie ayant été développé sous cet angle a tendance à ne reconnaitre que ce type de valeur.

Alors que dans l’histoire du Revenu de Base Inconditionnel, d’autres sources de valeur existent.

John Locke (un des contractualistes) et Thomas Paine étaient très axé sur la propriété foncière.

Locke disait que la propriété privée est le meilleur moyen de gérer une ressource efficacement, mais que la privatisation de cette ressource doit être compensée pour ceux qui n’y ont plus accès.
On peut se dire que cette compensation peut donc se faire sous forme d’un revenu issu de la ressources privatisée.

Paine quant à lui voulais distribuer à tous des lopins de terre de base. (rien de monétaire, mais à l’époque un bon moyen pour être assuré de vivre, à soi de décider si on la travaille soi-même où si l’on engage des gens pour le faire !)

Ainsi, dans cette vision du monde, le simple fait d’être propriétaire d’une terre (ou justement de ne pas l’être !) donne droit à un revenu.

Alors que l’économiste communiste ne voit pas là un droit à un revenu, il dit que seul le travailleur de cette terre à droit au revenu !!
=> Un combat qu’on ne résoudra pas aujourd’hui, mais il est intéressant de voir que le st-graal des économistes est souvent la source de LA valeur… (Lire à ce propos le manuel d’anti-économie qui montre tout un panel de croyances sur l’origine de LA valeur...)

Le principe du Revenu de Base Inconditionnel ne tranche pas. Il dit juste que tout le monde a droit à un revenu suffisant pour vivre. Puis, c’est à chacun de s’organiser pour trouver d’autres sources de revenus pour augmenter son revenu global.

La monnaie au service du Revenu de Base Inconditionnel

Dans les partisans du Revenu de Base Inconditionnel, il y a aussi beaucoup de gens qui s’intéressent aux monnaies. Là il y a aussi moyen en sortant d’un système à argent dette et en posant un nouveau système compatible avec la Théorie Relative de la Monnaie, de créer un système dans lequel chaque personne reçoit un revenu monétaire pour le simple fait de participer à ce système.

Il n’y a nul besoin de « travailler » pour avoir un revenu.

Le « salaire à vie » est donc à mon avis un système un peu trop « usine à gaz » pour finalement ne s’occuper que d’une partie du problème en occultant d’autres solutions moins « productivistes » qui fonctionne aussi.

Le salaire à vie = communisme 2.0 pour favoriser les salariés et contrôler

Le salaire à vie est à mon avis un peu trop teinté d’idéologie…. c’est pour cette raison qu’il convainc moins largement sur l’échiquier politique…  mais est-ce un avantage ou un inconvénient ? … Le RBI a un peu le problème inverse. Il n’est pas assez marqué sur l’échiquier politique et trouve ses opposants partout ! (On aime pas le changement)

Donc c’est vrai que le RBI ne remet pas en cause le capitalisme. C’est une des raisons qui fait que de nombreux jeunes socialistes suisses se sont opposés au RBI…  et c’est pourquoi Bernard Friot dit que le « Revenu de Base Inconditionnel est une roue de secours du capitalisme« ….. mais est-ce vraiment une raison pour laquelle un partisan du salaire à vie doit s’opposer au Revenu de Base Inconditionnel ??

Finalement.. le RBI permet de s’émanciper d’un système, d’avoir le droit de vivre en dehors d’un système capitaliste. C’est déjà un bon pas dans la direction de ceux qui défendent le salaire à vie !

Mais peut être pas pour ceux qui voient le salaire à vie comme un moyen de contrôle des gens…

J’ai l’impression que le RBI permet la liberté beaucoup plus que le salaire à vie.
C’est pour cette raison principale que je suis plutôt partisan du Revenu de Base Inconditionnel que du salaire à vie…

Un autre point de vue que le mien sur les différences entre salaire à vie et revenu de base inconditionnel

Voici encore un autre son de cloche qui décrit les vraies différences entre le salaire à vie et le Revenu de Base Inconditionnel… Voici un article écrit par Frédéric Bosqué qui nous précise que ces deux idées sont bien deux projets de société différents.

  • Le Revenu de Base Inconditionnel est émancipateur pour permettre à toute personne de trouver son bonheur.
  • Le salaire à vie étant une réforme du système productiviste pour favoriser le salarié…

Ainsi je ne trouve pas que seule la forme diffère… le fond aussi !

Peut-on financer un Revenu de Base Inconditionnel par la création monétaire ?

Peut-on financer un Revenu de Base Inconditionnel par la création monétaire ?

Cet article est en fait parti d’un petit commentaire sur facebook que je voulais faire suite à des questions très pertinentes sur la réelle possibilité de financer un Revenu de Base Inconditionnel par la création monétaire.

Comme le sujet est vaste, complexe, plein d’idées et de concept différents qui se mélangent sous le même nom (ex: LA création monétaire, alors qu’il y a de nombreuses manières de créer de la monnaie.), mon petit commentaire a vite grandit. Il est devenu tellement grand que je l’ai placé sur cette page. Ce sera plus lisible que sur facebook. Comme il est intéressant, je vais aussi le reprendre pour le rendre plus lisible, pour sourcer un peu plus mes affirmations, pour mettre des illustrations… etc…

Les grandes questions qui reviennent toujours autour du financement d’un Revenu de Base Inconditionnel par une création monétaire sont:

  • de quel mécanisme de création monétaire parle-on ?
  • est-ce que ça ne va pas créer de l’inflation, voir une hyperinflation ?
  • si l’on donne à tout le monde de l’argent en plus… ça va certes permettre de consommer plus… mais du coup les prix vont monter et il faudra aussi augmenter le montant du Revenu de Base Inconditionnel pour suivre, on sera dans une spirale infernale ?

Des que l’on commence à aborder le sujet d’utiliser la création monétaire comme moyen de financement, on voit en général très très rapidement arrivé les clichés classiques que tout le monde balance, mais qu’en fait personne ne connait vraiment….

=> Toucher à la création monétaire, c’est risquer l’hyperinflation… regarde le Zimbabwe et l’Allemagne d’entre deux guerres quand on payait le pain avec des brouettes de billets…

Chaque fois que le sujet de la création monétaire est évoqué, je vois qu’il y a énormément de préjugés qui reviennent.

C’est comme quand un économiste parle de LA croissance.. sans dire qu’il y a plusieurs sortes de fonctions mathématiques croissantes avec des comportements très différents. Est-ce qu’une croissance linéaire à les mêmes conséquences qu’une croissance exponentielle ?
(A ce propos voici mon dossier qui explique les fonctions croissantes et ce qu’est LA croissance)

Ici quand un économiste parle de LA création monétaire, en fait, il faut se rendre compte qu’il existe plusieurs sortes de créations monétaires et plusieurs systèmes monétaires possibles. (argent dette, étalon or, monnaie banque centrale (planche à billet), crédit mutuel, Théorie Relative de la Monnaie, masse monétaire fixe qu’on approche par asymptote comme c’est le cas avec le bitcoin)

Donc quand j’entend la référence au Zimbabwe et à l’Allemagne, je suppose que la discussion n’est pas allée plus loin que de la création monétaire faite par une banque centrale. C’est la plus connue, c’est la planche à billets !

Ce qui finalement revient à ne parler que de 5% du sujet de la création monétaire….   Car c’est l’ordre de grandeur de la proportion de monnaie créée par les banques centrales actuellement dans nos contrées.

(Tout comme certains physiciens prétendent décrire l’univers entier… alors que finalement ils ne basent leur modèle standard que sur l’observation de 5% de la masse de l’univers….  Le reste étant la masse du vide.. mais ça aucun physicien tenant à sa carrière n’osera l’avouer… bref.. c’est un autre sujet revenons à nos moutons.)

Donc avant de répondre aux diverses questions, nous allons faire un petit tour d’horizon de ce qu’est une monnaie, comment peut on créer de la monnaie, quelles sont les propositions de modification du système monétaire qui sont à la mode.

Nous allons également voir les différentes idées liées à la création monétaire pour financer un Revenu de Base Inconditionnel qui ont été avancée.

Enfin, grâce à ce tour d’horizon, nous aurons les connaissances suffisantes pour répondre aux questions.

Passage en revue de plusieurs mécanismes de création monétaire

Actuellement, il y a les banques centrales (qui sont en fait aussi des banques privées) qui émettent de la monnaie sans contrepartie. Elle tente ainsi de contrôler la création monétaire de leur zone attitrée. Mais en fait, elles ne font surtout que de réagir à la demande en monnaie dont ont besoin les banques commerciales qui elles créent vraiment le gros de la monnaie.

Là, c’est de l’argent dette qui est créé selon le mécanisme suivant: une personne a besoin d’argent. Elle le demande à une banque, qui lui crée la somme voulue à partir de rien. Et en échange (d’une écriture électronique !) la banque demande de rendre la même somme et des intérêts qui grâce au principe de l’intérêt composé fait qu’un tout petit chiffre indiqué peut se transformer en énorme masse. (3% d’intérêt => le montant double en 24 ans )

Je n’ai pas réussi encore à déceler le vrai du faux en ce qui concerne la création des intérêts. J’ai eu différents sons de cloche. Certains disent que les intérêts sont créés avec le principal du crédit et ainsi quand le crédit est remboursé + les intérêts on revient à une destruction totale de cette masse monétaire et on retrouve un équilibre. (C’est ce qui est présenté par cette source libertarienne: http://www.wikiberal.org/wiki/R%C3%A9serves_fractionnaires#Le_.22paradoxe.22_des_int.C3.A9r.C3.AAts_manquants)

Et d’autres disent que seul le principal est créé et ainsi on ne crée pas assez de monnaie pour pouvoir rembourser les crédits.. et que ça assèche l’économie..
http://revolution-lente.coerrance.org/la-face-cachee-de-la-monnaie.php#8

Ce n’est pas grave si la monnaie scripturale est minoritaire dans le système. Mais quand elle est majoritaire…. Tout le système flanche…

Dans la vidéo de Gabriel Rabhi, je ne comprends pas bien quelle position il a sur les la création des intérêts. (Voir ce passage précis ici: https://youtu.be/syAkdb_TDyo?t=50m38s)  Mais ce qu’il dit, c’est que dans tous les cas, si le banquier n’investit pas dans l’économie réelle avec les intérêts qu’il gagne, alors c’est l’assèchement de l’économie réelle qui arrive. Or, c’est justement ce qu’il se passe de plus en plus. Les banquiers préférant investir dans des produits financiers que dans l’économie réelle. Finalement que les intérêts soient créés où non, on observe actuellement un assèchement.

De plus, cette masse monétaire créée par les banques commerciales est une monnaie qui n’est pas une monnaie légale. C’est un substitut monétaire comme le dit le conseil fédéral.

En effet, créer sa propre monnaie est un business comme un autre garanti par la libre entreprise inscrite dans la constitution. C’est toujours le conseil fédéral qui le dit. (dans son message du 25.04.2012 http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305 )

Il y a juste des garde-fous qui sont mis comme dans toute profession. C’est à dire des réserves obligatoires pour limiter l’effet multiplicateur du crédit (on multiplie l’argent légal emprunté à la BNS) et des réserves prudentielles qui sont une proportion de fond propre à avoir. Cette mesure ne sert à rien vu que les banques commerciales créent pour elles même leurs propres fonds propres par création monétaire…

L’audit des banques en Islande a montré que 80% des crédits étaient accordés aux propriétaires des banques eux-mêmes !!!

En effet… un bilan… c’est une photo instantanée… et l’on est obligé de respecter les règles qu’à ce moment-là. Donc un bilan par mois.. et ça laisse tout le temps aux banques commerciales de créer autant d’argent qu’elles veulent et de l’investir dans le mois…

Ainsi la création monétaire par les banques commerciales est beaucoup plus grande et influente que celles des banques centrales.

…. est-ce que là il y a des gens qui se préoccupent des conséquences de cette création ? … est-ce que l’on a de l’inflation ?

=> eh bien oui…. Ces banques sont en fait en train de dévaluer notre monnaie… sans que l’on remarque, vu que la monnaie est également l’étalon de référence !!

Là c’est un point intéressant à se souvenir pour la suite de mon explication. L’importance du référentiel.

La monnaie a 3 fonctions:

  • être une réserve de valeur
  • être un moyen d’échange facile pour fluidifier les échanges
  • être un étalon de mesure (comme le mètre, la seconde, etc..)

Actuellement on a une monnaie qui réunit ces 3 fonctions qui sont parfois opposées…  comment bien fluidifier les échanges tout en thésaurisant ? A d’autres époques, il y a avait des monnaies différentes. La nourriture du jour s’achetait avec une monnaie fondante basée par exemple sur le grain de blé… et les échanges commerciaux lointains ou avec des gens de peu de confiance s’échangeaient avec des métaux précieux. Évidemment les archéologues n’ont retrouvé qu’un type de monnaie.. et on souvent oublié l’autre….

Ensuite, il y a divers moyens de créer des systèmes monétaires. La plupart des gens sont persuadés qu’il n’y a une façon de faire…. mais ci-dessus on a déjà vu 2 mécanismes différents dans notre système actuel pour créer de LA monnaie. Et ce sont des monnaies avec des statuts différents. Une monnaie légale (le CHF, c’est les pièces, les billets et les comptes à vue à la BNS que seules les institutions financières ont le droit d’avoir..), des substituts monétaires en tous genres dont la plupart ne disent pas que ce sont des substituts, car ils font des dettes libellées en CHF… et d’autres personnes plus honnêtes indiquent que leur monnaie n’est pas du CHF, le Wir, le chèque reka, le bitcoin, le point coop, le point cumulus, les miles, etc…

Le système dominant actuellement est le système a argent dette, car c’est un système prédateur qui emprisonne les gens… et quand toute la société est emprisonnée….  il est difficile de sortir de là…  C’est pour cette raison que les collectivités publiques empruntent pour rembourser des emprunts… ça ne profite à personne sauf aux banques qui bénéficient de ce système. Avant les années ~1970 les États se finançaient directement par les banques centrales. Ça pouvait créer de l’inflation, du coup la doctrine a voulu que l’on empêche ce financement direct et que l’on passe par les emprunts à intérêt dans les banques commerciales…

(C’est la fameuse loi Rothschild en France, reprise dans le traité de Maastricht art 104, puis dans l’art 123 du traité de Lisbonne. En Suisse c’est l’art 11 de la loi sur la BNS qui n’est apparue que dans les années 2000… on est plus lent en Suisse ! 😛 )

Conséquence, on a plus de risque d’inflation due à des politiques monétaires cavalières…. Mais on a des gros soucis de dettes publiques….. En France Patrick Viveret disait que sur 1500 milliards de dettes publiques.. 1350 ne sont dus qu’à ce changement de système…  (Mais ce n’est pas perdu pour tout le monde.. c’est une manne pour les banques commerciales… c’est pour cette raison que les gens qui ont mis en place ces politiques ont été récompensés… pourquoi l’ex-conseiller fédéral Kaspar Viliger, après avoir réformé la loi sur la BNS en 2004 est devenu président du conseil d’administration d’UBS de 2009 à 2012 ???)

Voir mon bloc note de comment cette histoire est arrivée…
https://martouf.ch/document/435-relations-entre-la-confederation-suisse-et-la-banque-nationale-suisse.html

Donc… c’est quoi le pire… un risque d’inflation… ou des intérêts qui génèrent une dette publique perpétuelle ??

La peste ou le choléra ?

Étrangement on ne parle que de l’inflation… le reste ce n’est pas à cause d’un système, mais de la mauvaise gestion des deniers publics !

(Serait-ce une stratégie pour dire que la gestion publique ne fonctionne pas…. et qu’il faut privatiser les services.. Du coup ce sont les mêmes banques qui mettent la main sur les services… c’est tellement souvent arrivé avec les politiques que le FMI a imposées et impose toujours à de nombreux pays.. que j’ai de la peine à croire que c’est par hasard que ça arrive !!)

Attention les économistes expliquent le monde avec des fables pas toujours justes

Les économistes utilisent beaucoup de fables pour faire de la désinformation. Dur à dire si c’est intentionnel ou non.. mais le fait est que c’est une classe de personnes qui raconte beaucoup d’histoires….

Premier exemple, pour gagner du crédit (voilà l’origine du mot.. crédit = croyance, la croyance d’être remboursé..), les économistes ont créé un faux prix Nobel. Le « Prix de la banque de Suède en la mémoire d’Alfred Nobel »…. pour raccourcir, tout le monde dit que c’est un prix Nobel d’économie…. mais ce n’est que de la foutaise…. C’est juste une stratégie pour faire croire que l’économie est une science au même titre que la physique, la chimie, la médecine, etc…..   alors que finalement c’est plus proche d’une religion à mon avis ! (la croyance … le crédit…)

Une autre fable racontée dans tous les cours d’économie qui parlent de monnaie. C’est l’histoire de l’invention de la monnaie pour se résoudre l’épineux problème du troc !

Mais c’est faux. Le troc a toujours été marginal. Avant qu’un seigneur ne décide de s’enrichir sur le dos de sa population en imposant… (par l’impôt.. le mot est clair !) qu’on utilise sa propre monnaie qu’il est le seul à pouvoir créer comme bon lui semble, la plupart des communautés utilisaient le crédit mutuel. Le concept de l’ardoise au bistrot. (ou de la tablette d’argile…)

Je note que je te dois tant… et tu me dois tant… et régulièrement à l’occasion de quelques fêtes religieuses on solde les crédits.

Dans le crédit mutuel tout le monde échange a égalité, il n’y a pas de privilège, de droit régalien de battre monnaie… de choisir à qui on permet offre un crédit et à qui on le refuse..

Ainsi dès que l’on commence à parler de création monétaire, il faut déjà se battre contre l’endoctrinement fait depuis des siècles par une caste de gens qui cherchent à dominer les autres.

Il faut renverser de nombreuses fables qui expliquent le monde, mais qui sont fausses !

Ces temps ce boulot avance bien, notamment avec l’initiative pour la monnaie pleine qui éveille les consciences à ce qu’est la monnaie.

L’initiative populaire fédérale pour une monnaie pleine

Mais que veut cette initiative ?

Elle veut tout simplement que la monnaie scripturale soit contrôlée par la confédération. Le 18 octobre 1891 une votation populaire fédérale a faire venir le billet de banque dans le giron des moyens de paiements légaux sous contrôle de la confédération (via la BNS). L’idée ici est de faire de même avec la monnaie scripturale. (les substituts monétaires). De plus, on oblige ainsi les banques commerciales à couvrir les prêts à 100% avec de la monnaie banque centrale (d’où monnaie 100% ou monnaie pleine). C’est la fin du système de réserve fractionnaire. (C’est une idée déjà proposée par Irving Fischer en 1935… le gars qui a théorisé mathématiquement l’inflation !!)

Quelles sont les conséquences ?

Le droit de seigneuriage revient à la confédération et donc à l’ensemble de la population et non pas aux propriétaires de banques commerciales. On en finit avec un système déséquilibré qui fonctionne à l’argent dette où il y a un acteur qui a le dessus sur l’autre. Le droit de battre monnaie scripturale revient au peuple. En fait… on ne change pas grand-chose, car la plupart des gens pensent que c’est déjà ainsi !! 😛   (toujours la fable pour garder le troupeau)

Donc, pour revenir au Revenu de Base Inconditionnel, quand quand les partisans de monnaie pleine viennent parler de financer le RBI par la monnaie pleine …  c’est par ce qu’ils prétendent qu’un système à monnaie pleine permet de financer un Revenu de Base Inconditionnel pour tous. Donc on finance le RBI avec l’argent qui finit maintenant dans les banques commerciales…

Il y a certainement du potentiel, mais je n’arrive pas à quantifier exactement ce que ça représente, si c’est suffisant ?

La Théorie Relative de la Monnaie

De mon côté, bien que je soutiens monnaie pleine, quand je parle d’utiliser la création monétaire pour faire vivre un système économique dans lequel tout le monde reçoit un Revenu de Base Inconditionnel, je pense plutôt à la Théorie Relative de la Monnaie.

Voici une présentation de la TRM lors de l’université d’été du revenu de base en 2014 (vidéo + slide en pdf):
http://www.creationmonetaire.info/2014/09/video-trm-universite-dete-du-revenu-de-base.html

Le principe n’est pas tout simple à appréhender, même s’il peut se résumer de manière simple:

Le but est de créer un système équitable autant spatialement que temporellement.

Dans un système à argent dette, le crédit sort de nulle part est utilisable tout de suite… la charge vient plus tard ou surtout dans le cas de dettes publiques pour les générations futures. Le système n’est pas équitable dans le temps.

Le système à argent dette n’est pas non plus équitable spatialement. L’argent se crée là où il y a des banques. Seuls les banquiers ont le droit de choisir où va l’argent, qui est privilégié dans le système. Et comme l’a montré l’audit des banques islandaises 80% des crédits sont des crédits aux propriétaires de banques eux-mêmes.

Donc il n’est pas étonnant de voir que les villes les plus riches sont celles où se trouvent les plus grosses banques.

Ainsi un système équitable doit distribuer l’argent de la création monétaire directement aux gens. C’est le moyen le plus équitable spatialement. Là on voit qu’on se rapproche beaucoup du concept du Revenu de Base Inconditionnel.

Ainsi il n’y a qu’un pas à franchir. La TRM augmente la masse monétaire régulièrement en donnant l’argent aux gens.

Mais alors.. ça va créer de l’inflation ?

C’est ici que le mot « relative » de Théorie Relative de la Monnaie prend tout son sens. Il est important de comprendre que l’inflation en soi (l’augmentation des prix) n’est pas mauvaise en soi. Tant que les choses se passent régulièrement. C’est même la politique de toutes les banques centrales (et justement la BNS ne maitrise plus rien, car la zone monétaire suisse est en déflation… les taux d’intérêt négatifs sont justement des outils pour sortir de la déflation..)

L’inflation n’est pas mauvaise quand les gens ont les moyens d’acheter ce dont ils ont besoin.

La plus grande période d’inflation de ces dernières décennie était pendant ce que l’on a appelé les 30 glorieuses ! …

L’inflation est une augmentation des prix, donc c’est aussi la croissance du PIB….  encore un lien douteux..

On double le prix du m2 de terrain… et hop.. on fait de la croissance du PIB dans le marché immobilier… C’est vraiment si mal que ça l’inflation ?

L’inflation par rapport à quoi ? Dans quelle unité. La monnaie étant elle même liée à son propre étalon finalement on doit toujours trouver une référence extérieure. L’étalon change tout le temps c’est ennuyeux.

Il y a des gens qui utilisent l’indice BigMac, ils comparent les systèmes économiques selon le prix du BigMac un peu partout dans le monde. On peut aussi compter en « panier de la ménagère ».

En TRM, Stéphane Laborde propose de compter en Revenu de Base. Le Revenu de Base (dans ce contexte, en fait, c’est plutôt un dividende universel) est déterminé comme étant une fraction de la masse monétaire divisée par le nombre d’acteurs utilisant cette monnaie.

Montant du RBI = DU(Dividende universel) = 10% * Masse monétaire / nb personnes

Ce 10% est en fait issu d’un calcul qui découle de l’espérance de vie pour réaliser une équité de création monétaire à toute époque. (Symétrie spatiale et symétrie temporelle.)

Pour être exact le DU = Ln (espérance du vie / 2) / (espérence de vie /2) => en suisse l’espérance de vie en 2014 est de 83.2 ans. le Du = 8.961%

Donc chaque mois, chaque personne reçoit son dividende universel qui est une fonction de la masse monétaire précédente et de la population précédente.

En théorie quantitative de la monnaie, en absolu, tout augmente, donc les prix augmentent. Mais si l’on change de référence. Si l’on compte en Dividende universel ( nombre de RBI) la masse monétaire est stable. Il n’y a pas d’inflation.

Donc on peut dire que les gens qui disent que financer le revenu de base inconditionnel par la création monétaire c’est créer de l’inflation. C’est vrai et c’est faux à la fois. Ils ont raison d’une certaine manière, le montant du RBI augmente régulièrement pour suivre l’inflation quantitative. Mais d’une manière relative, en comptant en nombre de RBI le système est stable et il n’y a pas d’inflation.

Les gens ont toujours de quoi acheter ce dont ils ont besoin pour vivre.

C’est une question de point, de vue de référentiel.

question de point de vue carré ou cercle.jpg

 

Dans un système à argent dette, l’inflation c’est mauvais, car il n’y a pas de revenu de base qui permet à tout le monde de vivre. Ainsi, effectivement le pouvoir d’achat diminue, mais quand l’inflation quantitative est contrebalancée par le Revenu de Base Inconditionnel, alors là il n’y a pas de soucis à se faire.

Je sens qu’il y a plein de gens qui ne sont pas d’accord. Mais ces mêmes personnes n’ont peut-être pas remarqué que notre monnaie de tous les  jours subit aussi cette dévaluation par les banques commerciales qui font de la création monétaire massive. La grande différence c’est qu’aujourd’hui, cette dévaluation de la monnaie ne nous profite en rien. Alors qu’en changeant le système monétaire on peut faire la même chose tout en bénéficiant d’un Revenu de Base Inconditionnel au passage !

Toujours pas convaincu par la théorie relative ?

Autre exemple, on nous parle toujours ces temps du franc fort…. mais dans le système à cours monétaire flottant qui est en vigueur depuis le découplage d’avec l’étalon or du dollar 1972,  est-ce que c’est le franc qui est fort…. ou est ce que c’est l’euro et le dollar qui sont faibles ?

C’est très relatif tout ça !!

Moi je pense que ce sont les zones monétaires qui comportent le plus de création monétaire qui se sont dévaluées.

On peut faire une analogie avec les actions d’une société anonyme. Si la valeur de globale de l’entreprise monte. Les actions vont individuellement augmenter de valeur. Mais si d’un côté, on divise la valeur globale dans un plus grand nombre d’actions, on divise la valeur de chaque action. Il y a dilution. Pour des actions, il y a un registre qui indique quel est le nombre global d’actions .Pour la monnaie, il n’y a pas de registre centralisé. On ne sait pas de combien la monnaie a été diluée, même si la valeur globale de l’économie a augmenté

Passons maintenant au concret. Voici la monnaie M, qui est une monnaie libre basée sur la TRM:
http://merome.net/monnaiem/

Cette monnaie permet de faire des paiements de biens proposés sur des petites annonces. Chaque mois les utilisateurs reçoivent leur Revenu de Base Inconditionnel. Voilà donc un système qui montre que ça marche.

En Suisse la masse monétaire « officielle » m3 (donc celle qui figure au bilan des banques commerciales et pas la partie cachée entre les bilans) est de l’ordre de 960 milliards. http://www.snb.ch/ext/stats/statmon/pdf/defr/B2_Geldmengen.pdf

Stéphane Laborde nous explique, notamment dans le podcast monnaie libre dont il est question du Revenu de Base Inconditonnel en Suisse...., que l’on peut encore doubler m3 pour obtenir la véritable masse monétaire, en effet, sont des créances disponible sous forme de bon du trésor ou de dette échangeable par les banques. Ce n’est pas de la monnaie sur un compte, mais une monnaie papier valeur. (l’émission a été enregistrée en octobre 2013 et m3 était à 900 milliards, en octobre 2015 m3 = 960 milliards )

Donc on obtient une masse monétaire à 2×960 milliards = 1920 milliards

Ainsi à combien peut se monter un dividende universel avec une telle masse ?

DU = 10% de 2x(960 Milliards) / 8 millions d’habitants => 10% * 240 000 CHF / année =>  2000 CHF par mois !

Donc voilà, juste en changeant de système monétaire, on peut garantir 2000 CHF à chaque personne en suisse, enfant compris. Ceci, comme on l’a vu, garanti sans inflation !

Voilà un simulateur => http://cuckooland.free.fr/LaTrmEnCouleur.html

C’est selon ce constat personnellement je dissocie les noms Dividende Universel et Revenu de Base Inconditionnel. Stéphane Laborde a toujours parlé de DU, mais voilà qu’à l’université du revenu de base il a parlé de Revenu de Base Inconditionnel. Je trouve que ça entretient un flou.

A mon avis on peut composer un Revenu de Base Inconditionnel à l’aide d’un Dividende universel, puis, on peut encore compléter le financement par d’autres moyens.

Avec la TRM, on peut vraiment fournir de l’argent en plus à la plupart de gens.

L’inflation

Maintenant penchons-nous sur l’inflation. C’est une vaste question, et il y a plusieurs écoles chez les économistes. Il y a ceux qui pensent que la monnaie est juste un moyen d’échange neutre et d’autres qui veulent agir sur la monnaie pour agir sur l’économie.

Nous avons vu que la monnaie n’est pas toujours créée la même manière. Alors de mon point de vue, la monnaie n’est pas neutre. Surtout si la monnaie est créée avec de l’argent dette. Ça signifie que cette monnaie doit être remboursée donc les prix auront tendance à grimper pour rembourser cette monnaie !

=> Ce point est rarement mis en avant par les économistes, mais il me semble important. Surtout que la situation a bien changée entre les théoriciens d’il y a quelques décennies et le monde monétaire actuel.

Ainsi dans un système monétaire qui ne crée pas de monnaie par argent dette, la pression exercée par les intérêts à rembourser n’existe pas. L’inflation est donc réduite d’autant.

Didier Lacapelle, expliquer e phénomène dans son « Manuel d’anti-économie » ( https://martouf.ch/utile/fichiers/2012_03_09_11_21_manuel-antieco.pdf )

Il décrit que selon certaines estimations la part d’intérêt bancaire qui compose un prix représente jusqu’à 50% de ce prix. (p 57)

En fait qui a peur de l’inflation ? .. Ce sont surtout les riches qui thésaurisent et qui ne dépensent pas. Les autres n’ont aucune raison d’avoir peur de l’inflation. C’est la fonction de « réserve de valeur » de la monnaie qui n’aime pas l’inflation. On peut peut-être envisager de séparer cette fonction dans une autre monnaie, comme ça a été le cas par le passé avec plusieurs monnaie en parallèle!

Dans l’histoire on trouve même des cas de « monnaie fondante » qui ont largement dynamisé l’activité économique. La monnaie fondante a été théorisée par Silvio Gessel qui comparait le système monétaire a un système sanguin. Quand il y a accumulation de sang a un endroit, ça crée un caillot de sang. C’est mauvais pour tout l’organisme. Ainsi il a imaginé une monnaie qui perd de sa valeur (5% / an) pour inciter à ne pas capitaliser, mais à dépenser son argent. (en fait, c’est un peu ce que fait la BNS avec ses taux d’intérêt négatifs. http://fr.ekopedia.org/Monnaie_fondante

L’expérience de la ville de Wörgl en 1932-33 a montré qu’en pleine crise économique la création d’une monnaie locale fondante a dynamisé l’économie locale et à fait reculer le taux de chômage de 25% !!
http://www.alterinfo.net/L-experience-de-monnaie-fondante-de-Worgl-a-pris-fin-il-y-a-75-ans-Une-solution-pour-des-temps-de-crise_a29371.html

Cette idée commençait à intéresser de nombreuses autres villes et du coup la banque centrale autrichienne a interdit la création d’autre monnaie que la sienne !

De nos jours, tout est fait pour juguler l’inflation. Il existe même un indice dans les pays de l’OCDE, le NAIRU qui est le taux de chômage nécessaire pour ne pas faire augmenter l’inflation. Ce qui montre bien que l’on ne veut surtout pas éliminer le chômage. On veut garantir que l’inflation ne fasse pas fondre les avoir de ceux qui en ont ! (1% de 100.-…. c’est pas pareil que 1% de 1 million…. cherchez à qui profite le fait de juguler l’inflation…)

Durant les 30 glorieuses, l’inflation était beaucoup plus grande que maintenant. Mais les salaires suivaient et ainsi les gens conservaient leur pouvoir d’achat. Le problème de l’inflation c’est quand les revenus des gens ne suivent pas, quand le pouvoir d’achat diminue.

Comme toujours il y a deux poids de mesures. Si les salaires ne suivant pas la croissance économique… ce n’est pas grave, les gens n’ont qu’a à travailler plus pour gagner plus… mais si la fortune des riches fond avec l’inflation. Là il y a un souci !  … et les banques centrales vont agir !  😛

Le paradoxe, c’est qu’il y a énormément de boulot à faire dans notre société, qu’il y a la main d’oeuvre pour. Mais qu’il manque de l’argent pour payer cette main d’oeuvre !

Il manque la chose qui est la plus facile à créer: la monnaie !

Mais comme on utilise majoritairement, avec l’argent dette, le pire moyen de création monétaire, on assèche l’économie réelle. Toutes les politiques de quantitative easing, de création monétaire des banques centrales ne servent à rien pour aider l’économie réelle. Tout est capté ou presque (à 97% selon Bernard Lietaer) par l’économie financière qui utilise cet argent pour spéculer.

En effet, pour un produit financier qui a un rendement de 1%, si moi je mets le maximum d’argent que je peux libérer pour ça… soit CHF 1000.- je vais gagner 10.- et me faire bouffer 20.- comme frais de transaction par la banque…. 😛

Par contre si je peux mettre 100 millions avec le même produit financier, je vais gagner un million. Les 20.- de frais de banque sont négligeables. On comprend pourquoi les banques commerciales n’hésitent pas à se faire des prêts à elles-mêmes. Moi si je vais demander à une banque 100 millions, on ne me les donnera pas ! Voilà le pouvoir du banquier dans ce système monétaire.

Avoir la monnaie, a disposition, c’est bien, mais ensuite, pour pouvoir acheter ce produit financier, je vais immobiliser pendant un certain temps ces 100 millions. Ils ne circuleront pas dans l’économie.

C’est là que l’on peut expliquer pourquoi, malgré une création monétaire effrénée ces dernières années par les banques centrales et par les banques commerciales on se retrouve quand même en situation déflationniste !

Même le Crédit Suisse à publié dernièrement une étude qui montre que la création monétaire massive de ces dernières années n’est pas un risque d’inflation, car cet argent ne circule pas !
(Il faut que je fouille dans mes documents pour retrouver cette référence.)

Dans la formule mathématique du calcul de l’inflation. L’école des économistes monétaristes considère que la vitesse de circulation de la monnaie est constante !!!

C’est par cette hypothèque qu’ils simplifient l’équation qui pose la conservation de la quantité de monnaie échangée dans l’ensemble des transactions économiques. Ils en arrive ainsi à une relation directe entre la masse monétaire et le niveau des prix.

Mais comme on l’a vu ci-dessus, dans une économie financière, on immobilise des grandes masses de monnaie pour ne jouer que sur des petites marges. Ainsi la vitesse de circulation de monnaie n’est absolument pas à négliger. Si la vitesse diminue, on peut augmenter la masse monétaire sans augmenter le niveau des prix !

Pour résumer

Donc oui, l’augmentation de la masse monétaire a un lien avec l’augmentation des prix. Mais le lien peut être plus ou moins direct suivant où va l’argent. Si on le fige dans l’économie financière, il n’y aura pas d’inflation. Si on le donne à tout le monde pour une consommation courante. Il y a un risque d’inflation.

Mais est-ce que ce risque d’inflation est grave ?

  • L’inflation fait fondre les grosses fortunes qui ne bougent pas, mais elle dynamise l’économie réelle globale. Que veut-on favoriser ?
  • L’inflation n’est pas le pouvoir d’achat. Si le pouvoir d’achat est garanti, l’inflation n’est pas grave.

Donc soit il faut que les salaires suivent la même croissance que l’inflation. Soit il faut redistribuer l’augmentation de masse monétaire répartie entre tout le monde sous forme de dividende universel (le principe de la TRM)
Et le mieux, c’est de faire les deux.

Dernier point précis par rapport au Revenu de Base Inconditionnel.

L’idée n’est pas de donner de l’argent en plus à tout le monde (donc il n’y a pas besoin de trouver beaucoup d’argent en plus pour financer un RBI). Le principe est de sécuriser un montant en dessous duquel on ne descend pas.

Pour la plupart des gens, le Revenu de Base Inconditionnel sera intégré dans le revenu global. Donc ce n’est pas de l’argent en plus, donc le RBI ne risque pas d’être absorbé par l’impôt.

La grande différence est pour les gens qui n’ont actuellement pas le montant du Revenu de Base Inconditionnel (ex: les enfants, les parents au foyer, les working poor)

De plus, on favorise les métiers qui sont utiles à la société, mais qui ne sont pas rentables économiquement. (économie de la réparation, auberge de campagne, apiculteur, permaculteur, etc…)

Le bitcoin est-il vraiment une monnaie décentralisée

Un des gros avantages qui est amené par les défenseurs du bitcoin est le fait qu’il soit décentralisé… mais est-ce vraiment le cas ?

Le mythe fondateur de la décentralisation

  • L’Internet est décentralisé..  (la légende dit que c’est pour résister aux attaques nucléaires..)
  • Le web est décentralisé..
  • Les cryptomonnaies sont décentralisées….

La topologie actuelle de l’Internet

Mais au final…. la moité du monde surf grâce aux réseaux de Liberty global / UPC cablcom, AOL, free, les opérateurs de télécom historiques…
bref…. une poignée de gros opérateurs.. et c’est pire depuis que l’internet est de plus en plus mobile… c’est la mains mise de quelques opérateurs mobile sur tout l’Internet.

Quand la philosophie commerciale arrive dans un réseau maillé où chaque noeud a des liaisons redondante avec les autres noeuds, il faut rentabiliser.

Donc on coupe. On tranche on supprime ce qui est redondant pour ne garder que le minimum. Ça coûte moins cher.

Et ainsi la topologie de l’Internet à la base conçue pour être une réseau maillé devient de plus en plus un réseau en étoile. Un réseau centralisé où tous les utilisateurs sont branchés sur le même centre.

Fully_topology.pngStar_topology.png


Le web c’est: google, facebook, youtube, wikipedia…

A la base le web c’est un truc de physiciens qui s’échangent des articles de physique.

Puis le monde entier c’est approprié l’idée. Durant les années 1990, les sites perso ont fleurit partout. Tous les geek un peu versé en html ont pondu leur propre site perso.

Dans les années 2000, le blog est arrivé. Une application web qui permet de gérer des publications sans avoir les connaissances techniques des geeks. Le web s’est démocratisé au grand public.

Pour se démocratiser encore plus, des plateformes ont émergées pour nos aider. Plus besoin de savoir faire quoi que ce soit de technique, les grandes plateformes de blog (genre skyblog pour les francophones et wordpress.com ) prennent tout en charge en fournissant un espace chez eux.

La masse d’info grandissante a besoin d’être triée. Google décide d’organiser les données du monde entier. Il propose un moteur de recherche et des nombreux outils pour organiser sa vie numérique. (gmail, google maps, youtube, images, calendrier, docs)

Dans le même temps le projet wikipedia structure sous une même forme, dans une même encyclopédie, sur un même nom de domaine, toutes les connaissances officielles de l’humanité.

Fin de la décennie 2000…  Les réseaux sociaux entrent en jeu. Ils ont tendance à tout fusionner, à centraliser tous les blogs ouvert, les forums, les pages perso, l’organisation et le partage de photos et de vidéos, les messageries instantanées, voir le e-mail…..

Facebook règne en maitre sur le monde des discussions sur Internet.

Quand on parle du web au début, c’est une toile d’araignée où tout le monde crée des pages reliées aux auxtres.

Quand on parle du web maintenant, c’est google qui répond à nos questions, c’est facebook qui organise notre vie sociale et nous permet de communiquer avec notre tribu, c’est youtube qui nous divertis et nous instruit en musique et vidéos, c’est wikipedia qui nous instruit dans le détail quand la forme devient plus scolaire…. Voilà 90% du web….

Bitcoin est une monnaie centralisée !

Une monnaie, c’est fondamentalement centralisé…. c’est ainsi que celui qui détient la création de la monnaie détient le monde. C’est pour cette raison que traditionnelement c’est uniquement le roi qui a le droit de battre monnaie, c’est pour asseoir son pouvoir. Actuellement se sont les banques centrales indépendantes des Etats qui créent une partie de la monnaie (billet et pièce surtout), et la banques commerciales qui créent la monnaie scriptuale qui est majoritairement utilisée. (mais qui n’est pas forcément un moyen de paiment légal !)

Le principe du bitcoin, comme pour d’autres cryptomonnaies, est de s’affranchir de la centralisation. Il n’y a pas de banque centrale.

La monnaie est créée par un algorithme partagé entre tous, et les transactions sont vérifiées dans une base de données décentralisées partagée et vérifiée entre tous les acteurs du réseaux grâce à un protocole commun et des signatures électroniques.

Cette base de données de toutes les transactions faites depuis les débuts du bitcoin s’appelle la Blockchain.

Un véritable noeud du réseau bitcoin va vérifier le réseau et doit donc disposer de l’intégral de la blockchain en local sur son ordinateur.

Est-ce que tu as déjà testé de télécharger la blockchain ?

Attention, c’est énorme, c’est à ce jour en août 2015, près de 40Go de données... et la télécharger c’est rien… il faut l’interpréter….

J’ai installé bitcoin en 2011… c’était facile.. 20Mo à télécharger. Puis je n’ai pas utilisé bitcoin. Trois en plus tard en 2011, je me suis remis à bitcoin … j’ai du télécharger 18Go de blockchain… et mon ordi a mouliné 10h par jour pendant 10 semaines pour avoir un vrai client bitcoin décentralisé….

Ensuite il a mouliné régulièrement tous les jours pour suivre… et j’ai finalement abandonné…. Bitcoin me bouffe trop de ressources pour l’utilité que ça a…..

Pour éviter de mouliner et devoir télécharger d’énormes tas de donnée, la majorité des gens utilise de plus en plus des clients légers. Ils ne font plus le boulot de vérification de la blcokchain… ils utilisent des plateformes centralisées qui leur fourni tout de manière simple.

Du coup le réseau bitcoin se centralise… Il ne reste plus que quelques gros acteurs qui font le gros des transactions et qui vérifient la base de données centralisée.

Il devient toujours plus difficile pour un nouveau de venir dans le réseau. Comme pour l’Internet et le web, la facilité et la rentabilité en ressources tend à transformer une système décentraliser en un système centralisé.

Le concept de base est irréprochable, mais il devient corruptible dès que le nombre d’acteur diminue. La plateforme Mt Gox n’est pas morte à cause de la sécurité du protocole… mais à cause des failles dans son propre système….

Analogie avec la sécurité de vote électronique

Concernant le vote électronique, la sécurité est souvent discutée. Je suis certain qu’elle est très bonne (pour autant que selon les principes de base de la cryptographie, la sécurité du système repose sur le secret des clés et pas le secret des algorithmes).

Mais on néglige souvent qu’une urne électronique est souvent une urne centralisée.

Quand on vote à la main dans d’innombrables communes, on décentralise le système et ainsi on évite la corruption. Si l’on centralise tous les votes sur une urne électronique, le système à beau être techniquement fiable pour le corrompre, il suffit de corrompre la personne qui annonce les résultats. (souvent une commission de plusieurs personnes)

Un équilibre

En soit, la centralisation n’est pas mauvaise, tout comme la décentralisation maximale n’est pas la solution miracle. Il faut toujours savoir juger de ses besoins et de ses ressources pour évaluer le juste millieu entre centralisation et décentralisation. Entre l’efficacité et la résilience.

Signez une initiative populaire fédérale qui va vraiment changer positivement votre quotidien

Cher ami(e) de Suisse…. (ou d’ailleurs c’est pareil, mais avec des variantes..)

Connaissez-vous la plus grande arnaque de tous les temps ?
Vraisemblablement non, sinon vous ne la subiriez pas tous les jours !

Connaissez vous la définition officielle du franc Suisse CHF ?

Selon la loi Suisse sur l’unité monétaire:

Le Franc Suisse c’est:

  • Les espèces métalliques émises par la Confédération => les pièces de monnaies
  • Les billets de banques émis par la Banque nationale suisse.
  • Les avoirs à vue en francs auprès de la Banque nationale suisse. => Accessible seulement pour les banques.

=> Mais où est passé l’argent sur votre compte à l’UBS, à la banque cantonale, chez postfinance, à la Raiffeisen ?
=> Et bien, ce n’est pas une monnaie ayant cours légal !

L’argent sur votre compte en banque ne vaut pas plus que des points cumulus de la Migros !!

La monnaie scripturale des banques sont des monnaies privées, des substituts monétaires selon les termes du conseil fédéral:

« La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution.

http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305

=> et oui, faire de la monnaie est un boulot comme un autre…

C’est tentant, c’est un boulot facile. 
Il suffit de créer de la monnaie privée à partir de rien et de la mettre sur un compte, le client est content et se charge de ramener du véritable argent et les intérêts en plus.

Je ne connais pas de meilleur manière de faire une machine à fric !

Ça marche tellement bien, qu’actuellement en Suisse plus de 90% de la monnaie en circulation est de la monnaie privée, de la fausse monnaie !

=> Bilan…  les banquiers ne font rien et endettent tout le monde. Ce qui leur garanti de récupérer des vrais biens, des maisons, des entreprises, des infrastructures, des matières premières, etc… alors qu’ils ne vous ont donné que de la fausse monnaie !!

Vous pouvez changer ça !!

Il y a un peu plus d’un siècle, la situation était pareille, les banquiers pouvaient créer des billets de banque à leur bon vouloir.

En 1891, le peuple à décidé lors d’une votation de mettre fin à ce système en donnant le droit d’émettre des billets de banque uniquement à la confédération via la Banque Nationale Suisse.

Aujourd’hui, l’initiative pour une monnaie pleine, vous propose de faire de même avec la monnaie scripturale.

Signez l’initiative pour une monnaie pleine pour que seule la BNS ait le droit de créer de la monnaie scripturale.

 

Téléchargez la FEUILLE de SIGNATURES. Imprimer là, signez, faites signer votre famille et envoyez:

 

Informations supplémentaires: www.initiative-monnaie-pleine.ch

Le temps presse, il ne reste encore 50 000 signatures à trouver d’ici novembre 2015.

 

Merci de communiquer ce texte à au moins 20 amis pour faire connaitre cette arnaque et leur faire signer l’initiative pour une monnaie pleine.

Si vous ne le faites pas….  vous contribuez au succès des plans d’austérité qui démantèlent nos infrastructures pour rembourser les dettes aux banquiers, vous risquez de voir vos impôts augmenter pour aider à rembourser cette dette infinie, vous contribuer à ce que les générations futures naissent avec des dettes toujours plus grandes !!!

(… et pour leur garantir un revenu plutôt que des dettes…  votez OUi au Revenu de Base Inconditionnel en 2016 )

 

Artisanat industriel

Sans que l’on s’en rende encore vraiment compte, le monde de la fabrication d’objets change. Les pièces du puzzle d’un artisanat industriel se mettent en place.

Mais déjà, avant d’aller dans le futur, comment est-ce que l’on fabrique des objets maintenant ?

Pour bien comprendre, faisons un petit retour historique.

Nous voici dans un passé lointain, ou les humains grâce à leurs mains munies d’un pouce opposable se mettent à utiliser des objets. Tout d’abord il s’agit d’objets ramassés. Trouvés en l’état. Puis ils commencent à être façonnés. C’est le début de l’artisanat.

Un artisan réalise un objet du début à la fin, et il réalise ce travail chez lui.

Puis arrive la révolution industrielle. Pour des raisons d’efficacité, on invente la division du travail, la spécialisation et ceci débarque sur le travail à la chaine. Comme on ne peut pas faire une chaine qui traverse toute une ville. On invente l’usine !
(quoique, comme l’a relevé Marx, La Chaux-de-Fonds montre le contraire. La ville entière est une usine d’horlogerie!)

usine val de travers.jpg

Ce modèle industriel est tellement efficace que petit à petit, il remplace quasi complètement l’artisanat.

Au passage, ce modèle industriel induit de profonds changement sociaux. Il crée des classes. Des ouvriers, des cadres et des patrons.

C’est la glorieuse époque de la lutte des classes.

Karl_Marx.jpgEt l’on arrive à Karl Marx que tout le monde connait et associe au communisme. Mais qu’a vraiment dit Marx ?

En très bref, il a écrit (mais ne l’a pas terminé) un bouquin qui s’appel le Capital. Dans lequel il explique le fonctionnement de l’économie capitaliste issue de la révolution industrielle:

  • pour produire, il faut des moyens de production
  • des moyens des productions (une usine) c’est très cher. Il faut donc du capital
  • => seuls les riches peuvent être propriétaires des moyens de production
  • les autres, les prolétaires sont condamnés à travailler dans les usines pour produire en échange d’un salaire
  • quand l’usine a été rentabilisée. Le bénéfice de la production va uniquement dans les poches du patron. Il devient donc un esclavagiste !
  • => c’est ce dernier point qui va lancer l’idée du communisme: la propriété des moyens de production aux ouvriers !

Et voilà que de simples divergences d’opinions sur la manière d’organiser une production industrielle d’objets va modeler toute la politique du 20ème siècle !

La querelle ne remet même pas en cause le mode de production, juste son organisation.

Ceci montre bien à quel point la production d’objets est capable de changer le monde !

Quelle influence aura sur le monde le changement que je vais te décrire dans quelques instants ? Ce n’est pas un simple changement d’organisation de la production. C’est un véritable changement du mode de production. Comme l’a été le passage de l’artisanat à l’industrie.

J’ai dit ci-dessus que les techniques de production d’objets influencent terriblement le monde. Mais il y a des techniques qui influencent encore plus le monde. Il s’agit des techniques de l’information:

  • l’invention de l’écriture à engendré le droit, l’Etat.
  • l’invention de l’imprimerie a engendré la réforme. La démocratisation des Bibles a libéré la société de l’emprise de l’église
  • l’invention du web est toujours en train de transformer notre monde pour engendrer quoi ? … c’est encore flou. Mais il est indéniable que l’accès a l’information est totalement différent de ce qu’il était avant.

=> ajout en mai 2018: On commence à voir les pouvoirs que remet en cause l’arrivée du web….. journalistes, politique, monnaie, écoles, etc..

la bible.jpg

Tous les domaines d’activités lié à l’information ont complètement été chamboulé. La presse, les télécom, la diffusion de musique, de film, de livre, etc…

Convergence entre le monde de l’information et le monde de la production d’objets

Cette vague de chamboulement que le monde de l’information a vécu ces 20 dernières années arrive dans le monde physique, dans le monde des objets.

Voilà la grande révolution que j’appelle l’artisanat industriel.

Pour découvrir ce qui nous attend dans le monde de la production d’objets, il suffit d’y appliquer les recettes qui sont utilisées dans le monde de la production d’objets dématérialisés, d’objets du monde de l’information.

On bref, nous allons vers..

  • la personnalisation des objets
  • le financement par les foules
  • les communautés de co-créateurs à la place des entreprises.

Les 3 goulets d’étrangelement des biens physiques

Observons les conditions que doit remplir un objet pour exister dans une société industrielle.

vitrine boutique habit mode fashion.jpg

Pour exister, un objet doit être….

  • assez demandé pour être fabriqué
  • assez demandé pour être en magasin
  • assez demandé pour que sa promotion soit assurée. (savoir où le trouver et qu’il existe.. pub, vitrine…)

Le web a déjà permi de faire sauter 2 de ces goulets avec des sites comme Groupon, qui permettent de se mettre ensemble pour acheter un produit avec un fort rabbais. Donc la promotion est assurée et la demande en magasin est assurée.

=> Il ne reste que le goulet de fabrication à faire sauter. C’est ce qui est en train d’arriver.

Ceci grâce à de nouveaux outils de productions.

Imprimante 3D et découpeuse laser

Ce qui révolutionne le monde des objets est le fait que pour une somme accessible aux particuliers, il est possible d’acheter une usine à tout faire !

C’est ici que l’on parle de l’imprimante 3D. A notre époque, quasi tout le monde a chez soi une imprimante qui permet de déposer sur papier du texte et des images. L’imprimante 3D, comme son nom l’indique, ajoute une troisième dimmension. Elle est capable d’imprimer des objets à partir d’un modèle 3D.imprimante 3d fablab neuchâtel.jpg

Il existe de nombreuses variantes d’imprimantes 3D capables d’imprimer des objets de toutes tailles, de quelques micron à la taille du fuselage d’un avion. Si la plupart des imprimantes 3D fabriquent des objets en plastique, certaines impriment des matières aussi diverses et variées que le chocolat ou des cellules souches !

Voici de quoi imaginer ce à quoi ressemblera notre futur. Nous mangerons des steaks imprimés chez nous avec des protéines d’insecte élevé à la maison. Les plus grands « food designer » concevrons les plats les plus rafinés que vous pourrez télécharger.

Un problème de rein… allons en imprimer un nouveau et changeons-le. C’est n’est pas tellement de la science fiction, il existe déjà une homme qui vit avec une vessie imprimée !

La technique de l’impression 3D est dans ce domaine un concurrent direct de la biologie de synthèse dont j’ai déjà parlé il y a un peu plus d’une année dans un article. On est dans la même logique: créer un objet physique à l’aide d’une description numérique.

Hormis l’imprimante 3D, il y a un autre outil qui a beaucoup de succès. On en parle moins car c’est moins impressionnant. Mais c’est très utile. Il s’agit de la découpeuse laser. Là on reste dans la 2d. Mais On trouve des découpeuse laser qui coupent tout, du papier au métal.

Bon, les matériaux les plus populaires sont plutôt le bois et le plexiglas.

découpeuse laser fablab neuchâtel.jpg

Les Fab-labs

Bien que le coût de ces usines à domicile soit abordable, c’est encore cher. Heureusement, il exise le principe des Fab-lab. Ce sont des laboratoires de fabrication qui sont ouverts au public. N’importe qui peut y venir utiliser les machines !

Bien que le concept se répend un peu partout. Il n’y a pas de fab-lab à chaque coin de rue. Cependant, j’ai eu la chance de découvrir qu’il y en a un à 5 minutes à pied de mon bureau !

fab-lab neuchâtel.jpg

Le Fab-lab de Neuchâtel: fablab-neuch.ch est situé en face de la gare. De manière générale, le mecredi matin les machines sont en accès libre. Le mercredi après-midi. Pour une modique sommes CHF 70.- il est possible de réserver les machines.

Je sens que mon imagination bouillonnante va pouvoir bientôt matérialiser des objets !

L’usine au bout du clic

Si l’on est un « nerd » enfermé chez soi et que l’on a pas envie de participer à l’ambiance collaborative d’un Fab-lab, il est toujours possible de ne pas mettre les mains dans la camboui (bien que le camboui est rare) et de rester uniquement dans la conception numérique et de confier la réalisation physique à des usines en ligne.

En effet, il y a des entreprises qui se sont montées autour du principe de la réalisation d’objet à la demande avec des imprimantes 3D.

  • ponoko.com est une usine au bout du clic. A l’image des photos que l’on fait imprimer dans un labo. Ponoko imprime en 3D (ou découpe) et vous envoie les objets que vous avez conçus et dont vous avez envoyé les fichiers.
  • shapeways.com est un concurrent de ponoko. On peut aussi se créer sa boutique avec les objets que l’on crée et met en vente à la demande. (Tout comme je le fais avec ma boutique de t-shirts: http://girafe.spreadshirt.net )

Pour les gens qui n’y connaissent rien à la conception d’objets il existe même un service pour les gens qui n’ont que des idées !

  • quirky.com est une manière pour les inventeurs de voir leur invention réalisées sans avoir à ne rien faire d’autre que d’avoir une idée.

girafe-t-shirt-fille.pngQuirky fonctionne ainsi:

  • un inventeur a une idée…
  • il la soumet à la communauté
  • si l’idée est populaire
  • elle est conçue dans les détails par l’équipe de quirky
  • elle est commandée à la fabrication à une usine
  • l’inventeur reçoit une part des bénéfices de son idée

La personnalisation

La grande nouveauté de cet artisanat industriel et ce pourquoi je l’appelle ainsi, c’est la personnalisation.

  • dans l’artisanat, chaque objet est unique. C’est le produit du savoir faire d’un artisan.
  • dans le monde industriel, les objets sont fabriqués en grand nombre.

coque iPhone imprimante 3d fablab neuchâtel.jpgL’artisanat industriel mélange ces deux mondes. Il possible de faire chez soi, des objets personnalisés, comme du temps de l’artisanat. Mais c’est une réalisation faite par une machine, donc plutôt industrielle.

Si, comme dit plus haut on transpose ce qui est arrivé au monde de l’information dans le monde physique. La personnalisation va de soi.

Petit exemple, sur facebook, chacun a un flux d’information personnalisé !

Cette réflexion sur l’avenir de la fabrication d’objets est inspirée par la lecture du livre Makers, la nouvelle révolution industrielle écrit par Chris Andersen.

livre makers chris andersen.jpgPour en savoir plus, voici le site web du livre: http://www.makers-revolution.com ainsi que mes notes à propos de ce livre.

Chris Andersen est déjà l’auteur du livre: La longue traine. Dans lequel il explique que grace aux boutique web, il est possible de faire tourner une boutique sans vendre des produits de masse. Mais en vendant des produits de niche.

Le principe de la longue traine s’explique bien avec une librairie. Une petite librairie dispose d’une place de vente et de stockage limitée.

Donc elle ne va vendre que des « best-seller » des livres qui se vendent bien. Elle ne va pas s’encombrer de livres dont on ne vend qu’un seul exemplaire par année.

Une librairie comme Amazon a une place de stockage qui ne coûte pas cher et un magasin virtuel infini. Donc elle se permet de vendre des livres qui ne sont vendus qu’une fois par an. Et finalement le potentiel de vente de livres différents mais rarement vendu est autant voir plus grand que de vendre beaucoup d’exemplaires d’un nombre restreint de livre.

amazon.jpg

  • Ancien modèle: beaucoup d’exemplaires de peu de livres.
  • modèle longue traine: peu d’exemplaires de beaucoup de livres différents.

Chris Andersen nous annonce que ce principe arrive dans le monde industriel grâce aux imprimante 3D et découpeuses laser qui permettent de fabriquer des petites séries d’objets pour pas cher.

C’est ainsi que fonctionne les usines au bout du clic ponoko.com et shapeways.com.

Le financement par les foules

On a vu que l’ère industrielle a favorisé les riches. Des gens capables d’acheter des moyens de production.

Si l’on a pas la chance d’être riche mais que l’on veut quand même se lancer dans l’industrie, le système capitaliste à développé plusieurs mécanismes:

  • le crédit
  • le capital risque du type start-up
  • la bourse

Ces systèmes sont effectivement utilisables, mais il ne sont pas accessible à tous et ont certains désavantages.

Le crédit est un moyen de concentrer à un moment donné un capital et d’étaler le payement sur du long terme. Mais il est lié à des intérêts. Du coup, sur le long terme on va dépenser 3 fois plus d’argent, et il y a un sérieux risque de ne pas pouvoir rembourser si l’on se plante.

crédit bancaire.jpg

Si l’on est une start-up qui a l’air intéressante, il y a peut être un gentil investisseur qui va vous donner de l’argent pour démarrer en espérant un jour en gagner avec ce que vous aller réaliser. Mais en échange, il va demander une partie de votre entreprise et surtout des revenus de celle-ci !

La bourse utilise le même principe, mais au lieu d’avoir un seul investisseur, on découpe le capital de l’entreprise en de nombreuses parts que l’on vend à de nombreux investisseurs !

(Avec en plus la possibilité de spéculer sur la valeur des parts d’entreprise! … donc faire de l’argent en étant totalement déconnecté du monde industriel.)

2010_05_28_22_50_cotation_bourse_aapl_2004-2010.png

On voit que le nombre de riche étant limité, ces outils se sont répandus très vite et finalement de nos jours 97% des flux monétaires sont financiers et plus industriels !

La révolution industrielle a conduit à l‘invention du monde banquaire et financier. La prochaine révolution industrielle va probablement chambouler ce monde de la finance.

Bref, avec ces mécanismes on perd toujours quelque chose et on est pas certain que l’idée marche vraiment.

Comment faire pour éviter ces mécanismes ?

Pour trouver la solution, observons la solution qu’ont trouvé des agriculteurs pour vendre leur production. L’agriculture contractuelle.

La production de nourriture est achetée à l’avance par les consommateurs. Ils achètent un panier. L’agriculteur ne produit pas s’il n’est pas certain d’avoir sa production écoulée.

Dans le domaine des biens d’information (toujours notre modèle à transposer sur le monde physique), on trouve des sites web qui permettent de réaliser une opération similaire à l’agriculture contractuelle. On a appelle ceci le financement communautaire (crowdfunding)

Si je veux réaliser un film. Je présente mon projet sur le site http://www.kickstarter.com . J’indique le montant qu’il me faut pour réaliser le film. Le site m’impose un délai durant lequel trouver des gens qui font des promesses de dons pour financer mon film. Si j’arrive à la somme voulue dans les délais. Les gens doivent payer et le projet démarre. En revanche, si la somme n’est pas atteinte, c’est probablement que le projet n’est pas bon et qu’il faut le revoir.

monnaie.jpg

On observe de plus en plus que cet outil est détourné pour financer non pas des biens d’information avec des dons. Mais des objets physiques.

pocket-spacekraft.jpgUn exemple étonnant. Tu veux acheter une sonde spatiale pour aller explorer la lune ? … C’est par ici….

Le site de financement communautaire permet de faire une étude de marché pour voir si le produit aura du succès, ainsi que de prendre des pré-commande.

Ainsi, on limite les risques de se planter, on a déjà des clients et on ne doit pas partager son entreprise. Dans le monde de demain, on a tout avantage à faire du financement par les foules.

Ça implique que les banquiers perdent de leur pouvoir de décision sur ce qu’ils veulent financer ou non en accordant des crédits.

Les communautés de co-créateurs

Un artisan travaillait généralement seul. Avec la révolution industrielle et la création d’usine, la notion d’entreprise est devenue importante.

Avec l’artisanat industriel, est ce que l’entreprise est toujours utile ?

D’un point de vue financier, on vient de voir que non. Il n’est plus nécessaire d’avoir une entité juridique à vendre pour se financer.

D’un point de vue de la production d’objets, vu que l’automatisation y est pour beaucoup. Pas besoin d’être beaucoup de monde et donc pas besoin de créer un groupe de gens appelé entreprise.

2011_03_25_20_36_idee.pngC’est du point de vue de la conception qu’il est intéressant de regrouper ses forces, d’avoir un brassage d’idée avec beaucoup de monde. Mais est-ce que le cadre d’une entreprise est nécessaire ? Je ne le pense pas.

Pour s’en convaincre, on va encore une fois transposer dans le monde physique les pratiques du monde de l’information numérique.

Il faut surtout observer le monde du développement de logiciel. Il existe de nombreux logiciels qui sont « open source ». Donc les sources sont ouvertes et le développement du logiciel est fait par une communauté, pas par une entreprise. Les exemples les plus connus sont linux, firefox, libre-office, etc... et bien souvent tous les logiciels cachés au grand public mais qui sont la base de l’internet, du web, du e-mail….

Les communautés de concepteurs sont l’avenir de la création d’objets.

La communauté fédère les forces mieux que l’entreprise

Il y a beaucoup d’entreprises leader dans leur domaine se vantent d’avoir recruté les meilleurs chercheurs du domaine. Souvent elles oublient de préciser… les meilleurs qui ont bien voulu venir….

Le cadre proposé par une entreprise est souvent très exclusif. On ne doit travailler que pour une seule entreprise. Il est aussi très contraignant. On doit travailler dans un lieu précis, avec des conditions précises… beaucoup de gens refusent de changer de vie pour aller se mettre au service d’une entreprise.

communauté collaboration ExtendedCommunityCircle.png

Ce n’est pas le cas dans une communauté de co-créateurs. Si l’on observe les commautés de logiciel libre, les développeurs viennent de partout. Certains sont salariés, d’autres non. L’attache n’est pas exclusive.

Si l’on observe le monde des moteurs de rendu pour navigateur web. Il y a deux grands projet open source, il s’agit de Gecko qui propulse Firfox et Webkit qui propulse Safari, Chrome et depuis peu Opéra.
Opéra développait son propre moteur de rendu pour son navigateur web. Mais probablement que cette entreprise n’a pas pu régatter face à la force des deux grands géants open source.

Il reste encore microsoft qui est dans la course avec son moteur Trident. Mais avec beaucoup de retard par rapport aux géants open source. Comme quoi, même un géant de l’informatique ne peut pas régatter contre des communautés de créateurs.

En ce qui concerne l’exclusivité, on observe parfois que des gens contribuent aux deux projets concurrents. Parfois pour tester deux manières différentes de faire. Ce qui permet plus tard de savoir quelle est la meilleure.

chômage.jpgUn autre facteur en faveur des communautés réside dans le fait que les entreprises, pour des raisons de budget ne peuvent pas forcément engager un grand nombre de chercheurs.

Peut être qu’elle ont LE meilleur chercheur tout seul. Mais la communauté accepte tout le monde, elle a peut être pas LE meilleur, mais les 9 meilleurs suivants !

Il y a des domaines dans lesquels on forme beaucoup de gens, mais on engage peu. Ainsi, la communauté offre un lieu où ces gens peuvent s’exprimer.

C’est ce que l’on peut voir avec l’exemple du métier de designer en automobile. Beaucoup de designer aimeraient travailler dans se domaine, mais peu sont engagés par l’industrie automobile. Les designers non sélectionnés finissent donc par concevoir d’autres choses comme des brosses à dent et des stylos et ceci pour avoir un travail pour vivre.

Mais si on leur propose un projet de conception de voiture open source tel que wikispeed, il est fort probable que ça les intéresses de participer à cette communauté de co-créateurs.

wikispeed.jpg

Construis tes rêves… ou bien quelqu’un d’autre va t’embaucher pour construire les siens !

Tout comme la révolution industrielle a modelé notre société actuelle, son économie, ses institutions politiques, son réseau de transport et de communication, cette nouvelle révolution industrielle risque de chambouler pas mal de chose.

Comme tout est lié, il est difficile de dire quel est l’avenir que l’on aura. Chaque modification fait bouger tout l’édifice comme dans une partie de mikao.

Cependant, il ne faut pas oublier que notre société n’est que le reflet de ce que l’on veut. De tout temps les sociétés humaines ont été guidées par des prophètes et des visionnaires…

Il est possible de constuire un projet de société autour de ces nouvelles possibilités.

Nous entrons dans l’ère de la créativité, de la collaboration et du partage.

Voici quelques réflexions qui vont dans ce sens et que j’ai déjà abordé sur ce site:

créativité.jpg

Documentation à propos de monnaies complémentaires citoyennes

Documentation à propos de monnaies complémentaires citoyennes

Contrairement à ce que les manuels d’économie tente de nous faire croire, la monnaie n’est pas neutre… Les différents systèmes monétaires ont une influence considérable sur l’économie qu’ils gèrent.

Pour mieux comprendre le monde des systèmes monétaires voici de la documentation à propos de monnaies complémentaires citoyennes.

leman monnaie

Si l’on se limite à la documentation à propos du mot clé « Monnaie »…. voici les liens que j’ai stocké depuis quelques années…

https://delicious.com/martouf/monnaie

Il y a un peu de tout… je vais maintenant tenter de sélectionner les contenus les plus intéressants.

Déjà à propos du sol violette, qui est le meilleur système que j’ai vu.

Il y a beaucoup de de concepts intéressants qui ont été mis ensemble.

Voici quelques informations à propos du sol violette:

http://ecoattitude.org/accueil/node/1319

=> la vidéo de la conférence de Frédéric Bosqué en mars 2013:

http://ecoattitude.org/accueil/node/1415

La monnaie fondante.. c’est quoi ?   (Une invention de Silvio Gesell…. un Allemand… mais qui a habité aux Hauts-Genveys !!)

=> http://fr.ekopedia.org/Monnaie_fondante

Le fichier pdf disponible sur cette page est le résumé d’une conférence de Margrit Kennedy: Pourquoi avons nous besoin d’innovation monétaire:

http://www.sol-reseau.org/Pourquoi-avons-nous-besoin-d.html

Avec cette conférence voici un document pdf très intéressant qui regroupe des fiches qui expliquent de nombreux systèmes de monnaies complémentaires:

http://www.sol-reseau.org/IMG/pdf/Fiches_MC.pub.pdf => lien cassé… mais voici le doc…

https://martouf.ch/wp/wp-content/uploads/2016/02/Fiches_MC.pub_.pdf

Sinon, pour bien comprendre l’influence d’une monnaie dans le temps. Stéphane Laborde a écrit un livre qui s’appelle « théorie relative de la monnaie. »  J’ai lu la version 1…. Il en est maintenant à la v2.

C’est très intéressant. Il démontre que notre système monétaire est totalement injuste dans le temps. Vu que c’est un système de création monétaire à argent dette, il favorise le moment où l’on crée l’argent.. et on balance les dettes pour les générations futur…. C’est un système qui favorise les premiers qui y jouent ! .. comme le jeu de l’avion !

Stéphane Laborde montre aussi que le système en plus de ne pas être équitable dans le temps, n’est pas équitable dans l’espace. La création monétaire ne se fait que dans des lieux où il y a des banques.

Il théorise dans son livre un système monétaire qui est équitable dans le temps et l’espace.

Avec le système à argent dette, il n’y a que les banquiers qui profitent de la plus value du droit de création monétaire.

Dans le système de Stéphane Laborde, cet avantage est réparti entre tous les citoyens sous forme de « dividende universel ».

C’est un cousin du revenu de base inconditionnel, mais qui est issu du système monétaire !

Stéphane Laborde estime que sur la zone euro, l’augmentation annuelle de la masse monétaire redistribuée peut se faire avec un dividende universel estimé à 400 € par an et par personne.

Ce qui rejoint les travaux de l’économiste Yolan Bresson. Qui se trouve être un des créateurs du BIEN, (Basic Income Earth Network) le réseau pour la promotion du revenu de base inconditionnel !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yoland_Bresson

Le bouquin de  Stéphane Laborde en….

La page du site à propos de ce bouquin que tu peux avoir en plein de formats.. même sur papier !!

http://blog.creationmonetaire.info/2012/11/theorie-relative-de-la-monnaie-2-718.html

Encore de la doc et des interviews audio de Stéphane Laborde:

http://wiki.creationmonetaire.info/index.php?title=Main_Page

…. et tu peux rejoindre la G1, la monnaie basée sur la TRM…


farinet

Voici encore un superbe film qui explique les dérives financières de l’économie et le système monétaire.

« Money, Pourquoi la dette »

Voici mes notes avec le film sur youtube.

https://martouf.ch/document/monnaie/426-notes-a-propos-du-film-money-pourquoi-la-dette.html

En plus de bien expliquer le fonctionnement de la création monétaire par le crédit des banques privées, ce film explique bien la titritisation…. ou comment refiler la patate chaude plus loin en partageant les risques…

————

Voici encore des notes que j’ai prise d’une conférence donnée par Bernard Lietaer.

https://martouf.ch/document/monnaie/217-resume-conference-bernard-lietaer-zurich-en-septembre-2009.html

Ce monsieur est un des artisans de l’euro lorsqu’il travaillait à la banque centrale de belgique.

Il pensait à l’époque pouvoir réformer le système de l’intérieur….  mais maintenant il n’est plus du tout de cet avis. Il ne voit que l’augmentation de la résillience par les monnaies complémentaires. Il est un fan du WIR qu’il voit comme le secret de la stabilité de l’économie suisse !

( C’est ce qu’il dit dans cet enregistrement sur la radio suisse romande: http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/l-invite-du-12h30/4448520-l-economiste-bernard-lietaer-plaide-pour-un-systeme-monetaire-alternatif.html )

———–

Voici encore toute une liste d’enregistrement audio à propos de monnaies sur le plusconscient.net… un site qui me sert de carburant pour mes trajets à vélo tellement il y a d’enregistrements intéressants en tous genres.

http://plusconscient.net/index.php/component/search/?searchword=monnaies+compl%C3%A9m.&submit=Search&searchphrase=exact&ordering=newest

———-

Voici encore un lien sur mes notes à propos de la modification du système monétaire qui a été effectuée un peu partout au début des années 1970 et qui interdit à l’Etat d’emprunter de l’argent sans intérêt à sa propre banque nationale.

https://martouf.ch/document/435-relations-entre-la-confederation-suisse-et-la-banque-nationale-suisse.html

Cette mesure a été introduite afin de juguler l’inflation que les politiciens pourraient générer. Mais finalement avec 40 ans de recul, on voit que le remède a des effets secondaires assez terrible: l’endettement généralisé !

90% des dettes d’Etat sont des intérêts composés….

Pourquoi ne pas résoudre les les problèmes de financement de l’Etat en supprimant cette mesure ?

Relations entre la confédération suisse et la banque nationale suisse

Avec la crise de la dette, le débat sur l’interdiction faite à un Etat d’emprunter à sa banque nationale est à nouveau d’actualité.

En France, c’est la loi du 3 janvier 1973 qui a introduit cette interdiction. Cette loi a été abrogée en 1993 suite à l’introduction du traité de Maastricht.

Le principe de l’article 25 de cette loi a été repris dans l’article 104 du traité de Maastricht ainsi que dans l’article 123 du traité de Lisbonne.

Cette interdiction d’emprunter s’est donc étendue à l’union européenne entière.

Qu’en est-il en suisse ?

BNS Banque Nationale Suisse- Schweizerische Nationalbank.JPG

En suisse, nous avons l’article 11, alinéa 2 de la loi fédérale sur la banque nationale suisse qui nous dit:

La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée.

La raison de ce texte obscure est indiquée de manière plus claire au chapitre 8, (p 23) de la brochure, « La Banque nationale suisse en bref ».

On nous dit:

L’indépendance financière englobe l’autonomie budgétaire, qui découle de la forme juridique sous laquelle la BNS a été constituée, et l’interdiction d’accorder des crédits à la Confédération (art. 11 LBN), ce qui empêche l’Etat de «faire tourner la planche à billets».

Voici ce que la BNS a le droit de faire comme services bancaires.

Voilà donc l’idée de base, c’est d’éviter que des politiciens jouent avec le monnaie d’un pays. En empêchant d’obtenir des prêts sans intérêts. Le risque étant de créer trop de monnaie et de voir le spectre de l’inflation arriver !!

Cependant, cette idée louable entraine un autre problème.

En interdisant un état de pouvoir créer sa propre monnaie (oui, le prêt est une création de monnaie dans le système à argent dette qui est le notre), on est obligé de passer par des banques commerciales.

Donc finalement, ce sont les banques commerciales qui vont créer la plupart de l’argent. Mais pas sans contre partie…. avec des intérêts !

Ainsi, il faudra rembourser la sommes empruntée, mais également les intérêts (ce qui peut représenter plusieurs fois la somme de base sur le long terme).

Comme la sommes des intérêts n’a jamais été créée. La dette va s’accumuler, et il ne sera pas possible de la rembourser !

Voici un petit extrait d’une conférence de Patrick Vivert, ancien membre de la cour des comptes française qui explique ce système pernicieux:

La véritable origine de la dette publique, c’est le fait de créer de la monnaie avec des intérêts auprès de banques commerciales et que les états doivent s’endetter auprès de ces banques commerciales. Ce fait a mis la part des intérêts composés comme étant la part majeure de la dette publique. Si je prends l’exemple français que je connais le mieux. Sur les 1500 Milliards de dette publique de la France, il y en a 1350 Milliards qui sont du a des intérêts composés.

Si par hypothèse on avait pas changé de mode de création monétaire, si on continuait a y avoir de la création monétaire publique sans intérêts, la dette française serait aujourd’hui de 150 Milliards et non pas de 1500 Milliards d’euro, ce qui change tout !

On avance dans les recherches..

Grâce à quelques contributeurs dans les commentaires de cet article, on avance dans les recherches du pourquoi de ce sytème monétaire si bizarre…

Déjà on en sait plus sur le contexte:

Le dictionnaire historique de la suisse est une bonne source.. on y apprend déjà le contexte.. au point 3 il est dit:
« Jusqu’à l’effondrement du système de Bretton Woods au début des années 1970, la BNS n’était guère en mesure d’exercer une influence sur le marché de l’or et sur le marché des changes. L’arrivée de capitaux étrangers en Suisse alimentait une forte croissance, à caractère inflationniste, de la Masse monétaire. Après le passage des taux de change fixes aux taux de change flottants en 1973, la BNS retrouva momentanément une influence dans le secteur de la politique monétaire. »

Donc comme partout.. c’est face à la peur de l’inflation que l’on a interdit aux politiciens de faire tourner la planche à billets…
Mais actuellement le remède est plus dévastateur que le mal…

Mais qui a écrit les articles de loi sur la BNS ?

Mehdinefrance a posé la quetion à la BNS directement.. voici la réponse:

Cher Monsieur

Nous vous remercions de votre intérêt pour la Banque nationale suisse.

Vous m’avez posé ce matin une question pour savoir qui est l’auteur (personnellement) de l’alinéa 2 de l’article 11 de la loi actuelle sur la Banque nationale suisse. Cette question n’est pas facile à répondre parce que la loi sur la BNS était élaboré dans l’Administration Fédérale sous les auspices un groupe d’Expert. C’est donc un œuvre d’un collectif :

Avant d’entrer en matière il est important de rappeler l’histoire :

L’article mentionné fait partie de la loi Fédérale sur la Banque nationale suisse du 3 octobre 2003 (entrée en vigueur le 1er mai 2004, version actuelle du 1er mars 2012).

Dans les années 1995 à 2004 la Suisse a complètement renouvelé son droit monétaire. Sur la base de la
Constitution Fédérale (totalement revisée) de 1999 (article 99 : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer… la loi sur la Banque nationale fut totalement récrite. L’alinéa mentionnée n’apparaissait pas encore dans les versions prédécesseurs de cette loi (voir la loi du 23 décembre 1953 :
http://www.admin.ch/opc/fr/cla….

Art.11, al. 2 est donc une innovation de 2004 et n’a rien à faire avec les idées pour une banque centrale à l’époque de la fondation de la Banque nationale suisse en 1905/1907.

Un exposé de l’histoire de la loi actuelle se trouve dans le chapitre 9 de l’ouvrage commémoratif écrit à l’occasion du centenaire de la BNS en 2007 (voir plus bas).

Quel est le sens de l’article 11, al. 2 : « La Banque nationale ne peut ni accorder de crédits et de facilités de découvert à la Confédération, ni acquérir, à l’émission, des titres de la dette publique. Elle peut autoriser, contre des garanties suffisantes, des découverts de compte en cours de journée. » ?

Cette alinéa veut assurer l’indépendance financière de la BNS envers l’état : c’est l’interdiction explicite de financer l’état.

Les explications à cette alinéa se trouvent dans le message du Conseil Fédéral concernant la révision de la loi sur la BNS de 2002 et, un aperçu, dans l’ouvrage commémoratif de 2007 déjà mentionné :

« Le groupe d’experts** mit en évidence – conformément à la doctrine* – quatre aspects de l’indépendance d’une banque centrale: son indépendance fonctionnelle, son indépendance institutionnelle, son indépendance
financière et l’indépendance des membres de son organe de direction. » (BNS 1907-2007, p.546)

* Quant à la « doctrine » on cite l’essaye de A. Alesina et L. Summers dans le « Journal for Money, Credit and Banking » vol. 25(2) 2003, p.151-162 : « Central Bank Independence and Macroeconomic Performance: Some Comparative Evidence ». La constitution de la Banque Centrale Européenne a aussi joué un certain rôle.

** Avec le « Groupe d’experts » la citation désigne le Groupe d’Experts « Réforme du Régime Monétaire » (Suisse) qui a été installé par le chef du Département Fédéral des Finances (Suisse) Kaspar Villiger avec la tâche de préparer les messages au parlement pour une révision des articles concernant le régime monétaire dans la constitution et les révisions des lois sur la monnaie et le moyens de paiement et sur la Banque nationale suisse. Le loi sur la BNS a été formulé par l’Administration Fédérale.

Les membres de cet groupe étaient :

  • Ulrich Gygi (président, directeur de l’Administration des Finances),
  • Peter Klauser (co-président, directeur à la Banque nationale suisse),
  • professeur Ernst Baltensperger (université de Berne),
  • G.A. Colombo (délégué de l’Administration des Finances),
  • professeur M. Giovanoli (conseiller juridique de la BRI et professeur extraordinaire à l’Université de Lausanne),
  • prof. Ulrich Kohli (Université de Genève),
  • P. Merz (directeur à la BNS),
  • – U. Plavec (chef de section à l’Administration Fédérale des Finances)
  • – et Georg Rich (directeur à la BNS).

L’article 11, al. 2 restait incontesté lors de la vote au parlement en 2003.

Pour en savoir plus voir mes sources :
– Message concernant la révision de la loi sur la Banque nationale : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer…

– Ouvrage commémoratif : « Banque nationale suisse 1907 – 2007 » : http://www.snb.ch/fr/mmr/refer… ou bien : http://www.snb.ch/fr/iabout/sn…

– « La Vie économique » 03/2003 « La révision de la loi sur la Banque nationale :
http://www.seco.admin.ch./dokumentation/publikation/00007/00021/01583/index.html?lang=fr

J’espère que votre question soit répondu avec mes explications.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.
____

Christian Inäbnit
Coordination de la recherche et éducation économique
Bibliothèque

————

kaspar villiger ubs.jpgConclusions

Cet article a été rédigé par un groupe d’expert nommé par le chef du département des finances de l’époque Kaspar Villiger..

Celui-ci, après sa carrière au conseil fédéral est devenu en 2009, le président du conseil d’administration de la plus grande banque du pays.. l’UBS.

Même en étant pas conspirationiste, il est difficile de nier les liens de collusion entre les gens à la tête des gouvernements et des grandes banques…

Les experts ont introduit la doctrine de l’époque dans le droit suisse. (avec pas mal d’années de retard sur nos voisins comme souvent !)

Ce que l’on peut retenir de la doctrine, c’est une peur viscérale de l’inflation !

… une réflexion personnelle, qui a le plus peur de l’inflation ? …. les riches forcément… si ma fortune fond je ne suis forcément pas content.. mais l’échelle n’est pas la même si j’ai juste de quoi vivre et que je dépense tout mon argent… ou si je capitalise des millions… (voir milliards)

En terme de dette publique, l’inflation serait profitable… la dette aussi fond ! 🙂

La suisse est-elle en train d’adopter discrètement l’euro comme monnaie ?

C’est la question que l’on peut se poser. Sachant que depuis 2008 le CHF est arrimé artificiellement à l’euro.

Quand on observe les étapes du processus de mise en place de l’euro qui a été présenté par Jacques Delors en 1989, on peut effecitvement voir que la BNS suit exactement les mêmes étapes…

Pour en savoir plus sur le sujet, voir un article écrit par Liliane Held-Khawam…

Que peut faire l’état pour empêcher l’emprise des banques sur la monnaie ?

En 2012, un groupe de parlementaires à demandé au conseil fédéral à en savoir un peu plus la création monétaire en suisse. La réponse est très claire.

Elle reprend la LUMMP Loi helvétique sur l’unité monétaire et les moyens de paiement

cf. http://www.admin.ch/ch/f/as/2000/1144.pdf

Cette loi défini les moyens de payement légaux reconnue par la confédération suisse:

Art. 2 Moyens de paiement ayant cours légal

Les moyens de paiement légaux sont:

  • a. les espèces métalliques émises par la Confédération;
  • b. les billets de banque émis par la Banque nationale suisse;
  • c. les avoirs à vue en francs auprès de la Banque nationale suisse.

On remarque que dans cette liste n’apparait pas la majorité de la masse monétaire utilisée en suisse !!!

En effet, la majorité de cette masse monétaire est de l’argent dette issu de monnaie scripturale créer de toute pièce par les banques commerciales. Voici l’explication de la bouche même du conseil fédéral, extrait choisi:

Contrairement aux moyens de paiement légaux, nul n’est tenu d’accepter la monnaie scripturale des banques, … »

« L’argent au sens du droit constitutionnel ne comprend pas la monnaie scripturale des banques qui, contrairement aux avoirs à vue auprès de la BNS, connaît un risque d’insolvabilité. »

Mais que fait l’état contre cette prolifération de fausse monnaie !!!!
=> rien, ce n’est pas anticonstitutionnel !

« La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution. « 

Il y a juste des gardes fous qui sont mis en place, mais toute personne qui le désire peut inventer son propre argent et inciter les autres à l’utiliser. Tant qu’il joue les règles du jeu en vigueur dans le droit suisse. A savoir:

« La Confédération a toutefois la possibilité, dans le cadre de sa compétence législative, d’intervenir contre les développements qui échappent au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS, ou qui sont susceptibles de miner d’une autre manière la confiance placée dans le numéraire émis par l’Etat. Le législateur a limité les possibilités des banques de créer de la monnaie scripturale, par le biais de dispositions légales régissant les réserves minimales, ainsi que par les prescriptions relatives aux fonds propres et aux liquidités inscrites dans la loi sur les banques. »

De ceci, je déduis, que j’ai le droit de créer une monnaie citoyenne qui ne passe pas par une création qui utilise l’argent dette.

Mais il semble que si je ne veux pas avoir de soucis avec le bras armé legislatif de la confédération, il faut que je n’échappe pas au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS ? .. à creuser.. Il me semble que la création d’argent dette est hors de contrôle de la BNS ! Donc ça doit pas être bien grâve !

Mais si je garanti ma monnaie sur le franc suisse en billet ou en monnaie métalique.. La BNS a un contrôle sur ma création monétaire => donc c’est autorisé !

Est-ce que ma monnaie va risquer la confiance dans le franc suisse ? => si je fais comme toute les banques et que je joue le mimétisme.. non.. j’appelle ma monnaie le franc suisse… Il est très difficile de faire la différence entre le franc suisse en billet et le franc suisse sur un compte en banque… mais une est une monnaie publique et l’autre une monnaie privée !

Si je respecte les prescriptions de la loi sur les banques, que j’ai les fonds propres suffisants.. les liquidités suffisantes et les réserves suffisantes… je peux ouvrir ma banque !

C’est la liberté d’entreprise qui est garantie en suisse !

Mais quand l’état accepte la fausse monnaie…. ça pose des soucis… tout doit majoritairement passer par les banques privées et avec intérêt… vu que les particuliers n’ont pas le droit d’avoir de compte à vue à la BNS.. et que l’Etat n’a pas le droit d’emprunter de l’argent à la BNS… On retombe sur notre problème décrit ci-dessus.

Seule les banques commerciales ont le droit d’avoir une compte à la BNS…  On pourrait aussi agir là dessus.

Il y a une association « Modernisation monétaire » qui oeuvre dans ce sens en voulant créer un pouvoir monétatif, tout comme l’Etat a un pouvoir législatif, judiciaire et exécutif.

Voici le détail de cette interpellation de parlementaire à propos du système monétaire suisse.

12.3305 – Interpellation

Création de monnaie en Suisse (1)

Déposé par
Date de dépôt
16.03.2012
Déposé au
Conseil national
Etat des délibérations
Non encore traité au conseil

Texte déposé

Face à la crise de l’euro et de la dette, je prie le Conseil fédéral de prendre position sur la question de la création de monnaie en Suisse. Selon la théorie économique qui prévaut, la plus grande part de la masse monétaire M1 est créée par l’accroissement de la somme des bilans des banques commerciales et non par la Banque nationale suisse (BNS), ce que confirme d’ailleurs le lexique de cette dernière: « Les banques créent de la monnaie en accordant des crédits; cf. lexique de la BNS ».
Partant de ce constat, je prie le Conseil fédéral de répondre aux questions suivantes:
1. Aux termes de l’article 2 de la loi fédérale sur l’unité monétaire et les moyens de paiement (LUMMP), seuls sont considérés comme moyens de paiement, les espèces métalliques, les billets de banque et les avoirs à vue auprès de la BNS. Sur quelle base légale se fonde la pratique générale (suivie également par les autorités) de considérer les avoirs à vue auprès des banques comme des moyens de paiement légaux, alors qu’ils ne constituent qu’une créance sur ceux-ci, qui sera honorée ou non par les banques selon leur solvabilité?
2. La création de monnaie scripturale des banques commerciales est-elle conforme au droit régalien de la Confédération, selon l’article 99 de la Constitution, qui dispose que « la monnaie relève de la compétence de la Confédération »?
3. Comme le Conseil fédéral l’a relevé dans son message du 26 mai 1999 concernant la LUMMP, « Les avoirs à vue auprès d’une grande banque, d’une banque cantonale ou régionale, ou encore d’une organisation de cartes de crédit, ne sont effectivement pas la même chose que ceux déposés à la BNS, qui est le seul établissement du pays … à pouvoir créer de l’argent à son gré ». L’Etat ne peut donc déclarer la monnaie scripturale des banques comme moyen de paiement légal (99.051). Or vu qu’elle est considérée dans les faits comme telle, le Conseil fédéral ne pense-t-il pas qu’il serait nécessaire de préciser cette distinction dans la loi parce que la majorité de la population continue de penser que la mise en circulation de moyens de paiement libellés en francs est exclusivement du ressort de la BNS et par conséquent garantie?
4. Comment le Conseil fédéral légitime-t-il ce droit des banques commerciales de créer de la monnaie, sans qu’elle soit entièrement garantie par un capital, en accordant des crédits, qui augmentent la somme de leur bilan, alors que les particuliers ne peuvent consentir des prêts que s’ils disposent de l’argent?

Réponse du Conseil fédéral du 25.04.2012

1. Les moyens de paiement légaux et ceux considérés dans les faits comme tels sont loin d’être sur pied d’égalité. Les moyens de paiement ayant cours légal font l’objet d’une énumération exhaustive à l’article 2 de la loi fédérale sur l’unité monétaire et les moyens de paiement (LUMMP). Etant donné les différences de solvabilité des établissements gérant des comptes, les avoirs à vue auprès des banques ne jouissent pas des caractéristiques des dépôts auprès de la banque centrale: la standardisation et la fongibilité.
Contrairement aux moyens de paiement légaux, nul n’est tenu d’accepter la monnaie scripturale des banques, à moins qu’un tel moyen de paiement ait été convenu par contrat, ou que les circonstances (l’usage) ou une disposition légale particulière l’exigent.
2. La fixation de l’unité monétaire et la désignation des moyens de paiement ayant cours légal font partie des compétences conférées par le monopole de la Confédération en matière d’émission du numéraire (art. 99 al. 1 de la Constitution). L’article 2 LUMMP précise que les moyens de paiement légaux sont les espèces métalliques, les billets de banque et les avoirs à vue auprès de la Banque nationale suisse (BNS). L’argent au sens du droit constitutionnel ne comprend pas la monnaie scripturale des banques qui, contrairement aux avoirs à vue auprès de la BNS, connaît un risque d’insolvabilité. La croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés, conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution. La Confédération a toutefois la possibilité, dans le cadre de sa compétence législative, d’intervenir contre les développements qui échappent au contrôle du processus de création monétaire exercé par la BNS, ou qui sont susceptibles de miner d’une autre manière la confiance placée dans le numéraire émis par l’Etat. Le législateur a limité les possibilités des banques de créer de la monnaie scripturale, par le biais de dispositions légales régissant les réserves minimales, ainsi que par les prescriptions relatives aux fonds propres et aux liquidités inscrites dans la loi sur les banques.
3. Voir les chiffres 1 et 2. L’article 2 LUMMP indique clairement quels sont les moyens de paiement légaux. Comme l’ont montré les débats sur la garantie des dépôts menés dans le sillage de la crise financière, la population est consciente que les avoirs à vue en francs déposés auprès de banques ne sont pas garantis par la BNS.
4. Conformément à la conception du secteur privé ancrée dans la Constitution, la croissance des substituts monétaires est laissée à la libre appréciation des marchés. En acceptant les dépôts du public et en octroyant des crédits, les banques remplissent leur fonction principale et essentielle pour l’économie d’intermédiaires entre épargnants et emprunteurs. En vertu de sa compétence législative, la Confédération peut toutefois limiter et réglementer la création de monnaie par les banques (voir ch. 2). Le législateur a ainsi édicté diverses prescriptions détaillées (par ex. sur les fonds propres, les liquidités ainsi que les réserves minimales).

Chronologie / procès-verbaux

Date Conseil
15.06.2012 CN La discussion est reportée.

Merci à François de Siebenthal de sauvegarder les textes que je n’arrivais plus à retrouver sur le site du parlement.. mais c’est revenu dans l’ordre.

est-ce que ce lien refonctionne ? .. en nov 2013.. impossible de retrouver le texte: http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20123305

Voir aussi genève en transition…. http://transitiongeneveregion.net/monnaies/node/1003

Bon.. et bien il est temps de continuer ces recherches…. de lancer le chantier de la création monétaire en Suisse….

Il y a actuellement une initiative populaire fédérale en attente de votaion pour réformer le système monétaire Suisse. Pour en savoir plus je vous recommande le site web http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/

BNS Banque Nationale Suisse en chantier.JPG

Collectif AAA+

Pour tenter de mettre un peu de lumière dans le système monétaire Suisse, fin 2015 un collectif d’actionnaire de la BNS se forme pour poser des questions sur le fonctionnement de la BNS et pour ens avoir plus sur sa stratégie monétaire qui est de plus en plus incompréhensible. (création de 100 milliards de CHF par année utilisé pour couler le franc suisse en investissants dans des sociétés actives dans le gaz de schiste aux USA ou dans les armes nucléaires américaines… alors que la BNS s’applique a avoir une charte éthique et environnementale !)

La collectif AAA+ joue au démineur en posant posant des questions et en utilisant le droit qu’ont 20 actionnaires ou plus de pouvoir déposer des « propositions / décisions » à l’ordre du jour de l’assemblée générale de la BNS.

C’est ainsi que 10 propositions ont été envoyée au conseil de banque début 2016. Cependant le conseil de banque a jugé que la plupart des propositions ne sont pas de la compétence de l’assemblée générale…

C’est ainsi que dans l’ordre du jour, il ne reste qu’une seule proposition qui a été modifiée en demande au parlement de modifier la loi sur la BNS ceci pour y inclure le droit des actionnaires à avoir accès au PV de l’assemblée générale, et le droit d’avoir accès à une liste des autres actionnaires. Ce qui est parfois utile, comme pour pouvoir proposer des « propositions décision » qui doivent être signées par 20 actionnaires.

Petite précision, la BNS est une SA, soumise à une loi spéciale, la Loi sur la Banque Nationale Suisse. C’est donc une société privée, dont les status sont écrits par le parlement.

Les actionnaires sont en majorité les cantons et les banques cantonales. Il est existe des actionnaires privés, mais dont le droit de vote est limité à 100 actions. (mais pas le nombre d’action) C’est ainsi que le plus gros actionnaire privé se trouve être l’allemand Théo Sigert, qui détient 6.6% de la BNS, pour info, le canton de Berne, un gros actionnaire, détient 6.63%.

Voici un article paru le 15 avril 2016 dans le magazine Bilan qui explique la démarche du collectif AAA+.

Et voici le site web.. (en construction) du collectif AAA+

Investissements douteux de la BNS

« De même, elle renonce à investir dans des entreprises qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale, qui violent massivement des droits humains fondamentaux ou qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement. »
« armes prohibées » ça ne rentre pas dans ce cadre ??

Moi quand je lis dans ce traité la phrase:
« Déclarant leur intention de parvenir au plus tôt à la cessation de la course aux armements nucléaires et de prendre des mesures efficaces dans la voie du désarmement nucléaire, »

C’est pas en investissant dans les armes nucléaires que j’ai l’impression de prendre des mesures efficace dans la voie du désarmement nucléaire ?

Les recherches sur les investissements dans les sociétés aux USA peuvent être faite via le site web de la SEC…. avec le mot clé « Swiss National Bank »

Notes à propos du film Money pourquoi la dette

Pour sortir de la crise, il faut changer le système monétaire

Voilà donc, dans le titre de cette page le résumé du film, Money, créé par l’association Réséda. Ce film a pour but d’expliquer la crise monétaire, financière qui nous touche et pourquoi nous sommes si endettés.

C’est le meilleur film que j’ai vu à propos de cet étrange système de création monétaire par argent dette que nous subissons.

Donc j’encourage tout le monde à voir ce film. Ce n’est qu’une heure à prendre et ça permet de comprendre beaucoup de choses.

Mes notes à propos de ce film

Pour ceux qui n’auraient pas une heure à consacrer à ce film, mes notes se lisent beaucoup plus rapidement 😀

Il y a 2 types de monnaies. La monnaie banque centrale et la monnaie argent-dette créée par le système de crédit des banques commerciale.

On compte qu’il y a ~7% de monnaie centrale (billet et pièce) et 93% d’argent issu du crédit.

Pour avoir le droit de créer de la monnaie une banque commerciale doit respecter certains critères:

Une banque commerciale doit avoir au moins 2% de la sommes des dépôts sur son compte à la banque centrale. (Réserve obligatoire)

Il y a des fuites..  c’est l’argent « banque centrale » qu’une banque commerciale est obligée de distribuer (les pièces et billets) => ~13% des dépôts !

Ce montant devra donc aussi être présent sur le compte de la banque à la banque centrale.

Théoriquement une banque peut créer 50x plus d’argent que ses dépôts.. mais en fait non à cause des fuites !

Il ne reste donc qu’une proportion de 7x plus ! (ce qui est déjà pas mal !)

Puis, on tient compte des fonds propres de la banque.

=> Les accords de Bâle prévoient que la banque doit avoir en fond propre, au moins 8% de ses engagements. (réserve prudencielle)

Ainsi, on limite à la création monétaire (investissement) à 12X le montant des fonds propres.

Avec l’ancien système (1945-1971 (2-3))

Les banques centrales prêtaient de l’argent directement au gouvernement sans intérêt ! (Ceci est interdit par le traité de Maastricht art 104 et maintenant le traité de Lisbonne, art 123)

Ceci était pratique, mais la création d’une trop grande quantité de monnaie sur simple décision politique avait un risque sérieux de créer de l’inflation.

C’est pour cette raison que l’on a interdit ce lien direct entre la banque centrale et l’Etat.

Cependant, on observe maintenant, que le risque de créer beaucoup trop de monnaie n’est pas résolu avec ce système.

On observe une augmentation de la masse monétaire de 10% par an dans la zone euro depuis ses débuts. (1999, et 2002 pour la monnaie fiduciaire)

Ce qui est énorme. Le PIB n’est que de 2% en moyenne. Et l’on a pas vu d’inflation ??

Pourquoi ?

Il y a eu aussi une explosion du prix des matières première, mais ça n’explique pas tout.

Toute la monnaie excédentaire est immobilisée dans des titres. C’est la bourse qui immobilise cet argent. Donc pas d’inflation.

La banque centrale à pour mission de juguler l’inflation. Mais en fait, elle ne contrôle pas grand chose. Elle ne contrôle que l’inflation due à la monnaie (et encore). Elle ne contrôle pas les prix, et surtout les prix des titres boursier qui eux augmentent tout le temps. Ce que l’on considère comme une bonne chose. Alors que si les prix des objets ou des salaires augmentent ce n’est pas une bonne chose !!  Paradoxal !

La quantité de monnaie à créer est la somme de la croissance du PIB et de l’inflation.

On a 2% de croissance du PIB, et 2% d’inflation = 4% !! Pourquoi on a 10% d’augmentation de la masse monétaire dans la zone euro ?

Il y a 6% de créaton monétaire qui ne sont là que pour enrichir ceux qui profitent du système en faisant tourner la planche à billet !

Ce qui était décrié quand il était fait par l’Etat, est fait maintenant en toute impunité par les banques privées !!

Ce sont des revenu non gagné. (au sens de Allais.. et d’autres)

Cet argent part dans des bulles ! (immobilères.. financière..)

Double libéralisation de la sphère financière.

Les taux de changes et les taux d’intérêts.

Comme tout devient variable, on est lié à une insécurité. Le secteur financier se développe en permettant d’atténuer ces risques. On invente des sortes d’assurance.

On crée des contrats à terme. Ainsi les entreprises (genre airbus qui investit en euro et vend en dollars) sont à nouveau au courant avec quelques années d’avance des taux de change, et peuvent planifier sur le long terme leur investissement.

Les banques, de leur côté, font de la titrisation et échangent des titres plus ou moins risqués.

On fait des couvertures de couvertures… des produits dérivés.

Et finalement, on vent des titres (peut être toxiques) pour obtenir du cash et ainsi avoir le droit de créer plus de monnaie par le crédit.

En bref, les banques vendent leurs risques sur les marchés financiers.

Ainsi, on dilue le risque, mais il ne disparait pas !

Rien d’illégal. Toutes les instances de contrôles acceptent ce système. Même si avec du recule, les agences de notation ont parfois attribué des notes AAA à des titres qui ne le valaient pas.

Jusqu’ici tout va bien… les montages se complexifies. Tant qu’un incident n’arrive pas, tout va bien, il n’y a qu’un risque d’incident.

Mais la crise des subprimes arrive.

Des ménages Etats-uniens ont pu obtenir des crédits pour avoir des biens immobiliers sans avoir d’autres garantie que ces mêmes bien.

On parla aussi de prêts Ninja… No Job, No Income, No Asset   http://en.wikipedia.org/wiki/No_Income_No_Asset

Pas d’emploi, pas de revenu, pas d’actifs.

Une immense industrie spéculative se met en place.

On investi beaucoup dans le risque sans s’en rendre compte.

On valorise des « Hedge funds » = « Fonds spéculatifs ».

On arrive dans une démesure de revenu. Il est possible de faire du 100 à 300% de profit annuel !

Ainsi, on est tenté de s’endetter pour acheter ces titres !

Les hedges funds ont besoin des bulles pour se financer, pour augmenter leur valeurs. Ainsi on crée délibérément des bulles.

Ainsi l’économie financière augmente beaucoup de volume. Elle est proportionnellement beaucoup plus grande que l’économie réelle.

(Bernard Lietaer parle de 97% des transactions monétaires qui font partie de l’économie financière.)

On se retrouve donc avec un immense furoncle de la finance qui grandit.

La sphère financière pèse 12x plus que le PIB mondial !

Nous avons deux mondes, et l’un vit au dépend de l’autre.

L’endettement généralisé.

Le crédit est le moteur de la croissance économique.

On augmente pas les salaires pour garder des entreprises compétitives, mais il faut consommer toujours plus. Donc les ménages utilisent le crédit à la consommation pour financer les dépenses courantes.  (incroyable de voir que dans tous les catalogues de magasins hi-fi, tv, ordinateur, on met en avant les prix des payements au mois avec intérêts de 11% (le taux en petit caractères…)  Ex: un ordinateur pour 15.- par mois !)

Tout le monde est content.

Même l’Etat agit de cette manière. Comme il est impopulaire d’augmenter les impôts, on ne les augmente pas et on finance les investissements par des crédits.

Puis on emprunte pour rembourser ses crédits…..

Il faudrait augmenter de ~ 12% les impôts pour ne pas utiliser le crédit.

Fin 2006, les taux d’intérêts variables aux USA ont augmentés…. Beaucoup de gens n’ont pas pu payer…. C’est la crise des subprimes….

La titrisation qui liait le crédit pourri à un titre, contamine la sphère financière… c’est la crise….

La bulle qui fait vivre les hedges funds éclate…

Les banques font faillite… ou leur fonds propres diminuent fortement, ce qui diminue également leur capacité à octroyer des crédits, et donc à créer de la monnaie !!!

Sans crédit, la crise financière contamine l’économie réelle ! (août 2007)

Dès le moment où des banques font faillites, les autres n’osent plus se faire confiance entre-elles. Ainsi on gèle les échanges inter-bancaire.

Le prêteur en dernier recours qu’est la banque centrale doit alors financer beaucoup de banques.

Les banques commerciales deviennent frileuses, les crédits se font plus rare, la masse monétaire n’augmente plus si vite.

L’Etat doit sauver le système. (too big to fail)

C’est donc l’Etat qui donne, sans contrepartie, des sommes colossales aux banques pour assurer la survie du système bancaire.

Cet argent provient naturellement de crédits fait auprès des mêmes banques !!

Pendant des années, il semblait que les caisses étaient vide pour assurer le train de vie de l’Etat. Tout d’un coup, il y a des sommes colossales pour sauver les banques.

Le signal donné aux marchés financiers est: « Prenez des risques, l’Etat sera là pour vous sauver !« 

Au passage, la dette offre de juteux intérêts aux banques qui prêtent à l’Etat.

Ce qui n’aurait jamais été possible avec l’ancien système qui proposait des prêts sans intérêts à l’Etat.

Si l’on calcule ce qu’aurait été la dette publique sans avoir changé le système. On remarque que cette dette aurait été quasi nulle !!!

Collectivisation des pertes, et privatisation des profits !!

En France, la dette publique est de 1600 Milliards. Le remboursement de cette dette représente 50 milliards par an. Ce qui est le second budget de l’Etat.

On ne résout jamais le problème, vu que l’on ne paye que les intérêts, mais pas la dette elle même.

Pire, on emprunte pour rembourser la dette !!

Donc on crée une bulle. Cette dette est très lucrative pour ceux qui la détiennent. Ce n’est pas la crise pour tout le monde.

Comme toute les bulles, elle peut exploser… quand ?

La question à se poser est « Pourquoi l’Etat à besoin de se financer auprès de banques privées pour financer des infrastructures ??? »

  • La monnaie n’est pas un bien rare.
  • C’est ce qu’elle permet de faire qui est rare.
  • Ce sont les biens naturels qui sont rares.
  • C’est l’écologie dans laquelle on vit qui est rare.
  • C’est le vivant qui est rare.

Perspectives d’avenir

Selon Christian Gomez

  • Il faut dissocier la monnaie et le crédit.
  • Il faut avoir des banques de dépôt séparée des banques de crédit.
  • Il faut cesser la confusion entre crédit et épargne.

Selon Philippe Derudder:

Interdire aux banques commerciales de créer de l’argent, en les obligeant à avoir la monnaie prêtée sur leur compte en monnaie centrale. Ainsi les intérêts reviennent à la collectivité publique.

Selon François Morin

  • On peut changer les règles du jeu.
  • On revient en arrière sur les libéralisations de taux de change et d’intérêt.
  • On revient en arrière sur l’art 104 du traité de maastricht (et 123 lisbonne)

Selon Jacques Nikonoff

  • On peut désobéir à certains traité internationnaux.. (lisbonne)

Selon Jacques-André Holbecq

  • La monnaie doit être nationalisé. (pas les banques, la monnaie !)

Il faut en terminer avec cette croyance que la monnaie est publique et sous contrôle politique !!!

A cause de ça, le débat se fait au mauvais endroit.

Pourquoi voudrait-on quelque chose que l’on pense qu’il est déjà là ?

Pour sortir de la crise, il suffit de changer le système.

Posts navigation

1 2 3 4
Scroll to top