Les étapes de la spirale dynamique

Dans les années 1950-1960, le professeur de psychologie Clare Graves a tenté de classer et comparer les valeurs de base des humains. Il a découvert huit groupes dans lesquels ont peut réunir les humains qui ont des valeurs communes.

Graves a remarqué que tout au long de sa vie, un humain évolue, change de vision du monde et de valeurs. Donc, au cours d’une vie, un humain évolue et change de groupe. Mais il ne change pas n’importe comment de groupe de valeur. Il y a un ordre à suivre.

groupe-spirale.pngAinsi Clare Graves montre que les humains évoluent, ils changent de valeurs, ils passent par des étapes dans un ordre précis qu’il a placées sur une spirale. C’est ce que ses successeurs ont appelé la spirale dynamique intégrale.

Graves a également fait un rapprochement entre l’évolution d’un individu à différents âges sur les étapes de la spirale, et l’évolution de sociétés humaines entières.

Les civilisations humaines suivent la même évolution sur la spirale que les individus.

On peut donc observer un individu tout seul sous l’angle de la spirale dynamique, mais aussi un groupe d’individus, une organisation, une entreprise.

Puis, on peut observer une société dans son entier.

Mais il faut bien faire attention de toujours avoir en tête que la spirale dynamique est un modèle et pas la réalité. Il est important de ne pas juger une personne ou une organisation en disant « c’est une personne rouge…« , « c’est une organisation verte« . La réalité est plus complexe que ça. Une personne peut avoir des comportements ancrés à une étape et d’autres comportements à une autre étape !

On peut seulement affirmer: « ce processus, dans cette organisation, est typique de l’étape orange » ou « ce trait de caractère de cette personne est typique de valeurs ancrées à l’étape bleue« .

Pour en savoir plus sur le jargon et les étapes formelles de la spirale dynamique, je te propose de lire mon article sur la spirale dynamique écrit suite à la lecture du livre du même nom. Et pour aller encore plus loin et bien comprendre de quoi je parle. Je te propose de lire le livre La spirale dynamique, de Fabien et Patricia Chabreuil.

Mon interprétation de la spirale dynamique

Voici maintenant ce que je comprends de la spirale dynamique. Voici une description en plusieurs exemples et illustrations de comment j’explique le concept de spirale dynamique à d’autres personnes.

Chaque étape alterne entre: exprimer le soi et sacrifier le soi.

Un changement d’étape se fait souvent quand il y a plusieurs contradictions dans nos croyances profondes. Alors on se questionne sur notre vision du monde, c’est la crise et c’est l’opportunité d’un changement de vision du monde.

Voici une vue globale de la spirale dynamique, avec les quelques étapes et à chaque fois une description de l’essentiel:

spirale dynamique.png

Survie (Beige)

La première étape de la spirale concerne la survie. Pour un humain, c’est le moment où il est un nouveau né totalement dépendant de sa mère pour tout.

Il n’y a actuellement, aucune société humaine basée sur ces valeurs. Il y a 100 000 ans les premiers groupes de chasseurs vivaient ainsi. Ils avaient pour devise: la survie avant tout!

La notion de temps n’existe pas vraiment à cette étape.

 

Animisme et tradition tribale (violet)

masque-animisme.pngLa seconde étape de la spirale est apparue il y 50 000 ans avec l’instinct tribal. La tribu est le nid chaleureux a préserver. La devise adaptée à cette étape est: « Contente les esprits, soumets-toi aux anciens et à la tradition« .

Les gens vivent au présent en reproduisant le passé.

 

L’empire barbare (rouge)

barbare.pngLa troisième étape marque un désir de s’exprimer. D’ailleurs, sur la spirale, les étapes sont caractérisées par une alternance entre l’envie d’exprimer son soi et l’envie de suivre des règles extérieures.

La 3ème étapes est apparue il y a 10 000 ans. C’est l’étape des empires sanguinaires. Les gens qui ont des valeurs ancrées à cette étapes ne se préoccupent pas des droits humains. Il font comme ils veulent. Ce sont des conquérants, des Jules César, des Alexandre Le Grand.

Ce sont des personnes qui ont un sens de l’honneur très développé. Parfois il vaut mieux mourrir que d’être déshonoré !

Ainsi les menaces de mort et la violence sont inefficaces contre ces personnes. Elles n’ont pas peur de la mort et de la violence.

De nos jours, les rares organisations à fonctionner sur ce modèle sont les organisations de type gang de rue. C’est le chef qui décide de tout à son propre profit. Mais il doit toujours être sur ses gardes qu’un autre ne lui pique pas sa place.

La notion de futur commence à émerger. Le chef exprime ses désirs, ses pulsions. Mais ne voit pas à long terme.

La devise est: « Sois ce que tu es. Fais ce que tu veux, comme tu veux.« 

 

Le dogme religieux (bleu)

Religious_symbols.pngLa quatrième étape est celle qui a pacifié l’Europe envahie par les barbares. La pacification ne s’est pas faite en étant plus fort que les barbares et en en tuant encore plus… Ils n’ont pas peur de la mort et de la violence. Le truc a été de faire changer les valeurs fondamentales de ces gens.

Les barbares se sont converti au christianisme, et l’histoire de l’Europe a radicalement changée.
La violence a cessée, car le christianisme impose des règles de vie pour mériter le paradis.

La devise de cette étape est:
« La vie a un sens, il y a des règles à suivre pour atteindre un but ultime« .

C’est la vision du monde des grandes religions monothéistes. Mais cette étape peut aussi s’appliquer aux régimes totalitaires du 20ème siècle (Nazi et communistes) qui étaient prêts à tout dans l’espérance de créer un monde idéal.

Une grande partie des sociétés humaines vit encore selon cette vision du monde. C’est donc ici la première étape qui te concerne peut être ?

Lis bien les prochaines étapes, ce sont celles qui concernent la majorité des gens qui liront ce texte. C’est ainsi que la majorité des gens appréhende le monde en europe.

Les organisations bleues

Ce sont des « administrations« .

Observons le point de vue des organisations humaines qui sont nées de cette vision du monde.

Les organisations qui fonctionnent sur ce principe aiment souvent les uniformes. Il y a souvent des règlements qui décrivent le fonctionnement de l’organisation.

Les gens sont fréquemment associés à des classes, à une hiérarchie. C’est d’ailleurs selon ces classes que le salaires des membres de telles organisations sont définis.

Par rapport à l’étape précédente on gagne en stabilité. On suit les règles au lieu de l’avis du jour du chef. Il y a un hiérarchie claire qui ne va pas changer du jour au lendemain. Cette hiérarchie se traduit par des uniformes.

On trouve dans ce genre d’organisation, l’église catholique, l’armée, les fonctionnaires et les écoles. (bien que suivant où les fonctionnaires et les écoles sont déjà en partie à l’étape suivante… sauf peut être les classes de salaire)

Le temps passé présent et futur est intégré. On comprend la notion de causalité newtonienne. On peut mettre en place des processus stables basées sur le passé pour produire un futur.

 

Le capitalisme (orange)

enjoy-capitalism.jpgCette étape est intéressante car elle est bien présente de nos jours. C’est l’étape qui arrive après s’être lassé d’une vérité ultime qui ne vient pas.

L’expression de soi reprend le dessus. L’intérêt personnel prime.

Cette étape se différentie de l’empire barbare car tout n’est pas permis. On agit selon les règles d’un jeu. Mais on influence aussi les règles. On bannit généralement la violence physique. (du moins en apparence)

C’est l’étape où l’on transforme ses ennemis en adversaire. C’est l’étape où la démocratie remplace l’état féodal.

Au lieu de faire une bataille sanguinaire, on compte les soldats de chaque camp et on désigne vainqueur le camp qui a le plus grand nombre de soldats. On appelle ceci: le vote !

La devise des gens qui vivent selon les valeurs de cette étape est:
« Profite des opportunités que le monde peut t’offrir, joue le jeu et gagne le !« 

C’est l’étape dans laquelle se trouvent les sociétés capitalistes actuelles.

C’est l’étape à laquelle se trouvent les passionnés du commerce international, les requins de la finance et tout ceux qui les ont comme modèles.

S’il t’arrive de te dire: « C’est une bonne opportunité, ce n’est pas moral, mais si je ne le fait pas moi, ce sera un autre qui le fera. » Il y a de grandes chances qu’une bonne partie de tes valeurs profondes soient ancrées à cette étape de la spirale dynamique.

Est-ce ton cas ?
Si tu réponds oui… sache que ce n’est pas ainsi que pensent tout le monde. Ça t’aidera à comprendre tes interlocuteurs.

Les organisation orange

Ces sont des entreprises.

En ce qui concerne les organisations issues de la vision du monde de cette étape. Elles rejettent la hiérarchie rigide de l’étape précédente. Mais pas n’importe quelle hiérarchie, la hiérarchie de type « noblesse » qui est arbitraire. Ce rejet de la noblesse se fait au profit d’une hiérarchie du mérite, de la compétence.

Au niveau de la conscience du temps, c’est surtout le futur qui compte.

L’objectif prime, peu importe les moyens. La morale, la notion de bien et de mal de l’étape précédente est atténuée. Tout est bon tant que le résultat est là.

On passe d’une méthode de gestion: ordre/vérification à prévisions/vérification . Le « comment faire » est de la responsabilité de l’exécutant. La notion de responsabilité augmente donc par rapport à l’étape précédente. Son corollaire, la liberté prend de l’importance.

La rémunération ne dépend plus d’une classe issue d’un règlement, mais plutôt du mérite.

Le futur est important, ainsi pour la motivation en plus du bâton, on ajoute la carotte. Ce sont les stock options, les promotions, les primes à l’objectif.

Le futur est une chance. L’organisation orange est la championne de l’innovation, elle introduit la recherche et développement. L’esprit scientifique se développe. On explorer le monde et sa mécanique pour en tirer profit. Tout devient rationnel. Ce qui n’est pas rationnel n’a plus d’importance.

 

La communauté (vert)

L’étape suivante arrive dès le moment où l’on réalise que notre profit personnel, le fait de gagner pour soi en écrasant les autres ne nous rend pas plus heureux.

C’est le moment où l’intérêt de la communauté prend le dessus. C’est l’étape dans laquelle on a pour valeur l’intérêt général, même s’il va parfois à l’encontre de son intérêt personnel.

C’est le moment où l’on prône des valeurs d’égalité. Que l’on milite pour que la voix de chacun et chacune soit prise en compte.

Les personnes avec des valeurs ancrées à l’étape verte abolissent l’esclavage, créent les mouvements féministes et sociaux, militent pour la démocratie, la séparation de l’Etat et l’église.

La devise adaptée à cette étape est: « Trouve la paix intérieur en cherchant la dimension humanitaire de la communauté « .

communauté collaboration ExtendedCommunityCircle.png

towards-vers-socialisme.pngSi tu t’engages dans l’humanitaire et/ou que tu soutiens des ONG. Tes valeurs de base sont probablement ancrées dans cette étape de la spirale.

Statistiquement, la majorité des personnes, europe, de nos jours ont des valeurs qui sont ancrées dans ces deux dernières étapes. ER orange et FS vert. C’est en quelque sorte, très caricaturé et sans nuances, l’affrontement politique entre la gauche et la droite.

Aux USA, on voit que les valeurs majoritaires, sont plutôt Bleue, et orange. Et dans de nombreuse partie du monde, il y a encore des zone tribale très ancrée, ce qui fait un mode global, très rouge, bleu, orange !

Il reste encore deux étapes qui commencent à émerger dans la population humaine.

A l’aide d’un teste de personnalité fait sur une cinquantaine de personnes qui me lisent, j’observe qu’une proportion plus grande que la normale de gens ont des valeurs ancrées dans les étapes suivantes de la spirale dynamique.

Les organisations vertes

Ces sont des ONG.

Les organisations issues de l’étape verte sont souvent là en réaction à un fonctionnement orange trop inhumain.

Contrairement au stade orange. L’important n’est pas le but, mais le chemin. Le relationnel et les émotions comptent. Il y a une recherche de sens à son travail.

L’organisation verte rejette toute forme de hiérarchie. L’avis de toutes et tous compte. Ainsi on décide si possible au consensus ou au vote en assemblée générale. On crée des coopératives ou ce n’est pas le capital qui décide, mais où chaque personne détient l’entreprise à part égale.

De plus, dans une organisation verte tout le monde a le même salaire.

L’organisation verte est militante. Elle a une culture et des idées fortes. Quand elle a une charte et ce n’est pas pour faire joli, c’est l’expression de sa culture profonde.

 

La diminution de l’empreinte écologique (jaune)

eco_green_carbon_print_icon.pngL’étape suivante est particulière sur la spirale. Graves avait remarqué qu’une fois arrivé à cette étape, les valeurs exprimées ont des similitudes avec les valeurs de la première étape. C’est ainsi que Graves a décidé de placer les étapes sur une spirale et non pas sur une simple ligne.

Cette étape réintroduit une notion de survie. Mais l’approche est différente que pour la première étape. C’est une approche de survie globale en diminuant son impact personnel sur l’environnement.

Cette étape est apparue dans les années 1960, lors de la conquète spatiale. C’est en observant notre planète terre depuis l’espace que beaucoup d’astronautes ont sucombé à ce que l’on appelle l’Overview effect: une prise de conscience de la fragilité de notre planète perdue dans l’immensité de l’univers.

Pour la première fois des humains pouvaient voir de leur propre yeux la planète entière d’un seul coup d’oeil.

Les premières photos de la terre rapportées par la mission Apollo 8 en 1968 ont diffusé à large échelle cette prise de conscience de la fragilité de la vie. De nombreux mouvements écologistes sont nés à cette période.

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La logique de fin du monde, qui est de plus en plus présente à notre époque (crise financière, écologique, sociale, etc..) a des racines chez les individus dont les valeurs sont ancrées à cette étape de la spirale.

Une personne qui a des valeurs ancrées à cette étape a une vision systémique du monde. Elle sait observer les systèmes complexes de la mécanique de la nature. Elle sait que tout est lié. Là où certains ne voient que chaos, elle voit l’ordre des constructions fractales.

Cette vision du monde sous forme de systèmes complexes permet aux personnes arrivées jusque-là de comprendre la vision de monde de chaque étape précédente, de se mettre à la place d’une personne dans une autre de ses étapes de la spirale.

C’est souvent les personnes qui sont arrivées à cette étape qui prennent conscience de la spirale dynamique. Les personnes des étapes précédentes ont plus de peine à la comprendre.

A ce stade, le temps s’accélère. On remarque qu’il a fallu des millénaires pour que des sociétés passent les premières étapes. Maintenant les changements se font de plus en plus vite. Ce changement rapide a pour conséquence que la société n’est pas homogène. Il y a un éclatement des valeurs. On trouve 4-5 groupes de valeurs différents dans une même société !

Il semble que l’on trouve seulement 10% de la population mondiale dans cette étape. La devise adaptée à cette étape est: « Exprimer le soi, mais jamais aux dépens des autres, pour que toute vie puisse continuer de manière naturelle et fonctionnelle. »

Les organisations jaune

Ces sont des réseaux.
(Je soupçonne aussi que ce soit à cette étape qu’arrivent les cercle en holon de la sociocratie)

Si l’étape verte a focalisé les revendications sur les droits humains. L’étape jaune me semble aller dans le même sens mais en focalisant sur l’écologie, les liens entre l’humain et l’environnement.

Le stade jaune est le premier tour de la spirale. C’est le premier stade qui a conscience qu’il existe des visions du monde qui sont différentes et souvent opposées.

Le passage au stade jaune est l’entrée dans une conscience de second niveau.

La conscience de premier niveau considère que sa vision du monde est la seule qui soit vraie et que ceux qui n’y adhèrent pas se trompent dangereusement. C’est une conscience exclusive qui demande d’adhérer ou non à cette vision du monde, et donc aussi par conséquent à une organisation, à un groupe issu de cette vision du monde.

La conscience de second niveau ne peut plus enfermer les gens qui pensent de la même manière dans une même organisation et organiser un affrontement. Elle prend de la hauteur. Elle essaye de voir les choses globalement, de manière systémique.

Elle crée des réseaux pour relier les gens plutôt que de les diviser. De mon expérience, c‘est la logique des ROC, Réseau Objection de Croissance.

Cependant, tout comme les organisation des l’étape verte, les organisation de l’étape jaune sont surtout là en réaction aux étapes précédentes.

Ce sont des organisations très fortes pour dénoncer les dysfonctionnement des organisations des étapes précédentes. Mais ne sont pas des organisations très fortes pour construire du neuf.

 

Le ré-enchantement du monde (turquoise)

Cette étape est la dernière qui a été découverte. Graves, à son époque, n’a rencontré que 6 personnes dans le monde entier avec des valeurs de ce type. Donc moins que ce que j’en connais !

Ainsi, ce n’est pas sur la base de 6 personnes qu’il a pu décrire précisément ce qu’est cette étape. Il y a beaucoup de conjectures. Il y a une suite logique dans les étapes qui permet d’imaginer les valeurs portées par cette étape. mais évidement rien de précis.

Les successeurs de Graves ont tenté de décrire plus précisément cette étape. Voici la devise de cette étape selon le livre écrit par les Chabreuil:

Sacrifier si nécessaire le soi et celui des autres pour le bien de toute vie présente et à venir

  • Le monde est un seul grand organisme dont tous les éléments sont interdépendants.
  • La connexion à toute chose est le propre d’un être responsable.
  • Restaurer l’harmonie globale nécessite d’intervenir à tous les niveaux d’existence.

forêt enchantée.jpg

En 50 ans, le monde a beaucoup évolué et cette étape est en train de s’installer. Personnellement, je pense connaitre maintenant de manière beaucoup plus précise cette étape turquoise. Le ré-enchantement du monde me semble un bon titre d’étape.

J’ai lu le livre des Chabreuil sur la spirale dynamique en été 2012, j’ai adoré, ça a été une révélation pour moi. Je pense que si ça résonnait autant c’est que j’avais, à cette époque, des valeurs ancrées au moins dans l’étape jaune. J’avais déjà commencé à entrevoir et à décrire ce que je pensais être l’étape turquoise.

Cinq ans plus tard, en 2017, je vois que je ne m’étais pas trompé, mais que mes descriptions n’étaient pas très précises. Maintenant je vois, je comprends et je vis bien d’autres valeurs et modes de fonctionnement qui me semblent être ancrés dans l’étape turquoise de la spirale dynamique.

Rétrospectivement, je vois qu’en 2012, j’avais des valeurs ancrées dans l’étape jaune, et encore pas mal de valeurs de l’étape verte. Actuellement, je sens que j’ai changé. J’ai abandonné les valeurs et fonctionnement typiques de l’étape verte et j’ai adopté la vision du monde et bon nombre de fonctionnement de l’étape turquoise.

C’est avec 5 ans de recul, et pas mal de travail sur moi, que je peux attester que le modèle de la spirale dynamique est un bon modèle. Mais qu’il reste un modèle. On ne change pas du jour au lendemain toutes ses valeurs et ses fonctionnements. Même si je me souviens de certains déclics « Tout s’éclairci dans mon esprit… » qui ont chamboulés ma vision du monde.

C’est surtout dès le moment où j’ai pu intégrer dans une même vision des grands paradoxes de ma vie que j’ai pu progresser en direction de l’étape turquoise.

Et je pense que c’est une des caractéristiques fondamentales de l’étape turquoise que de pouvoir intégrer des paradoxes. Sortir de la dualité.

non dualité au delà du paradoxe le cylindre est un cercle et un carré

Tout est question de point de vue. Un cylindre est un cercle ET un carré..  Il suffit d’élargir sa conscience pour en prendre conscience !

Il y a un tel décalage entre cette vision du monde turquoise et les précédentes que son intégration va heurter pas mal de sensibilités. Surtout chez les gens « rationnels » dont les valeurs sont ancrées à l’étape orange. En effet, ces derniers ont tendance à occulter tout ce qui n’est pas rationnel, même les émotions humaines. (ce qui en réaction à fait émerger l’étape verte!)

La rationalité est le fait de notre cerveau gauche. Cependant notre cerveau a deux lobes. A l’étape turquoise on intègre aussi le cerveau droit. Celui de l’irrationnel, des intuitions.
(et mieux encore… nous avons en fait 3 cerveaux !.. celui de la tête et ses deux lobes, mais aussi celui du coeur, et celui des tripes… avec plus de neurones que dans le cerveau d’un chien …. par rien !)

L’étape turquoise est aussi appelée étape Intégrale ou authentique dans d’autres théories comme chez Ken Wilber et Jenny Wade.

Les personnes avec des valeurs ancrées à l’étape turquoise ont donc une vision plus large, une conscience plus élargie du monde. Elles cessent de voir des opposés s’affronter. Elles ont une vision du monde parfois dite intégrale.

Cette vision du monde permet de se dés-identifier du petit moi humain, de l’égo. (sans le supprimer) Le « moi » devient quelque chose de plus grand. Le vocabulaire change mais on peut parler d’âme qui complète le corps et l’égo.

Le fait de se dé-sidentifier de l’égo permet de le voir de l’extérieur et de ne plus être soumis à ses pulsions. Ça permet également de découvrir ses peurs et ses ambitions.

Ne plus laisser l’ego contrôler sa vie permet à des parties, plus profondes et plus sages de soi-même de s’exprimer.
A la place d’une existence basée sur la peur et la pénurie, les personnes avec des valeurs ancrées à l’étape turquoise passent à une existence basée sur la confiance et l’abondance. 

Quand l’abondance et la confiance sont là. Il est possible de lâcher le contrôle sur les autres et sur les événements. Il est possible d’oser prendre la vie comme elle vient pour faire des expériences et grandir.

Aux étapes du premier cycle de la spirale dynamique, avec une conscience de premier niveau, chacun cherche à convaincre que sa vision du monde est la bonne, LA vraie.
(Ou alors à l’étape verte, une des valeurs fondamentales veut que tous les avis se valent. La tolérance des personnes ancrées à cette étape les piège souvent à devoir tolérer les intolérants !)

Au stade turquoise chacun a sa vérité, et ne cherche pas à l’imposer. Chacun écoute vraiment l’autre. Ce n’est pas juste une captation d’informations pour tenter de convaincre. C’est le non jugement.

Chaque personne a sa vérité et tente de l’expérimenter, de la déployer. Chaque personne tente de devenir ce que son intuition l’appelle à devenir, c’est à dire soi-même.

Chaque personne apprend à développer et honorer ses dons et la vocation qui nous est donnée, et d’être au service du monde et de l’humanité.

C’est une vision du monde très différente de la vision orange qui veut modeler le futur et qui prétend que tout le monde peut devenir ce qu’il veut avec un peu de volonté et un mental d’acier !

La vision du monde turquoise résout de le paradoxe de devenir soi-même (ce qui peut paraitre égoïste) et d’en même temps être au service du monde.

En effet, lorsque l’on cherche à être le plus fidèle à soi-même, on découvre que l’on est juste l’expression de quelque chose de beaucoup plus vaste que soi !

Pour rappel, les étapes de la spirale dynamique alternent entre expression de soi marquée, et soumission de soi à un ordre plus grand. Ainsi, en effet, l’étape turquoise est une étape de soumission à quelque chose de plus vaste que soi !

Beaucoup de personnes dont les valeurs sont ancrées à l’étape turquoise de la spirale dynamique se laissent donc guider par ce plus vaste que soi, par l’univers conscient. (ou tout autre nom, je le rappelle chacun a sa propre vérité)

En discutant de cet article, les concepts philipin de « Kapwa » et sud africain de « ubuntu » ont émergés. Il s’agit dans les deux cas d’exprimer que tout est lié, la non-séparation, que l’on est soi car l’autre est aussi lui-même, mais que nous formons ensemble un tout. Robert (qui a vécu aux Philipines) me disait que Kapwa  « C’est marcher dans une foule très dense sans que jamais les corps ne s’entrechoquent (essayez dans le métro parisien!) »

Desmond Tutu a décrit le concept d’ubuntu ainsi: Quelqu’un d’ubuntu est ouvert et disponible pour les autres, car il a conscience « d’appartenir à quelque chose de plus grand ».

On retrouve cette notion des service à quelque chose de plus grand que soi propre à l’étape turquoise de la spirale dynamique.

L’intuition peut se développer et s’entrainer en restant attentif à ses émotions. Certain-e-s vont plus loin en étant attentifs aux signes, aux sychronicités, aux rêves et aux états de conscience modifiés. Certain-e-s ont même des guides, des consciences qui les accompagnent en tout temps et les aides à faire des choix !

Une telle vision du monde conduit à reprendre contact avec la nature en toute humilité, non pas comme un devoir moral, mais juste par une prise de conscience de faire un avec elle.

Comme pour l’étape précédente. Nous sommes sur le second tour de la spirale dynamique. Cette étape a donc des similitudes avec la seconde étape de la spirale dynamique: l’étape animiste.

Le monde se ré-enchante. C’est à dire qu’aussi étrange que cela puisse paraitre. Les esprits de la nature font à nouveaux partie de la vision du monde des gens à cette étape.

La devise de l’étape turquoise est: « Faire l’expérience spirituelle du caractère complet de l’existence. »

amazon proportion rayon spiritualité

Le mot « spirituel » a de nombreux sens et connotations. Mais l’essentiel que j’y vois c’est de retrouver un sens à l’existence.

Le monde n’est pas là pour rien. Nous ne sommes pas là pour rien. Le hasard n’existe pas. Tout a un sens. C’est ce sens qui a été évacué à l’étape orange, qui avait envie d’émerger à l’étape verte, et qui revient pleinement en l’étape turquoise.

La spiritualité revient en force, mais hors des religions. Il y a qu’à voir les rayons des librairies pour comprendre que le sujet de la spiritualité intéresse. Voici un petite expérience de visualisation qui a été faite en 2008 basées 753 000 livres vendus sur Amazon. Déjà à l’époque le rayon spiritualité (et religion) était très grand.

De nos jours, les thérapies alternatives ont la cote, les chamanes sont des plus en plus nombreux et de plus en plus de salons « bien être » ouvrent.

C’est ici encore un paradoxe qui est intégré. La vision turquoise va au delà de l’opposition entre médecine occidentale et médecine orientale. La médecine occidentale est est très bonne pour remettre sur pieds une personne, parfois même décédée! (le nombre de NDE augmente !) Mais elle se trouve parfois très ennuyée avec des maladies chroniques. Alors que la médecine orientale est capable de traiter des petits déséquilibres qui à la longue deviennent des maladies.

Pour une personne avec des valeurs ancrées à l’étape turquoise, le temps est perçu comme une illusion, le temps n’existe pas. Ce qui est tout à fait compatible avec l’approche de la physique quantique qui évacue la notion de temps.

La personne va vivre le plus possible dans le présent, jouir du moment présent. Pas besoin de ressasser le passé, ni de se faire du soucis pour le futur. C’est l’expression du lâcher prise et de la confiance qui habite les personnes ayant des valeurs turquoises.

Les organisations turquoises

Ce sont des communautés de co-créateurs fonctionnant sur le modèle d’un organisme vivant.

Dans cet article, j’utilise le formalisme de la spirale dynamique pour décrire les étapes. Il en existe d’autres. Notamment Wilber dans sa théorie intégrale a aussi utilisé des couleurs. Certaines concordent et d’autres non.

Frédéric Laloux a écrit un livre qui s’appelle Reinventing Organizations, dont voici mon résumé. Ce livre décrit le fonctionnement des organisations Opale.

Pour moi, une organisation turquoise est une organisation Opale.
(Tout le monde n’est pas d’accord là dessus. Laloux décrit dans son livre que l’organisation Opale est pour lui au stade « Teal » de Wilber. J’observe que le stade « Teal » est généralement associé à l’étape jaune de la spirale dynamique. La douzaine d’organisations Opale décrites par Laloux sont très différentes. Il dit lui même que certaines ne sont que partiellement opale et d’autres à 100%. Là je me dis qu’il y a de la nuance. Ça me permet de parler de mon expérience de la spirale dynamique qui a bien les étapes jaune et turquoises claires. Mais pour les organisations, c’est plus flou dans mon expérience. Donc l’Opale est peut être à cheval entre jaune et turquoise. Mais je trouve plus juste de la mettre en turquoise ! C’est un choix personnel. )

L’opale est une pierre qui a des reflets de toutes les couleurs, ce qui illustre très bien le fait qu’une telle organisation, basée sur une conscience de niveau deux a intégré, sans les opposer, toutes les étapes précédentes.

opale virgin-rainbow

Les organisations Opale sont des organisations dont le but est de fournir un cadre sécurisant à ses membres pour qu’ils puissent réaliser le potentiel de ce vers quoi ils se sentent appelé à devenir.

L’organisation opale n’est pas là pour rien. Elle n’est pas là pour assurer sa survie comme l’est une entreprise orange. L’organisation opale a une raison d’être. C’est cette raison d’être qui guide l’entier de l’organisation et ses membres. L’organisation Opale est au service de cette mission. Du coup, elle n’hésite pas à offrir de l’aide et des informations, à ce qu’une vision du monde orange verrait comme des concurrents.

C’est l’exemple de Buurtzorg qu’explique bien Frédéric Laloux. La raison d’être de Buurtzorg, c’est d’aider les gens à vivre bien chez eux en santé le plus longtemps possible.

Ainsi Buurtzorg explique ses méthodes à ses « concurrents », ça peut ainsi les aider à mener encore mieux leur raison d’être.

A un niveau du « holon » en dessous, les membres d’une organisation Opale, sont également amenés à avoir eux aussi une « raison d’être ». On va les encourager à se découvrir eux-mêmes et à trouver ce qu’ils pensent avoir à apporter au monde, à l’organisation. L’organisation opale ne va pas les assigner à une place précise, mais tenter de soutenir la personne pour qu’elle deviennent elle-même, à sa juste place. Donc d’un point de vue rationnel, la personne sera là où elle aura la meilleure motivation intrinsèque et donc le meilleur rendement pour toute l’organisation.

En effet, paradoxalement, en étant humaine, intuitive, en ayant des valeurs fortes, en lâchant prise, en supprimant les budgets prévisionnels et le contrôle de ses employés chers aux entreprise orange, l’organisation opale arrive à être plus efficace !

En effet, à l’étape orange, le rationnel est roi. Ainsi on évacue tout ce qui est irrationnel. Ceci est justifié pour mieux coller à la réalité. Mais éliminer ainsi les intuitions, c’est ironiquement supprimer les impressions irrationnelles qui signalent que quelque chose cloche et que l’on va droit dans le mur !

Le fait de vouloir contrôler le futur dérive souvent à choisir des objectifs irréalistes. Ce qui entraine que les employés des entreprises orange trichent sur leur capacité, se cachent derrières des masques pour éviter de montrer leur plein potentiel et leur vérité. Ainsi ils se montrent plus faibles pour éviter qu’on leur donne des objectifs trop élevés, ou alors craquent car l’objectif n’est pas réaliste et/ou inhumain.

Les rapports sur le terrain servant à prendre des décisions sont faux, car tout le monde se protège contre tout le monde. La confiance n’est pas là et donc le lâcher prise non plus.

Dans une organisation opale, on utilise le pilotage dynamique. Il est à l’image du « pilotage » d’un vélo. On ne prévoit pas à l’avance la trajectoire exacte, on se lance, et on corrige en permanence la direction. La direction étant la raison d’être de l’organisation.

Les membres d’une organisation opale sont eux-mêmes, à leur place. Ils ont moins peur d’échouer que de ne pas tenter.

Graves disait « Ils ont de l’ambition, mais ne sont pas ambitieux ».

Les gens avec des valeurs ancrées à l’étape turquoise sont authentiques et vrais. Ils sont moins attachés au résultat, à l’objectif prévu. Ils sont ainsi capables de mieux accepter les vérités parfois déplaisantes de la réalité, et de corriger le tir. En cela, même avec des moyens irrationnels, ils collent mieux à la réalité que ce que les organisations orange tentent de faire avec le rationnalisme.

Voici un exemple concret de méthode adaptée à l’étape turquoise: La méthode des 6 chapeaux est une méthode d’évaluation qui permet d’observer une situation dans les 6 modes de pensées des humains. On réintègre ainsi, avec cette méthode, la vision des émotions et des intuitions. Les 6 modes sont: le factuel, l’intuition, le positif, le négatif, le créatif, la synthèse.

Le fait d’utiliser une méthode qui place tout le monde dans un même mode de pensée explicite, dans un rôle, permet de protéger le moi profond de la personne. On sait quand elle s’exprime elle parle dans le mode de pensée du rôle. Elle ne va pas se censurer car on risquerait d’associer ce qu’elle dit à sa personne et que ça risque de déplaire. L’organisation opale protège le moi profond, la vérité de chaque personne. 

Quand une personne est elle même et à sa place dans une organisation elle est bien. Elle ne cherche plus à « concilier sa vie privée et sa professionnelle ».
Une telle expression montre juste qu’il existe des vies professionnelles qui n’ont plus rien de vivant!

Dans un monde fractal, on trouve un petit peu de tout dans tout, ainsi la vie est partout.

On peut se poser la question de la pertinence d’une « prévoyance » professionnelle dans une vision du monde turquoise ? Le terme même de prévoyance est issu directement du mode de pensée orange qui veut gérer le futur par « prévision/vérification ».

L’organisation Opale a un mode de rémunération qui est un mélange de plusieurs principes. Elle pratique souvent quelque chose qui ressemble à un revenu de base inconditionnel qui fourni la base pour vivre. Puis cette rémunération se complète avec des primes suivant le mérite ou les besoins plus particuliers de la personne.

Tout comme la méthode de rémunération est un mélange de plusieurs principes. La méthode de décision de l’étape turquoise est aussi un mélange.

Petit, rappel, en mode rouge, c’est le chef impulsif qui décide selon son avantage personnel, en mode bleu, c’est le règlement qui décide, en mode vert, c’est une grande assemblée qui prend en compte l’avis de tous, en mode jaune c’est une décision individuelle qui tente de prendre en compte l’impact que la décision peut avoir sur l’environnement.

En mode turquoise/Opale le mode décision intègre le paradoxe de concilier une décision qui convient à la personne de manière individuelle, ainsi qu’au monde dans lequel elle s’intègre.

Par exemple, pour prendre une décision, une personne va se poser les questions:

  • Est-ce que cette décision me semble juste ?
  • Suis-je fidèle à moi même ?
  • Cette décision est-elle cohérente avec ce que je me sens appelé à devenir?
  • Est-ce que je fais du bien au monde ?

C’est en choisissant d’abord une solution avec laquelle chaque personne puisse être en accord (donc pas besoin de chercher à faire plaisir à d’autres), que l’on peut lâcher prise, ne plus avoir d’objectif, mais laisser vivre la vie qui veut s’exprimer au travers de soi.

Ensuite, pour les prises de décision collective, la sollicitation d’avis et le consentement sont fréquemment utilisées dans les organisations opales.

La sollicitation d’avis, permet à toute personne de prendre une décision seule. Mais en ayant préalablement du consulter d’autres personnes (pas toutes!) concernées par la décision, et/ou spécialiste du domaine. C’est ainsi que l’on construit un réseau de confiance, de valorisation de ses pairs, mais aussi de responsabilité individuelle. C’est ainsi que chaque personne lors de chaque décision élargi sa conscience sur le sujet.

Le consentement peut s’expliquer par la définition du consensus. Un consensus c’est « tout le monde dit oui« . (un truc de l’étape verte !). Le consentement, c’est « personne ne dit non« .  Dans le consentement on cherche à trouver une solution pragmatique, ce n’est pas la meilleures, ce n’est pas la préférée de tous. Certains s’en fichent même complètement. On cherche une solution qui est acceptable, pour laquelle personne ne va s’opposer avec des raisons valables. Les objections doivent être testées.

L’organisation turquoise/opale est donc une bel organisme vivant.

Etape suivante ?

A priori, la spirale dynamique n’a pas de fin. Mais pour le moment, ce modèle ne comporte pas d’étape supplémentaire. Il y a dans d’autres modèles, notamment chez Ken Wilber, des tentatives d’aller au delà.

Personnellement je suis très impressionné que Clare Graves ai réussi il y a 50 ans d’aller si loin dans la description des étapes de la spirale dynamique.

En ce qui concerne l’étape turquoise, j’y ai mis beaucoup de mon point, de vue de mes expériences. Là il y a très peu de choses issues de Graves. J’y ai aussi mis pas mal de comportements dans les organisations opale qui ont été observées par Frédéric Laloux.

Donc, pour cette étape en particulier c’est un essai, merci de m’indiquer dans les commentaires ci-dessous, si je suis totalement à côté de la plaque ou si ça te parle ? Si c’est un point de vue cohérent. Si l’expérience confirme mes propos. Merci.

réponse commentaires de kiki

Réponses aux commentaires de kiki

Energie solaire

Le premier commentaire de kiki se trouve sur la page à propos de l’énergie solaire:

Pas mal ce blog… C’est le moment que je le découvre!! ;o)

Pour ce qui est des panneaux solaires, quelques points restent à soulever:

1. Obtenir du silicium à partir du sable demande pas mal d’énergie… Ce d’autant qu’il doit être en configuration particulière (amorphe il me semble… On parle évidemment de cellules photovoltaïques)

2. Si un panneau solaire a été fabriqué en Chine sans aucune loi protégeant la nature, et qu’il a fallu le transporter jusqu’à nous, le bilan n’est de loin pas équilibré. Et je ne parle ici que d’écologie, parce que socialement parlant, je ne suis pas sûr qu’on puisse être fier d’acheter un panneau solaire qui a coûté la santé d’un pauvre gamin qui ne gagne même pas de quoi manger en travaillant à l’usine…

3. Dans l’énergie solaire, on peut compter le vent (hé oui…) donc les éoliennes… Cherchez l’erreur quand des associations écologistes empêchent leur construction pour des raisons de beauté du paysage ou de migrations d’oiseaux (c’est vrai que du coup, on continue avec les centrales nucléaires ou à charbon, et on enterre les déchets loin de la vue de tous, déchets actifs encore pour quelques millions d’années)

4. Avant de vouloir créer de plus en plus d’énergie, il serait bon de d’en ECONOMISER. En isolant les bâtiments, en légiférant et rendant obligatoire le préchauffage solaire de l’eau dans les bâtiments à construire, en chauffant sa maison à 19° ou 20 ° en hiver (ben oui, en hiver on s’habille, comme à l’époque… les shorts et T-shirts, c’est pour l’été!) Et pourquoi prendre l’avion pour aller à Paris? Le train c’est bien aussi et ça consomme moins… On peut aussi trier ses déchets, ce qui rend le coût énergétique moins lourd, ne plus utiliser les sacs en plastiques gratuits pour transporter ses achats mais prendre des sacs solides avec soi et les réutiliser, consommer des produits locaux et non pas ceux qui viennent du bout du monde (des asperges du Pérou au milieu de l’hiver… A quoi ça rime?!?)

A mon avis le problème, c’est tout simplement que la majorité de la population s’est habituée à un confort bien trop élevé, du fait que notre société s’est développée rapidement grâce au pétrole et qu’elle le place au centre de ses intérêts, enrichissant au passage des dirigeants peu scrupuleux des droits humains et de l’écologie…

La réponse de Martouf

En effet, c’est le moment que tu découvres ce blog ! Mais mieux vaut tard que jamais. En tout cas merci de ton passage et de tes commentaires. (auxquels je vais répondre… et apporter quelques précisions)

1. En ce qui concerne les panneaux solaire. Effectivement, actuellement on ne fabrique pas de panneaux solaire à partir de sable. C’est trop compliqué. Pour avoir du silicium, on utiliser des cailloux de silice (SiO2) que l’on réduit par carboréduction. Donc en gros c’est une soupe de silice dans laquelle on ajoute du carbone on chauffe le tout à l’arc électrique et hop voilà… SiO2 + C → Si + CO2. On a un cristal de silicium auquel on donne une forme de prisme cylindrique ou carré et on découpe des tranches de 200 microns d’épaisseur que l’on aligne pour avoir une grande surface. Puis on intègre des câbles en cuivre.. et voilà on a un panneau solaire.

Effectivement chauffer la soupe.. ça bouffe pas mal d’énergie. Mais globalement un panneau solaire produit plus d’énergie qu’il n’en consomme pour sa fabrication. Pour la suisse, on compte qu’il faut 2,74 années pour que le panneau solaire rembourse l’énergie qu’il a utilisé pour sa fabrication. Sur une durée de vie moyenne estimée à 30 ans. C’est toujours un bon investissement énergétique.

Ces dernières années, la demande en silicium a nettement augmenté. Les prix n’ont donc pas baissé autant que prévu. Il y a une sorte de pénurie de silicium produit à partir des techniques industrielles actuelles. (souvent de la récupération de déchet de l’industrie des semi-conducteurs)

C’est assez paradoxal de dire qu’il y a pénurie de silicium alors que le quart de notre planète est faite en silicium. C’est pour ça que je disais que fondamentalement c’est la technique la plus durable pour capter de l’énergie. Le soleil sera encore là quelques milliards d’années et il y aura toujours assez de silicium pour les besoins humain. Même si il faut changer de techniques industrielle de fabrication.

Ce constat n’est pas du tout le même avec les autres sources d’énergie. Le pétrole est une denrée rare. Les métaux sont rares. Le combustible nucléaire est rare. C’est tout l’opposé de l’énergie solaire.

Mais les filières industrielles actuelles et par conséquent le jeu économique font que ces formes d’énergies rares sont celles que l’on utilise le plus couramment.

Dans le domaine de l’énergie, il faut que l’on réforme totalement notre manière de penser. Actuellement on aime avoir un système centralisé. Un gouvernement fait construire quelques énormes centrales nucléaires et voilà. Le problème énergétique est résolu. Ceci est tout faux. Il faut répartir les sources d’énergies. L’avantage du solaire, c’est qu’il est partout. Il n’y a pas de perte pour le transport. Et vu que les métaux c’est rare. On ne pourra jamais créer un réseau de distribution d’énergie à partir de sources centralisée. Il n’y a pas assez de cuivre sur cette planète pour raccorder tout le monde à un réseau.

Tout comme il n’y a pas assez de fleuves sur cette planète pour refroidir le grand nombre de réacteur nucléaire qu’il faudrait pour couvrir les besoins énergétiques des humains uniquement avec du nucléaire.

L’avenir est à la décentralisation des centrales électriques. Ceci permet également de responsabiliser les gens à ce qu’ils consomment comme énergie. La plupart des gens regardent les prix de l’essence à la pompe. Mais personne ne connait le montant de sa facture d’électricité !

Il reste tout de même un problème de taille avec le solaire. C’est que parfois, il fait nuit ! .. il faut donc stocker de l’énergie. Les batteries, c’est pas toujours terrible. Il y a aussi plein de métaux !

Une des possibilité c’est de stocker l’énergie sous forme d’hydrogène. Une autre est de pomper de l’eau dans des barrages en altitude.

2. Pour le coup de la production du panneau en chine dans de mauvaises conditions sociales et écologique. Là c’est pareil pour tout. Je ne crois pas que c’est propre au panneaux solaires. Pour toutes les autres formes d’énergie c’est semblable. Si il fallait compter toutes les guerres qu’ont engendré la prospection de pétrole, de minerai en tous genres et particulièrement d’uranium. Je crois que le bilan social d’un ouvrier chinois exploité pour construire des panneaux solaire n’est pas pire que pour une autre forme d’énergie !

Nous sommes à l’heure de la mondialisation donc effectivement c’est une aberration énergétique de faire voyager autant nos ressources, mais c’est comme ça pour tout. Donc pour moi l’avantage du panneau solaire reste. Puis, c’est un choix propre à l’acheteur de vouloir un panneau qui vient de loin où non !

Effectivement, actuellement le plus grand producteur de panneau solaire est chinois; le second état-unien. Par contre le plus grand producteur de silicium est Norvégien et le second allemand. Donc ça va être dur de ne pas trouver un panneau solaire qui n’a pas voyagé !

Pour le détail, voir la liste des principales entreprises du secteur photovoltaïque.

3. En effet, on peut dire que l’éolien est une énergie solaire. D’ailleurs si on pousse plus loin, on peut dire que seule l’énergie nucléaire n’est pas solaire. En effet, le pétrole à la base s’était des végétaux qui poussait à l’énergie solaire. L’hydroélectrique c’est aussi exploiter l’eau qui descend des montagnes, mais qui est remontée par évaporation due au soleil. Tout est solaire. Même le géothermique est en partie solaire. L’activité volcanique est en partie due à la révolution de la terre autour du soleil.

C’est vrai que parfois il est assez amusant de voir les mêmes qui s’opposent à une éolienne et à une centrale nucléaire… c’est pas toujours très pragmatique comme raisonnement. Mais c’est quand même humainement compréhensible.

C’est à voir au cas par cas. Bon, avec mon raisonnement de répartition des sources énergétiques, il faut bien que parfois on accepte de mettre une éolienne dans son jardin. C’est toujours mieux que des déchets nucléaires ! (on a encore aucun lieu en suisse après 50 ans d’exploitation !)

4. Là je te rejoins tout à fait. Il faut économiser l’énergie. C’est clairement dans le bâtiment que l’on pourra économiser le plus rapidement et le plus efficacement une grande quantité d’énergie. Il me semble que le chauffage représente presque 30% de l’énergie consommée en suisse.

Des projets très concrets comme le projet holistic montrent qu’il est possible de réduire de manière très efficace la consommation énergétique d’un quartier entier. A Neuchâtel, c’est ainsi 23% de consommation d’énergie en moins pour le quartier qui fait partie du projet.

Je me réjoui de revoir la nouvelle mouture revue et corrigée de la loi neuchâteloise sur l’énergie. J’espère qu’elle permettra de réaliser partout des économies d’énergie de l’ordre de ce que l’on voit avec le projet holistic !

Il reste juste le poids de l’histoire. C’est plus facile de faire des bâtiments neufs avec une bonne efficacité énergétique que de bidouiller des vieux bâtiments.

Actuellement on est capable de faire des immeubles qui n’ont pas ou presque pas de chauffage. Ceci en utilisant des baies vitrées.. (solaire passif) ou des systèmes comme c’est le cas dans le bâtiment de l’OFS, où il y a une énorme cuve d’eau qui est chauffée surtout l’été avec des panneaux solaire thermique. Cette masse d’eau chaude permet, par inertie thermique de tempérer le bâtiment tout au long de l’année. C’est ainsi quasi 50% d’énergie en mois qui est nécessaire l’hiver pour chauffer le bâtiment !

Pour le mode, de vie, c’est certain qu’il y est pour beaucoup. Les gens voyage toujours plus, et le secteur des transports représente plus du tiers de l’énergie consommée en suisse. Il n’y a pas seulement les gens qui voyagent.. mais aussi les marchandises.

C’est comme avec le système bancaire, notre société vit à crédit. Elle vit à crédit sur l’environnement. Donc, économiquement prendre l’avion, c’est comme prendre le bus… alors qu’énergétiquement c’est pas du tout pareil.

Globalement, le transport n’est pas assez cher pour ce que c’est ! On ferai mieux de garder le pétrole pour faire des choses beaucoup plus intelligentes que de le bruler. Il ne faut pas oublier que la base de notre agriculture avec engrais est à base de pétrole, que nos médicaments sont à base de pétrole, que nos habits sont à base de pétrole, que nos objets de plus en plus en plastique sont à base de pétrole…  mais on préfère le bruler pour se chauffer, pour voyager ou faire voyager des marchandises.

Il va être très difficile de se défaire de notre dépendance au pétrole et aux gens qui contrôle le robinet.  (Qui sont ,comme tu le fais remarquer, pas toujours des anges ! )

C’est tout le problème de la centralisation des sources d’énergie.

Donc favorisons ce qui permet la décentralisation. L’énergie solaire est pour moi un pas vers la décentralisation.

 

Obélix et le capitalisme

Le second commentaire de kiki se trouve sur la page à propos d’obélix et le capitalisme:

Excellente BD c’est sûr!!!

Par contre quelques points me travaillent, surtout dans les analyses et les commentaires… Et une question me turlupine: quel système serait alors le meilleur?

S’il est vrai que le capitalisme aveugle est un drame, il reste que l’être humain réagit de manière tout à fait naturelle:

Qui parmi nous ne regarde pas pour acheter au prix le plus bas? Qui accepte de garder un poste moins bien rémunéré pour une charge de travail et compétence équivalentes? Chacun cherche à gagner le plus possible… Après, je ne dis pas que tout le monde le fait pour écraser l’autre…

Et si Obélix peut se permettre d’arrêter de faire des menhirs et que tout redevient magnifique à la fin, c’est bien parce que dans la BD, la vie est belle… On ne tombe pas malade, et au pire, Panoramix peut tout soigner et qu’il le fait gratuitement (d’ailleurs on se demande quand il va chasser pour manger lui)! Par chance, il y a des sangliers à profusion pour nourrir tout le monde, et tout le village s’accommode bien au fait que seuls Astérix et Obélix soient les aventuriers qui partent voir le monde…

Aucun d’entre vous n’a-t-il rêvé d’aller voyager en écoutant les récits/regardant les photos d’amis revenant de voyage?

Alors du coup on y va aussi, et en prenant un billet d’avion le meilleur marché possible, sans trop regarder si ça pollue ou si la compagnie paie bien tous ses employés…

Mais il est évident que le débat reste ouvert et que seule la communication permettra de trouver un système plus juste… Si bien sûr on peut s’entendre sans préjugés stériles…

Ma réponse

Effectivement comme tu le dis, dans la BD, la vie est belle. C’est une fiction, donc voilà, il y a de quoi faire tout et n’importe quoi sans soucis de cohérence.

Comme je l’ai déjà dit plus haut, comment est ce que petit village dessiné avec trois cailloux dans un coin à pu avoir une telle production de menhir ? .. elle vient d’où toute cette caillasse ?

Ce que je voulais relever dans cette petite analyse (qui vaut ce qu’elle vaut) c’est que le système capitaliste est un système qui isole, qui classe les gens qui les mets en concurrence, et qui bouffe notre temps.

Alors d’accord, la nature humaine est tout de même le moteur de ce système. Ici je dis que c’est le besoin de reconnaissance de ses pairs qui a lancé Obélix dans le capitalisme. Saugrenus le romain lui a dit qu’avoir de l’argent c’est avoir de la reconnaissance. C’est là dessus que je ne suis pas d’accord. Il existe de nombreux moyens d’obtenir la reconnaissance de ses pairs. La quantité d’argent n’est pas le seul moyen d’être reconnu.

A mon avis c’est là que se joue le point clé de l’histoire. Ensuite il y a d’autres phénomènes qui découlent de là et qui amplifient le système. Nous avons toute l’histoire du marketing: comment vendre ce qui est inutile? Là encore le moteur du système c’est l’humain. On se base sur le désir mimétique présent chez tout les humains pour faire acheter ce que le voisin a déjà. Ceci renforce encore la reconnaissance de ses pairs. Je suis comme toi tu dois m’aimer.

C’est pareil pour l’exemple que tu donnes avec le voyage. Je vais en vacance au même endroit que toi. Le désire mimétique est toujours là.

Le désire mimétique c’est imparable. J’ai déjà souvent fait l’expérience. Quand tu te balades avec un groupe sur une plage de sable. Tu commences à faire un château, à entasser du sable. Tu peux être certain que tout de suite tu as plein de gens qui viennent mettre du sable sur ton tas pour faire la même chose. Avec les empilements de pierre c’est pareil. Tu commences à empiler des cailloux et tout le monde rapplique pour poser des cailloux sur les tiens. C’est pas dur à comprendre comment se forment les fourmilières.

Le capitalisme est une construction humaine, donc forcément ce système utilise des méthodes humaines. Mais toujours est-il que le but du marketing c’est toujours de vendre des objets inutiles. Quelque chose de vraiment utile n’a pas besoin de marketing pour que des gens s’y intéresse !

Le système capitaliste repose sur le système monétaire. Ce dernier fonctionne d’une manière qui me parait de plus en plus étrange: l’argent est créé ex nihilo par les banquiers en accordant des prêts bancaires. Le poids du banquier dans ce système est trop grand. C’est le banquier qui décide si ton projet mérite où non de vivre, et ceci en fonction de critères qui sont uniquement lié au système déjà en place.

Prenons un exemple. Je crée un gadget inutile (genre les figurines des Happy meal au Mac do) qui doit être fabriqué pour trois fois rien en chine en exploitant des gens. Je vais donc voir mon banquier je lui dit que j’ai besoin d’une masse d’argent pour payer tout le monde. Je lui donne mon estimation du bénéfice qu’il y a à faire.

Comme mon projet est financièrement bénéficiaire. Mon banquier me crée l’argent dont j’ai besoin. Je vais donc mettre en place tout un système qui va exploiter des gens à l’autre bout du monde pour transformer des ressources naturelles en déchets.

Comme j’ai engagé des gens très fort en marketing en usant de toutes les astuces de la psychologie humaine, j’ai vendu tous mes gadgets inutiles. Je vais pouvoir rendre à la banque l’argent créé pour l’occasion. Mais en même temps, je vais devoir en rendre plus que ce qui avait été créer pour moi, car il y des intérêts sur mon prêt !

Comme l’immense majorité de l’argent est créée avec le système de prêt bancaire. Si on généralise le problème, il y a toujours plus d’argent que l’on doit rendre à la banque que d’argent qui est créé ! L’argent que je dois rendre je vais le chercher sur le marché, et comme l’argent sur le marché vient aussi de prêts.. gentiment j’assèche la masse monétaire du marché.

Et après on s’étonne de voir que les collectivités publiques sont toujours plus endettées ! Forcément cette différence entre l’argent créé et l’argent ramené à la banque fini bien quelque part. Comme souvent on privatise les bénéfices et on étatise les dettes.  C’est logique que ce soit les collectivités publiques qui soit endettées. (ça ne veut pas dire que les collectivités publiques sont mois bien gérée que les entreprises)

Cet exemple montre bien que finalement ce système capitaliste favorise les gens qui utilisent le système. Je peux proposer les projets les plus aberrants (au niveau social ou écologique), tant qu’il sont dans une logique de profit financier ça passe.

On mesure souvent le PIB pour mesurer les bienfaits de l’économie. Mais ce critère est parfois totalement aberrant. Brûler du pétrole dans sa voiture à l’arrêt dans un embouteillage augmente le PIB. De même que les accidents de la route augmentent le PIB. Payer des enseignants pour instruire la population n’augmente pas le PIB. Pire, c’est une perte !

En terme de bienfaits, moi je ne vois pas les choses de la même manière! Il ne me semble pas que le PIB est une bonne mesure des bienfaits !

En ce qui concerne la croissance c’est pareil. C’est un drame quand la croissance de 3% une année passe à 2% l’année d’après…. mais il faut se rendre compte que ce n’est en tout cas pas une diminution en absolu. C’est une croissance annuelle, elle est basée sur le total de l’année d’avant. Donc les 2% de l’année courante n’est en absolu pas plus petit que le 3% de l’année d’avant.

Là on parle de progression de la progression. On parle d’exponentielle. Je ne sais pas si il y a grand monde qui se représente vraiment que c’est énorme en absolu. Notre système économique transforme de plus en plus vite des quantités toujours plus grandes de ressources naturelles en déchet. Ceci même quand la croissance ne semble pas augmenter.

Venons en au coeur de ta question: Si le capitalisme c’est pas top, quel système est meilleur ?

Je crois que si quelqu’un avait une réponse toute cuite à fournir on l’aurait déjà appliqué ? Il y a de nombreux économistes qui se penchent sur la question depuis des siècles.

Ou alors je me trompe complètement, et les économistes sont des gens qui cherchent juste à trouver le moyen de s’en tirer eux mêmes dans le système en place !  Finalement… je me demande si ce n’est pas plutôt là le plus proche de la réalité.

Le problème c’est qu’il y a une telle inertie du système qu’il est difficile d’en sortir.

Un autre problème, comme tu le mentionnes toi même, c’est les préjugés. De tous les côtés de l’échiquier politique il y a des dogmes et les économistes ont des dogmes. Quand il faut faire venir travailler tout ces gens là ensemble pour trouver une solution ce n’est pas pratique.

En terme d’économie, il y a un bouquin que j’ai bien aimé qui démonte un peu tous les dogmes des économistes. Il s’agit du manuel d’anti-économie.

Ce livre fait l’historique de quelques courants économique qui cherchent à trouver le saint graal: d’où vient la valeur ? Certains pensent que plus une chose est rare, plus elle est a de valeur. D’autres pensent que la valeur dépend d’un temps de travail. Certains économistes comme Marx sont allés très loin dans leur théorie en lançant des luttes de classe. Mais globalement, ils ont tous une part de vérité et se sont tous planté:

La valeur n’existe pas ! C’est très personnel la valeur des choses, certains verront une grande valeur dans un objet et d’autres pas… il ne faut pas ériger toute une théorie et un dogme autour de la valeur.

Pour revenir dans la concret: quel système est meilleur que le capitalisme ?

Je pense que dans notre système monétaire actuel, le banquier a trop de pouvoir. Lui seul décide de la viabilité d’un projet et selon des critères financiers uniquement.

Je pense qu’il est temps de démocratiser la création monétaire. Il est temps de redonner création de la monnaie à une communauté. De laisser la communauté décider de ce qu’elle veut favoriser comme projet et ne plus laisser les banquiers uniquement décider.

Ainsi on pourra également faire entrer en ligne de compte d’autres critères que le critère financier. Des critères sociaux et environnementaux par exemple. La question à résoudre est de déterminer quels sont les projets utiles pour la communauté et quels sont les projets qui ne le sont pas. C’est terriblement difficile a estimer. On n’est pas à l’abri des dérives. Mais je pense que redonner du pouvoir à la communauté est mieux que de laisser le banquier comme seul juge.

De plus, il faut supprimer totalement les intérêts que l’on mets sur les prêts bancaires. Ceci dans le but d’éviter cet endettement que l’on fini par reporter sur les collectivités publiques.

Ensuite, il y a une chose fondamentale à comprendre. Il faut séparer les notions de capitalisme et d’économie de marché.

Le capitalisme est un système économique qui ne vit que pour lui même en exploitant tout ce qu’il trouve.

L’économie de marché est un système de répartition des ressources rares.

Moi je me bat contre le capitalisme, mais pas forcément contre l’économie de marché. Parfois c’est un système adapté, parfois non.

Dans notre monde, il y a des ressources rares et des ressources abondantes. Une économie de marché est tout à fait adaptée à la répartition des ressources rares. C’est le système monétaire qui est l’outil d’échange dans l’économie de marché. Il y a une négociation selon une offre et une demande qui se fait pour calculer une valeur entre deux agents économique et donc un prix d’échange.

Si une ressource est abondante, calculer un prix devient plus difficile, l’offre est infinie, le prix est nul. L’économie de marché ne peut pas gérer des ressources abondantes.

Certaines personnes sont tellement habituées à l’économie de marché qu’elles veulent l’appliquer partout et même sur les ressources abondantes. C’est tout le conflit que l’on a actuellement dans la vente de livres, de musique, de films et de toutes ces productions qui autrefois étaient rares, car liée a un support matériel et actuellement copiable à l’infini donc abondante.

C’est ainsi que l’on voit des systèmes de DRM qui débarquent pour rendre unique les fichiers. Pour faire comme avant retomber dans l’économie de marché.

Dans la conception d’un nouveau système économique, c’est quelques chose à prendre en compte. Il y a des ressources rares et des ressources abondantes. Le système d’économie de marché ne fonctionne pas partout. Mais tous les créateurs, que ce soit de ressources rares ou de ressource abondantes doivent pouvoir vivre.

Tout le monde mange et jusqu’à présent la nourriture ne se copie pas. Par contre le code génétiques des semences oui. Dans les derniers siècles les progrès de l’agriculture permettent de passer de moins en moins de temps à se préoccuper de trouver de quoi manger. La nourriture devient de plus en plus abondante. (au point que dans le monde occidental il y a de plus en plus de problème d’obésité)

Il devrait pouvoir être de plus en plus possible de combler facilement les besoins de bases pour vivre. On peut donc imaginer un système dans lequel chacun reçoit inconditionnellement un revenu de vie. Ce revenu permet à une personne de combler les besoins de bases pour vivre. Si elle veut gagner plus elle peut travailler plus.

Ce système permettrai de faire vivre des gens qui font un travail de création d’information qui est difficilement rémunérable en vendant de la rareté.

C’est une idée comme ça. Je ne sais pas si c’est vraiment viable ou non. Il faudrait creuser.

On peut aussi imaginer que la communauté ayant retrouvé son pouvoir régalien décide de créer une masse monétaire pour payer des gens qui produirait du contenu informationnel. (des groupes de musique par exemple)

Il y a de nombreuses idées a explorer et a étudier.

Ce que je propose à la fin de mon analyse sur cette BD, c’est de prendre le temps de s’arrêter un moment de courir et d’observer ce que l’on est en train de faire, de réfléchir sur notre manière de vivre, de refaire ses choix de vie, même si l’on refait les mêmes. Il est intéressant parfois de trouver un sens à ce que l’on fait et de ne pas foncer tête baissée juste pour foncer…

Il est intéressant de définir quelle sont ses propres valeurs et si l’on vit en adéquation avec.

Gandhi disait qu’il faut être le changement que l’on veut voir. Il faut se changer soi même si l’on veut changer la société.

Avant de se changer soi même. Il faut se connaitre soi même. C’est bien là l’inscription que l’on trouvait déjà sur le fronton du temple de Delphes il y a près de 2500 ans.

Donc en conclusion je dirais que pour savoir quel est le meilleur système économique, il faut déjà savoir ce que l’on veut, quelles sont ses propres valeurs et donc qui l’on est.

Une majorité de gens sont prêts à tuer pour gagner un jeu TV

Un constat: le contenu des émissions de TV devient toujours plus trash… pour faire de l’audience les TV privées redoublent d’imagination pour trouver des contenus toujours plus immoraux: humiliation, torture, blessure, tentation des jeunes couples...

.. à quand les mises à mort en direct dans les jeux TV ?

Pour répondre à cette question, une équipe de psychologues ont remis au goût du jour une expérience pour tester la soumission à une autorité d’individus tout ce qu’il y a de plus normaux: l’expérience de Milgram.

Historique de l’expérience de Milgram

expérience de milgram 1960.jpgC’est le psychologue Stanley Milgram qui a mis au point cette expérience en 1960 à l’université de Yale au USA.

Lors de cette expérience, un sujet doit poser des questions pour une prétendue étude scientifique à propos de la mémoire. Si la personne à qui on pose les questions se trompe. Le sujet doit lui infliger une punition: une décharge électrique. Plus on avance dans l’expérience, plus la tension des chocs augmente jusqu’à arriver à des chocs très dangereux.

Milgram a démontré que 62% des gens sont prêts à infliger des chocs mortels si l’autorité leur demande.

La version 2010 de l’expérience de Milgram

expérience de milgram 2010 jeu TV.jpg50 ans plus tard, qu’en est il de la soumission des gens à l’autorité ? Est ce que la situation à changée ? Quel est le pouvoir de l’autorité: télévision ?

Pour le savoir, Christophe Nick a remis au goût du jour l’expérience de Milgram. En 2010, l’expérience est quasi la même. La petite différence est le décors. Cette fois, nous sommes sur le plateau d’un jeu télévisé.

Les sujets de l’expériences sont dans les mêmes conditions que 50 ans plus tôt, hormis le public et les caméras qui les regardent.

Les sujets ont été choisi, ils n’ont pas voulu participer à un jeu. Ils savent qu’il ne vont rien gagner. On leur dit que le but est de tester un nouveau jeu télévisé. Ils doivent poser des questions et infliger la punition par choc électrique comme dans la version de 1960.

Documentaire TV de l’expérience

Pour décortiquer tous les comportements durant l’expérience, il y a des scientifiques. Amadine Antonelli et Jean Léon Bauveois sont parmi ces scientifiques. Vous pouvez lire ce que pense Jean Léon Beauvois de cette nouvelle expérience de Milgram.

Voici l’avis d’Amandine Antonelli dans le journal Le Temps.

Le plus simple pour bien comprendre est de regarder le documentaire qui a été fait de l’expérience de Milgram en 2010.

Ce documentaire a été diffusé sur la télévision suisse romande le 12 mars 2010, il est donc encore visible quelques jours sur le site web de la TSR.

Sinon, ce documentaire: Le jeu de la mort est programmée le mercredi 17 mars 2010 à 20h35 sur France 2.

Pour ceux qui auraient malgré tout loupé ce documentaire, voici un compte rendu de celui-ci.

Une majorité de bourreaux

comparaison expérience de milgram 1960 2010.jpgPour aller à l’essentiel, cette version 2010 de l’expérience de Milgram montre que 82% des gens sont prêts à tuer si l’autorité télévision leur demande !

En effet, 82% des gens sont allé jusqu’à infliger des chocs électriques violents rien que pour se soumettre aux ordres de la présentatrice du jeu qui représentait l’autorité de la télévision.

Ce résultat prouve que tout le monde peut être un bourreau.

Mais attention à bien comprendre de quoi on parle. Il ne faut pas croire que les gens tuent de gaité de coeur. Non, ces bourreaux sont très souvent mécontent de ce qu’ils font.. mais ils le font quand même, car ils sont totalement soumis à l’autorité. Il sont pris dans l’engrenage du système.

Le système d’autorité

Dans cette expérience, on remarque que des gens tout ce qu’il y a de plus normaux deviennent des bourreaux. Ils n’aiment pas être bourreaux mais ils sont conditionnés tout au long de l’expérience pour être seul face à l’autorité. Ainsi il est très difficile de contrer l’autorité. C’est le système mis en place qui force les gens à devenir des bourreaux.

A chaque étape du jeu, le questionneur est toujours plus en contradiction avec ses valeurs. Il cherche à manifester son mécontentement à l’autorité. Mais à chaque fois l’autorité le remet en place et l’engrenage continue.

Les manifestations de rébellion sont toujours les mêmes. Tout d’abord la personne a un rire nerveux, c’est le corps qui inconsciemment relâche la pression. Puis, la personne se met à tricher, elle tente d’aider la victime pour la faire gagner et ne pas devoir lui infliger de choc électrique. Ensuite, c’est le détachement, le déni de la victime. Je dois agir comme une machine. Puis, enfin, le bourreau tente de se trouver des excuses pour continuer: C’est un jeu, on ne tue personne à la TV, donc je peux continuer….

De son côté, la présentatrice qui représente l’autorité dans ce jeu utilise toujours les mêmes injonctions pour forcer le bourreau à continuer toujours plus loin:

  • Ne vous laissez pas impressionnez. Continuez !
  • C’est la règle. Vous devez continuer.
  • Nous assumons toutes les conséquences.
  • Maintenant c’est pas agréable. Mais plus tard il vous remerciera.
  • Vous ne pouvez pas empêcher le candidats de gagner, qu’en pense le public?

expérience de milgram injonction continuez.jpgCes injonctions sont là pour déresponsabiliser la personne, pour l’isoler et la marginaliser encore plus face à l’autorité.

La personne n’est plus libre de ses choix. Elle doit continuer. C’est le système qui le veut.

En fait, elle a tout loisir de s’arrêter quand elle veut, il suffit de contrer les cinq injonctions de la présentatrice et tout est fini.

Mais comme l’expérience l’a montrée, seuls 18% des gens en on été capables.

L’autorité dans la vie courante

Comment expliquer que ce système d’autorité fonctionne si bien ?

C’est probablement par ce que l’humain est conditionné depuis sa prime enfance à être soumis à une autorité. Les parents, et les enseignants, puis les patrons sont les exemples les plus courants d’autorités personnifiée. Mais souvent l’autorité n’est même pas incarnée. La plupart du temps, l’autorité c’est un système. Un système qui a de multiples représentants.

L’Etat est une autorité représenté par les politiciens, le code de la route est une autorité représentée par des panneaux, le système économique est une autorité, la tradition est une autorité. L’humain passe son temps à suivre des règles.

L’humain passe son temps à chercher quelle est, dans la situation présente, l’autorité qu’il faut suivre. L‘humain passe son temps à se trouver un chef !

Il n’est donc pas étonnant de voir que les résultats de l’expérience de Milgram. Les gens libres sont une minorité. La majorité des gens sont des moutons qui se cherchent un berger.

colonne de moutons.jpg

Cette constatation rejoint mon billet à propos de la sagesse de foule. Elle n’existe pas. Elle est noyauté par la minorité de gens qui s’investissent dans la vie de leur communauté et qui sont suivi par la majorité de moutons.

Lorsqu’on remarque, comme à la fin de ce documentaire, que la seconde activité dans la vie d’un français, après le sommeil, mais avant le travail, c’est de regarder la télévision (3h30 par jour en moyenne), il est ainsi de s’imaginer que la télévision est une autorité du premier ordre comme peut l’être une religion.

Dans notre monde actuel, c’est la télévision qui transmet notre culture commune, c’est la télévision qui nous transmet ses valeurs.

Personnellement, je trouve ça inquiétant quand on voit le contenu de ses valeurs !

L’autorité du système économique

En prenant conscience de ces mécanismes d’autorité, il devient plus facile de comprendre comment fonctionne notre système économique capitaliste.

Pourquoi des millions (voir plus) de gens effectuent un travail qui va à l’encontre de leurs valeurs mais qu’ils exécutent quand même sous la pression de l’autorité du système et de ses nombreux représentants.

Comme dans l’expérience de Milgram, il y a toujours un représentant de l’autorité pas loin qui nous lancent des injonctions à chaque fois que l’on s’arrête pour réfléchir au sens de ce que l’on fait: C’est la règle. Vous devez continuer…. Nous assumons toutes les conséquences…

C’est ainsi, que notre système économique capitaliste se maintient en place. C’est ainsi que toute la journée des millions de travailleurs se crèvent à transformer les ressources naturelles de notre planète en déchets.

Alors, comme l’a fait Obélix avec ses menhirs inutiles dans la BD Obélix et compagnie, serons nous capables de nous arrêter, de réfléchir calmement à ce que l’on fait, et éventuellement de faire le choix de défier l’autorité pour retrouver sa liberté ?

Obélix et le capitalisme

Obélix et le capitalisme

couverture BD Obélix et compagnie.jpgAyant un peu de temps, j’en ai profité pour relire quelques BD et notamment les aventures d’Astrérix. Je suis agréablement tombé sur l’album Obélix et compagnie, que j’ai re-découvert sous un angle totalement différent de la dernière fois que je l’ai lu. J’y ai découvert une histoire qui est une critique du capitalisme.

Pour ceux qui n’aurait pas lu (horreur!) ou relu cette BD dernièrement, voici un résumé de l’histoire.

La domination par la décadence

Après de multiples défaites, César tente toujours de trouver un moyen de conquérir enfin ce petit village gaulois d’Armorique qui résiste encore et toujours à l’envahisseur.

Cette fois, il est conseillé par Caius Saugrenus un petit jeune qui sort de l’NEA, La Nouvelle Ecole d’Affranchis… Ce personnage a une ressemblance troublante avec Jacques Chirac, qui était, à l’époque de la sortie de cet album (1976), premier ministre de la France….

Caius Saugrenus déclare que si les gaulois n’ont rien d’autre à faire que de se battre, il faut les occuper. Il faut les tenter par l’appât du gain et l’or pour les transformer en décadents !

César constatant l’état décadent de tous ses riches conseillers est emballé par l’idée et donne des crédits illimités à Caius Saugrenus pour réaliser son projet.

 

L’appât du gain, l’envie de reconnaissance

saugrenus vante les mérites de l argent.jpgLe plan de Saugrenus est simple, il propose à Obélix de lui acheter ses menhirs en échange de beaucoup de sesterces. Le prix double à chaque livraison. Pour qu’Obélix accepte, il lui dit: Mais oui ! C’est intéressant d’avoir de l’argent. Tu peux acheter des tas de choses à manger… Tu seras l’homme le plus riche de ton village et donc le plus important.

Obélix accepte.

Le travail, organisation sociale

Obélix va donc passer tout son temps à tailler des menhirs pour tenter de combler la demande de Caius Saugrenus.  Il passe tellement de temps dans sa carrière de menhir qu’il n’a plus le temps de faire autre chose. Comme il le dit lui même à Astérix qui lui proposer d’aller à la chasse: J’ai du travail! J’ai un menhir à faire ! Je n’ai pas le temps de rigoler, moi!

Obélix n’a donc plus le temps de chasser. Ce qui pose tout de même un problème. Lui qui aime tellement manger du sanglier il n’en a pas !

Mais comme Obélix est riche de plein de sesterces, il paye Analgésix, un autre villageois pour aller chasser à sa place.

Au file du temps, Caius Saugrenus augmente toujours plus la demande, ce qui pousse Obélix a engager plusieurs tailleurs de menhirs et plusieurs chasseurs pour nourrir les tailleurs.

Obélix a trop de travail.jpg

La concurrence isole

Puis Caius Saugrenus affine sa stratégie. Il suggère à Obélix qu’étant devenu un riche chef d’entreprise, il ne porte pas des habits dignes de son rang. Obélix va donc refaire sa garde robe et montrer ainsi à tous le village son nouveau statut.

Le statut de nouveau riche d’Obélix va engendrer beaucoup de jalousie dans le village et pousser de nombreux hommes du village à se lancer dans la taille de menhir pour gagner plein de sesterces.

La concurrence ainsi générée isole les uns des autres les anciens amis. Le plan de Saugrenus fonctionne à merveille. Les gaulois ne sont plus unis et ils n’ont plus le temps de penser à se battre.

La surproduction mène au marketing

Le plan de Saugrenus fonctionne à merveille, mais très vite il est submergé de menhir. César n’est pas très content.

Saugrenus lui propose alors de vendre les menhirs. César lui rétorque Qui voudra des ces menhirs ? Ils ne servent à rien !

Caius Saugrenus décide alors de lancer une campagne de marketing ! Il faut provoquer le besoin chez le consommateur.

campagne de marketing pour les menhir.jpg

Il explique que les gens achète:

  • Ce qui est utile
  • Ce qui est confortable
  • Ce qui est amusant
  • Ce qui rend jaloux les voisins

C’est ce dernier créneau qui nous intéresse!

Une grande campagne de pub est donc lancée. Les murs de Rome sont placardés d’affiches, des publicités pro menhir sont faites durant les jeux du cirque.

Puis les produits dérivés arrivent. Des toges, des cadrans solaires, des bijoux, le kit marteau burin pour faire son menhir soi même.

Le menhir, à la base objet inutile, devient un objet convoité de tous dans le monde romain.

campagne d affichage pour les menhirs.jpg

Règlementation du commerce et protectionnisme

Voyant le succès du menhir d’armorique, les romains eux aussi se lancent dans le taille et la vente de menhirs. Ce qui commence à causer de grave problème à Jules César. Il tente le protectionnisme. Il doit lutter contre la baisse des prix du menhir romain qui l’empêche de liquider ses menhirs gaulois acheté à prix d’or !  Mais là il est confronté aux manifestations des travailleurs romains qui bloquent la via Apia !

La crise

Pour limiter la casse, César décide de tout arrêter. Il renvoie Caius Saugrenus en Armorique pour annoncer aux gaulois que Rome ne veut plus de menhir. En chemin sur la route on aperçois un cimetière de menhir !

La crise est là chez les gaulois. Plus aucun menhir ne se vend. Il sont prêt à se faire la guerre entre eux. Mais sur les sages paroles d’Astérix ils vont plutôt taper sur les romains: Tout est arrivé à cause d’eux, finalement !

La vie du village reprend son cours, l’album se termine par le traditionnel banquet et Rome est au bord de la faillite suite à une dévaluation du sesterce due à la crise !

 

Analyse

Je trouve que cette histoire illustre très bien l’absurdité du système capitaliste.

Motivation, besoin de reconnaissance

Tout d’abord, comment débute l’histoire ? Comment Obélix se fait il avoir par Saugrenus pour se lancer dans le capitalisme ?

Il se lance dans le capitalisme par ce que Saugrenus lui dit: Mais oui ! C’est intéressant d’avoir de l’argent. Tu peux acheter des tas de choses à manger… Tu seras l’homme le plus riche de ton village et donc le plus important.

Obélix avait déjà suffisamment de choses à manger. Il n’a donc pas besoin d’argent. Mais le fait de lier homme le plus riche avec homme le plus important est un argument qui a fait mouche.

On remarque donc ici, que c’est le besoin de reconnaissance qui a motivé Obélix. Ceci est vrai pour Obélix, mais c’est également vrai pour la plupart d’entre nous.

Le besoin de reconnaissance est un des moteurs de notre existence.

Ici Saugrenus associe la possession de sesterces à cette reconnaissance. Mais l’argent n’est pas l’unique moyen d’avoir la reconnaissance de ses pairs. C’est là le piège qui nous est tendu.

Le travail prend du temps

Un autre point qu’il me semble important de signaler, c’est que travailler ça prend du temps. Obélix remarque rapidement que pour gagner de l’argent, il doit travailler plus. Si il travaille plus, il ne peut plus aller chercher à manger tout seul. Il engage donc des chasseurs. C’est finalement toute la société qui est organisée autour de ce travail de cette production dans l’unique but de gagner de l’argent.

Le travail ça prend du temps. Beaucoup de gens se plaignent de n’avoir jamais le temps de faire telle ou telle chose par ce qu’il faut toujours travailler plus… C’est une réalité. Nous sommes enfermé dans une spirale infernale qui nous bouffe notre temps.

Petit exemple actuel d’une famille qui a plusieurs enfants. Monsieur travaille pour subvenir aux besoins de sa famille, madame s’occupe des enfants.

Puis les enfants deviennent grands, ils ont plus de besoins qui coutent cher. Madame recommence à travailler pour gagner plus d’argent. Mais comme elle n’est pas à la maison, elle engage une babysitter pour s’occuper des enfants quand elle n’est pas là.

Puis pour payer la babysitter elle change de travail pour un travail un peu plus loin mais qui paye mieux. Mais voilà que comme son travail est plus loin elle doit maintenant acheter une voiture. Puis le revenu des deux conjoints a augmenté, ils changent de catégorie de revenus et payent plus d’impôts !

Pour se serrer la ceinture, on décide de réduire les couts de nourriture. On achète de la nourriture bon marché de moins bonne qualité.

Bilan: Madame travaille plus, elle voit moins ses enfants, elle paye plus d’impôt, elle passe du temps dans les embouteillages à polluer, elle a moins d’argent qu’avant et donc tout le monde mange sur le pouce des aliments de moins bonne qualité !

Il faudra me dire à quoi ça sert de travailler plus pour gagner plus d’argent !?!

Il me semble que la véritable seule richesse que l’on a, c’est du temps. Alors ne gâchons pas notre temps pour faire tourner un système stupide. Utilisons notre temps pour des activités qui nous intéresse.

la concurrence

Un bon filons, ça attire tout le monde! Obélix n’est pas longtemps tout seul à tailler des menhirs. Très vite, d’autres veulent aussi obtenir le niveau social d’Obélix et donc se lancent dans la taille de menhir.

Cette concurrence transforme vite l’ambiance paisible du village en une ambiance tendue. Les valeurs de camaraderie et de rigolade sont remplacées par des valeurs de rendement, vitesse et profit. La jalousie règne.

Un des sacro-saints principes du libéralisme c’est la concurrence. Mais est ce que la concurrence est vraiment un bon principe ?

Je ne suis pas certain que l’idée de vouloir à tout prix une concurrence dans le domaine de la téléphonie mobile ai été une réussite. Ainsi avec 3 opérateurs ont a 3 fois plus d’antennes de téléphonie pour la même couverture !

La concurrence est bien souvent inutile. En Suède, au lieu de se concurrencer, les fournisseurs d’accès internet se sont mis à collaborer. Ils ont construit ensemble un superbe réseau de fibre optique pour accéder à chaque maison. Ainsi même les iles les plus reculées du reste du monde ont une excellente connexion réseau.

Avec la collaboration tout le monde est gagnant. Cessons de se concurrencer, apprenons à collaborer. Ensemble nous sommes plus fort.

le marketing

Une fois Jules César envahi par les menhir, il faut trouver quoi faire avec cet objet inutile ! Comment faire pour vendre de l’inutile, il faut faire une campagne de marketing.

Comme le dit Caius Saugrenus: Il faut provoquer le besoin chez le consommateur.

Ainsi le système capitaliste doit pousser le plus loin possible son absurdité de base. Comme il faut pouvoir vendre à tout prix. Il faut que les gens achètent à tout prix, que l’objet qu’on leur vend soit utile ou non.

Pour ça, on s’appuie sur la psychologie humaine. Le capitalisme se répand grâce à la jalousie, à l’envie et au besoin de reconnaissance des autres. (cette fois-ci plus en fonction de sa richesse en argent, mais de sa richesse en objet)

Les voisins ont un menhir si l’on ne veut pas passer pour un con, il nous faut un menhir. C’est la mode!

C’est ainsi qu’une foule de produit dérivés débarquent sur le marché. Puis toute une foule de services complémentaires, la publicité, les outils de communication et de transport. On industrialise la production de nourriture, vu qu’il y a moins de monde disponible pour s’occuper des champs, il faut améliorer le rendement.

Toute la société vit sur cette absurdité de vouloir absolument un menhir !

Dans cette album des aventures d’Astérix c’est le menhir qui est le héros de l’histoire. Mais dans notre réalité, on peut trouver beaucoup d’exemples d’objets inutiles qui font tourner le système et qui génèrent avec eux tout un système de services et besoins qui tourne autour.

Pour ne prendre qu’un exemple, l’horlogerie en est un bon. Nous n’avons pas vraiment besoin de savoir l’heure qu’il est. Mais la montre est aussi un objet de luxe qui montre sa position sociale. Ainsi tout le monde en a une. Toute une industrie de l’horlogerie se crée. Il faut des moyens de communication et de transport pour acheminer les montres. Pour synchroniser tous ces moyens de transports, de communication et de production, il faut des horaires, et donc il faut des montres ! Le système s’auto-alimente.

Les ressources naturelles

Il y a un point qui n’est pas traité dans cette BD, c’est le problème des ressources naturelles. Comment Obélix et ses voisins ont  ils pu inonder le marché romain de menhirs en les taillant tous dans les deux trois rochers qui jouxtent leur village ?!?

Cette gigantesque construction sociale qu’a conçue le capitalisme repose sur la production de biens. Pour produire ces biens, on exploite des ressources naturelles. Notre terre elle-même. Mais ce que l’on a tendance a oublier, c’est que ces ressources ne sont pas infinies. Elles sont limitées.

Le système capitaliste est une véritable machine à transformer des ressources naturelles en déchets. Des ressources inutilisables. Le PIB est la mesure de la vitesse à laquelle tourne cette machine.

Dans la bande dessinée, on voit, au bord d’une route, un cimetière de menhirs. C’est bel et bien une décharge.

C’est ça la finalité du capitalisme. Le système s’arrêtera de lui même lorsque toutes les ressources naturelles auront été transformées en déchets. Mais là, le système ne sera pas le seul à disparaitre !

cimetière de menhirs.jpg

Conclusions

Conclusions est ce que nous avons toujours envie de favoriser un système qui nous bouffe notre temps? qui remplace des valeurs de solidarités et de collaboration par des valeurs d’individualisme et de concurrence ? qui nous pousse a transformer nos ressources naturelles en déchets ?

Est ce que c’est vraiment ça que nous voulons ?

Moi pas. Alors sortons du capitalisme !

Pour plus d’infos sur les méfaits du capitalisme je recommande le livre Pour sauver la planète, sortez du capitalisme. De Hervé Kempf.

Que faire pour sortir du capitalisme ?

Il suffit déjà de regarder tous les objets autour de soi et de se demander si l’on en a vraiment besoin. Si par hasard je ne suis pas entouré de menhirs inutiles ?